FOUGERES (botanique
sur la même espèce, depuis l'intégrité jusqu'à l'extrême division du limbe [Acrostichnra bifurcatum Sw.) ou des segments (plusieurs Pohjhotrya). Ces variations sont parfois réglées par la reproduction de la plante ; celles des frondes qui en sont chargées présentent alors une forme très-différente de celles des frondes stériles, comme les vrais Drynaria de Bory de Saint- Vincent. Elles sont dites alors diplotaxiques .
La structure de la fronde est assez compliquée. Il faut examiner séparément celle du pétiole et du rhachis qui lui fait suite, et celle du limbe.
Le pétiole, ordinairement creusé d'une gouttière à sa lace supérieure, et convexe inférieurement, contient dans la même espèce un nombre constant de faisceaux vasculaires, qui se détachent du réseau vasculaire de la tige d'une manière constante aussi. M. Trécul s'est occupé dans plusieurs mémoires de décrire ce mode d'origine, ainsi que la structure des faisceaux du pétiole et de leur ramification dans les divisions de la fronde. Presl, clans un mémoire spécial, avait dès 1847 étudié ce même sujet et ti-acé pour un grand nombre de genres la figure que donne, sur la coupe de leur tige, la disposition de leurs faisceaux vasculaires, ce qui est suttîsant pour la classification. Plus tard, le même auteur a cherché à tirer parti de la connaissance de ces dispositions variées pour la classification de ces plantes.
Les pétioles des Fougères portent souvent des écailles comme les rhizomes et aussi des glandes spéciales.
Le limbe est translucide et extrêmement simple chez les Hyménophyllées, oiî il se compose d'une seule lame de tissu, dans laquelle rampent les nervures. Chez les Fougères d'une organisation compliquée, on distingue dans le limbe un épidémie, et le parenchyme parcouru par les nervures. Les cellules épidermiques, chez les Fougères, contiennent des grains de chlorophylle; il n'est pasrare d'y voir le suc cellulaire teint par une matière rouge. La formation des stomates a lieu par uu procédé particulier. La cellule mère du stomate est découpée dans la cellule épidermique tout près du bord ; quelquefois elle touche à peine ce bord ; même dans VAneimia fraxinifolia, elle n'intéresse que la face profonde et la face superficielle de la cellule épidermique, de sorte que le stomate, développé et vu de face, se trouve avec sa marge au milieu de celle-ci, ce qui est une disposition fort rare. Les stomates des Kaulfussia sont beaucoup plus compliqués. Autour de leurs cellules marginales sont 2 à 4 séries spéciales composées de 3 à 6 cellules chacune, et tout cet ensemble forme comme le couvercle, percé dans son milieu, de la cli ambre stomatiquc. Le parenchyme qui tapisse le fond de cette chambre présente sut- les parois de ses cellules étioites des prééminences qui s'allongent dans l'intérieur de la chambre et s'y entre-croisent en un réseau qu'on prendrait pour le mycélium d'un champignon.
L'épiderme porte des poils souvent nombreux, ordinairement simples, articulés chez les Ane'unia, et un revêtement cireux chez les Ceratopteris, Aleuritopleris, etc.
Le parenchyme vert ne présente à noter que les glandes assez diverses dont il est souvent traversé, mais qui n'ont pas encore été étudiées d'une manière satisfaisante.
Les nervures des Fougères ont un grand intérêt, non pas tant à cause de leur structure, qui ne fait que reproduire celle des faisceaux fibro-vasculaires dont elles sont la continuation et la terminaison, mais encore par leur disposition. Leur ramification a lieu généralement par une suite de dichotomies successives,
FOUGERES (botanique). 725
et à angle aigu. Mais, dans certains genres, les nervures principales des pinnules, ou même leurs nervilles de dernier ordre, s'envoient des branches arciformes ou récurrentes qui marchent à la rencontre l'une de l'autre, et souvent s'anastomosent, en décrivant un réseau fort élégant, très-généralement constant dans la même espèce, et que les botanistes descripteurs sont tenus d'étudier dans de grands détails. Quelques-uns d'entre eux, notamment Presl et M. Fée, ont tiré de la forme de ce réseau les caractères d'un grand nombre de genres. Il en fournit en effet : l'existence d'une nervure alaire (c'est-à-dire placée dans l'angle formé par le mésonèvre et la nervure secondaire) caractérise bien le genre Polypodium; le réseau compliqué avec nne neryiWe appendiculaire [sa terminant en liberté au milieu d'une maille) le genre Bathmhim, etc. Mais ce qui empêche que l'on ne suive certains auteurs dans le morcellement exagéré des anciens genres fondés par eux sur la nervation, c'est que les anastomoses même sont inconstantes dans certains types, suivant la région de la fronde ou suivant son âge, et que la même espèce peut alors, sur divers points du même organe ou sur divers organes d'âge différent, réunir les caractères de deux ou trois genres. Ces nervures sont d'ailleurs remarquables par l'épatement qui les termine, et qui souvent donne insertion aux corps reproducteurs. Elles sont interrompues sur certaines plantes, dans la vieillesse des segments, par un phénomène encore mal étudie qui donne lieu à la désarticulation des segments [Arthropteris., ISephrolepis).
Le développement des frondes est très-intéressant. C'est le pétiole qui se forme d'abord, et ce n'est que plus tard que commence à poindre à son sommet le limbe, dont la partie inférieure se constitue d'abord, puis successivement les parties les plus élevées. Ce développement est extrêmement lent. Sur des tiges âgées de Pteris Aqidlina, la feuille commence à se former deux années entières avant son épanouissement; au commencement de la seconde année, le pétiole seul se trouve constitué, et long d'environ un pouce; ce n'est qu'à l'été de la deuxième année qu'on voit poindre le limbe sous forme d'une petite plaque cachée sous de longs poils. 11 s'accroît ensuite sous laterre. Aussi, quand l'élongation arrive, celle-ci paraît se faire très-vite, l'organe étant prêt depuis longtemps. Chez les Fougères, la fronde est toujours roulée en crosse avant son épanouissement, excepté chez les Ophioglossées. C'est ce qu'on appelle préfoliation cir-
cinale .
Chez un certain nombre de Fougères, l'accroissement de la fronde est indéfini Uamesonia, ISephrolepis). Chez d'autres, comme chez les Gleichenia, où la fronde est dichotome, le sommet forme en appparence un bourgeon dans l'angle de la bifurcation. Tantôt ce sommet demeure ensuite indéfiniment sans se développer, tantôt il s'allonge de nouveau dans une période subséquente de végétation, pour s'arrêter encore après avoir constitué une nouvelle branche de la di~ chotomie; et il semble que ce développement intermittent de la feuille peut se prolonger pendant un certain nombre d'années.
Les corps reproducteurs des Fougères sont de deux sortes, les bourgeons adventifs et les spores. Les bourgeons adventifs se produisent souvent sur les. feuilles, notamment quand la tige se ramifie peu ou point, comme chez les Aspidium Filii-mas, Athyrium FUix-femina, Pteris Aquilina, etc. Dans ces espèces, des bourgeons isolés s'échappent de la partie inférieure des pétioles, à une distance plus ou moins grande de l'insertion. Dans d'autres genres, c'est le limbe qui produit des bourgeons; ces bourgeons sont situés tantôt à l'aisselle des.
