Etpl. de la carte géologique de la France, t, J, p
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à la surface de la Bretagne orientale et de la Vendée. L'Alsace en est aussi formée sur plusieurs points. Les terrains tertiaires forment, comme on voit, presque toutes les grandes plaines de la France, et sont autant de remplissages déposés entre les plateaux ou les chaînes de montagnes : ainsi la Xeustrie est comprise entre la Lorraine, la Bourgogne, le Plateau central et la Bretagne ; l'Aquitaine l'est entre le Haut-Poitou, le Plateau central, le Quercy et les Pyrénées; la Bresse est comprise entre le Jura, les Alpes, le Plateau central et la Bourgogne. Ceux de la Provence et du Languedoc s'adossent d'une part aux Alpes et aux Maures, et de l'autre au Plateau central. On les rencontre également sur divers points de la côte orientale de la Corse.
Les roches volcaniques forment plusieurs grands massifs sur le Plateau central. Il y en a quelques petits lambeaux disséminés dans le Languedoc, la Provence et l'Alsace.
Les terrains cralliivion se trouvent dans toutes les vallées, mais ils ne forment des dépôts un peu étendus qu'en Alsace, autour de Dunkerque, à Niort, et sur le pourtour de la Méditerranée, de Marseille aux Pyrénées.
La géognosie de la Corse est loin d'être aussi bien connue que celle de la France. Les teintes des cartes, quoique se rapportant à celles des terrains primitifs et ci-étacés, indiquent plutôt une division en roches massives granitiques et porphyriques et en roches stratifiées, probablement de diverses époques. Quant aux parties coloriées en terrain tertiaire, il n'y a pas de doute.
Les terrains qui entrent dans la composition du sol de la France présentent une disposition très-remarquable, surtout par rapport au groupe primitif du Plateau central et à la plaine tertiaire de la Neustrie ou bassin de Paris. Ces deux régions, comme on peut le voir sur les cartes, sont entourées chacune d'une ceinture jurassique à peu près continue, qui a la forme d'un 8 ouvert par en haut. Cette disposition du terrain jurassique, toutefois, n'est qu'apparente; car, disent Dufrénoy et Élie de Beaumont {Explicatbn de la carte géologique de la France, t. I, p. 22 et suiv.), « si les deux boucles supérieure et inférieure que présente la figure analogue à celle d'un 8, qu'elles dessinent sur la surface, ont entre elles une sorte de correspondance, elles présentent en même temps une opposition complète dans la manièi'e dont les couches jurassiques y sont disposées relativement aux masses qui occupent les deux espaces qu'elles entourent vers le N. et vers le S., comme on peut le voir dans les coupes. En effet, la boucle inférieure ou méridionale circonscrit un massif proéminent, en grande partie colorié en rose et formé principalement de terrain granitique. C'est le massif montagneux de la France centrale, couronné par les roches volcaniques du Cantal, du Mont-Dore et du Mézenc.
« Cette boucle méridionale est ainsi moins élevée que l'espace qu'elle entoure, tandis que la boucle supérieure ou septentrionale, qui forme le contour d'un bassin dont Paris occupe le centre, est, en grande partie, plus élevée que le remplissage central de ce bassin.
« L'intérieur de ce bassin est occupé par une succession d'assises à peu près concentriques, comparables à une série de vases semblables entre eux, qu'on fait entrer l'un dans l'autre pour occuper moins d'espace.
« La disposition des couches jurassiques, dont nous venons de donner l'indication, est liée de la manière la plus intime à la structure, tant intérieure qu'extérieure, de la plus grande partie du territoire français. Nous pouvons le
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faire comprendre dès à présent en esquissant rapidement les traits extérieurs par lesquels sa structure intérieure se décèle.
« Les deux parties principales du sol de la France, le dôme de l'Auvergne (Plateau central) et le bassin de Paris (Neustrie), quoique circulaires l'un et l'autre, présentent, comme on vient de le voir, des structures diamétralement contraires. Dans chacune d'elles, les parties sont coordonnées à un centre, mais ce centre joue dans l'une et dans l'antre un rôle complètement différent.
(( Ces deux pôles de notre sol, s'ils ne sont pas situés aux deux extrémités d'un même diamètre, exercent en revanche autour d'eux des influences exactement contraires : l'un est en creux et attractif; l'autre, en relief, est répulsif.
