‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 24 sur 163 · II. Flore des montagnes · texte numérisé non relu

II. Flore des montagnes

septentrionales 1 , .

centrales calcaires.

méridionales ) ''''^«"ses, etc.

subalpines 1 , .

alpines i <'^}'^^'^^^-

alpestres Siliceuses, elc.

FRANCE (fau.ne). 217

\ océaniennes ) calcaires.

111. Flobe des côtes j méditerranéennes. , . • ) siliceu.-es, elc.

Nous ne nous occupons pas pour le moment d£s faits de détail; ils viendront à propos de ielle ou telle plante médicinale ou utile qui sera étudiée dans cet ouvrage, lorsque le fait présentera une importance sérieuse. Nous pouvons seulement indiquer dès à présent quelques exemples qui feront saisir plus facilement notre manière de voir.

La Salicorne herbacée ne se trouve que sur, les bords des deux mers; c'est une plante de la région maritime. Là où le terrain devient chimiquement convenable à sa végétation et renferme du chlorure de sodium, elle reparaît en abondance, comme il arrive dans les marais salés et au voisinage des salines de l'intérieur.

Les Serralula de la section Klasea (S. niidicatiUs DC. et heterophylla Desf.) ne se trouvent que sur les hautes Alpes du Dauphiné et des environs de Gap; ce sont des espèces de la flore des montagnes et franchement alpines.

Les Filago germanica L. et spathidata Presl. habitent les moissons dans toutes nos plaines : le premier dans les terrains siliceux, et le dernier de préférence dans les terrains calcaires; ce sont deux représentants de la llore des plaines tempérées, avec variation suivant la nature du sol.

La Digitale pourprée se trouve dans les plaines et les montagnes; mais dans l'une et l'autre de ces flores, elle choisit de préférence la silice : « sur les grès et les granits, et en général sur les terrains siliceux; manque dans le Jura et généralement dans les terrains calcaires » (Gren.).

Le Châtaignier est une plante des terrains siliceux; quoi qu'on en ait dit, il ne prospère chez nous que dans un sol suffisamment siliceux; c'est un arbre qui, dans les plaines ou les basses raontagues, appartient à la flore siliceuse.

L'Oyat de nos côtes [Elymus arenarius) est une Graminée des sables maritimes ; sables siliceux, car il disparait là où commencent les falaises calcaires.

Il serait superflu de multiplier ces exemples déjà si probants. 11. Bâillon.

? § IV. Faune. [Animaux vivants et fossiles). Un fait important devra ressortir de l'étude que nous allons faire des animaux actuels de la France et de ceux qui les ont précédés sur le même point du globe, et ce fait sera aussi évident qu'il est remarquable. Avec la succession des temps géologiques a coïncidé une succession d'animaux de plus en plus élevés en organisation et dont les formes approchent davantage de celles du monde moderne. Il est constant d'ailleurs que l'apparition de l'homme a été providentiellement préparée ; il est également évident que dans l'état présent tout doit être subordonné à sa puissance. Cette puissance, qui procède de son intelligence, et des circonstances dont l'appréciation n'est pas encore complète, ont éloigné ou détruit nombre d'espèces qui seraient incompatibles avec la nôtre ; mais la domination que l'homme exerce sur le monde entier lui permet de remplacer avantageusement ces êtres dans les pays d'où ils ont disparu, et son choix peut s'exercer sur tous les points de la terre. Les animaux domestiques que la race celtique avait toujours possédés ne suffisent plus depuis longtemps ; aux races ordinaires du Chien, du Bœuf, du Mouton, de la Chèvre, du Coij, -etc., sont venues s'associer d'autres races ou espèces congénères empruntées à des pays lointains, et les croisements qu'on en obtient ne satisfont pas toujours à l'accroissement rapide de ses besoins économiques ou industriels. La population européenne a tenté l'acclimatation de genres nouveaux, et la diversité du climat permettra peut-être

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d'utiliser en France la Vigogne dans les pays montagneux, le Dromadaire ou le Chameau dans les Landes, le Buffle dans les marécages, etc., etc. Le Kanguroo et le Casoar de la Nouvelle-Hollande, le Tapir d'Amérique, plusieurs jolies espèces indiennes ou américaines du genre Cerf, des Antilopes et tant d'autres Mammifères ou Oiseaux encore aujourd'hui limités à quelques contrées plus ou moins éloignées de celles que nous hahitons, semblent aussi destinés à venir occuper dans nos forêts, dans les grands parcs de nos pays, la place du gibier indigène, qui chaque jour tend de, plus en plus à disparaître. D'autre part, les productions maritimes offrent des ressources non moins précieuses que celles dont le genre de vie est tout à fait terrestre, et cependant les Phoques, les Dauphins, les Baleines, sont de plus en plus rares dans nos parages ; mais dans certaines contrées le nombre en est encore considérable, et si difficile qu'en soit la capture, les richesses qu'ils procurent sont pour ainsi dire inappréciables. Rappelons aussi l'utilité des poissons, soit ceux de notre propre pays, soit ceux des autres contrées du globe.

Les animaux sans vertèbres (Insectes, Arachnides, Crustacés, Vers, 5IoJJusques, Échinodermes, Zoophytes, Polypes, etc.) qui peuplent la France ou son littoral et ceux qui les ont habités aux diverses époques de la création n'offrent pas un moindre intérêt à l'observateur. L'étude de nos coquilles et des Zoophytes fossiles, entreprise par de savants naturalistes, est une des bases de la géologie moderne. Outre un grand nombre d'espèces éteintes, mais dont on trouve encore des congénères vivants, principalement dans les eaux de la mer, la conchyliologie fossile nous montre que de nombreuses familles et une multitude d'espèces appartenant à des genres fiiisant partie de la faune actuelle ont cessé d'exister. Les Bélemnites et les Ammonites, qui sont des Mollusques céphalopodes, n'ont pas moins d'intérêt pour la classification des terrains que les autres animaux du même embranchement, et il en est également ainsi des Insectes, des Crustacés et des Polypiers. C'est aux Crustacés qu'appartient la famille des Trilobites, si riche en espèces de forme bizarre qui ont vécu pendant la période primaire dont elles sont particulièrement caractéristiques. On sait aussi que l'observation des invertébrés primitivement existants fournit aux diverses branches de la zoologie descriptive, à l'anatomie et à la physiologie, des documents extrêmement précieux, et que chaque jour elle donne lieu à des publications importantes sous bien des rapports. Les progrès que cette branche de la science a accomplis depuis un certain nombre d'années sont des plus remarquables. Parmi les espèces terrestres on a étudié avec plus de soin les Insectes de presque tous les ordres pourvus d'ailes, les Mollusques et les Zoophytes. Quant aux invertébrés marins des autres classes, bien qu'on soit plus éloigné encore d'avoir épuisé les richesses qu'ils peuvent offrir aux naturalistes, pour leurs collections ou les recherches scientifiques qu'ils leur consacrent, on les a également recueillis et observés avec un grand soin sur presque toutes les autres mers ou sur les différents continents ; mais leur multiplicité est telle qu'ils occuperont encore bien du temps les zoologistes avant qu'on en ait acquis sur eux une connaissance suffisamment exacte.

Sans être aussi utiles, soit comme aliments, soit à d'autres égards, que le sont les vertébrés, plus particulièrement les Mammifères, les Oiseaux et les Poissons, certaines classes d'animaux sans vertèbres méritent aussi d'être citées pour les produits alimentaires, industriels ou autres que l'on en tire. C'est ce que nous constations en parlant des Insectes, des Crustacés, des Mollusques, des Oursins,

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et même des Polypes. Les Cantharides et autres Insectes, les Sangsues, etc., etc., sont en outre employés en médecine.

Depuis Rondelet, Bellon et quelques autres naturalistes qui se sont les premiers appliqués à l'étude des animaux de la France, beaucoup d'auteurs ont agrandi le champ des découvertes dues à ces savants, et quoique la science soit loin d'être encore suffisamment avancée, que d'autres pays possèdent même des notions plus complètes au sujet de leur propre faune, des découvertes aussi remarquables que multiples ont été accomplies. Combien cependant il y a encore d'intéressantes recherches à faire ! combien aussi d'utiles applications à accomplir sont restées enfouies dans la poussière des bibliothèques !

On consacre des sommes considérables à publier avec luxe les observations trop souvent incomplètes réunies par les voyageurs sur des points du globe aussi éloignés entre eux qu'ils le sont de notre propre pays, pourquoi, sans abandonner ce genre de travaux dont l'utilité n'est d'ailleurs pas contestable, n'entreprendrait-on pas un ouvrage sérieux destiné à Ténumération descriptive des productions de notre sol ? Plusieurs savants l'ont entrepris avec courage, mais sans réussir à terminer leur œuvre. C'est au gouvernement qu'il appartient de prendre sous sa protection cette œuvre réellement nationale. L'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, sont plus avancées que nous à cet égard, et partout de nos jours en Afrique, en Asie, dans les deux Amériques, en Australie et jusqu'à la Nouvelle-Zélande, la première des préoccupations des naturalistes appartenant aux peuples d'origine européenne qui se sont établis dans ^ces contrées est de faire connaître la faune et la flore des pays qu'ils habitent, en s'appliquant à recueillir les produits de leur sol et à donner la description des espèces qui l'ont autrefois habité ou qui l'habitent encore de nos jours.

Ces remarques, en partie empruntées à une courte introduction dont l'un de nous faisait précéder, en 1843, uu travail sur la zoologie de la France analogue à celui-ci et qui a paru dans l'ouvrage national intitulé Patria\ n'ont pas perdu de leur actualité; c'est ce que démontrera, je l'espère du moins, la lecture des chapitres qui vont suivre, chapitres dans lesquels on trouvera la liste des animaux de toutes sortes qui se sont succédé dans la partie de l'Europe qui constitue notre pays ; l'indication des données que l'on peut en tirer relativement aux grands phénomènes, les uns géologiques, les autres biologiques, dont ce point de la terre a été comme tous les autres le témoin, nous joindrons des notions relatives à quelques-unes des particularités qui caractérisent ces espèces, ainsi qu'à l'utilité qu'elles peuvent avoir pour nous.

I. ANIMAUX VERTÉBRÉS. Parlons d'abord des Vertébrés, dont tant d'espèces singulières ont disparu, et qui sont, de tous les êtres appartenant au premier des trois règnes de la nature, ceux dont les transformations successives et la perfection croissante, coïncidant avec les grands phénomènes que la géologie nous révèle, ont le plus contribué à faire comprendre ces phénomènes, accomplis pour la plupart à des époques si éloignées de nous, et à en établir la chronologie. On sait que cinq classes diverses composent cette division primordiale dont la place est marquée avant toutes les autres. Ce sont les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles, les Batraciens et les Poissons. La plus parfaite des organisations est celle des mammifères [voy. ce mot), c'est par elle que nous allons commencer.

* Patria, La France andenne et moderne, Paris, 18i5.

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CLASSE DES MAMMIFÈRES. 1- Ordre des singes. Si nous nous occupons d'abord des singes, nous constatons que ce groupe, dont il n'existe à présent aucun repre'sentant sur notre sol, mais qui en fournit à Gibraltar et à quelques parties du midi de l'Espagne, a autrefois été représenté dans la faune terliaire de l'Europe par plusieurs espèces appartenant à des races différentes et qu'il a existé en France. De ce nombre sont : 1° le Bryopithecus Fontani (Lartet), et le Pliopithecus antiquus (P. Gervais), appartenant à la tribu des anthropomorphes, qui sont les singes les plus rapprochés de l'homme; c'est en effet à cette tribu qu'appartiennent l'Orang-Outang, le Chimpanzé, le Gorille et les Gibbons; 2" le Semnopithecus monspessulanus (P. Gerv.) et peut-être un Jlacaque, le Macacus prisais. Ces différentes espèces sont toutes les quatre du midi de l'Europe, les deux premières viennent du miocène de la région sous-pyrénéenne, les deux autres ont été trouvées dans le pliocène des environs de Montpellier.

