‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.40Chapitre 24 sur 75 · DATES · texte numérisé non relu

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îS'ous n'essayons pas de tirer les moyennes de cette série d'années; il y a trop de lacunes et la série est trop courte. Toutefois, il est possible de remarquer que la saison d'hiver (d'octobre à février) aies chiffres les plus forts et la saison chaude les chiffres les plus faibles ; avril semble garderie minimum et décembre le maximum. Le degré hygrométrique, toujours supérieur à la demi-saturation, se répète d'année en année, assez constant pour chaque mois, plus invariable encore en hiver qu'en été. En dernière analyse, les moyennes se rapprochent beaucoup du point qui passe pour le plus favorable et qui serait entre 70 el 80.

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Du reste, les moyennes mensuelles sont peu instructives. L'Annuaire de Montsouris pour 1876 donne en plus les moyennes hygrométriques diurnes et même horaires ; c'est un exemple à suivre, si l'on peut espérer trouver quelque rapport entre la mobilité de l'état hygrométrique et la santé des humains. Les moyennes diurnes ont oscillé entre 100 le 27 décembre 1874, et 40 le 20 avril 1875. Les écarts d'uu jour à l'autre ne paraissent pas très-accentués; je remarque seulement les chiffres successifs 63, 73, 90, 76, 89, correspondant aux 13, 14, 15, 16 et 17 juillet 1875, et qui révèlent la plus grande irrégularité de l'hygrométrie de l'année. L'examen des moyennes horaires accuse un maximum vers 4 ou 5 heures après midi, hiver et été.

A Lille (Meurein), l'humidité de l'air suit sensiblement les mêmes lois. En 1861, la moyenne est 79, 06; en 1862, 79, 52 ; en 1863, 77, 42. Le maximum est en hiver également : 86,5; le minimum en été : 66,8. — A Lyon, la moyenne de 10 ans (Drian) a été 71,7. — Dans les villes non-maritimes du Midi, les moyennes mensuelles diffèrent peu, dans l'ensemble, de celles de Paris; seulement, les maxima et minima se déplacent légèrement; à Bordeaux, le minimum retarde et se trouve en mai ou juin ; à Perpignan, il avance et tombe en mars. Sauf des irrégularités plus prononcées qu'à Paris, le maximum y est aussi en hiver et le minimum en été. A Briançon, ces irrégularités sont considérables. Elles le seraient aussi dans les villes du littoral Méditerranéen.

Pluies. Les observations pluviomélriques en France sont fort nombreuses, mais presque toutes entachées d'erreur, quand on les envisage au point de vue absolu. La difficulté, dans ce genre d'observations, est de recueillir réellement toute la pluie qui tombe sur une surlace donnée, alors que les éléments et les instruments conspirent pour en faire perdre une portion. Il importe aussi d'évaluer exactement en eau la neige tombée.

M. Benou pense que les résultats de l'observation pluviométrique sont trop faibles à peu près partout. Les instruments sont d'ordinaire placés à une certaine hauteur au-dessus du sol, et il est démontré que, toutes choses égales d'ailleurs, de deux pluviomètres inégalement élevés, dans un même lieu l'inférieur donne les chiffres les plus forts. Parmi les causes de cette différence, celle qui a été suggérée à M. Baulin par M. Théodore Lévèque, contrôleur du service des eaux de la ville de Bordeaux, paraît assez plausible. « Pour une pluie donnée, le nombre de gouttes d'eau qui peuvent entrer dans l'entonnoir à bord horizontal du pluviomètre est le plus grand possible lorsque celles-ci tombent verticalement. Mais, à mesure qu'elles dévient de la verticale, la surface circulaire qui les reçoit se transforme pour elles en une ellipse dont le diamètre perpendiculaire à la direction de la pluie reste bien invariable, mais dont l'autre va en diminuant graduellement, à tel point qu'il disparaîtrait entièrement, si la pluie venait à être chassée horizontalement, cas auquel aucune goutte de pluie, quelque intense que fût celle-ci, ne pénétrerait dans le pluviomètre. On sait que les gouttes d'eau arrivent à la surface du sol dans une direction d'autant plus éloignée de la verticale que le vent souffle avec une violence plus grande; et il n'est pas rare de voir la pluie tomber sous un angle de 45°. Or, comme le vent est d'autant moins ralenti dans sa maixhe par le sol que celui-ci est moins rapproché de la couche d'air en expérimentation, il est évident que la quantité d'eau (jui pénètre dans l'intérieur de deux» pluviomètres inégalement élevés doit être plus grande près du sol qu'à une certaine élévation. »

L'eau qui tombe se partage naturellement en trois portions ; la première,

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(V autant plus considérable que la pluie est plus violente, ne lait que balayer la surface du sol et s'écoule aussitôt vers les parties déclives, gagnant les cours d'eau et quelquefois en créant de temporaires ; la seconde, favorisée par la modération de la précipitation aqueuse et la perméabilité du sol, s'infiltre dans les couches de celui-ci et va alimenter la nappe souterraine ; la troisième retourne à l'atmosphère par évaporation. Toutes trois intéressent la santé publique et, dans ces derniers temps, l'humidité du sol, les mouvements de la nappe souterraine, ont acquis au moins autant d'importance que riuimidité atmosphérique; je n'ai besoin que de rappeler la doctrine de Petlenkofer sur l'étiologie de la lièvre typhoïde et du clioléra.

Il en résulte que notre attention, en matière de pluviométrie, doit porter: i" sur la quantité absolue d'eau qui tombe annuellement dans un lieu donné; 2° sur la disti'ibution par saisons, par mois, par jours, de la quantité annuelle d'eau ; 5" sur la modalité des précipitations. Il est difficile de dire que l'une de ces déterminations ait plus ou moins d'importance que les autres ; mais il est certain que la première, que l'on a de la tendance à rechercher d'abord, parce que son expression est courte et semble un jcsumé, est loin d'être à elle seule suffisamment explicite.

C'est la répartition par demi-année et par saison qui sert habituellement de base à la distribution des régimes pluviométriques. II y a longtemps déjà, Kaemtz etCh. Martins avaient, sous ce rapport, divisé la France en trois grandes régions. Toute la longueur des côtes occidentales de l'Europe appartenaient à la zone des pluies d'automne; les provinces du iN'-E. et du centre de la France, en ne dépassant pas vers le Sud le 46^ degré de latitude, se rattachaient au régime des p/Mî'es d'été; enfin, les rives de la Méditerranée se distinguaient par deux saisons pluvieuses, une au commencement de l'année, l'autre en automne. Elisée Reclus rattache au régime occidental ou des pluies d'automne le bassin de la Saône et du Rhône moyen, qui a un climat propre au milieu des régions voisines. En comparant l'Est et l'Ouest du pays, au Nord du 46'' degré de latitude, Kaemtz et Ch. Martins exprimaient la répartition des pluies par les chifhes proportionnels suivants :

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