« Le pôle en creux vers lequel tout converge, c'est Paris, centre de population et de civilisation. Le Cantal placé vers le centre de la partie méridionale, représente assez bien le pôle saillant et répulsif. Tout semble fuir en divergeant de ce centre élevé, qui ne reçoit du ciel qui le surmonte que la neige qui le couvre pendant plusieurs mois de l'année. 11 domine tout ce qui l'entoure, et ses vallées divergentes versent les eaux dans toutes les directions. Les routes s'en échappent en rayonnant comme les rivières qui y prennent leur source. Il repousse jusqu'à ses habitants qui, pendant une partie de l'année, émigrent vers des climats moins sévères.
« L'un de nos deux pôles est devenu la capitale de la France et du monde civilisé ; l'autre est resté un pays pauvre et presque désert. Comme Athènes et Sparte dans la Grèce, l'un réunit autour de lui les richesses de la nature, de l'industrie et de la pensée ; l'autre, fier et sauvage, au milieu de son âpre cortège, est resté le centre des vertus simples et antiques, et, fécond malgré sa pauvreté, il renouvelle sans cesse la population des plaines par des essaims vigoureux et fortement empreints de notre ancien caractère national.
« La structure delà plus méridionale des deux parties de territoire que nous venons d'opposer l'une à l'autre, se dessine par des traits qui doivent frapper bien plus, au premier abord, que ceux de la partie septentrionale, puisque ces traits sont les montagnes les plus élevées de l'intérieur de la France. Cependant, lorsqu'on y regarde de plus près, la structure en forme de bassin de la partie septentrionale se dessine, de son côté, avec une netteté toute particulière, au moins dans sa partie orientale.
« La pallie orientale, est, en effet, celle dans laquelle le contour jurassique du bassin s'élève à la plus grande hauteur. Les différentes assises dont il se compose ont été usées inégalement par les révolutions du globe; et, suivant les divers degrés de dureté, elles forment comme une série de moulures concentriques les unes aux autres. Il est arrivé la même chose aux assises, de solidités diverses, qui se trouvent appliquées successivement l'une sur l'autre dans l'intérieur du bassin. De là une série de crêtes saillantes formées par les extrémités des couches les plus solides (comme on peut le voir dans les coupes). Ces crêtes tournent parallèlement les unes aux autres autour de Paris, qui est leur centre commun. Les rivières qui, comme l'Yonne, la Seine, la Marne, l'Aisne, l'Oise, convergent vers le centre du bassin parisien, traversent les crêtes successives dans les défilés que les révolutions du globe ont ouverts pour elles. Ces mêmes crcles forment les lignes naturelles de défense de notre territoire, et les opérations stratégiques de toutes les, armées qui l'ont attaqué ou défendu s'y sont toujours coordonnées par la force même des choses.
« Jamais cette vérité n'a été mise plus vivement en lumière que dans la DICT. EKC. A" s. IV, 21
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mémorable campagne de 1814. Sur la ciêle Ja plus intérieure formée par le terrain tcrtiaire,.ou tout près d'elle, se trouvent les champs de bataille de Jlontereau, de douent, de Sézanne, de Yauchamps, de Montmirail, de Cbampaubert, d'Épernay, de Craonne, de Laon.
« Sur la deuxième, formée par la craie, se trouvent Troyes, Brienne, Yitry-le- Français, Sainte-Menehould. Là aussi se trouve Valmy!
« La troisième crête, beaucoup moins prononcée et plus inégale, présente cependant les délilés de l'Argonne.
« Près de la quatrième ligne saillante, qui déjà appartient au terrain jurassique, se trouvent Bar-sur-Seine, Bar-sur-Aube, Bar-le-Duc, Ligny.
« Près de la cinquième, qui est également jurassique, sont Châtillon-sur- Seine, Cbaumont, Toul, Verdun.
« La sixième, déjà un peu excentrique, est formée par les coteaux élevés qui dominent Nancy et Metz, et qui s'étendent sans interruption depuis Langres jusqu'à Longwy, Montmédy, et jusqu'aux environs de Mozières.
« Paris est placé au milieu de cette sextuple cii'convallation opposée aux incursions de l'Europe, et traversée par les vallées convergentes des rivières principales.
