‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 140 sur 163 · CHEFS-LIEUX · texte numérisé non relu

CHEFS-LIEUX

Lille

Amiens

Piouen

Le Mans

Orléans

Châlons-sur-Marnc

Besançon

Bourges

Tours

Kcnne*^, . .

Nantes

Limoges

Clermont-Fcrrand

Grenoble-Lyon

Marseille

Montpellier

Toulouse .

Bordeaux

Gouvernement de Paris . . .

Effeciis.

Entrées

à l'hôpital.

Entiiées

Total

Proportion

des

pour

l'infirmerie.

malades.

FRANCE (pathologie). T63

(On s'est borné ù indiquer la région par le cliei-lieu du corps d'armée.)

Ce qu'il y a de plus saillant, dans ce tableau, c'est: l^la généralisation des maladies de l'appareil respiratoire à toute l'armée et à tout le pays ; 2° l'indifférence de la latitude vis-à-vis de la fréquence de ces affections; Paris et Marseille ont le même chiffre et le plus faible chiffre; Bordeaux, Lille, Toulouse, Amiens, viennent à peu près ensemble, avec des chiffres modérés; o<* l'indifférence de la situation orientale ou occidentale : Besançon, le Mans, Cbâlons-sur-Marne, Nantes, équilibrent leur contingent pathologique de cette provenance; 4" l'influence positive de l'altitude, les chiffres les plus forts appartiennent aux deux régions du massif central, Clerraont-Ferrand et Limoges ; o" le chiffre de fréquence pour Montpellier est en contradiction avec cette loi et avec les idées que l'on pourrait concevoir à pnon ; pourquoi? Nous ne saurions le dire; à moins qu'il n'y ait là quelque conséquence indirecte de l'influence palustre et de l'impaludation.

Tétanos traumatique, idiopathique, trismus des nouveau-nés. Les auteurs raç)portent presque unanimement le tétanos au passage brusque du chaud à une température fraîche et humide (Savarésy, Larrey, Dupuytren-Paillard, Thierry, etc.). Nous nous bornons à cette courte mention d'un accident qui ne caractérise pas notre pathologie.

Nous avons été sur le point d'inscrire à cette place le rhumatisme articulaire, pour démontrer qu'il n'y a aucun droit. Mais son nom se fût trouvé parmi les maladies de la saison froide, ce qui eût donné le change sur nos intentions. Il faut décidément rompre avec l'erreur qui en a fait si longtemps une maladie du froid humide et ne pas même lui prêter l'aide des apparences.

Ceci ne veut pas dire que les vicissitudes atmosphériques n'influencent pas les manifestations rhumatismales chroniques, qu'elles soient survenues d'emblée ou qu'elles succèdent à des atteintes aiguës. Rien n'est, au contraire, plus commun que ce réveil des douleurs articulaires dans la saison froide, en France comme ailleurs. Cependant, ces circonstances, qui d'ailleurs n'ont jamais tenté la statistique, ne paraissent pas constituer suffisamment quelqu'un des traits de la pathologie pour que nous nous y arrêtions davantage.

Maladies de la saison chaude. Nous laissons de côté le triple aspect de l'action indirecte de la chaleur, laquelle influence 1" le sol, en favorisant les émanations miasmaliques, telluriques naturelles, ou telluriques d'occasion (putridité animale et humaine) ; 2° le miasme lui-même, en favorisant son activité (surtout si le miasme est vivant) ; 5° l'économie, en exaltant sa susceptibilité et la modalité des réactions. Cette intervention de la chaleur dans la constitution de notre pathologie a été dénoncée en maint endroit, dans les pages qui précèdent, et nous pomTons y revenir encore. Nous n'envisageons pour le moment que les affections dont le lien avec la saison chaude paraît immédiat.

