TEMPÉRATURES MOYENNES MENSUELLES
LOCALITES.
Valenciennes . .
Paris ,
Camp de Châlons
ÎSancy
Lyon
Borileaux. . . .
Toulouse. . . .
Perpignan . . .
Briançon. . . .
Lille (Meurein)..
M. le docteur Lombard (de Genève) a résumé, pour chacune des grandes divisions des climats, les différences mensuelles et trimestrielles moyennes dans la température des mois et saisons successifs. Les moyennes obtenues de 146 stations de régions tempérées paraissent pouvoir s'adaptera la France ; nous les reproduisons ci-contre.
FRiNCE (climatologie).
DIFFÉRLNCE THERMIQUE
De déenmbrc à janvior
De jaavier à février
De lévrier à mars
De mars à avril
D'avril à mai
De mai à juin
De juin à juillet
De juillet à août
D'août à septembre
De septembre à octobre. . . .
D'octobre à novembre
De novembre à décembre . . .
Différence mensuelle moyenne.
De l'automne à l'biver
De l'hiver au printemps . . . .
Du printemps à l'été
De l'été à l'automne
Différence trimestrielle moyenne
REGIONS TEMPEREES.
CLIMATS COMOENTAUX.
CLIMATS SIOXTUEUX.
CLIMATS MAUITIMES.
Le tableau suivant, emprunté à l'annuaire de l'Observatoire pour 1872, donne les tempt?ratures moyennes mensuelles, diiduites d'^s observations faites, de 1866 à 1870, dans les stations ci-après.
STATIONS
Besançon. .
Brest . . .
Fécnmp . .
Leïcar. . .
Le Mans . .
Lorient . .
Mi recourt .
Jlonlargis .
Montpellier.
Sl-Marlin de (Landes) .
Toulon. . .
Toulouse. .
Valence . .
Orléans . .
Gien. . . .
Villefrancbe Aumale . .
Blangy. . .
Eu
Landinières.
Neufcbâtel .
Dieppe. . .
Tôtes . . .
Lonsueville Le Havre. .
Yvelot . . .
Rouen . . .
Elbcuf. . .
6,6 7,0 ri, 4 8,5 5,6 7,7 4,0 3,8 9,0
16,9 17,0 16,6 17,3 18,9 20,1 17,0 11,7 13,7 14,4 13,9 14,3 12,6 15,7 li,8 15,0 13,1 14,9
19,5 20,6 19,7 18,8 22,4 22,8 2iJ,4 13,6 17,6 16,6 16,7 18,0 17,2 15,5 16,5 17,8 16,0 18,6 17,9
10,3 12,3 10,7 li,0 10,8 13,1 9,8 10,7 13,2
4'26 FRANCE (climatologie).
Il faudrait posséder aussi les températures moyennes diurnes du plus grand nombre de localités possibles. Elles ont été relevées pour Paris, de 1806 à \ 870, et se trouvent dans V Annuaire de Montsouris. C'est un énorme travail , qui n'a pu être accompli qu'à Paris ; il exige non-seulenient du temps et des hommes, mais aussi une longue série d'observations, absolument ininterrompues ; ce qui est rare. A Paris, le jour dont la moyenne est la plus faible, le jour le plus froid, est le 9 janvier : moyenne 1",5. Le jour moyennement le plus chaud est le 14 juillet : moyenne 19", 9.
La différence entre la moyenne du jour le plus chaud et celle du jour le plus froid de chaque mois s'appelle ïoscillation mensuelle de la température. Cette détermination, des plus instructives, et qui serait médicalement utilisable, se trouve rarement dans les cadres des observations météorologiques. Fonssagrives se borne à comparer les écarts propres à chaque mois pour Pau et Nice. Meurein, à Lille, note les plus grandes et les plus petites différences dans les divers mois, pour chacune des années dont il relate la météorologie : en 1865, les plus grandes différences furent 2a", 9 en juin, 21», 4 en août, 21", 1 en juillet, 20° en octobre, 19°, 4 en avril, dans cette localité; les pi us petites furent 12°, 8 eu décembre, 12°, 9 en janvier, 15°, 6 en février, etc. En 1861, l'écart mensuel le plus grand avait été de 28°, 4 en janvier, puis de 25°, 5 en octobre; le plus faible 16°, 5 en février. Mais tous les observateurs ne songent pas à tirer à pail cette notion précieuse, dans les relevés de leurs chiffres quotidiens. On n'en voit pas trace dans les modèles de tableaux météorologiques adoptés par la Société météorologique de France, au moment oii les décrets de 1872 enlevèrent à Montsouris son caractère d'observatoire central.
A l'appui de ce fait que la différence moyenne entre les températures extrêmes observées dans chacun des mois de l'année va en diminuant à mesure qu'on se rapproche du littoral de l'Atlantique, Ch. Martins rapporte les oscillations mensuelles moyennes qui suivent : Paris, 20°, 8 ; Strasbourg, 18°, 82 ; Toulouse, 21°,5; Alais, 14°,7; Nantes, 15", 8 ; La Rochelle, 16°,1.
