ID
Moyennes.
Trimestre.
Ainsi que l'a fait remarquer M. Besnier lui-même, les chiffres de mortalité n'impliquent pas des variations de fréquence'^àain% les mêmes proportions. Il est parfaitement possible que les 126,4 décès du trimestre d'été correspondent à un chiffre de malades très-voisin de celui qui fournit les 212,8 décès du trimestre d'hiver. Les pneumonies des adultes sont d'une gravité modérée ; les pneumonies des enfants entraînent plus de décès, celles des vieillards encore davantage. Or, c'est à ceux-ci que le froid est particulièrement sensible et qu'appartiennent les pneumonies d'hiver. Dans l'armée, où il n'y a ni vieillards, ni enfants, M. L. Colin a vu autant de pneumonies en été qu'en hiver. Ce fait est assurément fort significatif.
D'après les renseignements livrés à Grisolle par M.M. Henri Ginlrac et^ Azam, sur le service médical de l'hôpital Saint-Audré, pour 1859 et 1862, on pourrait conclure que la maladie est moins commune à Bordeaux (climat maritime) qu'à Paris (climat intermédiaire entre le maritime et le continental). Il n'en serait pas de même à Toulon, du moins chez les hommes qui alimentent les hôpitaux de la marine ; selon M. Jules Rochard, la pneumonie figurerait dans la mor tablé générale pour une proportion de 5 à 6 pour 100. Mais le littoral méditerranéen n'appartient pas au climat vraiment maritime. M. Marmisse [Essai analytique de statistique mortuaire pour la ville de Bordeaux, Paris, 1861) confirme,
en l'atténuant toutefois, la bénignité de la pneumonie dans la grande cité bordelaise.
A Cherbourg et à Brest, la mortalité pneumonique serait de 8 à 9,4 pour 100 des décès généraux. A Rochefort, 12 à 13,5. S'il n'y a, dans cette dernière localité, quelque intervention étrangère, dépressive (l'impaludisme peut-être), cette haute mortalité sur le littoral atlantique est une anomalie. Strasbourg serait moins mal partagé : 11,48 pour 100 (Forget), ou même 7,o8 (Lombard).
Dans l'ensemble, la pneumonie donnerait en France environ les 70 millièmes de, la mortalité totale (Lombard, 1855-1857).
Décès pour 1000.
Déparlements du Kord 63,2
— du Midi 55,6
— Orientaux 60,0
— Occidentaux 52,0
Paris 88,5
Strasbourg 75.8
Lyon 11,6
Bordeaux (?) S8,7
Lille (?) 26,0 •
Ces quelques données suffisent pour légitimer ce que nous avons dit de la fragilité du rapport de la pneumonie avec les diverses conditions de noire climat. L'iniluence du froid lui-même est douteuse ; celle des changements brusques et fréquents de température est probable. Voilà tout, et c'est aussi la conclusion à laquelle était arrivé l'auteur du Traité de la pneumonie. Grisolle, esprit réservé et d'un sens médical des plus sûrs.
Formes de la pneumonie en France. Nous ne voulons pas décrire, mais seulement classifier.
Les formes dont s'occupe Grisolle sont les suivantes: Pneumonie bilieuse, P. typhoïde, P. catarrhale ou broncho-pneumonie, P. périodique, P. latente, P. traumatique et quelques autres qui méritent moins de faire type.
La pneumonie bilieuse (Stoll) paraît avoir été plus commune autrefois qu'aujourd'hui, par exemple de 1782 à 1784. C'est peut-être simplement une question de doctrine régnante. Xa pneumonie n'est pas bilieuse par cela seul qu'elle se complique de jaunisse. On a quelque tendance à rapporter plutôt cette forme à la saison chaude ; Grisolle, après Stoll, la trouvait tout aussi commune en hiver.
La pneumonie typhoïde, qui se voit constamment en France à l'état sporadique, y a régné parfois épidémiquement. La description de Grisolle est en grande partie faite d'après la relation inédite, due au docteur Eug. Torchet, d'une épidémie qui régna à Noyers en 1836, et dont il est fait mention dans le rapport de M. Piorry sur les épidémies de la France [Mém. de l'Acad. de méd., 1858). M. Hirsch a dressé une liste chronologique de ces sortes d'épidémies, à laquelle nous empruntons les dates r-clatives à notre pays.
