‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 133 sur 163 · CD 3C · texte numérisé non relu

CD 3C

•seDBQ

00 00 -• T- fO t<^

Oi oo t^

G^l tO CM

2fl O t--

<M i<; lO

•liiauiaAtiOK

•-t an to

ce

as o S

•OOT .mod uo17.10do.1j

;-0 CD i^

"saotiQ

•jnaïuaAnoK

OOT Ji>od Tio!)jO(lo.ij

-^ ce o

o CD o

co

:0 o ce —

or

cr..

CJ

CO

GO

■ssoaQ

ffJ

fN

lO

co

CD

SJ

OJ

•JU3UI8AnO[{

•OOT -'"Od uoiijodojj

Si T' 20

•saDpQ

l'î -* (ÏJ

•|U0UI8An0J(

•001 Jn.d uoii.iodo.ij

o CD o O CD O

OC CO 10 oc CD 1^

o CD a^

■saooQ

•■)n9n]3Anoji

:-5 t'^ 10 (M IC ©)

•001 -'nod aofiJodo.id

•sa:)aQ

••)U9UiaAnonT

co

Maladies syphilitiques et vénériennes. On est encore obligé de dire : maladies syphilitiques et vénériennes, ou simplement : maladies vénériennes, parce que les statistiques n'ont pas beaucoup, jusqu'aujourd'hui, distingué les formes ni les espèces dans cette impure famille. L'hygiène a cru pouvoir se suffire, en les réunissant dans un eusemble contre lequel la nosologie proteste ; l'hygiène a eu tort : car les objets divers que la prophylaxie peut avoir en vue n'ont ni la même importance, ni la même aptitude à être modifiés par les mesures dont dispose cette branche d'assainissement. La syphilis peut être atteinte parla poursuite du virus et des virulifères ; la blennorrhagie s'improvise et sort assez fréquemment de conditions que l'on ne pouvait d'avance incriminer. Un des milieux que la syphilis menace plus particulièrement et atteint en effet, un des groupes de la société où il est le plus facile de remarquer et de compter ses coups, l'armée, ne fournissait encore, naguère, que ces renseignements généraux et confus. M. A. Laveran, en 1875, relève encore, après d'autres, ce vice de l'ancienne nomenclature des maladies dans l'armée, d'après lequel on introduisait dans la statistique une double source de méprises; le titre III (maladies virulentes et contagieuses) portait : 26, syphilis primitive; 27, syphilis constitutionnelle. 11 n'y avait pas de place pour le chancre simple et la blennorrhagie, qu'il fallait donc ranger dans la syphilis primitive ! La nouvelle nomenclature (du 15 novembre 1874) fait, heureusement, trois paragraphes : 16, chancre mou; 17, syphilis (primitive, secondaire, tertiaire); 126, uréthrile, simple ou blcnnorrhagique. On ne l'a encore appliquée qu'en 1875; elle sera ultérieurement la base d'une statistique exacte et instructive.

La France, à priori, possède les princi[jales des conditions qui favorisent la création des foyers de maladies vénériennes et leur extension au dehors. Les aptitudes de races el de climat sont suffisamment démontrées par l'histoire. De plus, la France présente : 1" une grande étendue de côtes et des ports ouverts à toutes les communications des deux mondes, au passage plus ou moins prolongé des marins de tous pays, gens pressés et peu scrupuleux dans les relations sexuelles ; 2° des gi'andes villes oir affluent toutes les richesses et toutes les cupidités, où le luxe a tous les besoins et attire les instruments de plaisir, où tous les vices se donnent rendez-vous pour exploiter ces besoins et ces richesses ; S" une armée immense de terre et de mer; 4" une réglementation de police insuffisante comme prophylaxie, mais que la considération de la liberté individuelle permet peut-être difficilement de dépasser.

M. Gustave Lagneau [Recherches comparatives sur les maladies vénériennes dans les différentes contrées. Acad. de méd. 1867) constate que le chancre infectant, en France, est au chancre mou comme 1 est à 3 d'après M. Ricord, comme 1 : 4 suivant M. Puche ; que la durée de l'incubation des chancres syphilitiques est, à Paris, de 25 à 26 jours, comme M. Piollet, à Lyon, l'indique également, et ce qui est probablement la moyenne sous toutes les latitudes ; que l'incubation du chancre (apparition des accidents secondaires) est, chez nous, de 46 jours (Diday et Rollet), ce qui place la France entre l'Italie, où ces accidents sont plus précoces, et la Norwége, où ils retardent, comme s'il y avait là une influence de climat.

Quant aux chiffres réels de malades dans la population, les documents font défaut, sauf en ce qui concerne l'armée et dans les conditions que nous avons dites.

Les hygiénistes qui ont porté leur attention de ce côté ont surtout envisagé

6S6 FRANCE (patuologie).

les maladies véne'iiennes dans leurs rapports avec la proslitulion. Déjà M. Gustave Lagneau formule cette loi : que « dans la plupart des pays, la fréquence des maladies vénériennes, en général, est en rapport avec l'insuffisajice des moyens prophylactiques et des moyens de traitement, w M. Jeanne], professeur à l'une des Facultés catholiques et qui a étudié avec un grand talent d'observation la débauche ancienne et moderne {De la prostitution dans les grandes villes au dix-neuvième siècle, etc. Paris, 1868), reproduit cette considération et utilise les documents militaires (il n'y en a pas d'autres) relatifs à Bordeaux, Marseille, Lyon. A Bordeaux, l'effectif moyen de la garnison, dans les cinq années 1862-1866, étant de 1260 hommes, il y a eu une moyenne annuelle de 105 entrées à l'hôpital, soit 55 pour 1000, pour maladies vénériennes, non compris les formes légères, traitées à l'infirmerie des corps. A Marseille (Didiot, Statistique de la syphilis dans la garnison de Marseille, 1866), l'effectif moyen étant de 3917 hommes (1862-1865), la moyenne des malades traités à l'hôpital a été de 259 par an, ou 65 pour 1000. 11 y a eu aussi des affections légères, traitées à l'infirmerie des corps. Lyon, selon M. Garin {De la police sanitaire, Lyon, 1867, in Jeannel), aurait eu, de 1860 à 1864, sur un effectif moyen de 19 427 hommes, une moyenne de 1771 vénériens à l'hôpital, soit 89 pour 1000, sans compter les affections légères; mais il conviendrait selon l'auteur de réduire ce chiffre d'un cinquième, en raison des vénériens de passage, étrangers à la garnison, qui y ont été compris.

