PROPORTION DES DÉCÈS A MARENNES
De 1817 à 1832 1 sur 21 habitants.
(Robert, Ch. Botton, in El. Reclus).
La rive poitevine, de Luçon à Marans et plus au sud encore, est aussi le fond d'un ancien golfe, exploité par l'industrie humaine à l'état Aq polders;. Marans, La Rochelle, Jarnac, Rochefort, Jonzac, Marennes ont une mortalité automnale à peu près double de la mortalité printanière. Toutefois, en ce qui regarde Rochefort, il y a de notre temps une amélioration considérable vis-à-vis dupasse. Au siècle dernier, d'après l'ouvrage deMoheau [Reherches et Considérations sur la population de la France. Paris, 1788), cité par M. Lombard (de Genève), la mortalité de Rochefort était ainsi répartie : sur 100 décès, il y en avait 18,40 au printemps, 20,95 en été, 56,95 en automne, et 25,75 en hiver. Les travaux de M. Maher [Statist. méd. de Rochefort. Paris, 1874), qui portent sur les quatorze années de 1854 à 1867 et comprennent 10 557 décès, nous montrent une atténuation sensible de la mortalité automnale. Printemps : 23,06 ; été 19,58 ; automne 30,27 ; hiver 27,29.
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L'influence des polders de Marans paraît s'e'tendre le long de la Sèvre jusqu'à Niort. Ce sont les fièvres paludéennes que M. Moullié {Essai de topographie de la ville de Niort et de ses environs; in Rec. de mém. de méd. mil., 1. 111, 1860), et surtout les intermittentes quotidiennes, indique comme dominant la pathologie.
Au sud de l'embouchure de la Gironde, la côte est basse et entrecoupée de lagunes, de petits golfes, dont le bassin d'Arcachon est le type le plus accentué, et qui communiquent avec la mer par un étroit canal. La plage, du reste, recule vers l'est, c'est-à-dire vers la terre, par le fait d'un affaissement lent et continu de la masse continentale et par l'érosion que la vague exercesur le rivage. Elle est bordée de dunes, autrefois boisées, qu'une cupidité aveugle a dégarnies dans les derniers siècles, et que l'on est obligé aujourd'hui déplanter en hâte de forêts de pins, sous peine de les voir se déplacer, obstruer les canaux, dessécher les étangs, en rejeter les eaux sur le pays cultivé, quelquefois ensevelir les villages. En arrière delà ligne des dunes s'étend le sol, si singulier de constitution et d'aspect, que l'on nomme alios, et qui occupe depuis les vignobles de Bordeaux jusqu'à l'Adour, un espace triangulaire de 14 000 kilomètres carrés. C'est l'ancien lit de la mer, recouvert par des sables de l'époque pliocène ; à une faible distance au-dessous de la surface, les infiltrations de tannin et d'autres matières organiques ont changé le sable en une couche de grès d'un brun noirâtre qui présente l'aspect et quelquefois la dureté du fer; on y voit même réellement des veines de ce métal en certains endroits. Ces bancs de grès sont à la fois un obstacle à la végétation forestière et à l'absorption des eaux de pluie par les couches sous-jacentes. Telle est la raison de l'état primitif de la lanne, ou lande. On y a simultanément le marais vrai et le sol inculte et même incultivable. Toutefois, les Landescots ou Lanusquets eux-mêmes ont fait violence à cette terre ingrate ; la locomotion sur des échasses se restreint à des régions étroites et disparaîtra bientôt. On a trouvé, en effet, le moyen d'assainir et de mettre en culture l'alios en creusant de distance en distance des fossés d'écoulement [crastes) et des puits d'absorption de toutes profondeurs. Les aunes enferment et réduisent peu à peu les mares ; le pin maritime, le chêne liège, en culture régulière, envahissent le domaine des bruyères, des ajoncs, des genêts, des carex, végétaux spontanés des landes; à travers le banc d'alios, l'homme va chercher le sous-sol pour l'apporter à la surface et créer une terre définitivement propre aux travaux de l'agriculture.
Toutes ces modifications n'ont pas moins amélioré la santé des habitants que l'aspect du pays. Le niveau des nappes d'eau s'est abaissé de la quantité nécessaire à l'alimentation des grands arbres, le régime des étangs est devenu stable ; l'élaboration séculaire des miasmes, au sein d'un sol que jamais la charrue n'abordait, a été troublée et interrompue. « Les fièvres paludéennes, jadis fort dangereuses, ont diminué, tandis que l'aisance générale et une meilleure hygiène ont, en maints endroits, fait disparaître la pellagre. Naguère un cinquième des habitants du Médoc étaient alités pendant les mois d'août et de septembre ; les fièvres dites médoquines donnaient à presque tous les habitants du pays un teint blafard, des yeux caves, des membres grêles. » (El. Reclus). 11 y a quinze ans, le département des Landes, dans les opérations du recrutement, avait le n" 88 pour la taille moyenne des recrues.
