‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.38Chapitre 49 sur 113 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

FIl\i\OI!!», Finni ou Fenni, $tvvot, Fiinnen, Suomi, peuple de l'Europe septentrionale. Ce nom de Finnen, qui depuis l'antiquité paraît leur avoir été donné par les étrangers, serait d'origine germanique. Ils se donnent à euxmêmes les noms de Suomi, Sami, Suomalaines, et donnent à leur pays le nom de Siwmemna, c'est-à-dire région des lacs ou des marais, dont Finnen aurait également rappelé la signification.

De nombreux anthropologistes, entre autres MM. de Baër, Pruner-Bey, Prichard, de Quatrefages, pensent que les Finnois et autres peuples brachycéphales de même race, dans les temps préhistoriques, occupaient certaines régions de l'Europe centrale. Ils auraient été refoulés vers le nord lors de l'arrivée des peuples dits Aryens, dolichocéphales, venus d'Orient. Mais néanmoins ils auraient laissé

dans noire Europe centrale, en Allemagne, en Prusse, en Danemai-k, dans le midi de la Suède, de nombreux descendants brachycéphales, bruns, de petite taille.

Contrairement à cette opinion, M. Waldemar Schmidt fait remarquer qu'à l'âge de la pierre et des dolmens les habitants du Danemark ne présentaient nullement la forme crânienne des Lapons. Pareillement, ainsi que je l'ai fait observer au Congrès d'anthropologie de Paris, on ne peut rapprocher, sous le rapport anthropologique, nos anciens brachycéphales. Ligures ou Celtes de l'Europe centrale et occidentale, des brachycéphales Finnois on Lapons de l'Europe septentrionale. D'ailleurs les remarques de M. Broca, à ce même Congrès, sur l'antériorité, en Occident, des dolichocéphales sur les brachycéphales, et celles de d'Omalius d'Halloy, à la Société d'anthropologie, sur les origines prétendues asiatiques des Européens, paraissent rendre aussi peu probable la très-ancienne occupation de notre Europe occidentale par ces races brachycéphales du nord que peu acceptable, sous le rapport anthi'opologique, la provenance orientale des peuples européens dolichocéphales dits Aryens (De Baër, Ueber den Schddelbaii der Rhcilischen Romanen, in Mém. de VAcad. de Samt-Pétersboiirg. Rapport de Dareste, m Bull, de la Soc. d'anthrop., t. I, p. 80, etc., i" décembre 1859. — Pi'uner-Bey, Sur les crânes ligures, in Bull, de la Soc. d'aiithrop., 2^ série, t. I, p. 452, 1866, et Sur les crânes des Eyzies, t. 111, p. 420, etc., et ailleurs. — Pi'ichard, Hist. nat. de l'homme, t. I, p. 250-282, trad. de Roulin, 1845. — De Quatrefages, La race prussienne, in Revue des Deux- Mondes, 15 février 1871. — ^Yaldemar Schmidt, Le Danemark à V Exposition universelle de 1867, Paris, 1868, in Bull, de la Soc. d'anthrop., 2" série, t. II, p. 671, 1868. — Broca, Lagneau, Congrès d'anthrop. et d' archéol. préhistorique de Paris, en 1867, p. 367, etc., p. 424 et ailleurs. — D'Omalius d'Halloy, Bidl. de la Soc. d'anthrop., t. V, p. 187, 264, etc., 1864).