724 FOUGERES (botanique).
segments {Asplenium decussatum), tantôt à la surface même de la fronde (A. furcatum), tantôt à l'extrémité même du limbe qui s'enracine {Camptosorus rhizophyllus). Dans certains cas, comme chez le Stnithiopteris germanica, les bourgeons pétiolaires produisent de longs stolons souterrains qui, pouivus d'écailles, redressent leur sommet et viennent épanouir au-dessus du sol une couronne de feuilles vertes. Chez le Nephrolepis tuberosa, il existe aussi des stolons analogues, nés sur le dos des pétioles; ces stolons, qui ont la même structure que les racines, forment comme une couronne autour de la base de la plante d'où ils partent. Ils la reproduisent facilement quand l'atmosphère est maintenue humide et chaude autour d'eux.
Les spores naissent à la surface inférieure des frondes dans des enveloppes nommées sporanges. Ces sporanges des Fougères sont libres ou soudés.
Les sporanges libres peuvent être dissémines sur toute la surface du parenchyme fertile (Acrostichées) ou s'insérer seulement sur une nervure, et former alors des groupes désignés sous le nom dcsores. La nervure est épaissie au point de leur insertion. Tantôt cette insertion a lieu sur la généralité des nervures de la fronde {Antrophyum) , tantôt sur toute la longueur de certaines nervures [Vit. taria), tantôt le long d'une partie restreinte de la nervure sporigère (Asplenium), tantôt à l'extrémité d'une nervure épaissie {t*oly podium), nervure qui même se détache du parenchyme pour for'mer aux sporanges un réceptacle court [Alsophila) ou une columelle allongée (Trichomanes). Dans le même sore, on trouve souvent des sporanges à tous les états de développement. Ils sont parfois entremêlés de filaments stériles nommés sporangiastres chez les Acrostichées, paraphyses chez les Polypodiacées, paraphyses quelquefois dilatées à leur sommet en une écaille scutelliforme [Pleopeltis).
Ces sporanges libres, opaques chez les Schizéacées et les Osmondacées, sont dans les autres tribus minces, translucides; ils ont la forme d'une vésicule qui, chez les Polypodiacées s'atténue en pédicule rétréci vers son point d'insertion. Cette vésicule, qui renferme les spores, se modifie par les progrès du développement sur une partie de sa périphérie; il se forme ainsi une sorte d'anneau, composé d'un nombre variable de cellules ou articulations. Cet anneau est vertical (c'est-à-dire partant de l'insertion du sporange) et incomplet chez les Polvpodiacées, les CyathéacéesetlesParkériacées; latéral (c'est-à-dire perpendiculaire à la direction précédente) et complet chez les Gleichéniacées, les Hyniénophyllées, et dans les genres Loxsoma et Matonia. Il sert éminemment à la déhiscence du sporange, surtout quand il est incomplet; en se redressant en vertu de son élasticité, il déchire la paroi hyaline du sporange et les spores mûres s'échappent par l'ouverture faite. La direction des cellules de l'anneau offre un intérêt particulier; elle est utilisée dans la classification; elle est perpendiculaire ou oblique relativement à celle de l'anneau.
Le développement des sporanges a été l'objet de travaux importants, notamment de la part de M. Reess. Le sporange de ces Fougères provient primitivement de l'excroissance papilliforme d'une des cellules épidermiques qui forment le fond du sore. La papille commence par se séparer de la cellule d'où elle émane; puis, dans l'intérieur de la papille séparée, il se forme une cloison qui la divise en deux étages : l'étage inférieur deviendra le pédicelle, l'étage supérieur deviendra le sporange. Il se fragmente par des partitions successives en deux couches de cellules pariétales internes, entourant une cellule tétraédriquc centrale. Cette dernière forme, par une série de bipartitions successives,
FOUGÈRES (botanique). 725
les cellules mères des spores, toujours au nombre de douze suivant M. Reess. Chacune d'elles se divise en quatre suivant une loi générale. La spore présente des formes très-varices : arrondie, tétraédrique, trièdre, réniforme, etc. Sa membrane d'enveloppe se dédouble en une endospore formée de cellulose et une exospore brune et pourvue de bandes d'épaississement, de pointes, etc., qui donnent à la spore im aspect très-caractéristique. Les raies qu'elle présente sont souvent l'indice des valves suivant lesquelles elle se fendra lors de la germination.
Avant d'exposer la germination des spores, disons un mot de Vindusium. L'indusium est une enveloppe qui revêt le sore chez certains genres de Fougères. On a donné ce nom à des organes de nature et d'origine fort diverses. Chez les Hyménophyllées, l'indusium est formé par une membrane en tout pareille au tissu translucide de la fronde, qui semble s'élargir pour recevoir les sporanges dans une concavité accidentelle; il en est de même chez les Loxsoma et certaines Dicksoniées, avec cette différence que chez elles le tissu de l'indusium est opaque comme celui de la fronde. Chez les Aspidium et d'autres I^olypodiacées, l'indusium est au contraire une membrane parfaitement distincte du parenchyme, se moulant pour ainsi dire sur le sore et présentant des formes très-variées qui aident à la constitution des genres. Cet indusium provient ,de la multiplication de quelques cellules de l'épiderme. Dans d'autres types {Clieilanthes, Pleins vrais), l'indusium est formé par un recourbement de la marge plus ou moins amincie jusqu'à ce qu'elle soit réduite à son épiderme. Dans le Pteris Aquilina, qui appartient, l. proprement parler au genre Paësia, l'indusium est formé par deux lames différentes qui marchent à la rencontre l'une de l'autre. Quant à l'indusium des Gyathéacées, qui porte à tort ce nom, c'est une réunion d'écaillés qui entourent le sore, et qui sont réduites à une seule dans le genre Hemitelia.
La geriTiinatiou deé spores, qui s'effectue parfois en quelques jours (Osmunda) se fait généralement attendre plusieurs mois. Elle a lieu par rupture de l'exospore ; cette rupture se fait ordinairement au niveau des raies des autres incrustations de l'exospore, dont il reste pendant longtemps une parcelle (les deux valves chez les Marattiées) adhérentes à la jeune plante. On voit faire hernie en dehors de la rupture l'endospore déjà partagé en cellules par la formation de cloisons, ordinairement sur un seul point, parfois sur plusieurs points à la fois (Hyménophyllées). L'organe qui sort de la spore n'est pas la Fougère que l'on connaît : c'est le prolhalle, sur lequel naîtront des organes sexuels mâles (anthéridies), et femelles (archégones) dont le concours produira la nouvelle Fougère, tout cela par suite d'évolutions très-délicates à suivre, qui ne sont connues que depuis une vingtaine d'années.
Le prothalle est constitué d'abord par une série de cellules placées bout à bout chez les Polypodiacées, les Cyathéacées et les Schizéacées. Ensuite la cellule apicale, par ses développements successifs, donne naissance à une expansion iinguiforme et de couleur verte. Chez beaucoup d'Hyménophyllées, le prothalle filamenteux se ramifie et prend l'aspect confervoïde. Chez les Osmondes, il forme immédiatement une expansion verte et large. On a voulu réserver le nom de prothalle à l'organe aplati et multicellulaire, donnant celui de proembryon au filament primitif des Polypodiacées ou confervoïde des Hyménophyllées. Cette distinction, sur laquelle a insisté M. Sachs, ne saurait être conservée. En effet une même espèce, le Marattia fraxinea, fournit
726 FOUGÈRES (botanique).
d'après les recherches de M. Jonkinan, tantÔL un prothalle filamenteux, tantôt un prolhalle linguiforme. Si le prothalle est confervoïde chez la plupart des Hyniénophyllées, c'est ordinairement une lame cellulaire chez V Hijmenophyllum tunhridgense. Celui des Gleichéniacées varie de forme selon l'éclairage qu'il reçoit pendant son développement. D'ailleurs, si le mot prothalle est fort clair, celui de proembryon, que les botanistes ont employé dans des sens différents, présente au contraire une signification assez confuse.
