‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 40 sur 163 · décès · texte numérisé non relu

décès

(produits annuellement par une pop.

de 431.500 habitants).

Ainsi, par 10 000 décès de tout âge, on voit qu'il s'en rencontre beaucoup plus de 0 à 10 ans au siècle passé, et que c'est généralement le contraire audessus de 10 ans, mais surtout au delà de 50 ou 60 ans. Est-ce à dire qu'il résulte nécessairement de cette différence de distribution que la mortalité, ou chance de mort, de nos jeunes enfants s'est allégée dans le rapport de la diminution de leur décès, et que celle de nos adultes, et surtout de nos vieillards, s'est aggravée dans la même proportion (auquel cas on voit que la mortalité de nos vieillards aurait presque doublé)? C'est ainsi que l'ont pensé quelques-uns. Mais il est hicile de démontrer qu'un tel raisonnement pèche par la base : il

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suppose implicitement que la grandeur des nombres absolus des décès d'une mortuaire est sous la dépendance exclusive de l'intensité de la mortalité, tandis qu'elle dépend surtout du nombre des vivants sur lesquels s'exerce cette mortalité, de telle sorte que plus de décès, à un certain âge, indiquent seulement : ou que la mortalité s'est accrue, ou que le nombre des vivants de cet âge est plus grand, ou que l'une et l'autre valeur ont grandi, ou encore que si l'une a progressé en un sens et l'autre en un sens inverso, c'est que l'un de ces mouvejnents, plus prononcé, a entraîné l'autre, de sorte que le mouvement constaté est la résultante de deux mouvements opposés.

Ainsi, de la considération de la seule mortuaire, il n'y a rien à conclure. C'est un point que nous avons déjà solidement établi à l'article Mortalité de ce Dictionnaire. Sans rentrer ici dans ces détails, il me suffira sans doute de remarquer, d'une part, que, d'après la mortalité générale de la France du temps de Moheau (35 par 1000 habitants), 10 000 décès annuels supposent 285 701 habitants de tout âge, tandis que les 10 000 décès du dix-neuvième siècle, d'après les taux actuels de notre mortalité (23,15 par 1000) en supposent 43 1 50 1 ; et, (Vautre part, que, d'après la liste des vivants par âge, donnée par ce même Moheau (p. 75), trouvant que, sur 10 000 vivants de tout âge, il y en a à peine 1490 dont l'âge est compris entre 20 à 30 ans, (d'autres documents plus favorables en comptent 1640 et même jusqu'à 1780), il résulte que les 285 700 vivants de tout âge qui fournissent 10 000 décès du dix-huitième siècle en supposent 42 500 et au plus 51 000, alors que la mortuaire du dixneuvième siècle comptant 653 décès de 20 à 30 ans, répond à tout près de 70 000 vivants du même âge. Ainsi, pour un même nombre de décès de tout âge, nous comptons aujourd'hui 70 000 vivants de 20 à 30 ans, alors que le siècle passé n'en avait que 42 500 à 51 000 (selon les sources). 11 est donc fort naturel, je dirai presque nécessaire, que nous ayons plus de décès à cet âge. Si en effet on compare ce nombre de décès au nombre de vivants qui les ont produits (comme il est nécessaire pour obtenir la mortalité de ces jeunes gens), on constate facilement que la mortalité à l'âge de 20 à 30 ans était au siècle passé de 12 à 14 par an et par 1000 vivants, de ce groupe d'âge (615/42 500 ou 615/51 000), tandis que de notre temps, elle s'est réduite à 9,4 (653/69 700 = 0,0937 soit 9,37 décès annuels par 1000 vivants de 20 à 30 ans.)

Mortalité' comparée au XVIU'^ et au IIX*^ siècle des enfants, des adultes et des vieillards. Ainsi il est manifeste que les mortuaires à elles seules ne peuvent donner que des notions absolument fallacieuses sur les chances de mort propres à chaque âge; heui-eusement que pour apprécier la mortalité respective des deux époques (seconde moitié du dix-huitième et première moitié du dixneuvième siècle), nous avons une meilleure méthode que la trompeuse comparaison des mortuaires.

En effet, d'une part, plusieurs enquêtes des vivants par âges (dénombrements partiels en Auvergne, en Bourgogne, en Normandie) ont été effectuées par les soins de Moheau, de Messance, et autres intendants ; et, d'autre part, de nombreuses listes de décès par âges ont été relevées par plusieurs savants en diverses régions de la France. En comparant ces diverses données, on s'aperçoit que les différences qui les distinguent sont peu profondes, et qu'elles disparaissent presque si on les condense en grands groupes d'âge (0-15 ; 15-60 ; 60-w) '■> et surtout que toutes s'écartent de la même manière, dans le même sens, de

FRA.NCE (démographie). 415

nos données actuelles: pour les vivants, toujours beaucoup plus d'enfants, moins d'adultes aux âges de travail, et surtout moins de vieillards; de même pour les décès par âges, partout beaucoup plus de décès d'enfants et beaucoup moins de vieillards, et à peu près autant d'adultes. C'est pourquoi, devant cette vmiformité approchée, on peut, à l'exemple de Duvillard, réunir toutes ces données sur la distribution par grands groupes d'âges des vivants, et celle des décès, et admettre qu'elles conviennent à très-peu près à la France entière : c'est ainsi que nous avons trouvé les répartitions suivantes des vivants et des morts, que nous comparons aux documents de même ordre du dix-neuvième siècle.

LISTE PAR GRA>DS GROUPES d'aGES.

1» Des vivants, dans la Z' Des décès, dans la

seconde moitié du seconde moitié du

xviii' ' XIX' siècle. xvi.ir* -xix" siècle.

OUI Oil

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