Les journées de traitement cl les exemptions au corps modifient bien ces résultats et donnent à la pathologie vénérienne de l'armée sa vraie physionomie. D'après la statistique médicale de l'armée, il y a eu, dans la période de 1862 à 1869 (8 années), une moyenne de 40 003 vénériens sur 709 064 malades de toute cause, ou 56 pour 1000, et 106 pour 1000 h. d'effectif; sur 10 000 journées de malades, il y en a 1900 pour maladies vénériennes. M. Didiot calculait que le traitement des vénériens coûtait plus d'un million par an et que chacun d'eux nécessitait de 37 à 50 jours de traitement. En 1869, la proportion était descendue à 95 vénéziens pour 1000 hommes d'efftctif. En 1872, elle est de 91 ; en 1873, il y a progrès encore : 88 vénériens pour 1000 hommes d'effectif et 1743 journées de vénériens pour 10 000 journées de traitement ; en 1874, il y a de nouveau 91 vénériens pour 1000 hommes, mais seulement 1565 journées de traitement sur 10 000 journées de malades, ce qui indique" des affections moins graves. En 1875, où pour la première fois l'on fait les dis tinctions nécessaires, nous trouvons : pour 1000 entrées aux hôpitaux, 22 fois la sjiphili>i, 11 fois le chancre mou et V adénite vénérienne, 50 fois Vuréthrite et Vorchite blennorrhagique : total 83; pour 1000 admissions à l'infirmerie, la syphilis 16 fois; le chancre mou et l'adénite vénérienne 17 fois; l'urcthrite el l'orchite blennorrhagique, 127 fois : total 160. Or, les entrées de toute cause à l'hôpital ont été de 273 pour 1000 h. d'effectif; les entrées à l'infirmerie, de 522 ; total : 595 pour 1000. La proportion des malades vénériens serait donc de 144 pour 1000 h. d'effectif, et près du quart de tous les malades; chiffre énorme, dans tous les cas, bien qu'il y ait eu, sans doute, fréquemment double emploi par le fait que le même individu est souvent envoyé à l'hôpital après avoir fait un séjour plus ou moins prolongé à l'infirmerie. Les corps qui ont fourni le plus de syphilitiques sont : le 6« (Chàlons-sur-Marne), le 7* (Besançon), le 15" (Marseille), le 18^ (Bordeaux), le 19" (Algérie) et les gouvernements de Lyon et de Paris. Autrefois (1869), les villes particulièrement signalées

FRANGE (pathologie). 687

étaient Brest, Verdun, Joigny , Besançon, Nancy, Caen, Lille, Rennes. Paris et Versailles n'étaient guèie au-dessus de la moyenne. On voit que les garnisons de l'Est ont conservé leur fâcheux privilège. Lille s'est, au contraire, considérablement amendée ; sur un effectif moyen de 5332 hommes de garnison, elle compte seulement, à l'hôpital, 42 syphilis, 1 chancre mou, et 62 uréthrites ou orchites blennorrhagiques ; total: 105 vénériens, soit 51 pour 1000 d'effectif. Nous aimons à déclarer ici que cette grande amélioration dJpend des excellentes mesures prises par la municipalité et du zèle intelligent des médecins chargés des visites sanitaires

Il est rare que l'on prenne la vérole, à Lille, dans les établissements surveillés, qui sont ceux où les soldats se rendent communément. Presque tous les vénériens de l'hôpital militaire sont des blennorrhagiques , parce que la cliaudepisse se gagne de plusieurs façons ; les rares syphiHtiques qui sont traités à rhôpital de Lille, ont même, d'ordinaire, contracté le mal dans une autre localité, à l'occasion d'un congé, d'un détachement ou de toute autre situation analogue.

Nous relevons encore pour la même année 1875 les chiffres suivants : garnison de Nancy, effectif moyen 2197 hommes; 28 vénériens à l'hôpital, pour 1000 hommes d'effectif; Besançon ; 42 p. 100 (une remarquable proportion de chancres mous ; 85 contre 58 syphilis), sur un eflèctif de 5821 hommes ; Bourges : 4844 hommes, 8 vénériens pour 1000; Nantes : 2497 hommes, 59 vénériens pour 1000; Brest: 1384 hommes, 46 vénériens pour 1000 (49 affections blennorrhagiques contre 5 syphilis et 12 chanci'es mous); Limoges : 3786 hommes, 18 vénériens pour 1000 (56 cas de syphilis contre 8 chancres mous et 6 affections blennorrhagiques) ; Clermont-Ferrand : 5758 hommes, 36 vénériens pour 1000 hommes d'effectif; Grenoble : 4908 hommes, 14 vénériens pour 1000; Lyon et camps : 16 091 hommes, 27 vénéi^iens pour 1000; Marseille : 4581 hommes, 58 vénériens pour 1000 (dont les chancres mous l'eprésentent la moitié) ; Toulouse : 7002 hommes, vénériens pour 1000, 50 (dont les trois cinquièmes sont des affections blennorrhagiques) ; Bordeaux : 4001 hommes, vénériens pour 1000, 59 (dont un peu plus delà moitié en uréthrites): gouvernement de Paris : 65 847 hommes, 20 vénériens pour 1000 ^; Rouen : 3698 h., 41 vénériens pour 1000 (tout syphilis, ce qui doit être dû à des idées doctrinales de la part des médecins traitants) ; Rennes : 4452 hommes, 65 vénériens pour 1000 d'effectif.

Nous répétons que ces chiffres n'ont trait qu'aux entrées aux hôpitaux et, en général, doivent être plus que doublés pour atteindre au chiffre réel des vénériens, puisque les malades à l'infirmerie, pour ce fait, sont à ceux de l'hôpital comme 127 : 85. Sans doute, la façon de procéder, non plus que celle de diagnostiquer, n'est pas la même chez tous les médecins ; quelques-uns sont plus disposés à envoyer leurs hommes à l'hôpital que d'autres ; il es'„ aussi des infirmeries dont l'outillage ne permet pas d'aller bien loin dans le traitement d'affections quelconques. Cependant, il semble qu'on puisse conclure de l'état de choses actuel que les affections vénériennes bénignes sont réellement les plus nombreuses en France, en ce moment. H y a peu à conclure d'une seule année. Cependant, on remarque, dans l'é-

* Cette bénignité des affections vénériennes militaires, à Paris, est en rapport avec une diminution semblable de leur fréquence et de leur gravité dans la population générale, constatée depuis la guerre 1870-1871 (Ch. Mauriac, Diminution des maladies vénériennes dans

688 FRANCE (pathologie).

numération qui procède, que les grandes capitales, Paris et Lyon, ne sont pas très-chargées de vénériens militaires. Le fait nous paraît ne pouvoir dépendre que des mesures de police sanitaire et de leur stricte application ; il a suffi, d'un côté, que la prostitution fût surveillée et visitée; de l'autre, que les médecins militaires procédassent régulièrement aux visites de santé prescrites par les ordonnances. Les ports de mer, Marseille, Bordeaux, Nantes, Brest, tiennent toujours la tète. On ne sait pourquoi Rennes, Rouen, Besançon, les suivent de si près, à moins qu'il n'y ait là insuffisance de mesures administratives vis-àvis de la prostitution de toutes formes.