M. Duboué (de Pau) a communiqué à M. Lombard le résultat de ses recherches sur la part de l'impaludisme dans la mortalité des communes voisines des
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marais de Pont-Long (Basses-Pyrénées). Ce département n'a d'ailleurs qu'un millier d'hectares de marais. Aoiit et octobre sont les mois les plus chargés de décès. L'automne compte 27,59 pour 100 décès généraux; l'hiver 25,58; le printemps 21,59; l'été 25,44. C'est-à-dire que le printemps est la saison la plus salubre et que la mortalité est surtout automnale (voy. aussi Duboué : De r impaludisme. Paris, 1867).
L'état du sol, sur le littoral méditerranéen, et les conséquences sanitaires qui en dérivent, sont un sujet d'étude des plus intéressants, au point de vue qui nous occupé. Tandis qu'on languit et que l'on meurt de fièvre, à l'ouest des Bouches-du-Rhône, les populations prospèrent et s'accroissent à l'est. Mais aussi quelles différences dans l'aspect de la côte, d'une région à l'autre! Le littoral, du côlé de Marseille, est une côte rocheuse, élevée, baignée d'eaux profondes; l'étang de Berre lui-même est un golfe, bien plus qu'un lac, une petite mer intérieure, qui menace de le devenir absolument, par la tendance de la passe de Martigues à s'obstruer d'alluvions. Du côté de Montpellier, au contraire, la côte est absolument plate, indécise, formée par le retrait de la mer devant l'apport incessant des alluvions du Rhône et des barres que forment les courants parallèles au littoral. Les villes de la zone la plus proche de la mer ont des noms latins ou grecs, tandis que celles de la zone plus intérieure ont des noms celtiques ; preuve que l'habitation humaine est un fait récent sur la partie tout à fait littorale. Le sol y est entrecoupé d'étangs de peu de profondeur, incessamment modifiés dans leur contour, soit par le fleuve, soit par la mer ; les graux par lesquels ils communiquent avec celle-ci s'ensablent avec une facilité malheureuse. La partie de terre abandonnée par l'eau de mer est pénétrée de sel; sur divers points, l'homme lui-même favorise cette imprégnation en profitant des lagunes naturelles pour entretenir des marais salants. « 11 y a là, sur le littoral des riches départements du Midi, un espace de 25000 hectares qui pourrait être mis en culture (en le dessalant et en y dirigeant le limon des rivières), et qui n'a maintenant d'utilité que pour les sauniers, les pêcheurs et les coupeurs de roseaux. » (Duponchel : Traité d' hydraulique et de géologie agricoles, in Yi\. Reclus).
De telles conditions seraient dangereuses partout ; ici, elles sont meurtrières. Par-dessus les aptitudes du sol, il y a le soleil méditerranéen, autant vaudrait dire : africain, ainsi qu'on l'a établi à la section Climatologie. La puissance de fécondation de la chaleur sur les miasmes y est telle qu'il faut un mètre de profondeur d'eau pour assurer la submersion et l'inocuité de ceux-ci. Or, la ^ plupart des bassins d'étangs, sur ce littoral, n'ont pas cette profondeur. M. l'ingénieur Régy {Assainissement du littoral méditerranéen du département de l'Hérault. Montpellier, 1868) a mis en lumière les conséquences désastreuses de cet état de choses sur la santé des habitants des localités riveraines. Le déficit d'âge moyen (la vie moyenne en France étant de 55 ans, 75) atteint les proportions ci-dessous dans un certain nombre de communes :
^ Déficit Communes. d'âge moyen.
Mireval 19,60
Vie 16,4-2
Vamlrts 15,93
Déficit Communes. d'âge moyen.
Mauguio 14,45
Palavas 15,30
Villencuve-les-Maguelonnc. . 12,23
La moitié des enfants meurent avant l'âge de 10 ans dans les communes de Vie, Capestang, Villeneuve-les-Maguelonne ; plus de la moitié à Mireval et à
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Vias. Presque tous les étrangers qui viennent habiter l'un des villages exposés à ces influences palustres sont atteints par les fièvres. Là où les étangs sont suffisamment profonds et où la masse de l'eau ne lui permet pas de s'échauffer audessus de 27° ou 28°, la salubrité est satisfaisante ; ainsi Balaruc, Bouzigues, Mèze, Marseillan, sur les bords de l'étang de Thau, ont une mortalité à peine supérieure à la moyenne de la France.
