Partie septentrionale du Cotcntin
La Sorellerie, au S.-E. de Cherljourg . . 191"
Queslelul, au N.-O. de Bricquebec. . . . 157
Bois d'Etenclin, au iV. de la Uaye-du-Puits. 151
Le Repas, au f*. de la Haye-Peinel. ... 131
Plaine centrale de Rennes.
Bois de Buzot, au S.-E. de Dol llo
Tillé, au N. de Saint-Aubin 140
Moulin de la Fontelle, au S.-E. de Rhctiers. 119
Grèz-en-Bouèjc 107
-Moulin-Blanc, au S.-E. de Pouancé. . . , 110 La Herlaie, aulN. de Saint-Etienne de Mont- Luc 91
Moulin de Virel, an N.-E. de Redon. ... 91
Tiuérande 50
Bande au A', des montagne.'; d'Arrée.
Longuinau, au ÎS.-O. de Dinan. ..... 12i
Le Danot, au S. de Paimpo , 109
Le Oueves, au N.-O. de Lannion 109
Kerasly, à l'O. de Lanmeur 129
Kerdraziou, à l'O. de Saint-Renan .... 145
Bande an S- des montagnes Noires.
Moulin du Castet, au N.-O. de Pont-Croix.. 100
Planéour, au S. de Plougastel 77
Saint-Quiau. au S. de Plouay 109
Moulin Conan, au N.-E. d'.Auray 65
Moulin de Quity, à l'E. de Questembert. . 102
Archat, île de Groix 47
Fort de l'ile Houat 51
Borvran près Locmaria, Belle-Isle 65
Bande au S. de la Loire.
SignaldelaBarre-de-Vue,auN.-0. deSainte-
Pazanne 58
Moulin de la Croi,x-au-Chat, au N.-E. de
Montfaucon ■ lll
Signal de Ceausse, au S. d'Ingrandc. ... 175
Lanti-Pâtis, au S.-O. de Rocheservière. . 85
Plateau au S.-E. de la Molhe-Achard. . . 58
Les Noyers, au S. de Cbantonnay 101
DICT. ENC. 4* S. IV.
B. Parties élevées.
Massif du Bocage Normand.
Signal du Bois de Soûles, .lu S. de Canisy . iHo-
Signal de Brémoy, au S. de Caumonl. . . 564
Bois du Mont d'Encre, au S.-E. d'Aunay . 3.31
Bcllevue, uu S. de Falaise 255
Vengeons, au S. de Vire 558
La Lande Menne, au N.-E. de Domfiont. . 525
Signal de Mouthard, à l'O. de Carrouges. 272
Signal de la Forêt d'Écouves 417
Signal des Avaloirs, forêt de Multonne . . 417
Forêt de Perseigne, au S.-E. d'.Alençon. . 340
Signal de Gué-Péan, à l'E. de Bais. . . . 532
Signal de la forêt de Sillé-le-Guillaume. , 286
Jlont Margautin, au S. de Domfront . . . 370
La Mellière, forêt de Mayenne 215
Monl-Levrier, à l'O. de Laval 192
Massif de la Gâiine.
Bois de Saint-Paul des Bois, au S.-O. de Vi-
hiers 208
Coteau de la Moinie, au N.-O. deBressuire. 238 Sainl-Michel-Mont-Malchus, au N.-O.'de Pou-
zauges 285
Bouquet de Pouzauges 278
Moulin de l'Absie, à l'E. de La Cliâtaigne-
raie 259
Terrier de Saint Marlin-du-Fouilleux, auS.-
E. de Parthenay 272
Massif occidental.