2. Ordre des Lémures. Ces animaux, autrefois classés avec les Singes dans un seul et même ordre sous le nom de Quadrumanes, en sont maintenant séparés, et l'on en fait un ordre à part. On sait qu'ils n'existent de nos jours qu'à Madagascar et dans quelques parties de l'Inde ou de l'Afrique. Cependant on a signalé en France, dans le Quercy, une espèce fossile de Galagos [Necrolemur antiquus Filhol), groupe présentement africain, et le genre Paleolemur établi par M. Delforlrie (P. Belillei),(\\\x répond à celui des Adapis de Cuvier, ainsi que le genre Aphelothorium (P. Gerv.), paraissent aussi devoir être attribués aux Lémures. L'Adapis et le Paladapis appartiennent au proïcène; l'espèce désignée sous le nom de Leptadapis magnus en diffère peu.

5. Ordre des Chéiboptères. Nos plus anciens Chéiroptères connus ont laissé des débris dans les gypses de Montmartre, et dans les marnes gypsifères d'Aix en Provence (étage proïcène) ; ces Chéiroptères ont été nommés F. parisiensis et V. aquensis. On en signale dans d'autres gisements, particulièrement dans les riches dépôts du Quercy {Rkinolophus antiquus Filh.). Il y a différents genres de ces animaux vivant actuellement dans notre pays, et ils sont de deux familles; ce sont : 1° des Rhinolophes, Chéiroptères dont nos deux espèces les plus répandues sont le Grand et le Petit fer-à-cheval de Daubcnton [Wiinolophus ferrumequinum et R. Ilipposideros), auxquels il faut ajouter le R. Clivosus et le R. Etirijale, qui n'ont encore été signalés que dans nos départements du Midi; 2" des Vespeitilionides. Ceux-ci sont plus nombreux ; c'est Daubenton qui a le premier essayé de les caractériser avec soin, et plusieurs auteurs, depuis lui, ont ajouté des remarques nouvelles à celles dont la science lui était redevable à cet égard. On distingue parmi ces Chéiroptères un certain nombre d'espèces, elles-mêmes rapportables à plusieurs genres distincts, ce sont : Vesperus serotinus, Sijnotus barbasteUus, Vesperus noctula, V. pisistrellus, V. Schrebersii, V- discolor; Plecotus aiiritus; Mi/oiis murinus, M. Beschleinii, M. Nattereri, M. mijsticinm et M. emargiatus ou Daiibentonii. Le nombre des dents molaires, la forme des oreilles et quelques autres particularités différentes, suivant les espèces que l'on étudie, permettent de distinguer aisément celles-ci les unes des autres. Quant aux niiinolophes, leur caractère principal est d'avoir les narines entourées d'un appareil membraneux plus ou moins compliqué, appareil qui manque aux Yespertilionides.

A. Ordre des Insectivores. Les trois familles principales de cette catégorie de Mammifères fournissent des espèces à la faune française, mais il s'en faut de beaucoup que tous les genres qu'elle comprend y aient des représentants. Cepen-

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danl on rendrait la différence moins sensible en ajoutant, comme l'ont fait de Blainville, M. Pomel et quelques autres naturalistes, nos insectivores de la pe'riode tertiaire à ceux qui habitent maintenant l'Afrique, l'Asie ou l'Amérique septentrionale, et l'on pourrait peut-être retrouver aussi parmi eux des formes peu différentes de celles des Macroscélides qui sont propres au Sahara. Les Macroscélides, dont une espèce habite la province d'Oran, rappellent les Gerboines ou, mieux, les Mériones. qui sont des Uats sauteurs par leurs principaux caractères.

Le Hérisson {Erinaceus europœus) est notre unique espèce d'Érinacéidés ; il est répandu dans un grand nombre de localités.

Nous possédons diverses sortes de Musaraignes et dans les Pyrénées vit le petit Desman [Mijcjale pyrenaica), insectivore à odeur musquée et à queue comprimée, qui se retrouve en Espagne; mais on n'a pas encore rencontré dans cette dernière contrée, comme cela a lieu chez nous, des restes fossiles du grand Desman de Russie {Mygale moscovita).

Nos Musaraignes sont de plusieurs genres, et il est facile de les distinguer les uns des autres, si l'on tient compte de leur formule dentaire. Ainsi les Crocidures, qui ont les dents blanches, ne possèdent que | petites dents intermédiaires entre les molaires et lincisive antérieure. On en décrit deux espèces C. amnaiis et C. Lemodon, mais il est difficile de les distinguer l'une de l'autre. Les Pachynra ont aussi les dents blanches, mais on leur compte * dents intermédiaiies ; citons le Pachynra etrusca, espèce de l'Italie, signalée en France dans les départements du Gard, des Bouches-du-Uhône et du Nord, et que l'on rencontre aussi en Algérie. Les Crossopus ont la même formule, mais leurs dents sont rouges, et celles de la première paire inférieure sont en outre dentelées. Les Corsira possèdent des dents louges, et elles ont f petites dents intermédiaires; la grande paire des dents inférieures de ces animaux est également dentelée : telles sont la Musaraigne carrelet [Corsira tetragonura) et la Musaraigne pygraée (C pygniœa).

La Taupe {Talpa europœa) est notre seule espèce de Talpidée de France; elle a été l'objet de remarques aussi curieuses que multiples, et cependant tous les détails de sa manière de vivre sont loin d'être connus.

5. Ordre des RoiNgeurs. Le plus grand et le plus rare de nos Rongeurs est le Castor [C. fiber), plus particulièrement appelé C. europœus ou Galliœ par quelques auteurs, dont il ne reste plus que quelques individus cantonnés dans les parties inférieures du Rhône. Cet animal était autrefois plus commun et fréquentait aussi un grand nombre d'autres cours d'eau : aussi en rencontre-t-on des débris osseux à l'état fossile dans un grand nombre de localités fort éloignées les unes des autres, et dans certaines d'entre elles l'enfouissement de ces débris remonte à une époque relativement peu éloignée. C'est auprès de Saint-Gilles, de Beaucaire, de ïarascon et d'Avignon, ainsi que sur des points du Rhône peu éloignés de ceux-là, que se fixent actuellement les Castors. 11 est assez difficile de se procurer ces animaux, aussi ne comptent-ils pour ainsi dire pour rien ou, du moins, pour très-peu de chose, dans le commerce des fourrures et dans la production du castoréum employé par les pharmaciens. On mange la chair de ceux que l'on tue; il paraît même qu'autrefois les chartreux d'un ancien couvent situé sur la rive droite du fleuve, à YiHeneuve-les-Avisnon, avaient rangé ce gros rongeur parmi les viandes réputées maigres, et qu'ils en fabriquaient des saucissons fort estimés. C'est particulièrement du nord de la

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Russie, de la Sibérie et de l'Amérique septentrionale, que nous vient aujourd'hui le Castoréum.

Le Castor et quelques animaux de genres éteints, qui s'en rapprochent beaucoup, à en juger par la conformation de leur crâne, paraissent devoir être classés dans la grande famille des Sciuridés, famille à laquelle notre faune doit aussi la Marmotte {Arctomys marmotta), autre grand Rongeur qui est également beaucoup moins répandu de nos jours qu'il ne l'était autrefois; on ne trouve plus guère la Marmotte que sur les points les plus élevés de l'Isère et des Alpes- Maritimes, mais elle a laissé ses ossements dans un grand nombre d'autres localités, et l'on en a recueilli aux environs de Paris, ainsi que plus au nord. Le Spermophile {Speymophihis siiperciliosus) a disparu de notre faune, mais il y a été jadis assez abondant. L'Écureuil [Sciurus vidgaris), aussi vif qu'élégant, s'est répandu dans la plupart de nos forêts; sa variété brune, que l'on rencontre surtout dans les Alpes et les Pyrénées, a été décrite comme une espèce à part, sous le nom de S. pyrenaicus, par F. Cuvier.

Quelques débris fossiles, recueillis aux environs de Paris et ailleurs, nous prouvent que des Spermophiles ont autrefois vécu jusque dans le centre et le nord de la France, et l'on doit en dire autant du genre Porc-Épic {HystrLr], dont la présence a été constatée parmi les fossiles du pliocène supérieur de l'Auvergne et des brèches de l'île de Ratonneau, près Marseille.

Nous étendrions bien davantage la liste de nos rongeurs, si nous voulions y inscrire tous ceux dont les terrains quaternaires et tertiaires de la France ont fourni des débris; mais nous devons surtout nous occuper des espèces encore existantes ou de celles qui n'ont disparu qu'à une date géologiquement pe/î reculée. Les plus anciens sont décrits ou cités dans l'ouvrage que nous avons publié sous le titre de Zoologie et Paléontologie française, et il en est de même pour beaucoup d'autres Mammitères. Nous renvoyons donc à cet ouvrage.

Les Rongeurs dont il nous reste dès lors à parler rentrent tous dans la grande famille des Rats ou Muridés. Ce sont des Loirs, des Campagnols et les Rats proprement dits.

Nous possédons trois espèces de Loirs (g. Myoxus) : le Loir proprement dit [M. glis) particulier à nos départements du Midi ; le Lérot (M. nitela) et le Muscardin {M. avellanarius), plus répandu que les deux espèces précédentes ; tous trois ont été décrits par Buflon.

Nos Campagnols sont plus nombreux. M. Gerbe, qui a beaucoup étudié ces animaux, en compte seize espèces différentes, à savoir :

1° Campagnols pourvus de huit mamelles : le Rat d'eau {Arvicoh amphibius); A. Musignani, le Shermaus; A. terrestris, le Campagnol montagnard {A. monticola), A. rufifuscus, A. neglectm, le Campagnol des champs (i. «/'valis), le Campagnol souterrain [A. Lebrunii), A. nivalis, A. nageri, A. glareolus.

2° Campagnols pourvus de quatre mamelles seulement : A. incertiis, A. pyrenaicus, le Campagnol des neiges (i. suhterraneus) , A. Selysii.

Le nombre des espèces de Rats (g. Mus) est moindre que celui des Campagnols, et toutes ne sont même pas indigènes de l'Europe. Le grand Rat, appelé Surmulot {Mus decumanus), nous est venu de l'Asie centrale dans le courant du dernier siècle; le Rat noir {Mus rattus), plus petit que lui, mais bien supérieur à la Souris etjmême au Mulot, est originaire de l'Asie mineure et de l'Egypte; il paraît s'être introduit dans nos pays à l'époque des croisades. Ce Rat peut être considéré comme une variété mélanienne de celui qu'on a ap-

pelé Mus alexandrins, M. leucogaster, M. tedorum, et des individus ayant la couleur de ces derniers se rencontrent parfois en Europe.

Il faut, au contraire, regarder comme appartenant en propre à la faune française le Mulot [Mus silvaticus) et l'espèce analogue, mais de plus petite taille, qui a reçu de Pallas le nom de M. miniitus; cet animal a aussi été appelé M. penihiUnus, messorius, parvidus, campestris, et avenarius, à cause de ses habitudes. La Souris {Mus musculus) est une autre espèce de même genre qui paraît aussi avoir habité notre pays depuis les temps les plus reculés. Elle est fixée depuis longtemps dans nos habitations, où on la voyait déjà à l'époque romaine.

Citons encore parmi les Muridés le Hamster [Crketus frumentarlus), qui n'est pas rare actuellement en Hollande, en Belgique, en Alsace et dans certaines parties de l'Allemagne. Autrefois il s'étendait jusque dans la France centrale, et l'on en trouve des débris fossiles à Montmorency, localité peu éloignée de Paris.

