‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 148 sur 163 · HABITANTS · texte numérisé non relu

HABITANTS

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s et crétins.

En suivant les calculs de M. Lombard (fous dans les asiles seulement), la moyenne générale pour toute la France serait aux environs de- 125 pour 100 000 habitants.

Departemerits très au-dessus de la moyenne. Oise (287 aliénés p. 100 000 hab.), Calvados (250), Seine (259), Meuse et Rhône (209).

Départements un peu au-dessus de la moyenne. Nord (1 84), Côte-d'Or (166), Mayenne (160), Gironde (157), Sartlie (156), Orne (156), Cantal (154), Lot (153),- Drôme (150), Vaucluse (149), Haute- Vienne (148), Bouclies-du-Ul.ônc (145), llle-et-Vilaine (145), Bas-Rliin (144), Loir-et-Cher (144), Manche (137), Maine-et-Loire (156), Jura (135), Tonne (154), Ârdennes (126).

Départements aux environs de la moyenne. Vosges (121), Côtes-du-Nord (121), Allier (120), Eure-et-Loir (119), Corrèze (118), Ilaute-Saône (118), Puy-de-Dôme (117), Doubs, Indre-et-Loire, Ârdcche (114), Finistère, Loire, Creuse (113), Haute-Garonne (110), Aude (109), Aisne, Isère (108), Vendée, Vienne (106), Eure (104), Deux-Sèvres (101).

Déparlements au-dessous de la moyenne. Somme, Seine-et-Marne (99), Haute-Loire (98), Moselle (92) , Saône-et-Loire (90), Tarn-et-Garonne (87), Aveyrou, Lozère (86), Indre (84), Loire-Inférieure, Charente, (85), Haut-Rhin, Ain (82), Seine-et-Oise, Pas-de-Calais (80), Gard, Cliarente-Inférieure (79), Corse (76), Morbihan (71), Loiret, Nièvre, Seine-Inférieure (69), Landes (68), Hérault (67), Tarn (65), Lot-et-Garonne (63), Gers, Hautes-Alpes (62), Var (61), Basses-Alpes, Dordogne (57), Âriége, Charente (55) Hautes-Pyrénées (52), Pyrénées-Orientales (45).

Il y a donc une grande inégalité entre les diverses régions de la France, au point de vue de la répartition des aliénés. Aucun département du Midi n'en a beaucoup, et deux seulement sont au-dessus de la moyenne : Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Parmi les départements de l'Est, il n'y en a aussi que deux

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qui dépassent la moyenne; dans les départements de l'Ouest, il y en a quatre. C'est dans le Nord et le Centre que les départements au-dessus de )a moyenne sont le plus nombreux. « D'où il résulte évidemment que l'aliénation mentale est beaucoup plus fréquente dans le Centre et le Nord qu'à VEst, à V Ouest et, surtout, qu'au Midi de la France. » (Lombard.)

La mortalité, selon M. Lunier, serait aux environs de 11,5 pour 100 aliénés, par an et pour la France, mais en n'y comprenant pas les asiles de Bicêtrc et de la Salpètrière, oij la mortalité atteint à 24 pour 100 et qui porteraient le chiffre moyen pour tous les asiles français, à 15,92.

Tabagisme. Cette intoxication, à phénoménalité multiple, se rattache à la folie pour M. JoUy, comme elle rentre dans les causes des maladies du cœur pour M. Peter. Nous pouvons, en tous cas, l'annexer aux influences sociales, puisqu'elle ne dépend d'aucune des sollicitations physiologiques, qu'elle est la conséquence des aptitudes propres à l'homme de se faire des besoins et des jouissances artificiels, le résultat du type le plus pur d'une habitude.