Au premier siècle de notre ère, Tacite, après avoir parlé des (Estyi, habitant à droite de la mer Suévique, c'est-à-dire à l'est de la mer Baltique, région dont une partie conserve encore le nom d'Esthonie {Demor. Germ., XLY), indique les Fenni comme habitant d'une part à côté des Vénèdes, peuple occupant les côtes du Sinus venedicus, actuellement le golfe de Dantzick, d'autre part auprès des Peucins ou Bastarnes, liabitant au sud du Haut-Dniester. Peucinorum, Venedorumque et Fennorum nat'iones... [Tacite, XLVl). Ces Fennes, que cet historien nous dépeint comme des sauvages extrêmement misérables, vivant de plantes, se vêtissant de peaux, n'ayant ni chevaux, ni maisons, n'ayant d'autres refuges contre les bêtes féroces et les intempéries des saisons que des branches d'arbres entrelacées sous lesquelles s'abritaient les enfants et les vieillards; n'ayant pas d'armes, sauf quelques flèches, qui, à défaut de fer, étaient terminées par des os pointus, armes de chasse dont se servaient les femmes aussi bien que les hommes, ces Finnes sont également indiqués par Ptolémée, au deuxième siècle après J. C, comme habitant au delà, à l'est des Vénèdes et des Guthons : û-o toù; Oùaviiîaç Txi'^umiç, iizx ^iv-joi (lib. 111, cap. V, p. 200, édit. de Wilberg). Les Fennes occupaient donc alors les vastes régions, très-mal connues, se trouvant à l'est des Esthiens, des Vénèdes, des Guthons, et au nord des Peucins ou Bastarnes, répondant actuellement à la portion de la Russie occidentale qui s'étend de la Baltique à l'est de l'Esthonie, de la Courlande et de la Samogitie, anciennes demeures des Vénèdes, dans l'intérieur des terres, vers le sud, jusqu'au bassin du Haut-Dniester.

Jornandès, outre les Finnaithce, qu'il indique comme habitant au delà des

Suelhans ou Suédois, au nombre des peuples de la Scanzia, de la Scandinavie, actuellement la presqu'île formée par la Suède et la Norvège, à côté des Ostrogoths, des Raumarics, des Raugnarices, signale les Fi7ini les plus doux des habitants de ces contrées : Ostrogolhœ, Rauniaricœ, Raugnaricii, Finni mitissimi, Scanziœ cuUorihus omnibus miliores [De Getarum sive Gothorum oriyine, cap. m, p. 427, coll. Nisard).

Enfin Procope mentionne les Scrithifinnes comme une race de barbares habitant l'île de Thulé, dont on a cru retrouver le nom dans Foula, une des îles Schetland, mais qui paraît avoir été plutôt une des terres septenlrionales plus importantes : les îles Féroer, l'Islande : ... iv @o\>ln |3«p6âp&jv Iv wôvov s6vo; d S/oi6tyivoi sTrtx.a/oùvrai (Procope, De Bello gothico, lib. II, 8 15, p. 207, trad. de Dindorl). Actuellement la Finlande, le Finmark, sont les principales contrées peuplées par les Fennes ou Finnois.

La Finlande, Finn land, pays des Finncs, appelée par les habitants Snomaa, Siiomemna, est un grand-duché de Russie, situé au nord-ouest de l'Empire, à l'est du golfe de Rothnie et au nord du golfe de Finlande.

Le Finmark, Finn-markeyi, appelé aussi Finskog, marche et forêt des Finnes, est la région la plus septentrionale de la Norvège. 11 est baigné par l'océan Glacial et séparé de la Laponie russe par la Taua.

Quant au Finspang, constituant la partie septentrionale, montagneuse, de la province d'Ostroguthland, dans une partie assez méridionale de la Suède, il rappellerait peut-être par son nom l'ancienne occupation, l'ancienne l'etraite dans cette région montagneuse des Finnes ou des Finnaithes, que Jornandès mentionne dans la. Scanzia, à côté des Ostrogotlis, qui ont laissé leur nom à cette province d'Ostrogothland. M. Eilert Sundt a donné quehjues détails sur la Fins koven ou forêt Finnoise, colonie de Finnois établis vers l'an 1600 dans les forêts des confins de la Suède et de la Norvège méridionale, entre le Wermeland suédois et le Hedemarken norvégien. Récemment MM. E. Nordenson et Gust. Retzius ont visité ces tribus finnoises des frontières de Suède et de Norvège. Venus du Savolax et de la Karélie au nombre de quelques milliers, ils présenteraient principalement les caiactères ethniques des Tavaslandais et des Karéliens (Eilert Sundt, Beretning omFauteeller Landstryger-folket, Christiania, 1850, in-8°, extrait in Magasin pittoresque, 1870, p. 186, 197, 205. — Chr. Lovén, E. Nordenson et Gust. Retzius, Caractères ethniques des races finnoises, in Congrès intern. d'anthrop. et d'archéol. préliist. de Stockholm, 1874, p. 741- 771, et Om Finska folkstammernes raskarakterer, in Tidskrift for anthropologi..., t. I. Stockholm, 1875-76. Exir. in Bull, de la Soc. d'anthrop., 2^ sér., t. XII, p. 317, 1877).