« L'emplacement de Paris avait été préparé par la nature, et son rôle politique n'est, pour ainsi dire, qu'une conséquence de sa position. Les principaux cours d'eau de la partie septentrionale de la France conveigent vers la contrée qu'il occupe, d'une manière qui nous pai'aitrait bizarre si elle nous était moins utile et si nous y étions moins habitués. Ce n'est donc ni au hasard ni à un caprice de la fortune que Paris doit sa splendeur, et ceux qui se sont étonnés de ne pas trouver la capitale de la France à Bourges ont montré qu'ils n'avaient étudié que d'une manière superlicielle la slructui'e de leur pays.
« La France, malgré la vai'iété que présente son sol, ou plutôt à cause de la manière dont sont disposés les éléments de cette vaiiété, est un des pays de la terre dont la population est le plus naturellemeat homogène ou du moins le mieux reliée dans toutes ses parties.
« La disposition du terrain, dont ce qui précède donne déjà un aperçu, y atténue., autaut que possible, la diversité des climats ; et, si h France doit à la forme de son territoire certains désavantages, elle lui doit, d'un autre côté, des avantages marqués.
« C'est la réunion des terres élevées du midi avec les plaines du nord qui présente ce caractère d'homogénéité de climat dont foute la France ressent l'influence, et qui fait que la nation française est mie des plus grandes réunions d'hommes d'une complexion analogue.
K L'ojaité de la France est due, en grande pariie, à ce que le noyau montagneux du Midi, à cause de son élévation, est beaucoup plus froid, proportionnellement à sa latitude, que le bassin du Nord; d'où il résulte qu'abstraction faite de la Gascogne et du littoial de la Méditenanée, le sol de la France présente, jusqu'à un certain point, dans tous les départements, la même température moyenne.
« Si ks relations de hauteur dont nous venons de parler étaient renversées, si les terres basses du nord de la France étaient portées au centre et que les terres élevées du centre fussent portées au nord, la France sei-ait partagée entre deux nations presque distinctes, comme la Grande-Bretagne, entre les Anglais et les Écossais..
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« La Gascogne et le littoral île la Méditerranée sont les deux exceptions les plus notables qu'on puisse citer aux observations générales qui viennent d'èlre représentées; aussi reraarque-t-on que les noms de Gascons et de Méridionaux désignent les distinctions les plus tranchées qu'on puisse signaler parmi les Français. »
Terrain primitif. 11 constitue la base sur laquelle reposent tous les terrains sédimentaires ; il se montre à la surface du sol dans les six régions suivantes : le Plateau central, la Bi^etagne, les Vosges, les Alpes, les Maures et les Pyrénées ; les cinq dernières sont disposées circulairement autour de la première. Il se divise en partie stratifiée, comprenant les gneiss, les micaschistes et les talschistes;eten partie non stratifiée, comprenant les granités, les syénites, elc. Cette dernière est contemporaine de la première et lui est assez intimement liée.
Le terrain primitif stratifié présente dans les différents massifs qu'il forme une composition générale assez uniforme. Nous nous bornerons à la description de celui d'une seule région.
Dans le Plateau centrai, il est principalement formé d'alternances de granité à petits grains, de gneiss et quelquefois de leptynite, en couches le plus souvent verticales, et passant fréquemment de l'une à l'autre. Sur les bords du Plateau ces roches passent à des micaschistes qui forment une bande mince, assez continue, à la limite des terrains secondaires. Autour de Limoges, les granités sont à grains luis et se décomposent peu ; les gneiss sont à grains lins, à mica argenté et à quartz peu abondant, et renferment des bancs subordonnés de pegmatite et d'ampliibolite ; en approchant de la bordure du Plateau, les gneiss deviennent très-schistoïdes, à grains plus fins, et renferment de l'amphibole. Autour de Tulle et d'Aurillac, les gneiss sont durs, tantôt noirs à mica abondant, et tantôt roses ou jaunes peu micacés. A l'O. d'Alais, ils sont grisâtres, très-schistoïdes, très-durs, avec nombreux rognons et veinules de quartz : ils sont accompagnés de micaschistes. Au milieu des gneiss, il y a à Eymoutiers (Haute- Vienne), à Sa venue (Puy-de-Dôme), à Mauriac (Cantal), etc., des amas contemporains de calcaire saccharoïde gris souvent micacé, dont les strates sont parallèles à ceux du gneiss. Le fer oxydulé, dans quelques localités, comme à Villefranche-d'Aveyron, foi^me des amas lenticulaires dans le gneiss, ou même y remplace le mica et donne lieu à des exploitations. A Courniou, près de Saint-Pons (Hérault), on exploite au milieu de talschistes et de calcaires, du fer oligiste schistoïde renfermant beaucoup d'or natif.