L'étiologie était moins dure pour le tabac autrefois qu'aujourd'hui. Parent- Duchâtelet et d'Arcet (1829), le vicomte Siméon (1843), Mélier (1845), Ruef, lleurtaux, Boudet, après en avoir instruit le procès à divers points de vue et surtout au point de vue industriel, ne l'innocentaient pas absolument, mais n'y trouvaient pas la réalisation d'un fléau de notre espèce. Michel Lévy, que la fumée de tabac exaspérait personnellement , objurguait les fumeurs, mais ne les condamnait pas. M. Fonssagrives [Hygiène navale, 2^ éd. Paris, 1877, p. 854) ne saurait se dispenser de flétrir Vabus du tabac, dans lequel l'habilude verse Irop naturellement, non plus que de signaler le « suicide de l'intelligence et de la mémoire » auquel conduit l'usage immodéré du tabac; mais, au moins, il ne redoute pas trop les désastres qui porteraient sur la constitution, et il n'est pas difficile de voir percer, dans les lignes de ce chapitre, l'indulgence du marin et le bon sens de quelqu'un qui a traversé beaucoup de fumée, sans y reconnaître positivement l'origine de grands malheurs. Enfin, ajoutons que les physiologistes et les chimistes, Cl. Bernard et Yillaret, Melsens, Wohl et Eulenburg (1873), Heubel, M. Gréhant, en y mettant de la bonne volonté, ont constaté un certain nombre de faits peu rassurants, mais en nous laissant, au sujet de l'absorption nicotique et de l'essence de cette intoxication, dans un vague qui permet aux fumeurs d'attendre encore d'autres éclaircissements et des conclusions précises.

On sait qu'il n'en est plus de même de M. Jolly, de Richardson, de M. Peter. Pour M. Jolly, c'est le tabac et pas autre chose, si ce n'est un peu l'alcool, que l'on prend pour faire passer le tabac, qui est cause de l'ascension progressive du nombre des aliénés en France et ailleurs ; c'est lui qui a provoqué, dans ces derniers temps, des paralysies, des ataxies, des lésions médullaires et cérébrales que l'antiquité ne soupçonnait pas. M. Peter, après Beau, met le tabagisme en rapport avec les maladies du cœur et plus particulièrement avec la névralgie cardiaque , une forme d'angine de poitrine. « L'intoxication par le tabac porte surtout ses effets malfaisants sur le système nerveux tout entier; elle produit entre autres le tremblement, comme le fait l'alcoolisme;... dans cet état d'irritabilité artificielle, le plexus cardiaque en est devenu, comme les autres, morbidement impressionnable, de sorte que la plus mince occasion suffit alors pour le mettre en état de mal. — Cette dégradation tabagique, je l'ai vue produire la sénilité prématurée à l'égal

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de l'alcoolisme et, par la sénilité, les lésions de cet état, l'athérome aortique, l'insuffisance des valvules sigmoides, les douleurs rétro-sternales de la névrite du plexus cardiaque et finalement la mort rapide. » (Michel Peter : Leçons de clmique médicale, Paris, J875, t. I.)

De même que les médecins philosophants voient dans le tabac la cause de la dégradation morale, et les cliniciens, l'origine de maladies du cœur, de même les médecins oculistes y trouvent l'agent d'un certain nombre à'amhJyopies, et les médecins du beau monde, la raison de déceptions génitales qui tourmentent assez fréquemment leur pâle clientèle. M. le docteur Depierris assure que l'introduction du tabac dans les couvents de moines et dans les mœurs ecclésiastiques a eu pour but d'y rendre plus facile la pratique de la chasteté (si le médicament a réussi, l'histoire n'est qu'une menteuse).

Or, les réquisitoires de M. Jolly devant l'Académie de médecine n'ont jamais guère dépassé la valeur d'exercices de style, fort réussis du reste. Voici ce qu'en pense M. Lunier : « Quelque violentes qu'aient été les attaques dirigées contre le tabac, il faut avouer que son action est très-rarement reconnaissable parmi les circonstances qui produisent la folie, et que la pratique des grands asiles ne permet de lui attribuer qu'une bien minime intîuence, si tant est qu'on puisse lui en accorder une distincte. Mais, ce qui est très-vrai, c'est que les grands fumeurs sont très-souvent de grands buveurs, et que la réunion de ces deux habitudes est fréquente chez les individus qui deviennent aliénés. » 11 paraît même que, quand l'association est rompue, les médecins aliénistes ne redoutent plus guère le tabac tout seul et ne le considèrent pas comme un obstacle à la guérison : d 11 n'y a pas im asile où l'on tolère l'usage ordinaiie de l'eau-de-vie, et pas un où l'on n'autorise celui du tabac. »