Signal de Guernanroalch, à l'O. de Guin-
gamp 303
Foiêi de Beffou 326
Roc Ar-Feunteun, auN.-O. de Huelgoat. . 371
Menez-Honi, à l'O. du Faou 330
Hulie-à-l' Anguille, lande du Mené 293
Signal de Saint-Mayeux, au N.-O. de Mur de
Bretagne 316
Signal de Toulaëron, au N.-O. de Gourin . 326 Signal de Menèz-Kerque, au S. de Cliâteau-
lin- • -, 252
Coteau d'Epoublay, au S.-E. de Locininé . 180 Haute-Forêt de Paimpont, au N.-Q. dePlé-
lan 255
latitude
iô- 0' 50"
il 22 5
290 FRANCE (géograpiue).
La Bretagne et le Cotentin sont formés par les terrains primitifs et de transilion; la Vendée est presque entièrement primitive. La presqu'île sépare le bassin de la Manche de celui de l'océan Atlantique.
L'Aulne a son cours entier dans la partie élevée occidentale. D'autres rivières, la Vire, le Blavet, la Mayenne, naissent d.ins les parties élevées et se terminent dans les parties basses. La Vilaine et son principal affluent l'Oust sont presque entièrement situés dans la plaine centrale. La Loire la traverse aussi dans son cours inférieur, d'Angers à l'Océan.
Corse. Cette île, cédée à la France par les Génois et annexée en 1769, a ses points principaux ainsi situés :
Au N. Cap Corse longitude
Aa S. Cap Pertusato .... —
A l'E. Toui- Biavonc .... —
A rO. Cap Ro^so —
Au centre Monte liotonilo. ... —
Cette région insulaire, qui constitue un seul département, est un chaînon montagneux qui s'élève du sein de la Méditerranée au S.-E. des Alpes françaises, dont il n'atteint pas la moitié de la hauteur ; elle a une forme ovale, allongée du N. au S. Elle se divise en deux parties distinctes. La partie occidentale est formée par une douzaine de chaînons parallèles, escarpés, sauvages et arides, courant del'E.-N.-E. à l'O.-S.-O., et reliés entre eux vers la ligne médiane de l'île. Ils atteignent 2672 mètres au Monte Rotondo, point culminant et à peu près central. Vers IcN. ils s'abaissent peu, puisqu'ils atteignent encore 2458 mètres au Monte Padro, à l'E. -S.-E. de Calvi; mais, dans le S., ils s'abaissent graduellement jusqu'à 1495 mètres au Punto d'Ovace, à l'E. de Sartène. Entre chacun des chaînons parallèles il y a un cours d'eau avec de petites ramifications latérales. La partie orientale est formée de trois chaînons parallèles, courant du N. au S. parallèlement à la côte, et dont le médian forme au N. la presqu'île du cap Corse. Ils sont plus fertiles et beaucoup plus bas que les précédents, car ils n'atteignent que 1383 mètres vers le N., au Monte Stello, près de Bastia, et seulement 1656 mètres vers le S., au Monte San Pietro, au N.-E. de Corte. Les cours d'eau, au lieu d'être parallèles aux chaînons, leur sont plus ou moins perpendiculaires et les franchissent par des fissures après avoir pris naissance et s'être réunis plusieurs ensemble dans la partie occidentale. La ligne de partage des eaux est contournée en S, des îles Rousses au golfe de Porto-Vecchio : aussi y a-t-il deux principaux cours d'eau, le Colo dans le N.-E. et le Tavignano dans le S.-O. U résulte de ces deux structures si différentes que la côle occidentale présente une multitude de golfes et de ports qui découpent son contour, tandis que la côte orientale, presque droite, en est dépourvue. La côte occidentale présente partout des escarpements abruptes; la côte orientale, au contraire, est bordée sur une grande partie de sa longueur par une plaine de plus de 10 kilomètres de largeur, qui forme le seul pays plat de la Corse. La mer présente déjà, à 5 kilomètres de la côte occidentale, des profondeurs de plus de 400 mètres, tandis que sur la côte orientale la profondeur n'est encore que de 250 mètres à une distance de 10 kilomètres. La Corse est formée, dans sa partie occidentale, par les terrains primitifs, essentiellement granitiques, et dans la partie orientale par des roches schisteuses appartenant surtout aux terrains crétacés et tertiaires inférieurs. Des terrains tertiaires plus récents existent aux deux extrémités ; des alluvions bordent la côte orientale.
