GRENELLE
CRANES DE SOLUTRE.
REGION FASCIALE.
|oS
Soi 2
Hauteur totale
Largeur bizygomatique
Région \ iiauteur. .
nasale. .) largeur. .
„ , ., \ largeur . .
Orbites.
hauteur.
mm
81,34;iOO
FRANCE (anthropologie). C57
peut expliquer par un mélange de races l'accroissement remarqualile de l'indice céplialique des Celtes, n {Rev. cVanthr., t. Il, p. 598.) Aussi les Savoyards, vraisemblablement issus de Celtes et de Ligures, présentent-ils un indice plus élevé que celui des Auvergnats et des Bretons de race celtique. M. Ilovelacque a trouvé sur près de 80 crânes savoyards un indice moyen de 85 pour 100; Rev. d'anthr., t. VI, p. 226-252, 1877; 2^ sér., t. 1, p. 1 et 1879 et Bull. Soc. d'anthr. j 2« scr., t. XII, p. 354). Ainsi que l'a indiqué cet anthropologiste, le crâne celte aurait moins de hauteur que le crâne ligure, son diamètre vertical serait moins grand. Chez les Celtes, le trou occipital serait situé moins en arrière {Bull, de la Soc. d'anthr., 2" sér., t. IX, p. 708, 1874).
Fiff. 13.
Fiff. 14.
Fig. 13.
Fig. 13, 1-i, 13. — Uace celtique. — Crâne d'Auvergnat de Saint-Nectaire-le-Haut (Broca, Rev. d'anthr.,
t. II, pi. VI).
Des ossements de sous-brachycéphales regardés comme provenant des Celles et recueillis dans l'ancienne Celtique, au sud-ouest de la Seine, on doit également rapprocher quelques-uns de ceux trouvés au nord-est de ce fleuve, dans la région répondant à l'ancienne Belgixjue, région oij aux Celtes vinrent successive-
DICT. ENC. 4' S., IV. 42
658 FRANCE (anthropologie).
ment se joindre de nombreux immigrants galates, belges, francks, germains.
De cette race sous-brachycépliale, vraisemblablement celtique, devraient être aussi rapprochés de nombreux crânes à indice céphalique de 80 pour 100 extraits par M. J. de Baye des grottes de la vallée du Petit -Morin, dans le département de la Marne, et mesurés par M. Broca ; ceux pareillement de l'époque néolithique, exhumés par MM. Liénard et Lagarde de la station de Gumières, près de Vei'dun; enfin peut-être aussi le crâne sous-brachycéphale extrait avec d'autres plus allongés, par M. Dupont, de la grotte de Furfooz, près de Dinan, en Belgique (De Baye, Broca, Sur les grottes et les ossements de Baye : Bull. Soc. d'anthrop., 2-= série, t. IX, p. 225-244, et t. X, p. 28-32, 1874-1875. — Lagarde, Crânes prébist. de Cumières : Bull. Soc. d'anthrop., 2= série, t. IX, p. 478-489, 1874. — De Quatrefliges et Hamy, Crania ethnica, p. 152, et Congrès intern. d'anthrop. et d'archéol. préhist. de Stockholm, p. 226, 1874). 11 est d'autant plus curieux de suivre cette conformation céphalique depuis le centre de la Celtique, par les plateaux de la Champagne, de la Lorraine, jusque sur la basse Meuse, où MM. de Quatrefages, Hamy et Virchow ont, ainsi que moi, observé sur quelques habitants actuels ce type des troglodytes de Furfooz, que M. Dupont a remarqué que de nombreux objets en pierre travaillés par ces troglodytes provenaient de divers gisements du bassin de la Marne, du plateau de la Champagne et des Ardennes (Dupont, Fouilles dans les cavernes de la province de Namur : Bull. Soc. d'anthrop., t. VI, p. 81, etc., 1865. — Dupont, de Quatrefages, Hamy, Virchow, Lagneau, Congrès d'anthrop. et d'archéol. préhist. de Bruxelles en 1872, p. 63, 465, 470,476, 549, 553, 555, 560, 567, 585, etc.).
Au nombre des sous-brachycéphales celtiques, on peut indiquer encore les quatre crânes à indice supérieur à 80 pour 100 recueillis avec d'autres par M. de Caix de Saint-Aymour sous le monument mégalithique de Vauréal, près de Pontoise, dans le département de Seine-et-Oise, et mesurés par M. Pruner- Bey (Bw/L Soc. d'anthrop., 2^ "série, t. H, p. 664 et 680, 1867). Outre quelques-uns des ci'ânes de l'âge du bronze de lu grotte d'Orrouy, près de Crespy en Valois, dans le département de l'Oise, comparables à celui du gisement des Hautes-Bornes, près de Choisy-le-Boi, recueilli par M. Boujou, bien des crânes du mont Berni, près de Pierrefonds, de l'époque gallo-romaine, présentent cette conformation, ainsi que quelques-uns des crânes, d'ailleurs de races fort mêlées, recueillis par MM. Allaire et Bleicher dans un cimetièi'e du troisième siècle de notre ère fouillé à Jonchery, près de Châlons, dans le département delà Marne, et un certain nombre de crânes du douzième siècle recueillis à Paris dans l'île de la Cité (Broca, Sur la caverne et les crânes d'Orrouy : Bull. Soc. d'anthrop., t. V, p. 56 et 720, 1864. — Rev. d'anthrop., t. 1, p. 422, tableau des indices. — Roujou et Broca, Bull. Soc. d'anthrop., 2^ série, 1. 1, p. 239. — Bourgeois, Bull. Soc. d'anthrop., t. IV, p. 156 et 291, 1865. — Allaire, Topinard, Sépult. gauloises de Jonchery : Bull. Soc. d'anthrop., 2^ se., t. XII, p. 16-29 et 513, 1877. — Broca, Crânes de la Cité antérieurs au treizième siècle : Bull. Soc. d'anthrop. ,i. Il, p. 501-615 et 647, etc.).
A cette même race celtique sous-brachycéphale paraissent également se rattacher les crânes à indice moyen de 80 pour 100 recueillis par M. Thurnam dans les round barrows d'Angleterre, crânes courts et larges également reconnus par M. Beddoe dans le Yorkshire et par lui attribués aux anciens Brigantes et Parisii de cette région (J. Thurnam, Les deux principales formes de
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crânes bretons et gaulois : Bull. Soc. danthrop., t. V, p. 39a-i04, 1864. — Beddoe,L'anthrop. du Yorkshire: Assoc. hrilnnn. pour l'avanc. des sciences, à Bradford, en 1873, et dans Rev. d'anthrop., t. II, p. 715).
La conformation céphalique des habitants anciens et modernes de la région du sud-ouest de rAllemagne, à l'est du Rhin, au nord du Danube, région où l'on a vu précédemment Hérodote, Dion Cassius, signaler la présence des Celtes, rappelle également le type celtique. Welcker, ainsi que l'a fait observer M. Pruner-Bey a propos des anciens crânes de Mattstall et de Mundolsheim, à indices de 80 à 85 pour 100, recueillis en Alsace par Morpain ; M. A. Ecker, dont M. Bertillon a rapporté les mensurations céphaliques; M. Pruner-Bey, par ses propres mensurations sur quelques crânes allemands du midi ; M. liis, en rapportant aux Alamans le type brachycéphale de la Suisse; M. Yirchow et bien d'autres anlhropologistes, ont insisté sur la prédominance de la brachycéphalie parmi les Allemands méridionaux. (Pruner-Bey, Crânes de Mattstahl (Alsace) : Bull. Soc d'anthrop., S'^ série, t. II, p. 455, 1867. — Bei'tillon, Bavière, p. 005, etc., du t. VIII, du Bict. encijcl. des sciences méd. — Bull. Soc. d'anthrop., 2" sér., t. III, p. 516, etc. — Pruner-Bey, Mém. de la Soc. d'anthrop., t. Il, tableau 5, et Bull. Soc. d'anthrop., t. II, p. 650, 1861. — Uis, Sur la population rhétique : Bull. Soc. d'anthrop., t. V. p. 869, 1864. — His et Riitimeyer, Crania helvetica. — Virchow, Congrès d'anthrop. et d'archéol. préhist. de Bruxelles, 1872, p. 564).
Sur 200 habitants actuels du sud-ouest de l'Allemagne M. Ecker a constaté un indice céphalique moyen de 85,5 (Ecker, Crania Germaniae meridionalis occidentalis, XXIX, p. 85. Freiburg, 1805).
Les recherches de M. Schmidt sur les anciens Baïuvares démontrent également l'existence ancienne d'une race brune et brachycéphale. Les mensurations prises par M. Hôlder sur 962 crânes, ses recherches faites sur la taille, la coloration des yeux et des cheveux de 168 adultes du Wurtemberg, montrent combien sont nombreux dans ces pays les brachycéphales de taille peu élevée, aux cheveux et yeux de couleur foncée. Enfin l'enquête récemment faite en Allemagne sur la coloration des cheveux de très-nombreux écoliers montre que les bruns constituent la plus grande partie de la population des bords du Danube, en Bavière, jusque dans le Wurtemberg, et d'ailleurs sont également très-nombreux dans la région montagneuse centrale de l'Allemagne, dans la Ilaute-Silésie et sur les boi'ds de l'Oder (Schmidt, Yirchow, Septième congres des anlhropologistes allemands : Rev. d'anthrop., t. YI, p. 555-540, 1878. — Ilolder « Zusammenttellung der in Wùrtenherg vorkommenden Schcedelformen : » Classification des formes crâniennes observées en Wurtemberg, Rev. d'anthrop., 2« série, t. I, p. 116, 1878).