Nous ne savons si les passagers de Gelineau, qui fumaient « avec acharnement et rage )), n'humectaient leur palais, desséché par cet exercice, qu'avec de l'eau claire ou de la limonade, puisque M. Peter ne nous en parle pas. Jlais ce qui nous étonne, c'est que le sagace professeur n'ait pas été frappé de ce fait que les malades à angine de poitrine, de Beau, étaient surtout des Russes et des Polonais, fumeurs de cigarettes, c'est possible, mais dont le vice classique et traditionnel est autre et beaucoup plus gi-ave. Ah ! si Vangor pectoris était la maladie vulgaire des sobres Espagnols, nous serions bien plus disposé à exécuter la cigarette!

La question de l'arablyopie tabagique n'est peut-être pas encore étudiée à fond. Ce qui nous porte à y croire, c'est qu'elle cède par l'abstention du tabac. Mais alors ce poison n'a donc pas le pouvoir de causer des désordres irrémédiables et véritablement oiganiques ; et il est bon de se défier des amblyopies supposées d'origine tabagique, qui ne disparaissent pas avec la suppression de

la fumerie.

Quant à l'affaiblissement de la puissance génitale et génésique, c'est un accident d'une éliologie si complexe, qu'il faut n'y accepter les formules précises qu'avec une extrême prudence. Il y a, dans tous les cas, dans ce chapitre, des aoents d'une nociveté bien autrement sûre que le tabac.

Le tabagisme est jusqu'aujourd'hui une expression si vague que l'on ne saurait tenter d'en définir l'aspect ni l'extension en France, soit sur toute l'étendue du pays, soit dans les régions particulières, soit par rapport aux contrées voisines. Le monopole du tabac rapporte à notre caisse gouvernementale plus de 250 millions de francs, et l'on estime que chaque fumeur consomme, en DICT. ENC. 4" s. V. 55

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moyenne, de 7 à 8 kilogrammes par an. C'est peut-être l'Etat qui en abuse le plus, en le vendant si cher, même aux pauvres gens, à qui il conviendrait d'alléger la ' satisfaction de ce besoin, lactice il est vrai, mais qui est une de leurs rares compensations au labeur continu et aux exigences quotidiennes de l'existence. A la mesure de ces indications, on jugera des limites de son influence sur la pathologie française, s'il en a une plus certaine que les apparences riè le font présumer.

Affections chroniques des centres nerveux et des organes des sens. Toujours avec la réserve que le lien entre les influences sociales et les maladies qui vont être énumérées n'est pas absolu, nous joignons à ce chapitre quelques maladies sur lesquelles les documents statistiques sont rares ou nuls, quoique justement l'étude clinique en ait été menée, chez nous, d'une façon particulièrement brillante (École de la Salpêtrière : Cliarcot et ses élèves). A vrai dire, ces affections ne sont vraiment caractéristiques pour la pathologie d'aucun pays, ni d'aucune contrée, au moins en Europe et en France.

Nous ne pouvons guère que mentionner la congestion cérébrale chioaique, ^'anémie cérébrale et le ramollissement embolique , V encéphalite chronique (habituellement aftectée au cadre de l'aliénation mentale), V hydrocéphalie, les congestions et les anémies, médullaires, les myélites chroniques (sclérose spinale antéro-latérale : paraplégie; sclérose postérieure : ataxie locomotrice; sclérose en plaques; paralysie agitante). On pourrait y joindre V hémorrhagie cérébrale et V hémorrhagie médullaire, aflcctiotis qui peuvent être aiguës au point de vue symptomatologique, mais qui sont le plus souvent préparées par des troubles chroniques de la nutrition nerveuse ou surtout de l'appareil vasculaire.

