ENFANTS
Ainsi, par million d'époux, on relève 4*0 suicides chez ceux qui n'ont pas d'enfants et seulement 205 chez les pères de famille ; on trouve aS'î accusés de crime chez les époux sans enfants (403 chez les célibataires), mais seulement •86 chez les pères de famille. De même, sur un même nombre d'épouses on compte près de 158 suicides, ou seulement 45,1, suivant qu'elles n'ont pas, ou qu'elles ont des enfanis; elles fournissent 60 accusées de crimes, si elles ne sont pas mères, et 38 à 33, si elles le sont. Ainsi l'aptitude au suicide est doublée chez les hommes, plus que triplée chez la femme, pour les ménages sans enfants! La probabilité d'une accusation criminelle est, pour les hommes, accrue dans le rapport de plus d'un tiers (100 : 155), et presque doublée chez les femmes !
L'inspection de la colonne des veufs montre que cette salutaire influence de la famille se poursuit par la présence des enfants après la mort de l'un des époux, mais (fait bien remarquable) cette préservation a lieu surtout pour le suicide, mais elle ne paraît avoir qu'une influence faible ou inégale sur le crime; évidemment c'est l'autre époux qui, par sa présence, sa surveillance affectueuse, redresse, soutient celui qui faiblit.
Mariage et nuptialité' générale par département. Par 1000 habitants ou compte aujourd'hui, à très-peu près, 8 mariages annuels ou 16 fiancés; c'est la nuptialité générale. Elle n'est que de : T"^ Pyrénées (Hautes-), 6,34; 2*^ Pyrénées (Basses-), 6,78; 3' Moselle, 6,88; 4' Manche, 6,97 ; 5' et 6' les deux Savoie, 6,97 ; 1" et S"" Hautes-Alpes et Corse, 6,99 ; 9'' Lozère, 7,01 ; etc.
Ceux qui en comptent le plus sont : 8r Gironde, 8,82; 82* Indre, 8,87; 83' Nièvre, 8,9 ; 84' Charente, 8,95 ; 85' la Vienne, 8,95 ; 86' Haute-Vienne, 9,3 ; 87' Seine, 9,38; 88' Charente-Inférieure, 9,61 ; 89' Allier, 9,62.
Cependant cette nuptialité générale, calculée selon la méthode ordinaire des statisticiens, ne fournit qu'une appréciation peu fidèle de l'aptitude des populations (P) pour le mariage (Ma), cardans le dénominateur (P) du rapport Ma/P, qui détermine cette nuptialité générale, il entre indûment des enfants et des époux qui ne sont pas aptes à fournir l'événement que dénombre le numérateur (Ma), ce qui est contraire aux règles du calcul des probabilités, lequel veut qu'on divise le nombre de cas favorables (Ma) par le nombre total des cas pouvant les fournir (la population mariable ip), c'est-à-dire les filles de plus de 15 ans et les veuves, plus les célibataires, hommes de plus de 18 ans et les veufs.
Il y a donc lieu d'étudier la nuptialité desmariables Ip des deux sexes, c'est-
FRANCE (démographie). 475
à-dire la proportion, soit des mariages (Ma), soit des fiancés nécessairement en nombre double (F' pour les hommes, F" pour les femmes, F pour les deux sexes se mariant) : de là les rapports de Ma/p ou F/lp. Les résultats de ce travail sont donnés par départements dans les YI" et YIP tableaux numériques et notamment pour les deux sexes pris ensemble (travée [25]). On y voit qu'en France, par an, et sur 1000 mariables, cette nuptialité propre des mariables, 1°, en fonction des mariages, est de aCjïS mariages par an et par 1000 mariables, et 2", en fonction des fiancés, est de (26,78 X 2) 53,56 fiancés des deux sexes et de tout âge se mariant chaque année.
Cependant il y a des départements où l'on compte seulement ; 1^ Hautes- Pyrénées, 36,4 fiancés par 1000 mariables; 2^ Basses-Pyrénées, 38 ; 3* et 4« les deux Savoie, 38,70 et 39,04; 5' Manche, 40,4; 6*= Gironde, 41,82 ; r Cantal, 42; 8^ Lozère, 42,10 ; 9'' Gôtes-du-Nord, et 10" Corse, 42,6; etc. ; et d'autres où on en compte bien plus, à savoir : le 81*= Aisne, 67,4; 82" Loir-et-Cher, 69,6; 8r Vienne, 69,76; 8^ Oise, 70,48; 85" Indre, 70,8; 89" Haute-Vienne, 71,34; 87» Seine-et-Marne, 72,22; 88" Nièvre, 76,8; et enfin le 89" Allier, 74,86 fiancés. Mais ce rapport des mariages à la population mariable IP est encore altéré par l'admission des vieillards, car ces vieillards, quoique encore mariables au point de vue légal, ne le sont guère de par la nature, et, en réalité, se marient fort peu; il en résulte que là où ils sont nombreux ils diminuent comme indûment la nuptialité générale et masquent le goût des jeunes pour l'association conjugale, bien qu'elle se manifeste par de nombreux mariages. Pour écarter cette cause perturbatrice, il faudrait donc ne considérer que la population vraiment et utilement mariable, et les mariages qu'elle contracte ; mais il faut reconnaître que la limite d'âge qu'il convient d'adopter est malaisée à déterminer ; nous-même nous avons hésité entre 50 et 65 ans pour les hommes, et 40 à 50 pour les femmes. Dans ce travail nous avons adopté 18 à 60 pour les mariables célibataires et veufs Ip'i8 6o et 15 à 50 pour les femmes (filles et veuves) ^ [p"i3 3o ^'l'aiment mariables. C'est en divisant le nombre annuel de ceux qui contractent mariage à ces âges par le nombre total de ceux (hommes et femmes) qui peuvent le faire que nous avons obtenu les rapports suivants donnés travée [25] col. (c). Nous constatons d'abord qu'en France il y a près de 68 hommes et femmes (67,8) par 1000 personnes utilement mariables, et contractant mariage dans les conditions d'âge susdites, mais il y a des départements où il y a moins de 50 fiancés, tels : i^ Hautes-Pyrénées, 47,8; 2" Haute-Savoie, 47,5; 3^ Savoie, 48,9 ; 4" Basses-Pyrénées, 49,4 ; ensuite viennent en 5« rang : la Corse, avec 52 ; 6" Côtes-du-Nord, 53,2; puis 7" Hle-et-Vilaine, 53,6, etc. D'autres en ont près de 100 ou plus, tels : 83" et 84" Eure-et-Loir avec Tarn-et-Garonne, 96; 85" Nièvre, 96,7; 86" Seine-et-Marne, 99,2; 87" Lot-et-Garonne, 102; 88" Oise, 102,6; 89" Loir-et-Cher, 111,8.