Quant à la fréquence relative des différenles espèces ou dys divers accidents, nous ne nous croyons pas autorisé à tirer aucune déduction des résultats brièvement exposés. Diverses circonstances, qui échappent à la statistique, les ont évidemment modifiés, çà et là, de façon à dérouter les idées reçues, même les plus rationnelles. Comment se fait-il qu'à Limoges, contre beaucoup de cas de syphilis, on trouve si peu de blennorrhagies, et à Rouen pas du tout; alors que la blennorrhagie peut si facilement se constitner de toutes pièces? M. Léon Le Fort (De la prostitution dans la ville de Paris dans ses rapports avec la propa- (jation des maladies vénériennes, i869) constatait, à Paris, que les femmes légitimes figurant pour 5 cas de chancres mous, 9 de syphilis et 63 de blennorrhagie, les maîtresses ou simples connaissances ont donné 576 uréthrites, 82 chancres mous, 171 chancres suivis de syphilis; qne \es femmes rencontrées dans les bals publics avaient été la source de 541 cas de maladies vénériennes; les prostituées clandestines, de 1761 cas; les maisons de tolérance, de 780; qu'enfin, les prostituées clandestines donnent la moitié des blennorrhagies, les trois quarts des chancres mous, les deux tiers des syphilis.

Il nous paraît utile de terminer ce paragraphe en mentionnant les circonstances dans lesquelles la syphilis s'est montrée, en France, sous un jour particulier, soit en elle-même, soit par ses rapports avec d'autres faits d'ordre médical.

Une des plus curieuses de ces circonstances, c'est celle dans laquelle la vérole a repris sur notre sol la physionomie épidémique, a reproduit en miniature la grande catastrophe du seizième siècle. La chose s'est produite au moins deux fois : une première, à Chavanne, près deLure, d'oij le docteur Flamand, le 6 octobre 1829, écrivait au Journal conipl. du Dictionn. des sciences médicales (t. V, p. 314) la description d'une maladie dans les traits de laquelle il est difficile de ne pas reconnaître la syphilis insontium, et qui avait atteint, dit-il, « vingt ou vingtcinq personnes, probablement même un plus grand nombre ». Le premier malade, « arrêté et retenu pendant trois jours dans un corps-de-garde autrichien, à Monlbéliard, lors de la seconde invasion, prétendait y avoir contracté sa maladie en buvant dans le même vase et immédiatement après un soldat de cette nation, qui, disait-il, avait la même maladie aux lèvres ». Celte date du premier cas, rapprochée de celle où les observations se multipliaient (1828), ne laisse pas que de donner à réfléchir. Comment l'épidémie ne s'est-elle pas déclarée plus près de 1815? Et si les cas se sont échelonnés sur douze ou treize ans, des cas dont on ne sait même pas le nombre, comment peut-on parler d'épidémie? M. Rollet s'est peut-être un peu hâté en rangeant ces faits parmi les endémo-épidémies syphilitiques réputées anormales, douteuses ou exclu ville de Paris depuis la guerre 1870-1871. Paris, 1875). La principale cause signalée est la répression énergique de la prostitution clandestine.

FRANGE (pathologie), 689

tiques. Nous rapprocherons de cette manifestation, épidémique jusqu'à un certain point, l'histoire récente des syphilitiques insontes de Brives-la-Gaillarde (1875), racontée par M. Bardinet {Annales d'hygiène publ , juillet 1874). Une sage-femme, porteur d'un chancre au doigt, inoculait sans le savoir la vérole aux nouvelles accouchées et à leurs enfants. On crut, quelque temps, dans la localité, « qu'il y avait quelque chose dans l'air » , comme on eût dit à l'époque de Grégoire de Tours ou de Guy de Chauliac.

La France a eu aussi ses bouffées de syphilis vaccinale. L'Italie seule (Crémone, Lupara, Rivalta) pouvait offrir des récits de larges catastrophes ; on recueillait encore chez nous les faits, un par un, lorsque, enfin, eu 1866, la Bretagne (cela devait être en Bretagne) donna à M. Depaul l'épidémie et l'éclat qu'il attendait pour mener sa triste campagne contre la vaccine humaine. Cela s'appela l'épidémie de Sainte-Anne ; eu réalité, plusieurs communes du Morbihan, aux environs d'Auray, Pluneret, Plumcrgat, Grand-Champ, participèrent aux désastres ; plus de soixante enfants furent reconnus pour syphilitiques par les docteurs A. de Closmadeuc et Denis (d'Auray), puis par MM. Depaul et Roger, délégués de l'Académie de médecine (août ISGGj. Du vaccin en plaques et une sage-femme, intermédiaire inconscient, avaient été l'origine du mal. Pourtant, il n'y eut pas entente absolue entre tous les témoins, ni entre tous les narrateurs, et la critique ébranla quelque peu la netteté des caractères de l'épidémie de Sainte-Anne (Lediberder, Briquet, Jules Guérin, Bourdais). Nous ne voulons pas reprendre cette discussion qui a déjà été bien trop longue en son temps ; il nous suffit d'avoir relevé un fait qui appartient à l'histoire et auquel il est difficile de ne pas accorder une extrême importance.

La syphilis a encore, chez nous comme ailleurs, ses rapports avec la médecine légale. Il s'agit principalement de la contamination des nourrissons par les nourrices et surtout, inversement, des nourrices par les nourrissons. Tous les traités spéciaux (médecine légale et maladies vénériennes) s'occupent de cette grave question. (Voy. particulièrement : Diday et Doyon, T/ie'rapeutiqae des maladies vénériennes et des maladies cutanées. Paris, 1876. — Ch. Bouchard, Leçons sur l'hygiène et la prophylaxie des maladies vénériennes, in Gazette hebdomad., 1876.)

Enfin, mentionnons la syphilis verrière, observée aujourd'hui encore par

". Diday et RoUet sur les ouvriers de Rive-de-Gier. Car, quoi qu'on en ait dit, non-seulement les ouvriers n'ont pas adopté (Ch. Bouchard) l'usage de l'ingénieux embout que M. Cliassagny voulait adaptera la canne à souffler; mais ils ne bénéficient pas des garanties que la visite médicale, suffisamment fréquente, leur assurerait et qu'elle leur procure effeclivement chez quelques patrons (Diday, Lettre sur la syphilis verrière, in Gazette hebdomad., 1876, p. 513), Nous voyons ici la dissémination d'un virus à la faveur d'une ^industrie dans laquelle excelle la France.

Rougeole et scarlatine. Les conditions d'origine et de propagation de la rougeole ou de la scarlatine, leurs caractères pathologiques, n'ont rien en France qui soit spécial à notre pays, sauf, en ce qui concerne la scarlatine, que celle-ci, depuis longtemps à l'état de violentes épidémies dans diverses régions de l'Angleterre (E. Besnier), n'est observée à Paris et dans presque toute la France que sous la forme sporadique. On croirait que cette maladie est dépaysée chez nous ; le terrain lui est peu favorable, elle ne s'étend pas. Ce qui a'em pêche point les cas qu'elle présente d'être habituellement gravjs.

DICT. ENC. 4° s. V. 44

690 FRAJNCE (pathologie).

La rougeole, franchement épidémique sur notre sol, extrêmement contagieuse, est une maladie de la saison froide, et de l'enfance particulièrement. Comme la variole, elle affectionne la saison froide, parce que celle-ci favorise le confinement des groupes, la multiplicité et l'intimité des contacts ^ La raison de sa prédilection pour le jeune âge n'est probablement autre chose que l'extrême subtilité de son miasme (ou de son virus, très-diffusible), jointe à la propriété qu'elle partage avec d'autres maladies spécifiques de n'attaquer qu'une fois (généralement) le même individu. Dans l'épidémie des îles Feroë (Panum) en 1846, comme il n'y avait pas eu de rougeole depuis soixante-cinq ans, presque tous les âges furent atteints.