L'apoplexie compte pour les 40 mill.èmes environ des décès en France, proportion plus élevée que dans la plupart des pays situés plus au nord. On pourrait eu conclure que l'apoplexie mortelle est moins fréquente au nord qu';iu midi et, par conséquent, que lu tempéiature plus élevée est défavorable; mais M. Vacher a reconnu que les apoplexies sont plus souvent mortelles en automne et en hiver qu'au printemps et en été.

Dans l'tnsemble et en réunissant les décès amenés par l'apoplexie, l'hydrocéphalie, le ramollissement cérébral, la méningite et l'encéphalite, M. Lombard trouve près de \\i décès pour 1000 décès généraux, presque un neuvième. Edimbourg (89,2 décès), Glaseow (82,1), Londres (105,5) ont une pioportion moins forte; mais partout ailleurs dans le nord de l'Europe, les maladies aiguës et subaiguës des centres nerveux sont plus nombreuses qu'en France (sauf rapoplexie).

Êpilepsie. Il est peu d'afl'ections que les recherches étiologiqnes démontrent plus que Celle-ci indépendante des conditions de climat, de saisons, d'iiabitat, d'altitude et de latitude, d'alimenlalion et mênie d'excès en tout genre. La rapide revue à laquelle se livre A. Hirsch, des documents sur l'épil psie fournit la preuve qu'elle est commune au nord comme au midi, en Afrique, en Amérique aussi bien qu'en Europe. D'anciens observateurs la croyaient pins répandue dans les hautes latitudes; muis, indépendamment de sa fréquence en Afrique (Bertherand, Deleiu), en Egypte (Pruner), au Pérou (Smith), au Brésil (Sigaud), sur les hauts plateaux mexicains (Newton), il se trouve qu'en France les départemems les plus affligés sous ce rapfiort appartiennent précisément à la zone médilerranéenne M. Lombard pensait l'avoir reconnue comme antipathique aux régions alpines et subal|iines; les résultats des opérations des conseils de révision en France ne confirment nullement cette hypothèse. L'étiologie par les excès de boisson ou les excès vénériens tombe devant ce fait que l'épilepsie vraie

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éclate entre dix et dix-huit ans. Il peut y avoir des aptitudes de races, en ce sens qu'un peuple à nerfs excîitables est plus accessible à l'action des causes déterminantes; Liclitenslein a constaté que les Lithuaniens, impressionnables, qu'un rien et que tout effraie, sont beaucoup plus sujets à l'épilepsie que les Russes, leurs voisins. De même, l'hérédité joue un grand rôle, mais par transmission indirecte, c'est-à-dire que l'épilepsie représente chez les descendants une forme nerveuse quelconque, même très-différente, des ascendants.

Les causes de beaucoup les plus héquentes, d'après les recherches de Moreau, de Tours {De iétiologie de l'épilepsie, in Mém. deVAcad. deméd., 185i, XVllI, 99) et de Boudui, sont les causea morales : 444 fois sur 529 cas. Et parmi ces causes, la frayeur est même portée pour 514 cas : ce qui, assurément, iml h or de conteste l'importance décisive de l'impressionnabilité nerveuse des individus. C'est en raison de cette circonstance si accentuée que nous rangeons l'épilepsie parmi les maladies dues aux inlliiences sociales. 11 nous semble, en effet, que •ces dispositions nerveuses ré>ul(ent essenliellement de l'éducation des peuples et des individus, de l'état religieux, politique, social en un mot. Quand elles existent dans une race, elles sont probablement acquises, et, en ce qui concerne les Lithuaniens, on s'est demandé si leur habitude craintive n'était pas le résultat d'une longue et terrible opprcs-ion.

Bouiiin s'est servi, à défaut de recensement des épileptiques en France, des résultats des opérations du lecrulemeut de 1851 à 1855. Il a trouvé 6G27 exemptions de cette cause, sur 4Û5G572 jeunes gens examinés. L'épilepsie est, d'ailleurs, à peu près aussi fréquente dans le sexe féminin que chez les hommes. La moyenne ayant été de 164 épileptiques sur 100 000 examinés, les proportions par départements s'établissent comme il suit :

De 41,0 à 100, j. Puy-de-liômc, Manche, llaute-Vienne, Loiret, Seine-et- Marne. Yonne, Tarn-et-Garonne, Aude, Indre, Rhône, Meurthe, Côte-d'Or, Doubs, Deux-Sèvres, Finistère.