Embay^as gastrique, fièvre simple. L'auteur de cet article a crû devoir, un jour, appeler l'attention sur une maladie, ou même un élément morbide, dont l'importance est à priori à son plus haut degré dans les pays chauds et qui, justement par là même qu'il s'agit de pays chauds, disparaît en fait dans la masse des fièvres telluriques et est englobé, théoriquement et pratiquement, dans le vaste cadre des maladies de malaria {voy. Jules Arnould, Des affections climatiques et de l'élément climatique dans les fièvres de malaria, in Archiv. gén. de méd. 1874). La. fièvre climatique existe, certainement. Le raisonnement la ferait deviner ; mais l'observation directe, dans des conditions convenables, la

764 FRANCE (patholog[e).

démêle sûrement au milieu des affections qui la masquent, là même où elle est la plus frc'quente. La chaleur, agent positif, ne dépasserait-elle jamais le rôle d'une influence surajoutée : n'entrerait-elle dans l'étiologie que par le relâchement des- tissus, l'alanguissement des fonctions, le surcroît de besogne qu'elle impose au foie, d'oij le caractère vague et banal de la biliosité dans les maladies d'été et d'automne? Au besoin, cet ensemble de modifications, s'il survient un peu brusquement et d'une seule tenue, ne peut-il à lui seul constituer une maladie méritant un nom?

Cette maladie est réelle et ces troubles peuvent être assez sérieux pour déterminer une fièvre. C'est la fièvre simple, la synoque, le catarrhe gastrique aigu de nos pays; la fièvre bilieuse simple, common continued fever, dans l'Inde; fièvre infiammaloire aux Antilles ; proportionnée, dans sa fréquence et dans l'intensité des manifestations fébriles, au degré Ihermométrique du temps et du lieu, à la durabilité de la chaleur, à la brusquerie de son accentuation saisonnière, etc.

Dans notre zone tempérée, elle ne tient aucune place dans les statistiques obituaires ; on n'en parle pas dans les documents relatifs à la morbidité des villes, au mouvement des malades dans les hôpitaux, parce que la grande majorité de ces malades ne réclament pas les secoiu's des médecins et, surtout, ne vont pas à l'hôpital. On ne leur en ouvrirait peut-être pas les portes, tant l'affection est bénigne. Cependant, tout compte fait, ces accidents insignifiants ont fait perdre à une foule d'ouvriers une notable somme de journées de travail et ont entraîné, chez les soldats, un nombre considérable d'exemptions de service. Nous trouvons, dans la Statistique médicale de V armée pour 1875, un total de 8455 entrées à l'hôpital, sans préjudice de 7012 admissions à l'intirraerie, po)ir fièvre continue. Nul doute qu'une bonne part de ces fièvres continues ne se rapporte plus légitimement au titre qui vient après : fièvre typhoïde. Mais il s'en faut que l'incertitude du diagnostic, révélée par cette désignation, aboutisse le plus souvent à un éclaircissement définitif, par la reconnaissance d'une véritable fièvre typhoïde ; la fièvre simple, l'embarras gastrique légitime, est trèsordinaire dans l'armée pendant la saison chaude. Il paraît, de même, plus fréquent dans les régions chaudes du territoire. Le quinzième corps (Marseille : 24050 hommes) a 720 entrées pour fièvre continue; le premier corps (Lille : 25244 hommes) n'en a que 255. Le seizième corps (Montpellier H 8 715 hommes) en a 572, plus que le sixième (Cliàlons-sur-Marme : 52 207 hommes), qui ne compte que 595 entrées de ce chef.

Fuster traduisait assurément la vraie physionomie de la pathologie méridionale française en décrivant avec tant de soin, comme note dominante des affections de l'été, V embarras gastro-intestinal, mode élémentaire essentiel des fièvres bilieuses de la saison, avec ou sans localisations anatomiques déterminées.

La notion de cet état, dit-il, rend de véritables services en médecine; c'est, en effet, une lumière et un frein pour le diagnostic, qui s'égarerait si facilement vers des maladies beaucoup plus graves, n'était la considération de l'époque de l'année. Cette « fièvre gastrique bilieuse » dure de sept à quatorze jours. Dans le Midi c'est possible, c'est beaucoup à Paris. Elle appelle les évacuants et s'en trouve bien. Mais elle tombe même sans eux. Quel dommage que cet esprit, dont les vues étaient si justes jusque-là, ait outré la théorie, pour y plier les faits, et rapporté aux mêmes influences une prétendue « fièvre bilieuse » grave,

FRA.NCE (pathologie). 765

de quatre à six semaine?, qui est bien plutôt, soit une continue palustre (et alors Fuster a raison de l'assimiler au Causus d'IIippocrate), soit la fièvre typhoïde, comme nous inclinons à le croire pour la majorité des cas!

