‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.40Chapitre 15 sur 75 · DEPARTEMENTS · texte numérisé non relu

DEPARTEMENTS

Nedstrie ,

Bretagne }

L0RRA1^E.

Vosges. .

Alsace. .

Bourgogne

JCRA ,

Alpes

Plateau cektral

Aqditaini

Ptrénées.

/ Nord

Pds-de-Caiais . . .

Somme

Aisne

Oise

Seine-liiféi'ieure . .

Calvados

Euie

Sartlie ......

Seine-et-Oise. . . .

Seine-et-Marne. . .

Marne

Aube

Yonne

Indre

Vienne

Manche

Loire-Inlerieure . .

Ardenne*

Moselle

Vosges

Bas-Rhin

Haut-Rhin. . . . •.

Haute-Saône. . . .

Doubs

Jura

Ain

Haute-Savoie. . . .

Savoie

Isère

Haute-Vienne . . .

Puy-de-Dôme . . .

Cantal

Haute-Loire. . . .

Deux-Sèvres. . . .

Charente-Inférieure

Charente

Dordogne

Gironde

Landes

Basses-Pyrénées . .

Hautes-Pyrénées. .

hect.

PRODUCTIO.N COMPARATIVE em quintaux métriques

En 1833.

q. métr.

GOO

Roy. Sard.

Id.

En 1842.

q. métr.

Roy. Sard.

Id.

En 1864.

q. métr.

FRANCE (géologie). 359

Les alliwlom fluviatlles ne dépassent guère la limite supérieure des grandes crues des cours d'eau ; elles sont formées aux dépens de toutes les roches solides ou meubles qui se trouvent dans le bassin hydrographique du fleuve que l'on examine. On y trouve cependant aussi des matériaux étrangers à ces bassins, mais ils proviennent alors du diluvium qui se trouve presque toujours par-dessous. Les alluvions fluviatiles se forment tous les jours, et leurs fossiles ne sont autres que les débris des animaux et des végétaux qui vivent dans les cours d'eau et dans leur voisinage.

Leur nature est très-variée, cependant nous n'entrerons pas dans des détails descriptifs à leur égard. Comme accident intéressant, nous citerons le Riou- Pézouillou, près du Puy-en-Velay, qui contient un grand nombre de petits zircons, et la Loire, dans les environs de Tours, qui présente sur plusieurs points du sable de fer titane, provenant des roches volcaniques du Plateau central. Autrefois, on faisait des recherches annuelles assez productives de paillettes d'or sur plusieurs points, notamment dans le Rhin, entre Strasbourg et Philipsbourg; dans le Rhône, depuis l'Arve jusqu'à 20 kilomètres au-dessous; dans la Cèze et le Gardon ; dans l'Ariége, aux environs de Pamiers, dans le Salât, près de Saint-Girons, et enfin dans la Garonne, près de Toulouse, après sa jonctiou avec les deux rivières précédentes. C'était principalement dans les anses et dans les endroits où l'eau, après avoir coulé avec rapidité, perd beaucoup de sa vitesse, que les orpailleurs exécutaient leurs recherches. Les paillettes d'or, de forme lenticulaire, avaient quelquefois dans l'Ariége jusqu'à 4'"'", 5 de diamètre; celles de la Cèze et du Gardon atteignaient quelquefois 5" "",5; celles du Rhin étaient petites et celles du Rhône l'étaient encore davantage.

Les alluvions marines des côtes de France, d'après M. Delesse, qui en a fait une étude spéciale, doivent être divisées en deux parties : le dépôt littoral et les dépôts sous-marins.

Le dépôt littoral se trouve au niveau même de la mer et dans la zone du balancement des marées. Sur l'Océan, il présente généralement des caractères différents aux niveaux de la marée haute et de la marée basse. Le dépôt de marée haute contenant des débris qui ont des dimensions plus grandes, sa composition minéralogique est plus facile à reconnaître. Quant au dépôt de marée basse, il provient en grande partie de la trituration du premier, et sa composition peut se déduire aisément de celle du dépôt qui est au niveau de la marée haute.