De 105,9 à 150,4. Ain, Dis Rhin, Vosges, Caivados, Lot, Ardennes, Jura, Cantal, Tarn, S;iône-et-Loire, Muselle, Hautes-Alpes, Charente, Orne, Charenteinférieure, Côtes-du-Nord, Euie, Card, Ardèche, Loire, Seine, Creuse, Il.mt-Rhin, Cher, Dordogne, Corse, Aisne, Allier.

De 155,4 à 201,8. Pas-il<-Calais, Nord, Basses-Alpes, Aveyron, Gironde, Yaucluse, Nièvre, Maine-et-Lniie, Haute-Saône, Vienne, llle-et-Vilaine, Seine-el- Oise, Oise, Lol-et-Garonne, Eure-et-Loir, Drôme, Indre-ct-Loire, Hautes-Pyrénées, Loir-et-Cher, Hérault, Landes, Isère.

De 202,8 à 559,9. Gers, Mur ihan, Sarthe, Haute-Marne, Haute-Loire, Var, Somme, Haute-Garonne, Mayenne, Vendée, Marne, Basses-Pyrénées, Bouclies-du- Rhône, Ariége, Loire-Inférieure, Seine-Inférieure, Lozère, Aube, Gorrèze, Meuse Pyrénées-Orientales.

H serait intéressant de faire aujourd'hui, après vingt-cinq ans, le même travail que Boudin sur l'épilepsie, pour la période de 1854 à 1878. Le système nouveau de recrutement, en augmenlant le nombre des examinés, donnerait des bases encore plus sûres d'appréciation. A l'heure qu'il est, on n'aperçoit aucune raison de la prédominance de 1 é;»depsie dans tels ou tels départeuienis.

Les décès par épilepsie, selon \l. Lombard, sont, en France, de 5 pour 1000 généraux. Cette proportion est jd.is faible que celle des viUes danoises (7,9), de Londres (4,8) et d'Edimbourg (4,5), mais plus élevée que celle de tilascow (2,4), Copenhague (2,1), Bruxelles (1,1), Amsterdam (0,9), Christiania (0,4).

FRANGE (patuologie).

YII. Lnflcejnces PROFKSsioNNELLEs. Maladies des ouvriers, des soldats, des marins, des professions libérales, des religieux.

A- Maladies des ouvriers. Nous ne faisons pas de l'hygiène professionnelle; nous ne suivrons donc pas le procédé, d'ailleurs aride, qui consisterait à parcourir tous les genres d'industrie pratiqués en France (et il n'en manque guère) pour rapporter à chacun sa maladie ou ses maladies spéciales. Il y aurait, au reste, bien des doubles emplois, sans compter des longueurs effrayantes. Nous croyons qu'il est possible de grouper autour d'un petit nombre de chefs étiologiques la plupart des maladies des ouvriers, des artisans, comme on disait autrefois, au moins celles qui ont un caractère d'originalité et possèdent un lien évident entre les occupations ou le milieu spécial de chaque catégorie d'ouvriers et les accidents observés. C'est le mode dont nous tenterons l'utilisation dans les développements qui vont suivre.

Il y a, du reste, sur ce terrain, largement de quoi faire une pathologie spéciale. L'étiologie se touclie du doigt, la prophylaxie et la thérapeutique reposent absolument sur la connaissance de la cause et du mécanisme des troubles qui se présentent; ce sont des rapports infiniment moins vagues et complexes que l'étiologie par les climats et les saisons, qui a défrayé nos devanciers et suscité d'autant plus d'écrits et de paroles qu'elle est plus fuyante, plus élastique, plus variable. Notre époque l'a compris et il faut dire, à la louange des hygiénistes, que ce sont eux qui ont, les premiers, accentué en cette matière la spécialisation et qui ont forcé la pathologie à adopter ce cadre nouveau, en faisant eux-mêmes et du même coup l'hygiène et la pathologie professionnelles.

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