FRANCE (orographie). 291
ImporLance des divisions précédentes. Les diverses régions naturelles de la France ont des caractères physiques bien différents. « Elles ne cesseront donc jamais, disent Elie de Beaumont et Dufrénoy {Expl. de la carie géol. de la France, t. 1, p. 7), d'avoir des noms spéciaux, et on comprendra de mieux en mieux que la connaissance des noms de ce genre et de tout ce qu'ils expriment est, à la fois, la base de la géographie ordinaire et de la géographie minéralogique. C'est là leur point de contact et leur point de départ commun. Les limites de ces régions naturelles restent invariables au milieu des révolutions politiques, et elles pourraient même survivre à une révolution du globe qui déplacerait les limites de l'Océan et changerait le cours des rivières; car elles sont profondément inhérentes à la structure du sol, tandis que les lignes hydrographiques dépendent d'un état d'équilibre qui pourrait être dérangé de bien des manières. Pour faire comprendre l'ensemble des formes d'une contrée, il est sans doute indispensable de tracer d'abord le contour des côtes, le cours des rivières, et même les lignes de faîte suivant lesquelles les eaux se partagent; mais, pour donner une idée approfondie de sa structure, il faut tracer les contours des masses minérales qui la composent. Ces contours sont les joints principaux de l'édifice terrestre. En les découvrant, on découvre sa structure intime. En les dessinant, on dessine le plan de sa construction. Elles y sont, pour ainsi dire, incrustées de manière à durer autant que lui. La main destructive du temps, au lieu de tendre à les effacer, tend, au contraire, à les mettre de plus en plus en évidence, comme elle tend à rendre de plus en plus apparents les joints des pierres d'un vieux mur.
« Les lignes géologiques qui déterminent les contours des masses minérales dessinent, en quelque sorte, le squelette d'une contrée, tandis que les lignes hydrographiques ne représentent que ces traits purement extérieurs qui, sur un même visage, varient avec les aimées. »
L'influence des caractères physiques de ces régions se fait sentir aussi d'une manière tranchée sur les populations qui les habitent. Nous rappellerons à ce sujet le passage suivant de Cuvier {Eloge de Werner) : « Dans les pays où les lois, le langage, sont les mêmes, un voyageur exercé devine par les habitudes du peuple, par les apparences de ses demeures, de ses vêtements, la constitution du sol de chaque canton, comme, d'après cette constitution, le minéralogiste philosophe devine les mœurs et le degré d'aisance et d'instruction. Nos départements granitiques produisent sur tous les usages de la vie humaine d'autres efiets que les calcaires; on ne se logera, on ne se nourrira, le peuple, on peut le dire, ne pensera jamais en Limousin ou en Basse-Bretagne comme en Champagne ou en Normandie. 11 n'est pas jusqu'aux résultats de la conscription qui n'aient été différents d'une manière fixe, sur les différents sols. »
Comme exemple à l'appui, j'ajouterai les passages suivants de la thèse soutenue en 1840 par le docteur T. Puel, sous le titre d'Essai sur les causes locales de la différence de taille qu'on observe chez les habitants des deux cantons de Latronqidère et de hiver non. Arrondissement de Figeac (Lot) :
« Le canton de Livernon comprend 17 communes situées sur un vaste plateau calcaire, appartenant au terrain jurassique, et dont la hauteur movenne est à peu près 4^00 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les nombreuses fractures dont les ccuches géologiques sont sillonnées procurent un libre passage aux eaux pluviales. La terre végétale forme une couche dont l'épaisseur dépasse rarement 1 décimètre. Aucune rivière, aucun ruisseau ne traverse le canton, excepté sur