Montrons l'utilité de ces deux investigations. On remarquera, par exemple, que l'Eure, qui occupait le 63" rang d'après la nuptialité générale des mariables des deux sexes (c'est-à-dire des nubiles non mariés de tout âge), dénonce une nuptialité encore plus forte (77" rang) lorsque l'on consulte la nuptialité des seuls vraiment mariables ; de même le Calvados, qui n'avait que le 21" rang, s'élève au 37" en consultant la nuptialité spéciale des âges de fécondité ; ces faits,
' D'ailleurs les mariages par âges, n'étant donnés que de 40 à 50 pour les femmes et 50 à GO pour les hommes, toute autre coupure est impossible en France.
476 FRANCE (démographie).
d'ailleurs nombreux, montrent l'utilité de ces deux investigations et trouvent leur explication rationnelle dans le grand nombre de gens âgés du Calvados et de l'Eure. Inversement, il est des départements, comme la Seine, qui voient diminuer le rang que leur assigne la nuptialité de tous les mariables lorsqu'on élimine la population âgée. Tels sont les cas des départements de la Seine, de la Loire, etc., ce qui résulte aussi le plus souvent de ce qu'il y a dans le dénominateur du rapport une moindre proportion de mariables âgés.
Nuptialité jxir petits groupes d'âges. Cependant cette nuptialité des gens de tout âge (même en éliminant les plus âgés) nous dérobe encore un enseignement important toucbant la nuptialité, c'est la part que prennent les jeunes gens, part qui mérite une attention toute spéciale, car les mêmes résultats ne sont pas à attendre d'un mariage entre jeunes gens de 20 ans ou entre gens de 50 ans : il importe donc de savoir si nos déparlements diffèrent notablement sur ce point, et quels sont ceux qui, parmi les nouveaux époux, comptent beaucoup de jeunes, et ceux plus de gens âgés.
ISuptialilé et fréquence du mariage. Deux métliodes sont en présence; pour cette appréciation, la plus commode, mais certainement la raoinimportante, consiste à déterminer par 1000 personnes de tout âge se mariant combien il s'en rencontre à cbaque groupe d'âge. Je désigne ce rapport sous le nom de Fréquence comparée du mariage à chaque âge, car ce n'est pas là nne, probabilité de production du mariage; c'est la probabilité que ceux qui se doivent marier le feront à tel âge; c'est la détermination de la fréquence relative des âges des nouveaux mariés, mais nullement la probabilité que l'on a de se marier à chaque âge. Cette dernière probabilité se détermine, pour chaque âge, en divisant le nombre moyen annuel des mariables de cet âge par le nombre moyen annuel de ceux qui se marient, et, si l'on veut enlever au quotient sa forme fractionnaire, en le multipliant par 1000; on a alors le nombre annuel des fiancés ou nouveaux époux, de cet âge par 1000 personnes du groupe d'âge considéré.
Dans nos tableaux, nous donnons pour chaque département, chaque sexe et chaque groupe d'âge, les deux valeurs ci-dessus déterminées. D'abord col. (a), la nuptialité, précédée du rang qu'elle assigne au département parmi tous les autres ranges /^ar ordre croissant de nuptialité; puis ensuite col. [b) la fréquence à\x mariage à cet âge par rapport aux mariages des autres âges, fréquence également précédée du rang qu'elle assigne au département.
Il importe de nous arrêter un moment sur la signification fort différente de la nuptialité et de la fréquence et de bien fixer ces notions par quelques exemples. Il y a, en effet, des départements auxquels l'une ou l'autre valeur assigne des rangs fort différents.
Tel est le cas des deux Savoies : ainsi la nuptialité de 30 à 35 ans dans la Haute-Savoie est telle que, année moyenne, on compte 103 nouveaux époux hommes par 1000 hommes mariables de 30-35 ans, ce qui assigne à la Haute- Savoie le 11^ rang, tandis que la fréquence relative du mariage à cet âge s'apprécie parles 143 fiancés de 30 à 35 ans que l'on rencontre en un temps quelconque par 1 000 fiancés de tout âge, ce qui donne à la Haute-Savoie le 88^ rang. On traduira ainsi ce double rapport :
Le 1", celui de nuptialité, indique, par le faible rang (H«) qu'il attribue
FRAJNCE (démographie). 477
au département, qu'il est parmi ceux où l'on se marie le moins à cet âge, sans que ce fait présume rien de la nuptialité des autres âges.
Le 2" rapport, celui de la fréquence, montre, par le haut rang qu'il assigne au département, que sur 1000 hommes se mariant dans un laps de temps quelconque, il s'en trouve, ici plus qu'ailleurs, à l'âge de 30 à 35 ans ! Cette apparente contradiction s'explique en observant qu'en ce département on se marie peu, non-seulement à cet âge, mais aussi aux autres âges, et ce petit nombre de nouveaux époux de chaque âge se rencontre plus souvent qu'ailleurs avoir l'âge de 30 â 35 ans. Ainsi ces deux données se complètent ; la nuptialité mesure la faible chance annuelle de mariage des hommes de cet âge, la fréquence dit la tendance plus grande des nouveaux époux à avoir 30 à 35 ans, et de plus la réunion de ces deux données rend nécessaire que la nuptialité générale des hommes soit faible. Aussi sont-ce tous les départements à nuptialité générale exiguë qui offriront le fait ci-dessus : d'avoir un rang plus élevé selon la fréquence que selon la nuptialité ; c'est ce qu'on rencontre dans la Manche, dans le Doubs, dans les Hautes-Alpes, dans la Corse, pour les hommes dans le Var, dont la nuptialité mascuhne est très-réduite par suite du grand nombre d'immigrés italiens qui augmentent bien plus le nombre des mariables que celui des mariés annuels, car ces immigrants se marient peu. Inversement, ces départements à forte nuptialité générale devront d'ordinaire un rang plus élevé à leur nuptialité à chaque âge qu'à la fréquence du mariage.