Diarrhées d'été, choléra nosiras. Entérite. L'embarras gastrique est souvent gastro-intestinal. 11 semble même que la localisation de la fièvre simple puisse se déplacer tout à fait et que le catarrhe intestinal remplace exclusivement le catarrhe gastrique aigu, quoique l'origine reste la même. Lorsque celte localisation, plus ou moins nettement accompagnée de fièvre, se présente chez les enfants du premier âge, elle tend à revêtir les dehors d'une affection très-grave et qui, chaque année, pendant les mois d'été et d'automne, moissonne un nombre considérable d'existences. Plus rarement, mais encore assez fréquemment pour la controverse, ces phénomènes d'origine banale et qui n'éveillent aucun soupçon tant que l'on se sert, en raison de la classe des malades, du terme de choléra infantile, prennent chez les adultes des allures justifiant pleinement, au point de vue des symptômes, non de la nature du mal, les appellations spécifiques de cholérine et de choléra. Il serait bien possible qu'on vît plus souvent ces cas graves et que l'on y fît plus attention, justement depuis que la médecine est en éveil vis-à-vis du choléra et que la question de son acclimatement en Europe s'est posée sur des bases malheureusement justifiables. 11 n'en est pas moins fàchenx, encore que l'on ait absolument raison au point de vue de la symptoniatologie, de se servir de ces termes dont le moindre inconvénient est de perpétuer des discussions oiseuses sur la spontanéité ou la transmission du choléra en France ; ces mots sont aussi recueillis par les oreilles profanes et même par les administrations ; ils jettent fort inutilement le trouble chez les malades et dans l'entourage : que quelques journaux s'en emparent, et voilà une panique qui peut n'être pas sans danger.

Cette entérite catarrhale, très-souvent légèrement fébrile, nous semble relever directement de la chaleur ; elle est d'autant plus fréquente et plus grave que les années sont marquées par des chaleurs estivales plus intenses et plus durables. 11 est probable que l'ingestion de boissons froides et abondantes n'y joue pas le rôle étiologique que l'on croit; tout au plus, set aient-elles un accident déterminant sur une économie toute prête d'autre part. Mais nous sommes loin de nier la nocuité, à cet égard, de l'usage d'eaux saumàtres, maréca"-euses putrides. Il se peut encore que les abaissements brusques de température dans nos étés, la nuit particulièrement, aient leur part de culpabilité; mais on remarquera que le froid par lui-même n'obtiendrait pas ce résultat, si la chaleur n'avait opéré la préparation préalable. Enfin, ce côté de l'étiologie s'applique beaucoup plus exactement à la dysenterie qu'à la diarrhée.

Les diarrhées d'été encombrent les hôpitaux et les infirmeries militaires san^; peser beaucoup sur la mortalité. Il n'en est plus de même dans la population, et dans les hôpitaux civils, oii il y a des enfants, des vieillards, des cachectiques, des débilités de toute provenance.

Les « makulies de l'appareil digestif » (on peut croire qu'il n'y a «uère parmi elles de gastrites), ont entraîné dans l'armée, en 1875 : 17 757 entrées à l'hôpital, sur 118 '261 entrées de toute cause; 56 221 entrées à l'infirmerie, sur 139512 entrées générales. Les chiffres les plus forts tombent : 1° sur les soldats ayant moins d'un an de service; 2° sur le 15« corps (Marseille), le G* (Chàlons-sur-Marne et le Nord-Est, Nancy, etc.), le 16« (Montpellier) et le e-ouvernement de Paris : c'est-à-dire sur des régions méridionales et sur des réf^ions

régions

766 FRANCE (pathologie).

continentales, où les étés sont remarquablement chauds. Les régions maritimes (climat égal) sont sensiblement mieux partagées.

Les décès par diarrhée, dans les hôpitaux civils de Paris, se répartissent de la façon suivante (moyenne de 6 ans, d'après E. Besnier) : janvier, 45 ; février, 57; mars, o7 ; avril, 4-4; mai, 57; juin, 42; juillet, 65; août, 85; septembre, 91 ; octobre, 86; novembre, 54; décembre,. 47. Il ne nous embarrasse nullement, pour les raisons énoncées plus haut, que le maximum tombe sur septembre, c'est-à-dire un peu après le mois le plus chaud. Finalement, l'idée étiologique capitale ressort sans contestation possible de ces résultats numériques. Le mouvement annuel moyen, dans les hôpitaux de Paris, est de 755 malades fournissant 85 décès, ou 11,2 pour 100 malades. En rapport avec la réflexion qu'on vient de lire, les chiffres les plus élevés, quant au mouvement des malades, appartiennent au mois d'août et non à septembre.