Les Finnois ou Suomi constitueraient la plus grande partie de la population de la Finlande. Leur nombre, suivant diverses évaluations, s'élèverait de 1,521,515 à 1,640,000; suivant M. Ignatius, à 1,600,000 environ. Ces Finnois proprement dits ou Suomi se diviseraient en Tavaslandais au sud et en Karéliens à l'est, au nombre de 172,000 ; puis aussi en Auramoisets, au nombre de 29,550; en Sawakots, au nombre de 42,950; en Ingres, au nombre de 17,800, dans le gouvernement de Saint-Pétersbourg.

Ces Finnois seraient considérés comme étant du même groupe ethnique que les Lappes ou Lapons, au nombre de 1,000 environ dans le nord de la Finlande, au nombre de 5,000 à 7,000 dans le Finmark norvégien, dans la Rothnie suédoise et dans le gouvernement d'Archangel. Les Esthes, anciens OEstyi de

FIiNNOIS. 515

Tacite, habitant en Esthonie, en Livonie septentrionale et orientale, dans les gouvernements de Witebsk, de Pskow et de Saint-Péter&bourg, au nombre diversement évalué de 450,000 à 655,000, appartiendraient à ce même groupe, comprenant encore les Lives, en nombre inférieur à 5,000, habitant une partie de la Livonie, à laquelle ils ont donné leur nom, et une portion de la Courlande, auprès de Bausk, et les Tschoudes des gouvernements d'Olonez et de Novvogorod, au nombre de 15,600 selon certaines évaluations, presque entièrement disparus comme les Wisses et les Wotes des environs de Saint-Pétersbourg, par leur mélange avec d'autres éléments ethniques, selon d'autres appréciations (Ignatius, Bertillou, Documents ethnographiques et statistiques sur la Finlande. In Revue d'antkrop., t. 111, p. 55*2, 1875, et Journal de la Soc. de statistique de Paris, juillet 1873. — Conversât. Lexikon : Finnen, Finland, etc. Leipzig, 1865. — Duckelh, Dict. de la conv. Didot, p. 455, etc., 1859).

Ce groupe ethnique des Finnois comprenant les Lapons, les Finnois ou Suomi, les Estes, les Lives, les Tschoudes, etc., ne constituerait, au point de vue linguisti({ue, qu'une des quatre grandes divisions des peuples ouralo-finnois, dont les trois autres groupes seraient : l"le groupe Ougrien, comprenant les Ostiaks, les "NVogouls et les Madgyars, dernier peuple qui, en 894, sous la conduite d'Arpad, lils d'Almus, s'empara de la Hongrie et de la partie de la Transylvanie actuelle encore appelée Magiarok resze, pays dos Jladgyars ; 2° le groupe Finnois-Volgaïques ou Bulgares, anciens habitants des bords du Volga, comprenant les Tschérémiss, les Mordwins, les Tschomvaches et les Bulgares, qui, dès la fin du septième siècle, occupèrent la Mœsie inférieure, devenue depuis la Bulgarie, au sud du Danube, s'y mêlèrent avec d'autres éléments ethniques, et, ainsi que le reiuarque M. llovelacque, adoptèrent une langue slave [Bull. Soc. d'antkrop., 2" série, t. X, p. 429); enfin 3° le groupe Permien, comprenant les Permiens, les Syrjanes et les Wotjakes, restés au nord-est de la Bussie d'Europe. Ces races Ouralo-Finnoises, composées des quatre groupes Finnois proprement dits ou du nord-ouest, Ûugriens, Finnois du Volga et Permiens, ne constitueraient elles-mêmes, du moins sous le rapport linguistique, qu'une des quatre branches de la fimiille Ouralo-AItaïque, comprenant, outre cette branche Ouralo- Finnoise, trois autres bi'anches distinctes : la branche Samoyède, la branche Turque, comprenant le Yakout, le Kirghis, l'Ouigour, le Nogaïque et le Turc ; enlln la branche Tongouse, comprenant le Mandchoux, le Lamoute et le Tongouse (Adr. Balbi, Allas ethnographique, XV, ^^ tableau, Langues ouraliennes, in-fol., Paris, 1826. — Ab. llovelacque, La linguistique : Langues ouralo-altaïques, p. 120, 122, etc., 1876).