Les gneiss et les micaschistes renferment fréquemment des liions de quartz et de baryte sulfatée métallifères, parmi lesquels on exploite principalement de la galène à Pontgibaud (Puy-de-Dôme), à Vienne (Isère), et à Villefort (Lozère), où il y a dix filons qui sont autant de fentes irrégulières contenant des débris de micaschiste. La galène, qui forme des veines continues et des rognons isolés, y est accompagnée de pyrite, de cuivre pyriteux, de bleude et de calcaire, disséminés dans une gangue de quartz et debarytine. Près de Brionde et de Florac, il y a plusieurs filons quartzeux contenant de l'antimoine sulfuré exploité en veines compactes, irrégulières ou en taches fibreuses. A Vaulry, près de Limoges, et à Montebras (Ca-euse) il y a de petits filons stannifères non exploités. A Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme), il y a des filons de fer carbonate spathique.
Le terrain primitif non stratifié, varie peu dans les différentes régions où il se rencontre. Aussi décrirons-uous seulement celui d'une seule région.
Dans le Plateau central, indépendamment des granités à petits grains associés aux gneiss, il y en a d'autres à gros grains, gris clair ou rose pâle, à deux feld-^paths, dont l'un, en gros cristaux d'un blanc verdàtre, donne souvent à la roche une texture porphyroïde. Ils forment des montagnes ou des chaînes isolées, s'élevant au-dessus du niveau général du plateau ; ils sont postérieurs au terrain primitif stratifié, dans lequel ils forment des filons, et antérieurs aux terrains de transition dans lesquels ils ne pénètrent pas. Dans les environs de Limoges, les granités sont à mica argentin et passent au kaolin par décomposition. 11 y a de nombreux minéraux disséminés, tels que le lépidolithe qui remplace le mica, l'aigue-marine verdàtre en très-gros prismes, la chaux phosphatée verdàtre, le grenat rouge, le cuivre panaché, le fer arsenical, le wolfram, le fer et le manganèse phosphatés, l'urane p!iosphaté,le molybdène sulfuré, etc, ; quelquefois, comme à Vaulry, la roche passe au greisen et renferme de petits filons d'étain avec lluorine. A Guéret et à Glermont, ils sont à mica noir assez abondant. Dans la Corrèze, ils sont un peu micacés et se décomposent facileinent; dans les environs de Tulle, ils contiennent de l'amphibole et passent à la syénite. Dans la montagne Noire, ils sont à gros grains grisâtres, ou à petits grains, avec grenat, tourmaline, spinelle, fer oxydulé, etc. Dans les Cévennes, ils sont à trros o-rains. porphyroïdes, à très-gros cristaux de feldspath et à mica noir. Dans la Haute-Loire, ils sont à grains moyens, jaunâtres, avec nombreux blocs et fragments de granités et filons de quartz. Dans le Rhône et Saône-et-Loire, les "ranites peu abondants sont en général roses à grains assez fins. Dans la Nièvre, ils sont tantôt à grains fins, et tantôt à gros grains porphyriques, et contiennent des filons de pegmatite, passant au kaolin, avec tourmaline, émeraude et uranite à Saint-Symphorien. 11 y a de nombreux filons de quartz hyalin blanc ou l'Ose grenu ou calcédonieux, avec barytine, galène, fluorine, fer oligiste, etc.
Les granités, et mieux encore les pegmatites, en se décomposant dans certaines circonstances, perdent leur potasse et une partie de leur silice, et se transforment en kaolin, le plus souvent accompagné de parties ferrugineuses. A Saint-Yrieix, près de Limoges, où seulement le kaolin est blanc et tiès-pur, on l'exploite activement pour la manufacture de porcelaine de Sèvres et celles de Limoges, et on l'exporte même jusqu'en Russie et dans les Etats-Unis. Il forme là ime série d'amas, souvent de 20 mètres d'épaisseur, disséminés dans le gneiss altéré, ainsi que les diorites qui l'accompagnent.