C'est ce que l'on peut constater sur Seine-et-Marne auquel, de 50 à 60 ans, la nuptialité assigne le 65'' rang, alors que la fréquence ne lui donne que le 10^ rang, ce qui signifie que si, en Seine-et-Marne, les hommes se marient de 50 à 60 ans, encore plus qu'en maints autres lieux (de là le 65*^ rang), ce n'est pas parce que les gens s'y marient à cet âge en plus grand nombre qu'aux autres que ce département a une nuptialité élevée, le faible degré de fréquence nous avertit du contraire; mais on s'y marie beaucoup à tout âge, même à celui-là. 11 en est de même de tous les départements à torte nuptialité, tels la Nièvre, l'Oise» le Tarn-et-Garonne, etc. Ainsi, chacun de ces rapports a sa signification, et il y a lieu de les consulter tous les deux. C'est ce que permettent nos tubleaux.
Analysons-en les principaux traits à chaque groupe d'âge : d'abord pour le sexe masculin.
Mariages de 18 à 20 ans. Heureusement, les mariages intempestifs de cet âge sont rares. Nous disons heureusement, puisque partout où il nous est donné de les étudier nous avons constaté qu'ils sont accompagnés d'une mortalité rapide des jeunes époux {voy. art. Mariage, p. M, g 47); en France, dans la période 1856-1865, je trouve annuellement plus de 8000 jeunes hommes (806l) usant à leur détriment de la licence qui leur est octroyée de se marier si jeunes, ce qui, vu leur nombre (607 600), constitue une nuptialité de plus de 13 (13,26) jeunes hommes de 18 à 20 ans (par 1000) se mariant chaque année. Mais il y a des départements où on rencontre beaucoup moins de ces jeunes fiancés, tels: i« l'Ain, où il yen a moins de 3 (2,7) ; 2*^ la Seine, 3,12; 5"= Haute-Savoie, 3,65; i^ la Moselle, 4,2; V la Loire, 4,3; 6' Indre-et-Loire, 5,1 ; 7'-" le Cher, 5,4; 8*^ et r Bas-Rhin et Haute-Saône, 5,54; 10'^ Yonne, 5,8; 11« Vosges, 6,1 ; ir Puy-de-Dome, 6,2; etc.
D'autres où il y en a beaucoup plus, tels : 82' la Gironde, 31 ,6 ; 83' Tarn-et- Garonne, 32,23; 84' l'Hérault, 32,7; 85' la Haute-Garonne, 33; 86' la Gbarente-
478 FRANCE (démographie).
Inférieure, 35,3; 87' l'Allier, 40; 88' les Basses-Âlpes, 42,3; et 89' Lot-et- Garonne, 43,15.
Quant à \a fréquence relative de ces trop jeunes époux, elle est telle qu'eu France sur 1000 mariages il y en a 27 dont les époux sont aussi jeunes ; dans 1« l'Ain il n'y en a que 5,1 ; 2' Seine, 6,3; 3' Indre-et-Loire, 8,9; 4' Haute- Savoie, 9; 5' Loire, 9,4; 6' Moselle, 10,3; 7' Yonne, 12,1; etc. Mais dans le 85^ l'Indre, 60,2 ; 86'laDrôme, 63,2 ; 87' la Charente-Inférieure, 63,4; le 88' Allier, 72,6, et le 89' Basses-Alpes, 83. On pourra remarquer que le Lot-et-Garonne, le 86' pour la nuptialité, n'est que le 78' pour la fréquence relative de ces mariages prématurés des jeunes hommes ; mais l'Allier et les Basses-Alpes sont, au contraire, placés sous l'un et l'autre rapport au plus haut rang.
Mariages de 20 à 25 ans. En France on compte annuellement 60,a jeunes hommes de cet âge (sur 1000) contractant mariage (121 en Angleterre et 24 en Bel"-ique). Les déparlements qui ont le moins de nuptialité à cet âge sont : 1* Haute-Savoie, 25,2; 2' Savoie, 29,4 ; r Hautes-Pyrénées, 30; i" Manche, 30,6; 5' Moselle, 35,2 ; 6' Basses-Pyrénées, 36,3; 7' Seine, 37,2, etc. Ceux qui en ont le plus sont : 82' Tarn-et-Garomie, 100,2; 83' Haute-Vienne, 102,5; W Lot-et-Garonne, 103,1 ; 86' Eure, 104,3 ; 86' Seine-et-Marne, 109,1 ; 87' Eureet-Loir, 111,2; 88' Aisne, 119,8; 89' Oise, 139,5.
En ce qui concerne la fréquence des nouveaux époux de cet âge, elle est telle en Finance que sur 1000 contractant mariage on en compte 255,6 de 20 à 25 ans. Les départements dont le rang est le moins élevé sous ce rapport sont : r Hautes- Pyrénées, 136,5; r Haute-Savoie, 143,2; 3' Ille-et-Yilaine, 152 ; 4' Savoie, 157,1 ; S"^ Aveyron, 157,4; 6' et 7' Basses-Pyrénées, 165; 8' Côtes-du-Nord, 170, etc. Ceux dont le rang est le plus élevé sont : W Eure-et-Loir, 373; 85' et 8ô' Marne et Seine-et-Oise, 376; 87' Seine-et-Marne, 400; 88' Aisne, 417; 89'' Oise, 431 . On voit qu'à cet âge les hauts rangs de fréquence sont assez en rapport avec les hauts rangs de nuptialité.
ilariages de 25 à 30 ans. En France, sur 1000 jeunes hommes de cet âge, 121,-1 se marient dans l'année (145 en Angleterre et 85 en Belgique). Les départements qui en ont le moins sont : p Haute-Savoie, 77 ; 2' Hautes-Pyrénées, 84,6; 3' Doubs, 85,25; r Savoie, 87,5 ; 5' Seine, 87,5; 6' Corse, 87,8; 7'^ Hautes-Alpes, 89,2 ; 8' Bouches-du-Bliône, 90,6, etc. Ceux qui en ont le plus sont : 83' Yonne, 200; 84' Sarthe, 200,4; 85' Loir-et-Cher, 201 ; 86' î^ièvre, 205,3; 87' Oise, 21 1 ; 88' Eure-et-Loir, 217,2, et 89' Creuse, 228,5.
La fréquence des hommes se mariant à cet âge est telle qu'en France sur 1000 mariages il y en a 330,3 où l'âge de l'époux est compris entre 25 et 30 ans. Les départements où. cet âge est le plus rare sont : l« Basses-Alpes, 266 ; 2' Isère, 267 ; 3' Hle-et-Yilaine, 280 ; 4' Corse, 282 ; 5' Aveyron, 283 ; etc. Ceux où ils sont les plus fréquents : 86' Loir-et-Cher, 368; 87' Nièvre, 369 : 88' Côted'Or, 370; 89' 372.
