‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 143 sur 163 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

0 à 1 an . ,

1 à 5 ans .

lis

0 à 1 an .

1 à 5 ans.

Diarrhée-entérite.

Ciiolériue 1 -i •■

L'influence fâcheuse de la saison chaude est évidente.

Rachitisme. Les expériences de M. Jules Guérin ont mis hors de doute l'influence de V alimentation prématurée ?>\xr le développement du système osseux des jeimes animaux [Bulletin de VAcad. de méd., 1867, 15 janvier). Le rachitisme est l'aboutissant ultime des désordres consécutifs à cette alimentation anormale, lesquels commencent par la diarrhée et se continuent par le carreau. Dans la pathologie humaine, il relève sans doute d'autres causes encore, que nous allons apprécier. Mais il ne nous déplaît pas de l'inscrire ici pour renforcer, si c'est possible, le salutaire précepte d'hygiène que la majorité des médecins de l'Académie a consacré, dans les discussions mémorables qui ont eu lieu sur ce sujet. Ce précepte, ce dogme, devrait-on dire, n'est pas resté, en effet, sans agression contradictoire et, au sein même de l'Académie, tout récemment (4 octobre 1876), M. Magne proposait sérieusement de chercher quelque chose de mieux que le lait, maternel ou non, pour alimenter les enfants bien avant le douzième mois, comme on élève presque dès le premier jour les petits des ruminants avec des farines, des tourteaux, au grand bénéfice du commerce.

Le rachitisme a été si bien décrit par Glisson (Tractât, de rachitide. Lond., 1650) que l'on a cru, à cette époque, qu'il s'agissait d'une maladie, la a maladie anglaise », née en Angleterre au commencement du dix-septième siècle et de là propagée au continent européen . Le fait est que le rachitisme était connu

FRANCE (fATHOLOGiii). 791»

(lu moyen âge et de l'antiquité et qu'il s'est trouvé partout, de temps immémorial, lié à la civilisation, où les procédés alimentaires de l'enfance ont toujours emprunté quelque chose à des artifices divers. Ce qui ne prouve pas, à vrai dire, que le rachitisme épargne les peuplades sauvages ; on l'a dit avec raison, s'il y a des rachitiques dans ces régions, ils ont toutes les chances possibles de ne pas vivre ; par conséquent, on ne les aperçoit pas. Toutefois, il est moins commun sous les tropiques que dans les climats tempérés et, parmi ceux-ci, il affecte spécialement les contrées sujettes aux vicissitudes atmosphériques étendues et brusques; çà et là, aussi, il semble dominer dans les contrées basses et marécageuses, comme sur le littoral belge et hollandais, aux bords du Rhin, dans les plaines basses du nord de l'Allemagne. Voilà, du moins, ce que l'on observe. Mais, sans contester la fâcheuse influence d'un climat humide et d'une atmosphère marécageuse, ne convient-il pas d'entrevoir derrière ces conditions extérieures la misère des populations qui vivent sous ce régime, leur faiblesse physique, l'infériorité vitale, la cachexie, toutes circonstances qui assurent aux nourrissons un lait médiocre, bientôt remplacé par une alimentation solide plus médiocre encore?

Les observateurs signalent le rachitisme à côté du goitre et du crétinisme dans les hautes vallées (Moullié, Causes d'exemption du service militaire dans le département de la Haute-Loire, 18C7); sur le sol inculte et dans les pays à établissements industriels (Richon, Études statistiques sur le recrutement dans le département de la Moselle, 1869); dans les campagnes, mais surtout dans les villes; dans les classes riches, mais surtout dans les classes pauvres des graïKles cités. C'est donc qu'il y a une circonstance commune à toutes ces situations dilférenles et qui n'est ni le sol, ni le climat, ni les qualités météorologiques de l'atmosphère. Nous inclinons fort à croire que cette circonstance est l'alimentation prématurée, à laquelle poussent également la misère des pauvres et l'ignorance ou la négligence des riches ; sans nier que le méphitisme des habitations et de la vie en commun puisse être un auxiliaire efficace. L'air est aussi le pabidum vitce ; quand il est pur, il compense bien des lacunes de l'hygiène; s'il ne Test pas, il en assure l'action nuisible.

Le rachitisme est, à première vue, fort commun à Lille et aux environs ; peu de pays présentent une aussi grande quantité de bossus et de pieds-bots. Accordons que la contrée est plate et que le climat y est humide. Mais ce qui caractérise surtout la population, c'est le genre de travail et d'existence. Les familles d'ouvriers, celles qui ont le plus d'enfants (et elles en ont effectivement beaucoup) , vivent aux ateliers populeux, ou dans des logements aujourd'hui bien assainis, mais qui ont longtemps été déplorables ; l'instruction n'y pénètre que lentement, malgré les efforts des administrations. Tout ce monde est pressé, ignorant, plein de préjugés, peu soucieux de la salubrité intérieure ; l'alimentation prématurée des enfants y est une pratique extrêmement généralisée.

Nous n'essaierons pas de pousser plus loin, pour notre pays, une spécialisation de la pathologie infantile dont les bases sont assez indécises et fragiles, comme on le voit déjà par ce qui précède. Nous renvoyons, particulièrement en ce qui concerne les maladies de poitrine, aux études étiologiques déjà développées dans cet article et à celles qu'il reste à parcourir. Nous avons, du reste, l'habitude, pour chacune des maladies envisagées, d'indiquer lorsque c'est possible la participation de l'enfance, les raisons et le caractère de cette participation.