6. Ordre des Léporidés. Le Lièvre et le Lapin {Lepus limidus, Lepus cunicultis), ainsi que la variété qui porte le nom de lapin domestique, les Lagomys, qui sont de petits Mammifères, appartenant au même groupe et certaines espèces fossiles également différentes, ont été jusqu'ici réunis aux Rongeurs par les naturalistes, mais il semble préférable d'en faire un ordre à part, car les caractères qui les distinguent de ces animaux ont une valeur plus grande que ceux par lesquels les différentes familles de Rongeurs différent entre elles. 11 est inutile de rappeler ici que nous possédons le Lièvre et le Lapin sauvages, ce sont là des faits connus de tout le monde, mais nous ne devons pas omettre de dire qu'il existe dans les Pyronées une sorte de variété de Lièvre qui devient blanche en hiver et à laquelle on a donné le nom de Lepus variahilis. D'après 31. Scliimper, le Lièvre de nos Alpes, ainsi que celui de la Suisse, qui prend, par endroits aussi, la même couleur dans cette saison, constitueraient aussi une espèce à part à laquelle ce naturaliste a donné le nom de L. alpinm. Des Lièvres et des Lapins peu différents des nôtres ont habité nos régions pendant les époques pléistocène et pliocène, et il a aussi existé en France, aux mêmes époques, des Lagomys. Les ossements fossiles des animaux de ce genre s'observent à Montmorency, mélangés à ceux de la Marmotte, du Spermophile et du Hamster, dans des terrains dont le dépôt parait remonter à l'époque où le renne était encore répandu dans nos pays. Les terrains miocènes ont aussi fourni des restes fossiles de Lagomys, d'espèces différentes, ainsi que des animaux qui s'en éloignaient peu par leurs caractères génériques, tels que les Titanomys, etc.

7. Orwe des Proboscidiens. Les Proboscidiens n'habitent dans l'époque actuelle que l'Asie méridionale et quelques-unes de ses îles, ainsi que l'intérieur de l'Afrique; ils constituent la famille des Eléphants, animaux gigantesques que Frédéric Cuvier partage en deux genres : les Éléphants proprement dits, particuliers à l'Asie, et les Loxodontes ou Éléphants d'Afrique. On signale depuis longtemps, sur tous les points de notre sol, des dents et des ossements appartenant à des animaux du premier de ces genres, mais on a d'abord supposé que ceux qui se rencontrent dans le Midi pourraient bien provenir des Éléphants que les Carthaginois y ont amenés pendant leurs guerres avec les Romains, ou y avoir été rapportés par le commerce, qui se sert en effet de l'ivoire de ces gigantesques Mammifères. On a dit également qu'ils y avaient autrefois vécu naturellement. Mais rien ne prouve que les Loxodontes avaient habité notre continent. Il n'en est pas de même des Éléphants du premier genre ou ÉléphaiHs

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proprement dits, qui ont pour caractères d'avoir les dents molaires constituées par des lames ou collines étroites, et non losangiques comme le sont celles de l'espèce africaine du même ordre. Nos pays en ont même possédé plusieurs espèces ou variétés : l'Elépliant primitif (Ë/e/j/ias primigenius Blumenbach), qui ne s'est éteint que postérieurement à l'arrivée de l'homme et durant l'époque dite glaciaire; VE. antiquus, dont les caractères sont moins tranchés, et VE. meridionalis, dont on trouve en abondance les restes dans les terrains quaternaires d'une grande partie de l'hémisphère arctique.

La dernière de ces espèces celle de l'Eléphant méridional {Elephas meridionalis) est commune dans l'Italie et le midi de la France. Un squelette presque entier a été découvert, il y a quelques années, à Diirfort, à peu de distance d'Anduze (département du Gard); il est aujourd'hui monté dans le laboratoire d'anatomie comparée et constitue une des plus belles pièces anatomiques que possède le Muséum de Paris. 11 indique un animal dont la hauteur n'était pas moindre de quatre mètres. On a trouvé, dans l'Ile de Malte, des fossiles d'EJéphaiits ayant appartenu à des sujets de ce genre qui, bien qu'adultes, ne dépassaient pas le Tapir en dimensions. Au contraire, YElephas primigenius atteignait de plus fortes dimensions, mais sans dépasser de beaucoup celles des Éléphants indiens.

Deux autres genres appartenant à l'ordre des Proboscidiens sont les Mastodontes, partagés eux-mêmes en plusieurs divisions, et les Dinotheriums. Les premiers, plus variés en espèces que les secondes, se rencontrent sur un plus grand nombre de points du globe, en Europe, en Afrique, en Asie et dans les deux Amériques, où ont d'ailleurs existé aussi des Eléphants. Les Mastodontes, dont la présence a été constatée en France, appartiennent principalement aux espèces suivantes : Mastodon arvernensis, Croizet et Bravacd, dont le M. breviroslris, P. Gerv., n'est sans doute pas différent; M. Borsoni ou Tapiroïdesei M. longirostris Kaup, répondant au M. Angustidens de Cuvier.

Les Dinotheriums avaient, comme les Mastodontes, les dents molaires dépourvues de cément, mais la forme de ces organes se rapprochait davantage des molaires des Tapirs ; en outre, tandis que les Mastodontes manquent de défenses inférieures, ce qui est aussi le cas pour les Éléphants, ou n'en ont que d'assez petites, comme le Mastodonte angustidens ou iongirostre, les Dinotheriums avaient ces dents très-fortes et dirigées intérieurement au lieu de se porter en avant. On distingue parmi les Dinotheriums le D. giganteum, dont le D. intennedium n'est sans doute qu'une variété, et le D. Cuvieri, espèce de moindre taille, dont les principaux gisements français sont situés dans l'Orléanais. On ne connaît pas de Proboscidiens fossiles antérieurement aux terrains miocènes.

8. Ordre des Jumentés. Ces animaux, que Cuvier comprenait, ainsi que les Proboscidiens et les Porcins, dans son ordre des Pachydermes, n'ont plus dans la France, ainsi que dans le reste de l'Europe, de représentants sauvages, et l'on peut ajouter que ceux qui existent dans les autres régions, en Asie, dans l'Amérique du Sud, etc., etc., descendent tous d'animaux de la même espèce que l'homme a mis sous sa domination ; encore n'y a-t-il que le Cheval, et l'Ane, animal du même genre, qui soient dans ce cas. Cependant ces espèces, la première surtout, ont vécu dans notre pays pendant l'époque appelée quaternaire par les géologues, et si l'on peut reconnaître, au moyen d'un examen attentif, qu'ils se rapportaient à plusieurs espèces distinctes, on ne saurait contester que certains Chevaux fossiles diffèrent assez peu de ceux dont nous nous servons et

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qui ont été répandus par l'homme sur tant de points du globe. La plupart présentaient toutefois les mèrae^ caractères que nos races domestiques, et ils variaient comme elles par leur taille. Cette identité d'espèce est en particulier évidente pour les Chevaux dont on retrouve les os>ements en si grande abondance dans les cavernes qu'ont habitées les Hyènes et les Lions, etc., soit celles qui renfermant les débris, du Renne, à Solutré, près Màcon, à la Tour de Boulade, près Issoire, et tant d'autres lieux, oii il y a des amas si considérables d'ossements de Clievaux que l'homme seul peut les y avoir accumulés.

Antérieurement aux Clievaux proprement dils. qui sont des Jumentés toujours monodactyles, ont vécu les Hipparions, qui possédaient trois doigts à chaque pied, et les Ancliiteriums ainsi que les Anchilophus, qui présentaient la même particularité. Ces Jumentés ont été quelquefois considérés comme IcS ancêtres du ^^roupe, et, comme E. Geoffroy et P. Gervais l'ont fait remarquer, on constate la présence dans leur ostéologie de dispositions qui peuvent les faire regarder comme étant dans un état de développement moins avancé que les Equidés actuels qu'ils ont procédés géologiqueraent.

Ce n'était pas les seuls Jumentés qui aient foulé notre sol durant la période tertiaire; d'autres espèces, plus ou moins voisines des Équidés, ont habité avec eux.

11 y avait aussi des Rhinocéros ; ces animaux appartenaient à. plusieurs espèces et même à plusieurs genres (g. Atelodus, g. Acerotherium, g. Cardurcotheriiim). Les Rhinocéros ont même continué à exister pendant la période quaternaire; le Rhinocéros ticJiorhinus de Cuvier (jR/(. anquitatis Blumenbach) et le M. Merkii, apparteuantàlamème faune, faisaient déjà partie de nos espèces dites indigènes, et c'est dans le même temps qu'ont vécu les grands Manmiifères étemts ou aujourd'hui repoussés dans les régions du Nord ou dans celles du Midi, au nombre desquelles figuraient le Lion dit des cavernes, des Hyènes, dont la plus commune, analogue à l'Hyène tachetée d'à présent, a été appelée Hijœna spelœa, l'Ours des cavernes, appelé aussi Ours à front bombé [Ursusspelcem), bien distinct comme es| èce de nos Ours d'à présent, l'Éléphant primitif {Elephas primi- (jenius), les Rhinocéros tichorhiniis et Merkii, la grande espèce de Cerfs connue sous le nom d'Élan, le Bos primigenius qui paraît s'être mêlé au Bœuf domestique, le Bœuf aurochs ou bison d'Europe (Bos bonasus), dont il n'existe plus que quelques familles en Lithuanie et au Caucase, VHippopolame et quelques autres encore. Une popuhition peu différente de celle-là, mais dont les espèces sont en partie différentes, est enfouie en Auvergne, particulièrement à la montagne de Perrier, ainsi que dans le sol de Montpellier et en un petit nombre d'autres localités; elle e>t surtout remarquable par la présence des Mastodontes {Mastodon arvernis et brevirostris) et des Tapirs (Tapirus arvernensis et minor), animaux dont les débris ne s'observent pas dans les dépôts quaternaires. A Montpellier, elle possédait une espèce de Semnopithèque (S. Monspesulanus) et une Antilope de grande taille [Antilope recticornis ou Cordieri) ; à la montagne de Perrier, elle se distingue surtout par la présence de diverses espèces de Cerfs qui, pour la plupart, ne se laissent pas coufondre avec les nôtres.

Rappelons encore, pour domier une idée des populations qui se sont succédé pendant la graude période tertiaire, deux groupes très-remarquables de Jumentés à la fois alliés aux Tapirs et aux Chevaux. Les animaux qui les constitu'^at ont reçu de Cuvier la dénomination de Paleotheriums et de Lophiodons; ils ont dû l'un et l'autre, êlre partagés en plusieurs genres. Les Paieolhenums appartien- Dicr. EKC. 4' s. V. 15

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lient surtout à l'étage proïcène dont les Gypses parisiens forment un des de'pôtii les plus considérables; les Lopliiodons paraissent propres à l'époque qui a vu se déposer le calcaire grossier ou pierre à bâtir des environs de Paris, l'une des principales assises de l'éocène proprement dit.

Un animal plus singulier encore, et dont l'apparition remonte à une date beaucoup plus reculée, est le Conjphodon des terrains tertiaires les plus anciens de France et d'Angleterre (terrains orthrocènes), qui n'a encore été rencontré que dans un petit nombre de localités. La même forme éteinte ou une forme peu différente a existé dans l'Amérique septentrionale, et l'on en trouve les ossements dans des terrains également tiès-anciens. La même remarque s'applique à un certain nombre d'autres Mammifères, ce qui prouve qu'au commencement de la période tertiaire l'Europe et l'Amérique du Nord ont communiqué l'une avec l'autre par des terres aujourd'hui submergées.