Le plus grand nombre des décès appartient au mois de juillet et surtout au mois d'août; ce qui, selon la remarque très-exacte de M. Lombard, démontre l'influence particulière du climat méditerranéen, là où la chaleur qui lui est propre s'associe à l'impaludisme. Cette mortalité estivale trahit une forme de fièvres familière aux pays chauds, les continues ou rémittentes palustres, dont la continuité même constitue la gravité, sans qu'il y ait de caractère pernicieux à proprement parler. Sur la côte d'Afrique, ce sont ces mêmes fièvres qui accaparent la scène pathologique dès le mois de juin et l'occupent pendant tout l'été pour faire place, en automne, aux rémittentes bilieuses et aux vraies intermittentes pernicieuses.
A l'inégalité des conditions telluriques principalement il faut attribuer la différence si frappante que l'on peut remarquer dans les destinées des villes méditerranéennes. Pendant que la royale ville d'Arles se rapetisse et languit, pouvant à peine maintenir son chiffre de population, Marseille se multiplie et prolifère avec une vigueur irrésistible. Montpellier, malgré l'ombre d'Hippocrate qui devrait la protéger, perdait encore naguère sur son chiffre moyen d'habitants ; Béziers, de même ; tandis que Lodève et Saint-Pons s'épanouissent (voy. H. Rey : article Marais du Nouv. dict. deméd. et de chir.).
Mentionnons en passant les marais de la Corse, tant ceux du littoral que ceux des vallées étroites et profondes de l'intérieur, produits des découpures et des reliefs que les arêtes des rameaux de la chaîne centrale déterminent sur le sol de l'île. Là, encore, l'état inculte de certains espaces (maquis) provoque sur divers points des accidents identiques à ceux de l'impaludisme. Comme conséquence, la Corse vient au dernier rang parmi les départements de la France pour la densité de la population (558 507 habitants sur 875 000 hectares d'étendue ; la moyenne du département étant de 419 158 habitants pour 612 792 hectares ; d'après Wacquez-Lalo : [Description de la France). Les insulaires sont obligés de séjourner le moins possible dans les vallées; ils y descendent pour la culture et les moissons, mais gardent leur habitation ordinaire dans la montagne. Le séjour dans la vallée n'est cependant pas assez court pour que tous échappent aux atteintes de la malaria ; les manifestations aiguës de l'impaludisme sont communes dans de nombreux cantons; l'hypertrophie de la rate, l'engorgement des autres viscères abdominaux, en un mot les divers attributs de la cachexie palustre, amoindrissent la valeur physique de la population et entraînent des chiffres assez élevés d'exemptions du service militaire, soit directement, soit en raison de l'abaissement de la taille, qui fait partie des caractères de décadence de la race. La Corse vient, toutefois, dans un bon rang pour l'aptitude moyenne des recrues au service militaire ; mais le docteur Costa [le Recrutement de la Corse, in Rec. de me'm. de méd. mil. 1875), fait remarquer que les chiffres avantageux fournis par la population urbaine de l'île compensent et masquent le déficit que laisseraient les cultivateurs. On sait que l'agglomération des habitations et la persistance du séjour de l'homme enlèvent au sol ses influences propres (L. Colin).
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La Bresse, selon les géologues, est le fond d'un ancien lac. Dans la partie nord, au moins, les eaux sont épuisées et le pays est salubre. Mais, dans la région argileuse du Sud, les étangs sont encore fort nombreux; c'est la Bombes. A la vérité, ces étangs ne sont pas tous des restes de lacs anciens ; beaucoup sont de création moderne et, paraît-il, les guerres du moyen âge ont contribué puissamment à faire abandonner aux habitants du pays la culture pour la pêche. Les particuliers, à l'aide de barrages, mettaient donc leurs champs sous l'eau pour deux années, pendant lesquelles on élevait le poisson; à la troisième année, on vidait l'étang pour l'ensemencer, de seigle ou d'avoine le plus ordinairement. Mais <f. les récoltes étaient pauvres et incertaines ; les chemins mauvais, fangeux, bizarrement contournés, se prêtaient difficilement aux charrois; les vieilles routines gardaient leur empire ; la misère régnait dans tous les villages et la fièvre, émanée des étangs marécageux, décimait les habitants. » La population, qui est en moyenne, en France, de 67 habitants par kilomètre carré, n'était en Dombes que de 24 pour la même surface, et la vie moyenne n'y excédait pas 24 ans. La taille moyenne y subissait la dépression habituelle à tous nos cantons marécageux. Les mariages, les naissances, sont plus nombreux en Dombes qu'ailleurs ; mais les décès les compensaient de si près que, d'après le mouvement de la population de celte région, de 1802 à 1845, la période de doublement y serait de cinq cents ans! (E. Beaugrand, cité par IL Rey). On vit vite dans les pays insalubres. « Il n'est pas rare, dit M. ITervé Mangon, qui a tout fait pour cette zone disgraciée, de voir la population d'un domaine, en Dombes, se renouveler plusieurs fois en peu d'années ; le mari meurt, la femme se remarie : elle succombe à son tour, le second mari la remplace et la rejoint bientôt après pour laisser le foyer désert. »
Heureusement, les choses ont bien changé depuis le milieu du siècle, dans ces 200 000 hectares de terre, alternativement noyés et asséchés, dont les deux tiers étaient sous l'eau. On les a traversés d'un chemin de fer et sillonnés de routes ; on a entrepris la « reconquête du sol » à l'aide d'engrais et d'amendements. En 1870, la moitié de l'espace marécageux était transformé et admettait la culture du blé, voire celle de la vigne; car la Dombes n'est pas un pays creux et déprimé; c'est un plateau incliné et d'une élévation sensible. En vingt années, la population s'est accrue d'un tiers et la mortalité a dimimié d'autant ; la vie moyenne s'est élevée à 55 ans et les fils des fébricitants sont devenus des hommes vigoureux (EL Beclus).
