‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 136 sur 163 · XVI- (Montpellier) 18,715 618 3ô · texte numérisé non relu

XVI- (Montpellier) 18,715 618 3ô

C'est-à-dire : \° le littoral méditerranéen, du Rhône aux Alpes, avec la Corse ; 2" le littoral atlantique, de Rochefort à Bayonne; 3° le littoral méditerranéen,, du Rhône aux Pyrénées. La mortalité, y compris l'Algérie a été de 177 hom., ou 0,4 décès pour 1000. Mais il y a 140 décès pour l'Algérie seule. On voit combien peu cette cause pèse sur les chiffres obituaires de l'armée dans les villes ei même les camps en France.

Formes de V impaludisme en France. La dominante en ceci est le climat^ comme nous l'avons déjà indiqué (voy. Climatologie). Les types les plus habituels dans nos localités marécageuses sont les modes franchement périodiques. La période est relativement courte (type quotidien) dans les fièvres de première invasion ; elle s'allonge à la récidive (types tierce, quarte), ainsi qu'on le voit particulièrement dans les villes où les fièvres sont si souvent apportées d'ailleurs. Cette circonstance n'empêche pas la fréquence des formes véritable ment pernicieuses; soit des pernicieuses solitaires, dans le sens de Torti, intermittentes réelles, mais dont les accès vont en se rapprochant, sans augmenter de durée ; soit des pernicieuses accompagnées (comitatœ), qui empruntent leur perniciosité à la prédominance d'une localisation ou à un phénomène surajouté. La perniciosité dépend beaucoup plus souvent des dispositions du sujet que des propriétés du miasme; rien n'empêche donc qu'on la voie assez souvent en

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France. Ce que l'on voit beaucoup moins communément, ce sont les fièvres graves, les formes presque continues, dont on meurt aussi quoiqu'elles ne soient pas pernicieuses dans le sens classique, et que l'observation démontre être liées à l'activité spéciale, quelquefois singulièrement énergique, que la chaleur communique aux miasmes telluriques. Ces formes se retrouvent sur notre litoral du Midi, vrai fragment du continent africain. De temps à autre, dans la saison chaude et par des années d'une température exceptionnelle, on en observe un certain nombre dans les zones classiques de l'impaludisme à l'intérieur, en Bresse, en Sologne, dans les Charcutes.

Nous n'insisterons pas sur ce point, qui a déjà été fixé précédemment et pour lequel on consultera avec grand fruit le livre de M. Léon Colin, Traité des fièvres intermittentes. Paris, 1870, pages 23, 136 et suiv.

Goitre et crétinisme. L'union de ces deux mots nous dispense de prévenir le lecteur que nous envisageons ici, dans son ensemble, une dégénérescence bien déterminée, quoique d'aspects complexes et variables, si variables même que l'association que nous faisons dans cet article n'a pas, dans la nature des choses, le caractère de constance et de nécessité que nous paraissons lui reconnaître. C'est, en effet, cette dégénérescence et par conséquent le goitre endémique qu'il convient d'envisager en ce moment, à titre de modalité morbide caractéristique de certaines conditions de notre sol (ou de notre atmosphère) et d'élément capable de représenter l'un des traits de la pathologie française. Le goitre sporadique est d'un intérêt presque nul, au point de vue oii nous nous plaçons. Le goitre épidémique, à de certains égards, en a davantage et nous nous en occuperons ; il est loin, cependant, de tenir dans la pathologie de notre pays la place du goitre endémique ; ce n'est pour ainsi dire qu'un accident visà-vis de l'autre, qui est une diathèse. C'est celui-ci qui s'allie au crétinisme, le premier en étant tout à fait indépendant ; de telle sorte que, s'il est vrai de dire que le goitre est lié au crétinisme, la réciproque est tout à fait inexacte. Nous ne pouvons développer davantage ces considérations dans un travail de géographie pathologique.

Le crétinisme, goitreux ou non, vient du sol et peut-être de quelque autre chose. Les hygiénistes s'accordent sur le fond ; mais les divergences sont nombreuses dès qu'il s'agit de préciser les conditions et le mode par lesquels le sol constitue les endémies goitreuses. La question est beaucoup moins claire que celle de l'influence marécageuse, qui, pourtant, se dédouble elle-même. Les pays à goitre ne se ressemblent pas absolument, il s'en faut, et c'est ime difficulté grande de retrouver dans l'ensemble le fait commun à tous, la propriété constante du sol goîtrigène.