En raison sans doute du milieu spécial de notre pratique et de nos observations, nous regardions jusqu'ici la rougeole comme une maladie bénigne, malgré sa fréquence; la scarlatine nous paraissait, de même, influencer assez peu la mortalité, en conséquence de la rareté de ses coups. Peut-être n'étions-nous pas seul à vivre dans cette opinion. En y regardant d'un peu plus près, en vue du présent travail, nous constatons que la rougeole et la scarlatine ensemble, parfois la rougeole seule, sont bien près, envisagées dans une série d'années, d'être aussi meurtrières en France que la variole, beaucoup plus redoutée d'ordinaire.

On a déjà pu, dans le résumé des épidémies françaises présenté plus haut, juger de la sévérité de certaines bouffées rubéoliques locales. Voici des aperçus d'ensemble.

M. Lombard trouve, pour les trois années 1855-1857, la propoi-tion des décès varioliques égale à 15 pour 1000 de tous les décès. Dans le même temps, les décès pour la rougeole ont été de 19 millièmes, et ceux de la scarlatine, de 7 millièmes. Le chiffre de 17 pour 1000 lui semble pouvoir représenter la proportion moyenne de la léthalité rubéolique.

Dans l'armée, la Statistique médicale inscrit pour les quatre années 1866- 1869 la proportion de 0,21 décès pour 1000 hommes d'effectif par variole, qui revient à 21 décès pour 1000 de toute cause (la léthalité militaire étant, à celte époque, environ 10 pour 1000). Or, de 1852 à 1859, la rougeole a donné 25 décès sur 1000 pour les principales garnisons de France, Paris compris. (L. Laveran, Recherches sur les causes de la mortalité de l'armée servant à r intérieur.) Pour les années 1868 et 1869, plus comparables avec la période énoncée d'abord, les fièvres éruptives autres que la variole comptent 17 décès annuels pour 1000 décès généraux. En 1875, nous trouvons encore cette mention : « 162 décès (0,37 pour 1000 hommes) sont occasionnés en proportions à peu près égales par la variole et les autres fièvres éruptives. » Inutile de faire remarquer que ces autres fièvres éruptives sont essentiellement la rougeole.

M. Ely, relevant les décès de Paris pour les cinq années de 1865 à 1869, constate que la rougeole, « par un hasard singulier », offre les mêmes chiffres que la variole: 3019 décès par celle-ci dans les cinq ans ; 3021 décès par la

* La rougeole est, comme la variole, assez virulente pour être en elle-même indépendante des conditions climatériques et atmosphériques. Elle sévissait à Rouen en 1772, par un hiver rigoureux ; à Lille, en 1757, dans le milieu de la chaleur. Elle s'étend parfois, comme la variole aussi, sur tout un continent. Les épidémies observées en France de 1796 à 1801, en !8i2 et 1843, dépendaient d'une grande pandémie qui parcourait le Nord-Ouest de l'Europe érirriic du >^ord (Hirsch).

FRANGE (pathologie). 691

rougeole; soit, de part et d'autre, l'2,9 décès pour 1000 de toute provenance. La scarlatine, dans le même temps, causait 5 décès sur 1000; il y avait eu, dit l'auteur, une forte épidémie en 1868 et en 1869. On sait ce qu'il faut penser de cette expression appliquée à la scarlatine.

Dans de telles conditions, l'on comprend que les médecins fassent effort pour diminuer dans la plus grande mesure possible les cas de rougeole. Il est une part de ceux-ci dont la prophylaxie paraît être dans nos mains ; ce sont les cas intérieurs des salles d'hôpital, ptincipalement des Jiôpitaux d'enfants. La même réflexion peut être faite à propos de la scarlatine. Les médecins des hôpitaux de Paris remarquent que les cas intérieurs de ces deux affections sont habituellement plus nombreux que les cas venus du dehors. Et la proportion des décès dans les hôpitaux s'élève du quart à la moitié des malades 1 II y a donc lieu d'appliquer aux rubéoleux et aux scarlatineux les mesures d'isolement que réclament M. E. Besnier et ses collègues de la Société des hôpitaux, et qui ont déjà rendu tant de services dans la sphère de la variole. Les hôpitaux militaires ont des salles spéciales pour les soldats atteints de rougeole.

De pareilles précautions diminueront certainement le nombre total des cas de rougeole et préserveront surtout une catégorie de sujets disposés à avoir des rougeoles graves, nous voulons dire les enfants pauvres et peu résistants que l'on re(^oit dans les hôpitaux. L'approbation de tous les médecins et de tous les philanthropes est acquise aux demandes de nos confrères de la capitale. Cependant, il est peut-être prudent de ne compter que sur un succès limité : le principe contagieux de la rougeole est éminemment subtil, nous ne possédons pas de vaccin contre lui, l'âge adulte ne confère pas l'immunité; c'est presque une maladie qu'il faut que chacun ait une fois ; on lui barre le passage à l'hôpital, ce qui est bien, mais ne retrouvera-t-elle pas quelque autre part sa victime, au foyer de famille, dans la rue, à la caserne, ou dans tout autre groupement humain?

C'est probable. Aussi pensons-nous que la préservation, et non plus la prophylaxie, doit viser la mortalité par la rougeole plus que la rougeole même.

La rougeole maligne est assez rare. Le plus souvent, quand cette maladie multiplie les désastres dans un groupe, soit dans le cours de l'éruption, soit par les suites de la rougeole, la bronchite surtout, la faute en est au terrain plutôt qu'au principe morbide. Les économies chétives ou débilitées supportent mal la rougeole et ne suffisent pas à sa longue convalescence. De là vient la haute mortalité dans la population pauvre et chez les soldats, les jeunes surtout, dans des conditions particulières d'épuisement organique.

Les deux récits les plus frappants que nous puissions emprunter, sur ce sujet, à l'épidémiologie militaire, ont précisément trait à des épidémies de rougeole chez des troupes particulièrement déprimées par des ftttigues exceptionnelles ou des privations. L'un est celui de M. L. Laveran, relatif à la rougeole observée en 1860, au Val-de-Grâce, sur des soldats dont une bonne part rentraient d'Italie (L. Laveran, Des influences nosocomiales sur la marche et la gravité de la rougeole : Gazette hebdomad., 1861); on perdit 40 malades sur 125. L'autre est fourni par M. L. Colin et se rapporte à la rougeole pendant le siège de Paris ; la mortalité s'éleva, dit l'auteur, à 1 sur 3 environ.

