‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.40Chapitre 14 sur 75 · BASSINS HOUILLERS · texte numérisé non relu

BASSINS HOUILLERS

Ardenne.

Revers septentr.

Revers méiid. .

Bas-Boiiloimais (l'as-dc-Calais)

Valenciennes (Nord)

Sarre, près de Forbach (Moselle

Ville, près de Schelestadt (Bas-Rhin) . . .

Vosges | Sainl.-Hippolyte et le Hury (Haut-Rhin) . .

( Ronchamp et Champagney (Haute-Saône) . Sincey près d'Avallon (Yonne et Côte-d'Or).

Autun et Epinac (Saône-et-Loire)

Saône-et-Loire (le Creuzot, etc.)

La Cliapelle-sous-Dun (Saôue-et-Loire) . .

Bert et Montcombroux (Allier)

Sainic-Paule, pièsde Trévoux (Rhône) . .

L'Arbresle (Rhône)

Saitite-Foy-l'Argentière, sur la Brevenne

(Rhône)

Loire, Snint-Etienne et Rive-de-Gier(Rhône) Ternay et Commun jy, près du Gier (Isère).

Aubenas (Ardèi:he) |

Les Vans, près d'Alais (Anlèche) )

Bordure orienlale.

PnODUCTlON COMPARATIVE

du combustible eu quintaux métriques.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Bordure occidentale.

Alais et Saint-Ambroix (Gard)

Le Vigan (Gard)

Ronjan, près de Pézenas (Hérault) . .

Saint-Gervais, près de Lodève (Hérault)

Carmcaux, près d'Albi (Tarn) ....

Milhau

Rodez (Aveyron)

.Aubitt,ou Decazcville (Aveyron). . . .

Fii;eac (Lot)

Argentat, près de Brives (Corrèze) . .

Brives (Corrèze)

Culilac, près de Brives (Corrèze) . . .

Le Lardin, piès de Brives (Dordogne) .

Decize (.Nièvre)

Fins (Allier)

Meauliie (Allier)

Commentry, etc. (Allier)

Saint-Eloy, prés de Montaigu (Puy

Dôme)

Intérieur ^ Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme)

Lempret, près de Bort (Cantal)

Brassac (Puy-de-Dôme et Haule-Loire). . .

Langeac (Haute-Loire)

Ahun, près d'Aubusson (Cieuse)

Bourganeuf (Creuse)

Laplea», près d'Ussel (Corrèze)

j Reyran, près de Fréjus (Var)

Madrés. . . . .- Plan de la Tour (Var) [

{ CoUobrières (V'ar)

PïRÉ.NEEs I Ségure et Durban (Aude). ........

iChantonnay et Vouvant (Vendée). .

Quimper (Finistère) hain(-Pierre-la-tour,presdeLaval(Mayenne) Littry et le Plessis (Calvados et Manche). .

■de-

Inexploité.

Inexploité.

lncx|iloilé.

Inexploité.

Inexploité .

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Inexploité.

Le terrain liouiller se divise en deux catégories distinctes : l'une, à laquelle appartiennent les dépôts de l'Ardenne, a été formée sur les rivages d'une grande mer par des causes générales, et se présente en grandes bandes continues

FRilîyCE (géologie). 529

intimement liées au calcaire carbonifère ; les couches y présentent des plissements rectilignes et anguleux, comme cela se voit bien dans le bassin de Valenciennes, sur le revers septentrional de l'Ardenne.

L'autre catégorie, qui comprend tous les autres bassins, se compose de dépôts lacustres, formés par des causes locales dans des dépressions plus ou moins profondes, isolées et disséminées irrégulièrement à la surface des terrains anciens; les couches y présentent des plissements courbes et onduleux, sans angles vifs, ainsi que cela se voit dans la coupe du bassm de la Loire à Rive-de- Gier, dans la bordure orientale du Plateau central. — Ces deux bassins seront seuls décrits.

A part cette différence d'origine, les matériaux des divers bassins houillers sont les mêmes; ce sont, à la base, des poudingues formés dans le premier cas, de galets roulés siliceux ou de quartz blanc, peu volumineux, ayant peu d'analogie avec les roches sous jacentes, ce qui annonce des actions générales et lointaines, et alternant avec quelques couches de calcaire marin; dans le second cas, ce sont des débris peu roulés et souvent énormes de granité, gneiss, micaschiste, talschiste ou phyllade, suivant la nature des roches plus anciennes qui avoisinent les bassins et leur servent d'assiette. La partie moyenne est occupée par des psammites micacés, le plus souvent gris, contenant encore des lits de poudingues à petits fragments, renfermant fréquemment des troncs et des tiges de végétaux, et alternant avec des schisles noirs qui finissent par prédominer et constituer presque à eux seuls la partie supérieure. Ces schistes sont souvent bitumineux, et contiennent de nombreuses empreintes de fougères. Les divers bassins varient beaucoup par l'épaisseur relative des couches de grès et de schiste, ainsi que par le grain de ces diverses roches. La houille, de qualité très-variable, forme, dans les schistes, plus rarement dans les psammites, des couches le plus souvent contournées et très-variables en nombre et en épaisseur. A Saint-Etienne, il y en a 15, donnant par leur réunion 55 mètres de houille, tandis qu'à Quimper il n'y a que des veines inexploitables. Quelquefois aussi les schistes contiennent des lits de rognons ou des couches minces de fer carbonate, qui n'est assez abondant pour être exploité, que dans les houillères de la Loire et d'Aubin.

Près des trois quarts des bassins houillers se rattachent, comme on voit, au Plateau central ; et même, parmi les douze plus étendus, il y en a dix qui lui appartiennent; des deux autres, l'un dépend de l'Ardenne et l'autre de la Bretagne. La distribution des bassins houillers est cependant assez favorable; celui de Valenciennes alimente le Nord de la France et en grande partie le bassin de la Seine. Les grands dépôts de la bordure orientale du Plateau central (Saône-et-Loire, Loire et Alais) se trouvent à portée des canaux et des grands cours d'eau qui permettent l'exportation de leurs produits dans les bassins de la Seine, de la Loire, du Rhône et du Rhin. Ceux de Brassac et de Decize contribuent à l'alimentation des bassins de la Loire et de la Seine. Quant aux autres dépôts, tant du Plateau central que des autres massifs anciens, leur position, le plus souvent dans les montagnes et loin de rivières navigables, limite la consommation de leurs produits au voisinage des mines; aussi le bassin de la Garonne ne possède-t-il guère que des houilles importées par mer, soit des autres bassins français, soit de la Belgique et surtout de l'Angleterre. Le bassin de la Meuse est approvisionné par le dépôt de la Belgique; les houilles de la Sarre, sur le territoire prussien, alimentent le bassin de la Mo-

550 FRANCE (géographie).

selle; la Basse-Loire est approvisionnée par les dépôts houillors dévoniens qui la traversent, ainsi qu'il aurait pu être dit précédemment.

Quant à leur superficie, 20 environ, parmi lesquels plusieurs ne sont pas exploités, restent au-dessous de 1500 hectares; 17 occupent de 1500 à 4000 hectares ; 9 seulement atteignent de 5000 à 9000 hectares ; 4, ceux de Saône-et-Loire, de la Loire, d'Alais et de Littry , occupent de 16 000 à 55 000 hectares ; 1 seul enfiu, celui de Valenciennes, atteint 54 245 hectares.

La superficie des terrains houillers de la France s'élève à 266 068 hectares qui, joints à 51 757 hectares formant celle du dépôt houilier dévonien de la Basse-Loire, donnent un ensemble de 297 805 hectares ou 1/180 de la surface totale de la France continentale, qui est de 52 76^619 hectares; proportion bien inférieure à celle de l'Augleteire, qui est de 1/20 (1 572 641 hectai-es sur 51 millions), et à celle de Belgique, qui est de 1/25 (155 000 hectares sur 5 500 000 hectares).

La production en houille, de 6 465 557 quintaux en 1814, et de 16 656 516 quintaux en 1855, a été de 55 054 458 quintaux en 1842. Le bassin de la Loire donnait à lui seul 0,59 de cette quantité; le bassin de Valenciennes produisait 0,27; celui d'Alais, 0,09; celui de Saône-et-Loire, 0,07; celui d'Aubin. 0,04 ; ceux d'Autun et de Littry, chacun 0,02 ; et ceux de Gommentry, de Brassac, de Cecize et de Carmeaux, ensemble 0.06. Enfin les 55 autres bassins houillers ne donnaient à eux tous que 0,04 de la totalité de houille extraite. Le tableau suivant présente, en quintaux métriques, les moyennes quinquennales de la production de la houille des bassins français, ainsi que celles de l'importation des houilles étrangères, destinées à la consommation française. 11 donne ainsi une véritable histoire de l'industrie houillère, pendant plus de trois quarts de siècle.

TABLEAU DE l'iXDUSTRIE DE LA HOUILLE E>' FRAKCE

PÉr.IODES.

Production.

EipoitatioD.

Importation.

1802 . . (Il

Avant 1789, la production annuelle des houilles indigènes était d'environ 2 800 000 quintaux métriques, et l'importation était à peu près égale. Be 181 1 à 1815, si la première était plus que triplée, la seconde était réduite à moitié. Depuis, l'une et l'autre ont été continuellement en augmentant, sauf deux arrêts, surtout daus la production; l'un de cinq années qui s'est produit après 1847, et l'autre de trois années, qui a suivi 1856.

FRANCE (géologie). 331

En 1850, la production était triple, et l'importation quadruple de ce qu'elles avaient été sous l'Empire. En 1847, la première était près de six fois et demie et la seconde dix-sept fois plus grande. En 1856, la production était décuplée, et l'importation trente-quatre fois plus grande. En 1864, la production a été quatorze fois plus grande, et l'importation quarante-trois fois; la première a atteint 112012 722, et la seconde 66 530500 qumtaux métriques. Mais aussi, quels développements rapides n'ont pas éprouvé, depuis le premier Empire, et l'industrie et les applications de lu vapeur au transport des hommes et des choses?

Actuellement, l'importation est laite, pour près des deux tiers, par la Belgique, et pour le reste, également, par la Grande-Bretagne et la Prusse rhénane.

Sur le revers septentrional des Ardennes, le dépôt de Valenciennes est formé par l'extrémité occidentale de la portion visible de la grande bande houillère qui traverse la Belgique en se dirigeant à l'E.-N.-E., sur plus de 250 kilomètres, jusqu'au delà d'Aix-la-Chupelle. En France, il est recouvert parles terrains crétacés {morts-terrains des mmeurs), aussi n'est-ce que depuis un siècle qu'on l'y exploite. II est formé de schistes argileux (roc) et de psammites trèsfins {kiierelles) en couches très-régulières, alternant ensemble un grand nombre de fois et renfermant de nombreuses empreintes végétales et des tiges verticales. A diverses hauteurs il y a des couches de houille, quelquefois au nombre de 24,, très-régulières, ayant de 0'",55 à 0"',75 d'épaisseur, et présentant un ensemble de couches exploitables de 4 à 6 mètres seulement. La quahté de la houille, constante dans chaque couche, varie d'une couche à l'autre, les inférieures, à Fresnes, Yieux-Condé, etc., donnent de l'anthracite souvent pyriteux; les moyennes à Aniche, etc., donnent de la houille maigre; les supérieures, à Anzin, Denain, etc., donnent de la houille grasse. L'extraction, qui n'était en 1777 que de 150 000 quintaux, s'est élevée en 1814 à 2 545 656 quintaux. Les couches, toujours inclinées vers le S., plongent de 50 à 90 degrés. Dans quelques exploitations on est descendu à 500 mètres de profondeur.

Dans le Plateau central, le bassin de la Loire s'étend du Rhône à h Loire, sur 50 kilomètres; sa largeur varie de 2 à 13 kilomètres, et son épaisseur est au moins de 750 mètres. Les combustibles y étant groupés aux deux extrémités, ou le considère souvent comme deux bassins séparés : Saint-Étienne et Rive-de Gier. La base est formée par des poudingues assez friables, à fragments souvent métriques de micaschiste, de talschiste, de granité gris, etc.; viennent ensuite des psammites grossiers, solides, gTisâtres ou rouges, qui forment la masse du terrain et qu'on emploie comme pierres de taille sous le nom de violasse. Ils alternent souvent avec les couches de houille sans l'intermédiaire des schistes argileux qui sont peu abondants. De nombreuses empreintes végétales se trouvent dans ces roches, à l'exception des poudingues. La houille y forme 15 couches, ayant ensemble 55 mètres d'épaisseur, groupées en deux systèmes séparés par une grande épaisseur de psammites. Celles exploitées ont de 1 à 5 mètres de puissance ; tantôt elles éprouvent des renflements subits qui portent leur épaisseur à 15 et 20 mètres, et tantôt elles disparaissent. Dans le gîte de Saint- Étienne, qui renferme les deux systèmes, on exploite surtout les première et dixième couches; le terrain y est assez tourmenté. La mine du Treuil, célèbre par les nombreuses tiges qui traversent perpendiculairement les psammites, renferme 9 couches de houille, exploitées pour la plupart; la cinquième, qui a 3"', 50, donne une excellente houille collante, les autres donnent une bonne houille

552 FRANCE (géographie).

de chauffoge. Dans les schistes intercalés, on exploite des lits de rognons de fer carbonate. A Firminy, on exploite à découvert une couche de 10 mètres d'épaisseur. Le gîte de Rive-de-Gier, formé par le système inférieur seul, renferme 8 couches de houille, dont 3 seulement sont exploitées; la supérieure, d'une épaisseur moyenne, atteint quelquefois do mètres. Les couches y sont moins déiMngées. L'espace situé entre les deux bassins est forme par les psamraitcs, au miheu desquels, à Saint-Chamond, on exploite 5 couches de houille, ayant ensemble 5 mètres d'épaisseur. Les houilles de la Loire sont généralement de bonne quahté, et il y en a d'excellentes; leur extraction, qui n'était, en 1814, que de 2 582 175 quintaux, s'est élevée, en 1859, à 11 842 740 quintaux. 11 y a des failles courant du N.-E. au S.-O. La profondeur des exploitations est de 200 mètres au Treuil et de 500 mètres à Rive-de-Gier. Dans le centre du bassin, les couches s'inclinent de 15 à 25 degrés dans diverses directions; sur la bordure N. elles plongent au S., et sur la bordure S.-E. elles s'enfoncent au N.-O.