D'après les renseignements fournis à M. Lombard par le docteur Marion (de l'Ain), la mortalité, dans la partie insalubre de la Bresse, a son maximum en hiver (février), tandis que la mortalité la plus faible tombe sur juillet et juin. Nous voyons ici un des traits les plus remarquables de l'impaludisme dans les contrées où la chaleur n'ajoute pas à l'infection miasmatique son influence propre. En Dombes, on paraît succomber aux accès mêmes beaucoup moins qu'à la cachexie palustre. L'imprégnation est profonde, mais lente ; sûre, mais s'accomplit sans fracas. Elle ne lue que par la répétition des doses.
La Sologne (Loir-et-Cher, et surtout arrondissement de Romorantin) et la Brenne (Indre : arrondissement de Le Blanc) ne sont pas moins mal famées que la Dombes. La première aussi est en voie de transformation et commence à manifester la puissance bienfaisante de la philanthrophie, marchant à la lumière de la science et de l'hygiène.
La Sologne s'est faite à peu près comme la Dombes. Autrefois, de vastes forêts
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y buvaient l'eau dont la dépression du sol favorise les collections ; la guerre, le pillage, le déboisement passèrent par là, et la Sologne devint, au centre de la France, le triste pays de marécages et de fièvres que l'on sait, de plus de 4500 kilomètres carrés d'étendue. L'industrie de la pêche y faisait vivre, ou plutôt mourir lentement, une population rare, cliétive, cachectique. Aujourd'hui le chemin de fer d'Orléans à Yierzon traverse la Sologne; elle e^t soumise à un dessèchement systématique; on y a planté des arbres et déjà, sur plusieurs points, on y récolte du blé et du vin ; du vin médiocre, sans doute, mais salutaire dijd par le travail et l'industrie que nécessite sa production, sans compter la stimulation heureuse qu'il répandra chez les habitants. A ce double point de vue, M. Ed. Burdel est dans le vrai lorsqu'il le présente comme un agent prophylactique de la fièvre. Nous préférons de beaucoup celte hardiesse et cette exagération, qui ne peuvent causer qu'un bien, à la timidité avec laquelle, naguère, ce médecin éclairé entrait dans le progrès tenté vis-à-vis de son pays.
Ed. Burdel, de Yierzon [Des étangs, de leur maintien ou de leur suppression au point de vue de Hiygiène^ de V agriculture et de la législation. Paris, 1873) pensait encore, il y a quelques années, qu'il faut exiger non pas la suppression, mais la réglementation des étangs; considérant ce qu'il y a de vrai dans ces paroles d'Alfred Lafont {Thèse de Paris, 1866) : « Le Solognot ne desséchera jamais ses étangs, parce que, pour lui, ils sont, à cause du poisson, d'un rapport beaucoup plus avantageux que s'il les mettait en culture ; il ne peut pas les alimenter par un cours d'eau, puisqu'il n'en existe que fort peu; les pluies d'hiver, seules, sont la source de leur alimentation, et, quand après les chaleurs de l'été, l'évaporation a considérablement rétréci leur surface, les bords sont couverts d'une vase épaisse et infecte. » Il faudrait, selon M. Burdel, 1° provoquer la ' suppression des étangs les plus insalubres ; 2° faire le classement des étangs d'une région par degré de salubrité (il nous semble que ce devrait être le 1°) ; 3" réclamer un endiguement suffisant, calculé d'après la hauteur moyenne des eaux de l'étang, afin que pendant l'été, il ne reste pas à découvert de larges bords marécageux.