9. Ordre des Bisulques. Les Bisulques constituent un ordre de Mammifères ayant les pieds fourchus à la manière des Fulminants et dont l'astragale est comme le leur en forme d'osselet, caractères faciles à apercevoir chez le Mouton et le Porc. En outre, le fémur de ces animaux manque de troisième trochanter, ce qui permet de les distinguer aussi des Jumentés qui sont ongulés, à doigts impairs, à astragale de forme ordinaire, et dont le fémur possède un troisième trochantcr. Les. Bisulques se partagent en deux grands groupes : 1° les Ruminants, dont on a fait le plus souvent un ordre à part; 2" les Porcins, associés à tort par beaucoup d'auteurs aux Proboscidiens et aux Jumentés sous le nom commun de Pachydermes. Les premiers, bien qu'ayant perdu un assez grand nombre de leurs espèces depuis leur première apparition sur le globe, fournissent encore à nos forêts le Gerf {Cerviis elaphus), dont le Gerf de Corse {C. corsicamis) constitue une espèce ou variété assez distincte, le Daim (G. (lama) et le Chevreuil (C. capreohis), et il y avait, à l'époque où les plus anciens volcans de l'Auvergne étaient encore en ignition, un plus grand nombre d'espèces de la même famille ; plusieurs se rapprochaient par leurs caractères des cervidés actuellement propres à l'Inde, les autres différaient de toutes celles d'à présent. Postérieurement à ces espèces, l'Elan [Cervus alces) a foulé nos contrées, et l'homme était déjà répandu avant qu'il se fût éloigné. On le chasse encore aujourd'hui en Suède ainsi qu'en Norvège et en Russie. Le Renne (C. tarandus) a aussi visité l'Europe centrale, il est même venu jusque sur les bords de la Méditerranée, particulièrement dans les départements de l'Aude et de l'Hérault, où Ton trouve ses restes en abondance dans les grottes de Bize, d'Aldène, etc. 11 s'en rencontre aussi en Belgique, aux environs de Paris, en Bourgogne et dans beaucoup d'autres lieux ; mais nulle part ils ne sont plus abondants que dans les stations préhistoriques du Périgord (les Eyzies et autres localités des bords de la Vézère) et dans celle de Solutré, que nous avons déjà citée à propos des nombreux ossements de Chevaux qui y sont enfouis. 11 est digne de remarque que ces ossements de Renne sont partout fracturés de main d'hommes et qu'ils le sont toujours d'une manière analogue à celle à laquelle ont recours les peuples de race hyperboréenne pour briser d'abord et utiliser ensuite, en les transformant en instruments, les débris de squelettes des Rennes actuels, animaux qui forment leur principale espèce domestique. On en a conclu qu'à l'époque éloignée, mais cependant simplement préhistorique et non diluvienne, comme on l'avait d'abord supposé, époque que caractérise l'absence de la plupart de ses animaux domestiques qui sont devenus l'une des prin

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cipales richesses des peuples européens, le Renne était le principal, sinon l'unique Mammifère domestique des peuplades dont il a été alors le contemporain dans nos régions ; et ce qui vient à l'appui de cette opinion, c'est que partout où il a laissé ses débris, après avoir fourni aux hommes des anciens temps sa peau pour les vêtir, sa chair pour les nourrir et ses os pour en former des instruments de toutes sortes , il se trouve enfoui daus le sol au milieu des stations que notre espèce a elle-même habitées et nullement dans des conditions que l'on pourrait comparer à celles qui ont présidé à la fossilisation des animaux morts à l'état de liberté. Le plus anciennement connu des gisements de Rennes a été signalé, pendant le siècle dernier, par le savant naturaliste Guettard, aux environs d'Étampes.

11 a été mentionné une espèce de Girafe comme ayant vécu en France pendant l'époque quaternaire; cette indication repose sur une mâchoire inférieure trouvée dans un puits, à Issoudun. Ce débris appartient en effet à un animal faisant partie de ce genre de grands Ruminants, mais il est infiniment probable que la • pièce dont il s'agit ne remonte qu'à une époque beaucoup plus récente et qu'elle a peut-être été rapportée d'Afrique par quelque voie restée encore inconnue.

On n'a pas encore constaté en France la présence de Camélidés fossiles. C'est en Asie seulement qu'il a été rencontré de semblables débris.

Au contraire, la famille des Chevrotains est représentée dans notre pays par plusieurs genres tous plus ou moins semblables à celui des Chevrotains proprement dits, qui sont des animaux de l'Afrique centrale. Tous appartiennent à l'époque miocène ou à des époques plus anciennes encore. Ceux des premiers âges tertiaires paraissent avoir été le point de départ du sous-ordre des Ruminants. Leurs caractères les rattachent à des animaux de ce même ordre que leur dentition, principalement la présence de trois paires de dents incisives à la mâchoire supérieure, fait classer parmi les Porcins, et dont les plus connus ont reçu les noms génériques d'Anoplotheriums, de Xiphodons et de Cainothériums. Ceux-ci ont, comme les autres Porcins, les deux métacarpiens et métatarsiens séparés l'un de l'autre pendant toute leur vie, et non réunis dès la naissance en canons, comme c'est le cas pour tous les vrais Ruminants, les Hyémosques ou Chevrotains de Guinée exceptés. En effet, les os métatarsiens des Hyémosques restent séparés à tous les âges, ce qui est, ainsi que nous venons de le dire, un des caractères dislinctifs des Porcins.

11 nous reste, pour compléter ces détails relatifs aux Ruminants, à rappeler que les Bœufs, les plus parfaits de tous ces animaux, ont fourni des espèces aux anciennes faunes de l'Europe, non-seulement pendant les époques préhistoriques et diluviennes, mais aussi pendant l'époque tertiaire supérieure ; mais ces espèces sont encore assez mal connues. De ce nombre est le Bos elatus des dépôts volcaniques d'Auvergne, où il se trouve associé à un Rhinocéros qu'on a signalé comme différant à la fois des espèces diluviennes et de celles enfouies dans les terrains tertiaires miocènes. On peut le comparer à celui que l'on trouve enfoui dans les dépôts du val d'Arno, près Florence.

De quels animaux sauvages descendent les Chèvres domestiques que nous possédons? C'est là une question que nous ne pouvons résoudre d'une manière satisfaisante par l'examen des animaux de même tribu qui existent encore sur quelques points élevés des Alpes et des Pyrénées, non plus que par l'étude des fossiles, provenant du même groupe, qui ont été rencontrés jusqu'ici en France qu'ils appartiennent au genre des véritables Chèvres ou à celui des Bouquetins, et

228 FRANCE (faune).

comme il se rencontre des uns et des autres dans un grand nombre de localités étran'T^ères, la question est encore plus compliquée qu'elle ne le paraît d'abord. En France, on trouve des ossements de Clièvres enfouis dans un grand nombre d'endroiis, mais ils ne sont pas d'époque reculée. Les Bouquetins fossiles paraissent plus anciens ; cependant ils ne remontent pas au delà de l'époque diluvienne. Ils sont répandus dans un grand nombre de lieux, dans les Cévennes [Ibex Cebennarum P. Gerv.), en Auvergne et ailleurs. Il s'en rencontre jusqu'en Belgique ; mais les animaux de ce genre diffèrent trop des Cbèvres, quoique appartenant au même groupe, pour qu'il soit possible d'admettre qu'ils leur ont doimé naissance. C'est en étudiant les Cbèvres sauvages de l'Orient, ou celles des grandes cbaînes de montagnes de l'Asie, que l'on pourra triompber de ces difliciles problèmes. Il paraît d'ailleurs que c'est de l'Asie centrale que nous sont venus nos animaux domestiques, lesquels n'existaient pas encore dans nos contrées lorsque le Benne y était utilisé par l'homme, c'est-à-dire à l'époque dite paléolithique.

Quelques auteurs distinguent spécifiquement le Bouquetin des Alpes (Ibex Alpinus) de celui des Pyrénées (/. Pyrenaicus). Les cantonnements de ces animaux sont chaque jour plus resserrés, et ce sont évidemment des espèces ilesnées à disparaître de nos montagnes dans un délai plus ou moins rapproché.

Ce que nous avons dit pour les animaux du genre précédent peut s'appliquer à nos Moutons domestiques dont quehjues espèces ont été signalées à l'état fossile en Fr-ance; mais s'agissait-il bien dans ce cas de Moutons véritables, ou mieux encore de Bouquetins? Les Mouflons sont, il est vrai, des Bumiuants peu dilférents des Moutons et dont l'espèce propre à nos contrées est VOvis musimon qui habite la Corse et la Sardaigne. Or il faut ajouter que les Moutons, de même que les Chèvres, paraissent avoir été amenés dans nos régions par les plus anciennes peuplades du second âge de la pierre, peut-être même du troisième.

On sait combien les Antilopes, autres animaux du sous-ordre des Buminanfs, sont variées en espèces, principalement en Afrique. Les Alpes et les Pyrénées possèdent une espèce de cette nombreuse tribu, le Chamois {Antilope rupicapra), et l'on connaît quelques espèces du même groupe à l'état fossile, dont la plus remarquable est VA. reclicornis Cordier, dont la taille égalait celle des plus grandes Antilopes actuelles.

Un fait non moins curieux nous est fourni par le Saïga {A.Saiga), autre Antilope qu'on ne trouve plus que dans l'Europe orientale, principalement dans les pays voisins de l'Altaï. Cette singulière espèce est venue autrefois jusque dans nos départements du Centre, où ses ossements se rencontrent associés à ceux du Renne, c'est-à-dire dans des dépôts comparables, par la manière dont ils se sont déposés, aux Kjoekkinmeddings du Danemark, qui ont été accumulés par Ihomnie, dépôts qui ne remontent pas d'ailleurs au delà de l'époque néolithique. Des fragments de squelette de VOvlbos moschatus, sorte de Bovidé qui ne s'observe plus que sur quelques points des régions polaires, ont été signalés dans un gisement du même âge; une partie de crâne provenant de cet animal a été recuedlie à Pi'écy, dans le département de l'Oise.

J 0. OfiDRE DES Cahmvores. Lts Camivores de notre pays sont loin d'être aussi nombreux et aussi redoutables que ceux de l'Afrique, de llnde ou même de l'Amérique. Ce sont partiijulièrement des Canidés tels que le Loup {Canis lupus) et le Renard (C. vulpes); un Vivéridé du genre Genette, la Genetle commune [Genetta vulgaris) ; deux Féiis dont l'un peu différent du chat domestique, mais qui habite

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les forêts (Felis catus), et l'autre appartenant à l'espèce du Lynx qui est devenu très-rare : cependant il en a été tué un à Issiiigeaux dans la llanlc-Loire, en 1822, et l'on en voit encore de temps en temps dans les l'yiénées, dans les Alpes-Maritimes et dans les Basses-Alpes; quelques Ours réfugiés sur les sommets les plus élevés des Pyrénées et des Alpes ; enfin des Mustélidés de plusieurs triLus : le Blaireau {Mêles taocus), le Putois {Putorhis fœtidiis), dont le Furet paraît être une simple variété, l'Hermine (P. erminea) et la Belette (P. vulgaris) ; la Marte fouine {Mustela foina) et la Marte proprement dite {M.abietina), qui sont d'un autre genre; entin la Loutre [Lntra vulgaris), qui est un carnassier aquatique.

Mais il a existé en France bien d'autres carnivores, et, pour ne parler que de l'époque quaternaire, de grandes espèces comparables aux plus féroces de celles qui se rencontrent dans les antres continents en Afrique, en Asie et dans l'Amérique du Sud, donnaient cbez nous la cliasse aux grands herbivores que nous avons cités comme caractéristiques de cette époque, tels que l'Eléphant, les Rhinocéros tichorhine et de Merck, l'Hippopotame, les grands Bœufs sauvages, l'Elan, etc. Parmi eux se faisait remarquer une race de Lions de forte taille {Felis leo spelœa), la Panthère dont Cuvier faisait à tort une espèce à part sous le nom de F. antiqua, des Hyènes {Hijœna spelœa intermedia elprisca), espèces comparables aux trois espèces africaines ou qui ne constituaient sans doute que de simples variétés; de plus un très-grand Ours {Ursus spelœus) . A ces espèces qui rendaient notre faune comparable à celles de l'Asie ou de l'Afrique s'ajoutaient d'autres animaux du même ordre et de moins fortes dimensions, qui n'avaient par suite qu'une moindre action sur les herbivores dont ils étaient les contemporains. Nous nous bornerons à citer parmi eux le Lynx, dont la race n'est pas encore entièrement détruite, l'Ours ordinaire {Ursiis arctos), alors très-répandu sur les points les plus élevés des montagnes, et le Glouton {Gulo luscus), maintenant refoulé dans le nord, mais dont les restes ont été quelquefois rencontrés dans les cavernes de l'Europe centrale, et en particulier en France, où ils sont associés à ceux du Benne.