Le prothalle jouit, chez les Osmondacées et] chez les Gleichéniacées, d'une propriété curieuse, celle de rénovation. Quand ce prothalle ou seulement un de ses lobes commence à jaunir, il se développe soit à son sommet, soit latéralement, un nouveau lobe à cellules vertes qui continue la vie de la plante.
Les organes sexuels sont ordinairement situés à la face inférieure du prothalle, celle qui regarde le sol, chez les Angiopteris sur les deux faces. Chez les Aneimia, ils se trouvent sur un appendice latéral spécial du prothalle. Le développement de ces organes est très-lent, et n'a lieu ordinairement que plusieurs mois après la germination. La fécondation des archégones arrête l'expansion du prothalle, notamment chez les Ceralopteris où il s'allonge jusqu'à ce qu'il y ait un arché2;one de fécondé.
.C'est ordinairement à la partie antérieure du prothalle, sur un coussinet cellulaire spécial, que se trouvent les archégones; les anthéridies sont plus en arrière, entremêlées à des poils radicaux.
L'archégone est une cavité en forme de bouteille au fond de laquelle est V oosphère, analogue pour son rôle physiologique à la vésicule embryonnaire des Phanérogames. Le développement de l'archégone a été suivi par M. Sachs, plus récemment par MM. Strasshurger etKny. L'archégone procède d'une simple cellule superficielle du prothalle, cellule qui ne proémine d'abord que faiblement . et se divise par une cloison parallèle à sa surface. Des deux cellules ainsi constituées, l'intérieure est la cellule centrale de l'archégone, et l'extérieure, à la suite de divisions nouvelles, produit le col qui, une fois développé, consiste en quatre séries de cellules se touchant suivant son axe- Le contenu de la cellule centrale se divise en deux portions inégales, dont l'inférieure s'arrondit plus tard pour constituer l'oosphère, tandis que la supérieure s'accroît et s'élève entre les quatre cellules du col qu'elle dissocie. Son contenu protoplasmique se gonfle, se transforme peu à peu complètement en mucilage, écarte les cellules du col et s'échappe brusquement au dehors pour demeurer ensuite immobile en face de l'ouverture qu'il a ainsi créée.
L'anthéridie a la valeur morphologique d'un simple poil. Elle commence par !a proéminence d'une cellule; cette proéminence se sépare le plus souvent de la cellule mère par une cloison et se renfle en une sphérule. Dans certains cas, les cellules mères des anthérozoïdes peuvent naître directement dans cette sphérule, mais ordinairement il s'y produit au préalable quelques divisions nouvelles. Les anthérozoïdes, comparables à ceux des cryptogames en général, et traînant après •eux une vésicule qui contient des granules incolores, une fois sortis de l'anthéridie, dont l'endosmose a distendu les cellules et déchiré la paroi, se rassemblent en foule au devant de l'archégone, retenus par la gouttelette de mucilage signalée plus haut. Ils entrent ensuite dans le canal que souvent ils obstruent; quelques-uns pénètrent jusqu'à l'oosphère et se fondent dans sa substance; la fécondation est alors accomplie.
Aussitôt commence le développement de Vembryon. La première cloison qui
FOUGÈRES (botanique). 727
traverse Voogone (ou nomme ainsi l'oosphère après la fécondation) est longitudinale, c'est-à-dire parallèle à la direction du col de l'archégone. On sait qu'il en est autrement dans les Muscinées. La deuxième section est horizontale. Des quatre cellules qui résultent de cette segmentation, les deux supérieures donnent naissance (après segmentation nouvelle, bien entendue), l'une à la première fronde, l'autre à la tigelle : et des deux inférieures, l'une à le première racine, l'autre à un organe spécial, le pied, qui maintiendra la communication physiologique du jeune embryon avec le pro thalle , communication nécessaire à la nutrition.
Les prothalles sont loin d'être toujours monoïques; ils ont même une tendance à la diœcie. Pai"fois, en effet, des semis entiers ne présentent que des prothalles à anthéridies, comme on le voit pour YOsmunda regalis; ailleurs, les archégones n'apparaissent que tardivement et en petit nombre sur le prothalle, pour y être fécondés par les anthéridies de prothalles plus jeunes. Il y a dans ce cas fécondation croisée; on y verra aussi une prédisposition remarquable à l'hybridation. Les horticulteurs ont signalé plusieurs fois des hybrides entre Fougères, notamment dans le genre Gymnogramme.
Le prothalle peut d'ailleurs reproduire la Fougèi^e adulte sans fécondation préalable, par un véritable bourgeonnement. Au sommet des prothalles aplatis du ■Trichomanes incisum, on voit se développer, sur des cellules marginales lagéniformes, des cellules sphériquesqueM. Sachs a considérées comme des organes de propagation. Ce phénomène a lieu avec une perfection toute particulière chez les Osmunda, où les jets adventifs s'affranchissent et s'individualisent. La parthénogenèse des Fougères, dont on a fait assez de bruit il y a quatre ans, après les observations de M. Farlow, rentre dans cet ordre de faits. Il n'y a pas là développement d'une oosphère non fécondée, mais avortement ou défaut des archégones, et à leur place saillie de la substance qui devrait les porter, ou du moins de quelques-unes de ses cellules. Le corps ainsi formé s'allonge en une jeune fronde et à son aisselle naît un bourgeon. Ce phénomène est la règle chez le Pleris cretica et YAspidium falcntum, chez lesquels il est bien plus fréquent que le mode de fécondation normale, comme l'ont montré les recherches récentes de M. de Bary.
Il existe, comme on le voit, chez les Fougères, une génération alternante qui rappelle théoriquement ce que les zoologistes ont observé chez les verscestoïdes.
Venons maintenant à la classitication des Fougères. Elle est fondée en premier lieu sur la structure des sporanges. On obtient par cette considération 12 tribus, qui sont réparties ensuite en 235 genres d'après les caractères de l'indusium, celui de la vernation, et d'après la situation des sores combinés avec les détails de la nervation. Nous croyons utile de donner ici le tableau de la répartition en 12 tribus.
FILICES,
1 recto; sporangiis i e parennhymate . 1. Gleichéniacées.
laterali complète. ' enascentibus. . ( e columella. . . . 2. Hyméiiophyllacées.
( • j • I tubuliformi. . . 5. Loxsomacées.
obhquo; indusio. I ^.i,cuiari piano. . i. Matoniacées.
j vertical! incom - ( reclo 5. Polypodiacées.
eircinnata; I pj^j^ 5 [stricto 6. Cyatbéacées.
annule. .( ( omiquo | ^^^^ 7. Parkénacées.
. ,. I radiante 8. Schizéacées.
1 ni on II i ' ( rudimentario, unilatéral] 9. Osmundacées.
déficiente; spo-(liberis 10. Angioptcridées.
\ rangiif ( connatis 11. Marattiacces.
grgjta 12. Ophioglossées.
Evolutio frondis. .
728 FOUGÈRES (botaîîique).
Les Gleichéniacées ont les frondes à division dicliotome, et les sporanges disposés par groupes de 4 le long de la nervure médiane.
Les Hyménophyllées ont les frondes translucides, formées d'une seule couche de cellules, ordinairement très-découpées, et leurs sores sont enveloppés d'un indusium tubuleux entier [Trichonianes) ou fendu à son sommet [HTjmenophyllum) .
