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vahirent successivement les territoires des Galates Scordisques, des Teuristes ou Taurisques, de divers autres peuples galates et des Helvètes, anciens habitants de l'Autriche méridionale, de la Bavière, de la Suisse. (Strabon, 1. VU, cap- 11» § -» P- 244.) Allies aux Teutons, leurs voisins de la Germanie septentrionale, ils voulurent pénétrer dans la Gaule Belgique, mais furent repoussé* par les Belges, dit César. (César, De Bell. Gall., 1. II, cap. iv.) Ils obtinrent néanmoins de laisser sous la garde de six mille hommes, dans le fort d'Aduatuca, peut-être Vittemou Falais, surlaMéhaigne, près de Tongres, leurs impedimenta, les dépouilles qu'ils avaient enlevées aux peuples dont ils avaient dévasté les teriitoires.
« Ipsi [Aduatici] erant ex Cimbris Teutonisque prognati; qui, quum iter in provinciam nostram atque Italiam facerent, iis impedimentis , quse secum agere ac portare non poterant, citra flumen Rhenum depositis, custodise ex suis acpraesidiosexmilliahominumreliquerunt.))(César,DeBell. Gall.,1. II, cap. xxix.) Après s'être dirigés vers le sud-ouest avec les Tigurins, avec les Ambrons dont il a précédemment été parlé, avec quelques autres peuplades helvétiques, vainqueurs de plusieurs généraux romains, de Silanus, Manlius, Ca^pion, ils parcoururent la Province, franchirent même les Pyrénées, puis, revenus en Gaule, ils se séparèrent des Teutons, qui, commandés par le gigantesque Teutoboch, avec les Ambrons se firent écraser par Marius auprès à'Aquce Sextice, actuellement Aix, tandis qu'eux-mêmes, remontant au nord des Alpes tridentines, descendant dans la vallée de l'Alhesis, l'Adige, venaient se faire massacrer par ce même consul en l'an 101 avant J. G. dans le champ Raudius, près de Vercellœ, Verceil.
A en croire Plutarque, Florus et la plupart des auteurs anciens ayant parlé de cette invasion des hordes du Nord, leur influence ethnique sur les populations de nos pays dut être extrêmement minime ; car la plupart de ces immigrants périrent, et ceux, peu nombreux, qui survécurent, réduits en esclavage, durent être disséminés au milieu des autres habitants des Gaules et de l'Italie, et ne paraissent pas avoir constitué de peuplades distinctes. (Plutarque, Marius, XXYII, p. 502. — Velleius Paterculus, Hist. Rom., XII, p. 553, coll. Nisatd, éd. Dubochet. — Annseus Florus, Epitome, 1. 111, cap. m : Bellum Cimbricu'in, Tlieutonicum ac Tigurinum, p. 72,2= éd. 1810, Argentoratum, et Hist. Rom., l. 111, cap. IV, p. 666, etc., coll. JSisard, éd. Dubochet.)
Des six mille hommes laissés à la garde d'Aduatuca unis aux habitants antérieurs de cette localité, formant la tribu des Aduatiques, Aduatici, les descendants durent presque entièrement disparaître de ce pays : car en l'an 57 avant J. G. César en tua quatre mille, et en fit vendre cinquante-trois mille comme esclaves. (César, 1. H, cap. xxxiii.) Cependant quelques-uns, échappés à la fureur des Romains, paraissent encore après cette époque avoir conservé le nom d'Aduatiques. (César, 1. V, cap. xxxix et lvi et 1. VI, cap. ii.) Est-ce aux descendants de ces Cimbres, ou à quelques immigrants venus ultérieurement du nord de la Germanie que doivent être rapportés les Nerviens, NipBiot, anciens habitants du Hainaut qu'Appien dit descendre des Cimbres et des Teutons. "U.aa.-j ôi Twv Ktfiêjowv xaî TeuTovwv àirôyovoi. (Appien, De rebus Gallicis, 1. IV, cap. i, § 4.) Pareille question peut être posée relativement aux Cimbres dont les anciens historiens flamands, ainsi que Meyer, signalent la présence sur la côte de l'ancienne Flandre.» Vetustiores Flandricarum rerum scriptores, qui constanter tradunt majores nostros primum Cymbros. » (Meyeri Baliolani Flandriarum rerum t. X, fol. 4, Antuerpise, in-12, 1551.)
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Quant aux Cimbres, aux Teutons et à leurs allie's ayant été se faire battre dans la Province romaine et dans la Haute Italie, la plupart paraissent également y avoir été exterminés, ou, faits prisonniers, avoir été vendus comme esclaves. Les évaluations du nombre des tués et des prisonniers sont très-différentes selon les auteurs. Plutarque, Yell. Paterculus, disent que cent à cent cinquante mille Teutons furent tués ou pris. Ce même auteur, Florus, Eutrope (Epit. brev. Ilist. Rom., 1. V, §1, p. 841, coll. Nisard), portent de soixante mille à cent vinyt mille , à deux cent mille, à trois cent mille le nombre des Cimbres qui succombèrent dans^ cbamp Raudius avec leur intrépide chef Boïorix. Les Romains, selon Eutrope , auraient fait quatre-vingt mille prisonniers, vraisemblablement surtout des femmes, malgré l'héroïque mort de la plupart d'entre elles que Florus , qu'Orose et que Yalère Maxime, qui semble les confondre avec des Teutones, nous montrent préférant s'entre-tuer plutôt que d'être outragées par les soldats vainqueurs. (Orose, Histor. adversus paganos, 1. V, cap. xv, fol. lxiii. Parisiis, 1524. — Valère Maxime, Factorum dictorumque memorabilium lib. ad Tiber. C9?s. Augustum, 1. VI, cap. i, § 2, n" 1 , p. 704, coll. Nisard, éd. Dubochet.)