Mariages de 30 à 35- En France, sur 1000 hommes de cet âge, près de 121 (120,8), c'est-à-dire presque autant qu'à l'âge précédent, se marient dans Tannée, Mais il y a des départements où il y en a bien moins : \^ Hérault, 76,6; 2' Aord; 91 ; 3' Var, 93,8 ; 4' et 5' Corse et Seine, 98 ; 6', 7' et 8' Savoie, Bouches-du-Rhône et Seine-Inférieure, environ 99; etc., tandis qu'il y en a beau-
FRANGE (démographie), 470
coup plus dans le : 85^ la llaute-Marnc, 180; 86' Loiret, 185,2; 81" Nièvre, 189,5; 88' Bas-Rhin, 190,2; 89' Loir-et-Cher, 193,5.
Fréquence. Cet âge est, avec le précédent, Tàgc d'élection de la nuptialité des hommes ; mais ce n'est pas celui où il se rencontre le plus d'époux, puisque, sur 1000 nouveaux époux, il ne s'en trouve en France que 180 ayant cet âge (et 255 et 330 aux deux groupes d'âges précédents *).
Les départements où la fréquence de ces époux est au minimum sont : {^ l'Oise, 94; 2' l'Aisne, 100 ; 3' Seine-et-Marne, 104,5 ; 4' Marne, 123 ; 5' Eure, 123,4; 6' Eure-et-Loir, 124,4; 7' Seine-et-Oise, 124,6; 8' Somme, 125; 9^' Yonne, 128,7, etc.; justement tous départements dont la nuptialité est très-élevée ! et inversement, ceux où elle est fort réduite présentent un haut rang de fréquence, tant peuvent être contradictoires ces deux rapports interrogés indifféremment par maints statisticiens ! Ainsi, dans le 80' Côtes-du-Nord, la fréquence s'élève à 226; 81' et 82' Savoie, et Basses-Pyrénées, 230; 83' et U" Mayenne et Moselle, 230 ; 85' et 86' Ule-et-Vilaine et Aveyron, 233 ; 87' Lozère, 236 ; 88' Haute-Savoie, 243, et 89' les Hautes-Pyrénées, 253.
Mariages de 35 à 40- La nuptialité ^our la France n'est plus que de 90,8, (et seulement de 8 1 en Angleterre, 71 en Belgique); mais elle n'est que de 53,7 dans 1^ l'Hérault; de 57,6 dans le 2' Seine-Inférieure; de 59,4 dans le 3« Yar ; de 63 dans le 4« Alpes-Maritimes ; près de 67 dans le 5'= Ille-et-Yilaine ; 68 en 6' Yaucluse, etc. Au contraire, elle est la plus élevée dans le 84' Meurthe et 85' Eure-et-Loir, 139; 86' et 87' Nièvre et Vienne, environ 139,5 ; 88' Bas- Rhin, 157; 89' Isère, 172.
La fréquence est de 91,4 pour la France entière ; au minimum l^ en Seineet-Marne, 43,5; 2' en l'Oise, 45,5; 3' Aisne, 49,3 ; 4' Marne, 52; 5' et 6' Eure et Yonne, 46, etc. Elle donne les plus hauts rangs: 84' Gôtes-du-Nord, 130; 8o' lUe-et-Yilaine, 139; 86' Haute-Savoie, 140; 8T Aveyron, 143; 88' Hautes- Pyrénées, 145; 89' Isère, près de 146.
Mariages des hommes de 40 à 50 a7is. La nuptialité n'est plus que de 4'ï,8 en France (55 en Angleterre et 46 en Belgique). Elle est à son minimum dans : r Hérault, 23 ; 2' Bouches-du-Rhône, 29,3 : 3' Seine-Inférieure, 30,7; 4' Lozère, 3i,2; 5? Yar, 31,7; 6' Ariége, 35,35, etc. Elle est au maximum : 83^ et 84' Loir-et-Cher avec Haute-Saône, 69,7; 85' Vosges, 71 ; 86' Eure-et-Loir, 72,5; 7' Isère, 72,7; 88' Bas-Rhin, 74,8; 89'Saûne-et-Loire, 77.
La fréquence est de îO,6 nouveaux époux de 40 à 50 sur 1000 mariages pour la France entière. Les départements où l'on en compte le moins sont ceux de forte nuptialité : i« Seine-et-Oise, 39 ; 2' Oise, 43,6 ; 3' Yonne, 44, etc. Ceux où l'on en compte le plus (par 1000 nouveaux époux) sont : 82' Gôtes-du-Nord, 100 ; 83' Savoie, iOI ; 84' et 85' Doubs et Mayenne, près de 102 ; 86' Manche, 103; 87" Hautes-Pyrénées, 107; 38' Hle-et- Vilaine, 114, et 89' Haute-Savoie, 127. Ainsi ce sont toujours ces départements à faible nuptialité générale qui accusent la présence d'un plus grand nombre relatif de nouveaux époux à ces âges avancés.
♦ Il n'y a là qu'une apparente contradiction. La mort et le mariage ayant éliminé un certain nombre de mariables de 20 à 30 ans, il y a nécessairement moins de mariables de 30 à 35 ans, mais ces mariables se hâtent de se marier: ainsi, par le fait même de leur moindre nombre, leur nuptialité est accrue, mais la fréquence est réduite.
480 FRANGE (démographie).
Mariages de 50 à 60 ans. La nuptialité générale de cet âge est de 24,65 pour la France entière (31,5 en Angleterre et 19 en Belgique), mais seulement de 9 dans la Lozère; de 13 à 14 dans l'Hérault, l'Âriége, le Gard ; de f4 à 15 dans les Alpes-Maritimes, les Hautes-Alpes, le Finistère, etc. Au contraire, cette nuptialité est à son maximum dans le 83" Vosges, avec 35,4; Si'' Haute-Saône, 35,8; 85'' Indre-et-Loire, presque 36 ; W" Vienne, 37 ; 87'= Loir-et-Cher, 38,4; 88* Saône-et-Loire, 39,6, et 89'' la Sarthe, 41,1.