Antérieurement à cette époque, l'ordre qui nous occupe avait fourni des espèces encore plus nombreuses dont plusieurs étaient différentes de celles dont il vient d'être question. Certaines d'entre elles constituaient des genres à part, dont les principaux ont reçu les noms d'Hyœnarctos, Amphicijon, Palœonictis, Hyœnodon et Plerodon. Le genre appelé par de Blainville Arclocyon présente aussi des caractères très-particuliers, et c'est peut-être avec les Marsupiaux qu'on devra le classer, ce qui paraît bien être le cas d'un certain nombre d'animaux propres aux mêmes époques. P. Gervais en a décrit plusieurs, et M. Filhol a publié des remarques intéressants an sujet de quelques autres. L'ensemble des populations fournies par le règne animal et celui qui appartenait au règue végétal indiquent que la température était alors plus élevée qu'elle ne l'est devenue depuis et plus comparable à celle de l'Inde que de toute autre région du globe. On trouve les Mammifères auxquels nous faisons allusion enfouis dans des gisements assez nombreux et en général remarquables par la richesse des ossements qu'ils renferment.

dl. Ordre des Marsupiaux. Dans la nature contemporaine, les Marsupiaux ou Mammifères à bourse, qui constituent la sous-classe des Didelphes, sont can tonnés en Australie, dans la IVouvelle-Guinée et dans quelques îles peu éloignées de cet archipel ; il y en a aussi en Amérique, à laquelle ils fournissent une

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famille bien distincte de celles qui habitent l'Océanie et les régions australes : ce sont les Sarigues. En Australie, ils constituent les divers groupes des Pliascolomes, des Kangurous, des Peramèles, des Phalangcrs, des Dasyures et des Mymecobies. Ceux qui ont autrefois habité la France ont surtout Yécu aux époques tertiaires inférieures, et il en est parmi eux qui sont connus par des débris fossiles qi)'il n'est pas possible d'attribuer à une autre famille que celle des Sarigues, puisque le squelette de l'un d'eux porte encore des os marsupiaux; on en a fait le genre Ver ailier ium. Ce ne sont pas sans doute les seuls Marsupiaux qui se soient montrés dans nos régions; mais ni l'Europe, ni l'Afrique, ni l'Asie continentale, ni les îles qui s'en rapprochent le plus, telles que Ceylan, Java, Sumatra et les Philippines, ne possèdent présentement de Mammifères de cette grande division.

12. Ordre des Éde>tés. Cette importante division est étrangère à l'Europe, mais on en voit des représentants dans les autres parties du monde, sauf en Australie. C'est en Afrique, dans l'Inde, et surtout dans l'Amérique méridionale, qu'il faut chercher les différents animaux de ce groupe vivant actuellement : les Oryctéropes uniquement africains; les Pangolins et les Phatagins, de l'Afrique et de l'Inde; les Bradypes ou Paresseux, les Fourmiliers et les Tâtons, tous propres à l'Amérique. Cependant quelques espèces de la même division, formant plusieurs genres, ont vécu en Europe pendant la période tertiaire. De ce nombre étaient le Macrotherium, le Pangolin gigantesque de Cuvier (Macrotheriim gigantewn (Lartet), grande espèce observée d'abord en Allemagne et depuis lors dans le miocène sous-pyrénéen, ainsi que V Ancylother'mm penthelicum (Gaudry) du dépôt de Pikermi, près Athènes. Deux autres genres, dont la présence n'a encore été signalée qu'en France, ont reçu de M. le professeur P. Gervais les noms de Schizolherhim et de Pernatherimn, mais ils ne sont encore qu'incomplètement connus. Le premier repose sur l'observation d'un petit nombre d'os décrits par M. Gaudry, le second est de l'horizon géologique dit de Saint-Ouen. Quelques fragments seulement en ont été recueillis près le parc Monceaux, dans Paris, par M. Réboux, à qui l'on doit d'intéressantes découvertes du même genre. C'est dans le dépôt du Quercy qu'a été trouvé le Schizotherium.

Il n'est pas inutile d'ajouter aux détails qui précèdent que les Manotrèmes ou Mammifères de la troisième sous-classe, qui sont des animaux australiens ou de la Nouvelle-Guinée ne se rencontrent chez nous ni à l'état vivant ni à l'état fossile. Les Monotrèmes, aussi appelés Ornithodelphes, se composent de 'deux familles : les Echidnés, dont il y a deux genres, les Tachyglosses et les Âcanthoglosses, et les Ornithorhynques, ne comprenant qu'un seul genre.

Tel est, en abrégé, le tableau des Mammifères, d'espèces terrestres, qui ont autrefois habité la région aujourd'hui occupée par la France ou qui y vivent encore dans l'état présent. Ils ne sont pas limités à notre pays, mais leur aire d'habitat est plus ou moins étendue et il s'en trouve parmi les vivants qui habitent aussi d'autres continents, soit en Afrique, soit dans l'Asie occidentale et septentrionale, soit dans l'Amérique du Nord. Quelques espèces fossiles sont aussi dans le même cas. D'autres nous sont venues de l'étranger, et nous avons fait remarquer au commencement de cet article qu'on pourrait encore en accroître le nombre. Il en est parmi ces Mammifères empruntés à d'autres parties du globe, et qui pour la plupart ont été tirés de l'Orient et de l'Asie, qui jouent depuis longtemps chez nous le rôle d'animaux domestiques ; on saura plus tard la véritable provenance des races ou espèces dont ils descendent, mais ce difficile problème est

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encore loin d'être résolu : aussi ne l'avons-nous abordé qu'avec toute la réserve qu'il comporte.

On ne constate la présence de l'homme en France que depuis le commencement de la période quaternaire. Pendant l'époque dite glacière il y était certainement établi, et l'Eléphant, ainsi que la plupart des grandes espèces disparues de chez nous s'y trouvaient encore, de telle sorte qu'il a dû lutter contre elles: mais que nous apprendront au sujet de sa première apparition sur le globe, l'étude des instruments de toute sorte, et l'examen des débris osseux qu'il a laissés sur les autres points du globe, particulièrement en Afrique et en Asie?

Les Mammifères dont il a été question jusqu'ici dans cet article sont tous d'espèces terrestres ou fluviatiles, de la catégorie de ceux qu'on a appelés, précisément à cause de ce genre de vie, des Mammifères Géothériens. Ceux dont il nous reste à parler sont au contraire particuliers aux eaux de la mer, du moins dans la contrée du globe que nous habitons : car il en est quelques-uns vivant dans d'autres continents, dans l'Asie méridionale et dans l'Amérique du Sud, qui fréquentent les grands fleuves de ces régions ou qui ne descendent même jamais à la mer. On connaît trois groupes de ces animaux : les Phoques, qui se rattachent d'une manière sensible aux Carnivores ; les Sirénides, qui ont des affmités avec certains Ongulés, et les Cétacés, qui, tout en tenant à quelques égards des Edentés, s'éloignent cependant de ces animaux par des caractères si tranchés qu'on ne saurait les classer auprès d'eux. Nous avons proposé de comprendre tous ces animaux, c'est-à-dire les Phoques, les Sirénides et les Cétacés, sous la dénomination commune de Thalassoihériens, mot qui rappelle les habitudes marines de la plupart d'entre eux.

d . Ordre des Phoques. Cet ordre est repi^ésenté dans les régions arctiques par un certain nombre de genres dont fait partie le Morse, ayant pour type une ■espèce qui surpasse toutes les autres en dimension ; il n'est pas moins répandu dans les mers australes, où le i^eprésentent d'autres genres, ainsi que la famille des Otaries, très-facile à reconnaître, parce que les animaux qui la composent «ont pourvus d'oreilles externes. Cette famille des Otaries s'étend jusque dans les régions les plus septentrionales du grand Océan; elle fournu. aussi des espèces aux parties méridionales de l'Atlantique. Nos Phoques sont, comme ceux de l'Atlantique septentrional et de l'Océan glacial, des Phoques ])rop.ement dits ou Phoques sans oreilles. On ne compte que cinq espèces iréquentant nos côtes; elles appartiennent cependant à trois genres différents; ce sont : le Calocéphale Veau marin {Calocephahis vititUmis) ; le Calocéphale léporin (C. leporinus), le Calocéphale marbré (C. discolor), le Pelage moine {lelagius monachus), enfin le Stemmatope à capuchon [Stemmatopus cristatus). Les trois premières

■ de ces espèces se rencontrent sur les côtes de l'Océan et de la Manche ; la quatrième est particulière h. la Méditerranée; quant à la cinquième, elle ne nous

est connue, en France du moins, que par un seul exemplaire, pris en 1843 à l'île d'Oléron.

2. Ordre des Sirékidés. On connaît dans les mers actuelles trois genres de ces animaux dont aucun ne se montre dans nos parages. Ce sont les Lamantins [G. manalus), propres aux côtes occidentales de l'Afrique et aux côtes orientales de l'Amérique inteitropicale et qui remontent assez haut dans les fleuves et les lacs de ces deux continents; les Dugongs [Galidiorne], que l'on trouve dans la mer Rouge, dans la mer des Indes et sur les cotes de l'Australie; enfin le %-

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thine, Sirénide actuellement anéanti, qui vivait encore en abondance pendant le cours du dernier siècle dans la mer de Behring. Nos Mammifères du même ordre sont exclusivement d'espèces fossiles ; ils appartiennent à trois genres différents: les Pugmeodons et les Rytiodus, propres au calcaire à astéries et à l'étage des sables dits de Fontainebleau, ainsi que les Halichornes, dont les ossements abondent dans les dépôts miocènes moyen et supérieur, dépôts d'origine également marine. Gucttard avait déjà une idée fort exacte des caractères qui relient certains de ces fossiles aux Lamantins et il les appelait des Vaches marines, ce qui est aussi le nom de ces derniers.

5. Ordre des Cétacés. Il y a deux groupes bien différents de Cétacés, c'està-dire de ces Mammifères essentiellement aquatiques, ayant les membres antérieurs en forme de rames natatoires et sans ongles, et qui sont en même temps dépourvus de membres pelviens ou n'en possèdent, et cela dans certains cas seulement, que des rudiments cachés dans l'épaisseur des chairs.

Certains de ces animaux manquent de dents ou n'en ont que de rudimentaires existant pendant la vie fœtale seulement ; ils ont toujours la mâchoire supérieure garnie de fanons. Les autres possèdent au contraire des dents, à quelque âge qu'on les examine, mais ils en ont en nombre variable suivant les genres ou même les espèces, et sont toujours dépourvus de fanons. Les piemiers sont les Ijalénides ; les seconds ont été appelés Cétodontes; c'est par ces derniers que nous commencerons l'examen de l'ordre des Cétacés.

Sods-Ordre des Cétodontes. Les Cétodontes ou Cétacés pourvus de dents constituent une division facile à distinguer des Balénides qui ont, comme nous l'avons déjà dit, la mcàchoire supérieure garnie de fanons et ne possèdent que des rudiments de dents, existant à la mâchoire inférieure seulement et qui avortent au moment de la naissance. Plusieurs de leurs autres caractères et en particulier la conformation de leur crâne ne sont pas moins spéciaux ; leurs allures sont également différentes. Toutefois ce sont, comme les Balénides, des animaux essentiellement aquatiques, ne sortant jamais de l'eau et accomplissant dans cet élément tous les actes de leur vie.

Nous possédons un certain nombre de Cétodontes, les uns qui se tiennent habituellement sur nos côtes, comme le Dauphin et le Marsouin, les autres qui ne s'y montrent qu'accidentellement et à intervalles quelquefois fort éloignés. Les principaux groupes de ce sous-ordre y ont toutefois des représentants et parmi eux les Cachalots [Phys^eter), qui ont reçu le nom de Physeter viacrocephalus, et qu'on ne voit cependant qu'à de rares intervalles, quoiqu'ils ne soient pas au nombre des Cétacés les plus rares. Un Cachalot s'est perdu à l'embouchure de l'Adour en 1741, un autre a été laissé par le r-eflux sur la côte de la Somme en 1769, auprès de Saint-Valery, et l'on eu cite encore d'autres échouements.

