SAISON
CD
ANNÉES
Moyennes.
Trimestre.
FRANCE (pathologie). 761
La pleurésie occupe le septième rang par ordre de fréquence, parmi les maladies traitées dans les hôpitaux et hospices de Paris, et le quatorzième rang pour la gravité. Sa mortalité propre est de 0,54 pour 100 cas. Les 129 décès annuels du tableau ci-dessus correspondent donc à environ 1550 malades dans le même temps. Comme pour les autres affections tlioraciques, il est plus que probable que la mortalité pleurétique est moindre dans l'ensemble de la population.
Ce même tableau montre encore combien vaut la notion du rapport de la pleurésie avec les saisons. Ce rapport est sensible si l'on groupe les six mois froids : décembre, janvier, février, mars, avril, mai, pour les opposer aux six autres. Mais les différences oscillent, en somme, dans des limites assez étroites. M. L. Colin les a trouvées plus accentuées dans les hôpitaux militaires : « la moyenne des entrées en janvier })endant trois ans étant de six, celle des mois de juillet n'étant que de deux. » {Et. clin, de méd, milit. Paris, 1864.)
Pour toute la France, à l'égard des trois années qu'il a étudiées, M. Lombard relève : dans les départements du Nord, 459 décès de pleurésie sur 56 969 décès généraux, soit 8 pour 1000; dans les départements du Midi, 859 pleurésies sur 58 251 décès, ou 14,4 pour 1000. A Paris la proportion serait de 42 pour 1000.
D'ailleurs, la gravité de la pleurésie est variable selon les années. 11 est remarquable que cette gravité, à Paris, soit allée en augmentant, précisément à notre époque de thoracentèse et d'aspiration. En 1875, M. E. Besnier constatait ce fait étrange, sans dissimuler les inductions qu'il est possible d'en tirer relativement aux méthodes actuelles de traitement : 1867, 7,89 décès pour 100; 1808, 11,51 pour 100; 1869, 11,14 pour 100 ; 1870, 12,02 pour 100; 1872, 15,20 pour 100; 1875, 15,69 pour 100. « G'est-à dire qu'en six années la mortalité de la pleurésie dans les hôpitaux de Paris a double. » Ou, comme d'autres n'ont pas manqué de le dire, en s'emparant de cette statistique inquiétante, la mortalité par la pleurésie s'est élevée en raison directe du perfectionnement des moyens employés à la traiter [voy. Michel Peter, Clinique médicale. Paris, 1875, p. 679 et suiv.). Remarquons que le chiffre annuel des malades varie, lui, dans des limites très-restreintes.
On sait quels sont ces moyens, visés par la critique à laquelle nous faisons allusion. C'est la thoracentèse et les aspirateurs modernes, aussi séduisants qu'ingénieux. Nous n'avons pas à entrer ici dans le débat, parce que les éléments apportés à la comparaison des diverses méthodes n'ont pas été suffisamment catégorisés et que, sans doute, des faits particulièrement saillants et saisissables masquent des influences étiologiques plus délicates. Mais la question est posée et vaut la peine d'être creusée, comme le font d'ailleurs des médecins nombreux. Si la thérapeutique influence d'une façon positive les allures de la pathologie française, il convient au moins que ce ne soit pas en mal. Or, l'aspiration se défendra difficilement d'avoir jamais rendu purulents des épanchements qui eussent pu rester séreux, d'avoir provoqué des accidents de suffocation, l'expectoration albumineuse, etc. Et, pour tout dire, si elle se croit aujourd'hui suffisamment instruite et réglementée, elle n'effacera pas dans le passé les soupçons qui pèsent sur elle d'avoir causé plus d'une fois la mort subite.
Affections de l'appareil respiratoire dans leur ensemble. En n'y comprenant pas laphthisie, qui pourtant est aussi notablement influencée parla climatologie,
FKAIN'CE (pathologie).
les maladies thoraciques aiguës causent 154 décès sur 1000, plus du septième de la mortalité totale, dans les villes franraises. Mais en comparant les régions septentrionales aux contrées du Midi, les premières comptent, de celte provenance, 120,7 décès sur 1000; les secondes, seulement 82 pour 1000. Les affections thoraciques aiguës sont donc plus graves, et par conséquent, sans doute, plus nombreuses, au Nord qu'au Midi.
Pour Paris, la léthalité de ces maladies est de 141 pour 1000, selon M. Lombard, se décomposant ainsi : Pneumonie, 88,3; pleurésie, 12, G; catarrhe pulmonaire, 40,5. Le travail d'Ely sur le Bulletin de statistique municipale, pour les années 1865-1869, présente les chiffres suivants pour l'ensemble des maladies thoraciques : bronchite, pneumonie, pleurésie, grippe, apoplexie pulmonaire. La moyenne est de 6522 décès annuels. Les proportions sont 139 pour 1000 décès de toute cause et 35,6 pour 10 000 habitants. 11 y a, par jour, 17,87 décès de cette origine ; mais janvier en compte 25,46, mars 25,40, avril 23,76 ; février 25,18 ; décembre 21,16.
Nous avons pensé qu'il serait intéressant de rechercher les effets, sous forme de maladies respiratoires (banales), des influences climatiques selon les régions territoi'iales, sur des hommes jeunes, d'une vitalité franche et sans mélange d'éléments faibles, enfants ou vieillards. La Statistique médicale de i armée, avec les procédés nouveaux qui sont devenus réglementaires depuis 1875, fournira bientôt les moyens d'envisager ce sujet sous ses aspects divers et d'une façon désormais uniforme. Malheureusement, nous ne possédons encore que l'année 1875, dont les chiffres soient établis dans les termes du récent règlement ; nous n'essaierons pas de combiner ceux-ci avec les anciens, beaucoup moins complets, du reste; mais nous utiliserons cette année unique, 1875, en considérant que la fréquence moyenne des maladies thoraciques aiguës n'est pas, par elle-même, sujette à de très-grandes variations, et qu'ensuite nous recherchons ici plutôt le rapport que les expressions numériques absolues.
MALADIES AIGUËS DE l'aPPAREIL RESPIRATOIRE DAXS l' ARMÉE (eN 1875).
Conrs.