Les Loxsomacées ne consistent qu'en un seul geni^e voisin des Hyménophyllées par son indusium allongé, tubuleux, et par l'existence d'une columeilequi porte les sporanges; des Polypodiacées par la texture de son tissu, et des Matoniacées par l'obliquité des cellules de l'anneau.
Les Matoniacées, réduites aussi à un seul genre, ont l'aspect d'un Bathmium dont elles ne diffèrent que par l'obliquité des cellules de l'anneau.
Les Polypodiacées comprennent les trois quarts des Fougères connues. Elles ont fait depuis cinquante ans le tourment des ptéridographes. On les divise actuellement en 14 sous-tribus, fondées sur la présence ou l'absence de l'indusium. Malheureusement il y a quelques es[)èces qui sont tantôt munies, tantôt privées de cette membrane, comme VAspidiian plantagineum, et qui pour cette raison ont été ballottées entre plusieurs genres différents. Presque toutes les Fougères européennes appartiennent à la tribu des Polypodiacées, qui ne renferme que des Fougères herbacées, ou dont le rhizome sort légèrement de terre. Les genres les plus marquants sont les genres Acrostichim, Polypodium, Aspidium, Asplenhim, Adiantum, Ceterach, Pteris, Blecknnm., etc.
Les Cyathéacées renferment les Fougères arborescentes, toutes de la région tropicale, qui élèvent à plusieurs mètres leur tronc semblable à celui d'un Palmier, et dont les faisceaux vasculaires offrent une organisation fort compliquée. Leurs frondes, très-longues, sont toujours élégamment et souvent très-profondément divisées.
Les Parkériacées ne comprennent, pour certains botanistes, qu'une seule espèce, le Ceratoptéris thaltiavïdes. Fougère aquatique à tissu très-mou, à fronde polymorphe et profondément divisée, qui croît dans les lagunes de la région tropicale. Les sporanges y naissent isolément sur le parenchyme, caractère qui ne se retrouve dans aucune des tribus précédentes.
Les Schizéacées ne renferment qu'un petit nombre d'espèces exotiques à flicies très-étrange, dont les sporanges sont en épis à l'extrémité des frondes. Ces sporanges sont gros, visibles à l'œil nu au rebours des précédents, opaques, blanchâtres, séparables en valves à la maturité, et situés à l'aisselle' de bractées spéciales.
Les Osmondacées, en nombre plus restreint encore, ont les sporanges opaques aussi et jaunâtres, épars sur le parenchyme à la face inférieure (Todea) ou réunis en épis à l'extrémité des frondes fertiles [Voy. OsMO?iDE).
Les trois groupes suivants offrent des caractères communs, (jui les font séparer des Fougères par certains auteurs. C'est que d'abord leur fronde s'élève entre deux appendices stipuliformes, excessivement remarquables dans les serres à la base des gigantesques espèces du genre Angiopteris. Ces appendices sont nommés pendes. Ils ont un système vasculaire spécial. De phis, ces tribus ont le sporange dépourvu d'anneau. Chez les Angiopteris, qui appartiennent presque tous à l'extrême Orient, aux îles de la Polynésie, etc., les sporanges sont encore libres, mais réunies eu groupes ovales à l'extrémité des nervures parallèles de cliaque foliole ; chez les Marattia ils vont soudés en un conceptacle ou synangio-
FOUGÈRES (botasique). 729
sore qui est situé de la même manière ; dans chaque synangiosore sont des logettes ouvei'tes chacune par une fente spéciale, et représentant autant de sporanges. Or le développement des spores n'est plus ici le même que chez les tribus précédentes, et notamment chez les Polypodiacées. Chez celles-ci, les spores d'un même sporange proviennent toutes d'une seule cellule mère ; ici au contraire elles proviennent de plusieurs cellules mères, et les prothalles présentent des différences que nous avons déjà signalées.
Les Ophioglossées sont les Fougères qui s'écartent le plus du type de cette famille. Non-seulement leurs sporanges sont sondés, mais ils siègent syr une partie spéciale de la fronde. Une division totale de la lame s'opère pendant le jeune âge de celle-ci, si bien qu'elle se dédouble; la page inférieure résultant de cette bifurcation prend les caractères d'une fiX)ude verte, et la page supérieure est consacrée à porter les sporanges, qui forment un épi cloisonné dans le genre Ophioglossum et un réseau très-ramifié dans le genre Botrychium. En oulre l'évolution de la fronde diffère. Celle-ci n'est plus roulée en crosse dans le jeune âge, comme dans les i 1 tribus précédentes ; elle naît dressée. Enfm le système vasculaire présente des différences marquées.
Les Fougères offrent de l'affinité, principalement par les caractères de leur génération alternante, avec les Rhizocarpées et les Equisétacées. La tribu des Hyménophyllées se rapproche des Mousses par la translucidilé de son tissu et les caractères de ses sporanges; les Ophioglossum avoisinent les Lycopodiacées. Au point de vue géographique, les Fougères ne peuvent nous occuper longtemps ici. La très-grande majorité d'entre elles ne vivent qu'entre les tropiques, et il est à remai-quer que celles qui habitent l'Europe, au nombre d'enviiou une vingtaine, ont leurs analogues et souvent même leurs identiques dans la région tropicale. Dans celle-ci, elles affectent souvent le caractère épiphyte; leurs rhizomes rampent sur le tronc des arbres au milieu des mousses, des Hépatiques et des Lichens. L'humidité est le facteur qui en restreint le plus la distribution; la minceur de leur tissu expose beaucoup d'entre elles à se dessécher dès que l'air ambiant n'est plus saturé de vapeur d'eau. Les Hyménophyllées cultivées dans les serres ne peuvent croître que sous une cloche qui leur assure l'humidité nécessaire; et la Capillaire de Montpellier (Adiantum Capillus Yeneris) ne s'élève vers le nord, à Jersey comme sur les bords du lac de Neufchâtel, qu'en se réfugiant dans les grottes humides pour s'abriter contre la dessiccation.
Quelque importantes que soient encore les Fougères dans la constitution des forêts de l'époque actuelle, elles l'ont été bien davantage dans les époques géolooiques antérieures, et surtout à l'époque houillère. Les Fougères fossiles, dont on est resté longtemps sans connaître la fructification, ont dû être classées suivant des principes tout différents; M. Ad. Bronguiart, le fondateur de leur classification, en avait développé les principes dans son Prodrome de botanique fossile (1828), et la nécessité dans l'article Fougères du Dictionnaire universel d' histoire naturelle. Maintenant que la science a marché et que les observations se sont accrues, on commence à en venir à une manière moins empirique de considérer les faits; et "rkcc aux recherches de M. B. Renault, on parvient à constatei' que la plupart des Fougères fossiles doivent être classées dans la tribu des Maralliées, laquelle ne renferme actuellement qu'un petit nombre d'espèces appartenant aux ré<^ions les plus chaudes et les plus humides du globe, c'est-à-dize à celles qui ont le mieux conservé le climat de l'époque houillère.