L'hectare d'étang rapporte de 15 à 25 francs par le poisson. Mis en culture, il ne rapporte que 10 à 12 francs. On peut soupçonner ce qu'est une pareille culture. 11 n'est pas possible qu'eu plein milieu de la France, sauf la nécessité d'une première mise de fonds et d'un labeur sérieux, non sans dangers pendant quelques années, on n'arrive pas rapidement à quelque chose d'infiniment mieux, à décupler et même à centupler ce misérable rapport, et nous ne compren !rons jamais qu'on entretienne des indus I ries incapables de faire vivre leur homme, mais qui ont toutes les chances de le tuer.
M. Bertrand {Études statistiques sur le recrutement dans le département de r Indre, de 1838 à 1864. In Rec. de mém. de méd. milit. 3' série, t. XIV. 1865) a décrit à grands traits la Brenne et un autre canton, le Bois-Chaud, du même département de l'Indre, un des plus mal cotés, sous le rapport du rendement en recrues pour l'armée. Le Bois-Chaud a 87 000 hectares de forêts et 164 000 hectares de landes et bruyères ; le pays est coupé de haies, de fossés ; en beaucoup de points se trouvent des étangs. L'Indre, aux eaux presque dormantes, déborde à la moindre crue et laisse assez loin des flaques et des marais. La Creuse avoisine aussi de nombreux étangs. Le paysan du Bois-Chaud, mal nourri, soumis aux émanations palustres, subit l'influence du sol boisé et humide sur lequel il vit ; aussi tous les cantons qui composent cette région sont-ils charges
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en exemptions. Dans la Brenne, le sol est argileux, calcaire, la terre végétale manque; les eaux, ne pouvant traverser le tuf argileux, s'épandent en larges flaques ; partout dévastes plaines incultes, nommées jBranr/es, couvertes d'étangs et de marais. La population est peu nombreuse ; 34 habitants par kilomètre carré pour l'arrondissement du Blanc, et même 29 pour les trois cantons de la Brenne. « Les fièvres intermittentes ravagent le pays et s'y montrent souvent avec les caractères de la perniciosité; les arbres sont rabougris dans ces plaines arides; les chevaux de la Brenne ne sont pas plus grands que les chevaux des Landes. » La plupart des jeunes gens présentent, devant les conseils de révision, cette coloration blafarde des tissus qui caractérise les cachexies paludéennes. On s'attendrait à voir aussi pulluler les grosses rates, les engorgements viscéraux ; il se peut que la chose se réalise, mais les registres du recrutement n'en conservent pas la trace, attendu que les exemptions pt^ononcées pour quelqu'un de ces motifs sont simplement portées sous le titre : faiblesse de constitution, qui, à vrai dire, répond au caractère le plus important, l'état de tout l'ensemble pbysique.
Or, ici, le chiffre des faiblesses de conslitution pèse si lourdement sur le nombre des exemptions pour infirmités qu'on est forcé de reconnaître « une sorte de dégénérescence de la race dans ces contrées malsaines. » Ce chiffre varie de 254 exemptions sur 1000 examinés, dans les cantons salubres (Levroux, Eguzon, Issoudun, Cliâlillon, Yalençay) à 300 dans les cantons de la Brenne (Leblanc, Saint-Gaultier, Mézières) et même 350, dans le canton de la Châtre (Bois-Chaud).
Il est fort remarquable que, dans la Brenne au moins (cela n'arrive pas dans le Bois-Cbaud) les exemptions pour défaut de taille croissent comme le chiffre des infirmités. Ces exemptions étant 50 pour 1000 dans le canton de Levroux, qui a aussi le n° 1 pour l'aptitude générale, elles deviennent 101,4 dans le canton de Le Blanc, 124,8 dans le canton de Tournon, 145,5 dans celui de Mézières. M. Bertrand fait observer judicieusement qu'il n'y a pas en ceci une simple question de race; la population de la Brenne, il est vrai, est de race celtique et fort peu croisée; mais les gens du canton de Levroux sont aussi de race celtique, de même que ceux de divers cantons d'Indre-et-Loire et de la Vienne, avoisinant la Brenne, et qui n'ont que 57 exemptions pour 1000, par défaut de taille. Les contrées où la fièvre est endémique donnent donc généralement raison à la loi. de Villernié ; que le nombre des infirmités est en raison inverse de l'élévation de la stature. Partout ailleurs, il n'y a pas de connexilé entre la taille et les infirmités, comme l'a formulé M. Broca.
La Brenne est l'objectif d'efforts d'assainissement analogues à ceux qui ont réussi dans la Sologne et les Bombes. Malheureusement, le résultat apparaît moins vile, parce que les améliorations sont plus difficiles à réaliser. Cette contrée n'a pas encore de chemin de fer.