En temps ordinaire, la i-ougeole est d'une haute bénignité dans l'armée. En 1856, 1843, 1846, 1850, 1852, 1858, l'armée de Paris n'eut pas un seul décès de rougeole (L. Laveran). Quelqu'un qui ne connaîtrait que ces années ne

692 FRANCE (pathologie).

voudrait pas ajouter foi aux observations de 1860 et de 1870-71. Il en est de même vis à-vis de la population civile ; les médecins de la classe aisée ou riche sont profondément étonnés quand, pendant une épidémie de ville, ils entendent les médecins des bureaux de bienfaisance, des asiles, des salles d'enfants, leur faire le triste récit de catastrophes nombreuses et marquées de détails navrants. Cette divergence d'impressions se révéla naguère au sein de la Société de médecine du Nord, à l'occasion de l'épidémie étendue et sévère de rougeole qui frappa la ville de Lille en 1877-78. Les praticiens familiers de la clientèle bourgeoise continuaient à croire la rougeole une maladie peu offensive; les médecins des pauvres présentaient, au contraire, un tableau chargé des plus sombres couleurs. Chacun était dans le vrai sur son terrain d'observation. On ne meurt pas beaucoup de rougeole dans les plantureuses familles lilloises du centre ; mais on en meurt énormément à Esquermes, à Wazemmes, dans les habitations misérables des familles populeuses d'ouvriers, chez qui la solution du problème de l'alimentation a quelque chose d'invraisemblable et dont l'existence paraît la réalisation d'une impossibilité mathématique.

A notre avis, ce que doivent en ceci, comme en beaucoup d'autres occasions, prêcher les médecins et les hygiénistes, c'est l'urgence qu'il y a d'élever le niveau de la résistance vitale des enfants et des soldats, des masses pour bien dire, afin que la rougeole, à qui l'on ne peut décidément fermer toutes les portes, trouve toujours des économies en situation de la recevoir de pied ferme et d'en triompher en dernier ressort. Encore une fois, en règle générale, ce n'est pas la rougeole qui est maligne ; ce sont nos enfants qui sont faibles.

Nous devons avouer aussi, pour terminer par un détail qui paraît, malheureusement, caractériser encore notre pays, qu'ils sont mal soignés. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne sont pas assez soignés ; c'est plutôt le contraire. Quelques vieux axiomes niais, d'origine médicale du reste, selon toute apparence, ont merveilleusement pris chez le peuple et y ont jeté de profondes racines. 11 faut surchauffer les enfants qui couvent une éruption, leur faire boire à tout instant, même au prix de leur repos dans la fièvre, force tisanes écœurantes ; à aucun prix, ne leur laisser arriver un peu d'air pur du dehors. Le médecin moderne lutte avec perte contre ces préjugés. Que de fois, dans notre petite pratique du village de Saint-Cyr, nous avons d'avance pronostiqué — et pronostiqué juste — la mort d'enfants atteints de rougeole, pas plus malades que d'autres, mais sur la physionomie et l'attitude des parents ! Il est à remarquer que les enfants de ces gens-là sont particulièrement difficiles à soigner, même ou surtout par leurs proches. Les enfants gâtés sont là plus qu'ailleurs. Après tout, c'est bien simple, ce sont les moins instruits qui élèvent le plus mal iewsi enfants.

Oreillons. Un certain nombre de maladies, que l'observation démontre comme étant disposées particulièrement à revêtir la forme épidémique, encore que la détermination anatomique qui les caractérise puisse se présenter isolée et provenant de causes banales, méritent d'être annexées au cadre des maladies spécifiques et devraient suivre celles dont on ne sait pas encore si elles procèdent d'un virus ou d'un miasme. Des épidémiologisles faisant autorité les ont même rapprochées des fièvres éruptives de la façon la plus formelle. Les principales affections de cet ordre sont : la brozichite capillaire épidémique, la méningite cérébro-spinale, les oreillons. Nous croyons que la théorie est allée trop loin pour la bronchite capillaire, et l'on retrouvera l'article de celle-ci aux

FRAJNCE (patholo;gie). 693

maladies du climat. La méningite cérébro-spinale nous parait plutôt une tvphique qu'une éruptive ; nous ferons son histoire avec celle des maladies militaires, dont elle est ime des expressions les plus décisives. Restent les oreillons auxquels il convient d'accorder une étude succincte.

Cette affection est assez rare à l'état sporadiqno; en revanche, elle est commune, sous forme d'épidémie localisée, dans toutes les circonstances où un nombre un peu considérable de jeunes sujets de l'un ou de l'autre sexe sont réunis dans le même abri. Tandis que l'on ne voit presque jamais d'oreillons dans les grands services hospitaliers des villes (voy. Trousseau, Oûii(/He, t. 1), les infirmeries des pensionnats, des écoles, des régiments, les comptent presque parmi leurs maladies vulgaires. A l'Ecole de Saint-Cyr, pendant liuit ans, nous en avons vu à peu près chaque année une poussée épidémique plus ou moins étendue; c'est une tradition de la maison, depuis les pensionnaires de Louis XIV, dont Dionis rapporte l'histoire ; le changement de sexe des élèves n'a pas changé sur ce point les habitudes pathologiques. (Dionis du Séjour, Cours cVopérat. de chir., 1736.)

La maladie, reconnue par ailleui's ubiquitaire, a été observée sur tous les points du territoire : à Nancy (Simonin), à Vire (Lepecq), à Marseille (Ressiguier), à Toulouse (Desbarreaux), à Mont-Louis (Dogny), à Arras (Rizet), à Paris, etc. Elle paraît être endémique à Bclle-Isle-en-Mer (Rochard) et peut-être dans tous nos ports de l'Océan (Jacob). Dans le Morvan, elle porte le nom caractéristique de giffles; en Provence et en Espagne, ce sont les gales ou les cornudos.

Elle sévit dans toute saison, mais particulièrement dans la saison froide; ce qui entraîne naturellement sa coïncidence fréquente avec les fièvres éruptives, à l'une des phases de leur évolution épidémique. Sur 117 épidémies, Hirsch en note 51 en hiver, o2 au printemps, 19 en automne, 15 en été.

Elle hante volontiers la population civile, où Rilliet et Barthez avaient cni pouvoir formuler la loi : que la prédisposition à contracter les oreillons est surtout de cinq à quinze ans. Nous en avons relevé plusieurs épidémies dans les comptes rendus de la Commission académique. Mais elle est si fréquente dans les groupes militaires que les observations les plus nombreuses appartiennent à des médecins de troupes et qu'elle figure toujours en bon rang dans les traités des maladies des armées.

M. L. Colin {Etudes clin, de méd. milit. Paris, 1864) en a 75 cas dans son régiment, à Joigny, en février-mars 1855. La population civile reste indemne. M. Rizet {Bull, médic. du nord de la France, novembre 1865) en observe une épidémie à Arras en 1861-; les premiers cas avaient atteint des enfiints ; les soldats ne furent envahis qu'en second lieu, sans distinction d'arme. Dans la même année, l'épidémie régnait aussi dans la garnison de Douai, dans celle de Montpellier. On en vit fréquemment aux armées de la Défense, 1870-71, pendant la saison froitle (Vidal, Thèse de Paris, 1871). M. Jacob {Les oreillons au point de vue épidémiologiqiie et clinique, in Rec.de mém. de méd. milit., o^ série, XXXI, 1875), qui refuse aux oreillons toute spécificité, les observait, lui et ses collègues de la médecine militaire, dans les camps et les forts autour de Paris, de 1874 à 1875. Dans la même année, M. Châtain appelait l'attention du conseil de santé sur l'atrophie du testicule qui s'est produite trbis fois dans neuf cas d'orchite oreillarde, sur 57 malades soignés par ce médecin. Cette circonstance inspirait, un peu plus tard, le travail de M. Czernicki sur le traitement de l'orchite ourlienne par le jaborandi {Rec.,elc., 1876, XXXII); puis