Au niveau des plus hautes marées, se trouve le cordon littoral, qui présente souvent des accumulations de galets atteignant de grandes dimensions. Les roches qui le composent sont fournies, soit par le rivage voisin, soit par le bassin hydrograi hique auquel ce rivage appartient. Car, sur les côtes crétacées de la Normandie, le cordon littoral est formé de galets de silex provenant de la craie ; sur les côtes granitiques de la Bretagne, il est au contraire tormé de galets quartzeux et granitiques. C'est au niveau des plus hautes marées que les eaux de la mer sont animées de la plus grande vitesse et ont le plus de force; elles peuvent alors déplacer des blocs énormes. Quand le premier dépôt est du galet, il arrive fréquemment que le second est du gravier, du sable et même de la vase. Les dimensions des débris tendent généralement à diminuer à mesure qu'on descend dans la mer.

Sur les côtes de la Méditerranée, le niveau de la mer change très-peu, car les marées n'y dépassent pas 0'",20 et l'influence des tempêtes n'y produit guère que

500 FRANCE (GÉoGRAPniii).

des différences de 1 mètre : par conséquent, les échantillons pris au niveau de l'eau ont en chaque point des caractères assez constants et peuvent être considérés comme une sorte de moyenne du dépôt littoral.

Lorsque les rivières se déversent dans des mers fortement agitées par les marées, le flux et le reflux parviennent à user, par leurs alternatives, les débrisqui se déposent à l'embouchure ; ces débris, étant successivement réduits en parcelles microscopiques par le frottement, sont en défuiilive entraînés vers le large. Une lutte incessante s'établit entre les eaux salées et les eaux douces; tandis que les premières tendent à reporter les dépôts en amont de l'embouchure, les secondes les entraînent au contraire en aval ; c'est à ces dernières que reste d'ailleurs l'avantage, puisqu'elles empêchent l'obstruction des rivières se jetant dans les mers agitées par les marées et qu'il ne se produit pas de véritables deltas. Des bancs de sable mobiles et d'un régime quelquefois très-variable se lorment seulement à leurs embouchures ; c'est ce qui s'observe pour la Seine, pour la Loire et pour la Garonne.

Quand les côtes sont peu profondes, les accumulations de sable deviennent très-considérables et constituent ce qu'on nomme avec raison des deltas sousmarins. Il en existe dans la Manche, notamment aux embouchures de l'Orne, de la Vire, de la Somme.

Les barres sont le résultat de l'équilibre, d'ailleurs assez instable, qui s'est établi entre les actions opposées de la rivière et de la mer. Trois causes concourent à leur formation : les alluvions de la rivière, les vents et par suite leslames, les courants marins. Habituellement, plus le volume d'eau qui sort du bras d'un fleuve est grand, plus le dépôt des matières alluviales est considérable.

Lorsque les rivières se déversent dans des mers peu agitées par les marées et sur des côtes peu profondes, les débris qu'elles accumulent sans cesse finissent par obstruer leur embouchure ; alors elles se bifurquent successivement et, élevant leurs rives aux époques d'inondations, elles produisent à la longue des deltas : comme le delta du Rhône qui est des mieux caractérisés et qui s'est formé dans une mer intérieure. Le volume des matières solides transportées annuellement par le Rhône entier est estimé par M. Surell à 21 millionsde mètres cubes, dont 17 raillions pour le bras principal ou grand Rhône. D'un autre côté, les atterrissements près de ses embouchures sont environ de 15 millions de mètres cubes : ils représentent donc près des trois quarts des matières tenues en suspension.

Mais les rivières qui se déversent dans une mer intérieure sans marées n'ont pas toujours un delta; car, si la côte est profonde, les débris qu'elles transportent vont s'accumuler bien au-dessous du rivage, en sorte qu'il n'y a pas d'engorgement à l'embouchure, comme cela a lieu pour le Var.

Le fond des mers reçoit sans cesse des dépôts qui se distribuent d'une manière très-inégale et manquent même complètement dans certaines parties. S'accumulant surtout dans les bassins et dans les dépressions sous-marines, ils devieimentrudimentaires ou bien même disparaissent entièrement sur les parois qui sont fortement inclinées et sur celles qui sont balayées par des courants énergiques.

Les dépôts qui se forment sur les côtes de France dépendent surtout de leur constitution géologique, de l'agitation des eaux qui les baignent et de la quantité des mollusques qui les peuplent; mais ils sont aussi en relation avec

FRANCE (géologie). 561

les bassins hydrographiques et avec l'orographie du sol émergé ou submergé. Les divisions minéralogiques qu'il convient d'y établir sont : le sable, le sable mélangé de gravier, le gravier, les galets, la vase, la vase sableuse et le sable vaseux, la vase graveleuse et le gravier vaseux.