292 FRANCE (géographie).
les limites; il n'y a ni marais, ni bois à hante futaie ; le canton offre toujours à ses habitants un air sec et peu chargé d'humidité. Outre le froment et le mais qui sont la riciiesse principale du pays, on y cultive encore avec succès la plupart des autres céréales. La pomme de terre est plus douce, moins aqueuse, que dnns les autres natures de sol, et les fruits à pépins y deviennent plus sucrés qu'ailleurs. Les volailles, le gibier, dont le pays abonde, sont fort estimés diins les marchés voisins. Ainsi la grosse espèce de perdrix rouge, connue sous le nom de bartavelle, ne se rencontre que sur le sol calcaiie; et je puis affirmer que le lièvre de Latronquière offre des différences notables avec celui qu'on trouve aux environs de Livernon.
« L'habitant du pays calcaire trouve abondamment autour de lui l'ensemble de ce qui constitue une nourriture saine et variée. Dans ce canton, les hommes sont exclusivement adonnés aux travaux agricoles; et, comme la nature du terrain permet une grande variété de culture, il en résulte que peu d'entre eux restent inactifs, même en hiver: aussi, quoique pauvres, jouissent-ils de l'aisance que procure toujours un sol riche en végétation.
« Les habitants du plateau calcaire, dit Delpon, sont remarquables par leur teint rembruni, leurs yeux noirs, leur peau rude et sèche, leur poitrine légèrement élevée, et leur stature qui indique la force et la santé; leur taille est ordinairement au-dessus de 5 pieds 2 pouces; leur croissance se termine avant l'âge de vingt ans.
« Le canton de Latronquière comprend 15 communes, presque toutes situées sur le terrain dit primitif et composé de schistes micacés, de granit et d'autres roches anciennes. Le sol est partout élevé de 500 à 700 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ici des ravins et des gorges plus ou moins profondes, où coule abondamment mie eau limpide; là un pays plat et marécageux, sur lequel les ruisseaux marchent avec lenteur. Nulle part on ne voit de terre d'alluvion, car aucune rivière ne traverse le canton. La terre végétale, étant exclusivement formée de roches granitiques en état de décomposition, est peu propre à la culture; la surface du sol est presque entièrement recouveite de bois de châtaigniers, et ce n'est que sur un petit nombre de points qu'on est parvenu à cultiver des pommes de terre, du seigle et du blé sarrasin; le blé ni le maïs ne sauraient y mûrir. Ainsi, du pain de seigle, des" galettes de blé noir, des pommes de terre et des châtaignes, telle est la" liste complète et peu variée des mets qui servent aux repas quotidiens de l'habitant de Latronquière; l'eau pure et le lait forment sa boisson habituelle. Jamais de vin, jamais de viande, si ce n'est sur la table do quelques riches propriétaires. Sur tout le sol primitif la pomme de terre contracte un goût acre et donne un cinquième de moins de fécule ; le seigle est trèsinférieur en qualité à celui des basses vallées. La volaille est beaucoup moins estimée; le gibier y perd avec sa taille le haut goût qui le fait rechercher; les bœufs y sont plus petits et plus faibles ; le mouton y devient chétif ; non-seulement les cochons qui en proviennent ont moins de graisse et de lard, mais leur chair est moins compacte.
« Les habitants mangent beaucoup, comme s'ils étaient forcés de suppléer à la qualité par la quantité; ils ont généralement le ventre gros. Après la récolte des châtaignes, qui se fait à la fin de l'automne, ils n'ont qu'à labourer et ensemencer les terres consacrées à la culture de la pomme de teri e, du seigle et du blé sarrasin. Enfin, durant une grande partie de l'hiver, ils n'ont aucune occupation au dehors : aussi, pendant cette saison, demeurent-ils presque toujours
FRANCE (orographie). 293
enfermés chez eux; cette vie sédentaire entraîne un défaut d'exercice peu favorable au développement du corps.