Nous n'insisterons pas davantage sur ces descriptions par lesquelles nous avons voulu préciser les plus importantes conditions locales du sol français, relativement aux manifestations de l'impaludisme. Il est certain que beaucoup d'autres points plus circonscrits que ceux dont il vient d'être question présentent les unes ou les autres des conditions définies, à un degré variable et d'une façon plus ou moins constante. Telles sont les rives des fleuves, des canaux, les quartiers des villes fortes avoisinant les remparts et des fossés parfois mal entretenus. L'auteur de l'article Intermittentes {Fièvres) du Noiiv. Dictionn. de méd. et
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de chir. pratiq.. notre regretté maître, Hirlz, rappelle les fièvres graves qui désolèrent pendant assez longtemps, près de Strasbourg, les bords du Rhin abandonnés aux irruptions et aux déplacements du fleuve. M. Ancelon avait fait autrefois aux bords de la Seille une réputation fâcheuse qu'ils méz'itent moins aujourd'hui. La Seille déborde à tout propos et, comme ses bords sont plus élevés que le niveau de beaucoup des prairies environnantes, l'eau ne rentrait pas dans le lit de la rivière, au moment du retrait de celle-ci ; les flaques persistantes étaient d'autant plus dangereuses que tout le terrain recouvre, quelquefois à peu de profondeur, des bancs de sel. Aujourd'hui, les riverains ont creusé perpendiculairement au courant des fossés assez profonds, qui, non seulement atténuent les inondations, mais favorisent le retrait des eaux et préviennent les flaques stagnantes. Les fièvres sont devenues rares dans le pays et n'ont pas de sévérité.
Somme toute, la fièvre intermittente en France a considérablement adouci ses allures depuis vingt ans. Faut-il supposer que nous traversons une période en quelque sorte normale de calme et que, sans autre changement dans les conditions de notre sol, nous puissions revoir des phases d'acuité épidémique de la malaria, telles que les fièvres apparaissent plus fréquentes et plus graves dans ceux de nos cantons où elles sont encore endémiques et se montrent même dans d'autres qui n'en ont pas l'habitude ? C'est la perspective à laquelle il faudrait se résoudre si l'on acceptait les vues de Hirsch (t. I, p. 55-34), sur les pandémies de fièvre intermittente. Cet auteur cite, comme exemples de ces pandémies ; l'extension des fièvres à toute l'Europe en 1558, d'après Palmarius; en 1678 et 1679, selon les médecins du temps (Sydenham, Lentilius, Borrich, Villalba); de 1718 à 1722 (Hoffmann, Koker, Short) ; des bouffées épidémiques moins étendues, mais cependant généralisées à tout un pays, comme à l'Allemagne, de 1748 à 1749, à la France de 1770 à 1772, à une grande partie de l'Europe et du nord de l'Amérique, en 1812, en 1824-27, en 1856, de 1845 à
Le fait que le j même savant épidémiologiste admet des rapports entre ces pandémies et les épidémies de peste, de typhus, de choléra, qui coïncidèrent avec elles ou les suivirent de près, nous met en grande défiance vis-à-vis de la légitimité de son opinion. Nous craignons, avec M. Léon Colin, qu'il n'y ait en ceci quelque erreur d'observation ou même de diagnostic. Les études modernes, .et il est peu de médecins de l'armée qui n'aient dû s'y initier, nous ont habitué à ne pas séparer le mode des manifestations de la fièvre de malaria d'avec les conditions du sol et les circonstances de la météorologie. Dans l'Afrique française, les fièvres ne sont plus aujourd'hui l'épouvantable fléau qu'elles étaient au temps de M. Maillot; en 1866 et 1867, en particulier, nous les avons personnellement reconnues assez bénignes relativement au pays et aux souvenirs d'autrefois. Est-ce que les contemporains de M. Maillot auraient traversé une époque pandémique, et nous une phase de calme ; les premiers médecins de la conquête se seraient-ils heurtés à une activité épidémique propre du fléau que nous devions plus tard trouver dans son déclin, par une sorte d'évolution naturelle? En aucune façon, et nous nous sommes toujours facilement expliqué ces variations. Le solde l'Algérie, tout d'abord, est profondément modifié depuis 1850, et les colons européens savent déjà se protéger eux-mêmes contre ses influences. De plus, les années 1866 et 1867 étaient d'une sécheresse extrême, qui devait plus tard causer d'autres malheurs (la famine et le typlius), mais qui, pour le moment,
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assurait à la terre, au point de vue de son influence directe, une remarquable salubrité.
Il n'y a rien de mystérieux en tout ceci, pas de variations inexplicables d'un génie épidémique supposé. Les fièvres intermittentes et la cachexie palustre se raréfient en France, parce que notre sol s'assainit, que l'on dessèche les étangs, et que la culture remplace peu à peu les industries meurtrières qui avaient besoin de la stérilité et du marais.