De nombreux ethnographes de notre époque, en particulier M. Rawlinson, continuent à regarder les Cimbres comme des Celtes. (Canon Rawlinson, Ethnog. des Cimbres : Jour, anthrop. inst., oct. 1876, et British association. Bristol, 1875, extr. Rev. d'anthrop., t. VI, p. 727, 1877, et t. V, p. 145, 1876.) Mais, comme l'indique Plutarque, les Cimbres, vu les grandes proportions de leur corps et la couleur bleue de leurs yeux , étaient anciennement regardés comme de race germanique. Kaî p.â),tTT« f/b etzâÇovro (Kipêpou;) rjpaavizà yévïj twv
•/.aôvjxâvTwv îTTÎ Tov Sdpetov wx-savôv etvai toïç f/eyÉôîai twv ac^y-xTcov xai tç y^xponor-fiTi
Twv ôppârav. (Plutarque, Marius, § XI, texte et ti^ad. lat. de Dœhner, coll. Dldot.) Quant aux Teutons, dont le nom est resté comme dénomination générale des peuples actuels de l'ancienne Germanie, les Deutschen, leur taille était élevée, comme d'ailleurs on voit Tacite dépeindre les Germains. (De Mor. Germ., IV.) Selon Florus le roi des Teutons, Theutoboch, qui franchissait d'un saut six chevaux rangés de front, au milieu des trophées du triomphe de Marius, se faisait remarquer par sa taille gigantesque. « Theutobochus... vir proceritatis eximi» super tropsea sua eminebat. » (Florus, Epitome, 1. III, cap. m, p. 73-74.) Malo'ré cette extermination de la plupart des Cimbres, malgré la dispersion des survivants réduits en esclavage, quelques auteurs de notre époque, La Tour d'Auvergne Corret, Botta, ont pensé retrouver quelque^uns de leurs descendants dans les montagnards des Sette communi, canton alpestre peu accessible avant Asiago pour capitale, situé au nord de Vérone et de Vicence, au sud-est de Trente entre la Brenta et l'Astico, les monts Marostica et J^aint- Michaël. (La Tour d'Auvergne Corret, Origines gauloises, p. 186. Paris, Hambourg, 1801. —Botta, Hist. des peuples d'Italie, t. I, p. 205. Paris, 1825.) Ces montiifrnards d'origine allemande, généralement de stature élevée, au visage oblono-, ovale allongé, aux yeux bleus, entourés d'une population parlant l'italien suivant M. Mercey, seraient principalement venus, à une époque bien postérieure à celle de l'invasion cimbrique, de certaines vallées du Tyrol dont les habitants tous charpentiers ou ouvriers en bois, se donnent le nom de Zem berlent dénomination qui par sa consonnance aurait contribué à leur faire sup poser une origine cimbrique. (Mercey, Sette communi : Rev. des Deux Mondes p. 905, etc., 15 mars 1841.) Suivant M. Du Pays, ces colons seraient venus
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de la Souabe vers le onzième ou douzième siècle. Leur langage serait le vieil allemand, peu différent du dialecte employé dans l'ancien poëme desNibelungen. (Du Pays, Itinér. d'Italie, p. 157. Paris, 1855.)
Belges, Belg^, BÉ)7«t. A des époques successives, mais vraisemblablement pour la plupart antérieures à l'invasion des Cimbres et de leurs alliés dans les (Jaules et dans l'Italie septentrionale, des peuples de même race, les Belges, également d'origine geimanique, avaient franchi le Pdiin pour s'emparer de la région nord-est de notre pays.
Les Galates, que l'on a vus occuper, au nord des Celtes, toute la région maritime de notre pays, voire même de la Germanie, paraissent avoir été suivis dans une partie de cette région par les Belges, Belgœ, Bélyai. Quoique Amédée Thierry et Schayes aient cru pouvoir fixer approximativement à 280, à 200 ou 150 ans av. Jésus-Christ l'immigration de ces Belges, les données chronologiques semblent insuffisamment établies ; car d'une part l'époque de l'arrivée dans la région comprise entre le Bhôneet les Pyrénées des Volces, que ce premier historien rattache aux Belges, est inconnue ; et d'autre part la plupart des peuplades belges paraissent n'avoir franchi le Uhin pour s'avancer dans les Gtiules que successivement à des époques différentes. (Amédée Thierry, Hist. des (}aulois, Introd., Belges, t. 1, p. 36, etc., éd. 1863. — Schayes, Les Pays-Bas avant et durant la domination romaine, 1. 1, p. 35, 2 vol. 1837.)
Selon Strabon ces Belges paraîtraient s'être avancés dans toute la région littorale du Bhin juqu'à la Loire. ToOtuv Sk toOç BéV/aç «pta-rou; yao-iv, st? nevxev.aCSEy.a é'Ôvo îicp-opivouç, zà fiexa^ù xoO 'Pr/jou v.od xoû Adjr^oç Trapoiy.cjvTa xàv
'ûxeavoj... (Strabon, 1. IV, ch. iv, g 3.)
Au nombre des Belges voisins de l'Océan, ce géographe indique les Vénètes, presque homonymes aux Enètes asiatiques qu'on a vus précédemment avoir pris part à une expédition des Cimmériens, vers le treizième siècle avant notre
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