‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.38Chapitre 7 sur 113 · DE M. WURTZ. DE LA FIDRINE · texte numérisé non relu

DE M. WURTZ. DE LA FIDRINE

Carbone 32,9 52,71

Hydrogène 7,2 7,05

Azote 45,8 15,64

Soufre 1,54 à 1,88 1,64

Oxygène et cendres le complément, le complément.

Cependant, à l'inverse de l'albumine, la fibrine dissoute ne précipite ni par le sulfate de cuivre, ni par le nitrate d'argent. De plus, elle se coagule à 61°,

tandis que l'albumine se coagule en majeure partie à 75". Mais ce caractère est d'une faible valeur. Avant qu'on ne l'eût privée de sel, la solution de fibrine se coagulait précisément à cette température de 73" (Scherer, Lehmann, Kulme). De plus, M. Gautier a fait voir que le blanc d'œuf contenait, outre deux albumines incoagulables à chaud, deux autres albumines distinctes par leurs pouvoirs rotatoires et leurs points de coagulation. La première devient insoluble à 60-63°, la seconde à 71-74". La première a son pouvoir rotatoire de 43", la seconde de 26" environ pour la lumière colorée par le sodium. Peut-être ces deux albumines ne sont pas aussi distinctes que le suppose l'auteur, et peut-être doit-on les regarder non comme des espèces distinctes, mais comme des variétés d'une même albumine, diversement modifiée par les conditions de préparation. Mais, quoi qu'il en soit, on voit que la matière coagulable dérivée de la fibrine serait, quant à son point de coagulation, très-analogue à l'albumine de l'œuf de poule qui se coagule vers 62", et qui représente environ la sixième partie de l'albumine coagulable du blanc d'œuf.

Si avec de la fibrine on peut obtenir, sans faire intervenir des actions cliimiques puissantes, une sorte d'albumine, on peut inversement avec de l'albumine préparer une sorte de fibrine. 11 suffit de passer par l'intermédiaire des albuminates alcalins, que l'on prépare de la manière suivante. On mélange le blanc d'œuf avec son volume d'eau, on filtre, et on évapore à moitié à une température qui ne dépasse pas 40". On verse ensuite goutte à goutte dans le liquide une solution concentrée de potasse, jusqu'à ce que le tout soit devenu une masse gélatineuse. Cette masse est coupée en petits morceaux, introduite dans une grande quantité d'eau distillée, agitée quelque temps, et séparée par décantation de l'eau. On recommence cette opération jusqu'à ce que l'eau de lavage ne soit plus très-alcaline. On dissout alors l'albuminate dans l'eau, en chauffant légèrement, et on filtre. On obtient ainsi une substance tellement analogue à la caséine du sérum d'un côté, et de l'autre à la caséine du lait, qu'on l'a identifiée avec ces deux substances. En introduisant maintenant cetalbuminate alcalin coupé en morceaux dans une solution aqueuse de phosphate acide de chaux, d'acide phosphorique, d'acide borique, d'acide chlorhydrique ou d'acide acétique, en proportions telles que la liqueur conserve une réaction acide, l'albuminate devient blanc laiteux, se contracte, et devient élastique comme la fibrine. C'est la pseudo-fibrine de Brùcke.

Rappelons-nous enfin que, d'après des expériences anciennes de Magendie, la fibrine des animaux très-jeunes, ou de ceux qui ont été épuisés par des saignées répétées, finit par se dissoudre dans l'eau tiède, avec laquelle elle forme une solution ayant les caractères du blanc d'œuf, et nous conclurons qu'entre l'albumine et la fibrine du sang il n'y a pas de différence essentielle, que pour passer de l'une à l'autre il n'est sans doute pas besoin de modifications chimiques profondes, et que de simples modifications dans la nature du milieu dissolvant suffisent peut-être à faire l'une aux dépens de l'autre.

