FIBRO-PLASTIQUE
ne doit point trouver sa place dans cet article. [Voyez pour les fibromes des glandes, les articles Mamelle, Rein, Glandulaire (tissu) ; pour ceux de la peau, les articles Chéloïde, Molluscum, Papili.osie ; pour ceux des nerfs, l'article NÉVRoiiE. Ceux des muscles sont décrits aux arlicles Musculaire (tissu) et Langue]. Pour ce qui est des fibromes du tissu osseux, voyez les articles spéciaux qui ont trait à la palhologie des diverses régions du squelette, et en particulier l'article Maxillaires (os).
Grâce à ces diverses descriptions, nous n'aurons que peu de mots à ajouter à riiisloire générale des fibromes. Leur marche lente, leur consistance, leur évolution régulière, leur évidente bénignité, leur siège enfin, rendent leur diagnostic ordinairement facile. Au reste, c'est une question qui ne saurait être envisagée à un point de vue général, et l'on pourrait en dire autant de leur traitement. En effet, les indications varient à l'infini suivant le siège, le volume, la marche des tumeurs et le degré d'infirmité qu'elles occasionnent. Tantôt, en effet, l'expectation sera la conduite la plus sage à suivre; tantôt le chirurgien se verra dans la nécessité de lutter, le fer à la main et sans relâche, contre les fibromes récidivants des adolescents, etcelajusqu'aujour où par le progrès de l'âge doit s'éteindre leur malignité. Mais quel que soit le siège de la tumeur, ce que le chirurgien qui se décide à extirper un fibrome doit toujours se rappeler, c'est que ce qu'il importe avant tout, et plus encore que d'enlever toute la masse morbide, c'est d'atteindre son pédicule et d'en détruire le pouit d'implantation, qui, pour employer en terminant une expression populaire, doit être à la lettre considéré comme la racine du mal. Daniel Mollière.
FIBRO-PLASTIQUE. Tissu. TuMEUR. On désigne sous ce nom des pseudoplasmes constitués par des éléments du tissu cellulaire ou conjonctif développés à leur pi'emière phase de transformation, c'est-à-dire à l'état d'éléments ou cellules fibro-plastiques ou éléments embryonnaires fusiformes. Ces tumeurs ont longtemps été confondues avec les tumeurs fibreuses, ou avec les cancers, ou les tumeurs sarcomateuses. Lebert les en a séparées, il a voulu en faire un groupe défini et présentant des caractères de bénignité qui les distinguât du cancer; mais cet anatomo-pathologiste lui-même constata un exemple de généralisation de ces tumeurs. La distinction établie par Lebert fut acceptée par FoUin, Yerneuil, Broea, Birkett, Paget, Robin, etc., mais les travaux de ces observateurs en firent mieux connaître la nature histologique, et aussi la marche; de sorte que d'une part l'on retrouva dans des tumeurs fibroplastiques des éléments embryonnaires, tels que cellules embryoplastiques, myéloplaxes, myélocyles, médullocèles, à l'état accessoire, ou formant une partie plus ou moins considérabb de la tumeur; d'autre part, des cas de généralisation démontrèrent que ces tumeurs présentaient un certain degré de malignité, puisque, récidivant très souvent sur place, elles pouvaient se produire à distance. La complexité de ces caractères anatomiques et clini(iues a rendu fort difficile l'appréciation des faits qui servent de base à l'étude de ces tumeurs ; et la lecture des observations de Paget, de Birkett, de Billroth, Yerneuil, Follin, etc., montra que nombre de tumeurs fibreuses, kystiques et cartilagineuses ou même arléuiques ont été confondues sous la dénomination de tumeurs fibro-plastiques. La simplification tentée par Lebert et son école a eu pour conséquence de mieux faire anal;iser ces diverses tumeurs, mais elle n'a pas suffi à éviter certaines confusions. Actuellement le plus grand nombre des histologistcs, tout en dis-
FICÂRINE (emploi médical). 85
tinguant les tumeurs fibro-plasiiques, les rapprochent d'un certain nombre de tumeurs qui ont pour caractère commun de présenter comme substance l'ondamentale un tissu embryonnaire à divers degrés d'organisation, et avec les types variables que ce tissu comporte. Ce groupe porte le nom qu'Abernethy avait autrefois proposé, ou plus rigoureusement défini; c'est le genre Sarcome. Les tumeurs fibro-plastiques ont leur place dans ce groupe, sous les dénominations de sarcome fuso-cellulaire, sarcome fascicule ou même sarcome fibro-plastiqiie, qui sont synonymes. Nous croyons devoir renvoyer à l'article Sarcome l'étude générale des tumeurs fibro-plastiques. On pourra encore consulter à ce sujet les articles Fibromes, Lamineux, Moelle des os, Myéloïdes, Myxome.
A. Hénoque.
Fie {Ficus, figue). Nom donné à certaines excroissances à cause de leur ressemblance avec une figue {voy. Condylome).
FICAIRE. Voy. P.EN0^'CULE (?érie 3, tome III, p.
FlCARlXE § I. Chimie. Principe neutre (?) découvert par Saint-Martin dans les diverses parties de la ficaire {Ficaria ranunculoïdes), mais surtout dans la racine de cette plante. On l'obtient en réduisant la racine fraîche en pâte fine, que l'on traite par le double de son poids d'alcool à 28 degrés; on agite de temps à autre ce mélange abandonné au bain-marie ; trois jours après on le fait bouillir pendant un quart d'heure, puis après refroidissement on sépare le liquide par décantation et expression de la masse, et on le distille ; le résidu est dissous dans l'eau froide ; cette solution filtrée est de nouveau évaporée au bain-marie ; le nouveau dépôt sec est essayé par une dissolution d'iodure de potassium pour s'assurer s'il ne contient pas de fécule. S'il en contient, on le pulvérise et on le traite par l'alcool à 50 degrés bouillant; on filtre et on distille. Le résidu constitue la ficarine sensiblement pure.
On peut encore obtenir la ficarine en faisant bouillir pendant une heure la racine de ficaire broyée avec deux fois son poids d'eau distillée; on exprime ensuite le tout à travers un linge; le liquide est évaporé à sec au bain-marie, le résidu réduit en poudre et traité par de l'alcool à 50 degrés bouillant ; on filtre et on distille au bain-marie. La ficarine ainsi obtenue est séchée à l'étuve.
La ficarine pure est d'un jaune clair, sa saveur est d'abord sucrée, puis amère et finalement astringente ; elle est soluble dans l'eau et l'alcool aqueux, auxquels elle communique la propriété de mousser. Elle est insoluble dans l'alcool absolu, l'éther, les essences elles huiles. Chauffée au contact de l'air, elle fond, se décompose et brûle en dégageant une odeur fétide. Les acides ont peu d'action sur elle, mais l'acide sulfurique la colore en rose. Les alcalis, les sels de fer, l'iode, sont également sans action sur la ficarine. En somme, cette substance est imparfliitement connue dans ses propriétés et sa composition. Elle aurait quelque analogie avec la saponine, mais ne colore pas les sels ferriques comme cette dernière. L. IIahn.
§ II. Emploi médical. On connaît l'efficacité des préparations de la ficaire, soit à l'intérieur, soit en application topique, contre les hémorrhoïdes [voy. Renoncule, p. 405). Saint-Martin recommande surtout l'usage externe de la ficarine dans cette maladie; il la préconise en lotion, dissoute à la dose de "2 grammes dans 100 grammes d'eau distillée, ou en Uniment suivant la for-