* Dans cette dernière ville, la statistique réunit les décès par pneumonie et par pleurésie ; la moyenne des deux années 1876 et 1877 a été de 30 décès p. 1000 décès généraux. La répartition saisonnière, en 1877, est la suivante : 1" trimestre (pleurésie et pneumonie), 51 décès; 2% 44 ; 5% 25 ; 4% 39 (Castiaux).
FRANCE (pathologie). ' '^a^
ÉPIDÉMIES DE PKEt5I0>IE TÏPHOÏDE EN FRANCE (d' APRÈS HIP.SCIl).
Années. Saisons, Locjuiks. Auteurs.
1571. Printemps Paris H-àiUon {Epid.,hh. l).
1598. » Paris FonVinns{Med.pmct.,\ih.\l).
1708. » Paris (Joiini. de méd.).
1709. Printemps Pujol (Languedoc) . . . Deidier {Consnlt. et obs. méd. Paris,
171i. Janvier-septembre . . . Paris {Journ. de méd., XIX, 81, 270).
1728. » Paris {Journ. de méd., W. 'l.a^).
1751. Hiver Paris (Joi(/-re. rfe mérf, XXI, 68).
1757-1758. » Rouen Lecat (P/n'ios. Traresaci., XLIX, 49).
1759. Printemps Pavilly (iSormandie) . . Lepecq [Topogr. méd. de la Norman-
die).
1743. Mars Aigues-Morles Sauvages (iVosoi. mé/ftorf., cl. 111).
1748. Printemps Languedoc Bouillet {ilém. sur les pleuro-imeu-
monies épidém. Besançon, 1739).
1751. Hiver et printemps. . . Caillan et environs. . . Darluc (Jour», rfe ??iérf., VU, 61).
1753. » Montpellier Sauvages (Zoc. oï.).
1754. Printemps Paris 3Ialouin (///s^ f/e Z'icarf. des se, 1754).
1755. » Artois (Journ. de méd. ,111).
Id. Été Belle-Isle-en-Mer. . . . Hodiard ((7>/d., IV).
1756. Printemps et automne . Aumale Marteau (/Z'/d-, VI).
1757. Printemps Paris, St-Jeau-d'Angely . Marchant, Deplaignc, Berlhonie(Jo!n-7i.
Valenciennes, Toulon. . de méd., H, lY, Vil). Id. Hiver Capistan Bouillet.
1758. Hiver Larabesc Roustan (Joîfrn. de «léd., IX).
Id. Hiver et printemps. . . Provence, Agenois,Liile. Soumeire, Gignoux. Monblet, Boucbur
{Journ. de méd., IX, X, XII).
1764. Hiver et printemps. . . Castel-Sarrazin Sauvages (Zoc. c(7.).
1767, Printemps Vivarais Menuret (fiée, de i/aufesierfc, II).
1768. » Bas-Languedoc De la Brousse (/o«/-h. de méd.. XXXIX).
1771-1772. Hiver Verdun Guyton (/ft/d., XXXVIII).
1773. » Rouen Lepecq {Maladies épklémiqties)-
là. » Castel-Jaloux Richard (Hist. de la Soc. de med., 1,
1776. Hiver Dieppe, Beinay Lepecq. •
1779. Printemps et été. . . . Langon Giaullau (Joznvj. de méd., LXXVll).
1782. Hiver et printemps. . . Grande partie du pays . Caille (Hist. de la Soc. de méd., V).
» » » Desgranges, Roussel. Guy ton (Journ.
de méd.).
1785 Hiver et printemps. . . Ansauvillé Hatté (/o2«r«. de jnéd., LXV).
1786. Printemps et été. . . . Vitry-le-Français. . . . Moreau (î&/d., LXXVll).
1788. Printemps et automne . Koyon, Poitiers .... Dufour, Lamarque (Joî(rn. de )wéd.).
1805-1806. Automne et hiver . . . Tonneins Gasc (A?î«. de /« Soc. ?néd. de MoutpeZ-
Zier-, 1807).
1806-1807. Janvier et mars .... Le Midi, Jlombois . . . Fodéré (Lep. s»?- Zes épid. Paris, 1824).