Fièvre intermittente dans les villes. Nous avons déjà dit l'antipathie qn «xiste entre le miasme tellurique et le sol des villes ; cette observation sur laquelle M. L. Colin a particulièrement insisté peut passer pour une loi. Cependant, des circonstances accidentelles peuvent apporter la fièvre dans des localités qui en sont habituellement indemnes.
Les villes fortifiées reçoivent quelquefois la fièvre des fossés mal entretenus qui les entourent. Dans ce cas, ce sont les troupes logées dans les forts, dans les casernes du rempart, et un peu la population voisine, qui manifestent l'iniluence miasmatique. Ainsi M. Fouteret, en 1872, signale à Lyon des fièvres intermittentes en grand nombre, « particulièrement sur la population militaire casernée dans les forts de la rive gauche du Rhône, qui sont entourés de fossés remplis d'eau stagnante. »
D'autres fois, ce sont des inondations qui constituent aux abords d'une ville un marais de toutes pièces, heureusement peu durable. L'épidémie de Pithiviers, citée par Alibert, celle de la garnison de la Père, observée par M. Noizet, furent dues à des circonstances de ce genre (A. Laveran).
11 est commun que des individus aient pris la fièvre, ou simplement l'imprégnation miasmatique, dans un lieu oià l'impaludisme est traditionnel, et viennent manifester des accès, primitifs ou de récidive, dans une ville qui n'est pour rien dans l'origine de ces accidents. Sans parler des Africains qui. à Paris et ailleurs, donnent journellement des exemples de ce fait, M. le docteur Lecadre {Santé publique, n° du 15 juillet 1874) a surpris l'origine suivante de la fièvre sur certains plateaux du littoral de la Seine : « Il est d'usage, depuis ■quelques années, que les foins des vallées soient vendus sur pied à des agriculteurs voisins qui préfèrent ensemencer leurs terres de graines productives que d'en convertir une partie en herbages. Au moment de la fenaison, ils envoient sur les lieux des gens de la ferme qu'ils exploitent, ou pris dans la commune, afin de faire la récolte du foin. Ces gens restent cinq ou six semaines à travailler nu marais. Quelques-uns y contractent la fièvre, d'autres n'en prennent que le germe. Revenus chez eux, dans des communes où la fièvre paludéenne était inconnue jusqu'ici, elle reparaît chez les uns et se déclare chez d'autres. La maladie y est implantée...» {Voy. E. Besnier, Maladies régnantes de 1874, page 27.)
La réalité de la provenance extra-urbaine peut, d'ailleurs, être parfaitement dissimulée sous la longue incubation que M. L. Colin a dénoncée à la Société de médecine des hôpitaux de Paris. Au printemps et dans l'été de cette même année 187-i, notre éminent collègue observait sur la garnison de Paris un certain nombre de fièvres intermittentes, dont la majorité était de première invasion. Or, à part quelques malades venus des détachements qui occupaient les bastions de la périphérie de la capitale, exposés par consé(|uent à l'action des émanations telluriques, grâce à la chaleur de l'année et de l'époque, les fébricitants appartenaient à des régiments casernes au quartier de Babylone ; mais qui avaient passé l'été et l'automne précédents au camp de Meudon. Une
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partie de ceux-ci présentaient une première atteinte ; comme ils n'avaient pas plus de raisons d'avoir la fièvre dans Paris que les autres corps de la garnison, il faut admettre qu'ils manifestaient simplement, sous l'inlluence des agents climatiques de rannce 1874, l'intoxication qu'ils avaient contracte'e dans les camps extra-urbains pendant l'été et l'automne de J875. A vrai dire, il y avait, dans la constitution médicale (terme à expliquer), une tendance générale aux modalités pathologiques justifiables du sulfate de quinine (Bucquoy).
11 est possible et même probable que les cas de fièvre intermittente portés à la statistique des malades et même des décès dans les villes de Lyon, Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Rochefort, etc., soient simplement, pour un grand nombre, des individus atteints au dehors et qui sont venus se faire soigner en ville ; c'est surtout vraisemblable pour les cas traités aux hôpitaux. M. Mayet inscrit la fièvre intermittente pour 2,4 pour 100 des malades des hôpitaux de Lyon, en 1872; il n'y a eu que 4 décès, encore ont-ils été dus à la cachexie. A Narbonne (docteur de Martin), les fièvres intermittentes pernicieuses comptent pour les 22 millièmes des décès, ce qui peut passer pour la caractéristique d'une pathologie palustre, la moyenne pour l'ensemble des villes de France étant 6,5 pour 1000 (Lombard). Bordeaux (Marmisse) compte à peine plus que cette moyenne, 6,5 décès pour 1000. Strasbourg connaissait diverses formes de fièvres palustres, y compris les formes graves. Rochefort, Brest et Toulon compteraient de cette même provenance, 12 à 14 décès pour 1000.
