FOSSOYEURS
fossoyeurs. Aussi reuvoyons-nous aux articles : exhumations et inhumations tout ce qui a trait à ce côté de la question.
Il ne faudrait point croire cependant, que les fossoyeurs de nos jours soient absolument à l'abri de tout inconvénient sérieux, en dehors des circonstances spéciales qui les exposent à un dégagement subit de gaz méphitiques par suite de la mise à découvert de cadavres se trouvant dans la première période de décomposition, période que Tardieu signale comme la plus favorable à la formation de gaz fétides et délétères. Dans ce cas, la respiration de ces gaz frappe comme de mort le fossoyeur ignorant ou maladroit qui tombe souvent pour ne plus se relever; et qui, d'autres fois, ne survit que quelques jours à ces émanations mortelles, tout son corps présentant alors les traces d'une décomposition anticipée.
Si de pareils accidents sont heureusement fort exceptionnels, il n'en est pas moins vrai que dans certains cimetières où la nature du terrain retarde la décomposition des cadavres, dans ceux encore, et ils sont nombreux, où l'encombrement des cadavres entraîne la saturation du sol, le fossoyeur est plus particulièrement exposé, alors qu'il creuse une fosse nouvelle, à l'absorption de miasmes nuisibles qui s'échappent des terres remuées.
Des accidents se manifestent alors d'une façon lente, et pour ainsi àu:e chronique ; et l'altération de l'organisme est le plus souvent précédée ou accompagnée d'un embarras prononcé des voies gastro-intestinales, avec tendance aux flux bilieux et dysentérique. Le fossoyenr qui subit, à différentes reprises, une aussi funeste influence finit par tomber dans une anémie profonde avec diarrhée persistante, bouffissure de la face et œdème des extrémités. Fréquemment, il se manifeste sur les diverses parties de son corps, en dehors de toute exacerbation fébrile, des taches pétéchiales discrètes ou des éruptions furonculeuses et huileuses, indices d'un véritable empoisonnement constitutionnel.
On n'a pas remarqué qu'ils soient plus que les autres exposés aux épidémies ; mais quelques faits que j'ai eus sous les yeux, ou qui m'ont été communiqués, tendent à làire snpposer qu'ils sont sujets à la pneumonie et à la fièvre typhoïde, affections qui, chez eux, prendraient un caractère particulier de gravité. Quoi qu'il en soit, la santé du fossoyeur dépend avant tout du degré d'insalubrité du cimetière. Il cherchera à se préserver de l'humidité qui y règne, en travaillant aux heures de la journée où la dispersion des vapeurs aqueuses a entraîné celle des miasmes.
Il ne passera au sein du cimetière que le temps nécessaire à son travail; et puisque, suivant l'expression plaisante de Ramazzini, « il est juste que la médecine rende quelque service à des hommes qui en conservent la dignité, en enfouissant avec les cadavres les erreurs du médecin », nous leur recommanderons : une alimentation réglée et substantielle, l'usage modéré des boissons alcooliques, des soins minutieux de propreté, les plus grandes précautions dans l'accomplissement des opérations dangereuses, et, le plus souvent possible, des promenades prolongées loin d'un milieu dont la tristesse fournit à l'ànie des impressions plus souvent pénibles que douces, mais ayant toujours une influence dépressive sur le moral. Alexandre Layet.
Bibliographie. — Rauazzini. Des maladies des fossoyeurs, la Essai sur les mal. des arlisaiis. Ch. XVII, édition de Fourcroy, 1778. — Halle. Maladies des fossoyeurs, 180G. — Tourtelle. Hygiène annotée par Bricheteau. Chapitre : Maladies des Fossoyeurs, 1857. — Pa- RENi-DucHATELET. Dcs fossoycurs. In Ann. Ihyg. pubL, t. VIII, p. 141, 1852. — A. Layet,
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Article : Fossoyeurs. In Ilyg. des professions et des industries, 1873. — Voy. aussi la bibliographie des articles Exhumations et Inhumations de ce dictionnaire. A. Layet.
POSTER (Edward). Professeur d'accouchements à Dublin. Il mourut vers 1780, laissant un traité manuscrit sur l'obstétrique, l'édigé sous forme d'aphorismes, et comprenant eu outre l'étude de questions eonnexes, dont on trouvera l'indication au titre ci-dessous. Cet ouvrage a été publié, en 1781, avec des annotations et des corrections, par James Sims.