En France, la fréquence des époux de cet âge est de 3i sur 1000, mais seulement de 16 dans l'Hérault, qui en a le moins ; 18,8 dans l'Aude; près de 20 dans le Finistère et le Gard ; 21 à 22 dans la Somme, l'Allier et la Nièvre, tandis que les départements où l'on rencontre le plus de nouveaux époux de ces âges sont : 84* et 85* les Vosges, le Doubs et la Haute-Saône, environ 40; 86* la Manche, 42 ; le Jura, 44 ; Hle-et-Vilaine, 46,5.
Mariage des hommes au delà de ^^ans. A cet âge avancé, il ne se rencontre plus en France que 6,33 mariages par 1000 mariables, mais seulement 2,4 à 3 dans la Lozère, l'Hérault, la Somme, et 3 à 3,1 dans l'Ariége, les Hautes- Alpes, le Finistère ; 3,2 dans le Morbihan; les départements où cette nuptialité de vieillards est la plus élevée sont : 83* la Sarthe, 9,9; 84* l'Orne, 10,4: au contraire les départements où l'on compte le plus de ces vieux époux sont : 85* Saône-et-Loire ; 86* la Haute-Vienne, 11,1 ; 87* le Rhône, Il ,4 ; 88* la Seine, 13,5, et 89* l'Indre et-Loire, 13,9.
La fréquence est naturellement peu élevée en France ; on rencontre 14 fois des époux au-dessus de 60 ans sur 1000 mariages, mais seulement 4,3 à 4,7 fois dans le Finistère et l'Hérault; 7 fois dans la Loire et le Morbihan ; 7,2 dans l'Aude ; 7,6 fois dans les Landes; 7,8 dans la Somme; 8 fois dans le Bas-Rhin, elc; 81* Haute-Saône; 82* le Calvados; 83* la Sarthe; 84* le Var; 85* l'Aube, 21 à 21,5; le 86* les Bouches-du-Rhône, 22,3; 87* l'Eure, 24,8 ; 88* l'Orne, 25,6, et 89* Indre-et-Loire, 26,7. Ce dernier est bien remarquable par la forte nuptialité de ces hommes âgés : à partir de 50 ans, il occupe toujours le plus haut rang sous ce rapport.
Départements oit se rencontrent le plus de fiancés hommes encore jeunes. Cette étude de la nuptialité par groupes d'âge ainsi achevée pour les hommes, il y a lieu de la résumer afin de savoir : 1° quels sont les départements où la nuptialité des jeunes hommes est vraiment la plus élevée; nous dirons encore jeunes, les nouveaux époux hommes se mariant entre 18 et 35 ans, et pour les femmes, les nouvelles épousées dont l'âge est compris entre 15 et 30 ans. Or, en France, sur 1000 hommes mariables de 18 à 35 ans, î5,6a se marient chaque année.
Mais il est des départements où, par 1000 hommes mariables de 18 à 35 ans, on en compte beaucoup moins : l'' Haute-Savoie, 48,1 ; 2* Savoie, 53.59; 3*^ Hautes-Pyrénées, 54,25; 4* Doubs, 55,45; 5* Seine, 57,15; 6* Basses-Pyrénées, 57,25; 7* Ariége, 58,20; 8* Manche, 59,5; 9* Alpes (Hautes-), 60,4; 10* Corse, 60,6 ; il* Bouchcs-du-Pdiône, 62 ; 12* Loire-Inférieure, 62,5; 13* Moselle, 63,2; y*Aveyrou, 63,8; etc.
Et d'autres beaucoup plus: 73* Gironde, 100; 74* Haute-Vienne, 102,10; 75* Eure, 103; 76* Loiret, 104; 77'^ Seine-et-Marne, 104,6; 78* Creuse et 79* Vomie, 104,8; 80* Loir-et-Cher, 105,1 ; 81* Vienne, 106; 82* Nièvre, ID6,7;
FRANCE (démographie). 481
8r Allier, 108,8 ; 8^ Sarlhe,n09; 85« Aisne, 1 10; 86'' Eure-cl-Loir, 1 14,10;* 87« Tarn-et-Gafoniie, 114,3; 88' Lot-et-Garonne, 116,1 ; 89'= Oise, 122,3.
Nuptialité des hommes mariahles de tout âge, c'est-à-dire au-dessus de 18 ans. En France, sur 1000 hommes mariables (célibataires de plus de 18 ans et veufs), on compte 60,î mariages par année.
Les départements où il y en a le moins sont : l<= Haute-Savoie, 42,6 ; 2" Savoie, 44,5 ; 3' Hautes-Pyrénées eti*" Lozère, 45 ; 5*^ Hautes-Alpes, 46,3 ; 6' Pyrénées (Basses-), 48; 7^ Bouclies-du-Rliône, 48,6 ; 8' Doubs, 49,05; r Corse, 49,5; 10*= Var, 50 ; 11*^ Manche, 50,6; 12*^ Hle-et- Vilaine, 51,6, etc.
Ceux qui en ont le plus sont: 78* Indre, 81 ; 79' Aisne, 81,2 ; 80' Lot-et- Garonne, 81 ,3 ; 8r Vienne (Haute-), 83,4 ; 85' Oise, 84 ; 86' AUier, 84, 1 ; 87' Loiret-Cher, 84,6; 88' Eure-et-Loir, 85,2, et 89' Nièvre, 85,7.
Dans ce même tableau, nous voyons qu'à la suite de cette colonne il y en a une autre qui donne la nuptialité des hommes mariables de 18 à 60 ans. En étudiant la nuptialité des femmes, nous verrons l'utilité corrective de ce rapport. Ici, nous nous bornerons à remarquer qu'en France, sur 1000 hommes mariables, dont l'âge est compris entre 18 et 60 ans, on en compte annuellement 69,3 qui se marient.
Nuptialité des femmes a chaque âge. Nuptialité' de 15 à 20 ans. A cet â"-e, on compte déjà en France 38,7 mariages annuels pour 1000 jeunes filles de 15 à 20 ans. Il est remarquable que la France est un des pays où il y a le plus déjeunes filles fiancées à cet âge, tandis qu'en Angleterre ce sont les jeunes hommes qui se marient en plus grand nombre que chez nous ; leur nuptialité de 20 à 25 ans est double de la notre (120 au lieu de 60) ; au contraire, les jeunes filles de moins de 20 ans se marient bien plus chez nous, puisque en Angleterre leur nuptialité est seulement de 24,4, et en Belgique, seulement de 9,5! En-un mot, les Français, bien moins pressés de se marier que les Anglais, recherchent bien plus les toutes jeunes filles ! Cependant, on trouve le moins de ces jeunes épousées dans : l'' Bas-Rhin, 1 0,65 ; 2' Haut-Rhin, 1 2,83 ; 3' Haute-Savoie, J3,45; 4' Moselle, 13,65; 5' Hautes-Pyrénées, 14,7; 6' Hle-et-Vilaine, 16,2; 7' Côtes-du-Nord, 16,33 ; 8' Vosges, 17,7 ; 9' Doubs, 18; 10' Loire-Inférieure, 18,2; ir Vendée 19,37; 12' Savoie, 19,7, etc.