La dénomination de tête carrée a été donnée parfois à la brachycéphalie volumineuse des Alsaciens et des Allemands du sud- ouest, ainsi que le remarquent M.M. Stœber et Tourdes , Topograp. et liist. méd. de Strasbourg...., p. 268, 1864.) Cette dénomination peut porter à penser qu'il existe une différence ethnique entre leur conformation céphalique et celle des véritables Celtes. Cette conformation brachycéphale qu'André Vésale paraît avoir remarquée, lorsqu'il observe que la plupart des crânes germains ont l'occiput comprimé et la tète large,est attribuée par lui à l'usnge de coucher toujours sur le dos les enfants dans leurs berceaux et de les y maintenir par des liens fixés de l'un et l'autre côté : « Germani vero compresso plerumqueoccipilio, et lato capite spectanlur,
060 FRANCE (anthropologie). "
quoi! pueri in cunis dorso semper incnmbant, ac manibiis fere citra fasciarum usum, cunarum lateribus utrinque alligentur. » (Andrece Vcsalii, opéra omnia anatomica et chirurgica, 1. 1, p. 10, 1. I, cap. v,Lugdununi Batavoruin, 1725, in-fol., 2 vol.) Évidemment cette conformation céplialiquc de la plupart des Allemands du midi ne peut être ainsi rapportée à une déformation artificielle. En attendant, de nombreuses mensurations comparatives permettant de distinguer plus nettement les brachycépliales de notre Celtique des brachycéphales de la Germanie méridionale, constatons au moins que pour M. Desor, M. de Ring, pour Morpain, le pays celte s'étend depuis l'Autriclie, par le bassin du baut Danube, par-dessus les cliaînes de montagnes de la Suisse, du ducbc de Bade, jusqu'en France; que pour M. llis, certain type liracbycépbalc, celui des Disentis, prédomine dans une grande partie de la Suisse et dans toute l'Allemagne du Sud. Enfin remarquons que les recberchcs de MM. Ilovelacque, Topinard et Obédénare tendent également à montrer la parenté des peuples bracbycépbales s'élendant de l'ancienne Armorique par l'Auvergne, la Savoie, l'Alsace, la Bavière, jusqu'à la Croatie et la Roumanie (Desor, Sixième Congrès de la Soc. allemande d'antbrop., Municb, 1875 : Rev. d'anthrop., t. V, p. 662, 1876. — De Ring, Morpain : Bull. Soc. d'anthrop., t. 111, p. 605, etc., 1862. — Ilis, : Bull. Soc, d'anthrop., t. Y, p. 869, 186 i. — Ilovelacque, : Rev. d'anthrop., t. VI, p. 252. — Obédénare, Les Celtes de l'Europe orientale : Rev. d'anthrop., t. VI, p. 255-255, 1877. — Ilovelacque, Topinard, etc. ; Bull. Soc. d'anthrop., 2'^ série, t. XII, p. 554, etc., 1877).
Sans insister davantage sur les données particulièrement ostéologiques paraissant corroborer les données bistoriques relatives à la répartition géograpbique des Celtes, il importe aussi de rapprocber des descriptions des crânes, paraissant le mieux représenter la race celtique, les descriptions etbnograpbiques laites de cette race par Bory de Saint-Vincent, par Desmoulins,voir même par William Edwards et quelques autres eibnograpbes, qui dépeignent ce même type (le la région moyenne de notre pays, mais en le désignant indifféremment sous les noms de Celtes ou de Gaëls, dernière dénomination qui, ainsi qu'il sera plus tard indiqué, paraît devoir être appliquée à un type entièrement différent (Bory de Saint-Vincent, L'bomme..., t. I, p. 120, Paris. 1827. — Desmoulins, Ilist. nat. des races bumaines, p. 151, § 1. Paris. — William Edwards, Fragments d'un mém. sur les Gaëls : Mém. de la Soc. ethnologique, t. Il, l'« partie, p. 15-18, 1845. — J.-N. Périer, Fragments etbnolog. Paris, 1857, et Les vrais Celtes sont les vrais Gaulois : B«i/. Soc. d'anthrop., t. V, p.590- 624, etc. 1864).
Il faut également consulter les observations antbropologiques qui ont été recueillies par MM. Godron, et Ancelon de Dieuze sur les babitants de notre Lorraine, par M. Collenot sur ceux du Morvan, par MM. Vincent, et Durand de Gros sur ceux des départements de la Creuse et de l'Aveyron, par MM. Beddoe et Wilson sur les populations celtiques plus ou moins pures des Iles Britanniques (Godron, Et. etbnol. sur les origines des populations lorraines, p. 26, etc. Nancy, 1862. — Ancelon, Mém. sur l'origine des populations lorraines, p. 22. — Collenot : Bull, de la Soc. des se. hist. et nat. de Semur, t. VIII, p. 170; extr. dans Rev. d'anthrop., t. I, p. 751, etc. — Vincent, Et. anlhrop. sur le dép. de la Creuse, p. 14, 20, etc. : Bull, de la Soc. des se. nat. et archéol. du dép. de la Creuse, Guéret, 1865. — Durand de Gros, Antbrop.de l'Aveyron: Bidl. Soc. d'anthrop. ,2^ sér., p. 155-147, et t. IV, p. 195-218. — Beddoe, Sur
la couleur des yeux et des clieveux des Irlandais : BtiU- Soc. (Vanthrop., t. II, p. 562-5GG. — ïhe Head forms of Ihe Whest of Englaïul ;... on ihe Permanence of anUu-opological types, 5 déc. 1865 et 5 janv. 1S6G, p. 18 et 199. Mém. anthrop. Society, vol. Il, p. o7, 348, 1865-186G. — Daniel Wilson, Physical. caracterislics of the ancient and modem Celt of Gaul and Britain : Anthrop- Review, vol. III, p. 55-84, I8G5).
Enfin il faut tenir compte des recherches statistiques qui ont été faites par M. Guibert, par M. Beddoe, sur la coloration des yeux et des cheveux des habitants des départements des Côtes-du-Nord, du Calvados, etc.; par Boudin et par M. Broca, sur les proportions 'dans chaque département des exemptés du service militaire pour défaut de taille et sur les recrues de haute stature, supérieure à l"", 752 , recherches qui, ainsi que celles que j'ai faites sur la répartition des exemptions pour inhrmités en général, pour myopie, liernies, varices et varicocèles en particulier, permettent de constater de notables différences entre les habitants des départements du centre et du nord-ouest correspondant à l'ancienne Celtique, et ceux de nos autres départements (Guibert, Ethn. armoricaine. Saint-Brienc, 1868. — Beddoe, Bull. Soc. d'anthrop.., t. YI, p. 507-511, 1865. — Boudin, De l'accroissement de la taille en France : ilfe'm. de la Soc. d'anthrop., t. II, p. 229, etc. ; Et. etlmol. sur la taille: fiec. de méd. de chirurg. et de pharm. miliUdres, 1865. — Broca, Bech. sur l'ethnol. de la France : Mém. delà Soc. d'anthrop., t. I, p. 1-56; t. III, p. 147-209, et Bull. Soc. d'anthrop., t. 1, p. 6-15, et 2" série, t. I, p. 700-702. — G. Lagneau. Remarq. ethnol. sur la répart- géograph. de certaines infirmités en France ; 3Iéni. de VAc. de méd., t. XXIX, p. 510, etc., 1871).
De l'ensemble de ces données ostéologiques, ethnologiques et statistiques relatives à des populations celtiques plus ou moins pures, plus ou moins mêlées, de l'ensemble de tous ces documents déjà nombreux, quoique encore bien insuffisants, on est amené à déduire que la race celtique avait et a pour caractéristique : un crâne globuleux assez volumineux, sous-hrachycéphale, à indice céphalique moyen d'environ 82 pour 100, le diamètre antéro- postérieur maximum étant de 17 à 18 centimètres, le diamètre transversal de il; une capacité crânienne généralement considérable d'environ 1500 centimètres cubes, un front large de plus de 12 centimètres, un diamètre hizygomaliquc de près de 15 centimètres, quoique les arcades zygomatiqucs soient peu saillantes, une forte dépression fronto-nasale, les cheveux lisses, plats, chatainclair dans l'enfance , bruns ou châtain foncé dans l'âge adulte ; les yeux à iris souvent gris clair; la face assez large, à menton arrondi; le teint coloré, le cou assez court, les épaules larges et horizontalement placées, la poitrine large et développée ; les courbes rachidicnnes cervicale, dorsale et lombaire peu prononcées, les membres forts et bien musclés, le tronc un peu court et trapu, la taille peu élevée, en moyenne de 1"',6I chez l'homme, une bonne et énergique constitution, peu d'infirmités.
En France les descendants des Celtes, quoique de taille moyenne ou peu élevée, sont des hommes fortement constitués, au thorax bien développe, aux épaules larges. Il paraît en être de même en Angleterre, suivant Price et Michelet : car dans le Caermarthenshire, comté à population celtique, la milice demanderait plus de place pour former ses lignes que celle d'aucun autre comté, par suite du grand diamètre bisacromial des habitants (A. Price, An essay on the physiognoniy and physiology of the présent iidribitaats of Britain, with
GG2 FRANCE (anthropologie).
référence to their origin, London, 1829. — Michelet, Ilist. de France, t. I, p. 484, Paris, 1855).
Si l'on tient compte des reclierches statistiques de MM. Marc d'Espine,Brierrc de Boismont, Raciborski, Dubois, De Soyre, Pétrequin, Bouchacourt sur l'Age moyen de 5754 jeunes filles lors de leur première menstruation, on voit qu'à Paris et à Lyon, villes de l'ancienne Celtique, cet âge est assez approximativement de quinze ans (Marc d'Espine, Rech. sur la puberté : Arch.gén. de méd., 2° série, t. IX, p. 5 et 505, 1855. — Brierre de Boismont, De la menstruation : Mém. de VAcad. de méd., t. IX, p. 104, etc. Paris, 1841. — Raciborski, De la puberté... Paris, 1844. — Dubois, Traité complet de l'art des accouchements, t. I, p. 524, Paris, 1849. — De Soyre, Gaz. des hop., 22 sept.
1865. — Pétrequin, Rech. sur la menstruation : Thèse, n" 711. Paris, 1855). MM. Giraldès et Gubler ont remarqué la conformation plate, arrondie, hémisphérique du sein, au mamelon pou volumineux, des nourrices de Bas-e-Bourgogne, de race celtique (Giraldès, Bull. Soc. d'anthr., 2" sér., t. I, p. 654,
1866. — Gubler, Bull, de la Soc. de méd. publique, t. I, p. 5l4, 26 juin 1878). MM. Gros, Regnard et de Ranse ont constaté une lenteur remarquable du
pouls chez certains Bas-Bretons, les pulsations à l'état normal ne s'élevant que de 55 à 56 par minute. Cette faible proportion de pulsations n'est vraisemblablement pas générale parmi les individus de race celtique (Gros, Union médicale, nov. 1870. — Regnard : Bull. Soc. d'anthrop., 2*= série, t. YI, p. 251, etc., 1871).