La littérature finnoise est assez riche. Le Kalewala, sorte d'épopée, de poëme national, et de nombreux recueils de Runa, de chansons, Suomen kansan, témoignent du goût des Finnois pour la poésie.

Les caractères anthropologiques des Finnois et des autres races rattachées au groupe des peuples Ouralo-Finnois ont été étudiés par quelques anthropologistes. Puisque And. Betzius considère les Lapons actuels, encore appelés Skrid- FiNNARS par les Suédois actuels, comme les descendants des anciens Fenni de Tacite, iv.piQL'fiwi de Procope, et qu'il regarde les Finlandais actuels comme des Tschudes ayant occupé un pays précédemment habité par ces anciens Fennes, il paraît naturel de commencer ce court exposé anthropologique par la description des Lapons, qu'on verra notablement différer des Finlandais, des Esthonieus et autres peuples parlant des langues ouralo-finnoises.

Si l'on rapproche les descriptions et mensurations craniologiques données par

And. Retzius, par M. Henry Guérault, par M. Pruner-Bey et par M. Bertillon, du

type Lapon, si l'on jette les yeux sur les dessins de crânes donnés par MM. Pri-

chard et H. Guérault, on reconnaît que le Lapon se fait remarquer par une tête

globuleuse, à ossature tine, à insertions musculaires peu marquées. Son crâne

Tolumineux relativement à sa stature peu élevée est éminemment brachycéphale,

83 6 à indice raoven de -r-^- Le diamètre bimastoïdien est remarquablement lar^fe: lOU ^ °

la partie horizontale de la grande aile du sphénoïde est extrêmement large et plate ; les régions temporo-pariétales très -bombées ; les arcades zygomatiques grêles et très-proéminentes. Le front assez étroit supérieurement ne présente pas de saillie sourcilière. Les orbites sont rondes. L'espace interorbitaire est énorme; les os malaires sont peu élevés, mais écartés. Les rebords alvéolaires sont très-peu hauts ; le maxillaire inférieur est petit, très-peu élevé, avec les angles postérieurs très-obtus. Le crâne se fait donc remarquer par sa forme arrondie, sphérique, la face par sa grande largeur et son peu de hauteur. La capacité du crâne serait de 1521 centimètres cubes, selon M. van Duben, qui, dans son voyage en Laponie, ayant observé avec grands soins de nombreux habitants, leur donne un indice céphalique moyen de -t—tt, des cheveux généralement noirs ou bruns, droits, des iris noirâtres, un teint très-clair, une bouche large, des lèvi-es épaisses, des dents fortes et bien plantées, des oreilles petites, écartées, des extrémités remarquablement fines, un corps petit, de chétive apparence, une stature à la fois grêle et petite (And. Pietzius, Om formen af Nordbœnes cranier, Stockholm, 1848, et Sur les formes du axine des habitants du Nord, in Ann. des sciences natur., 5^ série, t. VI. p. 155, etc. Paris, 18 iG. — Henri Guérault, Mém. sur les caractères différentiels de la conformation crânienne chez les Lapons et les Esquimaux, in Mém. de la Soc. d'antlirop., t. I, p. 177-186 et pi. — Bertillon, art. Laponie de ce Dict. encyclop. des sciences méd.. p. 459. etc. — Pruner-Bey, Résultats de craniomélrie, tabl. III, in Mém. de la Soc. d'anihrop., t. II, p. 452, 1865. — Prichard, Hist. nat. de l'homme, planch., t. 1, p. 261. — Gustave van Dûben, Om Lappland och Lapparne fœretrœdesvis de Svenske. Stockholm, 1875. Sur la Laponie et les Lapons, principalement sur ceux de la Suède, extrait in Bull, de la Soc. d'anthrop., 2*' sér., t. Vm, p. 711, etc., 1875).