Les Cachalots vivent généralement par troupes et il peut arriver que des bandes . plus ou moins considérables de ces Cétacés restent en entier sur le rivage. C'est ainsi qu'une trentaine de ces animaux se sont échoués à Primelin, non loin d'Auderne (Finistère), dans l'année 1784. Il y a des Cachalots dans l'Océan et dans la Méditerranée. Sans acquérir la taille gigantesque de ces animaux, les liyptroodons (//. Butzkopff) s'en rapprochent cependant sous ce rapport, et leurs caractères ressemblent à certains égards aux leurs. On en prend de temps en temps dans la mer du Nord, soit sur les côtes de la Hollande, soit sur celles de la Belgique, et il en vient quelquefois dans la Manche jusque sur celles du Calvados, mais c'est essentiellement un animal des mers arctiques.

FRANCE (faune). 235

' T;;i Médilerranée nourrit un Cétodonte d'un genre peu éloigné du précédent et dont Cuvier a le premier décrit un crâne trouvé en Provence, dans un étang peu éloigné de la mer où il avait été jeté par les iièclieurs du littoral ; mais, par une erreur singulière, ce crâne fut d'abord regardé comme fossile. 11 l'a nommé Ziphius cavirostre (Z. caviwslris). P. Gervais en a recueilli des débris de squelette à Aresquiès (Hérault), et il en a été pris plusieurs exemplaires da«s la baie de Villefranche ou à peu de distance de celte localité. Ce Cétacé n'a pas moins de quinze pieds de long ; une tête osseuse en a été ramassée sur la plage auprès d'Arcachon (Landes). On connaît aussi des Zipliius dans d'autres mers, au Cap et jusqu'à la Nouvelle-Zélande ; ils sont de la même espèce ou d'espèces très-peu différentes de celle qui fait partie de notre faune.

D'autres Cétodontes sont plus singuliers encore ; ils ont reçu le nom de Dioplodon {Dioplodon P. Gerv.), à cause des deux fortes dents qui arment le milieu de la mâchoire inférieure. De doux espèces connues, l'une fréquente les mers arctiques et a été prise aux Seychelles ainsi qu'à la Nouvelle-Zélande ; l'autre obsei'vée une seule fois seulement a été capturée à l'embouchure de la Manche; c'est feu M. Eudes Deslongchamps qui a réussi à se procurer le crâne; c'est leD.europœm (P. Gerv.). Ces Cétacés sont d'ime autre tribu que les précédents, tribu dans laquelle rentre aussi le genre Mesoplodon (P. Gerv.) établi pour un animal des parties septentrionales et tempérées de l'Atlantique, longtemps désigné sous le nom du Delphinus soiverbensis Blainv. 11 a été pris au Havre et sur les côtes du Calvados. Les mers australes possèdent des Cétacés analogues ; leurs espèces ont été réparties en plusieurs genres.

Ici se termine la liste de nos Cétodontes étrangers à la famille des Delphinidés, laquelle est la plus nombreuse en espèces de tout le sous-ordre. A rencontre des Cétacés précédents dont la nourriture consiste essentiellement en Céphalopodes, ce qui les a fait appeler leuthophages, les Delphinidés mangent surtout des poissons et sont par conséquent ichthyophages.

Les plus gros d'entre eux, qui sont aussi les plus carnivores, sont les Orques (G. Orca). Us associent à leur régime soit des Mammifères aquatiques, soit des Cétodontes de petite dimension tels que les Dauphins et les Marsouins; ce sont des animaux extrêmement redoutables. Il en vient sur tout notre littoral, mais par intervalles seulement, et l'on compte le nombre de ceux qui y ont échoué. L'espèce la mieux connue est l'Epaulard {Orca gJadlator Lacép.). Le Dauphin dit de Boyer, pris à Nice, paraît être un Orque.

Après ces animaux prennent rang les Globicéphales (G. Globicephahis Lesson), dont l'espèce propre à nos deux mers {G. mêlas Traill.) atteint de dixhuit à vingt pieds de longueur. Comme la plupart des animaux du même ordre, l'espèce qui nous occupe vit par bandes. Son front est très-renflé, ses nageoires sont grêles et longues et sa couleur est presque entièrement noire ; les mâchoires du Globi'?éphale portent chacune une quinzaine de dents de chaque côté.

Les Grampus (G. Grampus) ne sont pas moins faciles à distinguer. Ils ont les nageoires de forme ordinaire, la mâchoire inférieure garnie en avant de trois ou quatre paires de dents seulement, et la supérieure entièrement privée de ces organes. Nous n'en avons également sur nos côtes qu'une seule espèce que Cuvier a l'un des premiers décrite et qu'il a appelée Delphinus griseus ; c'est aujourd'hui le Grampus griseus, qui fréquente de préférence les côtes de Bretagne. Le Delphinus Rissoi (?) de la Méditerranée ne doit pas en être séparé. Le Marsouin {G. phocœna Linné) doit maintenant nous occuper. Quoique

234 FRANCE (faune).

ses caractères ostéologiques semblent devoir le faire rapprocher des Delpliiuidés qui viennent d'être mentionnés, il s'en distingue par la forme de ses dents qui, au lieu d'être coniques, sont déforme palmée. C'est le plus petit de nos Cétacés. Autrefois on mangeait sa chair, et il était apporté jusqu'au marché de Paris, ce qui n'a lieu que rarement aujourd'hui et à titre de curiosité. Le Marsouin est un grand destructeur de poissons et, de même que le Dauphin ordinaire, il fait beaucoup de tort aux filets.

La tribu qui fait suite aux Marsouins ou Phocénins est celle des Delphiiiins, tous plus ou moins semblables au Dauphin ordinaire [Delplnnus deJphis Linné), type du genre de ce nom. 11 a comme congénères chez nous le Dauphin inaiginé [{D. marçjinatus Duvernoy) découvert à Dieppe par le docteur Guiton, et le Dauphin de Téthys (D. tethijs P. Gerv.). Sa présence a été constatée sur un petit nombre de points de la Méditerranée, où l'on ne connaissait encore que le Delphis.

Un autre genre de Cétacés est celui des Glyphidelphis (P. G.), qui n'a d'autre espèce que le D. Bredonensis Cuvier. Son rostre est allongé comme celui des Dauphins, mais pourvu d'un moindre nombre de dents toutes finement guillocliées à leur surface. On ne le prend qu'accidentellement soit sur nos côtes, soit sur celles de la mer du Nord.

Sous-Oi\DRE DES Balénides. Ce sont les Cétacés à fanons, vulgairement confondus sous le nom de Baleines, quoiqu'ils soient de plusieurs genres. Il en vient de diverses sortes sur nos côtes, mais l'espèce la plus célèbre, c'est-à-dire la Baleine franche, ne s'y montre pas. Cuvier et les auteurs plus anciens qui se sont occupés de ces animaux avaient cependant admis qu'on l'y observe, et pour eux l'espèce de Baleine que l'on a longtemps pêchée dans le golfe de Gascogne, et à laquelle les Basques ainsi que les autres habitants de cettepartie de notre littoral ont fait une guerre assidue, était pour eux de l'espèce de la Baleine franche; mais elle ne mérite pas ce nom. Ce Cétacé appartient aune autre espèce, peut-être même à un autre genre, bien que possédant, comme la Baleine du nord, des fanons de grande dimension ; il était pourvu d'une couche épaisse de graisse et manquait de nageoire dorsale. Abondant dans les localités que nous venons de citer, il y est devenu depuis lors si rare, qu'on n'en voit encore quelque individu qu'à des époques très-éloignées les unes des autres. On lui donne aujourd'hui le nom de Baleine des Basques {Balœna biscmjensis), par lequel Eschricht, savant professeur de Copenhague, a proposé de désigner cette espèce. Une femelle accompagnée de son Baleineau se montra à celte époque auprès de Saint-Sébastien (Espagne), mais le Baleineau put seul être pris. Comme il en avait été question dans les journaux d'alors et que le docteur Monodero en avait publié une figure, Eschricht, qui avait compris l'importance de cette capture, quitta sa résidence pour aller à Saint-Sébastien, où il se rendit acquéreur du Cétacé dont il a fait préparer le squelette pour le placer dans le musée dont il avait la direction. Les caractères de la Baleine de Biscaye ne pez^mettent pas de douter qu'elle ne doive être séparée spécifiquement de toutes les autres. L'étude du squelette de Copenhague a aidé à reconnaître la provenance de quelques ossements trouvés sur le sol le long du golfe de Gascogne, ou sur diftérents points du département des Landes ainsi que dans les Basses- Pyrénées. Il paraît en outre raisonnable d'attribuer au même Cétacé des ossements recueillis en d'autres lieux. M. le docteur Fischer, qui est l'un des naturalistes les plus au courant de l'histoire des Cétacés, a consacré un mémoire

FRA^iCE (faune). 255

spécial à 1:1 r.aleine de Biscaye. Le Muséum possède des os supposés provenir de la Baleine des Basques, ainsi que des ossements de Baleine décrits comme fossiles, qui ont été désignés sous le nom de Balœna Lamanoni, que l'on a déterrés à deux reprises différentes pendant le dernier siècle et durant le siècle actuel, en fouillant le sol sur lequel est bâtie aujourd'hui la rue Dauphine, à Paris. Ces ossements pourraient bien y avoir été apportés par la navigation au quatrième siècle ; ils sont en partie conservés dans le Musée, de Paris, en partie dans celui de Harlem. Parmi eux se trouve une pièce désignée comme palatin que nous croyons un fragment du maxillaire inférieur; il a été trouvé dans la plaine Saint-Denis. C'est sans doute aussi à cette espèce qu'il faut attribuer deux maxillaires inférieurs que Cuvier obtint pour notre grand établissement national de l'église basse de Saint-Pierre, dans 'la Cité, dont ils ornaient le porche.

Il est également à supposer que c'est un exemplaire de la P)aleine de Biscaye, qui a été pris récemment dans le golfe de Tarente, et décrit par M. Capellini sous le nom de B. tarenlina. Ce serait le premier individu de cette espèce dont la présence aurait été constatée dans la Méditerranée.

D'après quelques auteurs, la Baleine de Biscaye ou des Basques existerait encore assez abondamment sur les côtes atlantiques des Etals-Unis, et le B. cisartlca de M. E. Cope, espèce établie en 1865 par ce savant naturaliste sur l'examen du squelette d'un sujet capturé dans la baie de Delaware, en face de Philadelphie, ne serait qu'un exemplaire de cette espèce de Cétacés. Ce squelette est conservé dans le musée de la dernière ville que nous venons de citer.

Les autres animaux du groupe des Balénides que l'on capture ordinairement sur nos côtes ou qui y viennent à des intervalles plus ou moins éloignés appartiennent à la division des Rorquals. Ils ont toujours le ventre plissé, tandis qu'il est lisse chez les vraies Baleines, leur dos est surmonté d'une nageoire falciforme, ce qui ne se voit pas chez les animaux du groupe précédent ; ils possèdent en outre des fanons plus courts que ceux de ces derniers et de peu de valeur dans le commerce; leur corps est aussi plus élancé et moins chargé d'huile que celui des vrais Baleines ; à quoi il faut ajouter que leurs vertèbres cervicales sont séparées les unes des autres au lieu d'être ankylosées comme dans les espèces de la division précédente. Ces Cétacés appartiennent à plusieurs genres dont un, celui des Rorquals, dont Eschricht a changé le nom en Pterobakena, nous fournit l'espèce la pins commune, laquelle a été appelée Balœna muscuhis par 0. F. Muller, parce qu'elle répond au Mtisculus de Pline. Ce Balénidé est aussi le Miistycetos d'Aristote, le Balœnoptère Rorqual de Lacéj)ède, et il ne faut pas en séparer le Balœna antiquorum de Fischer. C'est donc le vrai Rorqual, et on en constate chaque année plusieurs échouages dans la Méditerranée aussi bien que sur les côtes de l'Océan et de la Manche. Le nombre total de ses vertèbres est de 67. D'autres animaux un peu différents de ceux-là par leurs principaux caractères et qui ont, en particulier, la tête plus large, leurs vertèbres au nombre de 54, ainsi que la tête de leur première paire de côtes bifide, ont recula dénomination de Borquals du nord [Rorqualns laticeps). Ils deviennent plus grands que le Rorqual Musculus et sont en même temps plus rares que lui, du moins dans nos parages, car il en vient assez souvent à partir des côtes de la Hollande jusque sur celles de la Norvège et au delà. II paraît que l'on peut leur attribuer avec certitude un sujet encore jeune, qui vint échouer entre Bidart et Biarritz (Basses-Pyrénées), le 29 juillet 1874, et dont le squelette est conservé à Bayonne. Le Rorqual de l'île d'Oléron (1827)