Ces kaolins sont généralement d'un beau blanc de lait, friables, fortement tachants ; on en distingue de trois qualités différentes. Le caillouteux, qui est grenu friable, à grains quelquefois pisaircs, les uns quartzeux et durs, les autres argileux et tendres. Le sablonneux, qui est friable, très-maigre au toucher, et dans lequel le quartz est à l'état de sable assez fin, mais visible. Uargileux, qui est moins friable, assez doux au toucher, d'une couleur blanc de lait plus uniforme, et faisant directement avec l'eau une pâte assez liante. On commence à en exploiter un autre gîte auxColettes (Allier).
Le sol formé par le terrain primitif slratilié présente des contours arrondis ; mais le plus souvent les sommités sont aiguës, déchirées et dentelées, en raison de l'inégale désagrégation et décomposition des divers strates qui les composent; les vallées sont étroites et profondes, et présentent fréquemment sur leurs flancs des arêtes saillantes plus ou moins inclinées qui indiquent la stratification ; la désagrégation et la décomposition des roches marchent lentement en général. Le terrain primitif non stratifié ou granitique forme presque toujours
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des montagnes à contours arrondis, à pentes douces et à sommités plates et allongées; il se désagrège facilement à la surface en donnant des blocs arrondis, parfois tremblants, et des sables quartzo-feldspathiques (ai'ène) employés comme pouzzolanes dans les constructions. Dans les montagnes, cependant, il présente souvent aussi de grands escarpements, des pics, des aiguilles et des crêtes trancbantes et dentelées.
Le sol primitif, le plus souvent stérile, est envahi par les genêts, les ajoncs et les bruyères ; l'absence du calcaire fait qu'il ne convient pas à la culture des céréales, excepté à celle du seigle : aussi les remplace-t-on le plus souvent par le sarrazin. Les châtaigniers [irospèrent presque partout sur le Plateau central, et offrent de grandes ressources pour la nourriture de ses habitants; les pins et les sapins occupent les parties élevées de la plupart des régions.
Terrains de transition stratifiés. Formés par tous les terrains de sédiment antérieurs au terrain c\rbonifère, ils accompagnent le plus souvent les terrains primitifs dans les régions qui en sont composées, comme dans la Bretagne, les Vosges, le Plateau central et les Pyrénées. Ils constituent à eux seuls une région particulière qui sera seule décrite.
Dans VArdenne, ces terrains présentent les trois divisions déjà reconnues dans la ^retagne ; les couches sont généralement dirigées de l'E. N. E. à rO. S. 0. Le terrain cambrien, très-développé dans la vallée de la Meuse, peut se diviser en trois étages. L'inférieur, qui fait peut-être partie du terrain primitif, est formé de phyllades luisants, bleuâtres ou verdàtres, donnant des ardoises ; les quantités extraites sont fort considérables ; on en fabrique annuellement 25,685,000 à Deville et à Monthermé, et 46,700,000 à Rimogne. Ces phyllades renferment assez souvent de petits cristaux de fer oxydulé octaédrique et de la pyrite en gros cubes ; ils alternent avec des grès gris-bleuâtre à cassure couclioïde, et sur plusieurs points ou y trouve intercalées des roches grises ou vertes qui ont la plus grande analogie avec la protogine schisteuse, et sur l'origine desquelles on n'est pas d'accord. L'étage moyen se compose de phyllades bleus, rouges, verts ou violets, avec pyrite, exploités pour ardoises à Kumay, où on en extrait annuellement 52,644,000. C'est surtout dans la carrière Sainte- Anne qu'on voit bien la dis[)Ositiou oblique des feuillets par rapport aux couches.
Cette disposition paraît due à une action postérieure au plissement du terrain, car les feuillets conservent leur inclinaison de 56 degrés, quelle que soit l'inclinaison des couches, qui est en moyenne de 25 degrés; elle est encore rendue plus sensible par l'interposition de lits de grès.