Les Fougères contiennent quelques plantes alimentaires, telles que le
750 FOUGÈRES (botanique).
Chrysodium vulgare sur les rivages de la région tropicale, ou le Pteris esculenta dans la Nouvelle-Zélande. Plusieurs d'entre elles sont usitées comhie objets de literie, notamment notre Pteris Aquilina, et même pour la litière des bestiaux. D'autres ont été employées en médecine, comme l'Ûsmonde royale, le Polypode de chêne, la Scolopendre; d'autres le sont encore, soit dans la région tropicale comme sudorifiques et antisyphilitiques {Voy. Calaguala), soit parmi nous comme espèces béchiques {Voy. Capillaire, Doradille), soit comme anthelminthiques. Le Pteris Aquilina et l'Athyrium Filix-femina ont été regardés comme doués de propriétés de ce genre, que l'expérience a surtout consacrées pour l'espèce suivante.
Foucii;RE siale. Les anciens, qui n'avaient sur le sexe des plantes en général que des idées assez confuses, ont encore bien moins connu celui des Fougères. C'est Pline qui a le premier inventé le terme de Filix mas pour le T:T£ptç de Dioscovide et de Théophrastc. Ces auteurs grecs ont parlé seulement du TTTsot'i et du B-r^lvKT-.pii;. Pline a traduit ce dernier par Filix femina, et tous les commentateurs l'ont suivi ou ont cru le suivre. Or il résulte d'un passage très-net de Théophraste (Hist. Plant. IX, 18,8), que le Ttrepiç se distinguait du 0-/}l\)T:zEpiç comme n'ayant qu'une seule fronde à l'extrémité du rhizome, le QchmTzpiç en ayant au contraire beaucoup. Dioscoride dit à peu près la même chose (IV, 88). Le TZTspiç des auteurs grecs était donc notre Pteris Aquilina, qui en a conservé le nom ; et sous le nom de Or^vn-zipii ils groupaient toutes les espèces connues aujourd'hui sous les noms d'Aspidium Filix mas, A. aculealum, Athyrium Filix femina, etc., qui ne diffèrent les unes des autres que par des caractères peu appréciables pour des observateurs aussi superficiels que l'étaient les anciens.
Quant à la signification du premier terme, 6xilv, rien n'autorise à le traduire par femelle, comme on l'a fait à l'exemple de Pline ; il signifie plutôt ici fécond, fertile, })ar allusion au grand nombre de frondes poussant à l'extrémité du rhizome. Si les Grecs avaient voulu désigner une idée de sexualité, ils auraient eu par opposition une Fougère mâle ; et d'ailleurs Qr>lvç a le sens de fertile dans certains cas.
Quoi qu'il en soit, la plante que nous nommons encore très-improprement Fougère mâle, appartient à la tribu des Polypodiacées, à la sous-tribu des Aspidiées, au genre Aspidium de Svvartz, au genre Polystichum de Roth, et au genre Nephrodium de L.-C. Richard. C'est selon certaines préférences de nomenclature qu'on l'appelle Aspidium Filix mas Sw., Polystichum Filix mas Roth ou Nephrodium Filix mas Stremp.
Le rhizome est épais, recourbé vers la surface du sol, hérissé irrégulièrement par les bases des frondes détachées dans les années précédentes, et qu'on a bien mal a propos nommées tubercules. Il est recouvert, surtout vers son extrémité, d'écaillés soyeuses et dorées, brun sur le reste de la surface extérieure. La coupe de ce rhizome, faite en été, offre la section des faisceaux fibro-vasculaires sur un fond vert, d'autant plus vert que la coupe est plus rapprochée de l'extrémité. Cette couleur verte résulte de la présence de la chlorophylle dans les cellules du parenchyme. Au milieu de ces cellules se trouvent de nombreux espaces intercellulaires, remarquables par la présence d'une ou plusieurs glandes oléifères. Ces glandes naissent d'une des cellules du pourtour de la lacune, et y sont attachées généralement par un pédicule court. Elles sont arrondies,
FOUGERES (botaniqde). 751
d'une couleur vert jaunâtre, et contiennent une certaine quantité de matière oléo-résineuse ; ces organes spéciaux ne se voient bien que sur les tissus verts et jeunes ; quand ceux-ci sont brunis, les glandes sont altérées. Comme tout indique que ce sont ces glandes sécrètent la matière active, il convient évidemment de recueillir ces rhizomes pour la pharmacie au commencement et de les avoir toujours aussi frais que possible dans les officines de la végétation.
Les frondes, longues de deux pieds environ, offrent un contour ovale, acuminé, et sont bipinnées, à segments primaires opposés et très-rapprochés les uns des autres ; les segments secondaires ou pinnules sont larges et faiblement dentés, obtus ; les sores disposés sur deux rangs sur chacune de ces pinnules, d'un gris violacé, recouverts par un indusium réniforme attaché par son centre au fond du sinus. Les sporanges, longuement pédicules, ont un anneau à 13 articulations ; les spoi'es sont arrondies et lisses, sauf une légère étoile qui indique la fissure de la germination. Le prothalle a été suivi dans son développement par M. Pedersen.
La Fougère mâle est extrêmement commune dans les endroits humides et couverts en France et dans toute l'Europe; on l'a même indiquée au Mexique et à Java, mais les formes tropicales diffèrent.
On a retiré de son rhizome une substance grasse, d'un jaune brunâtre et d'une saveur désagréable ; une huile spéciale, volatile, et un principe nommé filicine par Trommsdorf, acide filicique par Luck. Les corps qu'on a appelés bourgeons de Fougère, c'est-à-dire les jeunes frondes détachées du rhizome alors qu'elles sont encore roulées en crosse et avant leur épanouissement, ont offert à l'analyse une constitution analogue. C'est dans le mélange de filicine et de principes gras que paraît résider l'action vermifuge. Tout ces principes étant solubles dans l'éther, on s'explique la préférence qui a été donnée en thérapeutique à l'extrait éthéré. Un kilogramme de souches a fourni 90 grammes d'extrait éthéré.
BiBLiOGnAT'HiE. — Plumier. Traité des Fougères de l'Amérique, 1705. — Swartz. Synopsis Filicum, 1806.— Schruhr (Glir.). Die Farrnkrâuter. WiUeiiberg, 1809; continué par Kunze ^ous le titre de Suppl. zu Schkuhrs Systema Filicum, 1840-1854. — Kaulfiss. Euutneratio Filicum, etc., 1824. — Desvaux. Prodrome de la famille des Fougères, 1827. — Kaulfuss. Bas Wescn der Farrenkrâuier, 1827. — Ad. Bkosgniart. Prodrome d'une hisloire des végétaux fossiles, 1818. — Hooker et Gueville. Icônes Filicum, in-fol., 1829-1831. — Schott. Gênera Filicum, 1854. — Link. Ueber den Bau der Farrenkràuter . 4 Mém., 1835-1836. — Pbesl. Tentamen Pteridographiœ, 1836. — Hooker et Bauer. Gênera Filicum, in-fol., 1842. — Presl. Hymenophjjllaceœ, 1843. — Fée. 12 Mémoires sur la famille des Fougères, 184 i-
j873. îh'ees von Esenbecr. Entwickelungsgeschic/ite der Pleris serrulata. In Acta Acad.