800 FRANCE (pathologie).

Adolescence. Nous entendons par ce mot, dans les divisions fort vagues de la période de vie que l'on appelle enfance, la pliase intermédiaire entre la véritable enfance et la jeunesse, entre la seconde dentition et la manifestation des attributs sexuels, c'est-à-dire à peu près de sept à quinze ans.

Cet âge a quelque peu sa pathologie spéciale, bien que l'on n'ait jamais tenté de l'étudier à part, ce qui ne manquerait certes pas d'utilité. Si la chose était faite, on apercevrait selon toute apparence des différences entre la pathologie de l'adolescence française et celle de l'adolescence anglaise ou allemande; on verrait aussi des distinctions importantes à introduire dans celte pathologie, rien que pour la France, selon les régions, les climats, les fractions ethniques, pour lesquels on l'établirait. Il est évident que les adolescents bretons ne sont pas soumis aux mêmes influences étiologiques que les adolescents lorrains ou que ceux des Pyrénées ; qu'il y a des tendances morbides un peu différentes, de l'adolescence des pays maritimes, où les enfants vont à la mer dès qu'ils quittent leur nourrice, à celle de l'intérieur où ils travaillent aux champs ou à l'atelier.

Ce n'est pas le lieu de tenter cette entreprise encore inabordée et qui, du reste, dépasserait nos moyens. Seulement, nous signalerons deux des grandes conditions d'hygiène, et par conséquent d'étiologie, qui intéressent directement l'adolescence et qui ont, en France, une physionomie spéciale. L'une d'elles a trait au travail des enfants, l'autre à leur culture intellectuelle.

a. La loi du 19 mai 1874 admet les enfants à l'âge de dix ans révolus dans quelques industries spécialement déterminées par un règlement d'administration publique ; mais jusqu'à douze ans ils ne peuvent être assujettis qu'à un travail de six heures par jour, interrompu par un repos. Partout ailleurs, on ne doit admettre dans les manufactures et usines que des enfants âgés au moins de douze ans ; et encore, dans les industries à poisons ou manipulant des matières explosibles, cette limite est-elle reculée jusqu'à seize ans. Cet âge de seize ans pour les garçons, celui de vingt et un ans pour les filles, sont les limites audessous desquelles le travail de nuit est interdit. M. Th. Roussel proposait d'élever de douze à quatorze ans l'âge minimum de l'introduction des enfants dans les manufactures ; c'est la limite qui a été adoptée en Allemagne.

11 est facile d'indiquer, en général, les conséquences de l'introduction prématurée des enfants dans les grandes industries , et de leur application à un travail soutenu. Mettons de côté les traumalismes et les intoxications industrielles, bien qu'ils soient peut-être plus que les adultes exposés aux premiers, en raison de leur faiblesse et de leur étourderie naturelle, aux secondes par leur activité d'absorption et leur sensibilité plus grandes. Le travail prématuré et soutenu compromet la marche du développement physique des jeunes organisations, provoque des déviations du rachis, des malformations des membres ; le séjour dans l'atmosphère des ateliers, où les poussières, l'humidité, la chaleur, s'ajoutent à la viciation de la vie en commun, étiole les jeunes sujets, favorise le développement de la scrofule, l'éclosion de la tuberculose, alanguit les fonctions digestives, assure une anémie précoce, expose les enfants à tous les miasmes et à tous les contages.

La parcimonie de l'a loi donne la mesure des caractères, spéciaux à la France, de la pathologie professionnelle des adolescents.

h. Les procédés pédagogiques modernes, en France, depuis l'humble école de village jusques et y compris l'Ecole polytechnique, laissent beaucoup à désirer. On exige trop de choses, et souvent trop tôt, de cerveaux jeunes en voie d'évo-

FRANCE (pathologie). 801

lutioii ; on ne proportionne pas les efforts demandés à l'âge des jeunes individus ; l'implacable uniformité des programmes ne tient aucun compte des inégalités natives dans les aptitudes cérébrales. Par -dessus tout, on ne s'impose pas l'obligation d'équilibrer exactement la culture du physique avec celle du moral. Dans les détails, que de lacunes sous le rapport de l'installation, du cubage des locaux, du mobilier des salles d'étude et de classe, de l'éclairage naturel ou artificiel !

En rapport avec les excès ou les défauts de la pratique, dans cette phase de l'évolution humaine, il y a positivement des « maladies scolaires, » nom nouveau pour désigner une chose ancienne, dit justement M. A. Riant [Hijf/iène scolaire. Paris, 1874. — Voy. du même : L'Hygiène et V éducation dans les internats. Paris, 4877); en effet, ce n'est que d'hier que des travaux sérieux ont constitué ce cadre si important delà pathologie spéciale et, il faut l'avouer, nous le devons surtout aux étrangers: docteur Cohn, Fahrner, docteur Finkelnburg (de Berlin), Maerklin (de Wiesbaden), Ostendorff (directeur de Realschule à Dusseldorf), pour l'Allemagne; Guillaume, de Neufchâtel ; Peter von Petershausen, de New- York (voy. ; Bericht des Ausschussesueber die'^te Versammhing des deiHschen Vereins f. œff. Gesundheitspflege zii Mirnberg, september 1877).

Les maladies scolaires exclusives sont rares ; mais en élargissant l'idée étiologique, il faut y rattacher :

1. La myopie, plus commune dans les populations instruites que chez celles qui ne savent pas lire ; phis fréquente dans les lycées que dans les écoles primaires ; à l'École polytechnique qu'à Saint-Cyr; chez les rhctoriciens que parmi les élèves de cinquième; sur les engagés conditionnels que sur les recrues vulgaires ;

Page 1