Ces phyllades alternent avec des grès gris, bleus, verts ou rouges, et sur quelques points il y a des lits de fer oxydé rouge et d'anthracite. L'étage supérieur commence par des poudingues à cailloux de quartz et à pâte phylladienne ; viennent ensuite des grès phylladifères micacés, gris-bleuâtre à taclies rouges, contenant des phyllades bleus avec Terebratula, Spirifer, Encrines, etc., et quelques couches interrompues de calcaire compacte noir, avec nombreux débris d'Encrines, exploités pour faire de la chaux. Dans tous ces terrains, il y a de nombreux filons de quartz dont quelques-uns avec traces de galène.
Le terrain silurien repose en stratification discordante sur le précédent; il est formé à la base par des poudingues quartzeux et des arkoses grossières, souvent décomposées, grisâtres ou jaunâtres, renfermant de l'amphibole et de la pyrite, et employées sous le nom de pierre des Sarrasins ou pierre à grains de sel dans la construction des hauts-fouraeaux. Il y a aussi des grès quelquefois
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assez purs et blancs. Au-dessus viennent des grès schistoïdes bleus, exploités pour le pavage, avec couches subordonnées de phyllade micacé griscàtre et de grès pliylladifères contenant les fossiles suivants : Asaphus Haiismanni, Bellerophon Miwchisonianus, Turritella, Evomphalus, Productus, Spirifer macropterus, S. spinosKs, S. ostiolatus, etc, Aïennent enfin des psammites verts et rouges alternant avec des grès micacés. Dans les environs d'Hirson (Aisne), il y a au-dessus, des poudingues, des phyllades gris-verdâtre ou violets, avec fossiles, dont les plus abondants sont : Asaphus caiidatus, A. expansus, Orthis orhicidaris, 0. Pecten, Terebratula brevirostris, Spirifer oc loplicatus, Aster ias constellata, etc.
Le terrain dévonien repose en stratification concordante sur le précédent ; il se divise en deux étages : l'inférieur commence par des schistes calcarifères noirs, verts dans les environs d'Hirson, alternant avec des calcaires argilifères gris, fétides, qui finissent par prédominer en devenant compactes. A Givet, où ils sont exploités comme marbie et pierre à chaux, tantôt ils renferment des veines calcaires blanches et donnent le marbre Sainte-Anne, tantôt ils sont pétris d'Encrines et donnent le petit granité. On y trouve des géodes de calcaire et de fluorine, et un peu de galène. Les schistes surtout renferment des fossiles dont les plus abondants sont : Spirifer speciosus SS. Verneiiili, S. Archiaci, Terebratula concentrica, T. explanata, T. prisca, Atrypa ga~ leata, Calceola sandalina, Cariophyllia ftexuosa, Cyathophijllum cespitosiim, C. ceratites, Favosites spongites, F. gothhmdica, F. polymorpha, etc. L'étage supérieur est formé par des schistes argileux gris-verdàtre, foncé, avec Calymene arachnoidea, Bellerophon, Melania, Spirifer glaber, Atnjpa cuboides Cypricardia, etc. II y a aussi quelques lits de calcaire rougefitre à veines blanches. Dans les environs d'Avesnes (Nord), où il y a aussi des carrières de marbre, on exploite des filons de fer oligiste compacte l'ouge et de fer hydroxydé jaune.
Les formes du sol constitué par les terrains de transition sont absolument les mêmes que celles du terrain primitif stratifié. La végétation a aussi de grands rapports ; les céréales y sont cependant cultivées plus fréquemment, en raison de la plus grande quantité de calcaire contenu dans ces terrains.
Porphyres de transition. Ils constituent plusieurs massifs considérables dans le Plateau central. Dans les Vosges, la Bretagne et les Pyrénées, ils ne forment que des amas de peu d'étendue. Leur composition est assez uniforme dans ces différentes régions ; aussi ne sera-t-il parlé que de deux seulement d'entre elles.
