DÉCÈS SUR 10.000 HABITANTS
Lorsque, avec M. Bertillon (Moutalité : Dict. encycl. des se. méd., p. 738-9), on compare la proportion de décès présentés par la population de la France à celle offerte par les autres nations de l'Europe, notre mortalité paraît être assez restreinte, assez avantageuse, de beaucoup moindre que celle de la Hongrie, de l'Italie, du Wurtemberg, de l'Autriche, de la Russie, comptant annuellement 305, 506, 515, 325, 368 décès. La mortalité de la France est cependant bien plus grande que celle du Danemarck, de la Suède, de la Norwége comptant seulement 204 et 185 décès, et diffère à peine de celle de l'Angleterre. Elle se trouve à trois fois plus grande distance de la mortalité russe, très-considérable, que de la mortalité norvégienne remarquablement minime. La France est donc sous le rapport de la mortalité dans des conditions meilleures que sous le rapport de la natalité. Toutefois, même sous le rapport de la mortalité notre situation est loin d'être réellement bonne. M. Bertillon fait très-justement observer « combien est fallacieuse au point de vue sanitaii'e la comparaison de la mortalité générale, inégalement influencée par des groupes aussi divers, d'adultes à faible mortalité, de vieillards et surtout d'enfants à forte mortalité. » Or si la France pour 10000 habitants a une mortalité peu élevée, n'a en moyenne que 228 décès, elle n'a aussi que peu d'enfants, sa natalité n'étant que de 263 naissances ; tandis que la Russie qui a 368 décès, plus de moitié de plus, compte aussi 507 naissances, près du double de plus. La France est loin d'être dans l'état de prospérité anthropologique présenté par la Norwége, qui, ayant une mortalité exceptionnellement basse de 183 décès seulement, d'un cinquième inférieure à celle de la France, offre une natalité de 315, de près d'un cinquième supérieure à celle de notre nation, INotre patrie est également bien loin de la situation démographique de l'Angleterre, qui offre une mortalité presque identique à la nôtre, 226 au lieu de 228, et une natalité de plus d'un tiers supérieure, 356 au lieu de 263. Tandis qu'en Norwége et en Angleterre l'accroissement de la population est de 130 sur 10 000 habitants, en France pour 10 ÔOO habitants l'accroissement n'est que de 35 individus, ou plus exactement de 48 en l'année 1872, exceptionnellement prospère. (Stat. de la France, nouv. série, t. II. p. XLU.)
NAISSANCES, DÉCÈS ET ACCRO SSEMENT POLR lOOOO HABITANTS DES DIFFÉRENTES NATIONS DE l'EUROPE.
(Ce tabloau est extrait en partie d'un plus ctondu donné par M. Bertillon, Mortalité, p. 738 : Dict. encycl. des se. méd. — La statist. de France, t. XVIII, p. ex, ctvi, donne aussi ces indicutions, mais moins complètes, seulement de 1801 à ISfao.)