Le sol occupé par le terrain houiller, toujours de peu d'étendue, offre en général une multitude de collines dont il est difficile de saisir la disposition relative, à pentes peu escarpées, en raison de la facile désagrégation des psammites qui le constituent essentiellement, et qui donnent une terre sablonneuse maigre et assez improductive, mélangée de cailloux.

Porpinjres hoidllers. Les porphyres constituent un grand massif dans les Maures; partout ailleurs, ils ne forment que des filons ou de petits amas.

Dans les Maures, les porphyres épanchés au milieu des granités et du terrain houiller forment un massif assez étendu dans la partie orientale, connu sous le nom à'Esterel. Tantôt ils sont d'un rouge amarante ou violacé, avec cristaux de quartz et de feldspath rougeàtre, et deviennent plus pfdes ou bigarrés de vert par la décomposition; tantôt ils sont d'un gris verdàtre ou bleuâtre, et renferment quelquefois de gros cristaux d'albite ou d'amphibole, très-rarement de quartz; il y a aussi de la pyrite, du fer oxydulé, des nids ou petits filons d'épidote, dos fragments de granité, etc. Quelquefois les porphyres sont schistoïdes, rubanés ou bréchiformes.

Terrain pennien. Ce terrain, qui forme la base des terrains secondaires, n'occupe en France qu'un espace très-restreint : il n'existe que dans les Vosges, où il se divise en deux étages bien distincts.

L'étage inférieur ou grès rouge repose à stratification discordante même sur le terrain bouiller. La base est formée par des conglomérats porphyriqucs et des pséphites à fragments anguleux non roulés, contenant fréquemment des fragments de roches primitives et de phyllades. Viennent ensuite des grès grossiers triables, mélangés d'argile, sans galets de quartz, présentant ainsi que les conglomérats, des teintes d'un rouge foncé avec des taches jaunes ou d'un gris bleuâtre; ils alternent avec des schistes argileux et des argiles avec mica blanc. A la partie supérieure il y a des amas aplatis et des couches subordonnées, plus ou moins continues, de calcaire magnésien grisâtre, avec des nœuds d'agate rouge, qui représentent peut-être le zechstein de l'Allemagne.

L'étage supérieur ou grès des Vosges se lie au grès rouge. Il est composé de grès grossiers à grains limpides, colorés extérieurement et cimentés par de l'oxyde de fer. Ils sont en général friables, et contiennent des grains blancs de kaolin et quelquefois de rares paillettes de mica. Leur couleur, le plus souvent rouge-brique, est quelquefois rouge-violet ou jaunâtre. Le fer hydraté y forme

FRANCE (géologie). 355

souvent des veinules qui sont en saillie à la surfiioe des rochers, et quelquefois il est assez abondant pour être exploite, comme à Sarrelouis. Les grès contiennent en outre de nombreux galets arrondis, de 0"\02 à 0"\2, qui en font un véritable poudingue. Ils sont formés de quartz grenu gris-rougcâlre ou grisâtre, micacé, schistoïde, avec veines de quartz blanc, provenant évidemment du terrain de transition, ainsi que les galets de quartz blanc et de phtanite uoir qui les accompagnent. Les roches primitives altérées y forment aussi des galets. A Wissembourg, il y a des filons d'hématite brune. A Erlenbach, on y exploite des veines de plomb phosphaté.

Dans le grès rouge, où les fossiles sont rares, ils se composent de gros troncs siliciliés appartenant à des conifères, et de quelques empreintes de fougères et de Calamités. Dans le grès des Vosges, où ils sont encore très-rares, on n'a trouvé que des empreintes de Calamités; quelques galets contiennent des coquilles, mais elles appartiennent au terrain de transition.

Terrain triasique. Il paraît former en France deux bassins particuliers dont les parties visibles sont le plus souvent au voisinage des six massifs de terrain primitif. Au bassin septentrional appartiennent le vaste dépôt qui entoure les Vosges, ceux qui bordent au N. le Plateau central, de Lyon à Montiiiorilion (Vienne), et la bande qui se trouve adossée à la Bretagne au N.-E. Au bassin du S. se rapportent les dépôts qui se trouvent au N.-O. des Maures, ceux qui bordent au S.-O. le Plateau central, de Périgueux à Lodève, et enfin ceux des Pyrénées. — Il sera parlé seulement de ceux de l'Est et des Pyrénées.

Le terrain triasique stratifié du nord, sur le pourtour des Vosges (Lorraine, Alsace, etc.) forme, en Lorraine, une bande continue très-large, et en Alsace une autre fort étroite, fréquemment interrompue et masquée par des dépôts plus récents, surtout dans la partie méridionale. Dans l'une comme dans l'autre, les trois étages de ce terrain se retrouvent avec des caractères et des fossiles identiques.

Le grès bigarré est un grand dépôt de grès argilifère, avec mica argentin, ayant le grain plus fin et l'aspect plus terreux que le grès des Vosges, dont il se dibitingue encore par l'absence presque complète des galets quartzeux si abondants, et la présence d'empreintes végétales si rares dans ce dernier. Les couleurs y sont disposées par bandes parallèles. Les couches inférieures sont épaisses, d'un gris rougeàtre ou jaunâtre, le plus souvent d'un rouge-amarante, avec quelques paillettes de mica, des noyaux aplatis d'argile bleuâtre ou verdàtre et quelques rares galets de quartz arrachés probablement au grès des Vosges. On les exploite partout pour pierres de taille; c'est de Soulz-les-Bains qu'on a extrait les pierres à bâtir pour Strasbourg et sa cathédrale. A Forbach (Moselle), la base est formée par des argiles sableuses violacées, avec lits de rognons de calcaire magnésien jaune grenu. Les couches moyennes schistoïdes, assez fortement micacées, sont bleues, jaunes ou rouge-amarante; on les exploite pour faire des meules à aiguiser. A Domptail (Vosges), il y a un petit lit contenant de nombreux moules de coquilles univalves et bivalves; à Soulz-les Bains, il renferme un grand nombre d'empreintes végétales. Les assises supérieures, tiès-micacées et très-fossiles, donnent des dalles pour les toitures et le pava^^e. Le plus souvent cependant elles sont friables, à feuillets contournes, et passent à des argiles sableuses employées pour faire des briques. A Soulz-les-Bains il y a des couches qui renferment de nombreux débris de sauriens et de mollusques; on y trouve quelquefois des mouches de cuivre carbonate; des lits jaunes un peu

334 FRAiNCE (géocraphie).

ferrugineux contiennent de nombreuses empreintes de Calamités. Les dernières assises sont formées à Sierck (Moselle), et àSoulz-les-Biiins, par des argiles vertes ou rouge-amarante, à taches gris-bleuâtre, contenant des rognons de gypse compacte, ou fibreux blanc ou rougeâtre ; à Niederbronn (Bas-Rhin), ce sont des lits de calcaires marneux ou magnésien, schistoïdes, sans fossiles, gris bleuâtre ou jaunâtre, à veines ocrenses, alternant avec de petites couches de grès, et formant le passage au muschelkalk.

Le muschelkalk se compose inférieurement de calcaires compactes giis de fumée, unis ou à veinules jaunes ou grises, à cassure couchoïde, quelquefois subgrenue ou terreuse, en couches de 0™,2 à O'^.S d'épaisseur, séparées par des lits d'argile ; ils contiennent de nombreux fossiles, surtout le Terebratula vulqaris et YEncrinus monilifonnis; il y a aussi des lits de silex. A la base se trouvent quelquefois des calcaires magnésiens, tantôt remplis d'encrines et tantôt subgrenus sans fossiles ; à Sierck il y a des couches oolithiques blanches. La partie supéiieure est formée par des argiles feuilletées grises, jaunes ou vertes, quelquefois blanches, employées dans les faïenceries, alternant avec des calcaires gris-jaunâtre à cassure terreuse, souvent magnésiens, avec coquilles et ossements de reptiles, donnant de bonne chaux hydraulique; il y a aussi des boules de calcaire compacte, qui se réunissent assez souvent pour former des couches tuberculeuses. Les argiles sont souvent traversées par de nombreuses veines spatliiqucs qui, par l'exposition à l'air, donnent des blocs d'un calcaire celluleux, lequel forme aussi de petites couches. 11 y a en outre, à la partie tout à fait supérieure, surtout en Alsace, des veines de grès quelquefois ferrugineux et des nodules de silex et de quartz blanc celluleux, qui forment un pas-

sade aux marnes irisées.

Les manies irisées se composent d'alternances nombreuses d'argiles vertes, gris-bleuàtre ou lie de vin, se délitant à l'air en fragments anguleux non schistoïdes. Çà et là il y a de minces couches de calcaire grossier caverneux. Vers le milieu de l'épaisseur, il y a une couche très-constante de deux à trois mètres d'un calcaire magnésien, compacte, grisâtre ou rougeâtre, sans fossiles, donnant de la chaux hydraulique. Un peu au-dessous il y a des lits d'argile noire et de psammite micacé, rouge amarante ou bleuâtre, avec empreintes végétales, au milieu desquels il y a une couche de O^sTO à un 1 mètre de lignite compacte terne, pyriteux, exploité à Noroy (Vosges), où quatre concessions, d'une étendue de 10204 hectares ont donné en 1842, 59494 quintaux de combustible. Dans la Haute-Saône il y a cinq concessions, dont l'étendue est de 6919 hectares, et dont la production, en 1842, a été de 00 112 quintaux. La moitié inférieure de l'étage contient souvent des rognons et des amas considérables de gypse compacte ou grenu, blanc, gris ou rose, passant quelquefois à l'anhydrite, et contenant quelquefois de la magnésie boratée et de la polyhalite ; les argiles voisines se continuent autom- de ces masses et contiennent fréquemment des veines de gypse fibreux de même couleur. C'est également dans cette partie inférieure que se trouvent les couches de sel gemme qui ont été reconnues au nombre de 12 à Vie (Meurthe), et dont l'épaisseur totale est de 75 mètres sur une épaisseur traversée de 170 mètres (les 70 mètres supérieurs n'en renferment pas). Le sel est gris ou verdâtre, rose ou blanchâtre, le plus souvent compacte, quelquefois fibreux. Vie et Dieuze, les deux localités principales où on exploite le sel gemme, se trouvent placés au milieu d'un bassin de jnarnes irisées, limité de tous côtés, excepté à l'O. par le muschelkalk. La quantité de sel extraite

FRANCE (géologie). 555

en 1842 d'une mine et d'une source salée s'est élevée à 327150 quintaux. Dans la moitié supérieure, il y a aussi quelquefois des amas gypseux et des nodules siliceux.

Au-dessus des marnes irisées, et faisant encore partie de cet étage, par suite d'alternances à la base, se trouve un grès quartzeux jaunâtre, assez solide, micacé, avec noyaux argileux, petits galets de quartz blanc ou noir, et quelques empreintes de fougères. Ce grès avait été considéré à tort comme la partie inférieure du lias, et appelé quadersandstein.

Le terrain triasique, très-développé, surtout à TO. des Vosges, parait y atteindre une épaisseur moyenne de 650 mètres, savoir : 250 mètres pour Je grès bigarré, 150 mètres pour le muschelkalk, et 250 mètres pour les marnes irisées.

Le terrain triasicjue stratifié du Sud, dans les Pi/rénées, se trouve dans la partie occidentale de la ctiaîne dont il forme la crête; il constitue aussi une bande assez longue à Saint-Girons (Ariège). Il est composé, à sa partie inférieure, de poudingues grossiers à fragments de granité, de micaschiste, de quartz, de phtanite et de calcaire, et à ciment argilo-sablonneux rouge. Par-dessus viennent des psammites grisâtres ou jaunâtres, le plus souvent rouge-briuiàtre avec mica blanc, à grains fins, quelquefois grossiers; ils contiennent des couches intercalées d'autres psammites schistoïdes rouge-brun avec mica blanc, à grains très-fins. Il y a aussi quelques couches de calcaire compacte gris. Dans plusieurs endroits, il y a de la pyrite cuivreuse disséminée et des filons de fer carbonate et de baryte sulfatée.

Les fossiles caractéristiques, moins abondants que dans le bassin du N., ne se retrouvent guère qu'au N.-O. des Maures. Les espèces les plus abondantes du Muschelkalk sont, comme dans les Vosges, les Ammonites nodosus, Terebratida vulgaris. Pecten lœvigatus, PJagioHoma striatiim, Avicida socialis, Mytilus œduliformis, Encrinus moniliformis, etc.

Serpentines. Dans le Plateau central elles jouent un rôle assez important ; elles lorment dans la partie S.-O., de Limoges à Rodez, des amas dirigés du N.-O. au S.-E. comme les strates de gneiss et de roches talqueuses qui les encaissent; elles sont d'un vert foncé et renferment de la diallage, du feldspath blanc, du grenat rose, de la pyrite et du fer oligiste; il y a des veinules d'asbeste et de fer oligiste. Des filous de quartz et de baryte sulfatée paraissent se lier à des serpentines ; ils sont accompagnés de cuivre gris argentifère et de bournonite.

Terrain jurassique. Il forme, comme il a été dit précédemment, deux bandes presque continues qui entourent la Neustrie et le Plateau central, et qui, à elles deux, ont à peu près la forme d'un 8 ouvert par en haut. Il constitue en outre le Jura, ime grande partie des Alpes, une bande assez considérable dans les Pyrénées, etc. — Nous décrirons ici seulement deux types bien différents, celui de la France orientale et celui des Alpes.

Dans la Lorraine, la Bourgogne et le Jura, le terrain jurassique se présente avec des caractères assez semblables, et les quatre étages y sont bien développés. Le lias commence par le calcaire à gryphiles, formé d'alternances nombreuses d'argiles et de calcaires argileux, gris-bleuàtre ou noirâtre, donnant d'excellente chaux hydraulique et contenant en abondance la Gryphea arcuata, ainsi que les Ammonites Bucklandi, Plagiostoma giganteitm, etc.; sur quelques points il v a de la baryte sulfatée disséminée. Entre la Saône et la Loire, près du terrain pri-

55C FRANCE (géographie).

mitif (lu Plateau central, il y a, à la base, des arkoses et des psammites souvent calcaires, qui alternent ensemble et passent supérieurement à des argiles noirâtres avec bancs de lumachelle et de grès ; les fossiles y sont très-abondants ; il y a des veines de baryte sulfatée, de fluorine, des nodules de galène et du fer oxydé rouge exploité à Semur. A Romanèche, près d'Autun, on exploite des amas de manganèse oxydé barytifère, compacte ou fibreux, accompagné de silex corné et d'argiles vertes ou brunes.