On peut encore remarquer que les descendants des Celtes, les habitants actuels de l'ancienne Celtique, que les statistiques du recrutement de l'armée ont montré être généralement de petite taille, mais sains de corps, sans infirmités, d'après MM. Martin etFolley, ne s'acclimateraient pas très-facilement dans les pays chauds ; car en Algérie les militaires Français originaires de la zone moyenne, c'est-à-dire de la région répondant à l'ancienne Celtique, tout en étant moins fréquemment malades que ceux des autres légions de notre pays, quand ils entreraient à l'hôpital, présenteraient une plus grande mortalité (Vict. Martin et Folley, Ilist. stat. de la colonisation algérienne. Paris-Alger, 1851, p. 204-209).
RACES SYRO-ARABES ou SEMITIQUES. Phéniciens, ^o^vt/oi, PHŒiMCEs, Carthaginois,K(xpx'cSovoi, Garthagine^ses, Pœni. — Sarasins, lo(.poiy.o'jol, Saraceni, Maures, Mauri, Morisques. — Juifs, iouôaîoi, Jod^ei.
Sans prétendre nullement préjuger de la parenté ethnique pouvant exister entre les Phéniciens, les Juifs et les Arabes, de même que précédemment j'ai cru devoir rapprocher dans une même étude les Ligures, les Ibères et les Bebrykes, qu'on a vu habiter à côté les uns des autres, soit le versant méridional du Caucase et le nord de l'Asie Mineure, soit l'Ilispanie et le midi des Gaules je crois bon de réunir dans un même exposé les Phéniciens, les Juifs et les Arabes, qui en Orient habitaient des contrées voisines au sud-ouest de l'Asie, avant de se porter vers l'O'xident.
Phéniciens, Carthaginois, <i>oivt/ot, V^apy^o^owi, Phœxices, Pœm. — Les Phéniciens , peuple commerçant et navigateur habitant sur la côte occidentale d'Asie, auprès de l'Anti-Liban, au nord et à l'ouest du pays des Juifs la région où s'élevaient Tyr, Sidon, Beryte, Biblos, Tripolis, actuellement Sour, Saïda, Bayrout , Djebel et Trablos ou Tripoli de Syrie, dès le treizième, mais
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surtout vers le onzième siècle avant Jésus-CUrist, établirent de nombreux comptoirs, de petites colonies sur les côtes nord-ouest de la Méditerranée qu'on a vu précédemment être surtout habitées par les Ibères et les Ligures. Nîmes qui, selon Etienne de Bysance devait sa fondation à Nemausus, fils d'Hercule, qu'Eschyle, Strabon, Eustathe disent avoir été vainqueurs des Ligures dans le Champ de pierres, actuellement la plaine de la Grau, voisine du Rhône, devrait être regardée suivant MM. de la Saussaye, Am. Thierry, comme une colonie de Phéniciens personnifiés dans l'Hercule Tyrien (Strabon, 1. IV, cap. i, § 7, p. loi, coll. Didot. — Eustathe, Comment, de Dcnys le Périégète, vers 76, p. 231 du t. II des Géograph. Grœci min., coll. Didot. — De la Saussaye, Numismatique de la Gaule naibonnaise, p. 161, etc. Paris-Blois, 1842. — Am. Thierry, Hist. des Gaulois, 1. I, ch. i, 1. 1, p. 130, etc., 1862).
NÉua'JO-oç 7rd)>i; Tajlixq àizo Nsy.aûiToy 'llzooc'AeiSou... (StephaUUS ByzantinuS cum
annotât. Lipsiae, 1825, t. I, p. 312).
Pareillement Aléria sur la côte orientale de la Corse serait une colonie phénicienne (Jacobi, Hist. gén. de la Corse, t. I, p. 5-10, 2 vol. 1835. Paris).
A partir du huitième siècle l'importance que, dans le commerce de l'extrême Occident, prirent les Carthaginois, colons phéniciens fixés sur la côte septentrionale d'Afrique, au milieu de Libyens, dut leur donner un rôle prédominant dans tous ces comptoirs de l'Ibérie et de l'Ibéro-Ligurie. Le souvenir de ces colons Phéniciens est encore rappelé par certaines médailles portant des caractères phéniciens plus ou moins altérés. Ces médailles, bien étudiées par Boudard et divers autres numismates se rencontrent soit au nord des Pyrénées orientales dans la partie méridionale de l'Ibéro-Ligurie, soit surtout au sud de ces montagnes, dans la région de la péninsule hispanique répondant à la Celtibérie, aussi sont-elles généralement désignées sous la dénomination de médailles celtibériennes (Boudard, Numismatique ibériennc, carte, 1859). Quoique la dénomination d'Ora Libica indiquée par Pline (Hist. nat. 1. 111, ch. V, p. 159), comme servant à désigner les bouches occidentales du Rhône puisse paraître rappeler la présence des Libyens venus de Carthage, M. de la Saussaye (p. 92, III), d'après quelques médailles à caractères celtibériens est porté à penser que cetle dénomination tient à l'ancienne occupation de cette région par les Libici, tribu ligure qui, ainsi qu'une partie des Sallyes leurs voisins, auraient émigré dans la Gaule Cisalpine où Pline nous indique leur présence (1. III, cap. xxi, p. 175 du t. I).
Sur les médailles celtibériennes les têtes représentées, avec le nez droit faisant suite au front sans dépression notable, avec les cheveux et la barbe bouclés paraissent donner les traits plutôt de chefs Ibères que de personnages Phéniciens. Telles me paraissent être celles représentées sur les deux médailles celtibériennes actuellement sous mes yeux sur lesquelles M. de Longpérier a lu les noms des villes de Drypsa et de Bursaba, vraisemblablement synonyme de ^oùû(ra.Sa, indiquée par Ptolémée dans la région orientale de la Celtibérie (Géog., 1. H, cap. V, p. 127, texte et trad. lat. de Wilberg). On ne peut guère non plus espérer retrouver les traits des Phéniciens sur les statues ou bas-reliefs des Assyriens de notre musée du Louvre. Car ces derniers, aux arcades sourcilières saillantes, avec dépression sus-nasale légère, aux yeux grands, au nez régulièrement aquilin, avec ailes relevées, aux lèvres accentuées, au visage large, habitaient principalement à l'est du Tigre un pays déjà assez éloigné de la Phénicie, et vraisemblablement diversement peuplé.
664 FRANCE (anthropologie).
Selon M. Italia Nicastro, les Phéniciens d'Acre en Sicile auraient eu le crâne rliomboïdal comprimé au niveau des tempes, l'appareil dentaire très-proéminent (Bull. Soc. d'anthr. 1" sér., t. I, p. 545, etc., 1866). M. Kicolucci, qui a pu mesurer cinq crânes regardés comme pliéniciens provenant de la nécropole de Tharros dans l'île de Sardaigne, dépeint ces crânes comme remarquables par leur dolichocéphalie à indice céphalique de 70 à 75 pour 100, par la prédominance de la partie antérieure sur la partie postérieure, par la saillie des os du nez, par le développement des orbites grandes et horizontales, par la saillie de l'occiput et la proéminence du tubercule occipital. Les principales moyennes de ces cinq crânes présentant d'ailleurs entre eux peu de différences individuelles sont : circonférence horizontale 528 millimèti-es ; diamètre antéro-postérieur 184 ; diamètre frontal 108; diamètre bi-pariétal 157; diamètre zygomatique 105; diamètre vertical 157; indice céphalique 74,15 pour 100 (Giust Nicolucci et Pruner-Bey, Bull. Soc. cVanthr., t. Y, p. 705-707, 1864). 11 est toutefois bon de remarquer que de celte même nécropole de Tharros, M. Pruner-Bey a examiné une face osseuse qu'il croit pouvoir rapporter à un type brachycéphale propre aux insulaires habitant la Sardaigne lors de l'occupation phénicienne {Bull. Soc. d'anthr., t. VI, p. 105-5).
M, Ollier de Marichard a également confié à l'examen détaillé de ce dernier anthropologiste plusieurs crânes extraits par lui des sépultures de la vallée de Liby près de Bourg-Saint-Andéol, dans le département de l'Ardèche; sépultures que cet archéologue avait d'abord été amené à considérer comme étant celles de colons carthaginois, mais dont l'origine punique a depuis semblé très-contestable à iMM. de Mortillet et Leguay (Ollier de Marichard et Pruner-Bey, Les Carthaginois en ï'rance. Montpellier-Paris, |1870. — Mortillet, Leguay, Bull. Soc. d'anthr. 2'^ sér., t. V, p. 542, 1870, et t. YllI, p. 557, 1875).
Inutile d'insister davantage sur ces colons Phéniciens et Carthaginois de notre littoral méditerranéen et des Pyrénées ; ils ont pu laisser quelques souvenirs historiques et archéologiques, ils ne paraissent pas avoir laissé de descendants.
Sarrasins, Maures, Sapaxvjvoî, Saraceni, Mauri. — De la région septentrionale de l'Afrique, d'où, du neuvième au deuxième siècles avant Jésus-Christ, les Carthaginois, issus du mélange des Phéniciens et de Libyens étaient venus coloniser les côtes méditerranéennes de notre pays, plus tard les Romains tiraient les soldats Maures que la Notice des Dignités dit être cantonnés dans diverses provinces de l'Empire, entre autres chez les Yénètes et les Osismiens, del'Armorique, notre Bretagne actuelle.
Prœfectus militum Maurorum Venetorum Venetis.
Prœfectus militum Maurorum Osismiacorum Osismiis : Notifia Dignitatum in partibus occidentis (cap. xxxvi, p. 106, éd. Edw. Boëking, Bonnse, 1859- 1855).
De cette même région maritime nord-ouest d'Afrique, du septième au huitième siècles après Jésus-Christ sortirent également des guerriers fanatiques, des conquérants qui s'emparèrent du sud-ouest de l'Europe. Généralement désignés par nos historiens occidentaux sous la dénomination de Sarrasins, ces conquérants rappelaient par leur nom, les Sarracènes ou Agarrasins, qui trèsanciennement auraient habité au sud et à l'est des Madianites et des Ismaélites dans l'Arabie déserte (Malte Brun, Abrégé de géogr. univ., p. 545, 1842). Ammien Marcellin qui semble regarder les Arabes Scénites ou nomades (Skéné,
FRANCE (akthkopologie). G65
tente), voisins de l'Egypte et de la mer Rouge, comme ayant reçu les premiers le nom de Saracens, Saraceni, les mentionne sous le règne de Marc Aurèle dans le dernier tiers du deuxième siècle après Jésus-Clnist. Au milieu du quatrième siècle, il les montre vivant en nomades dans les contrées s'étendant de l'Assyrie aux cataractes du Nil et au pays des Dlcramyes.