694 FRANCE (pathologie).

l'histoire d'une épidémie observée sur la garnison de Dijon par M. Adolphe Juloux [Contribution à Vétude des oreillons et de Vorchite métastatique, in Recueil, etc., d876, t. XXXII, p. 478), précédée elle-même de la Relation d'une épidémie d'oreillons survenue au 11 1*= de ligne, à Antibes, par M. le docteur Chauvin, ibid., 475). Plus récemment (1876), M. L. Colin revenait sur ce sujet à la Société médicale des hôpitaux de Paris, pour rapprocher encore les oreillons des fièvres éruptives. Enfin, en dernier lieu, M. Sorel [De Vorchite dite métastatique et de la fièvre testiculaire dans les oreillons, in Recueil, etc. 1877, XXXIII, 225) apportait un argument important à la théorie de la spécificité morbide des oreillons, en écrivant des tracés thermiques qui démontrent la fièvre oreillarde et sa marche cyclique ; pendant que M. L. Lereboullet étudiait d'une façon brillante les Atrophies testiculaires et hypertrophies mammaires à la suite de certaines orchites (Gazette hebdomad., 1877).

Bien qu'il ne soit pas inouï que les oreillons aient atteint des hommes mûrs et même des vieillai-ds (Jacob), il n'en est pas moins frappant que les épidémies choisissent si particulièrement et si activement les jeunes soldats, dont les aptitudes morbides, la virginité vis-à-vis* des influences infectieuses et les maladies mêmes rappellent par tant d'endroits la réceptivité spéciale et la pathologie de l'enfance (L. Colin). C'est un grand argument en faveur de la spécificité et du rapprochement que l'on fait des oreillons et des fièvres éruptives. La transmissibilité (plutôt que la contagiosité) est une autre preuve assez bien établie. Il nous a paru évident, à Saint-Cyr, que la maladie se constituait eu foyer et que les individus sains ne pouvaient la prendre que là, par communication. Dans l'Ecole, le premier foyer était dans les locaux occupés par les élèves; un second se formait bientôt dans le quartier séparé, servant de casernement aux troupes annexées à l'Ecole (clairons, tambours, cavaliers de manège et de remonte, sous-maîtres de manège, de gymnase, etc.); un jour, lacantinière se trouva comprise dans ce dernier foyer. Des individus de tout âge et de tout sexe venus du village communiquaient incessamment avec l'un ou l'autre de ces foyers et y prenaient quelquefois le mal ; le coiffeur des élèves, homme sur la quarantaine, fut un de ceux-là. Mais ces cas, qui évoluaient dans le village même, restaient stériles ; jamais l'épidémie, comme telle, ne gagna la population civile de Saint-Cyr.

Les ourles n'ont pas, en France, en tant que type morbide, de caractère qui les distingue d'affections de même nature dans d'autres pays. On en meurt trèsrarement. Toutefois, lorsque la complication de l'orchite simple, ou surtout double, se présente, ou encore lorsque la maladie n'a que l'orchite pour toute manifestation, le pronostic se trouve en face de la perspective de l'atrophie testiculaire: accident grave, puisqu'il tend à faire passer l'individualité virile à l'état d'une triste neutralité, que des ébauches d'attributs d'un autre sexe rendent plus amèrement grotesque. (Voy. Léon Lereboullet, Gazette hebdomad., 1877, n° 34.)

Le fait que nous plaçons les oreillons dans le cadre des maladies spécifiques indique suffisamment notre opinion fondamentale dans la question de nature. C'est, pour nous, une maladie infectieuse. Ce que nous en avons dit ne les éloigne pas de quelques éruptives, comme la rougeole et la scarlatine, dont le principe virulent est fort indécis, tandis que la propagation miasmatique est évidente. Mais nous ne nous croyons pas obligé pour cela à prendre parti pour l'opinion qui réunit les oreillons et les fièvres éruptives dans une sorte de

FRANCE (pathologie). 695

famille naturelle ; il y a, entre les uns et les autres, des rapports qui peuvent bien n'être que des coïncidences, ou encore des traits qui dépendent d'un élément commun, mais accessoire.

Morve et rage. D'autres virus pénètrent dans l'économie humaine à l'occasion d'habitudes propres à l'espèce, et proviennent d'animaux dont la plupart sont plies, de temps immémorial, à servir nos besoins réels ou notre fantaisie. Telles sont la morve, avec les formes qui en dérivent, et la rage.

La rage peut venir à l'homme du loup, du renard, du chat ; le plus ordinairement, elle vient du chien. Or, le chien est très-commun en France. Les grandes races de chasse font l'orgueil des derniers gentilshommes, représentants de la vénerie féodale ou princière ; à côté de la meute bruyante et fastueuse, les chiens d'arrêt plus modestes, mais aussi fins, réjouissent les chasseurs bourgeois. Le chien garde la ferme, la maison, le jardmet, partout dans notre pays, où tout le monde est propriétaire. Il est le serviteur traditionnel et fanatique de tous nos bergers. Il satisfait, dans toutes les classes de la société, au besoin instinctif qui poursuit l'homme d'avoir un compagnon, un être dominé, confident des impressions les plus diverses, et que l'on suppose intelligent d'autant plus qu'il est muet. Le chien, d'ailleurs, a positivement cette intelligence et il l'associe plus qu'aucun être de la création à un attachement passionné et sans bornes à son maître. De là vient que certaines créatures humaines, très-faibles et très-civilisées, intervertissent les rôljîs et se font les esclaves de chiens, à qui cette préséance sied assez mal. Mais le roquet des salons et le roquet de la rue ont la même raison d'être. (Le recensement de 1866 portait 1860 115 chiens en Fi-ance; écrivons 2 millions en nombre rond.)

Le cheval, quoique stupide, est plus positivement utile que le chien. Dans notre pays d'agriculture, il fend le sillon avec plus d'énergie et de rapidité que le bœuf et ramène en hâte les foins et les gerbes sous les abris qui les attendent. Il traîne tous les fardeaux et sera longtemps encore l'accessoire obligé de la locomotion par voies ferrées, tant pour les hommes que pour les marchandises. De même, il reste un engin de guerre, coûteux, ruineux, mais puissant et indispensable pour notre patrie trop belle et trop riche, que les philosophes de proie regardent obliquement, les canines découvertes, en attendant l'heure propice (le moment psychologique).

D'oii la menace incessante de la morve, comme celle de la rage, chezThomme, tant que l'hygiène, qui en a déjà bien diminué les dangers, n'aura pas 'établi une protection absolue, une prophylaxie complète et certaine (ce qui paraît bien difficile) .

En général, ces deux maladies, d'abord chez ceux de nos animaux domestiques qui en ont le funeste privilège, puis chez l'homme qui les prend d'eux par inoculation, sont en rapport de fréquence respectivement, d'une part, avec le nombre de ces animaux, dans une contrée donnée; de l'autre, avec l'institution et rajqilication plus ou moins parfaite des mesures de préservation, conseillées ou même prescrites.