On en trouve le plus dans : 80' la Nièvre, 68,65 ; 81' la Haute-Vienne, 69,3; 82'la Charente, 70,7 ; 83' Seine-et-Oise, 75,75 ; 84' Seine-et-Marne, 77 ; 85' Tarnet-Garonne et 86' Oise, 80 ; 87' Gironde, 81,1 ; 88' Allier, 82,8, et 89' Lot-et- Garonne, 96,6. Ce département de Lot-etjGaronne est des plus remarquables par le nombre considérable de ses jeunes mariages, tant hommes que femmes. La fréquence relative des mariages des filles de 15 à 20 ans est telle en France que, sur 1000 fiancées de tout âge, il y en a 194,6 de 15 à 20 ans. Cependant, les départements oiî il y en a le moins sont : r Bas-Rhin, 70 ; 2' Haut-Rhin, 74,8 ; 3' Haute-Savoie, 85,9 ; 4' Moselle, 87 ; 5' Hle-et-Vilaine, 84 ; 6' Vosges, 91 ; 7' Côtes-du-Nord, 99,7, etc. Les départements où la fréquence est au maximum sont : 80' Seine-et-Oise, 310 ; 81' Aisne, 313 ; 82' Nièvre, 315 ; 83' Tarnet-Garonne, 320 ; 84' Gironde, 321 ; 85' Allier, 323 ; 86' Haute-Vienne, 329; 87' Seine-et-Marne, 344; 88' Oise, 352 ; 89' Lot-et-Garonne, 366,3.
Les numéros d'ordre de la nuptialité des femmes mariables de cet âge, et ceux de la fréquence de leurs mariages compares aux mariages des autres âges,
DICT. BNC. 4' s. V. 31
482 FRANCE (dÉ)iographie).
sont cfénéralement fort voisins ; il y a cependant quelques écarts que nous croyons devoir expliquer pour bien marquer la signification de chacun de ces numéros d'ordre. Ainsi, la Seine occupe le 57^ rang sous le rapport de la nuptialité cela marque que les jeunes filles de 15 à 20 ans s'y marient un peu plus (45,3) que dans le plus grand nombre de nos départements, dont la nuptialité moyenne de France est de 38, î ; mais le 35" rang que lui assigne la fréqxœnce relative de ses jeunes fiancées, que l'on rencontre 172 fois sur 1000 mariages de tout âo-e montre que leur nuptialité est impuissante à rendre cette fréquence aussi prononcée qu'ailleurs, ce qui me paraît tenir au nombre relativement moins o-rand des jeunes filles de cet âge (c'est aux âges suivants que l'immigration dans la ^rande ville amène un nombreux personnel de mariables) ; l'on comprend que ce moindre nombre relatif des jeunes filles de 15 à 20 ans accroît plutôt la nuptialité (rapport entre le nombre de celles qui existent et celles qui se marient), tandis qu'il ne peut que diminuer la fréquence avec laquelle on les rencontre.
C'est sans doute l'inverse en Corse. Il y a beaucoup de jeunes filles de ]» ù 20 ans, et quoiqu'elles ne se marient pas beaucoup (nuptialité 30,4), leur nombre reste assez notable pour qu'on les rencontre 204 fois en 1000 mariages, c'est-à-dire un peu plus que la moyenne de France (ios).
Mariages des femmes mariables de 20 à 25 ans. On compte annuellement en France iOï, 5 jeunes filles (et veuves) se mariant sur 1000 de 20 à 25 ans d'âge (près de 131 en Angleterre, mais seulement 63 en Belgique). Les départements de France où la nuptialité de cet âge est la moindre sont : 1^ Ille-et- Vilaine, 58,2; 2' Hautes-Pyrénées, 59,5 : S'' Côtes-du-Nord, 59,7 : i' Haut-Rhin, 61,2: 5<^ Moi'bihan, 61 ,8 ; 6'' Basses-Pyrénées, 64 ; 7" Haute-Savoie, 67, 1 ; 8^ Bas-Rhin, 67,7; 9"= Loire-Inféiieure, 69,2; Manche, 70 et Doubs, 72, etc. Ceux où la nuptialité est la plus élevée sont : 8P Nièvre, 170 ; 82'^ Aisne, 170,6; 83" Eureet-Loir, 171,2; 8i"Eure, 178,2; 85" Yonne, 182; 86" Seine-et-Oise, 191,4;. 87« Oise, 200 ; 88" Lot-et-Garonne, 202,6 ; 89" Seine-et-Marne, 214.
Fréquence. C'est l'âge où elle est à son maximum , et telle que sur 1000 mariages il y en a notablement plus du tiers, ou 3*8, dont les fiancées ont de 20 à 25 ans. Les départements qui en ont le moins sont : 1" Ille-et- Vilaine, 267 ; 2" Côtes-du-Nord, 290 ; 3" Morbihan, 293 ; 4" Manche, 300 ; 5" Hautes- Pyrénées, 314; 6" Loire-Inférieure, 317; 7" Basses-Pyrénées, 318; 8" Boubs, 319, etc., tous départements de très-faible nuptialité. Ceux qui en ont le plus: 8P Tarn, 427; 82" Loiret, 435 ; [83" Côte-d'Or, 442 ; 8f Marne, 447 ; 85" Gard, 86" Meuse, 453 ; 87" Somme, 458 ; 88" Yonne, 460, et 89" Ardennes, 461,5.
On peut encore constater que si, dans bon nombre de cas, les numéros d'ordre de ces deux rapports s'éloignent peu l'un de l'autre, cependant il arrive, comme dans le département de la Seine, de la Vienne et Haute-Vienne, de l'Allier, du Gers, que la nuptialité l'emporte notablement sur la fréquence, tandis que c'est l'inverse dans l'Hérault, la Corse, le Gard, les Ardennes, les Alpes (hautes et maritimes) (mais c'est le contraire dans les Basses-Alpes), etc.