... Rubrum Pelagus et Scenitas praîtenditur Arabas, quos Sarracenos nunc adpellamus (Ammien Marcellin, 1. XXll, cap. xv, p. 185, coll. Nisard).
Saraceni... apud bas gentes, quarum exordiens initium ab Assyriis ad Nilis cataracta porrigitur et confînia Blemniyarum omncs pari sorte sunt bellatores... (Ammien Marcellin, 1. XXV, cap. Mj.
Ces Saracènes, Sapay.ïjvoî, au sixième siècle après Jésus-Christ, lors des guerres de Bélisaire, général de Justinicn, contre Cbosroès, roi Sassanide des Perses, habitaient encore les vastes régions s'étendant de l'Egypte à la Perse ainsi que l'indique Procope (2«pa/.v3voL.. i/. jnç Alyi'Tzrou i^iypi Twv UzpaiSoç hp'wj. Procope, Anecdotes, ch. xviii, § 5, p. 220; Voir aussi § 6 et ch. ii, § 8, texte et trad. franc., Notes d'Isambert, Paris, 1856, Didot).
Aux premiers temps de Thégire, à la voix de Mahomet et de ses disciples, ils auraient constitué la principale force des armées musulmanes. Après la conquête du nord de l'Afrique, les combattanls des armées Sarrasines devaient être de races fort mêlées. En effet, au sang kabyle ou berbère qu'on a vu précédemment être celui d'une des plus anciennes races ayant peuplé la Mauritanie et le sud-ouest de l'Europe, celui des Atlantes, à ce sang kabyle déjà mêlé, de nombreux immigrants asiatiques étaient venus mêler le leur bien avant la fondation connue depuis la destruction de Carthage. Très-anciennement, des Mèdes, Medi, des Perses, Persœ, des Arméniens, Armenii, selon Salluste, seraient venus se fixer en Afrique (Jugurtha, cap. xviii). Procope parle de Gergéséens, Tepyzijciîoi, de Jébusiens, 'Ic6oua-«iot, et d'autres peuples mentionnés en l'Histoire des Hébreux 'ESpwv, qui, chassés par Jésus ou Josué fils de Navé, passèrent en Afrique et s'avancèrent jusqu'aux colonnes d'Hercule, actuellement le détroit de Gibraltar (De Bello Vandalico, 1. II, cap. x, p. 449-450, t. I, éd. Niebuhr, Bonnse, 1855). La plupart des auteurs arabes, entre autres Ebn Kbaldoun et AI-Hacan signalent diverses immigations d'xVsiatiques. Ce dernier, plus connu sous le nom de Léon l'Africain, fait descendre d'immigrés venus de Palestine et de l'Arabie Sabéenne les Sanhagies, Sanhagii, les Musmudes, Musmttdœ, les Zénètes, Zeneti, les Haoares, Hoari, et les Gumères, Gumeri, remarquables par leur teint basané, diverses tribus dont le capitaine, depuis maréchal Pélissier, et M. le général Faiiiherbe indiquent la l'ésidence actuelle en Algérie, dans le Maroc, dans les Canaries (Ebn Kbaldoun : Hist. de l'Afrique sous la dynastie des Aglabites... trad. de Noël des Vergers, p. 1, 15 not., 60, Paris, 1841. — J.Leonis Africani, Africœ descriptio libriIX,f. 5. Antwerpia3, 1556. — Pélissier, Annales Algériennes, t. 1, 2*= partie, ch. i, p. 251. etc. 1855-4, Paris. — Faidhcrbe : Elbn. de l'archipel Canarien : Rev. d'cmlhr., t. III, p. 95, 1874).
Enfin à ces anciens immigrants asiatiques vinrent se joindre les Arabes Sarrasins ou autres Orientaux, fanatiques sectateurs de l'Islamisme, qui, au commencement du huitième siècle s'emparèrent du Magh-reb, l'ancienne Mauritanie.
Quels étaient les caractères anthropologiques de ces nombreux éléments ethniques? il est difficile de les préciser. Toutefois, deux races principales paraissent avoir dû surtout prédominer alors et depuis dans l'elhnogénie de la
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population du nord-ouest de l'Afrique; la race berbère et la race arabe. Certains Berbèrs ou Kabyles , anciens occupants de la Mauritanie , actuellement de l'Algérie et du Maroc, ainsi qu'il a été dit précédemment à propos de la race de Cro-Magnon paraissent descendre plus ou moins directement des Atlantes. A ces Berbèrs ou Kabyles se rapportent les observations recueillies par de nombreux voyageurs, M. Furnari, M. Rozet, et particulièrement les descriptions et mensurations données par MM. Pruner-Bey, Périer, Yédrenne, Gillebert d'Hercourt, le colonel Duhousset, Sériziat, Topinard et le général Faidlierbe (Furnari, Voy. méd. dans l'Afrique septentr.... Paris, 1845, p. 15, etc. — Rozet, Voy. dans la régence d'Alger, 1. 1, p. 6, etc. Paris, 1855, 3 vol. et allas. — Pruner-Bey, Méni. de la Soc. (Vanthrop , t. 1, p. 415 et , suiv., et tabl. 1 et t. II, p. 24, et Bull. Soc. d'anthrop., t. 11, p. 545- 556. — J.-N. Périer, Des races dites Berbères et de leur etbnogénie : Mém. de la Soc. d'anthrop., 1^ série, t. I, p. 1-55. — Yédrenne, Climatologie de la Grande Kabylie: Rec. de mém. de méd. cli. et ph. milit., 5^ série, t. 11^ p. 215, etc. — Gillebert d'Hercourt, Et. anthropol. sur soixante-seize indigènes de l'Algérie : Mém. de la Soc. d'anthrop., 1''^ sér., 1. 111, p. 1-24. — Duhousset, Et. sur les Kabyles du Djurjura : Acad. des sciences, 50 mars 1868, et Bidl. Soc. d'anthrop., 2^ sér., t. III, p. 265, etc. — Sériziat et Topinard, Sur la population indigène de l'oasis de Biskra : Bull. Soc. d'anthrop., S'user., t. V, p. 548, etc., 1870. — Général Faidlierbe et Topinard, Instructions sur l'anthropologie de l'Algérie : Bull. Soc. d'anthrop., 2" sér., t. YIIl, p. 605-658. — Topinard, De la race indigène ou race berbère en Algérie : Rev. d'anthrop., t. III, p. 491-498).
Ces observateurs tendent à montrer qu'en général le Berbèr ou Kabyle est sous-dolichocéphale. L'indice céphalique moyen aurait été de 77,58 pour 100 sur 155 individus vivants ou morts. M. Topinard l'évalue à 76,75 pour 100 d'après les mensurations prises sur 180 individus vivants. La taille moyenne du Kabyle serait de 1°',68. Les moyennes des principales mesures cépbaliques prises par M. Gillebert d'Hercourt, sur 15 hommes Kabyles et A femmes Kabyles, seraient :
Hommes Femmes
Circonférence horizontale 576 563
Diamètre antéro-postérieur 190 184
Diamètre transvers^al 146 155
Diamètre vertical 129 132
Diamètre des pommettes 112 110
Distance des deux angles du maxillaire inférieur. . 101 76
Indice céphalique 76,75/100 76,13/100
Les moyennes obtenues par M. Sériziat, sur 78 Kabyles dont 67 de dix-neuf ans et au-dessus en diffèrent peu.
Le crâne kabyle serait elliptique, très-développé et saillant dans la région occipitale, très-ample au niveau dos régions pariétales, fortement déprimé dans les régions zygomato-temporales ; le front serait séparé par une légère dépi'essiou des arcades sourcilières proéminentes surtout dans leurs moitiés internes; le visage serait ovale, mais assez large, les pommettes étant assez saillantes; les traits assez courts; les yeux seraient noirs ou bruns; le nez fortement déprimé à sa racine, serait de longueur moyenne plus ou moins large ou épaté; les oreilles seraient larges et écartées, les lèvres bien dessinées; les dents remarquablement blanches; le teint serait blanc, plus ou moins hàlé, bronzé; les
FRANCE (ANTHROPOLOGfE). 607
cheveux seraient lisses, brillants, à coupe elliptique, noirs, les sourcils épais, la barbe rare au niveau des angles postérieurs de la mâchoire ; le cou serait large et volumineux, le corps maigre quoique large, assez fort, et bien proportionné; membres assez grêles quoique très-musclés; articulations sèches et souples, peau du corps et des membres lisse, basanée, presque glabre, mains et pieds arqués de moyennes dimensions. Le Kabyle se ferait remarquer par son énergie morale, sa fermeté dans l'adversité, sa force de résistance au froid, à la fatigue, par son caractère vif, violent, emporté, par son amour de l'indépendance, par ses goûts belliqueux, par sa loyauté, sa charité, son hospitalité, par son activité laborieuse, ses aptitudes à l'agriculture, à l'industrie et au commerce.
MM. Amédée Paris et Guyon, ont remarqué la résistance du Kabyle, au traumatisme chirurgical, en particulier à la trépanation. MM. Chassagne et Boudin ont insisté sur la grande fréquence des fièvres intermittentes quartes chez les Kabyles, contrairement aux Européens surtout sujets à la fièvre quotidienne (Amédée Paris et Guyon^ Fréquence et bénignité de la trépanation chez les Kabyles de l'Aouress, Acad. des sciences, 5 juillet 1865; Gat. heb. deméd., p. 440, 14 juillet 1865. —Boudin, Bull Soc. d'anthrop., i. Ul, f. 442, J862).
Quant aux caractères anthropologiques des Arabes, on peut tenir compte des descriptions de Fraser, Pages, rapportées par Prichard, de celles de Furnari, de J. Larrey, de liozet, de M. Alf. Maury, ainsi que de quelques mensurations prises par MM. Pruner-Bey, Gillebert d'Hercourt, Sériziat et Topinard. (Prichard, Hist. nat. de l'homme, t. I, p. 197, etc., traduc. franc, de Boulin. Paris, 1845. — D. J. Larrey, Bem. sur la constitution physique des Arabes : Compl. rend, de l'Acad. des sciences, t. Yl, p. 771-776, 1''*' sér., 1858; et Mém. de chir. mil. et campagnes, t. II, p. 199, etc. — Furnari, loc. cit., p. 14, 44, 47, etc. — Rozet, loc. cit., p. 162. — Alf. Maury, La terre et l'homme, p. 579, etc, 2*^ édit. ,1861. — Pruner-Bey, Mém. de la Soc. d'anthrop. , t. I, p. 414 et suiv. et tabl. 1. — Gillebert d'Hercourt, loc. cit. — Topinard, Bull. Soc. f/Vmi/iro7;>.,2'=sér. t.Y, p.552,etc.,l. VIII, p. 608, etc.).