11 ne paraît pas, toutefois, que les statistiques et les rapprochements qui pourraient, établir catégoriquement cette loi aient jamais été faits. On n'est pas parvenu, cela est certain, à en réunir les éléments. En ce qui concerne la rage, en particulier, une enquête a l'air de s'accomplir depuis 1850, sous l'impulsion de l'administration supérieure. Mais que de lacunes ! le ministère ne fait pas mettre, en regard du nombre des morsures qui ont causé la rage, le nombre des

chiens par département ; au début, il ne s'enquérait pas du nombre des morsures qui peuvent avoir été faites par un seul et même chien. Par-dessus tout, bien des préfectures ont répondu fort légèrement, ou même n'ont fait aucune réponse. De telle sorte, dit justement A. Vital, que les chiffres obtenus, l'ésumés au bout de dix ans, par exemple, ne représentent que le quart, la moitié, les deux tiers de la vérité.

Voici, au surplus, un aperçu de ces procédés et de ces résultats.

La circulaire du 17 juin 1850 réclame l'âge, le sexe, la résidence, des personnes atteintes de rage, les circonstances qui ont occasionné l'accident, la durée du mal, sa terminaison, le traitement employé. Au premier appel, 11 départements ne répondirent pas; 44 n'eurent à signaler aucun cas de rage; les 31 autres fournirent des détails plus ou moins satisfaisants sur 90 cas de

rage-

N'ont pas répondu à la demande de l'administration : Ain, Ardèche, Aude,

Calvados, Cantal, Charente-Inférieure, Isère, Loire, Manche, Basses-Pyrénées.

Les 90 cas rapportés, relatifs à des années qui s'étendent de 1805 à 1851, se

répartissent ainsi qu'il suit :

Allier 1 cas.

Aveyron 5

Bouches-rlii-Ilhône 4

Côte^-du-Nord 1

Creuse 1

Doubs 5

Drôrae 3

Eure 1

Finistère 2

Gard 6

Gironde 2

Indre l

Jura 1

Lot 2

Lot-et-Garonne 1

Marne 2

Meuithe 6

Moselle 2

Oise 1

l'uy-de-Dôme 1

Pyrénées (Hautes-) 3

f'yrénées-Orientales i

Saône (Haute-) 15

Saône-et-Loire 2

Seine i

Somme 2

Var 1

Vaucluse 1

Vendée 14

Vienne 1

Vosges 2

Sur les 90 individus atteints, on compte 65 hommes et 22 femmes. Dans 58 cas, le mal a été transmis par des chiens ; dans 20 cas, par des loups; dans 7 cas, par des chats; dans 5 cas, l'origine est restée inconnue. L'année 1850 revendique pour elle seule 27 cas; l'année 1851, 12 cas; 1843, 8 cas; tandis que chacune des autres, d'après le rapport, n'en comprend pas plus de 1 à 5. Cette remarque suffit, sans doute, à donner la mesure de l'importance qu'il faut attacher à ce document.

La circulaire du 12 mai 1852 demande, en plus que la précédente, l'espèce d'animal qui a fait la morsure, le mode d'inoculation, ou la nature et le siège dee blessures virulentes, les signes remarqués chez l'animal supposé enragé, la date du jour où a eu lieu la transmission du mal, le nombre des individus simultanément mordus et la proportion de ceux qui ont été atteints de la rage, la durée de l'incubation, celle de la maladie, et d'autres détails moins importants.

Les cas réunis par l'enquête dans le cours de l'année 1852 sont au nombre de 48, répartis comme ci-dessus :

FRANCE (pathologie). 697

Hautes-Alpes 10 cas.

Lozère 7

Seine 5

Mayenne 4

Oise 4

Hautes-Pyrénées 4

Pas-de-Calais 5

Marne ^ ''**•

Seine-Inférieure 2

Vosj;es

Gironde

Manche

Nord

Rhône

Tous sont dus à des morsures de chien, sauf un seul fourni par un chat.

Chien de herger o cas.

— Ijraque 2

— giiffon 2

— caniche 1

Chienne épagneule 1

Chien d'appartement 2

— dogue, de forte taille 1

Le Rapport pour les années 1853 et 1854 n'est fourni que par H départements, pour la première (Gers, Lot, Manche, Mayenne, Nord, Oise, Ilaut- Rliin, Rhône, Haute-Saône, Seine, Seine-et-Marne) ; par 8 départements pour la seconde (Lot, Manche, Oise, Haut-Rhin, Seine, Seine-et-Oise, Somme, Tarn). Il ajoute 28 cas nouveaux à ceux des enquêtes antérieures. Parmi les documents fournis se trouve un récit, dû au docteur Berlhet, des ravages causés à Autrey (Haute-Saône) par un loup enragé.

En 1855, 62 départements répondent à l'appel du ministre: 42 pour informer qu'ils n'ont eu aucun cas de rage ; 14 pour signaler un ensemble de 21 cas en tout (Aisne, Aube, Gôte-d'Or, Creuse, Drôme, Héi'ault, Jura, Landes, Orne, Hautes-Pyrénées, Haut-Rhin, Rhône, Haute-Saône, Seine-Inférieure).

En 1856, sur 77 départements représentés, 65 n'ont eu aucun cas de rage; 14 en ont eu ensemble 20 : Aube, Bouches-du-Rhône, Eure-et-Loir, Gard, Hérault, Jura, Lozère, Moselle, Oise, Pas-de-Calais, Bas-Rhin, Seine, Somme, Haute-Saône.

Pour 1857, sur 64 départements représentés, 53 n'ont pas eu de rage; 11 en ont eu ensemble 13 cas : Aube, Hérault, Jura, Moselle, Orne, Pas-de-Calais, Haut-Rhin, Sarthe, Jura, Deux-Sèvres, Somme, Yonne.

L'année 1858 reçoit des rapports de 65 départements, dont 50 n'ont pas eu de cas de rage; 15 en ont eu ensemble 17. Ce sont : Aveyron, Bouches-du- Rhône, Cantal, Charente-Inférieure, Gers, Gironde, Lozère, Kord, Basses- Pyrénées, Puy-de-Dôme, Rhône, Saône-et-Loire, Seine, Somme, Var (A. Tardieu, Dictionn. d'hygiène publ. et de salubrité, 2*= éd., tome III; art. Rage, Paris, 1862).

Aucun de ces documents n'a révélé de règle fixe dans la distribution des cas de rage, relativement au climat ou aux conditions topographiques et sociales des départements atteints. L'impôt sur les chiens, perçu à partir de 1856, n'a pas paru diminuer notablement la fréquence de la rage, ni d'ailleurs le nombre des chiens. Avant 1856, toutefois, la moyenne annuelle des cas de rage (officiellement connus) était de 24; elle n'est qu^de 17 pour les trois années 1856-1858.

Le fond de la question a été parfaitement traité à l'article Rage de cette Encyclopédie, par nos éminents collaborateurs MM. H. Rouley et P. Brouardel. Nous nous garderons de faire un double emploi qui gâterait une besogne déjà merveilleusement fournie. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de faire ressortir ce que les faits observés en France semblent apporter d'éléments à la

698 FRANGE (pathologie).

soluti m du problème, aujourd'hui plus discuté que jamais, de l'origine de la rage.