Relativement à la répartition de ces dépôts sur le fond de nos mers, l'on voit que le sable forme une bordure le long des côtes. Assez étroite sur notre littoral méditerranéen, cette bordure s'élargit beaucoup dans l'Océan, particulièrement sur les côtes plates, comme celles des Landes et de la mer du Nord. Du reste, dans l'Océan, le sable occupe d'immenses plages, même par de très-grandes profondeurs. Le gravier se dépose à peu près dans les mêmes conditions que le sable, touteiois dans des eaux généralement plus agitées. Quant aux galets, ils s'allongent eu cordons au pied des falaises. La vase qui reste frès-facilement en suspension est surtout entraînée dans les eaux calmes et profondes; la Méditerranée n'étant pas soumise aux marées, l'on conçoit qu'elle y recouvre de vastes surfaces. Enfin, la vase qui s'observe par les grandes profondeurs de l'Atlantique est essentiellement calcaire; elle renferme une multitude de foraminifères , mais elle peut contenir aussi de l'argile et du sable très-ténu. C'est une sorte de craie en voie de formation.

Les dépôts les plus riches en coquilles ?ont essentiellement sableux. Ils forment des zones allongées qui bordent les côtes et qui ne descendent pas dans les grands fonds; l'on peut facilement s'en assurer dans la Mancbe. Du reste, les coquilles sont Irès-abondantes sur les côtes calcaires, comme celles de Normandie, ou granitiques, comme celles de Bretagne, tandis qu'elles sont relativement rares sur les côtes argileuses, et aussi sur cei'taines côtes sableuses comme celle des Landes. Toutes choses égales, il y en a moins sur une côte lorsqu'elle est abrupte que lorsqu'elle est plate.

Volcans modernes, éteints. Le Plateau central présente vers son milieu un grand nombre de volcans modernes, éteints à une époque très-rapprochée de nous, mais cependant antérieurs à toute tradition historique.

Ce sont des collines généralement en forme de cône à sommet tronqué, à pentes assez rapides composées de cendres et de scories de diverses grosseurs, libres, non soudées les unes aux autres, de couleur noire, passant au rouge par décomposition. Leur sommet présente quelquefois une excavation en forme de cône renversé, qui n'est autre chose que le cratère qui, lors des éruptions, donnait issue aux matériaux qui constituent la colline.

Tous ces volcans, au nombre de deux cent trente, sont répartis en trois groupes : celui de Clermont, celui du Puy-en-Yelay et celui de Montbrison.

Le premier groupe, situé dans le Puy-de-Dôme, à l'O. de Clermont, est de beaucoup le plus connu ; il se compose d'une centaine de cônes formant, par la réunion de la plus grande partie d'entre eux, une bande de 50 kilomètres de longueur sur 5 kilomètres de largueur, dirigée assez exactement du N. au S. Un bon nombre de ces cônes ont donné naissance à des coulées de laves grises ou noires, scoriacées, quelquefois prismatiques, comme à Graveneire près Clermont. Ces coulées se sont répandues à l'E. et à l'O. de la bande, à la surface des plateaux et sur le fond des vallées. Les coulées les plus remarquables du côté oriental sont, à l'E., celle du volcan de la Nugère, qui a été exploitée à Volvic pour le dallage des trottoirs de Paris; celle du puy de Pariou, le mieux conservé de tous les volcans de ce groupe, qui se bifurque, et dont les extrémités vont à 8 kilomètres du point de départ ; celle du puy de la Mège et celle

362 FRAiNCK (géographie).

despuys de la Vache et de Lassolas, qui ont plus de 12 kilomètres de longueur; enfin, la coulée du Tartaret et celle sortie assez près du puy de Chambourguet, qui ont plus de 20 kilomètres de longueur. Toutes ces coulées, sorties des plateaux, atteignent très-vite des vallées qu'elles comblent en partie. Sur le côté occidental on peut remarquer surtout la large coulée du puy de Gôme, qui va sur le plateau jusqu'à Pontgibaud, sous le nom de Cheire de l'Aumône, et celles des puys de Louchadière et de Cromanaux. La surface des coulées, composée de scories bouleversées et en général assez stérile, est appelée cheire par les habitants.