The Principles and Practice of Midwifery, in which arc comprised and niethodically arranyed, under the four (jencral Heads of Génération, Gestation, Delivery and Recovery, ail the Anatomical Facts, Physiological Reasonings, Pathological Observations and Praotical Precepfs, necessary to constitute]the fullest and most complète System of Midwfery; by E. FosTER... completed and corrected by James Sncs. Londres, 1781, in-8°. D.
FOTOERGILL (Les DEUx).
Fotherglll (JoH>), agrégé au collège des médecins de Londres, membre honoraire de celui d'Edimbourg, de la société royale di Londres, président de la société de médecine de cette ville, membre de celle de Philadelphie, associé étranger de la société royale de médecine de Paris, naquit le 8 mars 1712, à Carr-End, près de Richemond, dans le Yorkshii'e. Fils de quaker, il fît ses premières éludes à Sedberg, dans une maison dirigée par les quakers. Comme il manifestait un goût spécial pour la médecine, il fut mis en pension chez un pharmacien éminent de Bradford, Bartlett, vers l'âge de seize ans. II se rendit ensuite à Edimbourg où il suivit les leçons de Monro, d'Alston, de Rutherford, de Sinclair et de Plummer, tous élèves de Boerhaave et dont Fothergill a luimême célébré le mérite éclatant dans une biographie du docteur Russell. Monro, qui avait remarqué les excellentes dispositions de son élève, l'engagea à continuer ses études et à ne pas borner son ambition au titre d'apothicaire; enfin il se fit recevoir docteur en médecine en 1736. Pour se perfectionner, il se rendit à Londres, en 1740, et y fréquenta avec zèle l'hôpital Saint-Thomas ; il ne se fixa dans la capitale qu'après avoir fait uu voyage sur le continent, en Hollande, en Allemagne et en France. Mais laissons la parole à Dézeimeris.
« Un mal de gorge gangreneux, apiès avoir fait périr quelques enfants à Londres, en 1759 et 1740, reparut en 1742 et devint épidémique en 1746. Fothergill remarqua que la saignée accélérait ses progrès, que les purgatifs augmentaient la fluxion, et que les rafraîchissants diminuaient les forces vitales déjà très-affaiblies. Il fit de nouveaux essais qui le conduisirent à une méthode heureuse. Les vomitifs donnés avec ménagement, une petite quantité de vin ajoutée aux boissons, les acides minéraux et les amers furent les moyens qu'il substitua aux premiers, et il guérit presque tous lesmahdes confiés à ses soins. Dès lors, sa réputation fut faite; il fut bientôt le médecin le plus célèbre de la capitale, et l'on se disputa en quelque sorte les soins de Fothergill. Fothergill exerça successivement sa sagacité sur des maladies opiniâtres ou obscures ; sur les scrofules et sur l'emploi du quinquina dans quelques-unes des formes de cette affection; sur l'hydrocéphale aiguë, sur la fièvre hectique, sur l'angine de poitrine, sur les névralgies de la face, et sur beaucoup d'autres sujets sur lesquels ses remarques devenaient l'objet de communications faites aux diverses sociétés dont il était meinbre ou associé ; c'était vers lui d'ailleurs qu'affluaient
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de tous les points de l'Angleterre les observations remarquables de médecine, dont les auteurs briguaient l'avantage de les faire présenter par Fotliergill à la société médicale de Londres. Fotliergill ne bornait pas sa correspondance à l'Angleterre ; il rétendait, dit Vicq-d'Azyr, en style un peu trop académique, à toutes les parties du globe. Russell lui envoya d'Alep la description de la plante qui produit la scammonée; il reçut d'Afrique la gomme rouge astringente de Gambo. Les renseignements qu'il prit sur l'écorce de W'inter le mirent à la portée d'en publier une Idstoire exacte, soit comme naturaliste, soit comme médecin. Enfui, on doit à son zèle et à sa correspondance des connaissances exactes sur l'origine, jusqu'alors ignorée, de la substance appelée terra Japonica ou cachou. Fotbergill aimait beaucoup l'étude des sciences naturelles; il possédait un riclie cabinet où il avait rassemblé à grands frais les minéraux, les coquillages, les corallines, les insectes les plus curieux. Il aimait surtout la botanique et la culture des plantes. Dans son vaste jardin d'Upton, on voyait réunis les végétaux les plus rares fournis par des climats divers. Il récompensait magnifiquement les personnes qui les lui procuraient, car il avait le noble projet de les acclimater en Angleterre et d'en enricbir sa patrie. Il faisait même voyager des botanistes à ses dépens, et à l'époque de sa mort, il y avait encore un de ces naturalistes en Afrique... La peine qu'il prenait à cultiver ces plantes aurait été perdue, s'il n'en avait pas conservé les dessins. Il choisit pour ce travail les plus habiles artistes'de Londres ; et lorsque la mort le surprit, il avait déjà plus de douze cents planches peintes sur vélin. »
En 1765, Fothergill, fatigué des travaux pénibles que lui imposait une pratique extraordina irement étendue, se décida à se retirer, pendant deux mois chaque année, dans son pays natal, à Lee-Hall, près de Carr-End, pour y goûter quelque repos.