En réunissant en un même chapitre les maladies portées au Bulletin de statistique municipale sous ces trois noms : entérite, colite, et diarrhée, Ely arrivait pour Paris à une moyenne de 5917 décès par an, ou 85,7 pour 1000 décès de toute cause, et 21,4 pour 10 000 habitants. Lamoyenne journalière étant 10,72, elle monte à 18,68 en août, à 16,56 en septembre, à 15,58 en juillet. Et l'auteur ajoute : « l'usage exagéré des fruits et des boissons froides doit être la principale cause de cette augmentation. » Pour être partagée par le vulgaire, cette opinion étiologique n'en est pas meilleure ; certains fruits peuvent causer une diarrhée éphémère, comme tout laxatif, mais ce n'est pas de celle-là qu'on meurt. Il n'y a guère plus de rapports entre les fruits et la diarrhée vraie qu'entre la dysenterie et l'usage de ces mêmes aliments que l'on accusait déjà au temps de Pringle (1745) ; opinion dont l'épidémiologiste anglais a fait bonne justice.

A Lille, sous la rubrique Diarrhée-entérite, la lélhalité de l'année 1877 est ainsi distribuée : premier trimestre, 114 décès; deuxième, 144 ; troisième, 205 ; quatrième, 106. On ne voit pas sans chagrin que cette énorme mortalité porte presque exclusivement sur les enfants de 0 à 5 ans. Le fait que l'hiver même et le printemps ont encore des chiffres funéraires élevés prouve qu'un bon nombre de ces diarrhées entérites sont imputables à la misère, à la négligence des parents, aux mauvaises pratiques alimentaires vis-à-vis des enfants du premier âge ; ce qui est, d'ailleurs, trop bien reconnu d'autre part. Mais l'influence du trimestre d'été n'en reste pas moins évidente, puisque la mortalité par diarrhée-entérite se double pi'esque, du premier trimestre de l'année au troisième, et réciproquement se réduit à la moitié en passant du troisième au quatrième {voij. Ilouzé de l'Aulnoit, Étude sur la mortalité des jeunes enfants à Lille. Lille, 1874).

L'entérite seule ne paraît pas être, aussi rigoureusement que la diarrhée, attachée aux climats chauds et à la saison chaude. Aussi voit-on ses chiffres mensuels s'équilibrer presque pendant toute l'année, dans les rapports de M. E. Besnier. Selon M. Lombard, elle serait plutôt plus fréquente dans les départements du Nord que dans ceux du Midi.

Mais la diarrhée, sur l'ensemble du territoire, se conduit encore d'une façon parallèle à ce que nous venons de reconnaître relativement à sa dépendance de la thermalité du temps et des lieux. « II est certain que la prédominance des maladies intestinales en France est en rapport direct avec sa latitude plus méridionale et par conséquent avec son climat plus chaud. » (Lombard.) La diarrhée

FRANCE (pathologie). 707

serait quatre fois plus nombreuse au Midi qu'au Nord. Eu tout, elle compterait les 52 millièmes des décès.

Dysenterie. Nous n'hésitons pas à ranger la dysenterie parmi les maladies qui ont les liens les plus étroits (il n'y en a guère d'absolus) avecla climatologie. Comme quelques autres, la dysenterie n'est épidémique que par le nombre et la simultanéité des cas ; Tinlluence qui les engendre tous est commune, sans doute, et de l'ordre des causes générales, mais sans avoir rien de spécifique. Il faut décidément renoncer à la perspective de pouvoir réunir et confondre un jour ces deux idées : épidémicité et spécificité ; ce sont deux attributs bien distincts. En ce qui concerne la dysenterie, son épidémicité si fréquente est assurément la raison des efforts qui ont été faits à la recherche du principe, ou du miasme dysentérique. Ce fut une tentative malheureuse, comme on sait; Dutroulau, Haspel, n'ont convaincu personne, et la contagion de la dysenterie est une illusion que l'on perd aussitôt que l'on a observé quelque temps dans des salles où sont reçus des dysentériques.