Leop.-Carol. nat. cur., t. XII. — Hugo von SIohl. Ueber den Bau des Stammes der Baumfarne ( Vermischte Schriften, p. 108) . — Bridgeman. Eeprodiicfion of monslrosities among Ferns {Ann. and Mag. of nat. Uislory, o' sér., vol. VIll, 590). — Hooker (W.-J.). Species Filicum, 1846. — Leszczyc-Subiinski. Zur Entwickehingsgeschic/ile der Farnkràuler, 1848. — iloFMEisTER, Ueber die Verzweigung der Famé {Jahrbûcher fiir wissenschaftUchc Botanik. III, 278). — De Vriese et Hartixg. Monographie des Marattiacées, 1855. — Unger. Ein fossiles Farnkraut aus der Qrdnung der Osmundaceen, nebst vergleichendoi Skizzen ûber den Bau der Farnstammes [Acad. des se. de Vienne, 1855, Sitzungsherichte, t. VI). — AVigand. Weitere Beobacidungen ïtber die Keimungsgeschichte der Famé. 1854. — Mettexius. Filices Jiorti botanici Ijpsiensis, in-fol., 1856. — Hofmeister. Ueber Enlwickelung und Bau der Vegetalionsorgane der Famé (Abhandl. der K. sâchs. Gesellsch. d. Wissensch., 1857, t. V).
DuvAL-JouvE. Études sur le pétiole des Fougères (Annotations à la Flore de France et
d'Allemagne, 1856-1858). — Reichardt. Ueber die Gefâssbundel-Vertiieilung im Stamme und Stipesder Famé (Acad. des se. de Vienne, 1857, t. XVII. — Moore (Thomas). Gênera Filicum, 1857; Index Filicum, 1857-1865.— P. Bert. Sur les faisceaux ligneux des Fougères (VInstitut, 18 août 1859). — Bebgeron (Georges). Sur lexislence de trachées dans les Fougères {Bull. Soc, bot. Fr., VII, 558). — Mettenius. Ueber Angiopteris (Abhandl. der
752 FOUGÈRES (emploi).
Sàchs. Gesellscha/t, 18G4, t. YI ; Uebe?' die Hyme7ioph)jllaceen (ibid., t. VII). — Eïtixgshai- SEN (C. von). Beilrâge ziir Kenntniss der Flâclienskelete der Farnkrâuter, 1804. — Reess. Entwickeluncj der Pohjpodiaceen-Sporangiums (Jahrb. d. wissemchnflliclie Botanik, 1860, t. V). — BojiMER. Monographie de la classe des Fougères. 1867. — Milde. Filices Europœ et Allantidis, 1867. — Feémineau. Anatoniic du siistème vascu/aire des Cryptogames vasculaires de France, 1868. — Diival-.Iouve. Etude sur les vaisseaux des Fougères {Bull. Soc. bot. Fr., XV, 58). — Kny. Ueber Entwickelung der Prolhalliums {Sitzungsb. d. 'Gesellschafï nalurforschenden Freunde, 1868) ; Ueber Bau und Entwickelung des Farnantheridiums [Monalsb. d. K. Akad. d. Wissenschaften, 1869); Beitrâgc zur Entivickelungsgeschichte d. Farnkrâuter {Jahrb. f. wissenscliaftliche Botanik, 1809, t. VII) ; Die Entwickelung der Parkeriaceen (Nova Acla Acad. L.-C.nat. cur.,t. XXVIIj. — Strassburger. Befruclitung der Farnkrâuter {Ih'id., 1869, t. VII). — Trécul. Remarques sur la position des trachées dans les Fougères {Comptes rendus, 1869-1870); Des vaisseaux propres et du tannin dans quelques Fougères {Ann. se. nal., 5, XII); Démarques sur la structure des Cyathéacées {Comptes rendus, février 1871, et Ann. se. nat., 15, XII. — Lyell. Geographieal Handbook of ail the Knoivn Ferns, 1870. — Uauter. Enlwickelungsgeschichte der Spaltœffnungen von Aneimia und ISiphobolus, 1870. — Pu. Van Tieghem. Structure de la racine des Fougères {Ann. se. liât , 15, XII). — Luerssen. Beitrâge zur Entwickelungsgeschichte der Farnsporangien, 1872. — J. Sachs. Traité de Botanique. Trad. par Pli. Van Tieghem, 1873. — Luekssex. Zur Keimungsgeschichte der Osmundaceen, 1873. — Dauke. Ueber die Entwickelung des Prothalliums bei den Cyatheaceen [Verhandl. d. bot, Vereins f. die Provinz Brandenburg, 1874); Beitrâge zur Keimungsgeschichte der Schizœaceen {Jahrb. f. wissenscliaftliche Botanik, XI). — BuRCK. Etude organogénique de l'indusium des Fougères (en hollandais). Harlem, 1874. —Scott (J.). On the Structure of the Tree-Fcrns of India [Transactions of thé Lond. Soc, 1874). — Sadebeck. Ueber die Entwickelung der Farnblattes, 18741. — Hooker et Baker. Synopsis FiUcuni, 2= éd., 1874. — Smitii (J.). Historia Filicum, 1875. — IIolle (H. -G.). Ueber Bau und Entwickelung der Vegetationsorgane der Ophioglossaceen [Bot. Zeit., 1875, n° 19). — BiiRCR. Ueber d. Prothallium von Aneimia [Bot. Zeit-, 1875, n° 50). — Joxkmax. Sur la germination et le développement du prothalle des Marattiacées {Acad. roy. d'Amsterdam, 15 septembre 1875). — Janczewski et Rostafinski. Note sur le prothalle de l'Hy- ■menophyllum tunbridgense {Métn. de la Soc. des se. nat. de Cherbourg, 1875). — Rauwex- HOFF. Sur la germination des Gleichéniacées {Actes du Congrès international de botanique tenu à Amsterdam en 1877. — A. de Barv. Vergleichende Anatomie der Vegelations-Organe der Phanerogamen und Famé, 1878. — Ivienitz-Gerloff. Untersuchungen ueber die Entwickelung der Embryo einiger Polypocliaceen [Bot. Zeit., 1878, n" 3). — .4.. de Bary. Ueber apogame Famé [Bot. Zeit., 1878, n° 29). Eug. Fodrniek.
§ II. Emploi médical. La famille des Fougères fournit à la médication taenicide plusieurs plantes indigènes douées de propriétés analogues mais inégales : on consultera sur ce point ce qui est dit ci-dessus dans le chapitre consacré à la botanique; mais la Fougère mâle est la seule employée aujourd'hui. Il est probable que les rhizomes de quelques fougères exotiques, notamment d'une fougère du Cap, jouissent comme la nôtre, de propriétés tsenifuges, mais la fougère mâle de nos pays, bien employée, est un vermifuge sur, et il est inutile d'aller chercher au loin ce que nous avons sous la main.
On utilise en médecine le rhizome ou tige souterraine de la fougère mâle. Cette souche, de la grosseur du doigt, est formée de nodosités ou tubercules oblongs, rapprochés les uns des autres, et laissant sortir de leur intervalle des libres chevelues qui constituent la véritable racine. La couleur de ce rhizome est vert pâle à l'état frais et se change par la dessiccation en une teinte rougeâtre ; sa saveur est astringente, amère, légèrement acre, son odeur sensiblement nauséeuse.
L'analyse du rhizome de fougère mâle, faite par Morin (de Rouen), y a montré la présence d'une huile fixe, d'une essence dans laquelle résident probablement les propriétés Lienifuges de la fougère, d'une résine brune, de tannin, d'acide gailique, de gomme, d'amidon, de ligneux, etc. On y a signalé aussi la présence d'un acide, Vacide filicique et d'un alcaloïde, la filicine (Basso). Voij. Ficu,ique I acide].
