‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 155 sur 163 · C. — de 0 à · texte numérisé non relu

C. — de 0 à

Le premier groupe comprend 11' départements, dont 2 (Bouches-du-Rhône et Lot-et-Garonne) au sud, 3 au centre (Rhône, Allier, Deux-Sèvres), 2 au nordest (Gôte-d'Or et Aube), 2 au nord-ouest (Loir-et-Cher, Orne), et enfin 2 (Nord et Pas-de-Calais), à i'«ixtrème nord. Si l'on prend ces départements comme centres d'extension des maladies pulmonaires pour y rattacher les départements du groupe B, on peut faire sept régions secondaires, de plus grande fréquence, se reliant jusqu'à un certain point entre elles, et séparées par des zones de fréquence moindre, ainsi qu'il suit.

La première région aurait pour centre le département des Bouches-du-Rliôue, et comprendrait, au sud-est du pays, l'Hérault, le Gard, Vaucluse, le Var et les Basses-Alpes, c'est-à-dire toute ia Provence et une partie du Languedoc. La deuxième s'étend au sud-ouest, contiguë à la précédente, et comprend les Pyrénées-Orientales, l'Ariége, la Haute-Garonne, le Tarn, Tarn-et-Garonne, le Gers, Lot-et-Garonne, les Landes et la Gironde (Roussillon, comté de Foix, Gascogne, partie de la Guyenne et du Languedoc). La troisième région, touchant à p première par la limite nord de celle-ci, embrasse l'est de la France moyenne :

* Toutefois l'isolement liospitalier des phthisiques se pratique en Italie. M. Vallin iie le croit pas nécessaire {Prophylaxie des inaladies infectieuses et contagieuses. Rapport au Congrès international d'hygiène. Paris, aoùH878).

FRAxNGE (pathologie). 863

Hautes-Al[)es, Isère, Rhône, IJaule-Loiie, Cautal, Corrèze, Creuse, Allier (Dauphiné, Lyonnais, Basse-Auvergne, Limousin, Marche, Bourbonnais). La quatrième, à l'ouest de la France moyenne, touche au nord de la seconde et s'étend jusqu'à la cinquième ; elle renferme l'Indre, la Vienne, la Charente, la Chai'ente- Inférieure, les Deux-Sèvres,, la Vendée et la Loire-Iuférieure (Berry, Poitou, Angoumois, Saintonge, sud de la Bretagne). La cinquième région comprend le nord-ouest de la France : Loir-et-Cher, Loiret, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Seine, Eure, Eure-et-Loir, Orne, Calvados, Manche, Côtes-du-Nord (Orléanais, Ile-de-France, Brie, Normandie, Bretagne). La sixième occupe le nord-est : Saône-et-Loire, Doubs, Côte-d'Or, Aube, Haute-Marne (Bourgogne, Franche- Comté, partie de la Champagne). Enfin, la septième zone, réunissant au nord les deux précédentes, comprend les départements de l'Oise, de la Somme, du^ Pas-de-Calais, du Nord et des Ardennes (Picardie, Artois, Flandres). 11 faudrait y ajouter nn îlot isolé, constitué par le département du Bas-Rhin.

Dans le groupe C, que distingue la moindre fréquence des maladies chroniques de poitrine, nous trouvons d'abord un premier canton formé des départements des Hautes et des Basses-Pyrénées (Béarn) ; un second, non moins isolé, au fond du golfe du Lion, le département de l'Aude; un troisième, beaucoup plus étendu, embrasse tout le centre de la France méridionale et se place ainsi entre la première et la seconde des régions à phlhisie fréquente; il est représenté par les départements de la Haute- Vienne, du Lot, de la Dordogne, de l'Aveyron, de la Lozère, de l'Ardèche, de la Drôme, de la Loire, du Puy-de-Dôme (Haute-Auvergne, nord du Languedoc, de la Guyenne, partie du Dauphiné, du Lyoïmaisj. Une quatrième zone, très-étendue également, à l'est, court parallèlement au Jura et aux Vosges ; elle comprend : Ain, Jura, Haute-Saône, Vosges, Haut-lihin, Meurthe, Moselle, Meuse, Marne, Aisne (Bourgogne, Franche-Comté, Lorraine, Haute-Alsace, partie de la Champagne). Une cinquième, plus petite, au centre, renferme le Cher, l'Yonne, la Nièvre (Berry, Nivernais, partie de la Bourgogne). La sixième, assez considérable, ^correspond au nord-ouest et seconstitue des départements suivants : Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, Sarthe, Mavenne, Ille-et-Vilaine, Morbihan et Finistère (Touraine, Anjou, Maine et Ja plus grande partie de la Bretagne). Un îlot restreint, constitué par le département de la Seine-Inférieure, termine cette série favorisée.