Est-ce la configuration du sol, la vallée profonde, enclavée, humide, mal aérée (opinion ancienne : de Saussure, Ackermann, Fodéré, Wenzel; rajeunie récemment par Lombard, de Genève : Cause atmosphérique, pléthore carbonique)'! Est ce la constitution géologique du sol, y compris l'eau, que la nature du sol influence nécessairement? l'eau privée d'oxygène (Boussingaull)? les sels de chaux et de magnésie (Grange), l'absence d'iode (Chatin), la présence du fluor (Maumené) ; le terrain ancien, granité et syénite (Commission Sarde), l'impeiméabilité du sol (Gosse), l'état marécageux (Tourdes, Morctin, Yinglrinier), la décomposition des matières organiques (Yirchovv, Morel, Kœberlé, Bonjean, Lenoir), etc.?

A l'heure qu'il est, et si nous en jugeons par l'esprit des articles Crétimsme

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et GoItrf. du Nouveau Dict. de méd. et de chir. pratiq., de MM. Lunier et Alfred Luton, il y a une tendance marquée, d'une part à reconnaître à l'endémie goitreuse les caractères d'une maladie sui generis, disons-le mot : spécifique ; de l'autre à lui assigner pour cause un principe « intoxicant » (nous préférerions : « infectieux ») plus ou moins proche de l'effluve maremmatique. L'iode en serait le spécifique. Dans ces conditions, les rapports étiologiques du goitre et du crétinisme avec le sol seraient plus étroits que jamais, encore que mal définis; l'imprégnation des races et la transmission héréditaire feraient le reste. Il est certain qu'en France, au moins dans les pays à goitre, non montagneux, comme la Robertsau (Strasbourg), Rotières-aux-Salines, Moyen vie (Meurlhe), deux circonstances ont paru influer surtout sur la diminution de l'endémie : le développement de la culture et l'extension des moyens de communication ; c'està-dire ce qui assure à la fois les modifications du sol, l'amélioration de l'existence matérielle, le mélange des races. {Voy. Baillarger : Enquête sur le goitre et le crétinisme, rapport.)

Au point de vue de la constitution géologique du sol, nous avons du goitre en France sur les terrains suivants (Hirsch) :

Roches métamorphiques. Gneiss, schistes argileux : Tarentaise , Haute- Savoie. — Grès rouge, Zechstein. — Trias : grès bigarré, muschelkalk, marnes irisées (Dieuze, vallée de la Seille). — Terrain jurassique. Molasse (Basses- Alpes, Nord). — Diluvium (bords du Rhin, Bresse, Seine-Inférieure). — Terrain volcanique (haute Auvergne).

Les points les plus fameux, sous ce disgracieux rapport, sont : la vallée du Rhin, certains cantons de Lorraine et de Franche-Comté, les vallées des Alpes, le Lyonnais, la vallée du Rhône, les vallées des Pyrénées. Plus particulièrement, la maladie a été signalée par Germain en Franche-Comté, dans quelques vallées du Jura, de Salins en descendant vers Lons-le-Saulnier, où Moretin l'a observée avec une extrême fréquence dans le canton de Voiteur. En Lorraine, le goitre endémique règne dans plusieurs localités du département des Vosges, à Sérécourt (Morel), dans les environs de Darney, à Bruyères (Poma), dans quelques communes du canton de Briey (Pascal) ; les arrondissements de Nancy, de Lunéville, de Château-Salins (Simonin) en étaient encore naguère infestés ; ceux de Sarrebourg et de Toul n'en ont jamais eu que des cas sporadiques ; Rosières-aux-Salines, sur la rive gauche de la Meurthe, Dieuze sur la llaute- Seille (Ancelon) et quelques localités en aval ont joui, à cet égard, d'une fâcheuse réputation. Tourdes a démontré la remarquable fréquence des deux formes dans le département du Bas-Rhin, dans la vallée du fleuve ; il y a, aujourd'hui, diminution sensible (cantons de Bischwiller, de Benfeld, Ville, Sainte- Mari e-aux-Mines).

Le département de la Meurthe avait, en 1854, 2091 goitreux répartis en ."8 communes :

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