A. Vital (Lettres sur la rage. Paris, 1876), qui était un spontanéiste décidé (non exclusif, bien entendu), trouvait étrange de voir la maladie si souvent concentrée dans un seul département, au milieu d'un gi'oupe de départements indemnes. Pourquoi, en 1852, la Lozère était-elle visitée par la rage, quand la Haute-Loire, l'Ardèche, l'Aveyron, le Cantal, qui l'entourent de toutes parts, en étaient préservés ? Pourquoi la Mayenne et la Manche la subi>saient-elles quand ni le Calvados, ni l'Orne, ni la Sarthe, ni 5Iaine-et-Loire, ni la Loire-Inférieure, non plus qu'IUe-et-Yilaine, n'en présentaient des cas? En 1855, à travers l'Indre, le Cher, l'Allier, le Puy-de-Dôme, la Corrèze, la Haute- Vienne et la Vienne, qui restaient indemnes, elle atteignait la Creuse. En 1856, elle paraissait dans l'Aube sans avoir touché à Seine-et-Marne, à la Marne, à la Haute-Marne, la Côle-d'Or, l'Yonne; et dans le Pas-de-Calais, la Somme et l'Oise sans avoir touché à la région qui enveloppe ces trois départements : Nord, Aisne, Seine-et- Marne, Seine-et-Oise, Eure, Seine-Inférieure. On ne retrouve guère (la cherche-t-on, d'ailleurs?) la filiation des cas les uns des autres, j'entends chez le chien, qu'il est possible de retrouver souvent dans la plupart des maladies qui ne procèdent jamais que de la contagion. Il est certain cependant que l'on voit des cas de rage survenir coup sur coup, en assez grand nombre, sur un point donné, après plusieurs années d'assoupissement. Si la rage n'est point venue des contrées voisines, il a bien fallu qu'elle apparût spontanément. Remarquons encore que, dans la succession des années, au lieu de s'étendre de proche en proche, elle se manifeste le plus souvent sur des points très-éloignés de ceux qui avaient été atteints antérieurement.

En fait, malgré les longues incubations, il n'est pas si facile que la rage passe d'une contrée à la voisine, parce que l'on s'empresse de tirer un coup de fusil au chien enragé et que l'on abat, à son occasion, les bêtes mordues, qui pourraient devenir malades, et même quelques autres par précaution. L'espèce humaine est imprudente quand le danger n'est pas formel; mais elle est impitoyable quand elle a peur. Aussi, quand la rage a passé dans une localité, est-on habituellement assez longtemps sans en entendre parler.

Ceci étant connu, les contagionnistes exclusifs expliqueront difficilement les poussées épizootiques, les « règnes de rage )s selon l'expression de Vital, qui ont frappé plusieurs parties de la France en 1828, notre Midi de 1859 à 1841, toute l'Europe et surtout Berlin en 1852-1855. Car il se présente encore ce phénomène bizarre, parfaitement fixé par notre auteur en ce qui concerne l'Algérie, que la rage se montre fréquente au même moment sur des points aussi éloignés les uns des autres que Paris, Alger, Constantine et JNew-York.

La rage, qui, chez l'homme, procède toujours de l'inoculation, a peut-être parfois une autre origine chez le chien. Tout au moins, la situation est telle que de nouvelles observations, de nouvelles études, sont encore nécessaires pour éclairer ce problème, non moins grave pour la police sanitaire qu'intéressant pour la physiologie pathologique.

En effet, si la rage est quelquefois spontanée chez le chien, le chat, le loup, le renard, il y a quelque chose de particulier à ajouter aux mesures administratives, assez médiocres, du reste, instituées à peu près exclusivement en vue de l'inoculation entre animaux. Sans cesser de réprimer la divagation des chiens, qui, peut-être, dans de certaines conditions, favorise la spontanéité aussi bien

FRANGE (pathologie). 690

que les inoculations, il convient de provoquer la destruction des loups et des renards, encore si nombreux dans quelques départements; il y a toujours, nous dit-on, des lieutenants de louveterie; mais il semble que ces fonctionnaires regardent leur charge comme un moyen de cynégèse, à leur usage personnel, plutôt que comme un but d'utilité générale. Il y a probablement aussi à se préoccuper d'égaliser, dans l'espèce canine, le nombre des individus de chaque sexe, ainsi que Vital y songeait; les chiens mâles sont aujourd'hui bien plus communs que les femelles ; le contraire n'aurait aucun inconvénient. Pour y atteindre, Vital proposait de mettre à 12 francs l'impôt sur les chiennes et à 100 francs l'impôt sur les mâles, dùt-on entretenir des dépôts d'étalons pour prévenir la disparition des races utiles ou d'élite. Nous croyons qu'il suffirait de doubler l'impôt des mâles pour rétablir l'équilibre désiré, sans recourir à des institutions spéciales.

En tout état de cause, il est à propos que les municipalités abandonnent les mesures vexatoires ou violentes, qui par cela même ne peuvent durer. La muselière est odieuse au c!iien et au propriétaire; elle n'a d'efficacité que sur les inoffensifs; on peut y renoncer. La boulette empoisonnée est immorale. Le port obligatoire du collier, avec le nom et l'adresse du propriétaire, ne protège pas directement les humains; mais il facilite l'application des articles 1582, 1585 et 1585 du Code civil, relatifs à la responsabilité des propriétaires d'animaux, et dont on ne s'est jamais, que nous sachions, beaucoup sei"vi. En combinant avec ce moyen trois ou quatre razzias par an sur les chiens sans collier et sans maître, après avertissement préalable, d'une durée de huit jours chacune et en ne sacrifiant qu'au bout de trois jours les animaux capturés et non réclamés, on ne mécontenterait personne et l'on obtiendrait certainement des résultats considérables.

Par-dessus tout, il faut instruire le peuple et vulgariser par tous les modes, en même temps que bien d'autres, les plus importantes notions d'hygiène et de prophylaxie qui se rapportent à cet objet.

MM. H. Bouley et P. Brouardcl (art. Morve) ont encore largement rempli le programme descriptif et dogmatique qui se représenterait ici pour l'autre zoonose, la morve, dont le nom est inscrit en tête de ce paragraphe. Nons nous bornerons à rappeler que la période moderne de l'histoire de la morve a pri<s naissance en France, lorsque Piayer {De la morve et du farcin chez r homme : Mémoires de TAcad. de méd., tome VI, 1857) vint en démontrer la transmissibilîlé du cheval à l'homme (voy. aussi Littré, Contagion de la morve chevaline, in Médecine et médecins, 5® éd. Paris, 1875).

Il entre dans notre plan de faire quelques réflexions sur la fièvre intermittente, la dysenterie, le goitre et le crétinisme. Mais la première, quoique maladie spécifique certaine, trouvera mieux sa place à côté des influences étio- LOGiQUES DU SOL. La dysenterie est une spécifique si douteuse que nous la rangerons parmi les maladies qui naissent des influences atmosphériques. Ce sera encore aux influences du sol que nous rapporterons le goitre et le crétinisme, dont la spécificité est également discutable. Le typhus soulève une discussion qui trouvera naturellement sa place au chapitre des Aptitudes pathologiques de

Page 1