» » Besançon Henuequin (/oi(rn. de ?"éd., LXXXIV).
» » » Fauchier {Soc. méd. de Montpellier -,
» » » Barrey {Mém. des malad. épidém. Be-
sançon, 1813).
1808. » Clairvaux Guillon (Jo?<?-h. de méd.,XLI).
1809. » Joigny Nysten (dans Ozanam).
1811. » Besançon Barrey.
1817. Avril et juin Départ, delà Mayenne . Lemercier (in Fodérc, Lepows, etc.).
1819. » Id. . Id.
1826-1827. ». Troyes Pigeolte (fieyue méd., 1828).
1827-1828. » Arrond. de Mirecourt. . Mergaut (B((Z^ des sden. îJiéd., XIX).
1831-1832. Hiver Epfig (Bas-Rhin) . . . . Mistler (Ga.ï. méd. de Paris, 1832).
1842-1845. Automne et hiver . . . Marsillargues (Gaz. méd. Belge, \Mô).
1845. » Sud (pays montagneux). MourgueKJourn. deméd.de Bordemix,
1847. » Versailles (troupes).. . Masselot (G«3. des /i(3/>., 1849).
1848-1849. Hiver Paris (id.)
Comme il ressort de ce tableau, la pneumonie typhoïde est soumise aux influences climatiques générales que nous avons déterminées. Mais il esta croire que le typhisme lui-même provient de quelque autre source ; nous inclinons à penser que celle-ci est dans les économies elles-mêmes.
La broncho-pneumonie confine à la bronchite capillaire, si elle ne se confond.
760 FRANCE (pathologie).
avec celle-ci. Ce vice de terminologie a vraisemblablement entraîné des confusions et dérouté la statistique.
Grisolle, dans sa première édition, avait cberclié à établir la réalité de la pneumonie palustre, rémittente ou intermittente. Des protestations se tirent our, sans doute, dans l'opinion publique médicale. Car l'auteur a besoin de j réitérer son affirmation, dans sa seconde édition, et de l'étayer de preuves nouvelles. Malgré l'autorité de ce maître éminent, et encore qu'il emprunte une part de ses arguments à plusieurs de nos illustres devanciers de l'armée d'Afrique (Maillot, Catteloup), nous exprimons ici la plus parfaite incrédulité à l'endroit de la rémittente pneumonique ou delà pneumonie palustre, telle que l'entendait Grisolle et telle qu'il faudrait l'entendre si elle avait droit à une place à part dans la nosologie. Le mémoire de M. Frison {Sur la fièvre rémittente pneumonique, in Recueil de mém. de méd. milit., 1866. 3^ série, t. XYII) ne nous a pas, à cet égard, paru plus convaincant qu'à notre savant et judicieux ami, M. Léon Colin {Traité des fièv. intermitt., p. 505), qui trouve, et avec raison, que ce travail prouve précisément le contraire de ce qu'il s'était proposé d'établir. Dans une pratique de six ans, en Algérie, nous avons vu quelquefois la fièvre intermittente se montrer chez des individus encore sous le coup de la dépression due à une pneumonie antérieure; nous avons vu, de même, la pneumonie éclater cbez des impaludés, que cet état ne saurait garantir, et être très-grave, ce qui n'.e>t pas surprenant; la pneumonie palustre, jamais. Ilirsch n'est pas plus convaincu que nous de la réalité de la malaria-pneumonie. Les autres formes ont peu d'intérêt au point de vue où nous sommes placé. Pleurésie. La pleurésie passe, avec la broncbite, pour être bien plus liée que la pneumonie à l'action directe et à l'intensité du froid, sans préjudice de l'influence des oscillations tbermiques brusques. Certains faits parlent, sans doute, dans ce sens : mais que de contradictions ! Ainsi, la mortalité (qui dépend du nombre, sans le supposer) par pleurésie est presque deux fois plus considérable dans nos départements du Midi que dans ceux du Nord, plus considérable dans ceux-ci qu'à Bruxelles, Anvers, Edimbourg, Amsterdam et surlout qu'à Londres et Glascow. Les décès pleurétiques à Paris se répartissent de la manière suivante, d'après M. Besnier :