Nous ne voulons pas dire par là que l'élément climatique soit tout dans l'étiologie de la dysenterie ; nous pensons, au contraire, que les qualités du sol, de l'atmosphère, des aliments et des boissons, importent beaucoup et jouent un rôle considérable dans ses origines. Nous concédons même aux auteurs cette banalité et cette multiplicité des causes, d'autant plus volontiers que c'est justement contredire à la spéficité du mal et à sa contagiosité par-dessus tout.

La putridité dans le sol ou à sa surface entraîne les émanations dans l'atmosphère et la souillure des eaux, qui peuvent revenir ensuite en boisson au tube digestif des humains. Que la putridité vienne de matières fécales simples ou de selles dysentériques, l'atmosphère qui en est imprégnée est impropre à la nutrition intégrale des individus; de cet empoisonnement (le mot est presque exact ici) résulte le trouble digestif, l'état saburral des muqueuses, la putridité interne. L'eau, souillée de la même façon, agit dans le même sens et, de plus, est probablement un irritant direct; que si elle charrie simplement des matières organiques que l'on trouve d'ordinaire dans les marécages, l'irritation locale et l'atteinte générale de la nutrition ne sont guère moins sûres, encore que l'agent en ait quelque peu varié. A plus forte raison des aliments corrompus, ou même simplement indigestes, opéreront-ils l'offense locale du tube digestif et la déviation nutritive^.

Pourtant, ces circonstances ne déterminent guère la dysenterie que dans la saison propre à cette maladie ; à savoir à la fin de l'été et au commencement de l'automne. C'est donc cet élément nouveau, la climatologie du moment, qui est l'élément décisif. Les autres, ont surtout servi à égarer les observateurs et les théoriciens et à inspirer, sans la justifier, l'hypothèse de l'origine palustre de la dysenterie, ou encore du principe dysentérique, spécifique et contagieux. C'est à ce propos que M. Léon Colin a donné sur les rapports apparents de la dysenterie avec l'impaludisme les explications lumineuses qu'on trouvera dans son mémoire : De l'ingestion des eaux marécageuses comme cause de la dysenterie et des fièvres intermittentes. Paris, 1872.

• La coïncidence de la saison de la dysenterie et de celle des fruits a causé ici les mêmes illusions que pour la diarrhée d'été. A propos de la dysenterie de Lorraine, Didelot relevait déjà celte étiologie populaire et peuraisonnée : « Ce ne sont pas les fruits, comme le peuple s'imagine encore aujourd'hui, qui en sont la cause, mais les subites variations de l'air. » {Hist. de la Soc. de méd. de Paris, II, 133.)

768 FRANCE (pathologie).

Du reste, la dysenterie semble avoir besoiti de cette pre'paration préalable qu'effectuent les agents putrides ou irritants. S ils manquaient, la chaleur ellemême se chargerait de l'assurer. C'est bien plus, comme on vient de le dire, à la suite des chaleurs que pendant les chaleurs mêmes qu'on observe ses bouffées épidëmiques. Même alors que la dysenterie éclate en plein été, c'est encore à lu suite d'une interruption brusque de la chaleur, par une averse abondante, par la nécessité dans laquelle se trouve une troupe de coucher par terre, qu'éclatent de nombreux cas de dysenterie. D;ins les conditions les plus habituelles, c'est presque une maladie d'automne, c'est-à-dire de la saison où les nuits redeviennent longues et froides, où à une chaude et claire journée succède uue brume pénétrante, peut-être une gelée blanche vers le matin. Est-ce donc le froid qui provoque la dysenterie? Non, mais sa succession brusque à la cbaleur, le vrai refroidissement du corps, dilaté fout à l'heure, dont tout le tégument fonctionnait avec énergie et qui subit tout à coup le reflux vers l'intérieur de tous les fluides périphériques. On appelle cela d'un nom pittoresque : la répercussion.

La dysenterie épidémique, de 1858 à 1868, a frappé les départements suivants (Briquet, Mém. de l'Acad. de me'd., XXIX, 1869-70) :

Page 1