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Ainsi on constate que dans les Pays-Bas de 26 à 30 ans, alors que sur 1000 ce'libataires de 35 à 40 ans il ne s'en marie que 78,5 dans l'année, il se marie 276 veufs et 27 1 ,3 divorcés sur 1000 de chaque catégorie.
En Suisse, au même âge, la nuptialité des célibataires est de 63,2, celle des veufs de 248 et celle des divorcés 208. On remarquera même qu'après 30 ou 35 ans les femmes divorcées paraissent plus recherchées que les veuves ellesmêmes; ainsi de 30 à 35 ans, sur 1000 femmes de chaque catégorie (filles, veuves, divorcées), on compte annuellement 69 filles, près de 113 veuves et 141 divorcées se remariant; à l'âofe suivant ces valeurs ranEfées dans le même ordre de succession deviennent : 52, 84, 108; et en Pays-Bas: 65, 98, 121,5; à l'âge après (40 à 45 ans), en Suisse 29, 44,5, 66; et en Pays-Bas : 40, 58, 103 ; ainsi de suite! On voit combien le divorce est entré dans les mœurs de nos voisins, combien ces femmes séparées, dont on sait la position déclassée chez nous, dont .M. Francisque Sarcey nous a révélé les infortunes dans ses spirituels articles du XIX siècle, et M. le ])" Naquet dans ses excellentes conférences ; on voit, dis-je, combien ces femmes trouvent vite une nouvelle famille, un nouveau protecteur légal.
Causes de la nuptialité' accélérée des veufs et veuves, et des divorcés. Ces causes sont certainement multiples, mais elles doivent être assez énergiques ou assez nombreuses pour que leur résultat annule d'abord les influences contraires et fort connues, qui entravent la nuptialité des veufs et veuves, telles que, la présence des enfants du premier lit, certain sentiment de délicatesse, et aussi la crainte des glauseurs qui arrêtent quelques-uns.
• Pour l'Angleterre, la Belgique et la France, et la Seine, voxj. l'article Marfage, p. 131.
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IJ paraît pourtant que ces entraves sont le'gères, comparées aux raisons qui poussent les veufs et les divorcés à une nouvelle union. D'abord, ce sont évidemment ceux qu'un goût particulier ou des convenances de profession ont incités à un premier mariage qui deviennent veufs ou divorcent, et l'on doit présumer que les motifs qui les ont décidés à une première union, survivent à sa rupture et les inclinent vers une nouvelle association.
Eli outre, nous avons montré à notre article Mariage combien cette condition sociale est favorable et à la santé et à la moralité [voy. art. Mariage, p. 53 et suivantes, §§ 50-56, et p. 45 et suivantes, §§ 44-64). Nul doute que les époux n'aient la conscience plus ou moins nette de ces qualités préservatrices, de cette hygiène, de ces conditions de vie et de santé supérieure propre à l'union conjugale et que, l'association rompue par mort, ou divorce, les survivants ne s'efforcent de retrouver les conditions dont ils ont goûté les avantages, lorsque la loi, comme malheureusement il arrive en France pour les séparés de corps, ne vient pas mettre son veto à cette naturelle et louable aspiration. Nous pensons donc que les caricaturistes, chansonniers et romanciers, font fausse route, lorsqu'ils célèbrent la liberté du veuvage, et, ce qui est plus sérieux, nous croyons que les législateurs français se sont gravement trompés lorsqu'ils ont cru devoir marquer de quelque défaveur la veuve se remariant ^, mais surtout lorsqu'ils ont contraint les époux qu'ils séparent à vivre dans le célibat. 11 est manifeste que cette énergie avec laquelle, en tout pays, et veufs et veuves et divorcés se précipitent vers une seconde union, prouve que ce goût répond à des besoins impérieux de la nature humaine, et que c'est une morale fausse et niaise que de discréditer et surtout d'empêcher ces seconds mariages qui répondent à des tendances si prononcées et sans doute fondées.
Nous avons donné des preuves manifestes de cette vertu moralisatrice du mariage en montrant, au moins pour la France, que l'aptitude au suicide et la criminalité des époux étaient bien moindres que celles des veufs et surtout que celles des célibataires {voy. p. 34, §§ 51-56 et g§ 57-64 et surtout notre 11*= tableau numérique, p. 35 de notre article Mariage).
Depuis ce travail, en poursuivant la même voie, nous avons donné à cette conclusion plus de solidité en montrant que la présence des enfants augmentait singulièrement cette vertu de l'association conjugale, ce qui signifie sans doute que, si le nœud de l'association conjugale se resserre, se fortifie par la présence des enfants (en un mot, à mesure que l'union devient plus complète), la vertu moralisatrice qui lui est propre s'accroît et s'étend, ainsi que le montre le petit tableau ci-contre.
* « La loi voit avec défaveur, assure Mourlon, la veuve tjui se remarie ». C'est par là qu'il explique pourquoi la loi lui inflige la perte de plusieurs droits : Comme celui de ne pouvoir se remarier avant dix mois, quoique des faits péremptoires, tels que la naissance d'un enfant survenu; au moment, ou après la mort du mari qui exclut la possibilité d'une nouvelle grossesse imputable à l'époux défunt, etc., et encore la perte du droit de tutelle et de jouissance des revenus de ses enfants, lors même qu'elle redeviendrait veuve une seconde fois.
FRANCE (démographie]
COMBIEN DE SUICIDES A, OU DE CP.IME B PaP. AN ET PAR MILLION d'hABITANTS DE CHAQUE CATÉGORIE (I86I-I868), SONT COMMIS PAR LES !
A. Suicides
B. Crimes .
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