On sera alors porté à considérer l'Arabe comme étant sous-dolichocéphale ayant un indice céphalique de 75,66 pour 100, d'après une moyenne de 74 individus. Son crâne serait très-régulièrement ovale, un peu plus allongé que celui du Kabyle, les parois en seraient minces, d'un tissu dense et compact, comme d'ailleurs les autres os, remarquables par le développement des éminences et dépressions servant aux insertions musculaires. La taille moyenne de l'Arabe, prise sur 54 individus serait de l"',6o; elle serait donc modérément élevée. Les moyennes des principales mesures céphaliques prises par M. Gillebert d'Hercourt sur 18 hommes Arabes et 5 femmes, seraient :
llotiimes. Femmes.
Circonférence hori'zonl.ile S72 .'iGl
Dianiélro anléro-po^lérii'iu- l'JO 18'2
Uiainèlre transversal ma.\iniuni 144 138
Dianièlre vertical 151 l'27
Indice céphalique 76,00/100 75,99/100
La partie postérieure de la tête serait peu volumineuse, le front assez étroit, présenterait parfois une saillie médiane, mais n'offrirait aucune dépression au-dessus des arcades sourcilières d'ailleurs peu saillantes; le visage ovale serait étroit et allongé, les pommettes étant peu saillantes, les oreilles écartées mais assez petites. Les yeux grands seraient brun foncé, à cornée, à iris, et cristallin,
668 FRANCE (anthropologie).
petits et très-convexes, à trou pupillaire rétréci, les paupières supérieures lougues, le nez mince, assez long, serait régulièrement aquilin, les lèvres minces, les dents très-blanches, le menton parfois fuyant. Le prolil serait souvent plus ou moins courbe. Le teint d'un blanc mat serait plus ou moins basané. Les cheveux noirs seraient lisses, les sourcils déliés et noirs, la barbe noire, longue, assez touffue. Le corps de l'Arabe serait maigre, élancé, les membres assez grêles. L'Arabe serait fier, courageux, fataliste. D'un caractère calme, il serait peu laborieux, peu apte à l'agriculture, au commerce et à l'industrie.
M. Furnari attribue à la longueur et à la grande hauteur des paupières supérieures, la fréquence de l'entropion et du trichiasis chez les Algériens actuels, {loc. cit., p. 20).
Berbèrs de race atlantique plus ou moins pure, Arabes ou Sarrasins d'origine orientale, tels furent les deux éléments ethniques principaux qui durent figurer en diverses proportions dans les armées musulmanes, lorsque sous le califat de l'Ommiade Walid 11, alors que le Magh-reb était gouverné par Mousa-Beu Naser, conduites par Ben-Zeyab Tarik vers 710, elles débarquèrent au pied de la montagne depuis appelée Djebel-al-Tarik ou Gibraltar. D'Espagne sous les ordres d'Abd-el-Rahman ou Abderame, elles pénétrèrent en France vers 721. Après s'être emparés de Narbonue et de Carcassonne, les Sarrasins, dont Reinaud a si bien étudié les incursions, s'avancèrent dans des régions plus septentrionales (Invasions des Sarrasins en France, et de France en Savoie et en Suisse. Paris, 1856). De 725 à 729, ils s'emparèrent du Rouergue et du Yelay (AbbéCornut, Aymard, Gong, scient, de France, tenu au Puy en 1855, t. 1, p. 612 et t. 11, p. 482). En 752, Abderame allait se faire écraser par Karl Martel entre Tours et Poitiers. Cette même année, Dom Mabillon nous montre les Sarrasins remontant le bassin du Rhône et de la Saône, dévastant la Rourgogne et les provinces adjacentes, mettant à sac les couvents de File Barbe à Lyon, de Bèze près de Dijon, de Luxeuil, la ville d'Autun, mais s'arrètant devant la valeureuse défense d'Ebbon, gouverneur de Sens (Provinciam scilicet ac Burgundiam, attinentesque regiones, et Senonas usque victorem exercitum perducit, eamdemque civitatem obsedit. Verum divina virtute per Ebbonem, loci antistiteni, repulsus,pedem referre coactus est... » (Annales orthnis BenedictidomnoJohanno Mabillon, t. II, p. 889, Lutetia; Parisiorum, 1704).
A en croire Garin le Lohérain, les Sarrasins, au-delà de Sens et de Luxeuil, se seraient avancés vei"s le nord-est jusqu'à Met/'.
Qu'en vostre fief m"ont Sarrasins assis
Le val de Metz perchoie et mal mis. (Li Roman de Garin le Lohérain, édit. de Paulin-Paris, g xvii, p. 52, lig. 15 et 14 ; voir aussi § xiii, p. 54, 1. 2-4, § xviii, p. 58, 1. 108 et note, p. 55, note).
Malgré leurs défaites, soit auprès de Poitiers, soit sous les murs de Sens, ils continuèrent à occuper la Septimanie, province maritime s'étendant des Pyrénées orientales au Rhône jusqu'après la prise de Narbonne par Pépin, en 759.
En 889 s'établissant de nouveau au château de Fraxinet, dans le golfe de Saint- Tropez, les Sarrasins s'emparèrent bientôt de tous les passages des Alpes et occupèrent la région sud-est de la France. Repoussés de Grenoble en 965, ils furent chassés du château de Fraxinet en 975 par Guillaume, comte de Provence.
De celte même Espagne, d'où les Sarrasins étaient sortis victorieux pour
FRA><CE (anthropologie). 669
envahir noire pays, sept siècles plus tard, leurs descendants, qui, après ladéfaite de Boabdil, ou xV. Bou-Abd'Âllah-Mohammed, dernier roi maure de Grenade en 1492, avaient continué à résider dans la péninsule, furent chassés par Philippe m, vers 1610, au nombre de 150 cà 200000, peut-être bien davantage. Sous les noms de Maures ou Morisques ils vinrent eu fugitifs chercher protection en France. La plupart de ces malheureux exilés par les persécutions de ce roi très-chrélien s'embarquèrent à Âgde, à Marseille et autres ports de mer pour aller en Afrique, dans les États Barbaresques (Ordonnances de Piiilippe 111 et de Henri IV, relatives aux nouveaux chrétiens morisques d'Espagne... : Mercure François, t. Il, p. 9 à 17, 1610. — Reinaud,/. c. p. 505.)
Des Sarrasins ayant pris part à ces incursions passagères, à ces occupations plus ou moins durables de nos provinces, de ces Morisques fugitifs, il ne paraît être restés que peu de descendants en France. Cependant, sous Charlemagne, des musulmans devenus chrétiens, reçurent des terres dans les environs de Narbonne. Selon Fodéré, suivant M. Francisque Michel, dans quelques parties du Roussillon, du Languedoc et du Béarn, voire même de la Gasgogne et de la Provence, des individus descendant soit des anciens conquérants maures, des anciens possesseurs de la Septimanie, soit des Morisques, adroits ouvriers, habiles gens de métiers, retenus par les habitants de certaines localités, entre autres de Biarritz, se feraient encore remarquer par leur caractère souple, vif, spirituel et entreprenant (Fodéré, Voy. aux Alpes-Maritimes, t. I, p. 68, 1 vol. Paris, 1821. — Francisque Michel, Ilist. des races maudites, t. 11, p. 56, 88, etc., 1847. — De Gobineau, Essai sur l'inégalité des races, t. I, p. 206. Paris, 1855, 4 vol.).
Un peintre du midi de la France, me disait reconnaître l'origine sarrasine des femmes lui servant de modèle, à leur teint uni et bistre et à la forme conique, non hémisphérique, de leurs seins ; dernier cai'aclère reproduit par divers peintres de scènes bibliques, et également observé chez quelques descendantes de Morisques de l'Andalousie.
Le nom de Castelsarrasin, dans le département de Tarn-et-Garonne, rappellet-il l'ancien séjour des Sarrasins dans ce lieu, où dérive-t-il de Castel sur Azim, petite rivière qui traverse cette ville. (A. Hugo, France pittor., t. IH, p. 197, 1855.
A Aubusson, dans le département de la Creuse, on croit devoir faire remonter jusqu'aux Sarrasins, l'importation de la fabrication des tapis (A. Hugo, France pittor., t. l,p. 504, 2* col. Dans ce même département, dans les environs de Chatelus, plusieurs localités situées autour du village de Montmaury (montagnes des Maures), seraient devenues la résidence de ces fugitifs dont les descendants suivant MM. Bussière et Vincent, se feraient encore remarquer par leur taille élancée, leurs formes grêles, leur peau basanée, d'un brun foncé, leur imagination vive et mobile, leur tempérament nerveux (D. Vincent : Et. et anthrop. sur le départ, de la Creuse : Bull, de la Soc. des sciences nntur. et arch. de la Creuse, p. 50, Guéret, 1866). J. Boyer et Boujou, croient devoir rapporter aux races Berbère et Arabe certains dolichocéphales aux cheveux noirs, aux yeux bruns, au nez mince et aquilin, au teint chaud du canton d'Herment, près de Clermont- Ferrand. (Josepb Boyer, Et. anthrop. sur le canton d'Herment; et Boujou, Anthrop. du Puy-de-Dôme : Bull. Soc. d' anthrop., 2*^ sér., t. XI, p. 295, p. 5i4, 1876). D.ms le département de la Charente, au sud-ouest de Barbézieux, principalement dans le canton de Baignes, selon M. Francisque Michel (t. II,
p. 518), il se trouverait encore des individus présentant tous les caractères extérieurs des Moresques ou des Berbères, frayant peu avec leurs voisins et passant pour n'être pas venus très-anciennement se fixer dans la contrée. Peutêtre devrait-on les considérer également comme les descendants des Morisques, que Henri IV avait offert d'admettre dans la partie de ses états située au nord de la Garonne et de la Dordogne. M. Elisée Reckis a de même signalé le village de Vendays, dans les Landes, de Médoc comme étant habité par des descendants de Sarrasins, s'étant réfugiés dans cette localité après la défaite d'Âbd-el-Rahman par Karl Martel (Le littoral de la France : Rev. des Deux Mondes, l^faoùt 1865, p. 688).