L'étude de ces matières albuminoïdes a été longuement poursuivie dans ces dernières années, et les premiers résultats obtenus dans cette voie semblaient conduire à une multiplication presque indéfinie du nombre des espèces de ce groupe. Chaque procédé de préparation donnait une substance nouvelle différente des autres au point de vue de sa coagulabilité, de son pouvoir rotatoire, de l'action de la chaleur, des acides, des alcalis et même des sels minéraux neutres. Mais la réaction n'a pas tardé à se produire, et la multiplication même des pro-

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diiits prétendus nouveaux, en montrant entre eux certaines ressemblances, a conduit à l'idée de l'identité fondamendale de tous les produits proléiques, et à admettre dans une certaine mesure que toutes les formes qu'on les amenait à revêtir étaient fonction des conditions dans lesquelles on se mettait pour les préparer.

On va voir dans l'étude que nous allons faire, pour compléter notre sujet, de la fibrine solnble d'Eichwald, quelles complications et quelle minutie même exi^e quelquefois la préparation d'une de ces formes, et, malgré cela, à quelles incertitudes aboutit quelquefois le résultat.

Pour préparer la fibrine soluble, Eichwald reçoit le sang de cbeval, en agitant doucement, dans une éprouvette cylindrique qui renferme environ le 1/6 de son volume d'une dissolution de sulfate de soude, et s'arrête lorsque l'éprouvètle est presque pleine. On la ferme alors hermétiquement, et on l'abandonne à ellemême six à huit heures dans un lieu froid. Quand la couche de globules du sang est bien formée, on liltre aussi rapidement que possible le plasma, et on mélange avec volume égal d'une dissolution saturée de sel marin ; on ferme hermétiquement et on agile. Le précipité qui s'est formé se réunit bientôt en masses floconneuses qu'on lave avec soin sui" un filtre avec un mélange d'une partie de dissolution saturée de sel marin et de deux parties d'eau. Quand le liquide de lavage ne précipite plus par l'acide acétique, on dissout dans l'eau ce qui reste sur le filtre. La dissolution se fait lentement, et, une fois faite, elle se coagule quelquefois d'elle-même. Pour éviter cet inconvénient, Eichwald ajoute à son eau assez de carbonate de soude pour la rendre faiblement alcaline, et la laisse en contact quelques heures avec le coagulum, qui se dissout, ou au moins donne un liquide un peu trouble, qui s'éclaircit si on étend d'eau. On obtient ainsi la fibrine soluble, qui se précipite par l'acide acétique sous forme d'une masse analogue à la fibriu" du sang. L'acide carbonique produit aussi dans la liqueur un trouble et un précipité fibro-floconneux.Mème précipité si on chauffe et qu'on ajoute alors une trace de sel marin. Enfin on peutprécipiter complètement la fibrine à froid, en mélangeant sa dissolution avec un volume égal d'une solution saturée de sel marin.

On voit que sauf le caractère filamenteux du produit rien n'y rappelle la fibrine. Il est trop évident qu'onn'obtient ainsi qu'un produit artificiel. Si j'ajoute que sa préparation ne se fait pas sans difficultés, qu'elle exige une température basse, autant que possible voisine de 0°, qu'elle doit être faite dans un local oùiln'y ait pas d'acide carbonique, et de préférence en plein air, qu'il faut prendre une foule de précautions dont Eichwald donne le détail, et qu'avec cela elle ne réussit pas toujours, on conclura qu'on n'a pas affaire ici à une substance définie, mais à une forme de substance qui n'a pour elle que d'être le résultat d'une série d'opérations très-compliquées et très-incertaines. Son existence ne peut que confirmer la conclusion à biquelle nous sommes ai'rivé plus haut à propos des matières alburainoïdes, et que l'on peut résumer ainsi : U7iilé de l'espèce, variété des individus [voy. Sang). Duclaux.