256 FRANCE (faunk).

était peut-être de cette espèce. C'est aussi au jR. laticeps qu'appartenait le grand individu échoué à Ostende, eu 1827, et qui a été décrit par Dubar. On voit un squelette d'un animal de celte espèce au Jardin zoologique de Saint- Pétersbourg oîi il est étiqueté Baleine franche. Scoresby a étudié un semblable Rorqual, actuellement déposé au MusOe de Berlin ; il fut pris sur la côte du Ilolstein, le 21 février 1817. Nous voyons moins rarement sur nos côtes le Bakenoptère ro'ttré {Balœnoptera rostrata), aussi appelé Dalœnoptera minora. cause de sa moindre taille. Son squelette ne se compose que de 48 vertèbres et il présente quelques particularités qui, pour être secondaires, ne rendent pas moins facile la caractéristique de son espèce. Sa nageoire pectorale présente une sorte de brassard blanc qui le rend ainsi très-facile à distinguer. On n'avait signalé jusque dans ces derniers temps la présence de ce Célacé que dans l'Océan, particulièrement sm' les côtes de Bretagne d'où nous en avons reçu deux exemplaires, l'un très-jeune qui a été disséqué par Serres et Gratiolet, l'autre presque adulte, dont M. Guillou de Concarneau vient de nous envoyer le squelette; maison vient d'en prendre un exemplaire dans la Méditerranée, sur la côte de Villefrancho, près Nice. Une dernière forme de Rorquals européens plus distincte des précédentes que ces dernières ne le sont les unes par rapport aux autres est h Èlégaplère Képorkak {Megaptera boops d'O. Fabricius), surtout remarquable par le grand allongement de ses nageoires et dont le squelette présente aussi quelques traits distinctifs. C'est un animal des mers du Nord dont on n'a pas encore signalé la présence dans nos régions maritimes, mais qui pourrait bien s'y montrer à de longs intervalles ; il fréquente surtout les côtes du Groenland. On a pris une fois ce Mégaptère à l'embouciiure de l'Elbe, et c'est peut-être à son espèce qu'il faut rapporter le Balénide pris en 1878 à l'île de Noirmoutiers, et dontiesMgeoires avaient, dit-on, 5 mètres de longueur.

M. Fischer attribue à une quatrième espèce de la famille des Rorqualidés ou Baleines à courts fanons un Cétacé de ce groupe capturé il y a quelques années.

Les Balénides ne sont pas des animaux absolument nouveaux parmi ceux qui ont vécu dans la partie de l'Europe occupée par la France. Nos terrains tertiaires marins en renferment des débris qu'il est facile de reconnaître comme ayant appartenu les uns à des Baleines véritables, les autres à des Rorquals. Certaines de ces espèces éteintes, appartenant soit aux Baleines, soit aux Rorquals, étaient de moindre taille que celles qui existent dans nos mers. On a découvert en Belgique, dans la Crag d'Anvers, un gisement extrêmement abondant de ces Cétacés, que M. Van Beneden se préoccupe de décrire.

Cétacés fossiles. On n'a encore observé aucun Cétacé fossile antérieur aux dépôts tertiaires moyens; les dépôts éocènes et proïcènes n'en ont fourni aucun débris, mais les terrains plus récents en renferment des ossements assez nombreux et qui sont dans certains cas remarquables par la singularité de leurs caractères. Plusieurs des débris découverts appartiennent aux Delphinorhynques, qui n'ont plus à l'époque actuelle de représentant dans nos pays, mais vivent uniquement dans les crands fleuves de l'Inde et de l'Amérique; elles constituent le genre SchizodeJphis P. Gervais, à la suite duquel nous citerons les genres : Squalodon Grateloup, Stereodelphis P. Gervais et Champsodelpliis du même auteur.

Remarques générales. En présence des faits qui viennent d'être énumérés, et qui deviendront bien plus significatifs lorsipe nous aurons terminé l'examen complet des Vertébrés propres aux autres classes, une pensée s'empare de noire

FRANCE (fauine). 257

esprit. Quelle est l'origine de tons ces animaux? Comment ont-ils apparu sur le globe et comment se sont-ils répandus sur notre sol? Leur apparition successive est coordonnée à des lois que nous entrevoyons sans pouvoir encore en exprimer la formule exacte. On ne doit donc pas admettre qu'ils se sont tous niontiés en même temps comme on le croyait avant d'avoir étudié les fossiles, et il serait aisé de prouver qu'il en a été de même pour ceux des autres régions du globe. Les espèces marines sont ici d'accord avec les espèces terrestres pour démonlrer la succession de ces apparitions, et comme des règles précises ont présidé et piésident encore de nos jours à la répartition géographique des êtres organisés, il n'est plus possible d'admettre, comme le faisait Guvier, que nos espèces terrestres nous sont venues d'ailleurs. C'est donc par grandes populations qu'elles se sont montrées sur notre sol et à la surface du globe. Aussi a-t-on admis des aires de créations, et ces aires ont été considérées comme multiples, ce qui ne saurait être contesté, si l'on envisage la question d'une manière restreinte. Mais des théories hardies, qui sans être arrivées à une démonstration suftisante et tout embarrassées d'hypothèses insoutenables qu'elles sont encore, n'en ont pas moins pour elles les aspirations de l'avenir, ont été proposées. Les créations successives, qui semblaient si bien expliquer ellesmêmes la substitution des faunes qui ont subsisté les unes après les autres sur les diflérents points du globe, sont devenues à leur tour une hypothèse gratuite et qui se confond trop évidemment avec celles des générations spontanées dont les observations récentes des naturalistes ont démontré la fausseté. C'est donc à la théorie de l'évolution des êtres, présentement appelée phylogénie, qu'il a fallu recourir; mais, il faut bien l'avouer, la marche en est encore hérissée de diificultés, et la légèreté avec laquelle beaucoup d'auteurs procèdent à la solution des problèmes qu'elle soulève n'a d'égal que le peu de valeur des objections que certains autres lui opposent.

Antérieurement aux Mammifères tertiaires dont nous avons donné l'énumération et à ceux qui ont été découverts dans les autres régions du globe il en a existé de très-différents de ceux-là ; plusieurs des grandes assises de la série secondaire nous en ont conservé les débris, mais nous n'avons pas à en parler ici puisqu'il n'en a été jusqu'à présent rencontré aucun dans nos gisements fossilifères même les plus riches en débris organiques.

Bibliographie. — Brissox. Le règne animal en dix-neuf classes^ contenant les quadrupèdes et les cétacés. Paris. 1750. — DutroN. Uist. nat. yen. et partie, t. I à III, in-4>', 1849. (avec additions par Daijdknton). — Cuvier (Georges). Oss. foss. Paris, 1821-1825, in-4°. — CtiviER (Fréd.). Hist naturelle manimif. Puris, in-4'' (avec lig. color.). — Temminck. Monjgr. des mainmalogies, 2 vol. in-4°.— Ghay (John-Edw.). Catal. ofMamm. In llie Brit. Muséum'. Londres. — De Blainville. Osléograi>/iie des animaux vertébrés vivants et fossiles. In-i° avec atlas in-lnl. — Gekvais [Paul). Hist. nat. des mamni., m-S", 1844-I8i5. — Do même. Zool. et pal. franc. Paris, 1855, in-4\ — Du même. Zool. et pal. génér., in-i°. — van Beneden et P. Gervais. Ostéographie des cétacés, 1 vol. in-4 avec atlus in-lol.

CLASSE DES OISEAUX. § I. Espèces sédentaires, de passage régulier, ou

accidentelle». Nous eu donnerons une liste complète, en les rangeant d'après la nu'thotle de de Blainville Les noms que nnus employons sont ceux qu'avait adoptés notre savant compatriote Vieillot, pour son trav.dl sur les oise.iux de not e pays, dans la Faune française; mais, [lour faciliter l'étude de cecatalooue aux persoiuies qui possèdent le Manuel d' ornithologie Aq M. Temminck, on trouvera entre deux parenthèses les noms employés par ce célèbre ornitholo"iste toutes les fois qu'ils diffèrent de ceux de Vieillot. Les espèces observées depuis

Vieillot et consignées dans l'ouvrage plus récent de feu Degland et M. Gerbe ont toutes été ajoutées, et un nom d'auteur indique dans quel ouvrage il faut en chercher la description ; les lettres r, p et a, font connaître si l'Oisean est mre, de passage ou accidentel.

Pr.ÉHENSEURS. L'Europe ne possède naturellement aucune des nombreuses et intéressantes espèces de Perroquets ; mais le commerce, qui nous amène im grand nombre d'espèces de la classe des Mammifères, nous procure aussi beaucoup de ces Oiseaux en vie. Il est rare cependant qu'ils pondent chez nous; plus rare encore qu'ils élèvent leurs petits. L'espèce la plus généralement connue des Européens est la grande Perruche à collier, que l'on suppose apportée pour la première fois par l'expédition d'Alexandre, et qui a même reçu de beaucoup d'auteurs le nom de Perruche d'Alexandre. Citons aussi la Perruche ondulée.

AcciPiTREs. Fani.i. Diurnes. G. Faucon, Falco : (a). Faucons proprement dits : F. laniarius, Lanier; — F. peregrlnus, Pèlerin; — F. siibbuteo, Hobereau; — Faucon, Robez ; — F. vespertinus {F. rufipes), Kober, du Midi, r; — F. tithofalco [F. cesalon); — F. tinnunculus, Cresserelle; — F. linnuncula rius [F. linnunculoides) , Gresserellette, Midi, r.

Gerfaut {h) : F. islandicus. Gerfaut islandais, à Abbeville (M. de la Motte), Faucon Éléonore, F. Eleonorœ.

G. Aigle, Aqoila : A. fulvus, Aigle royal; — A. planga {F. nœvius), Aigle criard; — A. pennata, Aigle botté, à Fontainebleau, r; — Aigle a queue barrél,

A. fasciata (F. Bonelli), du Midi.

G. Pygargue, HALiEiTus : H. nisus (F. albicilla) ; Pygargue ordinaire ; — HiERCFALco (è), Pygargue à tète blanche, H. leucocephalus .

G. Balbuzard, Pandion. Balbuzard fluviatile, P. fluvialis {F. nisus)— (f).

G. Circaète, Circaetus : C. gallicus {F. brachydactylus) , Jean-le-Blanc, r.

G. Épervier, Sparvius, H. leucocephalus, S. palumbarius. Autour; — S. nisus, Epervier. — Le JSisus major (Degland) est une variété et non une espèce distincte ; il en a été pris un individu près d'Amiens (M. de la Motte).

G. Milan, Milvus : M. reyalis {F. milvus). Milan royal; — M. œtohiis {F. ater), Milan étolien, r.

G. Buse, BuTEo : B. apivorus, Brondrée; Buteo vulgaris, la Buse, dont Vieillot fait deux espèces : B. fasciatus, B. à poitrine barrée, et B. mulans,

B. changeante; — B. lagopus, B. pattuc.

G. Busard, Circus : C. rufus, Harpaye; — C. gallinarius {F. cyaneus), B. Saint-Martin ou Soubuse; — C- Montagui (F. cineraceus), B. Montagu.

G. Phene, Vieill., Gypaetos, Temm. : P. ossifragus {G. barbatus), barbu.

G. Vautour, Vultur : F. fulvus. Vautour griffon, des Alpes : on Ta pris jusqu'à Abbeville (M. Bâillon);— Y. niger {V. cinereus), Vautour arrian, de Provence et du Languedoc, a.

G. Néophron, JNéophrok : JSeophron peraiopterus {V . percnopterus) , Oiseau de Pharaon, de Corse, a, dans les départements des Bouches-du-Khône, du Gard et des Basses-Alpes.