Phénomènes géologiques. La période primitive comprend le temps qui s'écoule depuis l'existence du globe jusqu'au moment où son refroidissement permet aux eaux de se condenser à sa surface et d'y former des mers dans lesquelles des êti'es organisés se développent plus tard. Pendant cette période, de fort longue durée, les gneiss, les micaschistes et les talschistes se forment par refroidissement lent et, chose remarquable, passent d'ime manière insensible aux roches sédimentaires les plus anciennes. L'écorce terrestre, peu épaisse, éprouve de fréquents bouleversements qui replient les parties déjà consolidées. La matière liquide intérieure sort sur un grand nombre de points et forme les amas de granité, de pegmatitc et de syénite. Le sol présente d'assez grandes inégalités.

La période secondaire se continue encore de nos jours; dès son origine, il y a des I erres découvertes, des cours d'eaux, des lacs et des mers. Celles-ci occupent presque toujours des espaces plus ou moins considérables autour du Plateau central, que l'on peut à juste titre considérer comme le noyau de la France, puisqu'il a toujours formé un massif émergé. Pendant toute cette période, l'étendue relative des terres et des mers éprouve de grandes variations; les périodes de tranquillité, pendant lesquelles se déposent les divers terrains, sont terminées par des perturbations qui chaque fois modifient le relief du sol, changent la configuration des côtes, et renouvellent en totalité ou en grande partie les êtres organisés.

Pendant le dépôt du terrain cambrien, le Plateau central, uni largement aux Alpes, forme une grande terre, allongée de l'E. à PO., à laquelle se rattache, à rO., le prolongement de la côte S. de la Bretagne; au N.-O., les Vosges s'y rattachent probablement aussi. Le soulèvement du Hundsruck (E. 25 degrés N. à 0. 25 degrés S.) émerge la côte N. de la Bretagne, les Maures, la partie oi'ientale des Pyrénées. La Corse était déjà en partie hors des eaux.

Pendant le dépôt des terrains silurien et dévonien, les mers abondent en Trilobites, en Orthocères et en Spirifer, les Polypiers forment de nombreux récifs, quelques poissons se montrent déjà dans la mer dévonienne. La flore est caractérisée par des Lycopodiacées arborescentes. Des porphyres s'épanchent à diverses reprises, et forment trois massifs sur le Plateau central, et des filons dans les Vosges, la Bretagne et les Pyrénées. Le soulèvement des Ballons et du Bocage (E. 15 degrés S. à 0. 15 degrés N.) émerge la France presque tout entière, en faisant ressentir son action en Bretagne, dans les Vosges et au S.-O. du Plateau central.

Pendant la formation du terrain carbonifère, la France est une vaste surface ondulée, offrant çà et là de vastes tourbières et des lacs profonds, à bords escarpés, allongés du N.-E. au S.-O., à l'exception de ceux de la Bretagne et du S.-O. du Plateau central, qui le sont du N.-O. au S.-E. Le Plateau central

FRiNCE (géologie). 363

présente dans son milieu une série de lacs disposés en ligne droite du N.-N.-E. au S.-S.-O. sur plus de 220 kilomètres de longueur. La mer n'occupe guère que le Pas-de-Calais et le Nord; les poissons d'eau douce vivent dans les lacs. Les Trilobites ont encore quelques représentants; les Nautilus commencent à se montrer ; les Bellerophon, les Evoinplialus, les Spirifer et les Productus abondent, ainsi que les Encrines et les Polypiers. La végétation, très-active, a la plus grande analogie avec celle des îles de la zone torride ; ce sont des forêts de Fougères, de Lycopodiacées et d'Equisétacées arborescentes; les Sigillaria, voisins des Cycas, abondent; il y a aussi des Cannées et des Conifères. Des porphyres noirs percent dans les Maures et au N. des Vosges. Le soulèvement du N. de l'Angleterre (S. 5 degrés E. à N. 5 degrés 0.) met à sec le N. de la France et exhausse le Cotentin, la bordure orientale du Plateau central et les Maures.

Pendant le dépôt du grès rouge, les Vosges forment plusieurs îlots au milieu d'une mer peu étendue, qui nourrit encore quelques Productus; il y a des Equisétacées gigantesques. Des ophites sortent dans le S. des Vosges. Le soulèvement des Pays-Bas (E. 5 degrés S. à 0.5 degrés N.) plisse les bassins houiilers de la Belgique et de la Sarre, et fait ressentir son influence dans toute la Bretagne.