Si, pareillement pour les Finlandais , on rapproche la description craniologique donnée par And. Retzius des observations prises par M. John Beddoe sur huit marins de la Finlande , on voit que ces derniers ont les crânes courts, ovoïdo-cunéiformes, à surface occipitale presque carrée, plus haute que large, à suture sagittale élevée dans sa partie postérieure, à bosses pariétales grandes, élevées et reculées, au front arrondi, voûté, à bosses sourcilières grandes et réunies en une glabelle saillante, à apophyses mastoïdes fortes, et qu'ils ont une face assez allongée, une ossature forte, des maxillaires assez élevés, les branches montantes de la mâchoire inférieure larges, le rebord alvéolaire pourvu d'une sorte d'arête mousse ou de tubérosité. Les huit marins finnois de Breidstadt et des environs de la province d'Uleaborg avaient la tête oblongue ou carrée, voire même acrocépliale arrondie , à occiput aplati. Leur indice céphalique était

85,7 de -■ , -• Leur face était carrée, à mâchoires parfois larges et fortes. Ils avaient

généralement les cheveux de diverses nuances de blond clair. Leurs yeux étaient bleus ou gris (J. Beddoe, Su?- les têtes des Finnois et des Suédois, in Bull, de la Soc. d'anthrop., t. Yl, p. 454, etc., 1865). Les nombreuses mensurations récemment prises par MM. Lovén, Nordenson et Gustave Retzius, sur 72 crânes finnois du musée d'Helsingfors, sur 26 hommes et 51 femmes de la Tavaslande, et 28 hommes et 7 femmes de la Karélie, viennent en partie confirmer les données précédentes. Du moins, selon ces anthropologistes, le type tavaslandais, présenté par la plupart des habitants de la Tavaslande et d'une partie du Savolax, offrirait cette même conformation brachycéphale, à face allongée, mais large, à mandibule carrée, à ossature foito, et aurait également des yeux bleugris, des cheveux blonds ou cendrés. Toutefois, la brachycéphalie semblerait être moindre; l'indice moyen des 72 crânes du musée d'Helsingfors serait à

peine de j^ ; ils seraient à peine sous-brachycéphales. Le type karélien serait

moins lourd, moins bi'achycéphale que le type tavaslandais; ses cheveux seraient moins blonds, moins cendrés, quelquefois bruns, châtains ; ses sourcils plus développés, de couleur foncée; son nez plus long, ses traits plus déliés. Le Karélien serait plus vif, plus gai ; le Tavaslandais serait lent, sérieux.

Les Esthes ou Esthoniens, que And. Retzius considère comme proches parents des Finlandais ou Finnois actuels de la Finlande, ont également été étudiés par MM. de Baër, van der Iloeven, Pruner-Bey, de Quatrefages et Broca. Quoique les descriptions craniomélriques données par ces anthropologistes semblent témoigner de différences notables parmi les Esthoniens actuels, vraisemblablement par suite de l'immixtion d'autres éléments ethniques, les caractères paraissant êti'e le plus communément observés seraient les suivants : crâne sous-bra-

81 8*^ chycéphale, à indice de ■ .' ''j de forme plus ou moins ogivale, au fi^ontal étroit

peu développé, à occipital développé, quoique peu saillant, les régions temporales présentant une très-remarquable crête ou saillie sus-mastoïdienne destinée à l'insertion de l'aponévrose temporale ; face assez élevée, large, eurygnathe, à oi'bites de forme presque carrée, à os malaires lourds et larges, le diamètre bijugal étant considérable, à maxillaire supérieur présentant un léger prognathisme alvéolaire et dentaire, etc. (De Baër, Diss. in. de morbis inter Esthonos endemicis, 1814. — Van der llœven, Beschryving van eenen Magyar en en van eenen Eslhlander-schedel, in Mém. de l'Acad. royale des Pays-Bas; Hist. natur., p. 85 et suiv., 1861 . — Pruner-Bey, Sur les origines hongroises, p. 208 du t. \[ Au Mém. de la Soc. d'anthrop., 1865. — De Quatrefages, Sur trois têtes d'Esthoniens, in Bull, de la Soc. d'antlirop., 2*^ série, t. I, p. 284, etc., 1866. — Broca, Les crânes des Eyzies et la théorie esthonienne, in Bull, de la Soc. d'anthrop., 2*= série, t. 111, p. 454-510, 1868).