FlRRli%'OGÉ\E. Cette matière albuminoïde se trouve dans le plasma du sang, dans le chyle et dans les exsudations séreuses, surtout dans le liquide de l'hydrocèle, les épanchements du péricarde et du péritoine. Ses réactions et son mode de préparation la rapprochent beaucoup de la substance fibrinoplastique, et aucun caractère chimique précis ne permet même de l'en distinguer. L'acide

FIBRINOPLASTIQUE. 71

carbonique précipite pourtant moins facilement le fibrinogène, et le précipité formé est moins floconneux que celui de la substance fibrinoplastique. Il est plus visqueux el adhère plus facilement aux parois du vase. Le fibrinogène est aussi moins soluble que la substance fibrinoplastique dans les alcalis et les sels alcalins; enfin, le précipité qu'il donne avec le sulfate de cuivre est insoluble dans un excès du réactif, tandis qu'avec la paraglobulinc le précipité est soluble dans un excès de sulfate de cuivre.

Mais ces caractères, d'ordre très-secondaire, seraient insuffisants à séparer ■complètement ces deux corps, si Scbniidt n'eu avait fait deux substances bien distinctes en les considérant comme les deux constituants, les deux générateurs de la fibrine. Les solutions de fibrinogène, les exsudations de l'hydrocèle, du péricarde, de la plèvre, du péritoine, mélangées avec des solutions de paraglobulinc, donnent de la fibrine en filaments. Précipiter les solutions de paraglobulinc, tel était donc le caractère le plus distinctif du fibrinogène. Mais voici que le même M. Scbmidt trouve maintenant que le fibrinogène et la paraglobulinc ne réagissent pas l'un sur l'autre quand ils sont purs, et qu'il faut une troisième substance qui ne prendrait naissance que par l'action des causes extérieures, et •que l'auteur range dans la classe des ferments. La question devient alors fort obscure. On n'jipprend pas grand'cbose en appienant que cette substance est un ferment. Ce ferment est-il animé ou est-il une diasiase? La rapidité de la •coagulation du sang, dans certains cas, exclut la première bypotbèse; si le ferment est une diastase, pourquoi n'agit-elle pas dans le sang? Si on admet que lie contact de l'air soit nécessaire à son action, comment expliquer que le sang se coagule dans le vide? Il faut conclure qu'on ne sait pas grand'cbose sur cette question ; mais cette conclusion ébranle singulièrement la croyance à la substance fibrinogène et fibrinoplastique envisagées comme espèces distinctes, leur seul caractère essentiel ayant presque complètement disparu {voy. Sang). Duclaux.

FIBRIXOP^ASTIQUE (Substance). La substance appelée de ce nom par Scbniidt piiut être assimilée à la paraglobulinc de Kubne et Eiclnvald, à la paraglobine de Briicke, à la caséine du sérum de Panum, et peut-être aussi à la serine de Denis. Elle est un élément important du sang, où elle existe dans le sérum, €t aussi dans les globules. On la rencontre en outre dans le cbylc, dans le pus, dans les exsudations séreuses, où il n'y en a pourtant que des traces. Enfin elle existe dans les cellules du cristallin, ce qui lui a fait donner le nom de cristalline.

C'est du sérum qu'on la retire d'ordinaire, et il suffit pour l'obtenir d'aciduler légèrement la liqueur. On peut même, d'après Schmidt, ajouter un excès d'acide, car la quantité qui en est nécessaire pour redissoudre le précipité excède de beaucoup celle qui est nécessaire pour le produire. 4 gouttes d'acidi! acétique dans 10 centimètres cubes de sérum de^cbeval ou de bœuf, étendu de 150 centimètres cubes d'eau et exempt de globules, précipitent complètement la paraglobulinc. On peut aussi, en suivant le procédé d'Eicbwald, se servir comme acide de l'acide carbonique. Mais il faut alors prolonger le courant gazeux pendant plusieurs beures. On laisse le précipité se déposer 2 i beures, et Du le lave à l'eau distillée. Par son procédé, Scbmidt a retiré de 100 grammes de sérum de bœuf, 8 décigrammcs de substance fibrinoplastique, et 5 décigrammes de 100 grammes de sérum de cheval.

La paraglobulinc se présente sous la forme d'une substance finement granuleuse, devenant de' plus en plus compacte. Elle est insoluble dans l'eau non aérée; mais d'après Kuhne ei Scbniidt elle se dissout dans l'eau saturée d'air

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