Pendant le dépôt du grès des Vosges, la mer a une étendue plus considérable. Le soulèvement du Rhin (N. 21 degrés E. à S. 21 degrés 0.) élève ensuite la chaîne des Vosges, occasionne des fractures dans les Maures et la partie E. du Plateau central, et plisse cette longue série de dépôts houiilers qui en occupe la partie moyenne.

Lors du dépôt du terrain triasique, les mers forment deux bassins : celui du N. compris entre l'Ârdenne, la Bretagne, le Plateau central et les Alpes, et qui entoure les Vosges, et celui du S., qui s'étend entre les Pyrénées et le Plateau central, et, entre celui-ci, les Alpes et les Maures. Les Reptiles apparaissent; ils sont accompagnés de Poissons et de Mollusques. La végétation, encore intertropicale, se compose de Conifères, de Cycadées et de Liliacées. Il y a quelques Fougères et Equisétacées arborescentes. Des serpentines sortent sur un grand nombre de points. Le soulèvement du Thuringerwald (0. 40 degrés N. à E. 40 degrés S.) se fait sentir dans le Morvan et sur toute la bordure S.-O. du Plateau central et de la Bretagne.

Pendant le dépôt du terrain jurassique, la mer s'étend d'abord autour du Plateau central et le sépare pour la première fois de la Bretagne ; les Alpes et les Maures forment alors plusieurs îles escarpées ; la côte E. de la Corse est plongée sous les eaux ; les Vosges et l'Ardenne forment une grande île, ainsi que les Pyrénées. La mer nourrit de grands Reptiles de formes très-bizarres, des poissons et de nombreux mollusques, notamment les Ammonites et les Belemïiites, et les derniers Spirifer. Les Pentacrinus prennent un grand développement, et les polypiers forment de nombreux bancs et récifs. La végétation est surtout composée de Conifères et de Cycadées, il y a cependant encore quelques Fougères et Equisétacées gigantesques. Des spilites percent surtout dans les Alpes. Le soulèvement de la Côte d'Or (E. 40 degrés N. à 0. 40 degrés S.) réunit les Vosges au Plateau central dont il élève aussi le bord S.-E. La partie orientale du Jura se forme aussi.

Pendant le dépôt des terrains crétacés inférieurs, le néocomien et le grès vert, les mers forment deux bassins ; celui du N., qui comprend la Champagne et la Neustrie, et celui du S., qui s'étend dans le S. de l'Aquitaine, le Lan-

36i FRANCE (géographie).

guedoc et la Provence, ainsi qu'autour des Alpes, et dans lequel les Maures et les Pyrénées forment des îles. Il y a des Reptiles et des Poissons. Les Ammonidées affectent des formes très-variées qui constituent autant de genres distincts : les Encrines se montrent à peine. Il y a de très-nombreux Spongiaires. Le bassin du S. est surtout caractérisé par une grande abondance de Rudistes.

Pendant le dépôt de la craie, le bassin du N. ne comprend plus que la Champagne et le centre de la Neustrie ; celui du S. a pris une grande extension dans l'Aquitaine et s'est beaucoup restreint dans les Alpes et les Pyrénées. Les Ammonites ne s'y montrent que rarement. Des amphibolites percent dans la plupart des massifs de terrains anciens. Le soulèvement du mont Viso (N.-N.-O. à S.-S.-E.) se fait ressentir des Maures jusqu'au delà du Jura, et de Noirmoutiers jusqu'au delà des Pyrénées.

Pendant le dépôt du terrain tertiaire inférieur, éocène, il y a trois bassins : celui du N., qui s'étend dans la partie N.-E. de la Neustrie, et celui du S.-O., qui comprend la partie cenlrale de l'Aquitaine et duquel s'élève comme une grande île montagneuse, les deux tiers orientaux des Pyrénées. Celui du S.-E. occupe une partie de la Provence et de l'emplacement des Alpes, du massif de rOisans à Nice. Les mammifères apparaissent accompagnés de Crocodiles, de Tortues et Poissons. Les Céphalopodes deviennent rares, les mollusques ont beaucoup d'analogie avec ceux des tropiques. Les Polypiers ne forment plus de récifs. La végétation se compose de Conifères, de Palmiers , de Characées, etc. Les grandes Fougères et les Cycadées ont disparu. Le soulèvement de la Corse (N. à S.) fait sentir son action dans l'E. du Plateau central et le S. du Jura. Le soulèvement des Pyrénées (E. 18 degrés S. à 0. 18 degrés N.) émerge complètement les Pyrénées et les Alpes, et relève, dans la Neustrie, le pays de Bray et le Bas-Boulonnais.