Au-dessus viennent les argiles et marnes à Belemnites qui sont schisteuses, gris-bleuâtre, micacées, souvent bitumineuses et pyriteuses, avec rognons de calcaire compacte et lits de calcaire fibreux; elles sont souvent employées pour l'amendement des prairies artificielles, surtout après leur incinération. Les' fossiles sont des ossements de Plesiosauriis, et à' Ichlhijosaurus et les Belemnites apicicurvatiis. Ammonites œquistriatus, A. falcifer, A. Walcotti {bifrons), Gryphea Cymbiiim, Posidonia liasina, etc.

Entre ces deux étages, dans la partie de la bande comprise entre Metz et Mézières, se trouve le gj'ès de Luxembourg, formé d'alternances nombreuses de calcaires sableux et de sables plus ou moins calcarifères jaunâtres, renfermant de nombreux fossiles, notamment les Ammonites fimbriatus, A. capricornus, Gryphea Cymbium, etc. A la partie moyenne, il y a des bancs d'argile micacée grisâtre, et à la partie supérieure un calcaire mélangé d'hydrate de fer jaunâtre ou bleuâtre, exploité comme minerai de fer à Margut (Ardennes). Tout cet ensemble de couches, qui a plus de '200 mètres d'épaisseur vers le milieu de la bande, à Montmédy, diminue graduellement d'épaisseur vers l'O., de manière à n'avoir plus que 1 mètre à Metz.

VOolite inférieure commence par des calcaires grossiers, jaunes, roussâtres ou tachés [oolite ferrugineuse) avec les Belemnites Aalensis, Ammonites Humphriesianus, Terebratula varians, T. biplicata, Pecten lens, Avicula echinata et de nombreux Polypiers. En Bourgogne, il y a de nombreux débris de Pentacrinus qui lui ont fait donner le nom de calcaire à entroques. A Hayange (Moselle), on exploite des couches argileuses avec de nombreux grains de fer hydroxydé et silicate donnrmt un minerai employé avec avantage.

Au-dessus viennent des argiles gris-verdâtres, remplies à'Ostrea acumimita, avec bancs de calcaires argileux, puis la grande oolite formée de calcaires oolitiques jaunâtres ou bleuâtres souvent grenus, avec Terebratula digona et ■ quelques autres fossiles. Dans les Ardennes, ces deux derniers étages sont remplacés par des calcaires blancs, compactes ou oolitiques, avec Nerinea. Rhynchonella decorata, Astarle, etc.

L' Oolite moyenne commence par des argiles fort épaisses, grises ou verdàtres, exploitées pour de nombreuses tuileries et pour l'amendement des terres, alternant inférieurement avec quelques lils de lumachelle, et supérieurement avec des calcaires marneux jaunâtres, ou des bancs d'une roche argilo-siliceuse grise à fossiles souvent silicifiés. Dans le Jura et la Bourgogne orientale, il y a des noyaux de silex ou de calcaires siliceux appelés chailles ou sphérites. Les fossiles, souvent abondants et siliceux, sont les suivants : Plesiosaurus, Serpula flaccida, Belemnites hastatus, Ammonites Lamberti, A. interruptus, Bhynchonella Thurmanni, Gryphœa dilatata, Modiola tulipea, Triyonia clnvellata, Cidaris Blumenbachii, etc. A la base, à Is-sur-Tbil et à Cbâtillon (Côte-d'Or), à Poix (Ardennes), il y a des couches de fer hydrate oolitique avec de nombreux fossiles. A la partie supérieure, on exploite des minerais de fer semblables

FRANCE (géologje). ' 337

à Launoy (Ârdennes) ; les fossiles y sont siliceux et très-abondants : les principaux sont : Ammonites cor datus, A. perarmatus, Nerinea nodosa, Melania lieddingtonensis, RhynchoneUa Thurmanni, Rhodocrinites echinatiis, etc.

Au-dessus vient le calcaire corallien, formé inférieurement par des calcaires oolitiques blanchâtres renfermant des Apiocrinus et des Polypiers qui les forment quelquefois entièrement. Les Polypiers sont au nombre de plus de quatrevingts espèces. Dans la Meuse, les principaux sont les : Agaricia granidata, Litliodendron lœve, Astrea heliaiitlwides, Meandrina Raidinii, Thamnasteria Lamoiirouxii, etc. La partie moyenne est formée de nombreuses alternances de calcaires blancs, soit compactes ou crayeux, soit oolitiques, renfermant surtout les Nerinea bruntrutana, N. pidcheUa, iV. elegans, Melania slriata, Diceras •arietina, etc. La partie supérieure est occupée par des alternances de marnes blanchâtres et de calcaires compactes souvent remplis d'Exogyra bruntrutana, d'Astarteminima, etc.

L'Oolite supérieure commence par les argUes kimme'ridiennes, qui sont grises et alternent avec des lits de lumachelle pi'esque entièrement formée d'Exogyra virgula; il y a aussi quelques couches d'argile bitumineuse brune. Au-dessus viennent les calcaires portlandiens, qui sont compactes, quelquefois à oolites fines, alternant avec des lits de marnes blanches, et, près de Bar-le- Duc, avec quelques couches de calcaire magnésien, et renfermant quelques fossiles, notamment les Aptychus latus, Pterocera Oceani, E.rogyra bruntrutana, Ostrea solitaria, Isocardia excentrica, Plioladomya acuticosta, Apiocrinus roiundus, etc. Dans quelques localités, notamment à Brillon, près de Bar-le- Duc, il y a à la partie supérieure, des couches de calcaire jaunâtre à oolites •celluleuses.

Dans les Alpes, le terrain jurassique a un faciès particulier, qu'il possède aussi dans les Pyrénées. Les couches qui s'y trouvent ne paraissent représenter que les étages inférieurs ; mais on n'y reconnaît pas les nombreuses subdivisions qui existent dans les autres régions, quoique leur ensemble ait souvent plus de 1500 mètres d'épaisseur.

La partie inférieure, qui correspond au lias, se compose de marnes et de calcaires compactes noirs ou gris foncé en couches très-épaisses, avec rognons de silex noir, exploités quelquefois comme marbre. Les fossiles sont des Ammonites, Gryphea arcuata, G. Cyrnbium, Pecten œquivalvis, Pentacrinus caput- Medusœ.

Au-dessus il y a une longue série de schistes argilo-calcaires, de marnes et de calcaires noirs ou gris, en couches peu épaisses, fréquemment ondulées, avec pyrite, renfermant quelquefois des Posidonia.

A la partie supérieure il y a une assise de calcaire compacte gris foncé, de 80 mètres d'épaisseur, qu'on rapporte au coral-rag.t les fossiles sont des Belemnites, Ammonites biplex, A. triplicalus. Terebratnla, etc.

Les calcaires présentent de nombreux accidents; tantôt ils sont cellulaires à cavités remplies de poussière grise argileuse, et sont appelés Cargneules, tantôt ils sont magnésiens, et tantôt ils sont transformés par place en anhydrite et en gypse, présentant encore quelquefois des indices de la stratification, et qu'on exploite sur un grand nombre de points. Le sol présente des teintes jaunes ou lie de vin autour de ces amas de gypse, qui passent insensiblement aux roches non altérées. 11 y a aussi des filons de calcaire et de baryte sulfatée avec galène, exploités avec avantage autrefois à Saint-Génies et à Curban (Basses-Alpes). DICT. ENC. 4° s. IV. 22

33S' FRANGE (géographie).

Les formes du sol constitué par le terrain jurassique sont assez variées, ainsi qu'on a pu le voir dans la description surtout du Jura, de la Bourgogne et de la Lorraine. Quant à la végétation, les parties calcaires sont employées à la culture des céréales; les parties argileuses donnent des prairies; les parties défectueuses des unes et des autres sont couvertes de bois.

Terrains crétacés. Ils forment en France deux bassins : celui du nord, qui comprend la Champagne et la ]Veustrie,et de celui du sud, comprenant les terrains qui dépendent des bassins hydrographiques de la Garonne et du Rhône. Nous décrirons seulement ceux de la Champagne et de la région méditerranéenne.

Les terrains crétacés du Nord, dans la partie du bassin, située à l'E. d'une ligne tirée de Nevers à l'embouchure de la Seine, présentent les trois grands étages crétacés.

Le terrain néocomien forme une bande étroite qui va de l'Ornain à la Loire, de Bar-le-Duc à Sancerre (Cher). L'assise inférieure commence par des sables argileux et ferrugineux, brunfitres, peu épais ; au-dessus vient le calcaire à spaJangues, qui est grossier, argileux, jaunâtre, en couches continues ou en grandes amandes, séparées par des lits de marne et donnant d'excellente chaux. Les fossiles sont très-abondants ; les principaux sont les Ammonites asper, Naulilus pseudoelegans, Pterocera Pelacji, Cirrus depressus, Terebratula suborbicularis, Exogijra subsiniiata, Perna Midleti, Trigonia Lajoyei, Pholadomya Langii, P. neocomensis, Toxaster retnsus, etc. Au-dessus viennent des argiles gris-bleuâtre renfermant des lits de luniachelle formée de Serpida lituola, Exogyra siibpHcala, Ostrea Leymerii, Lucina Vendoperana, Astarte similis, Corbida punctum, etc. Enfin, il y a des argiles et des sables rouge-amarante, jaunes ou verts, avec fer hydroxydéoolitique exploité dans la Haule-xMarne, et de nombreux rognons de fer oxydé rouge compacte, avec quelques Exogyra subplicaia et Astarte similis, et des Algues, Fucoïdes intricatus, F. Targioni. A rO. de Beauvais, cet étage est représenté par des sables jaune-iougeâtre, quelquefois avec fer hydroxydé oolitique, renfermant des amas irréguliers d'argiles grises, blanches ou bigarrées de rouge, très-réfractaires, employées à faire des poteries ; les fossiles assez raros consistent en empreintes de fougères, Lonchopteris Mantelli. Dans le Bas-Boulonnais, il y a d'abord des calcaires d'eau douce plus ou moins argileux, analogues au calcaire de Purbeck de l'Angleterre et contenant des Cypris, Ampullaria, Cyrena, puis ensuite des sables grossiers ferrugineux avec concrétions de fer hydroxydé et fragments de lignite ; il y a aussi des Paludina, Melanopsis, Astarte.

Le grès vert forme une bande continue de l'Oise à la Loire, de Hirson (Aisne) à Sancerre. Il se montre ensuite à l'O. de Beauvais et dans le Bas-Boulonnais. Sa partie inférieure est formée par des argiles, regardées par divers géologues comme formant la partie supérieure de l'étage précédent, et renfermant dei fossiles dont les plus abondants et les plus caractéristiques sont les Nautihis plicatus, Ammonites Nisus, Exogxjra Aquila, Plicatida placunea. Elles donnent d'excellentes tuiles et briques dans les départements de l'Aube et de l'Yonne. Au-dessus vient le grès vert proprement dit, formé par des sables argileux cblorités d'un vert le plus souvent noirâtre, avec rognons endurcis noirs de même nature ou renfermant souvent du phosphate de chaux ; ils sont remplacés en certains endroits par des argiles grises quelquefois pyrileuses, et dans d'autres par des roches siliceuses jaunâtres assez friables. A la base il y a sur certains

FRANCE (géologie). 539

points des minerais de fer hydroxydé en grains, mélange de grains de quartz et exploité à Grandprc (Ârdennes) et à Narcy (Haute-Marne). Au-dessus viennent des argiles grises avec rognons de marne endurcie et petits cristaux de gypse, employés sur un grand nombre de points à faire des briques et des poteries. Il y a aussi des couches de fer oxydé hydraté jaune, qui sont exploitées à Pour, rain (Yonne) pour ocre jaune, et qui donnent de l'ocre rouge par calcination. Les fossiles sont très-nombreux : les principaux sont les Serpula heliciformis, Belemnites mbnmiis, Ammonites Beudanti, A. dentatus,A. mamillaris, Hamiles rotiindiis, Rostellaria Parkinsoni, Solarium vwniliferum, Dentalium decussatum, Terebratida biplicata, T. plicatilis, T. Lyra, T. Menardi, Exogyra Aquila, E. aiiricidaris, Oitrea carinala, Plicalida pectiiioides, Inoceramns concentricus, I. sulcatus, Cucidlea glabra, Nucida pectinata, Trigonia aliformis, Cidaris variolaris, Galerites rotida, Caryophyllia comdus, Ceriopora cryptopora.

La partie inférieure de la Craie est formée par des calcaires plus] ou moins endurcis, argileux ou sableux, micacés, gris-jaunàtre ou blancs, très-fréquemment chlorités, en général sans silex ; ils sont remplacés dans la Meuse par une roche siliceuse, friable, verdàtre avec rognons de silex gris. Les fossiles assez abondants, surtout à Rouen, sont en grande partie différents des précédents; les principaux sont les Nautilus eleg'ans, Ammonites rothomagensis, A.inflatus, A. varians, A. ManteUi, Scaphites œqualis, Hamites armatus, Turrilites cos~ tatus, Plearotomaria perspectiva, Terebratida obesa, Pecten asper, Arca carinata, Micraster coranguimim, Lemiaster Bufo, Siphonia Pistillum.

La Craie est l'ormée par des calcaires tantôt friables blancs à grains fins, tantôt grossiers, cristallins, durs, jaunâtres. Souvent les bancs sont séparés par des lits de rognons de silex gris ou blond, plus ou moins abondants. Dans la Champagne, elle est blanche, friable, sans silex; dans le Nord, elle est souvent grossière et dure et contient peu de silex; dans ces deux pays on l'emploie pour bâtir. A l'O. de la Seine, elle est assez généralement blanche, friable, et renferme de gros silex blonds très-nombreux et très-employés dans les constructions. A Meudon et à Bougival, près de Paris, elle est blanche, et contient des silex noirs ; elle y est exploitée pour la fabrication du blanc d'Espagne, et pour celle de la chaux hydraulique qu'on] obtient en la mélangeant avec de l'argile. Dans plusieurs localités à l'O. de Versailles, il y a des couches d'une craie grise sableuse renfermant jusqu'à 0,44 de carbonate de magnésie. Les fossiles en général peu abondants, sont le Mosasaurus Hoffmanni, des dents de poissons, les Belemnites mucronatus, Terebratida carnea, T. octoplicata, T. pumila, Ostrea vesicularis, 0. serrata, Inoceramiis Cuvieri, I. Lamarkii, Pecten guiti' fiuecostatus, Plagiostoma spinosum, Ananchites ovata, Galerites albo-qalerus Micraster coranguimim, Ventricidites radiatus, etc.