Ce sont là des limites et des lignes de démarcation générales, qui, bien entendu, n'empêchent pas des exceptions locales. Toutefois, bon nombre des indications recueillies par Boudin sont confirmées par des observateurs particuliers pour divers points. Ainsi Bonafos a témoigné de la fréquence de la phthisie dans le Boussillon, Tudesq à Cette, Mén-jrd à Lunel, Raymond à Marseille. Le même fâcheux privilège chez les habitants des côtes de Guyenne a été constaté par Gintrac à Bordeaux, Legendre dans le Médoc, Graullat à Langon; Rochefort en est très-éprouvé, selon Lefèvre; Brieude, en Auvergne, a remarqué que la maladie est plus répandue dans les vallées du sud et dans les petites villes que dans le reste de la province. Les médecins du Lyonnais nous ont appris sa fréquence dans la partie occidentale de la contrée, à Tarare en particulier, tandis que, d'après Crozant, elle est très-raie dans le canton de Douzy (Nièvre) et que, selon Nepple, elle est presque inconnue dans la Bresse et le département de l'Ain. On la rencontre plus communément dans les vallées du Jura (Germain), dans la Basse-Alsace (Forget), à Douay (Taranget), à Valenciennes (Stiévenart), et dans d'autres localités des Flandres, bien qu'elle soit assez rare à Arras

SG't FRANCE (pathologie),

(Larsè). Berlin la donne comme fréquente dans la plaine de Brie. Elle l'est moins en Lorraine, sauf à Nancy (Simonin), oii elle règne comme dans d'autres wrandes villes ; mais elle reparaît très-meurtrière dans les vallées des Vosges (Didelot), particulièrement à Bruyères (Poma). Les relations particulières confirment encore sa prédominance dans les départements de l'ancienne Ile-de- France, en même temps que sa bénignité en Bretagne ; selon Cabrol, c'est une rareté à Belle-IsIe-en-Mer. Mondinen (1867) note le même fait dans les landes de l'arrondissement de Nérac.

Nous voyons, dans ces données, quelqu'une des raisons qui ont servi de base à la théorie de l'antagonisme entre l'infection palustre et la phthisie : l'immunité de la Bresse, par exemple. On sait que ce n'est là qu'une illusion que d'ailleurs, bien d'autres faits ont dû dissiper. La phtbisie n'est pas rare en Sologne, par exemple (Burdel). Mais, en admettant que la maladie soit effectivement moins commune chez les impaludés qu'ailleurs, ce ne serait pas encore absolument de l'antagonisme, mais l'expression de la difficulté qu'éprouve l'économie à être occupée par deux cachexies à la fois.

L'immunité relative des pays montagneux, que révèle la carte de Boudin, détaillée plus haut, semble mieux assise, et la réalité est peut-être conforme aux apparences. M. Lombard trouve aussi une légère atténuation des chiffres de la phthisie dans les villes de montagnes. M. Schnepp [La phUiisie est une maladie ubiquUaire, etc., Ardiiv. gén. deméd., juin, 1865) avait, de même, remarqué la rareté de la phthisie à Laruns, Bagès, Eaux-Bonnes, dans les Basses-Pyrénées, à une altitude variant de 500 à 800 mètres, et avait pensé pouvoir en faire une loi générale, rentrant dans celle que M. Jourdanet a voulu établir pour les hauts plateaux du Mexique (2000 met.) et, en général, pour les grandes altitudes; la raison de cette heureuse influence des hauteurs serait la basse température et la diminution de pression, circonstances qui entraînent une accélération des mouvements respiratoires. Des faits analogues, sinon les mêmes théories, ont été représentés plus récemment, à l'occasion des stations de la Haute-Engadine, Saint-Moritz, Davos. Quelle que soit l'explication, les observations sont bonnes à conserver. Cependant, il nous semble que l'on peut ajouter aux influences climatiques, si plausible qu'en soit l'action, celle du peu de condensation des populations des montagnes, les habitudes de vie actives, rudes, généralement sobres, des habitants, la nécessité d'un jeu pulmonaire énergique dans l'acte de gravir ; c'est-à-dire des circonstances opposées à ce qui règne dans les grandes villes, vouées au fléau de la phthisie pulmonaire.

M. Schnepp, comparant l'Angleten^e et la France, pendant l'année 1861, trouve, au point de vue de la léthalité phthisique, les rapports suivants :

Angleterre. .

France. . . .

HORTALITÉ GÉNÉRALE.

Pour 1000 vivants.

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