FOUGÈRES (emploi). 755
Du reste, la fougère mule est un remède qui a dominé, à toutes les époques, la médication taînicide, et la concurrence que lui a portée le kousso n'a pu ébranler le crédit dont elle jouit et qu'elle mérite. Un mouvement sensible de réaction en laveur des taenit'uges indigènes s'opère, du reste, sous nos yeux; le kousso restera avec sa valeur très-réelle et très-éprouvée, mais il ne sera pas, comme ou l'a cru d'abord, l'unique médicament à opposer au taenia. Celui-ci ne capitule pas toujours du premier coup, et il est des cas, déjà nombreux, où le kousso ayant manqué son effet, on a réussi avec les ta^nifuges ordinaires : semences de citrouille, écorce de grenadier, fougère mâle.
Il est assez inutile d'insister sur la valeur absolue de la fougère mule comme tœnicide, démontrée qu'elle est par une expérience séculaire; la détermination de sa valeur relative offre un intérêt pratique plus réel. Je l'envisagerai : 1" eu égard aux autres tsenifuges ; 2" eu égard aux diverses préparations de fougère, qu'elle soit employée seule ou qu'on l'associe à d'autres substances.
Et d'abord [ab Jove principium) , quelle est la valeur respective du kousso et de la fougère? Je concéderai volontiers que le cousso (ou kousso) la supériorité, mais il y a des faits avérés d'insuccès du premier et de réussite de la fougère, mâle; c'est que les taenias et l'organisme qui leur sert de support ne sauraient être considérés comme ayant dans tous les cas une égale impressionnabilité au même agent. 11 se pourrait aussi que tous les taenias n'obéissent pas également à l'action de l'un ou l'autre de ces médicaments. C'est ainsi que Bremser a considéré le botbriocéphale comme plus impressionnable à la fougère mâle que le taenia solium. La fougère mâle est, sous certaines formes pbarmaceutiques, plus facile à administrer' et moins cbère que le kousso, et ces deux avantages doivent, à mon avis, dans le plus grand nombre des cas, engager à débuter par le premier de ces deux médicaments. Puisque le kousso se montre quelquefois inférieur à l'essence de térébenlbiue, comme le docteur Paterson l'a démontré par des observations intéressantes {Monthlij Journal 1854), il faut bien admettre que, dans des cas que le tâtonnement seul peut révéler, là où il aura écboué, la fougère mâle pourra réussir. [Voij. Cooiso.)
Quelle est la valeur comparative de l'écorce de grenadier et de la fougère? Tout en tenant un compte prudent des diversités de sensibilité du taenia, on peut accorder la supériorité à la fougère mâle ou, tout ou moins, mettre les deux médicaments sur le même rang et les faire succéder F uu à l'autre en cas d'insuccès de l'un d'eux. P. Forget a publié une observation intéressante de taenia solium qui, attaqué inutilement par une décoction de poudre d'écorce de grenadier portée progressivement à GO grammes, fut expulsé sous Faction prolongée de la poudre de fougère associée à la gomme-gutte suivant la méthode dite de Duncan et Yoo-el. Dans ce cas l'écorce de grenadier a paru provoquer le retour d'une bématémèse, mais comme le malade avait déjà vomi du sang avant son entrée à l'hôpital, je crois que le médicament doitêtre mis hors decause dans la production de cet accident. L'écorce de grenadier est difficile à prendre ; on ne se la procure fraîche et dans de bonnes conditions d'activité que dans le Midi; la fougère mâle paraît plus sûre; voilà plus de raisons qu'il n'en faut pour débuter pai' cette dernière. Tout récemment Constantin Paul a entretenu la Société de thérapeutique d'un cas emprunté à la Revue médicale de VEst (juin 1874, p. 415) dans lequel une dose (trop forte à mon avis) de 1 gramme d'extrait éthéré de fougère mâle et de 5 grammes de poudre de fougère prise en six fois, à dix minutes d'intervalle, ont amené l'expulsion d'un txnia chez un enfant de
734 FOUGÈRES (emploi).
treize mois, après l'emploi infructueux de 10 grammes d'écorce de racine de grenadier.
Quant aux semences de citrouille [Pepo maxima), on ne saurait ni leur refuser une action tncnicide très-réelle, ni les placer, pour la sûreté, sur le même niveau que les autres médicaments de ce groupe. Delioux croyait néanmoins qu'il fallait, à raison de l'inocuité absolue de la graine de citrouille, de son administration facile, si ce n'est agréable, toujours débuter par ce médicament, et je suis de cet avis: s'il n'échoue pas, le malheur n'est pas grand, et l'on a à sa disposition les autres tœnifuges qui sont plus offensifs pour le goût et l'estomac. D'ileilly a cité un cas dans lequel une dose de 80 à 120 grammes de semences de citrouille pilées avec du sucre et délayées dans du lait ayant été inutilement prise pendant trois jours, avec usage concomitant de l'huile de ricin, le taenia fut expulsé par 6 grammes de poudre de fougère mâle. Je crois que cette supérioiité de la fougère se manifestera presque toujours, mais il serait» utile de comparer cette substance non pas à la semence de citrouille entière, mais bien à la seconde enveloppe foliacée, verdàtre de cette amande dans laquelle résident, suivant la découverte d'Heckel, les propriétés vermifuges de cette graine. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en employant 17 grammes de cette préparation, retirée de 200 grammes de semences, j'ai provoqué chez un Polonais l'expulsion d'un taenia qui avait résisté aux autres moyens .
La fougère mâle s'emploie contre le tgenia sous des formes et suivant des formules diverses. La poudre rejetée par quelques lliérapeutistes comme infidèle, ne semble en effet avoir sur les autres préparations aucun avantage ; elle offre plus de volume, et elle est suceptible d'altération. Les extraits éludent ce double inconvénient. On les distingue en : 1" extrait alcoolique; 2'^ extrait élhéré.
L'extrait alcoolique se prépare, suivant le procédé conseillé par Deschamps (d'Avallon) et Collas, avec de la poudre de fougère et de l'alcool à 80 degrés; dans un appareil à lixiviation, on distille pour séparer l'alcool, et, l'on obtient un résidu rougeâtre, à saveur astringente et acre, à odeur analogue à celle des champignons, incomplètement soluble dans l'eau, soluble dans l'éther auquel il communique une teinte rouge-brun; c'est l'extrait alcoolique de fougère mâle (Deschamps d'Avallon et Collas, ISote sur les préparations pharmaceutiques de la fougère mâle. In Bullet. de the'rap., 1864, t. LXVl, p. 455).
L'extrait éthéré, appelé aussi extrait oléo-résineux, est le seul qu'ait conservé le Codex, et cette préférence paraît justifiée. Il se prépare en traitant une partie de rhizomes, mondés des parties les plus anciennes et récemment sèches, par deux parties d'éther sulfurique; la distillation de l'éther laisse un dépôt d'extrait éthéré. Celui-ci contenant, en même temps que la matière résinoïde, la substance grasse, est un médicament plus complet et plus actif que l'extrait résineux ou alcoolique.
L'huile de fougère mâle, appelée aussi huile de Peschier, du nom du médecin suisse qui l'a préconisée, n'est par le fait qu'une oléo-résine, obtenue en traitant la poudre de rhizome par l'éther. Ou l'appelle aussi baume de fougère. C'est une huile épaisse noire, d'une odeur analogue à celle de la fougère fraîche, de saveur douce, puis acre; traitée par l'alcool, elle le colore en rouge et lui cède de la matière résineuse. La poudre épuisée par l'alcool, traitée par l'éther, donne une huile de fougère plus pure, mais non pas plus active.
L'extrait alcoolique se donne sous forme de pilules, de bols ou d'électuaire à la dose de 1 à 2 grammes. Deschamps (d'Avallon) conseille de dissoudre l'ex-
FOUGÈRES (emploi). 735
trait résineux dans une petite quantité d'alcool à 70 degrés centésimaux, d'ajoviter 4 à 8 grammes de poudre de réglisse et une quantité suffisante d'alcool et de sirop.