La plupart des géologues rattachent maintenant à la partie tout à fait supérieure un dépôt marin peu épais, calcaire ou sableux, le calcaire pisolitique, qui est formé de petits dépôts isolés de calcaire souvent concrétionné, jaunâtre, ce qui lui a valu son nom, près Epernay, Paris, Meulan et Beauvais.

Dans le Languedoc, la Provence, les Alpes, les deux étages inférieurs sont bien développés. Le terrain néocomien, qui a plus de 000 mètres d'épaisseur aux environs de Grenoble, se trouve dans les trois grandes régions indiquées ci-dessus • il se divise en deux grandes assises. L'inférieure est formée de marnes jaunes ou grises associées à quelques bancs de grès verdàtre, et contenant à Carsan

5i0 FRANCE (géographie).

(Gard) des lignites exploités; sur plusieurs points elles renferment des amas de gypse grenu, quelquefois rouge, exploité, pre'sentant les mêmes accidents de gisement que ceux des terrains jurassiques. Ces marnes alternent avec des calcaires, tantôt compactes, jaunâtres ou bleuâtres, tantôt grenus siliceux, assez souvent oolitiques, qui prédominent à la partie supérieure. Les fossiles sont très-abondants dans celte assise; les principaux sont les Belemnites dilatatus, B. subfiisiformis, NaïUilus pseudoelegans, N. Requieniamis, Ammonites asper, A. consobrinus, A. Leopoldimis, A. Astierianus, A. Dufrenoyi, Scaphites Yranii, Crioceras Honnorafii, C. Emerici, Toxoceras Duvaliamis, Terebratida biplicata, Exogyra subsinuata, Pholàdomya Langii, Toxaster retusus, Melonia.

L'assise supérieui'e ou calcaire à Dicérates ou à Caprotina ammonia se compose de masses épaisses mal stratifiées, de calcaire grenu blond ou grisâtre associé sur quelques points à des poudingues calcaires. Les fossiles peu fréquents et difficiles à dégager, sont les Belemnites subfusiformis, Terebraliila biplicata, Exogyra Couloni, Caprotina ammonia, Pecten quinquecostatus , etc.

Le grès vert et la craie inférieure se trouvent dans la Provence et les Alpes. Ils sont composés de grès ferrugineux, de marnes bleuâtres et de calcaires marneux ou gi^enus souvent sableux, avec grains de chlorite; souvent même il n'y a que des sables et des grès verdâtres friables avec silex, pyrite et rognons de fer hydroxydé. Cet étage se présente dans le fond des vallées. Les fossiles assez abondants sont les Belemnites semicanaliculatus , Nautilus elegans, N. triangnlaris, Ammonites Rothomagensis, A. falcatus, A. Bravaisianus, Hamites armatus, Turrililes costatiis, Voluta elongata, Terebratida alata, Exogyra Cohimba, Hippurites organisant. H. biociilata, Spherulites ponsiana, Lima maxima, Cucidlea glabra, Trigonia caudata, Galerites rotularis, Cyclolites discoidea, Turbinolia compressa, Lobophyllia Reqiiienii, Astrœareticulata, A. Agaricites, Orbitolites concava. Près de Castellane (Basses-Alpes), il y a des troncs siliceux de Palmiers et de dicotylédones.

Les formes du sol sont très-variables. La végétation est aussi très-variée : la Cbampagne entièrement formée par la craie, est un pays sec, très-aride ; tandis que les conti'ées, occupées par les deux étages inférieurs, sont très-fertiles et donnent d'excellents pâturages, à l'exception cependant des parties où le sable prédomine et qui sont à l'état de landes ou de forêts. Dans les Pyrénées et les Alpes, les terrains crétacés sont occupés par des forêts et des pâturages. Dans le Languedoc et la Provence, le sol est assez sec et stérile; dans cette dernière surtout il y a des plantations d'oliviers.

AmphiboUtes spilites, etc. Ces roches, que l'on considère comme sortie, pendant le dépôt des terrains jurassiques et crétacés, se présentent principalement dans les cinq régions suivantes : Bretagne, Plateau central, Pyrénées, Alpes et Maures.

Dans les Pyrénées, ce sont des Amphibolites et des diorites vert-noirâtres tantôt à grains fins et tantôt à grains moyens, avec cristaux de pyrite, mica, epidote; les fissures présentent souvent des veines d'asbeste, avec cristaux d'axinite, prehnite, stilbite, feroligiste, nickel arsenical, etc. 11 y a aussi des porphyres talqneux verts à cristaux d'amphibole, feldspath et mica, et à amandes calcaires. Ces diverses roches, désignées sous le nom d'Ophites, sont en général accompagnées d'amas de gypse et de sel gemme. Dans l'Ariége et la Haute-Garonne, il y a deux amas de Iherzolite grenue vert-olive, avec cristaux

FRANCE (géologie); 541

de picotite et du talc, fréquemment accompagne's de brèches à fragments de calcaire grenu blanc.

Dans les Alpes, ce sont les diverses roches connues sous le nom de Spilltes, et qui sont tantôt des variolites ver les et tantôt des wackes brunâtres à amandes de calcaire et d'épidole, avec pyrite, fer oligiste, fer carbonate, etc., disséminés. Les calcaires au milieu desquels ces roches sont sorties, sont magnésiens, cellulaires, à l'état de cargneule, et tantôt ils sont transformés en gypse, deux faits qu'on est assez disposé à attribuer à l'influence des spilites et des gaz qui ont dû accompagner leur sortie.

Terrains tertiaires. Ceux de la France sont répartis en quatre bassins : celui du N. ou de Pari», auquel se rattachent les dépôts de la Limagne; celui du S., ou de la Gironde; celui du S.-E., ou du Rhône, et celui du N.-E., ou de l'Alsace.

Les terrains tertiaires du Nord, s'étendent dans la Neustrie, le Cotentin, la Lorraine, la Limagne, la plaine de Montbrison, et comprennent divers petits dépôts au S.-O. de celle-ci.

La Neustrie ne présente que les terrains éocène et miocène, formés d'alternances de couches marines et d'eau douce.

Le terrain éocène n'existe que dans la partie N.-E. ; son épaisseur est do 530 mètres près de Soissons. Dans l'Aisne et l'Oise il y a des sables tantôt chlorités verts, tantôt blancs, formant une couche assez continue. Les fossiles les plus caractéristiques sont les Cerithium Defrancii, Cucullea crassatina, Venericardia midtisulcata, Crassatella sulcata. A Sézanne (Marne) il y a un calcaire grenu, avec nombreuses empreintes végétales ; près de Reims, il y a un calcaire d'eau douce, renfermant abondamment les Paludina aspersa, PJnjsa gigantea, Hélix hemisphœrica, Cyclostoma Arnoudii, Cyclas Denainvilliersii, etc.

Au-dessus ^-ient Y argile plastique, formée inférieurcment d'argiles blanches, rouges ou grises, remplacées entre le Loing et l'Yonne, ainsi qu'à Beaumontsur-Oise, par des amas de cailloux roulés et de poudingues formés aux dépens des silex de la craie; par-dessus viennent des sables fauves, quelquefois gris, contenant à leur base des dépôts de lignite, surtout dans la Marne, l'Aisne et l'Oise. Les plus remarquables sont ceux de Muirancourt (Oise) et de Bourg (Aisne) , qui ont donné, en 1841, 25000 et 7 584 quintaux de lignite. Lorsqu'ils sont pyriteux, on les exploite pour en extraire de l'alun et du sulfate de fer. On a retiré dans l'Oise et dans l'Aisne 52 176 quintaux d'alun, 3i 565 quintaux de sulfate de fer, et 1 5 325 quintaux de magma. Les fossiles sont assez nombreux dans cet étage. C'est là qu'ont été trouvés les plus anciens mammifères de la France, qui sont les Palœocyon primœvus, Viverra antiqua,des Anthracotheriiim, Lophiodon. 11 y a aussi des tortues, des crocodiles et des mollusques dont les principaux sont les Cerithium variabiie, Melania inquinata, Melanopsis buccinoidea, Physa colwnnaris, Ostrea bellovacina, Cyrena cimeiforniis; il y a aussi des troncs de Palmacites echinatus, des graines de Chara et du succin. L'argile plastique forme une assise continue à la base du terrain tertiaire, entre Laon, Sens et Évreux, et une multitude de lambeaux à la surface de la craie du N. de la Neustrie.

Le calcaire grossier commence par un sable chlorité verdâtre, avec fossiles dont les plus caractéristiques sont les Ovula tuherculosa, Cerilhium acuium,

U2 FRANCE (géographie).

C- spinosum, C. papale, C. breviculum, Neritma conoidea, Cyrena Gravesii, Nurionvlites planulata, etc.

Au-dessus vient le calcaire grossier proprement dit, rempli de Nummulites lœvigata; puis le calcaire grossier ordinaire, chlorité et verdâtre inférieurement, et dont la partie moyenne donne d'excellentes pierres à bâtir. Dans les parties où il est friable on y trouve plus de 800 mollusques et radiaires décrits par Lamarck et M. Deshayes, dont les principaux sont les Conus deperditus, Terebellum convolutum, Volula Cithara, V. miisicalis, Rostellaria macroptera, R. Fissurella, Fusus Noe, Pleiirotoma filosa, P. brevicauda, CerUkium spiratum, C. nudum, C. giganteum, C. serratwn, C. lamellosum, C. hexagonum, C. mitricoides, Tiirritella imbricataria, T. sulcata, Ostrea flabellula, Pectunculus pidvinatus, Cardium porulosum, Venericardia planicosta, V. imbricata, Crassatella tumlda, MUiolUes trigonula, Turbinolia tivchiformis, Aslrea cremdata, Orbàoides complmiata. Les bancs supérieurs, en général plus durs, sont caractérisés par les Cerithium lapidum, C. cristatum, Lucinasaxorum, etc. des coquilles d'eau douce, des ossements de Lophiodon et de crocodile, le Flabellaria parisiensis, et des débris de végétaux donnant quelquefois de petites couches de lignite. La partie supérieure est formée par des marnes et des calcaires compactes pi^esque sans fossiles.

Le calcaire grossier manque au S. du parallèle de Paris ; il est bien développé dans l'espace compris entre Laon, Épernay, Paris, Évreux et Beauvais, où son épaisseur moyenne est d'environ 40 mètres. Dans le N. il y a à Casse! des collines formées d'alternances de sables et de grès plus ou moins calcarifères, coquilliers, se rapportant au calcaire grossier.

Les sables et grès de Beaiichamp sont un vaste dépôt de sables marins blancs ou verdâtres, sans mica, avec rognons et bancs de grès souvent calcarifère; ils renferment plus de 550 mollusques et radiaires, dont les plus abondants sont les Oliva Laumonliana, Voluta labrella, Cerithium mutabile, C. tricarinatmn, C. angulosum, Melania hordeacea, Cardium obliqiium, Cytlïerea elegans, Cyrena deperdita, Lucina saxorum, LenticuUtes variolaria, Aslrea stylophora, etc. Dans les environs de Meaux on exploite, à la partie supérieure, des grès calcaires qui renferment de nombreux crustacés. Ce dépôt, qui a plus de 60 mètres dans les environs de Soissons, accompagne presque toujours le calcaire grossier, et ne se trouve pas dans les endroits où ce dernier manque.

Au-dessus vient un ensemble de dépôts d'eau douce commençant par le calcaire siliceux de Saint-Ouen, d'eau douce, qui se compose d'alternances nombreuses de marnes plus ou moins magnésiennes, avec silex résinite, et de calcaire compacte, blanchâtre; on y trouve en abondance les Paludhia pusilla, Planorbis rotundatus, Cyclostoma Mumia, Lymnœa longiscata; il y a aussi des graines de Chara, des feuilles de Typha, et des ossements de Paleotheriiim minus et à'Anoplotherium.

Les marnes gypsifères d'eau douce qui constituent la partie supérieure, sont formées, dans la partie N., d'alternances de marnes jaunâtres ou verdâtres, renfermant deux ou trois amas de gypse saccharoïde, blanchâtre. Ces amas, dont le supérieur a 20 mètres d'épaisseur, s'étendent, de l'O. à l'E., de Château- Thierry (Aisne), à Meulan (Seine-et-Oise), sur une longueur de plus de 120 kilomètres, tandis que la largeur du N. au S. n'atteint que 40 kilomètres de Luzarches à Sceaux. Ils renferment ces nombreux ossements dont la restauration a tant conti'ibué à la gloire de Cuvier, et qui appartiennent à

FRANGE (géologie). 5-i5-

1 chauve-souris, b carnassiers, 2 rongeurs, 7 Faleotherhim, 6 Anoplotheriiim, 5 Xiphodon, 1 Chceropotamus, 1 Adapis, 1 sarigue, 9 oiseaux, 2 tortu-ss, 1 crocodile et 7 poissons. Dans quelques lits marneux, placés à la base, il y a des coquilles marines, et dans d'autres placés plus haut il y a des Lyinnœa, des Planorbis et des empreintes de palmiers. Dans la partie S., les marnes sont remplacées par des calcaires siliceux, qui donnent la chaux d'Essonne et le marbre de Château-Landon.

Au-dessus de ces argiles et marnes sableuses se trouvent des sables blancs» rarement jaunâtres, très purs, légèrement micacés, contenant à leur partie supérieure des bancs, ou mieux des rognons allongés de grès quelquefois calcarifères ou lustrés, employés au pavage de Paris. C'est dans ces sables qu'on trouve les cristaux de calcaire quartzifère appelé grès cristallisé de Fontainebleau. Dans le reste de la Neustrie, cet étage, peu épais, a souvent l'apparence des dépôts diluviens avec lesquels il a été confondu; dans l'espace compris entre la Seine, la Loire et la Bretagne, il est formé inférieurement de sables et d'argiles, avec grès quelquefois lustrés ou ferrugineux, et de poudingues le plus souvent composés de silex avec fossiles de la craie chloritée. Cependant, entre le Mans et Saumur, il y a un grand dépôt de sable blanc, avec rognons de grès renfermant quelquefois des bois siliceux et des empreintes de feuilles dicotylédones; la partie supérieure est formée par des argiles à silex brisés et poudingues siliceux, et par des argiles avec brèches ferrugineuses et fer hydraté, exploité sur un grand nombre de points entre l'Aigle et Vendôme. Entre Mayenne et Angers, ce sont des dépôts argileux et sableux, avec débris des roches dures du terrain de transition. Dans les pays compris entre la Loire et le Plateau centi'al, ce sont des argiles plastiques, jaunes, violettes ou blanches, à grains de quartz et de mica, avec silex à fossiles, de la craie, des sables fins donnant des grès et des poudingues siliceux, rarement à fragments de quartz, employés à Sancerre (Cher) pour faire des meules. On rapporte à cet étage les argiles sableuses, jaunâtres, avec fer hydroxydé pisohtique, qu'on exploite à la surface des terrains jurassiques de la Nièvre et du Cher.