Enfin il est certain que les travaux avec remuement profond du sol dans l'intérieur même des- villes mettent parfois au jour les miasmes purement telluriques, en même temps que ceux qu'on a le droit d'y attendre d'abord, les miasmes typhiques. Dans ces circonstances, il y a des épidémies à double face et une association ou plutôt un parallélisme des fièvres intermittentes avec la typhoïde, comme c'est arrivé à Nancy, en 1875, selon M. Daga (In L. Colin, de la fièv. typh. dans Varmée), à Avranches, en 1873, au rapport de M. Perrotte (L. Colin. Ihid.)
On sait comment Paris, en 1811, alors que l'on creusait le canal Saint-Martin, a eu des foyers de fièvre intermittente, limités aux quartiers du Temple, de la Villette, de Pantin. La même cause, le remuement profond du sol, produisit les mêmes effets localisés, en 1840, à l'occasion de la création des fortifications de Paris. Avec les accidents fébriles signalés sur divers points nullement marécageux, au moment où l'on y construisait un chemin de fer, ces petites épidémies locales ont été l'une des meilleures bases sur lesquelles M. L. Colin a étayé sa substitution du telliirisme à Y impaludisme. Des faits identiques se sont reproduits, de 1854 à 1869, quand M. Haussraann bouleversa Paris et y traça les grandes voies rectilignes qui le sillonnent aujourd'hui. La malaria, la vraie, et non la malaria urbaine, se montra assez étrangement disséminée dans la ville ; toutefois la maladie y est presque toujours restée groupée en petites épidémies partielles, transitoires, ne relevant que d'influences passagères et toutes de voisinage (E. Besnier, Maladies régnantes, 1869. In L. Colin, Traité des fièv. intermitt. Paris, 1870). En 1873, M. Libermann la voit provenir des baraquements du Champ-de-Mars, dont le sol est souvent remué.
Somme toute, et les Rapports que nous venons de citer de la commission des maladies régnantes eu font foi, la fièvre intermittente n'est pas un des hôtes dangereux de Paris, encore qu'elle puisse compter dans la pathologie de la grande cité. Dans la garnison, la mortalité de cette provenance est presque nulle
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(L. Goiliu), et l'on ne trouve pus même le nom de la fièvre intermittente dans les tableaux de M. E. Bcsnicr, destinés à établir la morbidité et la mortalité relatives de la ville de Paris.
Nous eussions voulu relever les chiffres de morbidité palustre qui concernent l'armée en France; malheureusement, la statistique médicale militaire n'a pas suivi, sur ce point, une méthode invariable, et nous ne disposons que de deux années assez distantes l'une de l'autre, 1869 et 187o. Voici les renseignements résumés qu'elles nous fournissent.
En 1869, il y a en 9136 cas d'affections palustres dans les garnisons de l'intérieur, soit 96,3 atteintes de cette cause pour 1000 entrées aux hôpitaux. La. 20* division (le Puy, Aurillac, Riom) a le minimum des cas, 70; la 9'' division (d'Arles et Aix à Toulon et Nice) a le maximum, 1323. La première (Paris), la 8'' (Lyon, Bourg, Saint-Etienne), la 15'' (Bayonne, Pau), la 14'' (Bordeaux, Rochefort, La Rochelle), tiennent le milieu avec 600 à 700 cas. La mortalité par fièvres palustres, à l'intérieur, représente 0,22 pour 1000 hommes d'effectif. Comme la mortalité générale était aux environs de 10 p. 1000 hom., c'est 2,2 décès palustres pour 100 décès généraux.
En 1875, 13 681 cas de fièvre intermittente ont déterminé l'entrée à l'hôpital, et 5859 l'entrée à l'infirmerie ; mais il y a 9075 entrées à l'hôpital et 1594 entrées à l'infirmerie, de cette cause, pour le seul 19" corps (Algérie). 11 reste en tout, 887 1 cas pour les garnisons de l'intérieur. En considérant que l'effectif de 1875 (432 218 hommes) dépasse celui de 1869 (417 660) on peut croire à une certaine amélioration, d'autant plus précieuse que la pratique des camps extra-urbains a plus d'extension aujourd'hui qu'avant la guerre de 1870. Les corps d'armée les plus éprouvés, en 1875, ont été (en dehors du XIX% Algérie) :
Pour Effectif. Entrées. 1000 hommes.
Le XV" (Marseille) ". 24,030 h. 515 21.4