G. Otogyps, Otogyps : 0. auriculaire, 0. auricularis, Otogyps anricou, a.

Fam. 2. I\octurnes. G. Strix, StrLt : S. bubo, Grand-Duc; — S. ottis, Moyen-Duc, Hibou vulgaire; — S. scops, Scops ; — S. brachyolus. Hibou brachyote ; — S. stridula et aluco. Hulotte ou Chat-huant ; — S. flammea Effraye,

G. Chevêche, INoctua ; N. minor^ Chevêche commune.'

FRANCE (faune). 239

G. Nyctale, Nyctale : ^\ tengmalmi, N. Tengmalm, Lorraine (Vieillot), de Provence (M. A'érany).

G. Surnie, Scrîsu : S. mjctea, Ilarfang; — S. funerea, Chouette épervière.

Grimpedrs. Fam. \ . HétérodadyJes. G. Engoulevent, Capf.imilgus : C. viilgaris [C. europœus), Engoulevent; — C. rufitorquatus {C. riificoUis), à collier roux, d'Afrique, a, eu Provence; — C. climacunis, du Sénégal, a, en Provence (Polvdore Roux), d'après un document contestable.

G. Martinet, Cypselus ; C. apus (C 77iurarit(s), Martinet noir; — C melha [C. alpinus) ; M. Alpin du Midi.

Fam. 1. Zygodaciyles. G. Pic, Picus : P. viridis. Pic vert; — P. canus, P. à tète grise, r; — P. martius, P. noir, d'Auvergne; — P. médius, Pic mar. ; P. major, Epeiche; — P. minor, Pic Epeichette; — P. hirsutus (P. tridactyhis), Pictoïde tridactyle ; — P . leuconotos , Picleuconote; — des Pyrénées, a.

G. Torcol, YuNx : Y. torquilla, le Torcol.

G. Coucou, Cdculus : C. canorus, Coucou; — C. glandarius [Coccysus pisanus), Oligophe geai, du Midi, a.

Fam. 5. Syndactyles. G. Merops, Merops : M. apiaster, Guêpier; du Midi, ?",dansleNord. — M. Savigny (M. Lebrun).

G. Martin-pêcheur, Aixedo : A. ispida, Martin-pêcheur.

Passereaux. Fam. 1. Suhpassereaux. G. Sittelle, Sitta : S. europœa, Sitelle; S. cœsia, Sitelle torche-pot.

G. Petrodrome, Petrodroma : P. muraria {Tichodroma phœnicoptera), Grimpereau échelette.

G. Grimpereau, Certhia: C. familiaris, Grimpereau familier; — C. brachydactyla, Grimpereau brachydactyle.

G. Huppe, Upupa : U. epops, Huppe.

G. Corbeau, Corvus : C. corax, grand Corbeau; — C. corone, Corbine, Corneille, etc.; — C. cornix, Corneille mantelcc; — C. frugilegus, Freux; — C. monedula. Choucas; — C. spermolegus, Chouc, r, probaiblcment identic^ue au précédent.

G. Pie, PiCA : C. pica, Pie; — G. Geai, Garrulus : C. glandarius. Geai.

G. Casse-noix : lY. cnryocaiactes, Casse-noix.

G. Chocard, Pyrrhocorax : Pyrrhocorax graculus, Chocard des Alpes;

G. Crave, Coracia, Crave ordinaire : Coracias erythrorhamphus, Coracia, v

Pyrrhocorax alpinus (P. pyrrhocorax), Choquard des Alpes; — Galgulus garnUa {Coracias garr.), r, de l'Est.

Fam. 2. Passereaux proprement dits. G. Jaseur, Bombycilla : B. garrula, Jaseur de Bohème, r, et a. On dit qu'il en niche quelquefois dans les Ardennes (M. Bougon).

G. Hirondelle, Hiruxdo : H. rustica, Hirondelle de cheminée; — H. montana {H. rupestris), Hirondelle de rocher; du 3Iidi et de l'Ouest; — H. riparia. H, de rivage, r, ou nulle dans le Centre; — //. urhica, H. des fenêtres; — H. capensis, II. rousseline; aux environs de Nîmes (M. Crespon).

G. Gobe-mouche, Muscicapa : M. ^rwo/a, Gobe-mouche gris; — M. atricapilla {M. luctuosa), Gobe-mouche noir ou Becfigue; — M.slreptephora {M. albicoUis), (M. collaris), Gobe-mouche à collier. — M. parva, G. rougeâtre.

G. Pie-grièche, Lamus : L. excubitor, Pie-grièche grise ; — L. minor Piegrièclie d'Italie; — L. borealis, espèce douteuse, peut-être le L. meridionalis,-

240 FRANCE (faune).

— L. rutilus, Pie-grièche rousse; — L. coUurio, l'EcorcIieur; — L. meridionalis, Pie-grièche méiidionale.

G. Éloiirneau, STURiNus : S. vulgaris, Etourneaix sansonnet; — S. unicolor, E. noir; de Corse.

G. Orolius, OfiioLUs : 0. galbula. Loriot.

G. Merle, Turdos : a) Grives : T. musicus, Grive des vignes; — T. viscivorus, Draille; — T. pilaris, Litorne; — T. iliacus, Mauvis; — T. aureiis (Holandre), Merle doré, pris une fois à Metz et aussi dans le Midi; — T. arun dinaceus (Sylvia turdoldes), Bec-fin rousscrole, Rousserole turdoïde, que quelques auteurs placent avec raison dans le genre suivant : — b) Merles : T. meruia. Merle noir (sa variété albine ou le Merle blanc est fort r.); T. torquatus, M. à plastron; — T. cyaneus, M. bleu; — T. saxatilis, M. de ruche; des grandes montagnes; — c) Martins : T. roseus, M. rose, du Midi, p. — d), Merles d'eau : Cinclus aquaticus, Cincle ou Aguassière [Hijdrobata albicolUs).

G Sylvia, Sylvia : S. rubecula. Rouge-gorge : — S. siiecica, Gorge-bleue;

— S. tithys. Rouge-queue; — S. phœnicurus, Rossignol de murailles; — S. luscinia, Rossignol; — S. sardonia; — S. niscicola (S. melanocephala). Fauvette des Fragons ou Babillarde mélatiocé[)hale ; — S. fuscescens, F. brunette; espèce douteuse; — S. curruca, F. babillarde; — S. passerina, F. passerinette; — S. atricapilla, F. à tète noire; — S. Celti ou Bouscarle cetli;

— S. çjrisea (S. orphea), Babillarde orphée; — S. sylvicola (S. sibilatrix);

— S. icterina, Hypolaïs ictérine; — S. polyglolta, H. polyglotte; — S. Hippolais, F. lusciniole; — S. cohjbita {S. rufa); — S. flaviventris; — S.Bonellii {S. JSattereri); — S. filis {S. trochilus), Pouillot; — S. angiisticmda, (Gerbe), des environs de Paris (M. Gerbe); — S. ferruginea {S. provincialis), Pitchou jirovençal; — S. sirepera (S. aiundinacea), F. eflarvatte; — S.cinerea, F. grisettc; — S. œdonia {S. hortensis), F. bretonne ou des jardins; - S. fruticeti, V. (esp. douteuse); — S. nisoria, F. épervière; — S. schœnobœnus, V. {S. phragmitis, T.), F. des joi.cs; — S. paludicola [S. aquatica);

— S. locitstella; — S. cisticola, du Midi; ajoutons enlin les espèces suivantes: S. compicillata, Babillarde à lunettes, raie dans nos dé,'artements du Midi.

Vieillot, dans le Supplément ornitliologique de la Faune française, en donne encore cinq espèces : S. palustris, Rousserole verderole; — S. melanopogon, Amnicole à moustaches; — S. Inscinioides, Lusciniole luscinioïde; S. jluvialilis, Lusciniole tluviatile; — S. phitomela et subalpina. L'oiseau qu'il désigne sous le nom de S. subalpina est la Passerinelte.

Deux autres sous-gemes de Bec-fins sont : a) Troglodyte, Troglodytes : Iroglodijtes europœus ou vulgaris. Troglodyte; — b) Roitelet, Regulus : Regulus crislatus, R. huppé; - R. mystaceus {R ignicapillus), R. triple-bandeau.

G. Traquet, Œnanthe, V. ou Saxicoia, T., les Traquets ou Motteux : - OE.cinerea, Traquet moteux; — (E. leucura {S. cachinnans), Traquet rieur;

— Œ. stapazina, T. slapaziii; — CE. albicoUis {S. aurila], T. aureillard;- (E. rubicola, Tarier ordinaire.

G. Accentor,AccENTOK:i.a//jmus, PegotdesAlpes;— .4.mof/w/am,Moucl)et.

G. Hochequeue, Motacilla, les Hochequeues ou Bergeronnettes : M. alba, Lavandière grise; — M. lugubris; — M. boarula, B. jaune, dont ]c M. /lava et le M. flaveola sont des vaiiétés.

G. Pipi, Anthus : A. arboreus, Pipi des arbres; — A. massiliensi^, Fist. de Provence (Buffon, esp. très-douteuse) ; — A. maculatus, V. esp. très-douteuse;

FRANCE (faune). 2ii

— A. sepianus {A. pratensis), Pipi des prés; — A. Richardi [A. longipes, Hollandre) r.; — A.rufus {A. rufescens), Rousseliiie; — A. aquaticus, P. spinolette; —A. rufo-giilaris. Pipi Gorge-rousse, Brehm, le même, d'après M. Degland, que l'A. tristis d'Abbeville (M. Bâillon); — A. rupextris (Nilsson), Pipmaritime (M. Degland).

G. Alouette, Alauda : .4. arvensis, A. des champs; — A. arenaria [A. hrachydactyla), Calandrelle; — Anemerosa {A. arborea), A lulu; — A. cristata,

A. cochevis; — A. calandra, A. calandre; — A. Duponti; tr.-r. de Provence;

— A. bifasciata, de Provence, a; — A. alpestrls, Ilaussecol noir (Buflbn); r. et a. — i. Kollyi, T.; un seul individu, à Dijon (M. Kolly). — A.montana, a.

G. Mésanges, Parus • P. major, M. charbonnière; — P. ater, petite Charbonnière; — P. palustris, M. nonnette; — P. cœruleus, 31. bleue; — P. cristatus, M. huppée; — P.caudatus, M. à longue queue; — P. biarmicus M. moustache.

G. Fringille, Frixgilla, les Moineaux : F. chloris, Verdier; — F. petro. nia. Soulcie; p. a. dans le Nord; — F. domestica, Pierrot; — F. monlana, Friquet; — F. cœlebs. Pinson; — F. montifringiUa, P. d'Ardenne; — F. nivalis, Niverole; — F. cilrinella, Venturon; — F. linota, Linotte; — F. monticum, V, {F. montiam, T.), F. de montagne; — F. sorinus, Cini; — F. spi.

nus, Tarin; — F. carduelis. Chardonneret; — F. rufescens, Cabaret;

F. linaria, Sizerin; — F. salicicola [F.hispaniolensis); du Midi; — F. Italice (F. cisalpïna); de Provence et de Corse; — F. olivacea {F. incerla, Risso) ; de Provence (P. Roux), repris depuis.

G. Bruant, Emberiza : a) Passerines : Passerina nivalis. Bruant de neio-e-

— P. laponica {Emb. calcarata), B. montain. — b) Bruants. E. citrenella

B. jaune; — E. cirlus, B. zizi; — E. miliaria, B. proyer; — E. provinciahs Gavoué de Provence (Buftbn); esp. douteuse; — E. lesbia, B. Mitvlène, /•. de

l'Europe orientale; — E. cia, Br. fou; — E. schœniclus, B. de roseaux-

E. hortulana, Ortolan; — E. palustris, B. de marais, Provence et Lanfuedoc-

— E. cocrote {E. meianocephala) , des mêmes provinces; — E. cœsia B. cendrillard, de Provence, r.; — E. chrysophrys (Pallas), B. à sourcils jaunes, auprès de Lille (M. Degland).

G. Bec-croisé , Loxia : L. curvirostra , Bec-croisé ordinaire p. a. •

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