La partie supérieure est formée par les meulières de Montmorency, dépôt d'eau douce composé dans la partie N.-E., d'argiles rouges plus ou moins sableuses, à gi^ains de quartz, contenant de gros rognons de meulières pins ou moins calcaires, souvent fossilifères, exploitées pour pierres à meules aux Molières (Seine-et-Oise). Ces meulières se distinguent de celles du terrain gypseux en ce qu'elles renferment souvent des fossiles. Au S. d'une ligne tirée de Montereau à Dreux, ce dépôt est remplacé par les calcaires de la Beauce, qui sont compactes, souvent concrétionnés à tubulures, alternant irrégulièrement avec des marnes blanches, plus rarement vertes, et contenant des parties siliceuses qui rappellent les meulières. Les principaux fossiles sont les Cerithium Lamarckii, Lymnœa cylindrica, L. cornea, Planorbis corneus,P. Prevostinus, Cyclostoma elegans. Hélix Moroguesi, des tiges et graines de Nymphœa Arethiisœ, de Chara medicaginula, et des tiges de Lycopodites squamatus. Les calcaires se poursuivent jusque sur les bords de la Loire, entre Briare et Blois, en passant à des marnes et à des argiles, avec pyrite. A Montabusard, près d'OrIcans, il y a, outre des Lymnœa et Planorbis, 1 Palœotherium, 2 Lophodon et 1 chevreuil. Dans le S.-O. il y a des lambeaux isolés de calcaires et de silex avec coquilles d'eau douce. Les plus grands sont ceux qui s'étendent de la Flèche au delà de Chàtelleiault, et qui sont formés de calcaires compactes ou

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friables, blancs, alternant quelquefois avec des argiles vertes, et contenant des nodules siliceux qui se développent quelquefois et donnent des meulières en bancs irréguliers, intercalées dans des argiles ferrugineuses, et exploitées pour meules au S.-O. de Tours. Sur les plateaux de la Vienne il y a des jaspes ferrugineux et des silex. De Poitiers à Nevers il y a encore de nombreux dépôts; à Argenton (Indre) ce sont des marnes et des calcaires avec Planorbis et ossements appartenant à 2 Paleotherium, 5 Lophiodon, \ Anoplotherium, \ crocodile, 1 tortue. Dans le Cber il y a entre Yierzon, Bourges et Saint-Amand, des marnes et des calcaires quelquefois roses, avec silex corné et résinite, contenant àesLymjicea et des Planorbis, et empâtant quelquefois des grains de fer hydraté. L'épaisseur de cet étage dépasse 50 mètres à Orléans.

Enfin, on rattache au tei^rain miocène le dépôt marin des fahins de la Touraine et de l'Anjou, qui repose à stratification discordante sur l'élage précédent ou sur les terrains crétacés ou de transition, et forme, de Blois au delà d'Angers, sur 150 kilomètres de longueur et sur 70 de largeur, une multitude de lambeaux clairsemés, en général peu étendus, composés, dans les environs de Blois et de Tours, d'argiles et de sables grossiers ai'gileux mêlés de grains de quartz et d'argile, qui y forme quelquefois de petits amas, renfermant de nombreux mollusques et polypiers souvent roulés; à la partie inférieure il y a des amas de galets. Dans les environs de Saumur et d'Angers, ce sont des calcaires grossiers arénifèi"es plus ou moins solides et des conglomérats de coquilles et de polypiers non roulés, et souvent encore à la place où ils vivaient. Les mollusques et polypiers sont au nombre de plus de trois cents espèces ; les principales sont les Conus Mercali, Cyprea hjncoides, C. af finis. Murex turonensis ; Fusii& rostratus, Fasciolaria nodifera , Ceriihium tricinctum , Tiirritella Proto, Natica alla, N. millepunctata, Osirea Saccelliis, Cardita crassa, Lucina columbella, Arca diluvii, Pectunculus glycimeris, Cardiiim echinatum, Venus clathrata, Corbula carinata, CaryoplnjUia flexuosa, Dendrophyllia irregularis, Retepora cellulosa. Il y a en outre 12 espèces de Mastodon, Hippopotanms, Rhinocéros, Dinotherium, Equus, Cervus, des côtes de Lamantin silicifiées, des crocodiles, des tortues, des dents de squales, etc. Au S.-O. de Châteauroux et en remontant la Loire, de Blois à Cosne, il y a sur les plateaux, au N. et au S., des argiles gris-jaunàtre à grains de quartz hyalin grisâtre ou rosâtre, provenant des terrains granitiques du Plateau central, et qui paraissent le prolongement lacustre ou fluvial des faluns, car on y trouve les mêmes mammifères associés à une douzaine d'autres espèces ainsi que des crocodiles et des tortues, et des coquilles terrestres ou lacustres.

La Limagne présente les terrains miocène et pliocène formes de dépôts exclusivement lacustres.

Le terrain miocène, qui atteint plus de 550 mètres d'épaisseur dans les environs de Clermont, forme plusieurs bassins isolés. Le plus considérable est celui qui, de Roanne sur la Loire et de Brioude sur l'Allier, s'étend jusqu'auprès du contluent de ces deux rivières, où il se rattache au grand bassin de la Neustrie. Dans la plaine de l'Allier, il y a à sa base des argiles rouges quelquefois bigarrées de vert, avec grains de quartz, qui prédominent sur les bords du bassin, et donnent par leur mélange avec des grains de feldspath, des arkoses plus ou moins dures; dans les environs d'Issoire, les argiles alternent avec des bancs de calcaire compacte blanchâtre. Au-dessus, dans la partie centrale, il y a des marnes et des argiles verdâtres ou blanches, quelquefois sableuses, très-

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puissantes, alternant avec des lits de calcaire compacte, avec empreintes de poissons, Cypris Faba, coquilles terrestres et d'eau douce et de végétaux. Sur les bords du bassin, notamment à Gannat, les marnes ne forment plus que de petits lits, et les calcaires prédominent ; ils sont alors souvent arénifères, jaunâtres, quelquefois oolitiques, renfermant des ossements de mammifères et d'oiseaux. A Moulins, ils sont compactes et renferment de gros grains de quartz et de petites Pabidina. A la partie supérieure ce sont des calcaires jaunâtres le plus souvent concrétionnés, remplis de Pahidina et de tubes de phryganes appelés Indusia tubulata. 11 y a aussi des Lymnœa, des Planorbis, des Hélix Ramondi et H. Cocquii, et des ossements de mammifères et d'oiseaux : sur plusieurs points il y a des rognons de silex résinite blond. Enfin, dans les environs de Vichy, il y a des sables argileux grossiers, jaunâtres, qui paraissent être le prolongement de ceux de la Neustrie auxquels ils se rattachent. Dans la plaine de la Loire, la partie inférieure et les bords du bassin sont formés d'argiles rouges, rarement vertes, avec grains de 'feldspath ; elles sont recouvertes par des marnes vertes et blanches ; les calcaires, peu développés, n'existent guère qu'au centre du bassin, où l'on y a trouvé un Anthracotherium, des Ampliicyon, des Planorbis.

C'est surtout dans la plaine de l'Allier et dans le bassin du Puy qu'on a trouvé des carnassiers, des insectivores, des Amphicyon, Rhinocéros, Anoplotherium, Palœotheriiim, Anthracotherium, une multitude de petits Rongeurs, des Ruminants, des Oiseaux, des Crocodiles, des Tortues. Les Mollusques, au nombre de plus de 60 espèces, se trouvent abondamment aussi dans le bassin d'Aurillac ; les principaux sont les Cerithiimi Lamarckii, Paludina Dubuissonii, P. arvernensis, Lymnœa cornea, L. palustris, Planorbis rotundatus, PI. regularis, Hélix Ramondi, H. Cocquii, Cyrena depressa; le Cypris Faba, formé souvent de véritables couches.

Le terrain pliocène forme de petits bassins isolés parmi lesquels les plus importants sont les suivants : celui d'issoire est formé par des poudingues ferrugineux, des conglomérats et des tufs trachytiques et ponceux, stratifiés par les eaux, et au milieu desquels MM. Croizet et Bravard ont recueilli plus de 50 mammifères perdus se rapportant aux Felis, Hxjœnea, Canis, Elephas, Mastodon, Hippopotamus, Rhinocéros, Campagnols, Ros, Antilope, Cervus. Celui du Puyen-Velay est formé de conglomérats et de tufs basaltiques avec les mêmes animaux. Celui de Menât, à l'O. de Gannat, commence par un conglomérat de roches primordiales; puis viennent ensuite des tuls tracliytiques bitumineux avec empreintes de poissons, d'insectes et de végétaux. On rapporte encore à ce terrain des amas de galets qui couvrent les plateaux jurassiques des environs de Charlieu et de Roanne.

Les terrains tertiaires du sud-ouest comprennent l'Aquitaine, les Pyrénées dans leurs pentes inférieures et la Bretagne méridionale.

Ils s'y étendent soit eu nappes continues, soit en lambeaux isolés, comme dans le Poitou, l'Angoumois et le Quercy. Nous avons porté en 1848 et, après de nouvelles études, nous portons encore aujourd'hui à dix le nombre des assises que nous avons reconnues.

L'Aquitaine, à l'E. du méridien d'Agcn, est constituée par des dépôts exclusivement d'eau douce. Des formations marines existent presque seules dans la partie S.-C, qui dépend du bassin de l'Adour. La bande intermédiaire, del'eœ-

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bouchure de la Gironde à Tarbes, présente, au contraire, une série de formations alternativement marines et d'eau douce.

Les Sables de Royan à Oslrea cymbula, forment la partie la plus inférieure des terrains tertiaires du bassin de la Gironde ; ils reposent sur la craie jaune de Saintonge, dont ils sont séparés par un banc calcaire qui renferme des Échinides ■en partie identiques avec ceux du terrain à Nummulites des environs de Bayonne ; les principaux sont : les Echiuopsis elegans, Cœlopleunis Agassizii, Echinolampas siibsimilis Brissopsis elegans, Schizaster vicinaUs.

Le calcaire grossier de Blaye et du Médoc se montre ensuite, en remontant la Gironde, de Saint-Vivien à Pauillac et dans les environs de Blaye. Il repose sur des argiles vertes qui, sur plusieurs points, forment aussi des couches dans les parties supérieures. Les fossiles sont en parties identiques avec ceux du calcaire grossier de Paris, et ont, depuis longtemps, fait regarder ces dépôts comme contemporains. Les Orbitolites y sont fréquents. Les animaux vertébrés qu'on y a rencontrés, sont le Manatus (Hippopotamus) dnhius Cuv. et des dents de Crocodilus. Les principaux invertébrés déterminés sont les Cerithium cornucopiœ, Ostrea Cubitus, Clavagella coronata, Echinolampas stelliferus.

La molasse du Fronsadais forme au-dessus un grand dépôt composé d'argiles et de sables gris-verdâtre et bleuâtre, sans fossiles marins, donnant par places des roches solides. Dans plusieurs localités, elle renferme quelques animaux vertébrés identiques avec ceux des gypses de Paris, notamment à la Grave, près de Bonsac, au N. de Libourne. Ce sont les Palœotherium Girundicum, médium, crassum et minus. Dans d'autres localités ont été trouvés les Rhinocéros minutus et Anthracotherium magnum et minutiim. On connaît encore de cette assise des Emys, Trionyx et Crocodilus. L'Endogenites echinatus du Soissonnais a été rencontré près de Marmande.

La molasse prend un grand développement en remontant la Dordogne et la Garonne. Les principaux accidents de ce grand système sont les grès quarlzeux purs de Bergerac, qui sont à la partie inférieure et donnent un pavé très-employé à Bordeaux. C'est dans les parties moyennes de la molasse que se trouve le dépôt gypseux de Sainte-Sabine, près de Beaumont (Dordogne).

AuN. d'une ligne allant de Blaye à Bergerac et Caussade, elle passe latéralement aux Sables de la Saintonge et du Périgord qui sont grossiers, rougeàtres, alternent parfois avec des argiles de même couleur et renferment les minerais de fer des bords de la Lémance, et sans doute aussi ceux d'Angoulcme et de Ruffcc, signalés par A. Dufrénoy. A Sarlat, on y. trouve des bois dicotylédones silicilîés. — Les molasses d'une part, et les sables du Périgord de l'autre, se continuent dans la partie orientale du bassin par la Molasse inférieure de V Albigeois, qui renferme aussi quelques calcaires d'eau douce intercalés, et dans la([uelle ont été trouvés les Lophiodon Isselense, L. occitanum, Propalœotherium Isselanum, Testudo Isselensis, Trionyx Dodunii, Crocodilus Dodunil.

Le calcaire d'eau douce blanc du Périgord et de l'Albigeois repose sur la molasse à laquelle il se lie d'une manière mtirae. 11 ne parait pas exister dans la partie N.-O. du bassin ; mais depuis les environs de Libourne, il se développe rapidement vers l'E., où il va même déborder le système de la molasse et s'appuyer directement sur le terrain jurassique aux environs de Cahors. Ce calcaire d'eau douce forme une grande lentille constituée par une simple assise calcaire de 10 à 15 mètres d'épaisseur moyenne. Dans plusieurs localités, il renferme des rognons de silex qui donnent ^des meulières aux environs de Bergerac et

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d'Eymet, Les fossiles, assez rares, sont rapportés aux Ljjmnœa longiscata et Planorhis rotundatus.

Dans la bordure méridionale de l'Aquitaine et les parties basses de la cliaine des Pyrénées, celui-ci existe sur un grand nombre de points, formé par le terrain mmunuUtique dont le faciès est bien différent, et qui a été pendant longtemps regardé comme la partie supérieure du terrain crétacé.