« Les hommes des contrées montagneuses et primitives, dit Delpon, se distinguent aisément à des épaules étroites, à la poitrine resserrée, aux cheveux d'un châtain clair, à l'ovale de la figure plus allongé, au teint décoloré et à toutes les marques d'un tempérament lymphatique ; en outre, leur stature est médiocre, et ils n'arrivent à tout le développement de leur taille, qui est rarement au-dessus de 5 pieds, qu'à l'âge de vingt-deux à vingt-trois ans.
« Les fièvres intermittentes sont endémiques dans la plupart des communes, La fièvre quarte surtout agit puissamment sur la nutrition en général, et par conséquent sur le développement de la taille, qui est une dépendance de cette fonction. Or cette fièvre attaque fréquemment les jeunes gens de dix-huit à vingt ans, en sorte qu'à l'époque du tirage ils sont encore sous son influence, ou bien, celle-ci ayant disparu depuis peu de temps, la nutrition n'a pas eu le temps de réparer les désordres causés par la maladie. Dès lors, il est facile de concevoir que parmi les conscrits fournis par le canton de Latronquière on en trouve un grand nombre qui aient une taille inférieure à celle que la loi exige pour être admis dans les rangs de l'armée. »
En effet les résultats ont été les suivants pour les douze années 1827-1858 :
LATBONQl'IÈRE. LIVERNON.
Nombre de jeunes gens tobés 1089 865
— iafcrieurs à l",iO ... 51 5
— dépassant l'",70 .... 8'1 129 Taille moyenne générale 1",599 1",652
Bassins orographiques. La surface de la France se divise en plusieurs partics dont les unes appartiennent à de grands bassins, et dont d'autres constituent de petits bassins particuliers. Dans le Nord, les plaines de Paris sont limitées par les Vosges, la côte d'Or, Ja chaîne de Tarare, le Mézenc, le Cantal, les monts de Blou au nord-ouest de Limoges, le Bouquet de Pouzauges en Vendée, et les chaînons de la Bretagne jusqu'à l'île d'Ouessant. Une partie basse recouverte d'eau, la Manche, sépare cette portion de bassin des plaines du Sud-Est de l'Angleterre, limitées au N.-O. par le Devonshire, le pays de Galles et les montagnes de l'Ecosse; cet ensemble forme l'extrémité occident<ile du grand bassin orographique du nord de l'Europe qui, en s'épanouissant dans l'Est, forme la Pologne et toute la Russie cis-ouralienne. Dans le Sud-Ouest, se trouvent les plaines de Bordeaux et de Toulouse qui ont au N.-E. limite commune avec les précédentes, de l'île d'Ouessant au Mézenc, et qui de ce point sont limitées à l'E. par les Cévennes et Li montagne Noire, et au S. par la chaîne des Pyrénées ; à l'Ouest, elles s'enfoncent sous l'Atlantique dont la limite occidentale n'est autre que la chaîne des Allegluuiys, aux Etats-Unis. Dans l'Est, se trouve une série de petits bassins communiquant les uns avec les autres : l'Alsace limitée par les Vosges en France, et par le Schwartzvvald en Allemagne ; celle-ci communique par Vesoul ivec la Bresse, située entre la côte d'Or et la chaîne de Tarare d'un côté, le Jura et les Alpes de l'autre : cette plaine se rattache par Montélimar à une bordure qui, de Nice à Port-Vendres, fait partie du bassin de la Méditerranée occidentale, limité par l'Apennin, la Sicile, l'Atlas et le massif montagneux espagnol.
2" Bassins hydrographiques et grandes vallées. Les diverses parties de la surface de la terre, lorsqu'elles ont quelque étendue, sont pour la plupart
294 FRANCE (géographie).
sillonnées de grandes valle'es qui offrent aux eaux pluviales un écoulement facile vers la mer ou dans des bassins intérieurs. Toutes ces vallées sont des vallées d'érosion, dues souvent à des fentes préalables du sol, suite inévitable des bouleversements de l'écorce terrestre, mais considérablement élargies ensuite par l'action des eaux ; elles présentent de faibles largeurs dans les parties où les roches sont dures et difficiles à entamer, et au contraire des largeurs parfois énormes dans les parties où les roches sont tendres et faciles à délayer par les eaux.