La même origine sarrasine est attribuée par Fodéré, à une petite population distincte, remarquable par sa courte stature, son teint basané, son visage rétréci et aplati latéralement, ses yeux petits, ses cheveux très-noirs, son air sévère et mélancolique, habitant dans la presqu'île le Véron, située au confluent de la Vienne et de la Loire (Fodéré, loc. cit., p. 68. — Reinaud, loc. cit., p. 504).
D'après Sismondi, cité par M. André Sanson, aux chevaux abandonnés par les Sarrasins après la bataille de Poitiers, remonterait l'origine de nos chevaux limousins. La race des petits chevaux blancs, à moitié sauvages des sables et lacunes de la Camargue, selon M. Ch. Marlins, y aurait été importée par les Sarrasins. Suivant M. Turrel, les chevaux, de taille moins petite, des plaines d'Ilyères, de Cogolin, de Fréjus, proviendraient également de ceux importés par ces Africains, dans cette région montagneuse et maritime du département du Var, encore appelée région des Maures, (André Sanson, Les migrations des animaux ■domestiques: dans la Philosophie positive, Rev. de Littré et deWirouboff, t.VllI, p. 569, 1872. — Ch. Martins, Rev. des Deux-Mondes, p. 805, 15 fév. 1874.
— Turrel, Le cheval des Maures, Bul. de la Soc. d'acclimation, t. IX, n'* 2, février 1872, p. 81-89).
Des Sarrasins, qui, dès 740, selon M. Reinaud [loc. cit., p. 158), auraient pénétré dans la Maurienne et s'y seraient maintenus jusqu'au dixième siècle, lors de la réoccupation par leurs corréligionnaires du golfe de Saint-Tropez, des monts des Maures, d'Esa, de Bordighera, de la presqu'île de Saint-Hospice et de beaucoup d'autres points du littoral, où l'on paraît encore conserver leur souvenir, ainsi que l'indique M, Gillebert d'Hercourt {Gaz. méd. de Lyon, \^' mars •et avril 1862, p. 98, 155, etc.); peut être aussi des Sarrasins qui suivant Fodéré {loc. cit., p. 45), vers 941 se seraient fait donner par Hugues, roi d'Italie et de Provence, des terres dans les montagnes de la Maurienne, de la Tarentaise et du Faucigny, paraissent descendre certains montagnards actuels vivant dans quelques hautes vallées des Alpes, entre autres dans celle de l'Arc, €t sur le plateau des Bauges, entre Chambéry et le lac d'Annecy, mentionnés par MM. Baulieu, Hydry-Menos, A. L. Gosse et Gaffe. (Beaulieu, Du séjour des Sarrasins en Savoie, d'après l'abbé Bonnefoy, de Jarsy, en Bauges, ext. du XVIIl*^ vol., p. 259-240, des Mém. de la Soc. roy. des antiquaires de France.
— Hudry Menos, La Savoie: Rev. des Deux-Mondes, 15 novembre 1862, p. 595. — A. L. Gosse, de Genève, Bull. Soc' d'anthrop., t. II, p. 409, 16 mai, 1861. — Gaffe, Not. nécrol. sur Neyret de Lescheraines en Bauges : Journ. des connaiss. méd. et pharm., p. 159, 10 avril 1862). On ne peut pas tenir compte de la description romanesque de certaine Sarrasine des Alpes, à la stature élevée, aux cheveux rebelles, abondants, noirs, à pointes dorées, aux yeux à la fois brillants, sombres et menaçants, aux traits réguliers, au profd
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pur, au teint olivâtre, cuivré, estompé de bistre au niveau des orbites, à la lèvre fine et rouge, aux dents blanches, à l'air audacieux et cruel, au cou long, flexible, au pied petit et cambré, etc. (Paul Perret, Les amours sauvages, p. 56-58, 112-116. Paris, 1875).
Dans la région s'étendant des Alpes et du Jura au Rhône et à la Saône de nombreuses ruines, des dénominations locales signalées par MM. de Lateysonnière, Monnier, Uouyer, Avenne, Fournet, Cli. Revillout, sont presque seules à rappeler les incursions sarrasines. (De Lateyssonnière, Rech. hist. sur le dép. de l'Ain, t. I, p. 181, 1858. — Monnier, Etud. archéol. sur le Bugey, ch. viii, p. 155-180. Bourg, 1841. — Aug. Avenne, Hist. anc. etmod. du dép. de l'Ain, ch. IX, p. 51-66. INantu;i, 1847. — Fournet, Esquisse géogr. éthnol. et géolog. du dép. du Rhône : Mém. de VAcad. des sciences, bel. let. et arts de Lyon, t. XVi, ext. dans Rev. d'anthrop., t. I, p. 750. — Ch. Revillout, Diss. sur l'occu])ation de Grenoble, au dixième siècle par une nation païenne, Grenoble, 1850).
Cependant selon M. Paul Guillemot, on reconnaîtrait encore quelques-uns de leurs descendants dans diverses localités du Bugey, comme Seillonas, Benouce, Ordonnas, à leur figure maigre, basanée, à leurs regards hardis, pénétrants (Monographie du Bugey, p. 46, Lyon, 1847). Entre Mâcon et Tournus, selon M. Tliom. Riboud, ces Sarrasins auraient laissé des descendants. Sous le nom de Burhins, ils peupleraient encore les villages de Boz, d'Ozan, d'Arbigny et de Sermoyer sur la rive orientale de la Saône, et sous celui de Chizerots, ils habiteraient Huchisy, situé sur la rive occidentale. Les Burhins et les Chizerots sembleraient être de deux tribus, sinon de deux races différentes. Les Burhins, dont les plus purs se retrouveraient à Boz, seraient bruns, auraient une taille moyenne, les yeux vifs et petits, la bouche bien faite, le nez mince, les sourcils bien fournis, les cheveux épais, la démarche fière et assurée; ils seraient intelligents, laborieux, vifs et impatients. Les Chizerots auraient un aspect plus austère, plus rude et plus sauvage (Thom. Riboud, Sur l'origine des mœurs, <et les usages de quelques communes du département de l'Ain, voisines de la Saône : Mém. de VAcad. celtique, t. Y, p. 5, etc., 1810. — Reinaud, loc. cit., p. 505. — A. Hugo, France pitt., t. 1, p. 126 et t. HI, p. 86). En 18G2, j'eus occasion de passer dans les villages d'Uchizy et d'xVrbigny. Au milieu d'habitants me paraissant peu différer de la population circon voisine, je remarquai cependant quelques femmes à la chevelure noire, à la figure allongée, sans saillie au niveau des pommettes, au teint bistre et uniforme, aux yeux grands, aux cils longs, aux sourcils épais, noirs et bien arqués, aux traits réguliers, aux formes élancées, pouvant rappeler le type arabe.
Dans une région plus septentrionale, duns le département des Vosges, non loin de Crainvillers, localité voisine de Contrexeville, où M. de Saulcy a déterré une plaque de ceinturon, portant en caractères arabes deux fois le nom d'Ali; ■dans le val d'Ajol, près de Plombières, ce membre de l'Institut, ainsi que M. le docteur Baur, disaient à M. Broca, qu'il existait des habitants considérés <;omme des descendants de Sarrasins par les autres paysans, ne se mariant «n'entre eux, et se faisant rerftarquer par leurs yeux et leurs cheveux de couleurs très-foncées. (De Saulcy, Rev. archéolog., sept. 1865, p. 561. — Broca, Lagneau, Bull. Soc. d'anthrop., 2« sér., t. IX, p. 704, 1874).
Enfin quoiqu'on ne paraisse pas avoir signalé de descendants de Sarrasins à Verdun, il est bon de rappeler que longtemps après leur défaite et leur retraite vers le midi, des marchands Maures faisaient en cette ville un singulier com-
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mercc. Luitprand, évêque de Crémone, en énumérant les dons qu"il était chargé d'offrir en 948, à l'empereur d'Orient Constantin VIII, nous apprend qu'au dixième siècle les habitants de Verdun faisaient avec l'Espagne le très-lucratif commerce de Carsamada, eunuques amputés de tous les organes génitaux externes. « Obtuli autem loricas optimasix... mancipia, quatuor carsamalia imperatori nominatis omnibus pretiosiora. Carsamatium autem grœci vocant, amputatis virilibus et virga, puerum eunucbum; quos Verdunenses mercatores ob immensum lucrum facere soient, et in Hispaniam ducere. » (Luitprandi primum diaconi Ticinensis, demum episcopi eremonensis historia, 1. VI, cap. viii, p. 470, l^'^part. du t. II, de Rerum italiarum scriptores, Liid. Ant. Muratorio, mediolani, 1725). Aux descendants de Sarrasins fixés sur le littoral méditerranéen, soit près du Rhône comme à Vitrolles, aux Martigues près de l'étang de Berre, soit dans les Alpes-Maritimes, comme à Pigna, à Castel-Franco, dans la vallée de Nervia, et dans quelques autres localitésdelaLigurie, Fodéré a cru devoir rapporter l'importation de la lèpre tuberculeuse et éléphantiasique, se perpétuant de générations en générations, chez quelques familles infortunées (Obs. sur l'éléphantiasis et sur quelques familles lépreuses : Journal complémentaire du dict. des se. me'd., t. IV, p. 5, 12, etc., 1819; et Voy aux Alpes-Maritimes, t. II, p. 242, etc., 1821).
Juifs, JuD^i, 'iQu^aîot. — Les Juifs ou Hébreux habitaient dans l'Asie occidentale une région située au sud-ouest de la Syrie, au nord de l'Arabie, au sud et à l'est de la Phénicie, quelque temps partiellement comprise dans le royaume d'Israël. Leur pays, dit Tacite, est borné à l'orient par l'Arabie. Au midi il s'étend vers l'Egypte. Au couchant il regarde dans toute sa longueur la Phénicie et la mer, au nord il est limitrophe de la Syrie. « Terra finesque (JudfEorum), qua ad orientem vergunt, Arabia lerminantur : a meridie, jËgyptus objacet : ab occasu, Phœnices et mare : septentrionem à latere Syriae longe prospectant. » (Tacite, Hist., 1. V, § vi, t. V, p. 190-193).