Une maladie de la vessie qui durait déjà depuis plusieurs années l'enleva à la science en 1780 ; il mourut le 26 décembre de cette année, âgé de soixante-neuf ans. Il légua toute sa fortune aux pauvres, ne laissant qu'une faible somme à sa sœur. On lui fil de magnifiques funérailles et l'on mit sur sa tombe cette simple épitaphe : Ci-git le docteur Fothergill, qui dépensa deux cent mille guinées pour le soulagement des malheureux.
La vie de Fothergill a été écrite, en 1781, par Hird et par Elliot ; en 1782, par G. Thompson; en 1783, par J.-C. Letsom; en 1784, par Simmons; enfin, son éloge fut prononcé par Vicq-d'Azyr devant la société royale de médecine de Paris. Son nom a été donné par Linné fils à un arbuste de la Caroline, le genre Fothergilla, de l'ancienne famille des Amentacées.
Fothergill n'a pas publié d'ouvrage de longue haleine, mais un grand nombre de monographies et de mémoires dont la jtlupartontété publiés dans les Transactions philosophiques et divers journaux. Kous citei^ons :
I. Thesis de ewel'icorum usu in variis morbis tradandis. Edinturgi, 1738, in-8°. Reçus. in Smellie Thésaurus med. Disp. Edinh., t. I. — II. An Account of ihe Sore Throat altendedwilh lUcers. l,nndnn, 1748, in-8. Ibid., 4754, in-8. Tr;id. de l'angl. par l'abbé de Larivière, Paris, 1740. in-12. Trad. par de Lacliapelle. Paris, 1749, iii-12. — III. Rides for the Préservation of fJeailh; containi.ng ail that has been recommended by the most Eminent Physicians, with the easiest Prescriptions for 77iosf Diseascs incident ta Manhind ; being the Pxesnlt of Mamj Years Practice. London, 1762, in-8°. — lY. Some Account of the l.aie Dr Collinson (sans nom d'auteur). Loudoii, 1770, in-8°. — V. Explanatory Bemarks to the Préface lo Sidney Parkinson's Journal of a Voyage to South Sea. London, 1775, iu-4''. — VI. Case of Hydrojttioltia. Reprinted from the Médical Observations and Inquiries; ivith Additions. London, 1778, in-8°. — YII. Remarks on the h'eidral Salts of Plants, and on
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lerra foUat'i iarlariAn Edinhurgh Médical EssaTjs, MiG, p. ïll. — Ylll. On the Ongin of Amber. In Philosoph. Jransact., 1744. Abridg., t. IX, p. 9, — IX. On the Mnnna persicum. Ibid., p. 31. — X. On the Becovcnj of Persons apparently Dead, by distending t/ie lAings. Ibid., p. 103. — XI. Rupture of the Diaphragm, and the Dif:})lacement of some of the Viscera in a Child 10 Montfis Old. Ibid., p. 187.— XII. Of the Use ofthe Bark in Scrofutous Diseuses. In Med. Obse>~v. a. Inquiries, t. I, p. 505, 1755. — XIII. Letler concerning an astringent Gum brought from Africa. Ibid., 1755. — XIV. Letler relative ta the Cure of the Chincoiigh. Ibid., t. III, p. 519, 1767. — XY. Obsei-vations on the Use of Ilrmlock Ibid., p. 400. — XVI. Remarks on the Hijdrocephalus internas. Ibid , t. IV, p. 40. — XVII. On Ihe Cure ofthe Sciatica. Ibid., t. IV, p. 69. — XVIII. On the Use of Tapping early in Dropsies. Ib d., p. 114. — XIX. Remarks on the Use of Balsams in the Cure of Consumption. Ibid., p. 231. — XX. Reniarks on the Cure of Consumption. Ibid., p. 289. — XXI. Further Remarks on the Treatment of Consumption. Ibid., t. V, p. 545. — XXII. Some Account of the Cortex Winteranus or Magellanicus. Ibid., p. 41. — XXIII. Account of a Painful Affection of tite Face. Ibid., p. 129. — XXIV. Account of the Tree producing tlie Terra Japonica. Ibid., p. 148. — XXV. On tlie Management proper at the Cessation of the Menscs Ibid., p. 160. Trad. de l'angl. par Petit-Radel. Paris, 1800, iii-12 ; 5= édit. Ibid., 1812, in-12. Trad. par Giraudy, avec notes. Paris, 1805, in-12. — XXYI. Fatal Case of Hydropliobia. In Med. Obs. a. Inq., t. V, p. 195. — XXVII. Case of Angina Pectoris ivitk Remarks. Ibid., p. 255. — XXVIII. Further Account of the same. Ibid. — XXIX. Additional P,cmark on Treatment of Persons bit by Mad Animais. Ibid., p. 9S0. — \J.