Dans les falaises de Biarritz pi'ès Bayonne, cet étage qui a au moins 1050 mètres d'épaisseur, se divise en quatre assises principales : 1° les calcaires et grès à nummulites, gris-bleuàlres ou jaunâtres, qui ont 20 mètres d'épaisseur, et renferment surlçut beaucoup de polypiers et de peignes, les Ostrea longicauda, Pecten Biarritzensis, Diastopora Labati, Oculina rugosa, Pygorhynchus Sopitiamis,Orbitoides radians, Nummmidites crassa; dans quelques parties on trouve en abondance des crustacés, les Cycloxanthus Dufourii, C. Delbosii, C quadrilobatus ; '1° les marnes et calcaires à Serpida spirulœa qui sont généralement gris-bleuàtre et ont 730 mètres d'épaisseur. Les fossiles généralement peu fréquents le sont cependant dans la partie inférieure, au rocher du Goulet, où se trouve notamment une très-grande quantité d'oursins ; 3" les grès et calcaires à Eupatagus ornatiis jaune-brunàtre, en gros bancs irréguliers renferment quelques espèces abondantes : Ostrea gigantea, Eupatagus ornatus, Scutella subtetragona, Cidaris striato-granosa, Nummulites intermedia; 4° enfin, les gj^ès et calcaires à Operculines, qui sont tendres gi-is ou bleuâtres, portent le phare et la Chambre-d'Amour ; les principales espèces sont les Ostrea gigantea, Pecten Thorenti, Cytherea Verneuili, Teredo Tournali, Schizaster vicinalis, JSumniulites intermedia, Operculina ammonea.

5° Le calcaire grossier de Saint-Macaire repose indifféremment, soit sur la molasse du Fronsadais, soit sur le calcaire de Bourg, dont il est alors difficile de le séparer, soit enfin sur le calcaire d'eau douce du Périgord. Sur beaucoup de points, ils renferment des nodules de calcaire concrétionné. Il est caractérisé par les Natica crassatina, Turbo Parkinsoni, Delphinula scobina, etc. ; à la base, on trouve par places des argiles, renfermant en abondance VOstrea longirostris. C'est la partie supérieure du calcaire à Astéries de H. de CoUegno.

Dans le. bassin de l'Adour, cette assise se trouve principalement dans les environs de Dax ; elle y est formée, surtout à Gaas, par des marnes bleues, renfermant une grande quantité de fossiles identiques avec les précédents, et présentant à Garanx des calcaires grossiers jaunâtres.

6° Molasse moyenne de l'Agenais et supérieure de l'Albigeois. — A Blanquefort, à i'O. de Bordeaux, il y a au-dessus du calcaire précédent des argiles et des marnes vertes qui renferment des bancs calcaires et quelques empreintes de fossiles marins. Dans les environs de la Béole, ce sont des sables argileux, passant sur plusieurs points à des roches arénacéo-calcaires endurcies.

Au delà d'une ligne passant par ces villes, cette assise ne renferme plus de fossiles marins, elle est remplacée par la véritable molasse formée d'alternances sableuses et argileuses, grises ou vertes, qui représentent peut-être aussi le calcaire grossier de Saint-Macaire, et qui se distingue difficilement de la molasse du Fronsadais lorsque le calcaire d'eau douce du Périgord manque, comme entre Marmande et Miramont. Cette molasse se poursuit jusqu'aux environs de Cahors, où elle est représentée par des argiles et des marnes vertes.

Elle se développe beaucoup dans l'ancien golfe de l'Albigeois où il y a souvent des couches de cailloux et de poudingues. Au S. de la Garonne, elle s'en-

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fonce assez vite sous les dépôts supérieurs, lorsqu'on remonte les vallées latérales ; elle a déjà disparu à Beaumont-de-Lomagne, Condom et Bazas,

7° Le calcaire d'eau douce gris de l'Agenais forme ensuite un des meilleurs horizons géognostiques de l'Aquitaine, car il seprésente avec un faciès identique dans la Gironde, le Lot-et-Garonne, le Gers et le Tarn-et-Garonne, c'est-à-dire dans le Bazadais, l'Agenais, la Lomagne et une partie de l'Armagnac. C'est le calcaire cellulaire, bitumineux, à parties concrélionnées, de Sainte-Croix-du- Mont (inférieur), la Réole, Agen, Gazaupouy, Lavit-de-Lomagne, etc.; il renferme en immense quantité les Lymnœa Lartelii, Planorhis suh-pyrenaicus. Hélix Aginensis. Entre Agen et Cahors, vers la limite N.-E., son faciès change pourtant; il devient blanc, plus compacte et les fossiles y sont rares. Il en est de même à Cazaugitat auN.-E. de Saint-Macaire, et au N. du Lot, de Villeneuvesur-Lot à Beaumont; à Castelnaud-de-Crattecambe, on y exploite des meulières pour la route. A Tonneins, Agen, etc., on y trouve des ossements de Rhinocéros, du Cervus aurelianensis, et d'autres rapportés à un Canis.

S° Le falun de Bazas, qui repose sur le calcaire gris dans tout l'Agenais, est formé à Mérignac, à Saucats, près de Bordeaux, par des sables très-grossiers, à coquilles marines et polypiers. A Bazas, à Sainte-Croix-du-Mont, il est trèsdéveloppé ; c'est à la partie tout à fait supérieure qu'appartient la couche à Ostrea imdata de Sainte-Croix-du-Mont, Yillandraut. Cette assise présente à sa base un lit d'Ost^ea crispata assez constant à la Réole, Aiguillon, Nérac, Soset presque jusqu'à Condom. C'est à ce système que se rapportent le Calcaire grossier à Cerithium picUtm, de Saint-Justin, les marnes vertes et les faluns de Roquefort et de Canenx, à Arca cardiiformis, Ostrea producta, Neritina subpicta, Cerithium plicatum, très-répandus partout. Près de Mont- de-Marsan, à Saint-Avit, et aux portes de Dax, à Saint-Paul, des faluns très-riches en fossiles, illustrés par feu le docteur Grateloup, appartiennent encore à celte assise. Les mammifères y sont représentés par le Manatus fossilis. — Les principaux fossiles sont en outre les Oliva Basterotina, Fusus Lainei, Cerithium Serresii^ C. hidentatiim, Pecten Beudanti, Pectiinculns cor, Cardium Burdigalinum, Lucina suhscopulorum , Astrea Ellisiana, Lycophrijs lenticularis.

9" Le calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac en général argilifère, tendre, fragile, bigarré de jaune et de blanc, forme des bancs peu réguliers, mal stratifiés; il est caractérisé par la présence de nombreux Hélix, beaucoup moins fréquents dans le calcaii'e gris de l'Agenais, et qui manquent entièrement dans celui du Périgord. Entre Castcljaloux, Sos et Agen, il est plus développé et forme les parties supérieures des collines et des plateaux. C'est lui qui occupe une si grande étendue entre la Baïsc, le Gers et la Gimone, et qui renferme le célèbre gîte ossifère de Sansan, dans lequel M. Lartet a découvert un si grand nombre de Mammifères et autres Vertébrés, notamment les : Protopithecus antiquus, Amphicyon major, Mustela genettoides, Felis quadridentata, Sciiirus Gervaisianus, Anchiterium aurelianense. Rhinocéros sansaniensis, Dicrocerus tlegans, Testudo Larteli, Lacerta sansaniensis, Rana gigantea ; les principaux mollusques sont les Lymnœa Laurillardiana, Planorhis Goussardianus, Hélix sansaniensis, Clausilia niaxima.

Le falun de Leognan, qui vient au-dessus de ce calcaire d'eau douce, n'est guère connu qu'aux alentours de ce bourg et à Saucats, au S. de Bordeaux, et ne peut, quant à présent, être érigé en assise générale; il est formé par des sables jaunes quelquefois grisâtres, et les coquilles fossiles y sont en très-grand

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nombre; les animaux vertébrés sont les DeJpJnnus macrogenius et Dationum de Dax et Léognan, le Sqnalodon Gratelupi et un Chelonia de Léognan. A Saint- Médard-cn-.lalle, près de Bordeaux, on y trouve quelques Poissons Ganoïdes du genre Sphœrodus et un assez grand nombre de Placoïdes appartenant aux genres ISotidamis, Galeocerdo, Sphyrna, Hemiprislis serra, Carcharodoti megalodon et Oxyrlnna hastalis. Les principaux invertébrés sont les : Voluta rarispina, Pyrula cJava, Fasciolaria Burdigalensis, Pleurotoma semimarginata, Turvitella cathedmlis, T. ierebralis, Trochus patulus, Natica tigrina, Pecten Burdigalensis, Pecttinculus cor. Venus casinoïdes, Corbula carinata, Scutella subrolitnda, OpercuUna complanata.

10° Le falun de Salles, à quelques lieues au S. de Bordeaux. Sa position dans la partie centrale de l'Aquitaine, immédiatement à la base du sable des Landes; ses fossiles, en grande partie différents de ceux des faluns de Bazas et de Léognan, et dont quelques-uns ont été, depuis longues années, identifiés avec ceux des collines subapennines, par M. Charles Des Moulins, m'engagent à le considérer comme la base du terrain pliocène. Les principaux fossiles sont les Oliva Dufresnii, Pleurotoma retlculata, Turritella Turris, Natica olla, Pecten scabrellus, Cardita Jonanneti, Mactra triangula , Panopea Basterotina , Cupularia Cuvieri.

Dans les environs d'Eause (Gers), de Sos (Lot-et-Garonne), il y a des sables avec VOsirea crassissima, des peignes et des pétoncles, que j'avais d'abord rapportés au falun de Mérignac, mais que j'ai identifiés, il y a déjà près de vingt ans, avec le falun de Salles, ainsi que les calcaires sablonneux- jaunes à Cardita Jouanneti qui donnent la pierre à bâtir de Mont-de-Marsan et de Tartas sur la Midouze.

Un second dépôt est formé par les marnes sableuses grises de Saubrigues et de Saint-Jean-de-Marsacq, au X.-E. de Bayonne, dans lesquelles on peut trouver un grand nombre de fossiles dont une partie se rapportent incontestablement à des espèces subapennines.

Les Sables des Landes terminent la série des terrains tertiaires de l'Aquitaine; ces sables présentent sur plusieurs points des grès ferrugineux désignés sous le nom d'alios, et du minerai de fer pisiforme dont l'exploitation est à peu près abandonnée, et près de Yillandraut, des grès blancs, en gros rognons mamelonnés qui, sous le nom de grès de Barsac, ont été employés au pavage dans le département de la Gironde, conjointement avec ceux de Bergerac. A l'E. de la Gelisc, cette assise est remplacée par h Molasse supérieure de V Armagnac. Celle-ci est formée par des sables et des argiles jaune-verdàtre, caractérisées encore par la présence des nodules calcaires. Les grès ossifères de Sansan en constituent la couche la plus inféiieure; les animaux y sont différents de ceux des calcaires. Les principaux qui viennent surtout des alentours de Simorre (Gers) sont les Amphicyon major, Castor subpyrenaicus, Mastodon anguslidens M. tapiroides, Dinotherium giganteum, Bhinoceros simorrensis, Sus Doati Chœrotherium Noideti, Bos Barreri.

Dans la Provence et les Alpes, l'étage éocène méditerranéen, ou calcaire à Nummidites, n'existe que dans les Alpes, oîi il forme un dépôt très-étendu épais de lOÛO mètres, se subdivisant en deux assises. L'infériem-e est composée de bancs de calcaires noirâtres compactes ou marneux tendres, presque toujours remplis de Nununulites contorta; au-dessus viennent des alternances de marnes schistoïdes, de grès verdàtres et de macignos; en outre des Nummulites il y a

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un grand nombre d'autres fossiles, notamment les Fusus subcarinatm, F. Noe, Pleurotoma lineolata, Cerlthium plicatum, Turritella imhricataria, Melania costellata, Natica îabellata, N. intermedia, Cyrena cuneiformis, Turhinolia brevis, Astrea geometrica, A. brevissima, etc.

L'assise supérieure offre une longue série de schistes argileux calcaires, renfermant des fucoïdes et alternant avec des grès schisteux micacés et des grès quartzeux. Les schistes fournissent les ai'doises minces et résistantes, exploitées dans les Hautes et les Basses-Alpes. Il y a aussi des amas considérables de gypses exploités à Meyrannes (Basses-Alpes), et des couches de 0'",3 à i mètre d'anthracite terreuse non exploitée. Sur quelques points il y a des filons calcaires avec galène.

Dans la Provence proprement dite, on rencontre deux grands étages successifs presque exclusivement d'eau douce, surmontés par un étage marin, suivi luimême d'un nouvel étage d'eau douce.

Le premier étage est le terrain à ligjiites qui se montre sur plusieurs points. A Aix, où il a plusieurs centaines de mètres d'épaisseur, il commence par des marnes et des calcaires marneux, bitumineux, gris-bleu, presque sans lignites, avec des os de tortues, et nombreuses coquilles : Melanopsis Marti censis, M. galloprovincialis, Cyrena globosa, JJnio Toiilouzani, etc. ; il y a cependant quelques Cerithium et Ostrea marins. Au-dessus vient le groupe des lignites composé de plusieurs centaines de couches de calcaires plus ou moins marneux ou compactes, donnant du ciment et de la chaux hydraulique, de marnes argileuses, toutes roches rouges ou bigarrées ayant ensemble environ 200 mètres d'épaisseur et renfei'mant les Crocodilus Blavieri, Cerithium scalare, C. gardanense, Melania acicula, Cyrena cuneata, Unio snbrugosus, U. Saportœ. Les plantes, d'affinités douteuses, sont an nombre d'une douzaine d'espèces. A Fuveau, Gardanne, etc., il y a dix-sept couches de lignites dont l'épaisseur varie de 1 mèlre à 0™,5 ; elles sont réunies en six groupes dans une épaisseur de plus de 100 mètres, et donnent lieu à de vastes exploitations. Les gîtes de lignite de cette partie de la France, répartis en cinq groupes comprenant 42 concessions, renferment 42 091"% et ont produit 825 608 quintaux de combustibles en 1842. En 1864, la quantité s'est élevée à 2 010 094 quintaux. (M. Mathcron, qui étudie depuis plus de quarante ans ces terrains, considérés d'abord comme miocènes, croit qu'ils n'appartiennent pas même aux terrains tertiaires et qu'ils représentent la partie supérieure du terrain crétacé.) Les parties supérieures sont formées par des alternances de calcaires compactes et marneux, de marnes et de grès bigarrés ou rougeâtres, passant à des poudingues calcaires à galets jaunes et rouges, employés comme marbre sous le nom de brèche d'Alep ou du Tolonet. On y trouve les Lychnus ellipticus, Bulimiis terebra, Planorbis pseudorotunâatus, Physa galIoprovinciaIi>i, Cydosloma solarium, C. disjunctinn, Paludiiia Beaumontiana. (M. Matheron les regarde comme synciu'oniques du terrain tertiaire inférieur.)