Ces Juifs paraissent s'être portés vers l'occident, à des époques assez reculées. Bien que certains Juifs de la péninsule Hispanique, ainsi que l'indique Silveyra, pensent descendre des Juifs du royaume de Juda venus en Occident au retour de leur captivité à Babylone, c'est-à-dire vers la fin du sixième siècle av. J.-C, la plupart des historiens s'étant occupés de la dispersion des Juifs dans nos pays, Bail, Beugnot, Depping s'accordent à faire remonter beaucoup moins loin leur arrivée (D. Silveyra... Adresse présentée à l'Assemblée nationale par le député des Juifs espagnols et portugais de Bourg-Saint-Esprit-les-Bayonne 1" janvier 1 790. — Le chevalier Bail, Etat des Juiis en France, en Espagne et en Italie. Paris, 1825.— Arthur Beugnot, Les Juifs d'Occident. Paris 1824, — G. B. Depping, Les Juifs dans le moyen âge, Paris, 1854).
Suétone nous montre que les Juifs étaient en certain nombre à Rome à l'époque des funérailles de César, 44 ans avant J.-C. « prœcipueque Judasi, qui ctiam noctibuscontinuisbustum frequentarunt ». (Suétone, Vie de César, liv. 1, § Lxxii, p. 182, dut. I. texte et trad. d'Ophellot de la Pause).
Sous Auguste, le roi des Juifs Hérode Archelaus, fils d'IIéroJe le Grand, fut interné à Vienne, capitale des AUobroges, située sur le Rhône (Strabon, 1. XVI, chap. II, § 46, p. 451, coll. Didot).
Sous Néron ils étaient déjà répandus dans la plupart des provinces de l'empire romain. Sous Vespasien, en l'an 70 ap. J.-C, lors de la prise de Jérusalem par Titus, relatée par Flavius Josèphe, sous Adrien en l'an 155, ce peuple chassé de
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la Judée vit ses plus nobles, ses plus vaillants défenseurs expatriés en IJispanie et en Gaule (De bello Judaico 1. V, Yl et Vil, coll. Didot).
Les Juifs auraient été signalés à Divodurum (Metz) dès l'an 222, sous le règne d'Alexandre Sévère, selon M. Richon {Rec. de Méin. de méd. vùUt., '5^ sér., t. XXll, 1869, p. 108). La loi des Wisigolhs traite spécialement de la répression des erreurs des Juifs et autres hérétiques : « De omnium Ilereticorum atque Judteorum cunctis erroribus amputandis. » Leg. Wisig. 1. XII, tit. II, dans doni Bouquet, Rec. des hist. des Gaules, t. IV p. 459, etc.
Dans la péninsule Ibérique la plupart des rois Wisigoths, Sisébut, Chaindasuindc, Récesuinde, Wamba, Erwige, Egica, sous la pression de leur clergé primitivement arien, imposèrent aux Juifs des lois spéciales, les proscrivirent de l'Espagne. Les Juifs non convertis passèrent alors en grand nombre dans l'ancienne Gaule narbonnaise, alors la Septimanie. Dès le sixième siècle quelques Juifs étaient arrivés à jouir du droit de bourgeoisie dans plusieurs villes de cette région, entre autres à Arles.
La loi Gombette, publiée vers l'an 500, se montra très-sévère envers les Juifs, habitant dans la partie orientale des Gaules soumise aux Burgundions. (Frid Lindenbrog, Codex legum antiquarum : Lex Burgundionum, additamentum. Tit. XV, De Judaeis qui in christianum manum preesumpserint mittere, t. I. p. 305. Francfort, 2 vol. in-fol. 1615).
Gi'égoire de Tours parle à plusieurs reprises de Juifs prêteurs, trafiquant d'objets de luxe, sous les Mérovingiens (Hist. Franc., 1. VII, ch. xxiii, p. 61 ; 1. YL, ch. V., p. 571, et ch. xvii, p. .419; t. II et 111, texte et trad. de Guadet et Taranne).
Devenus l'objet de décisions de plusieurs conciles, de prescriptions humiliantes de nombreux rois, entre autres de Childebert, de Clotaire II, de Dagobcrt II, protégés par Charlemagne, et surtout par Louis le Débonnaire, massacrés par les soldats partant pour les croisades, les Juifs furent alternativement bannis du royaume de France par Philippe Auguste, Philippe le Bel, Charles YI, etc., et rappelés par Louis le Hutin, Jean II le Bon. Par suite de ces bannissements réitérés, ils se fixèrent en Piovence, en Bourgogne, en Lorraine, s'établirent en grand nombre à Trévoux, et autres localités ne faisant pas alors partie du royaume. Au douzième siècle, de nombreuses et riches familles juives résidaient à iXarbonne, Béziers, Montpellier, Lunel, Marseille, etc., ainsi que l'indique M. Francisque Michel (Les Races maudites, 1. 1, p. 520, 1847). Tandis que des rois, des souverains croyaient devoir les expulser, des comtes, des gouverneurs de localités restreintes trouvaient parfois avantage à les attirer. Telle aurait été, dit Dufey, Agnès de Braine, femme du comte Robert, qui au douzième siècle les avait appelés à Brie, ville alors très -commerçante. Les comtes de Créhange, près de Metz en auraient agi de même selon M. Richon. (Dufey, Nouv, dict. Iiist. des environs de Paris, p. 65. Paris, 1825. — Richon, Rec, de mém. de méd, mil., t.XXn, p. 109, 1869).
Lors des persécutions de l'inquisition en Espagne, surtout lorsque sous Ferdinand le CathoHque, en 1492, le cardinal don Torquemada, grand inquisiteur du Saint-Office, secondé par ses quarante-cinq inquisiteurs généraux, couvrit la péninsule de bûchers, de nombreux Juifs espagnols furent obligés de se convertir au christianisme, ou de vendre leurs biens et de sortir du royaume dans le délai de quatre mois après la promulgation de l'édit d'expulsion. Trentecinq mille environ acceptèrent le baptême et, s'abstenant de circoncire leurs niCT. E.NC. 4- s. IV. 43
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enfants, espérèrent pouvoir rester en Espagne et dans les îles Baléares où les dénominations injurieuses de marannes, maranos (pourceaux, vils, abjects) ainsi que celle de chuettas (diminuttif de Chiiiya, lard en mayorquin) servirent à les désigner (Franc. Michel, 1. d, c. II, chap. vu, p. 33-44. — Achille Guillard, Baléares (îles), Dict. encycl. des sciences mécL, p. '298, 1868).
Mais la plupart des Juifs, au nombre difficilement évaluable de plusieurs centaines de mille, se portèrent soit dans le Portugal qui, en 1496, les expulsa également, soit en France, soit dans divers autres pays, en particulier dans le
Levant.
La plupart des Juifs qui vinrent d'Espagne, puis de Portugal chercher un refuge, une demeure en France, connus généralement sous les noms de Juifs espagnols et portugais, exceptionnellement sous celui de Juifs avignonais, ainsi que l'indique Bail, (1. c, p. 159, noie 38), paraissent s'être fixés d'abord principalement soil à Bordeaux, soit à iiourg Saint-Esprit- les-Bayonne, ainsi qu'en 1790, les Juifs espagnols et portugais de cette localité, le rappellaient dans une adresse à l'Assemblée nationale, soit dans le Comtat Yenaissin et à Avignon, d'où plus lard ils allèrent dans les régions, surtout dans les villes voisines.
D'autres Juifs devenus chrétiens, ayant pour la plupart accompagné les Morisques lors de leur expulsion au commencement du dix-seplième siècle, selon M. Francisque Michel, seraient encore connus sous les noms de marrans ou marrons en Auvergne et dans quelques provinces du Midi, sous celui de Polacres dans le département delà Lozère, et aussi dans la petite ville de Paray-le-Monial en Charolais (/. c. t. II, chap. viii : Marrons- ou Marrans d'Auvergne, p. 45-98, et chap. IX, p. 105). M. Ignon a signalé l'ancienne existence d'une colonie juive dans la partie du Gévaudan, actuellement comprise dans deux arrondissements de ce département de la Lozère, ceux de Marvejols et de Mende, où existerait une ancienne synagogue; telle aurait été l'orighie des villages de Montjésieu, Salmon, Booz, Ruth, Obed, etc. (Une colonie juive dans le Gévaudan : Mém. de la Société des anliquaii'es de France, t. Vlll, p. 720, et suiv. 1829).
Selon M. Bert il y a dans le Faucigny une petite population juive convertie au christianisme, connue sous le nom de Gets, ayant des mœurs particulières, ayant peu de relations avec les habitants des localités voisines. [Bull. Soc. d'Anthrop. t. II, p. 409, 1861).
En 1869, Legoyt évaluait à 88 540 le nombre des Israélites existant en France, mais il est bon de remarquer que dans les dénombrements certains juifs ne paraissent pas s'être fait inscrire avec leurs corehgionnaires. Aussi d'après M. Block, avant 1870, y aurait-il eu en France 90 000 Israélites. (Block, Statistique de la France, 2'= éd. 1875, et Rev, d'anthrop. t. lY. p. 175. — Le goyt. De certaines immunités biostatiques de la race juive en Europe : Journal de la Soc. de slatist. de Paris. l"janv. 1869, p. 90.).
Boudin a fait remarquer leur dispersion très-inégale dans nos départements. Très-nombreux dans les départements de la Seine, de la Gironde, des Bouchesdu-Rhône, dans l'ancienne Lorraine comme dans l'Alsace, il y en a peu ou il n'y en a pas dans certains départements comme ceux de la Mayenne et du Lot {Traité de géogr . etstatist. médicales, t. Il, p. 155, 1857). Depuis la séparation de l'Alsace-Loraine, d'après le recensement 1872, les Isréalites en France ne seraient plus qu'au nombre de 49 439 dont 24 319 dans les départements de la Seine, 5206 dans celui des Bouches-du-Bhône, 2902 dans celui de Meurthe-et-3Ioselle 2891 dans celui de la Gironde, 1725 dans celui des Yosges, 1251 dans celui
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des Basses-Pyrénées, 1035 dans celui du Doubs, elc. {Stat. de la France, 2^sér. t. XXI, p. 6, 00, etc.).