L'extrait éthéré se prescrit à la dose de 2 à 6 grammes.
L'huile de Pescliier se donne aux mêmes doses dans une potion appropriée, sous forme d'émulsion préparée avec la gomme adraganthe. Budd a fait ressortir l'excellence de cette prépai'ation à l'aide de laquelle, en observant d'ailleurs les règles communes à l'emploi de tous les tœnicides, il a vu l'expulsion du ver entier se produire au bout de quelques heures {The Lancet, ISol).
L'emploi de la fougère mule se modifie suivant des méthodes devenues classiques et que le praticien doit connaître pour les essayer successivement dans le cas où une première tentative demeurerait infructueuse. Les principales de ces méthodes se rapportent aux noms de N'ouffcr, Peschier, de Duncan et Vogel, de Trousseau.
1° La méthode deJSouffer (ou mieux Nuffer) a été mise en vogue par un chirurgien de Morat, en Suisse, qui en éprouva l'efficacité par une longue pratique. Sa veuve, instruite par une expérience prolongée, continua à préconiser cette méthode dont l'efficacité était de notoriété dans toute la Suisse et notamment dans le canton de Berne. Un grand seigneur russe, le prince Baryantinski, ayant été délivré par ce moyen d'un taenia qu'il portait depuis longtemps, répandit avec ferveur, à sou retour à Paris, la notion de son efficacité; des médecins haut placés l'essayèrent, réussirent, et les choses en vinrent à ce point que le roi ordonna d'acheter pour 1 8 000 livres la formule i\ouffer et la fit publier dans un livre qui parut en 1775. La méthode Nouffer se répandit de là en Angleterre et en Allemagne, et une foule de témoignages se portèrent garants de sa valeur. Murray relate dans les termes suivants les règles de cette méthode : « Au début du traitement, le malade fait usage d'eau panée fortement chargée de beurre, et si le ventre est serré on lui prescrit des lavements de mauve et de guimauve légèrement salés et mélangés d'une petite quantité d'huile d'olive. Le lendemain, de grand matin, on administre trois drachmes (M gr. 70 cent., en chiffres ronds, 12 grammes) de poudre de fougère, suspendus dans 4 à G onces (120 à 180 grammes) d'eau distillée de tilleul ou d'eau ordinaire, Pour éviter les nausées, on mâche du citron confit, on se lave la bouche avec une eau aromatique, on respire du vinaigre. Le médicament est-il vomi, il faut attendre que le calme se soit rétabli et administrer une nouvelle dose. Au bout de deux heures on prescrit un bol purgatif ainsi formulé : calomel et résine de scammonée, de chaque 12 grains (GO centigrammes); gomme-gutte 5 grains (25 centigrammes) avec addition d'une petite quantité de confection d'hyacinthe pour amener à consistance molle. Chez les gens robustes et constipés, on augmente les proportions de ces substances; dans les conditions opposées, on atténue les doses et même on supprime la gomme-gutte, ou bien on divise ce bol en fractions qu'on donne successivement. Ou donne peu après une tasse ou deux d'infusion légère de thé. Le taenia expulsé, on remplace le thé par un bouillon de viande. Si l'effet purgatif tarde trop, on donne de 10 à 50 grammes de sel de Sedlitz dissous dans de l'eau chaude. Si l'expulsion ne se fait pas ; on peut recommencer le lendemain ou le jour après.» (Murray, i^jp. medicaminwn . Ticini. MDCCXCl, vol. V, p. 554.)
2° La méthode de Peschier (de Genève) est basée sur l'emploi de l'extrait éthéré de fougère mâle mêlé à la poudre de rhizome dans la proportion de
736 FOUGÈRES (emploi).
2 grammes de la première subslance et 5 grammes de lu seconde pour dix bols que l'on prend en une seule fois après une sorte de diète observée pendant deux jours. L'ingestion des bols est suivie d'une tasse de décoction de fougère maie (30 grammes pour un litre), et, deux heures après, le malade avale 50 grammes d'huile de ricin.
4° La méthode de Diincan et Vogel, appelée aussi méthode de Wawruch, est imitée de celle de Nouffer ; elle est basée aussi sur l'emploi de la fougère mâle associée au calomel et à la gomme-gutte. P. Forget, qui a employé cette méthode avec succès, indique la formule suivante des pilules de Duncan et
Vogel
Poudre de racine de fougère mâle li'' 50
Gomme gutle 0,30
On fait quatre bols, dont on prend deux le matin et deux le soir. On ajoute à ce remède 50 grammes de fougère mâle en tisane et 15 grammes de mousse de Corse [Fucus helminthocorton) en lavemeuts.
5° La méthode de Trousseau est basée sur l'emploi de 4 grammes d'extrait oléo-résineux ou éthéré de fougère donné en quatre doses à un quart d'heure d'intervalle. On fait prendre, après la dernière prise, 50 grammes de sirop d'élher ou 2 grammes d'éther en capsules et une demi-heure après un looch contenant de 1 à 5 gouttes d'huile de croton. Le malade a été préalablement mis à la diète lactée la veille du jour où commence le traitement. Cette méthode est imitée de celle d'Albert qui débute par une bouteille d'eau de Sedlitz la veille au soir, mais qui prescrit de l'huile de ricin au lieu d'huile de croton.
La fougère mâle s'emploie aussi associée aux autres vermifuges : au semencontra et au calomel dans les hols de Spielmann ; à la limaille d'étain, et au semen-contra dans VElectuaire tœnifuge de Mathieu et Kuttinger,e.[.c.; l'association de l'extrait éthéré et du calomel est celle qui donne les meilleurs résultats. Le Bœuf, pharmacien de Bayonuc, a proposé récemment des capsules contenant chacune 7 centigrammes de calomel et 50 centigrammes d'extrait éthéré de rhizome frais. On en donne 10. Créquy a signale à la Société de thérapeutique en 1875 la sûreté d'action d'une formule contenant 12 grammes d'huile élhérée de fougère mâle et 1 gramme de calomel. On enveloppe dans du pain azyme.
L'efficacité de la fougère mâle ne se déploie-t-elle que contre le tîenia, et ce médicament n' est-il pas également ascaricide? Cela est probable mais nous sommes armés contre les ascarides lombricoïdes de ressources assez nombreuses et assez sûres pour qu'il n'y ait pas d'intérêt à les accroître.
Je signalerai en terminant une observation curieuse publiée en 1866 dans le journal TheLancet, et de laquelle il résulterait qu'une solution de 1 gr. 30 cent, d'extrait mou de fougère mâle dans 20 grammes d'eau distillée, avec addition de 1 gr. 60 cent, de liqueur de potasse, injectée dans un kyste hydatique du foie, a amené la mort des échinocoques, le retrait du kyste, et finalement la guérison. Il y a là une idée thérapeutique qui, appliquée de diverses manières, n'est peut-être pas sans valeur. Foinssagrives.
FOL'CiEROLLES (FRANÇOIS ie). Ce médecin, natif du Bourbonnais, où il naquit vers 1560, étudia à Montpellier, où il se fit recevoir docteur. Après avoir parcouru l'Allemagne et l'Italie, il s'établit à Lyon, puis à Grenoble, où il exerça son art jusqu'à la fin de sa vie. c'est-à-dire jusqu'à l'année 1620. C'était un travailleur infatigable. Il nous a laissé une traduction française du Theatrum