Le second étage est le terrain à gypse d'Aix, qui commence par des macignoset des grès grossiers, des marnes et des calcaires marneux, tous de couleur rougeâtre ; puis enfin de puissantes couches de marne et de calcaire marneux, feuilletés, jaunâtres, avec cristaux de gypse et bancs de gvpse, grenu jaunâtre. Les marnes et calcaires marneux renferment des plumes d'oiseaux, des tortues, 21 poissons d'eau douce, 1 crustacé, 5 arachnides, et près de 240 espèces d'insectes, parmi lesquels Marcel de Séries a recoimu 50 -coléoptères, 100 orthop-

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tères, 50 hémiptères. 5 nevroptères, 15 hyménoptères, 5 lépidoptères et 30 diptères. Les mollusques sont les Cerithium Laurœ, C. concisum, Neritina nqiiensis, Melania Laurœ, Cijciostoma craitsilabrum. A Gargas près Apt, à Aix et à Saint-Zacharie près Marseille, M. de Saporta a recueilli et décrit plus de 500 espèces, appartenant à toutes les classes du règne végétal : Pteris aqiiensis, Palmacites vestitus. Flahellaria Lamanonis, Pinus Coquandii, Mijrica Zachariensls, Banksites aquensis, Aralia Zachariensis, Zizyphus Ungeri, Rhus reddita, R. prisca, Cercis antiqua, Nymphœa gypsorum, iV. polyrhiza. A Gargas, on trouve à la partie inférieure les Palœotheriiim magnum, P. crassum, P. médium, P. curlum, Anoplotherium commune, Xiphodon gracile, Chœropotamus parisiens is qui la font rapporter à la partie supérieure du terrain éocène, tandis que la partie supérieure, représenterait l'étage miocène inférieur. Le troisième étage est la Molasse coquillière qui, dans les Bouches-du-Rhône et Vaucluse, commence par des argiles marneuses et des macignos bleus ou jaunâtres avec nombreux moules de fossiles; au-dossus, sont des calcaires à grains fins, jaunâtres, assez -tendres, très-coquillicrs. Les principaux fossiles sont les Conus antiquus, C. ponderosus, Cerithium Serresii, Anoniya epldppium, Ostrea crassissima, Pecten scabriusculus, Perna maxillata, Arca subantiquata , Balamis crassus, Cellepora incrassata, Eschara spongites, Flabellum extensum, etc. A Aix, il y a des calcaires grossiers, avec nombreux Hélix aquensis, H. galloprovincialis, H. pisum, Cyclostoma Draparnaudii, C. Serresii, Unio Flouesti. A Marseille, \\ y a un dépôt lacustre contemporain, très-épais, formé de marnes, d'argiles, de grès et de macignos bleuâtres ou rougeàtres, avec un calcaire marneux, jaunâtre ou rougeâtre, et des poudingues; il y a encore des assises de gypse avec soufre et bitume; il y a aussi des tortues, Lymnœa, Planorbis, Hélix, et feuilles de palmiers. Dans les Basses-Alpes et la Drame, il y a, à la base, des molasses gris-bleuâtre, à gros grains, quelquefois très-feldspathiques passant à des poudingues et alternant avec des marnes bleuâtres ; les couches supérieures sont des molasses micacées , gris-bleuâtre, friables, schistoïdes ou massives, avec Pyrula ficoïdes, Turritella terebra, Patella conica, Ostrea virginica, Peclen latissimus, P. Jacobœus, P. benedictus, Arca antiquata. Venus Brocchii, V. rusiica, Tellina tumida, Panopea Faiijasii, Balanus tintinnahulum, B. crassïis, etc.

Le quatrième étage est le terrain lacustre supérieur ou terrain pliocène qui forme deux bassins. A Marseille, ce sont des marnes schisteuses avec empreintes de fougères et d'autres plantes, des calcaires compactes, concrétionnés et des tufs calcaires avec Lymnœa, Planorbis et Melanopsis. Le second s'étend sur la rive gauche de la Durance, de Digne à Manosque ; la roche principale est un poudingue à ciment fin, argilo-sableux, dur ou friable et à galets de calcaire, rarement de silex, de quartz ou de variolite.il y a en outre, surtout à la partie supérieure, des marnes sableuses, rougeàtres, rai^ement grises ou jaunâtres, avec veines de lignite. Hélix, î/n/o; des sables et des grès avec géodes calcaires alternent avec les poudingues, oùsont enchevêtrés avec eux. L'ensemble de ce dépôt a plus de 500 mètres d'épaisseur.

En Corse, le terrain pliocène constitue trois dépôts isolés sur le littoral.

Trachytes, basaltes. Ces roches qui paraissent en France appartenir toutes à l'époque pliocène, se trouvent groupées pour la plupart sur le Plateau central et la Limagne; on en trouve cependant aussi dans le Languedoc, le? Causses, la Provence, les Maures, la Lorraine et l'Alsace.

552 FRANCE (géographie).

Le Plateaii central présente dans la partie orientale, cinq grands massifs, dont trois sont à la fois trachytiques et basaltiques, et deux seulement basaltiques. 11 y a, en outre, autour d'eux de nombreux lambeaux souvent basaltiques. Il y a aussi quelques points cpars dans la partie N.-E. Nous décrirons seulement les deux principaux.

Le Cantal a sa partie centrale formée par des nappes très-épaisses de trachytes grisâtres ou brunâtres, avec cristaux de felspatb, quelquefois d'amphibole, de mica ou de quartz; elles présentent des parties scoriacées un peu vitreuses, rougeàtres à leur partie inférieure et supérieure, et alternant avec des conglomérats trachytiques bruns. A la circonférence, les trachytes sont assez rares, il n'y a plus guère que les conglomérats qui sont souvent décomposés, argiloïdes, jaunâtres, et des tufs ponceux, en général blanchâtres. Ces diverses roches sont fréquemment traversées dans la partie centrale par des filons plus ou moins épais de trachyte violàtre, et quelquefois de phonolite grise et de rétinite verte. Sur plusieurs points aussi, toutes ces roches sont transformées en alunite rose ou blanchâtre par l'action des yap?,urs sulfureuses. La grande cavité centrale présente dans son milieu un cône aigu, le Pay Griou, formé par une phonohte grise prismatique, employée en guise d'ardoises grossières. La surface du cône du Cantal est formée par des nappes de basalte noir, renfermant fréquemment des cristaux de péridot, de fer titane, et quelquefois de pyroxène noir, et assez souvent en prismes perpendiculaires aux surfaces inférieure et supérieure; elles reposent souvent sur des peperinos et des tufs bruns, avec lesquels elles alternent aussi. Cet nappes s'élèvent fort haut d'une manière continue sur les flancs du cône; un lambeau forme même le point culminant, le Plomb du Cantal. Ces nappes s'étendent à des distances plus ou moins grandes du pied du cône sur les plateaux primitifs, et relient le Cantal à plusieurs des massifs voisins, sur plusieurs points de ces plateaux, les basaltes sont remplacés par des dolérites. Les basaltes forment souvent aussi des filons dans les roches trachytiques.

Les monts Dore sont formés par des trachytes porphyroïdes assez semblables à ceux du Cantal, souvent prismatiques, alternant de même en nappes énormes avec des conglomérats et des tufs ponceux; sur quelques points ils renferment du fer oligiste spéculaire. La circonférence ne présente plus aussi que des conglomérats. Ces roches sont également traversées, ainsi que les trachytes, par des filons de trachytes et de basaltes, elles présentent aussi des alunites. Au nord de la cavité centrale, sur le bord du massif, il y a trois buttes de phonolite grise avec haûyne; ce sont les roches Sanadoire, ThuUière et Malviale. Les basaltes forment autour des monts Dore une ceinture de nappes assez continues, dont quelques lambeaux à peine se retrouvent sur les trachytes qui forment le point culminant du groupe, le pic de Sancy. Des nappes basaltiques, accompagnées de leurs peperinos et tufs, forment une ceinture autour des monts Dore et s'étendent assez loin sur les plateaux au S. et à l'E., où elles viennent recouvrir les terrains tertiaires de la Limagne, et forment les sommets des collines qui en sont composées; sur quelques points, il y a des am.as de mésotype et d'aragonite. Au puy de la Poix, à l'E. de Clermonl, les pepei'inos renferment du bitume qui a été exploité.

Au N. des monts Dore, il y a cinq buttes trachytiques, coniques isolées, dont la plus élevée est le Pmj-de-Dôme ; la roche poreuse, friable, blanc-grisâtre, quelquefois noirâtre sans cristaux, est appelée dom/te; elle présente quelquefois dans les fentes des cristaux de fer oligiste.

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Terrains d'alhwion : Diluvium. Ce dépôt, le plus souvent meuble, recouvre la plus grande partie du sol de la surlace de la France, en reposant indistinctement sur tous les terrains précédemment décrits, ou bien en pénétrant dans leurs cavités.

Les dépôts extérieurs forment des nappes, en général, de peu d'épaisseur, qui, suivant l'habitude, ne sont indiquées sur les cartes géologiques que dans les grandes vallées et sur quelques points, où elles acquièrent une plus giande -épaisseur. Malgré sa généralité, le terrain diluvien est cependant peu répandu sur les régions élevées de la France, telles que le Plateau central, les Pyrénées, les Alpes, le Jura et les Yosges, ou du moins ne se montre-t-il que sur le fond «t la partie inférieure des flancs de leurs vallées. Ils manquent presque entièrement aussi dans la Champagne, ce qui est la cause de sa stérilité. Par contre, les autres régions telles que la Lorraine, la Neustrie, la Bretagne, l'Aquitaine, etc., en sont abondamment pourvues; il serait même difficile de rencontrer de grands espaces qui en fussent entièrement dénués.

Sur les parties planes et élevées de ces plateaux et de ces plaines, ainsi que dans les parties supérieures des flancs de leurs vallées, la composition du diluvium est assez uniforme. Ce sont presque toujours des argiles plus ou moins sableuses, ou limon, jaunes ou rouges, généralement pauvres en calcaire et participant fort peu de la nature des roches qui forment au-dessous le sol en place. Sur plusieurs points cependant il y a des rognons argilo-calcaires. Ce sont ces dépôts qui constituent le plus souvent la terre végétale et qui, par suite, décident de la fertilité d'un pays.

Le fond dès vallées et les parties basses de leurs coteaux présentent presque toujours des dépôts assez puissants de sable, de graviers, de cailloux roulés et <le blocs plus ou moins volumineux, dont la nature est souvent en rapport avec celle des terrains dans lesquels ont pris naissance les cours d'eau qui les parcourent ou les ont parcourus autrefois.

Les vallées de la Seine et de tous ses affluents, à l'exception de deux, ne présentent que des dépôts formés aux dépens des terrains jurassiques, crétacés ■et tertiaires. L'un des deux affluents, l'Yonne, a apporté des débris arrachés à la pointe septentrionale du Plateau central. A Paris, à plus de 200 kilomètres de •distance, on trouve encore des blocs de granité et de porphyre qui ont de 0™,3 à 0'",4 de côté; les blocs tertiaires sont plus gros et dépassent souvent plusieurs mètres cubes; les uns et les autres sont enfouis dans des sables et des cailloux roulés formés pour la plupart aux dépens des silex de la craie. Le second affluent, l'Oise, présente des roches de transition de l'Ardenne.

Le terrain diluvien des Pyrénées mériterait bien aussi d'être étudié avec soin dans sa distribution entière à la surface de l'Aquitaine. En effet, du pied des montagnes, il forme sur la plaine, dans le Béarn, la Chalosse, le Bigorre et le Nébouzan, une nappe épaisse dont les points de départ semblent avoir été les hautes vallées du Gave de Pau, de l'Adour et de la Neste, l'affluent supérieur de la Garonne. — Cette nappe, dont l'épaisseur va en diminuant, ainsi que le volume des cailloux, à mesure qu'on s'éloigne des montagnes, finit par cesser et ne plus se continuer que par des prolongements qui couvrent les flancs, puis le fond des grandes vallées qui débouchent, soit dans celle de l'Adour, soit dans celle de la Garonne ; cette dernière, elle-même, renferme une large bande diluvienne, surtout sur la rive gauche, jusqu'à son débouché à la mer.

Les cavernes ou grottes sont situées pour la plupart dans les calcaires juras- DICT. ENC. i' s. IV. 25

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siques ou crétacés. Les grottes présentent souvent sur leur fond des dépôts puissants d'argile arénifère jaune ou rougeàlre, avec cailloux roulés et ossements d'animaux vertébrés d'espèces éteintes. Ces argiles sont souvent endurcies par des infiltrations calcaires qui forment souvent, à la surface et sur les parois des cavernes, des incrustations. Les cavernes les plus célèbres sous le rapport des ossements qui y ont été trouvés sont celles d'Échenoz et de Foulent (IJaute- Saône), d'Osselles (Doubs), de Balot (Côte-d'Or), de Mialel, Sommières (Gardj, deLunel-Viel,Souvignargues et Poudres (Hérault), de Bize (Aude), de Brengues

(Lot), etc.

Les brèches osseuses sont des dépôts de même genre, mais presque toujours endurcis par un ciment calcaire; ils remplissent des fentes de roches calcaires sur le pourtour de la Méditerranée, notamment à Antibes et à Cette (Hérault).