Le système d'observations des hôpitaux militaires et sou modèle de tableaux comportait une notation qui indiquait les plus grands écarts mensuels entre deux nycthémères ; on l'appelait : la différence maximum de la température d'un jour à Vautre dans chaque mois. Nous avons relevé ces chiffres pour quelques localités et pour l'année 1866 seulement. Sans doute, la reproduction d'une seule année est peu décisive; nous disposions de trois ans consécutifs, mais la série est trop faible pour èlre beaucoup plus péremptoire; la valeur que nous aurions ajoutée à nos chiffres ne valait pas le travail qu'eût exigé la recherche des moyennes.
On n'aura pas de peine à reconnaître que ce tableau est plein d'enseignements; je dirais même volontiers qu'une année ainsi prise sur le fait donne mieux les limites des oscillations rapides que ne feraient des moyennes obtenues en fondant de nombreuses années ensemble. Le premier résultat de cette dernière opération, en effet, est tout d'abord d'atténuer les grands écarts, autrement d'émousser les traits tant soit peu anguleux des physionomies climatologiques. N'oublions pas que ces pointes inattendues de la température, poussées en sens opposés, nous intéressent, nous médecins, plus que les moyennes fictives, bonnes à connaître, mais sous lesquelles disparaissent absolument les extrêmes, propres à exercer sur les économies humaines une influence sérieuse.
FRÂ.NCE (climatologie).
DIFFERENCES MAXIMA D UN JDl'R A L AUTRE (1866; Hop. milit.)
LOCALITES.
Paris . . .
Versailles .
Lille. . . .
Dunkerque.
Nancy . . .
La Rochelle Bordeaux. .
Toulouse. .
Lyon. . . , Briançon. .
Perpignan .
Marseille. .
Nice. . . .
es
ki
es
en
Ce tableau montre que les moindres écarts d'un jour à l'autre, en France? sont dans la saison l'roide, en janvier et décembre, et que les plus grands se rapportent à la saison chaude, juin, juillet et août. Il confirme ce que nous savons déjà de l'égalité du climat des villes maritimes, on du moins appartenant à la bande du territoire occidental, comme Lille, et même Paris. Celte uniformité climatique contraste bien avec l'inégalité à laquelle sont vouées les villes du Midi, même tout à fait riveraines de la Méditerranée, et qui, sous ce rapport, échappent aux caractères habituels du climat maritime. Nancy, climat continental, est d'une certaine façon plus égal que Marseille et que Nice ; les minima et les maxima annuels absolus, sans doute, sont plus distants, mais on peut croire que la chaleur, à Nancy, monte et décroît progressivement; le climat y est excessif sur une année entière, mais non d'un jour à l'autre L'influence physiologique ou thérapeutique du climat des localités Méditerranéennes est donc d'un maniement délicat, entre les mains des médecins; c'est ce que l'on peut appeler une arme à deux tranchants. Il peut être bon, dans des cas particuliers, que l'individu vive dans une atmosphère oii le ther.momètre ne descend jamais à un degré absolument bas; mais, à côté de ce bénéfice, se trouve peut-être le danger d'une grande oscillation thermométrique, rapide, quoique sans sortir des limites du climat tempéré ou chaud. Notons que les animaux sont d'autant plus impressionnés par un même abaissement du thermomètre que la température primitive avait été portée plus haut. Fonssagrives, qui a remarqué le même fait, en partant d'un autre point de vue, ne manque pas de dire « qu'on ne saurait pallier cet inconvénient par une attention trop assidue à sortir aux heures les plus favorables et à compenser ces vicissitudes thermologiques par des modifications apportées dans le costume. » La plupart des médicaments sérieux sont de redoutables poisons dont le maniement exige des précautions incessantes; en concluant par réciprocité, la thérapeutique par les climats, qui chemine à travers tant de dangers, doit jouir d'une efficacité immense.
Ces réflexions mettent hors de doute l'utilité qu'aurait la détermination des variations nycthémérates et même des variations horaires de la température,
Malheureusement, les documents à cet e'gard sont des moins nombreux. Il ne faut pas espérer que les observations qui pourraient les fournir passeront de sitôt dans les habitudes des météorologistes ; un homme isolé ne les essayera jamais. Çà et là, des médecins, poursuivant une idée pratique à laquelle ils se seront voués, trouveront moyen de recueillir quelques faits et quelques formules numériques. Jusqu'aujourd'hui, les informations sont trop disséminées et trop restreintes pour que nous cherchions à en tirer des applications d'un caractère général.