Quant aux Finnois de l'est ou Tchoudes, M. Kopernicki a observé et décrit cinq soldats Tchouvaches du gouvernement de Kazan et un Tchérémiss de celui de Yiatka, et a pris sur ces militaires quelques mensurations. Leurs têtes peu volumineuses sont assez allongées. L'indice céphalique des premiers est

de j-~-, celui du dernier de -—-, mesures qui, d'après les rapports indiqués

par M. Broca entre les deux sortes d'indices céphalique et cran iométri que, correspondent à des indices craniométriques approximatifs de v-^ et de

516 FLNNOIS.

(Broca, Bull, delà Soc. d'anthrop., 2« série, t. III, p. 52, 1868). Ces Tchouvaches et ce Tcliérémiss sont donc des sous-dolichocéphales. Ils ont des hosses pariétales assez développées, l'occiput large. Leur face est modérément large. Leur chevelure est toujours brune ; leurs yeux gris ou bruns. Leur taille est moyenne ou peu élevée, 1"',61 pour les premiers, l'",58 pour le dernier (Kopernicki. Quelques observations céphalométriques sur les Ruthéniens, les Russes et les Finnois de l'Est, in Bulletin de la Soc. d'anthropol., S»^ série, t. IV, p. 624, etc., 1869).

Des crânes Bulgares, au nombre de treize, ont été décrits et mesurés, onze par M. Kopernicki et deux par M. Hovelacque. Parmi ces crânes, de notables différences onl été remarquées. L'immixtion des anciens Bulgares d'origine orientale au milieu de diverses populations, en particulier au milieu des Slaves, dont ils ont adopté un dialecte, rend compte de ces différences ostéologiques. Aussi, tandis que M. Kopernicki regarde les descendants des anciens Bulgares comme se distinguant par la forme allongée et cylindrique de la voûte crânienne, par la grande hauteur du crâne, par l'absence des bosses frontales et pariétales, par le front très-fuyant, par l'occiput très-développé, surtout dans la région cérébelleuse, et par la face oblique olfrant un prognatisme considérable, enfui, d'une manière générale, par la remarquable brièveté des diamètres transverses du

crâne cylindi'ique, sous-dolichocéphale à indice de ' , voire même ' , et

par la saillie considérable de la face au coronal fuyant, au contraire, M. Hovelacque croit reconnaître le type Bulgare ancien, de provenance orientale, dans

86 5 un crâne très-brachycéphale à indice de -jttttj remarquable par son diamètre

bipariétal considérable, beaucoup plus grand que le diamètre frontal, par ses fortes saillies sourcilières et temporales, par son grand diamètre bizygomatique, par le pi'Ognathisme notable du maxillaire supérieur, etc. (Kopernicki, Sur la conformation des crânes bulgares, in Revue d'anthrop., t. IV, p. 68-96, 1875. — A. Hovelacque, Sur deux crânes bulgares, in Bull, de la Soc. d'anthrop., S'' série, t. X, p. 426, 1875).

Enfin des crânes de Madgyars ont été décrits par M. Van der Hœven, par M. Huschke et par M. Pruner-Bey. Ces crânes étaient brachycéphales et platycéphales, à ellipse raccourcie, à diamètre transverse considérable. Le coronal était large et voûté, les ai'cs sourciliers et la glabelle saillants, les temporaux trèsrenflés, les pariétaux aplatis supérieurement, l'écaillé occipitale également aplatie, la partie basilaire de l'occipital très-large. La face était étroite et allongée, les cavités orbitaires étant hautes, la partie alvéolaire du maxillaire supérieur très-haute et orthognalhe , les os malaires déjetés de coté et en arrière, les arcades zygomatiques très-écartées postérieurement. Les os étaient d'une extrême finesse. Malgré certaine désharmonie entre le crâne brachycéphale et la face allongée, le peuple madgyar, peuple énergique et guerrier, aurait un beau type (Van der Hœven, lac. cit. — Huschke, tableau rapporté p. 2'JO du Mémoire de Pruner-Bey, Sur les origines hongroises, in Mém. de la Soc. d'anthrop., t. H, p. 205-220, 1865).

Pour faire mieux saisir les analogies et les différences existant entre les divers types des peuples Ouralo-Finnois, ou pourra jeter les yeux sur le tableau suivant, qui donne les principales mensurations recueillies par MM. Huschke, Bertillon, And. Retzius, J. Beddoo, Van der Hœven, Pi-uner-Bey, Broca, Kopernicki,

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