\. Observations on Disorders io which Painters in Water-Colours are exposed. Ibid., p. 594. — XXXI. Remaries on the Cure of Epilepsy; with Considérations on the Practice of Rleeding in Apoplexies. Ibid., t. VI, p. 68. — XXXII. Remarks on the Complaint commonhj Known under the Name of a Sick Head-Ache. Ibid., p. 105. — XXXIII. On the Cure of Fluxes by Small Doses of Ipecacuanha. Ibid., p. 180. — XXXIV. Sketch ofthe Epidémie Diseuse which appeared in London in the Eud of 1775. Ibid., p. 340. — XXXV. Grand nombre d'autres articles dans Gentleman s Magazin et divers recueil. — XXXVI. Letsom a publié le catalogue des plantes du jardin de Fotliergill sous le titre de Hortus uplonicus. Il a de plus réuni tous les opuscules de Fotliergill en 5 vol. in-8°, publiés à Londres en 1785 (1784, in-4°). Elliot avait, dès 1781, donné les plus remarquables de ces opuscules, qui ont été traduits en allemand ■et publiés à .\lteubourg (1785, 2 vol. in-S"), avec des notes.
Fothergiii (Anthony), né à Sedberg, vers 1753, fit ses études médicales à Edimbourg, Leyde et Paris. Il prit son degré de docteur à l'université d'Edimbourg en 1763, puis alla s'établir à Nortbampton, où il exerça la médecine avec «uccès pendant plusieurs années et devint médecin de l'bôpilal. 11 fut admis licencié du Royal Collège of Physicians of London en 1779, et en 1781 se fixa à Londres. Mais il ne réussit guère dans la capitale et se décida enfin, en 1784, à s'établir à Balb, oii il ne tarda pas à acquérir une grande clientèle. En 1805, Fotliergill renonça à la pratique et fit un voyage en Amérique, où il resta pendant sept ans. Il revint en Angleterre en 1812 et mourut à St. George's Place, Surrey, le 11 mai 1815, âgé de soixante-dix-buit ans. Il laissait une grande fortune, qui fut employée en majeure partie à fonder des établissements de cbarité.
Fotliergill a public plusieurs ouvrages, la plupart relatifs à l'iiygiène publique ou à la médecine populaire, et il a inséré un grand nombre de mémoires dans différents recueils. Nous citerons de lui :
I. Diss. inaug. de Febre intermittente. Edinburgi, 1763, in-8°. — II. An Expérimental. ■Inquiry into the Nature and Qualities ofthe Cheltenham Waters, etc. Bath., 1783, in-8% 2* édit., 1788, in-S". — III. Cautions to the Heads of Familles, on tlie Poison of Lead and Copper. Bath. a. London, 1780, iu-8°. — IV. A Neiv Inquiry into the Suspension of Vital Action, in Cases of Browning and Suffocation. London, 1795, in-8° (couronné par la Société royale philanthropique de Londres pour les soins à donner aux noyés). — V. Hints for Res, toriny Animation and for Preserving Mankind against Noxious Vapours. London, 1785jn 8». — VI. An Essay on tlie Abuse of Spirituous Liquors. Bath., 1790, in-8°. — Vil. An Essay on the Préservation of Shipwrecked Mariners, in Answer to the Prize Questions proposed bij the Royal Humane Society. London, 1799, in-8°. — VIII. Preservalive Plan; or Hints for the Préservation of Persons exposed to those Accidents whickc suddnly suspend or extinguish Vital Action, etc. London, 1798, in-S". — IX. Two Cases of Incontinency