L'occasion de signaler les modifications spéciales que la situation, l'altitude, la nature du sol, l'humidité, les vents, etc., impriment à la thermométrie française, se présentera naturellement au moment où nous chercherons à établir les caractères des climats de région. Ces circonstances seront même souvent la base de distinctions à faire intervenir. 11 n'est pas besoin d'émettre ici une remarque qui vient à l'esprit de chacun, à savoir que la température des diverses localités, en France, ainsi que chacun des éléments de la climatologie, suit entièrement les règles générales d'ailleurs connues. Nous ferons quelques applications.
Chacun sait que la chaleur s'abaisse de la base au sommet des montagnes ; notre pays n'échappe pas à cette loi. Mais il y a des irrégularités frappantes, dues à d'autres circonstances , physiques ou météorologiques. Dans l'hiver de 1858-1839, le froid alla jusqu'à — 20" n Andancette, sur le Rhône, et seulement à — 12" à Saint-Agrève, plus élevé de 1,125 mètres. Le vent de N.-O., descendu des Cévennes, et qui est si rigoureux à la vallée du Rhône, est vraisemblablement la raison du grand froid des localités riveraines de ce fleuve. Saint- Agrève paraît précisément protégé de ce côté par la chaîne des Routières et son prolongement dans le département de la Loire (mont Pilât). La loi de décroissance de la température ne commence à être vraie qu'à 9 mètres au-dessus du sol ; la chaleur augmente de la surface jusqu'à cette hauteur (Prestel : Zeitschrift fur Météorologie von Jelinek, 1867) et peut-être au-dessus. De Saussure avait trouvé que la décroissance de température à mesure qu'on s'élève était de 1 degré par 165 mètres dans la saison chaude; Helmholz, qu'elle est de 1 degré par 160 mètres en été et par 240 mètres en hiver, sur les flancs des montagnes de la Suisse; Ch. Martins adopte la moyenne 175 mètres et Mûhry (Atlgemeines Klima der Schweiz), 200 mètres. Mais l'isolement ou l'entourage des hauteurs actuellement envisagées modifient à chaque instant les chiffres moyens. Sur le Ventoux, par exemple, cime avancée et isolée des Alpes, les climats superposés sont plus rapprochés que dans les chaînes continues. Studer évalue à 400 mètres la hauteur moyenne à laquelle passe l'isotherme de dix degrés dans les massifs alpins; l'isotherme de 5" planerait à 1,500 mètres; celle 0°, à 2,200 mètres. Aux hauteurs plus considérables, l'intervalle pour 1 degré de diminution de température grandit en général {voy. Elisée Reclus : La Terre). Dans les Alpes, la limite des neiges perpétuelles est à 2,708 mètres; dans les Pyrénées, à 2,728 mètres. La température moyenne des plaines aux mêmes latitudes est respectivement 11", 2 et 15",7 [Kaemtz). On sait que la limite des neiges perpétuelles est beaucoup plus haute sous les tropiques {voy. Jourdanet : Influence de la pression de Vair sur la vie de l homme, 1875).
Tout le monde a éprouvé que les vents du Sud sont chauds en hiver et les vents du Nord très-froids. (Quand on dit : vents du Nord et vents du Sud, il faut presque toujours entendre d'un point intermédiaire, N.-E. ou S.-O.) Dans plusieurs cas, qui vont se présenter, nous verrons que la direction ou la prédo-
FRANCE (climatologie). 429
minance de certains vents sont décisives sur les caractères de tel climat de région. Pour le moment, nous nous contenterons d'inscrire les températures moyennes de Paris par différents vents, d'après Otto Eisenlohr (Cli. Bravais in Kaeratz).
iN.E.
Paris
13, -iô
2" Humidité. Cette question se trouve déjà assez développée, pour ce qui concerne la France, dans l'article général Climats. Elle comprend : l'hygrométrie, la pluviométrie, l'étude des neiges, des brouillards, des gelées blanches; nous pensons pouvoir y rattacher la nébulosité du ciel et l'évaporation à la surface du sol.
Hygrométrie. Les observations hygrométriques connues présentent peu de ressources, lorsqu'on veut en conclure à la façon dont le pays dans son ensemble se comporte sous ce rapport. Il faut dire que le premier effet de l'état hygrométrique de l'air d'un lieu est d'en modifier la température ; au point de vue médical, le thermomètre nous traduit donc en langue vulgaire, pour ainsi dire, une des plus importantes influences du degré de saturation atmosphérique. Une autre circonstance d'observation facile révèle la saturation complète pour la température du moment, c'est la précipitation de la vapeur d'eau sous forme de rosée, de brouillards, de pluie. L'étude des pluies et des brouillards compense donc encore jusqu'à un certain point l'insuffisance des observations hygrométriques.
A l'aide des annuaires de l'Observatoire et de Montsouris, nous avons pu dresser le tableau suivant, fort incomplet, des moyennes hygrométriques mensuelles en cette station.
MOYENXES HYGROMETRIQUES MENSUELLES A PARIS.