On désigne, comme on sait, sous le nom de bassin hydrographique, toute portion de la surface de la terre dont les eaux pluviales superficielles se rendent à la mer, ou à tout autre réservoir, par une vallée unique, au moins dans le voisinage de son débouché. Les limites de ces bassins en rapport avec le relief du sol n'en ont aucun avec celles des régions naturelles^.
Lorsqu'on vient à examiner en détail un bassin un peu étendu et la distribution des différents vallons et vallées qui le sillonnent, on reconnaît la nécessité d'établir des subdivisions ; en effet sa surface se partage le plus souvent en un certain nombre d'autres bassins tributaires plus petits, diversement agencés et se déversant les uns dans les autres jusqu'au réservoir terminal .
Le thalweg de chacune des vallées présente dans sa pente (qu'il ne faut pas confondre avec celle du cours d'eau qui la suit en serpentant plus ou moins) des variations dans les diverses parties d'une même vallée. Cette pente devient généralement d'autant plus forte qu'on se rapproche davantage de la partie supérieure; elle ne paraît pas soumise à des variations dépendant de la largeur du thalweg. Cette largeur, variable dans les diverses parties d'une même vallée, est en rapport plutôt avec la résistance des roches composant les coteaux qui forment les flancs de la vallée, qu'avec le volume de son cours d'eau.
Ainsi pour la vallée de la Seine, elle est étroite au milieu des calcaires jurassiques jusqu'à Bar-sur-Seine; elle prend une largeur très-considérable dans les sables et argiles du grès vert, en conserve une fort grande encore au milieu de la craie, de Troyes à Montereau ; elle se rétrécit ensuite au milieu des terrains tertiaires résistants, jusque non loin de Paris oii des assises marneuses permettent de nouveaux élargissements.
Le sol de la France est divisé par les arêtes de partage des eaux en deux grands versants, celui de l'océan Atlantique, et celui de la mer Méditerranée ; le premier est subdivisé en quatre parties, tandis que le second n'en comprend qu'une principale.
La surface de la France, considérée d'une manière très-générale, est donc répartie entre cinq grands bassins hydrographiques dont chacun pourtant possède plusieurs annexes d'étendue moins considérable. Ce sont : dans l'angle N.-E., une petite portion du bassin du Rhin avec un de ses affluents occidentaux, la Moselle, et deux annexes, ceux de la Meuse et de l'Escaut; au N., celui de la Seine, qui a pour annexes ceux de la Somme et de l'Orne; au centre, celui de
* Les anciens géographes attachaient une très-grande importance à la délimitalion de ces bassins, qu'ils croyaient toujours séparés par des arêtes saillantes et bien déterminées; lorsqu'ils ne trouvaient pas celles-ci, ils ne les figuraient pas moins sur les cartes. Aujourd'hui même celles-ci présentent souvent dans les plaines de la Beauce, entre Paris et Orléans, dans celle des Landes, entre Bordeaux et Bayonne, des cordons montag'neux parfois aussi accentués que les Alpes.
FRANCE (orographie). 295
la Loire, dont le seul annexe est celui de la Vilaine; au S.-O., celui de la <iironde, qui a pour annexes ceux de la Sèvre-Niortaise, de la Charente et de l'Adour; enfin, au S.-E., celui du Rhône, dont les annexes sont ceux du Yar, de l'Hérault et de l'Aude.
Le tableau suivant présente ces divers bassins avec leurs annexes de premier ordre d'abord, et de second ordre ensuite :
' Rhin.
Mer du Nord. I Rhin
Moselle.
I lle'jse.
Manche. \ Sei.-«e .