Pendant le dépôt du terrain miocène, des eaux, en grande partie douces, envahissent d'abord la Neustrie et la Limagne, l'Alsace, l'Aquitaine, une partie du Languedoc et de la Provence, et le pourtour des Alpes. Le Plateau central se trouve pour la seconde fois séparé de li Bretagne. Les Mammifères poursuivent leur développement; un Singe voisin des Gibbons apparaît dans les Pyrénées. Les Nymphéacées existent déjà.

Une révolution ramène les mers dans les bassins du S.-O., du S.-E. et même dans l'Alsace. La plus grande partie de la Neustrie est mise à sec ; un affaissement s'y produit dans la direction de la Loire, et il s'y forme un golfe marin qui remonte jusqu'à Blois. Les manmiifères abondent; le Dinotherium se promène dans les environs d'Orléans; les Lamantins pullulent partout. Le soulèvement des Alpes occidentales (N. 26° E. à S. 26 degré 0.) élève toutes les Alpes françaises ainsi que l'extrémité S. du Plateau central et l'E. des Pyrénées.

Pendant le dépôt du Xerrâin pliocène, la partie S.-O. de l'Aquitaine, le S.-O. de l'Alsace, la Bresse et les environs de Perpignan présentent une baie marine. Les Éléphants, les Rhinocéros, les Hippopotames, sillonnent la France dans toutes les directions, en compagnie d'autres animaux très-voisins de ceux qui l'habitent aujourd'hui. Les mollusques et les végétaux ont aussi beaucoup d'analogie avec les espèces vivantes. Le Plateau central présente alors trois grands centres d'actions volcaniques autour desquels sortent, ainsi que dans quelques autres régions, des petits massifs basaltiques. Le soulèvement des i/pes principales {^. 16 degrés N. à 0. 16 degrés S.) fait sentir son action surtout dans les Alpes, la Provence et les Pyrénées. Les grands lacs se déversent et leurs

FRANCE (hydrographie). 565

eaux, jointes à celles qui résultent de la fusion des glaciers et des neiges, accumulées dans les hautes montagnes, se répandent en torrents sur le sol et le façonnent tel qu'il est aujourd'hui. Des graviers et des sables sont accumulés dans les parties basses pèle-mèle avec les ossements des animaux qui vivaient à cette époque. L'homme paraît avoir déjà fait son apparition.

Pendant la formation des alluvions, les eaux continentales provenant des pluies s'écoulent par les canaux qui leur ont été préparés, et auxquels elles apportent journellement de petites modifications ; les falaises sont livrées à l'action destructive des vagues; des ensablements se font à l'embouchure des cours d'eau, ainsi que sur certaines côtes. Los animaux et les végélaux d'aujourd'hui prennent possession de notre sol, le lieu d'origine restant inconnu. Le Plateau central présente successivement plus de deux cents points d'éruption volcanique qui donnent naissance tour à tour à des accumulations de cendres, de scories, et à des coulées de laves, et qui finissent par s'éteindre complètement. Enfin, la civilisation naît, se développe et arrive au point où elle est aujourd'hui, en attendant quelque nouvelle révolution qui, semblable à celles qui l'ont précédée, vienne encore modifier le relief du sol, changer la configuration des côtes et détruire en totalité ou au moins en partie les êtres organisés qui habitent le sol de la France.

Chapitre IV. Hydrographie. Circulation générale des eaux. Il y a une circulation incessante de l'eau dans les parties externes de la terre (sol jusqu'à .une certaine profondeur et parties basses de l'atmosphère). Les eaux qui sont à l'état liquide, à la surface du sol, au contact de l'atmosphère, en un mot, soit en mouvement comme celles des cours d'eau, soit en repos comme celles des lacs et des mers, soit encore celles qui mouillent la surface du sol, sont enlevées par l'évaporation surtout quand la température est élevée, et répandues sous forme de vapeur invisible dans l'atmosphère jusqu'à une certaine hauteur. Les températures basses, habituelles aux hautes régions, occasionnent une première condensation de cette vapeur, qui donne les nuages ; et ceux-ci au bout d'un temps plus ou moins court se résolvent en pluie ou en neige qui tombent bien vite. Les eaux pluviales qui arrivent sur le sol émergé se divisent immédiatement en deux parties : l'une qui s'écoule à la surface du sol en formant des torrents, des ruisseaux, des rivières et des fleuves ; l'autre qui, pénétrant dans le sol, parfois jusqu'à de grandes profondeurs, y chemine plus ou moins longuement ; une grande partie revient sous forme de sources à la surface et contribue à rendre les cours d'eau moins irréguliers et plus permanents ; une autre ne i-eparaît pas et se rend souterrainement et lentement dans les bassins des mers ou dans les dépressions fermées des surfaces terrestres où elles occasionnent de grands amas d'eau, comme la mer Caspienne, le lac Tchad, etc.