Mariages de 25 à 30 ans; nuptialité. Sur 1000 mariables femmes, il s'en marie llO chaque année ; c'est, chez nous, l'âge de la nuptialité la plus élevée (lO^ en Angleterre, 89 en Belgique). Les départements où elle est au minimum sont : 1" Seine-Inférieure, 68,5 ; 2" la Corse, 72; 3" Basses-Pyrénées, 78;
FRANCE (démographie). 485
f Hautes-Pyrénées, 82,5 ; 5** Cantal, 87 ; ^^ Orne, 87,8 ; T"' Haute-Gaionne, 88,7 ; 8^ Savoie, 88,8, etc. Les départements où elle est au maximum sont : 81° Saôneet-Loire, 141; 82'^ Eure-et-Loir, 144,2; 83" Eure, 148,3; 8i' Ardennes, 150,2; 85^ Tarn-et-Garonne, 153; 86' Loiret, 155; 87'' Seine-et-Marne, 164; 88' Loiret-Cher, 164,8; 8r Yonne, 169.
fréquence. Elle est déjà moindre qu'à l'âge précédent : sur 1000 mariages en France, il y en a 318 où l'épousée a de 25 à 30 ans. Nous venons de dire que c'est à cet âge que la nuptialité est à son maximum, mais que c'est à l'âge précédent que l'on compte le plus grand nombre de mariages, apparente contradiction qui doit être ainsi interprétée : c'est à l'âge précédent (20-25 ans) que se rencontre le maximum de fréquence (aîa sur 1000), parce que c'est aussi à cet âf^e que se marie le plus grand nombre absolu de nos jeunes filles (1 1 1 019) ; mais, comme elles sont élues entre un très-grand nombre de \ .032.86 4 mariables (dont 9.567 jeunes veuves) de 20 à 25 ans, il n'en résulte une nuptialité quo de lOï.S par 1000; à l'âge suivant, il n'y a plus que 64.947 nouvelles mariées, mais élues seulement parmi 590 478 mariables restant et, par suite, donnant une nuptialité de ilO; la nuptialité s'est accrue, bien (jue le nombre absolu des épousées ait diminué, parce que la nuptialité indique le rapport des mariables à celles qui se marient. Mais la fréquence est exclusivement régie par les nombres comparés des épousées à chaque âge, et puisque c'est l'âge de 20 à 25 qui fournit le plus grand nombre, c'est à cet âge que la fréquence est au maximum. Ainsi s'expliquent, ici et ailleurs, les apparentes contradictions signalées.
Mariages des femmes mariables de 30 à 35 (ins ; nuptialité. A cet âge, il y a presque 80 (79,7) épousées sur 1000 mariables de 30 à 35 ans (seulement 64,5 en Angleterre et 78,2 en Belgique) ; les départements qui en comptent le moins gont : 1« l'Hérault, 42,5; 2*^ Seine-Inférieure, 44,6; 3" Corse, 52,7: i'' Haute-Garonne, 59,6; 5' Creuse et 6' Basses-Pyrénées, 63; 7" Landes, 64; 8« Seine-et-Oise et f Alpes-Maritimes, 64,5, etc. Ceux qui en comptent le plus sont : 82« Loiret, 100 ; SS-^ Vosges, 101,5; 8i'' Drôme, 102,2; 85' Gers, 102,3; 86' Vienne, 106,4; 87' Deux-Sèvres, 112,4; 88' Loir-et-Cher, 115; 89' Isère, 115,2.
La fréquence est pour la France entière de i03,3 épousées de 30 à 35 ans sur 1000 femmes de tout âge se mariant. Les départements qui en comptent le moins sont : ^ Seine-et-Marne, 41 ,4 ; 2' Oise, 43 ; 3' Aisne, 49 ; i' Yonne, 52 ; 5' Seiiie-et-Oise, 6' Tarn-et-Garonne et 7' Lot-et-Garonne, 57 ; 8' Nièvre, 57,5; 9'= Marne, 60,6, etc. Ceux qui en comptent le plus : 81' Bas-Rhin, 82' Manche et 83' Loire-Inférieure, 150 ; 8i' Haute-Savoie, 156 ; 85' Morbihan, 157,5 ; 86' Haut- Rhin, 159; 87^ Hautes-Pyrénées, 164; 88' Côtes-du-Nord, 171 ; 89' Ille-et- Vilaine, 184.
Mariages des femmes de 35 à 40 ans; nuptialité. En France, elle est audessus de 49. Les dix départements où elle est la moins élevée sont : r Hérault, 21,6; 2' Alpes-Maritimes, 28,9; 3' Haute-Garonne, 31,4; 4' Ariége. 31,5; 5' Creuse, 33,6 ; 6' Cantal, 34,7; 7* Hautes-Alpes, 36,5; 8' Vaucluse, 37,2; 9' Seine-Inférieure, 37,6 ; 10' Hautes-Pyrénées, 38 ; et ceux où elle est la plus élevée : gi'^ Isère, W Vosges, 62,9 ; 83' Maine-et-Loire, 63,6 ; 84' Loir-et-Cher, 64; 85' Hle-etA'ilaine, 65; 86' Deux-Sèvres et 87' Vienne, 67 ; 88' Haute-Saône, 69,5 ; 89' Charente, 74.
4Si - FRANCE (démographie).
La fréquence pour la France entière est de 51,5 épouse'es de cet âge sur 1000 de tout âge. Les départements où elles sont en moindre nombre sont à peu près les mêmes qu'à l'âge précédent : 1« Seine-et-Marne, 23 ; 2" Oise, 25 ; 3^ Yonne, 25,4; 4' Eure-et-Loir, 27; 5' Tarn-et-Garonne, 27,5; 6« Lot-et-Garonne, 28 ; 7' Aisne, 28,9 ; 8' Seine-et-Oise, 29,7 ;r Hérault, 30,4 ; 10*^ Marne, 30,5, etc. On remarquera que ces départements, où l'on rencontre plus rarement les fiancées de 35 à 40 ans, sont justement des départements à forte nuptialité ! Au contraire, la fréquence est au maximum chez: W Hautes-Pyrénées, 74,4; 82" Haut- Rhin, 75,8; 8r Loire-Inférieure, 78,1 ; W Manche et SS*" Doubs, 81 ; 86*= Haute- Savoie, 82,2; 87* Morbihan, 83,3; 88" Gôtes-du-Nord, 89, et 89' Hle-et-Vilaine, 100. Inversement à la remarque ci-dessus, tous les départements à grande fréquence, c'est-à-dire où l'on rencontre le plus ces épouses de 35 à 40 ans, sont justement ceux à faible nuptialité !