Si des descriptions assez incomplètes de deux crânes de Juifs, et de celui d'une jeune Juive donnés par Sandifort et par Blumenbach, on rapproche les mensurations également trop peu nombreuses prises par M. Pruner-Bey, par M. Gillebert d'IIercourt, et par M. Lombroso, le premier sur deux crânes de Juifs et trois de Juives d'Afrique, le second sur deux Juifs vivants et quatre Juives d'Algérie, et le trt>isième sur cinq Juifs vivants de Vérone, on reconnaît que la conformation de la tête est mésaticéphale, sur la limite de la sous-dolichocéphalie, l'indice variant de 75 à 80 pour 100, c'est-à-dire étant approximativement de' plus de 77,5 pour 100. La taille moyenne de deux hommes était de 1°',660, celle de quatre femmes de l'",56i. Aux Juifs espagnols ou portugais, outre cette conformation de la tète que l'on serait porté à croire plus allongée, plus sous-dolichocéphale, on paraît généralement pouvoir assigner les caractères suivants : cheveux noirs, gros, rudes, brillants et abondants, à coupe transversale très-allongée et irrégulière, Iront étroit n'ayant inférieu renient guère plus de 90 à 94"™ de diamètre suivant M. Pruner-Bey, sourcils épais, saillants, noirs, et bien arqués, yeux grands, vifs, à iris de couleur foncée, paupières bien fendues, garnies de cils noirs, longs et abondants, face étroite au niveau des yeux, nez aquilin étroit à sa racine, à arête dorsale étroite, saillante et courbe en rapport avec la conformation des os carrés étroits, excavés supérieurement et arqués inférieurement ; léger prognathisme al véolo sous-nasal, d'après M. Topinard [Rec. iVanthrop. t. 1, p. 654, 1872), menton parfois peu saillant donnant au visage un profil souvent courbe, barbe noire, teint mat. (Gérard Sandifort, Tabulae craniorum diversarum nationum : cranium Jiida?i, Lugduno Batavorum 1858. — F. Blumenbach, Decas colleclionis suse craniorum diversarum gentium, 5 déc, p. 14, XXVII et ¥ p. 10, XXXIV, 1790 à 1828. — Pruner-Bey, Cràniométrie : Mém. de la Soc. d'anlhrop. t. 11, tableau 1 , p. 452. — De la chevelure : Mém. de la Soc. d'anthrop. t. III, p. 82, et tabl. 2. — Gillebert d'Hercourt, Et. anthrop. sur 76 indigènes de l'Algérie : Mém. de la Soc d'anthrop. t. 111, p, 9, 20, 21. — Lombroso, Annali Universali de statistica ap. 1867 cité par Legoyt, 1. c, p. 66).
M. Achille Guillard a mentionné la beauté des femmes Chueltas de Mayorque, aux yeux et aux cheveux noirs, au nez peu séparé du front, à la figure fine et allongée, etc. (Baléares (îles) : Dict. enc. des se. méd., p. 298).
Chez les Juifs occidentaux, portugais ou espagnols, de race sémitique retrouve-t-on la lascivité et le désir do procréer, unis au mépris de la mort, signalés par Tacite? Bien n'autorise à le penser. « ...projectissima ad libidinem oens;.. Hinc generandi amor, et moriendi contemptus. » Tacite, llist., 1. V, cap. V, p. 188-190 du t. Y, text. et Irad. de Dnreau de Lamalle.
Cliez les Juifs d'Afrique, plus encore que chez les autres Algériens, M. Furnari attribue aux grandes dimensions des paupières supérieures à la fois hautes et lono^ues, la fréquence de l'entropion et surtout du trichiasis. L'hydrophthalmie serait chez eux très-commune (Voy. méd. dans l'Afrique sept., /, c, p. 20,
02, etc.).
Après avoir parlé de ces Juifs espagnols ou portugais, qui dans notre Occident paraissent être les représentants les plus purs, ou les moins mêlés des Hébreux de Palestine, de race syro-arabe on sémitique, il importe aussi de parler de Juifs dits Allemands, très-nombreux dans nos provinces de l'Est ainsi qu'à Paris
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Ces Juifs, Alieniands pour la plupart, tout en professant le judaïsme, ne sont nullement de race juive ou hébraïque. Ainsi que l'ont rappelé MM. Boudin, Broca, Pruner-Bey, Duchinski, ces Juifs descendent de Germains, de Slaves et de Tatares convertis au judaïsme du sixième au neuvième siècle de notre ère. Cette religion aurait d'abord été adoptée par certaines peuplades touraniennes ou tatares qui habitaient au nord de la mer Noire, dans les vastes régions s'ëtendant de la mer Caspienne au bassin du Dnieper {Bull. Soc. tVanthrop., t. II, p. 410, 416, 417-420, 1881, et t. VI, p. 515-522, 1865). Suivant Hadji- Rhalfa, cité par M. Alf. Maury, un roi appelé Cozri (c'est-à-dire Khazar), aurait été converti au judaïsme, par le rabbin Ichoudah (Khazars, Encyclopédie moderne, p. 82G, de Didot). Le prosélytisme judaïque s'exerça d'abord sur des peuplades qui, des bords du Volga, avaient émigré vers l'ouest, comme les Khazar es ou Chazares blancs ou noirs, comme les Chwalissers ou Bulgares du Don et de la mer Caspienne, comme les Bourtas, et certains Grands-Russes ou Moscovites, Plusieurs de ces peuples, entre autres les Chazares et les Bulgares franchissant le Dnieper, le Dniester, le Proulh, s'avancèrent les premiers jusque dans la Transylvanie actuelle, les seconds jusqu'au sud du Danube en la Mœsie inférieure, depuis appelée Bulgarie. Les Juifs karaïtes, qui constituent la principale population d'Ilalilz, de Brody en Galicie, ne s'y seraient établis qu'au douzième siècle (Malte-Brun; Abrégé de géogr. univers., p. 527, 1842). De ces peuplades, soit du littoral de la mer Noire, soit du bassin du Danube, le judaïsme paraît s'être propagé ultérieurement aux peuples slaves méridionaux de la Pologne, et aux peuples germains. Enfin, selon Bail [loc. cit., p. 159), l'arrivée des Juifs dits allemands dans les provinces orientales de France ne daterait que du quinzième siècle, époque à laquelle ils auraient été en partie chassés de l'empire d'Allemagne. Dès lors, ces Juifs allemands immigrés durent se mêler avec leur corréligionnaires de race sémitique, dont on a vu la loi Gombette signaler la présence au cinquième siècle parmi les Burgundions, dont l'existence àMelz remonterait jusque sous le règne d'Alexandre Sévère.
Les Juifs allemands, la plupart descendants de Tatares, de Slaves, de Germains, présenteraient les caractères ethniques plus ou moins modifiés de ces différents peuples. N'ayant pas les grands yeux noirs, le nez courbe, le visage allongé, étroit, au profil parfois arqué des Juifs orientaux, de race véritablement juive, venus en France pour la plupart de la péninsule Hispanique, ces Juifs, dits allemands, se distingueraient iréquemment dans nos départements orientaux par leur yeux bleus et leur chevelure plus ou moins blonde, en rapport avec leur origine principalement germanique. Chez les Juives allemandes ou slaves, le développement ne semble pas précoce. Sur les 100 jeunes filles juives observées par M. Lebrun, à Varsovie, la menstruation se serait établie à l'âge moyen de près de quinze ans et demi. Cet âge serait au moins aussi tardif chez les jeunes Juives pauvres de Londres, suivant M. Tilt (Lebrun, cité par Raciborski. De la puberté, p. 16 et ol. Paris, 1844. — Tilt, De l'influence du climat et de la race sur la menstruation : Cong. méd. intern. de Paris, en 1867 p. 190).
M. Legoyt et M. Block en montrant qu'en Europe, sur 5 910 200 ou 5 962 709 Juifs ou Israélites de religion, sinon de race, on en compte de 1 425 784 à 1 500 000 en Russie, 599875 en Pologne, 1 400000 en Autriche-Hongrie, de 200 000 à 260 000 on Turquie d'Europe, de 262 001 à 500 000 en Prusse, et 148 500 dans les autres Etats allemands, mettent à même de reconnaître que
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le judaïsme fut embrassé par de nombreuses pe\iplades tatares, slaves, germaines de la Russie méridionale et du sud-ouet de l'Allemagne {Legoyt, /. c, p. 59. — Block, /. c, 2' éd., 1876 : Rev. d'anthrop., t. IV, p. 175, 1875).
Boudin a insisté sur les aptitudes musicales remarquables des Juifs, parmi lesquels on remarque de très-célèbres compositeurs : Meyerbeer, Mendelsonn, Halévy, etc. [Bull. Soc. d'anthrop., t. 11, p. -411, 1861).
Ce savant, dans ses recherches sur le non-cosmopolitisme des races humaines tendant à prouver que la plupart des races sont plus ou moins inaptes à vivre sous tous les climats, a été frappé des aptitudes contraires des Juifs, remarquablement prospères dans les pays les plus dissemblables. 11 a montré qu'en Algérie leur natalité excède de beaucoup leur mortalité qui est notablement moindre que celle des musulmans, et de près de moitié inférieure à celle des Européens; qu'en Prusse leur mortalité est moindre que celle des autres habitant dans le rapport de 21 à 29 décès sur 100 vivants; qu'à Franckfort-sur-le- Mein, d'après Neufville, tandis que la moitié des chrétiens succombent avant trente-six ans et six mois, la moitié des Juifs atteignent cinquante-trois ans un mois; enfin que dans la plupart des pays l'accroissement de la population Israélite est beaucoup plus rapide que celui des populations ne professant pas le judaïsme (Boudin, Du non-cosmopolitisme des races humaines : Mém. de la Soc. d'anthrop.,\. 1, p. 95-125, (race juive, p. 117, etc.), 1860-1865. —Bidl. de la Soc. d'anthrop., t. I, p. 167, 180, 1860. — Traité de géograph. et de statist. médic, p. 157, etc., 1857).
De l'examen de l'ensemble des documents statistiques recueillis par divers auteurs en différents* pays du globe, principalement en Europe, particulièrement eu Prusse, par M. Iloffman)i, et rassemblés par M. Legoyt, il semble ressortir surtout que les Juifs offreut un accroissement de population considérable par suite de leur mortalité minime, et de leur longévité remarquable, les naissances modérément nombreuses excédant de beaucoup les décès.
Des recherches comparatives spéciales aux Juifs de France, ont permis à ce statisticien d'établir le parallèle suivant :