L'eau est ainsi en circulation constante de la terre à l'atmosphère, et vice versa. Cette circulation est l'origine d'une grande quantité du mouvement produit à la surface de la terre ; elle est indispensable aussi à l'existence de la vie, tant végétale qu'animale.

Les eaux atmosphériques, lorsquelles sont arrivées à l'état liquide sur le sol, se comportent de trois manières bien différentes, suivant l'état de ce sol : s'il est complètement imperméable, les eaux s'écoulent tout entières à la surface en produisant des effets de dégradation et d'alluvion ; s'il est très perméable, les eaux sont absorbées et y disparaissent en entier. Lorsqu'il est plus ou moins

366 FRANCE (géographie).

moyennement perméable, ce qui arrive très-souvent, les deux effets se produisent. Nous n'avons à nous occuper ici que de ceux qui résultent de la pénétration des eaux dans le sol.

Sur les terrains complètement argileux une faible quantité d'eau est absorbée pour maintenir le sol dans un certain état d'humidité ; mais rien ne pénètre profondément et il n'y a pas de sources. Sur les sols cristallins primitifs, granitiques, porphyriques ou autres, par suite de la décomposition des parties superficielles, une partie de l'eau pénètre dans le sol et ressort assez vite dans tous les points déclives en y occasionnant de petites sources, d'une durée assez courte.

Lorsque, au contraire, le sol est formé de couches ou d'assises régulières alternatives, les unes perméables, calcaires ou sableuses, et les autres imperméables argileuses, le sol alors se trouve dans de bonnes conditions pour avoir des sources considérables et permanentes. En effet, les eaux descendent de la surf^ice du sol, soit lentement en filtrant au travers des calcaires poreux, des sables et des dépôts caillouteux, soit assez rapidement par les fentes des roches compactes dures. Elles arrivent ainsi sur les couches imperméables qui les retiennent et occasionnent de véritables nappes plus ou moins abondantes qui ont une tendance à s'extravaser au dehors par toutes les voies qui s'offrent à elles.

Quand le pays ainsi pénétré par les eaux pluviales forme une sorte de plateau limité par des parties plus basses ou par des vallées plus profondes, les eaux soitent au point d'affleurement et de jonction des roches perméables et imperméables, et forment des sources qui peuvent être fort considérables. Si les couches sont horizontales, les sources sortent de tous côtés ; si elles forment un plan incliné, les sources font défaut sur la tranche horizontale supérieure, mais elles sont nombreuses et parfois très fortes sur la ti'anche horizontale inférieure ; on en rencontre aussi sur les tranches inclinées intermédiaires.

Dans les plateaux dont le sol est ainsi composé, les vallées jouent, pour l'écoulement des eaux intérieuies, le même rôle "que les fossés creusés par l'homme dans les terrains trop humides ou marécageux ; en effet ces sillons artificiels n'ont pas pour but unique de faciliter l'écoulement des eaux superficielles; ils ont surtout pour résultat l'égouttage et l'as.'-échement des parties imprégnées d'une grande quantité d'eau.

Quand le pays forme une plaine basse ou une large vallée, comme celle du Pdiin, de la Seine, de la Garonne, etc., les eaux pluviales se rassemblent à une certaine profondeur et les nappes formées n'ont pas d'écoulement extérieur naturel. On va alors les chercher, pour les besoins de l'homme, par des excavations verticales ou puits dont la profondeur est dite considérable lorsqu'elle dépasse une trentaine de mètres. Sur les plateaux, les localités situées à quelque distance des bords se procurent également leurs eaux par des puits.

La nappe d'eau la plus superficielle, alimentée directement par les eaux pluviales du lieu, n'est pas toujours très-abondante, et il arrive souvent que pendant les années et même les saisons sèches l'eau est épuisée à tel point que les sources et les puits diminuent beaucoup ou tarissent complètement.