Les fossiles consistent pour la plupart en ossements d'animaux vertébrés. Ceux des dépôts extérieurs sont en général de grands pachydermes, notamment les Elephas primigenius, Hippopotamus major, H. minutus. Rhinocéros tichorhinus, R. leptorhiniis, des Equus, Cervus, Bos primigenius, une Marmotte, etc. Dans les cavernes, ce sont des carnassiers de moyenne taille, tels que les UrsKs spelœus, Hgenœa spelœa, des Felis, des Canis, etc. ; des Equus, de nombreux rongeurs, des Cervus, un Renne, des Bos, des débris d'Oiseaux, etc. Dans quelques-unes, notamment dans celle de Bize, on a trouvé des ossements humains et des fragments de potej'ies, mais on ne sait pas si ces objets n'y auraient pas été enfouis postérieurement au dépôt des couches à ossements de grands mammifères. Les ossements qui se trouvent dans les brèches osseuses appartiennent en général à des herbivores tels que des Cervus, Antilope; il y a aussi des Sorex, des rongeurs, etc.

Les mollusques du terrain diluvien paraissent appartenir pour la plupart à des espèces actuellement vivantes; ils se rapportent à des genres terrestres et d'eau douce, tels que les Cydostoma, Hélix, Paludina, Planorbis, Lymnœa, Cyclas. Ce n'est que dans des circonstances rares et près des côtes qu'on a rencontré des coquilles marines.

Apparition de l'homme. N'ayant pas encore d'opinion personnelle arrêtée sur ce point important de l'histoire de la terre, j'expose ici l'état de la question, tel qu'il apparaît à la plupart des géologues, à l'aide d'extraits empruntés presque tous à E. Goubert.

Pour les dépôts extérieurs, en 1847, M. Boucher de Perthes, habile géologue d'Âbbcville, annonça qu'il avait rencontré dans des alluvions anciennes de Picardie des silex taillés de main d'homme et distincts des haches polies de l'époque celtique. Ceux des géologues qui daignèrent écouter ces faits, renversant les opinions universellement admises, se contentèrent, sans autre examen, de penser que ces silex taillés n'existaient pas dans des couches normales, en place, non remaniées.

Cependant, en 1859, M. Bigollot, qui avait été dix ans de suite un des adversaires les plus acharnés de M. Boucher de Perthes, découvrait dans le diluvium caillouteux ou inférieur, aujourd'hui classique, de Saint-Acheul, près Amiens, des haches en silex taillé mêlées à des restes de Mammouth et de Rhinocéros tichorhinus. M. C.iudry, attaché au Muséum de Paris, fit creuser, la même année, devant lui, 7 mètres de terre à Saint-Acheul, et, après avoir constaté l'absence des débris de l'industrie humaine dans le lœss ou dépôt limoneux de la surface, dins le dduvnim rouge ou gravier rouge qu'il surmonte, dans les

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cailloux à coquilles lacustres (paludines, lymnées, ancyles, cyclades, etc.), qui existent souvent au-dessous, il arriva au gravier inférieur, à ossements d'Eléphants, de Rhinocéros, et constata en place, sans remaniement aucun des couches, neuf silex taillés de même forme. Leurs tranchants étaient à peine émousscs, ce qui prouve qu'ils n'avaient pas été roulés de loin par les eaux : leur couleur était celle du lit graveleux les contenant, celle des ossements qui y étaient associés {Elephas primigenius^ Rhinocéros tichorhiniis, Bos ou Bison ])nscus, Equus caballus, etc.). Avec eux on trouvait d'assez nombreuses éponges fossiles [Tragos globidaris), rondes, grosses comme de petites noix ou des grains volumineux de colliers, enlevés à la craie que recouvre le diluvium d'Amiens et percés fréquemment d'un trou central artificiel, comme si, selon la remarque faite antérieurement par M. Rigollot, elles avaient servi à faire des colliers, des bracelets, des chapelets.

Amiens ne pouvait prétendre garder seul le monopole des anciens aborigènes gaulois. M. Gosse, de Genève, trouva dans des sablières diluviennes près du Champ de Mars, à Paris (avenue de la Motte-Piquet, rue de Grenelle, etc.), au milieu de couches vierges de tout dérangement, à la profondeur de 5 ou 6 mètres, des coulenux (plus de cinquante), des pointes de flèche et de lances, des haches en coin et des haches circulaires ou allongées, tous en silex, mêlés à des débris d'Elephas primigenius, de Cheval, de Bœuf, etc, ; MM. Lartet et Collomb firent les mêmes découvertes à Clichy, M. Petit à Creil, M. Buvignier à Givry.

Les incrédules opposaient toujours des fins de non-recevoir à la multiplicité des découvertes et des preuves, car, pour les carrières à ciel ouvert, en France notamment, il manquait à la constatation de l'homme antédiluvien cet argument direct et éclatant de* la présence d'un fossile humain. Nous avons vu la persévérance de M. Boucher de Perthes récompensée par la rencontre, le 28 mars 1865, à Moulin-Quignon-lez-Abbeville, d'une moitié de mâchoii'e inférieure humaine, associée à des haches en silex, dans une couche reconnue positivement quaternaire et vierge de tout remaniement. Cette exhumation, appuyée par une note que lut M. de Quatrefages à l'Académie, fit une sensation universelle. Une commission de huit savants français et anglais examina la mâchoire, la reconnut fossile, et, accomjiagnée d'une dizaine d'autres savants, reconnut que les couches de Moulin-Quignon sont bien du diluvium et non un terrain meuble de pente. L'origine diluvienne de la mâchoire était ainsi démontrée pour tous les esprits impartiaux et non prévenus. Depuis, M. Boucher de Perthes a trouvé à Moulin-Quignon une nouvelle mâchoire inférieure et un crâne (1864).

Les cavernes renferment partout des restes de la faune quaternaire. A quelque pays qu'elles appartiennent, elles ont été remplies par des alluvions locales, sableuses ou argileuses, du diluvium, enveloppant les débris des animaux de l'époque.

Avec M. Lartet, savant mammalogiste dont nous aurons souvent à admirer les travaux, on peut répartir les cavernes en quatre époques différenles : 1° l'époque dos Ursus spelœus, des Hyœna spelœa, des Felis spelœa, la plus ancienne de toutes, antédiluvienne certainement; 2" l'époque de ï Elephas primigenius, du Rhinocéros tichorhinus ; 3° l'époijue du Renne [Cervus tarandus); 4" l'époqu de l'Aurochs {Bison europœus) et du Bos primigenius.

En 1861, M. Lartet publia un travail . remarquable sur la coexistence de l'homme et des grands mammifères fossiles. Il y décrivit notamment un foyer et une sorte de cimetière de l'époque des Ours et Hyènes des cavernes. Gfe lieu de

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sépulture sis àFajoles, près Aurignac (Haute-Garonne), ttait resté jusqu'en 1852 masqué par les cendres et les ébonlis de la montagne. M. Lartet rencontra, au dehors de la grotte, une conclie de cendres et de chaibon contenant des grès empruntés à l'autre côté de la vallée et rougis par le feu, des silex arrondis et taillés à facettes, considérés comme des pierres à frondes ou projectiles, une centaine de couteaux et échits en silex taillé, un nodus ayant servi à façonner sur place des lames détachées par le choc, un poinçon en corne de Chevreuil, sans doute pour percer la peau épaisse dont les hommes usaient alors comme vêtement, des lames en bois de Renne rappelant les lissoirs dont les Lapons se survent pour aplatir les coutures grossières de leurs vêtements de peau, des ornements en coquillages; des os cassés ou fragmentés, quelques-uns roussis ou carbonisés, d'autres présentant des entailles ou raclures faites avec un instrument tranchant pour l'ablation des ligaments, appartenant à VElephas priniigenius, an Rhinocéros tichorhlmis, au Bison europœus, Aurochs, au Cheval, au Sanglier, au grand Cerf d'Irlande (Megaceros hibernicus); il y avait, du reste, des débris attestant que l'homme mangeait également la moelle des carnassiers, Ursiis, Felis, Hyœna, Chat sauvage, Loup, Renard. Jusque-là on n'avait recueilli aucun ossement humain; pénétrant plus avant dans cette ancienne station humaine, on fut arrêté par une grande plaque de grès fermant presque verticalement l'entrée de la grotte. Dans celle-ci, on trouva dix-sept individus humains, dont le squelette était acci'oupi, courbé sur lui-même, comme d.ms les sépultures celtiques. Autour d'eux gisaient des os de Lion, Hyène, Cheval, Rœuf, entiers, sans traces de dents de carnassiers, des couteaux en silex, un instrument en bois de Renne appointé par un bout et taillé par l'autre en biseau, un manche fiibiiqué avec le merrain d'un bois de Renne, et présentant un trou destiné à recevoir une arme quelconque, une dent canine à'Ursus spelœus, sur laquelle était sculptée une tête d'Oiseau, précieux spécimen de l'art antédiluvien, dix-huit plaques testacées, blanches, empruntées à des Cardium et percées d'un orifice comme si elles avaient servi de bracelet.

Les cavernes de Lombrives et de Lherm, près de Foix (Ariége), ont aussi présenté à MM. Rames, Garrigou et Filhol, un grand nombre d'objets travaillés dans le limon situé au-dessous des stalagmites; les plus remarquables sont des dents canines de Chien percées d'un trou, pour bracelet ou collier, et des demimâchoires A'Ursus spelœus transformées ingénieusement en arme agressive et défensive ; les branches ascendantes avaient été enlevées ; la partie de l'os la plus épaisse conservait une canine enchâssée, en place, et constituait une arme redoutable.

En résumé : « Il n'en reste pas moins établi que l'homme a préexisté en France au diluvium, en compagnie de grands animaux aujourd'hui éteints, ou bien dont le genre a été relégué, par suite des changements de climats et des progrès de la civilisation, dans les pays étrangers : hippopotame, éléphant, lion, hyène, aurochs, renne, etc. Il ne connaissait alors ni le bronze ni les métaux ; il se servait, pour la chasse sans doute, pour la guerre peut-être, de haches et de tlèches faites presque partout avec des silex pris à la craie des localités. Il ne savait pas encore polir ces instruments. Les ustensiles polis ne se trouvent que dans les couches supérieures du diluvium, et surtout dans les tombeaux ou les autels grossiers, en pierre brute (lumuli, dolmens), des premiers habitants reconnus par la tradition, particulièrement à la Gaule, à la Bretagne, à la Germanie ; ils y sont associés à des débris de poterie, à des instruments en os,

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ranis plus parfaits que ceux, des cavernes, et toujours saus aucun reste d'animaux quaternaires.

« L'étude nous montre ces ancêtres répandus dans d'immenses forêts, vivant de chasse et même de pèche, ne connaisssant tout d'abord ni les céréales, ni l'art de domestiquer les animaux, possédant déjà un certain goût pour les arts et le luxe, comme l'attestent les débris de celte industrie primitive que l'on rencontre dans les cavernes, flèches en os, instruments tranchants en os, bameçons en os ou en arêtes de poisson, vertèbres disposées en forme de collier ou de bracelet, etc.

« Ainsi que l'a remarqué M. Lartet, on avait à Âurignac un lieu de sépulture où les parents apportaient, pour accomplir certains rites funéraires, des objets d'art, les armes ou les ornements affectionnés du défunt, des amulettes, des trophées, des animaux entiers on abattus ; puis, après le sacrifice ou le festin de funérailles, ils fermaient l'accès de la grotte par la dalle précitée, si bien que les bêtes fauves rôdant aux alentours ne pouvaient dévorer ou ronger que les débris restés au dehors. 11 existait déjà un respect pour les morts tel, qu'ils étaient ensevelis soigneusement et que le repas funéraire se célébrait hors du caveau sépulcral.

« Quand l'écrivain cherche de nos jours à reconstruire l'histoire de l'humanité dans nos pays, antérieurement à toute tradition écrite, il est obligé d'annoncer, pour l'intelligence préalable de son récit, qu'il faut distinguer dans celte histoire au moins trois grandes périodes, subdivisibles probablement ellesmêmes. La plus ancienne est l'âge de la pierre brute ou taillée; l'âge de la pierre polie est fort récent relativement, c'est presque celui de nos traditions celtiques et druidiques, c'est Tàge de pierre des archéologues; Vâge des métaux, plus jeune encore, est divisible lui-même en ère du bronze et en ère du fer. Les traditions et les religions de tous les premiers peuples (Ghaldée, Assyrie, Grèce, Etrurie, etc.), les premiers philosophes et écrivains eux-mêmes (notamment Hésiode, dans ses Travaux: et jours), admettaient eux-mêmes plusieurs âges successifs; l'âge d'or, l'âge d'airain et l'âge de fer sont vaguement décrits partout, et plus ou moins identiques aux âges que la géologie nous permet aujourd'hui d'attribuer à l'espèce humaine. »

Alluvions. Elles comprennent tous les dépôts qui sont le résultat des causes qui agissent depuis le commencement de l'ordre de choses actuel, et qui sont étudiées dans les traités de géographie. — Éboulis, moraines, dépôts de sources, tourbières, alluvions fluviatiles, barres des rivières, alluvions marines, dunes, envahissement? de la mer et modifications lentes.

Les Tourbières, formées par des accumulations de débris de végétaux, se présentent le plus souvent dans le fond des vallées qu'elles nivellent ; il y eu a aussi cependant sur les parties planes ou peu inclinées des montagnes. Elles ne se trouvent guère que dans les régions humides et froides.

Les tourbières les plus importantes sont celles de la vallée de la Somme, qui étaient déjà exploitées dans le seizième siècle, et dans lesquelles on rencontre des troncs d'ifs de plusieurs mètres de circonférence et des ossements d'un grand nombre d'animaux rares ou qui n'existent plus aujourd'hui sur le sol de la France, comme un élan, un aurochs, le castor, etc. Il y a de nombreux débris de l'industrie humaine, tels que des haches en silex, des pirogues, des os travaillés, etc., ainsi que des coquilles terrestres et d'eau douce identiques avec celles qui vivent dans le voisinage, etc. Dans la partie inférieure de la vallée, et

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même jusqu'à Amiens, on trouve des coquilles mannes dans ce dépôt, quoiqu'il soit dans cette ville à 18 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les tourbières de Mcnnecy, sur l'Essonne, au sud de Paris, connues depuis plus de cent trente ans, sont exploitées avec beaucoup d'activité. Dans quelques localités, comme à For^^es (Seine-Inférieure), à Goincourt, près de Beauvais, il y a des tourbes pyriteuses dont on a extrait, en 1841, plus de 1500 quintaux de sulfate de fer. 11 y en a aussi à la Mure et à Vizille (Isère).

Dans le tableau suivant, se trouvent groupés par régions naturelles et en allant du N. au S. les départements qui renferment des tourbières de quelque importance en exploitation.

TABLEAU DE l'eXTRACTION DE LA TOURBE EN FRANCE

RÉGIONS

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