Mariages des femmes mariables de 40 à 50 ans. Leur nuptialité en B'rance s'élève à peine à 21 ; les départements où elle est au minimum sont : r Hérault, 10; 2" Lozère, 10,8; 3" Haute-Garonne, 11,87; 4" Ariége, 12,2 ; 5" Cantal et 6« Corse, 12,78; r Aude, 13; 8" Alpes-Maritimes, 13,2; r et 10" Pyrénées basses et hautes, environ 13,5 ; 11" Lot, près de 14, etc. Ceux où la nuptialité de cet âge déjà avancé est au maximum sont: 81' Vosges et 82" Vendée, 29; 83" Loir-et-Cher, 29,6 ; 84" Nièvre, 29,8; 85" et 86" 30,5; 87" Deux-Sèvres, 31,3; 88" Haute-Saone, 31,4; 89" Charente, 32.
La fréquence pour toute la France est de 41,* épausées de cet âge sur 1000 de tout âge. Les départements où elles sont en moindre nombre sont: 1« Hérault, 22,8; 2" Aude, 23,3; 3" Tarn-et-Garonne, 25,6; 4" Lozère, 25,7; 5^ Tarn et 6" Seine-et-Marne, 28 ; 7" Gard, 28,5, etc., la plupart à forte nuptialité. Ceux où ces épousées âgées se rencontrent le plus souvent sont : 81" Jura, 55,5; 82" Haute-Saône, 56,6; 83" Savoie, 57,3; 8i" Seine, 58,5; 8a" Côtes-du- Nord, 59,7 ; 86" Manche, 63,6 ; 87" Haute-Savoie, 64,1 ; 88" Doubs, 65; 89" Uleet- Vilaine, 67,2, tous départements à faible nuptialité.
Mariages des mariables au delà de 50 ans; nuptialité. En France, sur 1000 fem. mariables, c'est-à-dire non encore épouses à cet âge avancé, il n'y en a que 3,07 qui se marient chaque année. Les départements où ces vieilles se marient le moins sont : r Ariége, 1,3 ; 2" Lozère et 3" Basses-Pyrénées, 1,32; 4" Bas-Rhin, 1,39; 5" Hautes-Pyrénées, 1,42; 6" Cantal, 1,52; 7" Finistère, 1,55 ; 8" Lot, 1,57 ; 9" Hérault et 10' Somme, 1,6; et ceux où elles se marient le plus sont : 77* Cher, 4,32; 78' Saone-et-Loire, 4,33 ; 79" Haute-Saône, 4,36 ; 80" Loir-et-Cher, 4,45; 8lMndre et 82" Yonne, 4,47 ; 83" Vaucluse, 4,6 ; 8i"Var, 4,7 ; 85" Charente, 4,72 ; 86" Basses-Alpes, 4,92 ; 87" Aube, 5,12; 88" Indre-et- Loire, 5,16 ; 89" Seine, 5,5.
Fréquence. En France, sur 1000 nouvelles épousées, il s'en rencontre un peu moins de 9 (8,8) ayant plus de 50 ans. Les départements où il s'en rencontre témoins : 1" Finistère, 7; 2" Ariége, 7,6 ; 3" Bas-Rhin, 9; 4" Landes, 9.2; 5" Lozère, 9,3; 6" Hérault, 9,7; 7" Lot, 10; 8" Morbihan, M, etc. Ceux où l'on rencontre le plus de ces demi-centenaires sont : 79^ Yonne et 80" Orne, 26,2; 82" Seine, 26,3; 82" Doubs, 26,8; 83"= Vaucluse et 84" Oise, 27,5; 85" Haute-Saône, 27,9; 86" Eure-et-Loir, 28,5; 87" Eure, 31,8; 88" Indre-et- Loire et 89", 32.
Nuptialité des femmes mariables de tout âge. En France, elle est de 4î,8.», c'est-à-dire que sur 1000 célibataires filles ou veuves de plus de 15 ans, on en compte 47,85 se mariant dans l'année. Pourtant nous avons vu la nuptialité générale des hommes mariables (de plus de 18 ans) s'élever à CO.î' : or, comme il y a nécessairement autant d'hommes que de femmes qui se marient, on peut s'étonner que la nuptialité des femmes mariables soit notablement inférieure à celle des hommes. La raison en est bien simple : c'est qu'il y a beaucoup moins d'hommes (4.91 J .606) que de femmes mariables (6.238.173), deux nombres qui sont entre eux comme 47,85 : 60,7 au comme 100 : 127.
Cette nuptialité générale des femmes nubiles est à son minimum dans les départements : r Hautes-Pyrénées, 30,55 ; 2" Basses-Pyrénées, 31,6 ; r Cantal, 33,4; 4« Manche, 33,6; ^ Savoie, 34,7; 6*^ Côtes-du-Nord , 35,2; 7*^ Haute- Savoie, 35,4; 8' Corse, 37,3; r Bas-Rhin, 37,6; 10'^ Ille-et-Vilaine, 37,7, etc. Les départements où la nuptialité générale des femmes est à son maximum sont : 7? Lot-et-Garonne et 78^ Aude, 60 ; 79** Oise, 60,7 ; 80* Yonne; 81* Vienne et 8f Charente-Inférieure, chacun 61 ; 83^ Cher, 62,3; 8i' Haute- Vienne, 62,4; 85' Indre, 62,7 ; 86" Charente, 64,5; 87" Seine-et-Marne, 67,1 ; 88*^ Allier, 67,4; 89* Nièvre, 69,6. Cependant cette nuptialité générale des mariables n'est pas une mesure sans reproche, comme le prouve l'exemple suivant :
Insuffisance de la considération de la nuptialité générale ou même de la nuptiU' lité des mariables de tout âge. La nuptialité générale des femmes de la Seine- Inférieure est de 15,9 (fiancés ou 7,95 mariages) ; celle du Calvados est de 14,22, donc un peu moindre; de même, la nuptialité des femmes mariables de tout âge (15-w) est de 41 en Seine-Inférieure, et 38,6 dans le Calvados; la différence au préjudice du Calvados s'accentue encore, car la Seine-Inférieure a une natalité plus prononcée et, par suite, plus d'enfants qui diminuent sa nuptialité générale; cependant, lorsqu'on étudie, âge par âge, la nuptialité des femmes mariables des deux départements, on trouve la double succession suivante :