Dans le Plateau central, ils forment trois grands massifs dans la Nièvre^ le Rhône et la Loire. Celui de la Nièvre est très-considérable et pousse des ramifications dans le terrain primitif qui l'encaisse; les porphyres, le plus souvent rouges, quelquefois verdàtres ou grisâtres, renferment des cristaux de quartz, quelquefois de feldspath et de mica. Ils présentent de nombreux filons de quartz contenant du fer oligiste, de la pyrite, de la galène, de la barytine, de la fluorine et du plomb arseniaté à Saint-Prix. Le massif du Pdiône, assez étendu, est enchevêtré sur une multitude de points dans les terrains de transition ; les porphyres y sont rouges à cristaux de feldspath ; quelquefois cependant ils sont verts ou blancs; d'autre fois ils sont grenus ^ passent au leptynite. On y trouve des pyi'ites, de la galène, de l'urane phosphaté vert, etc. Le grand massif de la Loire, dirigé du N. au S.,
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est composé de porphyres , tantôt grenus blanchâtres peu quartzifères , et tantôt à pâte compacte, le plus souvent rouge, quelcpiefois verte, grise ou brune, avec cristaux de feldspath rose, de quartz gris et souvent du mica. Ils présentent des filons de quartz et quelquefois de calcaire saccharoïde blanc, avec fissures tapissées de matière talqueuse; ces derniers, qui atteignent à Cliampoly 400 mètres de longueur sur 1 de largeur, sont probablement des lambeaux du terrain de transition.
En Corse, les roches primitives massives occidentales sont traversées par des filons et des amas de pétrosilex et de porphyre gris ou brun rouge ; dans la partie méridionale surtout, ils sont très-nombreux, et sur deux points, au S. 0. de Galvi, ils prennent une structure orbiculaire et donnent le pyroméride rouge ou violet, à gros et à petits orbicules, appelé porphyre orbiculaire de Corse. Les amphibolites et les diorites gris-verdàtre, à grains moyens, forment aussi des liions et des amas considérables ; l'un d'eux présente au N. E. de Sartène la variété orbiculaire connue sous le nom de granité orbiculaire de Corse.
Terrain carbonifère. Le terrain carbonifère stratifié , dans le N. de la France seulement, se divise en deux étaiies : le calcaire carbonifère et le tei'rain houiller. Ailleurs, il n'y a qu'une seule masse, que nous décrirons comme terrain houiller suivant l'usage, quoiqu'elle corresponde très-probablement au terrain carbonifère tout entier.
Le calcaire carbonifère, forme la partie occidentale de l'Ardenne française, et un petit lambeau isolé à l'O. dans le Bas-Boulonnais. Tous deux sont en coimexion avec le terrain dévonien, sur lequel ils reposent sans intermédiaii^e.
Dans l'Ardenne, il forme deux bandes, dirigées de l'E. à l'O., encaissant au N. et au S. le terrain houiller de Valenciennes. Ce sont des calcaires compactes fétides, le plus souvent noirs, quelquefois grisâtres ou gris bleuâtre, en bancs très-épais, dont plusieurs, ù diverses hauteurs, renferment de nombreuses tiges d'Encrines, se détachant en blanc sur un fond noir, et donnent le marbre appelé petit granité. D'autres bancs donnent les marbres de Flandre, qui sont noirs ou gris à veines blanches, avec de nombreux fossiles. Sur plusieure points, il y a des couches de dolomie noirâtre, tantôt dure solide, et tantôt friable arénacée, renfermant aussi de nombreux fossiles bien conservés. Il y a aussi des lits de calcaire oolithique grisâtre ressemblant beaucoup à celui du terrain jui"assique. Dans le Bas-Boulonnais, c'est un calcaire fétide giis clair à marbrures plus foncées, contenant souvent des lits de phtanite noir.
Parmi les fossiles caractéristiques, ceux que nous indiquons de préférence se retrouvent dans le terrain devonien de la Bretagne, que plusieurs géologues rapportent, pour cette raison, au terrain carbonifère ; ce sont les suivants : Asaphus obsoletus, Orthoceras Gessneri, Nautilus exostomus ,. Bellerophon bicaremis,Evomphaluspentagidatus,Prodnctuspunctatus, P.semireticulatus, Spirifer papilionaceus, Caninia [Amplexus) gigantea.
Le terrain houiller qui forme notamment en Angleterre et en Belgique des bassins très-étendus, ne constitue en France que des dépôts assez petits, dispersés sur un grand nombre de points, et toujours en connexion avec les sitx massifs de terrain ancien, à la surface ou au bord desquels ils sont disséminés, souvent aussi au contact des terrains pins récents qui viennent les recouvrir en partie. Le tableau suivant indique la répartition des bassins ou affleurements, et la, production comparative du combustible en 1842 et 1864.
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