Toutes les sources d'une contrée se trouvent en rapport avec l'existence d'un nombre limité de niveaux d'eau qu'il importe de connaître.

Quand on étudie les niveaux d'eau, on ne peut négliger de les envisager dans

FRANCE (hydrographie). 367

leurs rapports avec la position des groupes d'habitants. On remarque en effet que, dans la plupart des cas, celle-ci a été déterminée par des considérations hydrographiques et qu'elle se trouve manifestement dans la dépendance des nappes souterraines.

Eaux courantes, rivières et fleuves. La France, dit M. Levasseur {la France avec ses colonies) , comçie environ 27 000 cours d'eau dont 55 navigables, c'est-àdire capables de porter bateau, et 81 flottables, c'est-à-dire capables de porter des bûches de bois et par conséquent dépendantes, comme voies de communication, du domaine de l'État. Elle compte des petites rivières, des torrents et des ruisseaux, beaucoup plus nombreux, qui font tourner des roues de moulin ou de manufacture ou qui arrosent des prairies.

Les cours d'eau sont alimentés uniquement, pendant les sécheresses, par les sources qui existent, soit au fond des vallons, soit à divers niveaux sur les pentes de ceux-ci. Ces sources tarissant très-rarement et seulement en partie, les cours d'eau ne font que diminuer jjIus ou moins fortement pendant les saisons sèches ou à leur suite.

Les cours d'eau présentent dans le régime d'écoulement de leurs eaux, indépendamment de toute autre cause, deux modifications principales en rapport avec les conditions dans lesquelles se trouvent les eaux atmosphériques à leur arrivée sur le sol. En effet, sur les plaines et les plateaux, les neiges n'ont pas une très-longue durée, et leur eau n'arrive pas aux cours d'eau bien longtemps après la chute. Au contraire, dans les montagnes, l'eau pendant un tiers et même une moitié de l'année aj'rive sur le sol à l'état de neige et y reste souvent plusieurs mois avant que la fonte en rende l'écoulement possible, ce qui peut occasionner un retard considérable.

Les cours d'eau des plateaux et des plaines ont des régimes qui peuvent varier en raison de la perméabilité ou de l'imperméabilité du sol et des saisons de l'année, pendant lesquelles tombe la plus grande quantité d'eau, tandis que ceux des montagnes ont des régimes spéciaux qui peuvent être assei; semblables entre eux. Toutefois, lorsqu'ils traversent ensuite des plateaux ou des plaines étendus, comme le lihin, le Rhône, la Garonne, etc., ils cliangent le plus souvent de régime en recevant des affluents nés dans ces plateaux ou dans ces plaines.

Pour connaître le régime des principaux cours d'eau qui sillonnent la France, l'Administration des ponts et chaussées fait faire des observations journalières de hauteurs d'eau sur la Seine, à Paris depuis 1732, c'est-à-dire depuis un siècle et demi; sur le Uhône, à Lyon, depuis 1826, sur la Garonne, à Toulouse, depuis 1832, environ un demi-siècle, sur les autres cours d'eau depuis un tiers de siècle ou moins; mais malheureusement les moyennes sont rarement calculées.

Je donne ici quelques résumés que, pour la plupart, j'ai faits moi-même, et qui offrent, au-dessus du point d'étiage de chaque station, la moyenne de l'année et de chaque saison.

L'inspection du tableau montrera que : pour les cours d'eau des hautes montagnes l'écoulement le plus grand a lieu en été, lors de la fonte des névés et des glaciers ; pour ceux des basses montagnes, il a heu au printemps pendant la fonte des neiges accumulées en hiver ; pour les plateaux et les plaines, c'est le plus souvent en été que l'écoulement est le plus faible. Enfin, les cours

368 FRANCE (géographie).

d'eau des montagnes, qui reçoivent des affluents des plateaux et des plaines, ont dans leurs parties inférieures des régimes mixtes variés.

COURS D ËAU.

Arve

Alpes Ililiôiie.

Pyrénées.

Plateau central.

Alies.

Corse .

Loire Allier .

Tarn .

Drôme.

Gravona

Lorraine |JIeuse. .

Neustrie j Somme.

( beiiie . .

Bretagne. . . .| Mayenne.

Indre. .

iCreuse. .

iLot. . .

I Hérault .

Plateau central.

STATIONS

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