‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 100 sur 126 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

Garbo (ToMASo DELj. Fils du précédent, étudia la médecine sous Gentile de ^Fuligno, puis enseigna son art successivement à Pérouse et à Bologne, et enfin retourna à Florence où il mourut en 1370, à un âge peu avancé. 11 a joui d'une réputation égale et même supérieure à celle de son père, et, d'après le témoignage de Villani, tous les tyranneaux qui à cette époque régnaient en Italie se faisaient traiter par lui avec la confiance la plus aveugle. Pétrarque, qui cependant était très-sceptique en matière de médecine et estimait médiocrement les médecins, écrivait à Dondi le 17 novembre 1370 : « Il y a trois jours j'ai perdu celui de mes compatriotes qui connaissait le mieux mon tempérament. Il est moi'tdans un âge encore frais, et avec une complexion non d'homme fort robuste, ■mais de taureau. » Dans une autre lettre adressée à Garbo en personne, l'illustre poëte disait : « Tu che neU'arte délia medicina sei, non dico il maggior di tutti, per non giudicare di cosa a me sconosciiita, ma certo il piu famoso. » On a iie Tomaso del Garbo :

I. Exposilio super capitula de generatione embryonis, iertii canonis fen A'XF, Avtcennœ. Venetiis, 1502, in-fol. — II. Summa medicinalis, cui accedunt traetatus duo : 1, de resluuratione humidi radicalis ; II, de reductione medicinarum ad actum. Venetiis, 1512, in-fol.; Lugd., 1529, in-8°. — III. Consiglio contra la pestilenzia. Firenze, 1572, in-S". — IV. Commentaria in librum Galeni de febrium differentiis. Parisiis (s. d.), in-4%' L. Hn.

720 GARCIMA (botanique).

GARClJl (Les deux).

Garcia (Marcos). Médecin espagnol du dix-septième siècle, né à Valladolid, étudia la chirurgie à l'hôpital général de Madrid. D'après Morejon, cet auteur aurait eu l'intention de faire ses études à Valence, mais comme il ne savait point le latin, il ne fut pas admis à suivre les cours, et c'est pour ce motif qu'il se rendit à Madrid, où le même obstacle ne s'opposait pas à ses études. Aussi dans son principal ouvrage s'efforce-t-il de prouver que la chirurgie s'apprend aussi bien dans l'idiome castillan que dans le latin. Ce livre intitulé : Honorde la medecina y aplauso de la cirujia castellana (Madrid, 1658, in-4''), ainsi qu'un autre qui a ponr titre : La flema de Pedro Hernandez : discurso moral y politico (Madrid, 1G57, in-8"), est pUilôt une œuvre d'imagination et de style qu'un travail sérieux. Nous doutons fort que Garcia fut chirurgien de l'hôpital général de Madrid, comme l'affirme la Biographie médicale, où son nom se trouve du reste à tort écrit Garzia.

Garcia (Matias). Né à Villa de Agreda, dans le diocèse de Tarragone, étudia la médecine à l'université de Valence sous la direction de Juan de Cabriada, professeur de médecine théorique. Après avoir pris ses grades, il obtint tout d'abord la chaire de médecine théorique, puis celle d'anatomie, qu'il l'emplil pendant trente et un ans. Garcia fut l'un des médecins les plus célèbres de son temps et jouit d'une réputation méritée dans toutes les universités des royaumes de Castille, d'Aragon, de Catalogne et de Valence; les personnages les plus illustres de l'Espagne venaient le consulter et la plus haute noblesse de son pays se faisait un honneur de le recevoir dans sa société. Gaspar Bravo de Sohremonte, premier médecin du roi Charles 11, le qualifiait de doctissimo, perspicacissimo y eruditissimo ; Francisco Hernandez de Villacorta l'appelait l'Esculape de son siècle, envoyé par la Providence sur terre pour y extirper l'ignorance. Garcia mourut à Valence dans les premiers jours de janvier de l'année 1691 (Francisco Orti y Figueroa).

Garcia a été sans contredit l'un des professeurs les plus savants, l'un des aiiatomistesles plus distingues de l'école de Valence au dix-septième siècle; mais l'engouement qu'avaient pour lui ses contemporains et même quelques-uns de ses successeurs a été trop loin. Certes, ses ouvrages sont une mine de science et d'érudition, mais il ne faut pas perdre de vue qu'il combattit à outrance la belle découverte de Harvey au sujet de la circulation du sang, déployant dans la défense d'une mauvaise cause une habileté et une force de logique remarquables, qui lont regretter davantage que cet habile anatomiste se soit ainsi égaré loin de la vérité.

Voici la liste de ses ouvrages d'après Marejon :

I. Malhiœ Garciœ medicinœ doctorts, et in universitale Valenlina olim theoricce, iiutic analomiœ cathedrœ ])rofessoris et in lUrogue censovis, dispulaliones medicce selectœ : in duas partes dislributœ, etc. Lugduni, 1677, in-fol. (La 1"^ partie s'occupe de divers médicaments et poisons ; la seconde se divise en trois cliapiires : 1° De molu cordis ; '2° De vwtu arteriarum ; 3° De motu sanguiràs). — II. M. Gaiciœ... disputatio apologttica adversus quosdam doctissimos medicos maie sentientes de ciiratione verliginis per consetisutn ventriculi, etc. Lugd., 1677, in-fol. — lll. Disputaiiones phisiologicœ antiquorum et neotericonim placita novo acumine exprimentes, etc. Valentice, 1680, in-fol. L. Hn.

GARCIKIA (Garcinia). § l. Botanique. Genre déplantes, de la fmille des Clusiacécis, qui a donné son nom à une série ou tribu, dite des Garciniées. Ce sont

GARCI.MA (botamqui;). 72t

des arbres ou des arbustes, à latex jaune ou blancliàire, dont les fleurs sont polygames dioïques. Plusieurs d'entre eux qui ont reçu le nom de Xanthochymus (RoxB.) ont ces fleurs pentamères, avec un réceptacle convexe sur lequel s'insèrent, de bas en haut, cinq sépales, imbriqués dans le bouton, plus ou moins inégaux, et cinq pétales alternes, imbriqués. En face de chaque pétale se trouve un l.iisccau d'étamines dans lequel le nombre d'organes mâles est peu considérable et souvent, par exemple, de quatre à six. Leurs filets sont généralement unis dans une assez grande étendue ; après quoi, ils deviennent distincts et supportent chacun une anthère biloculaire, introrse, déhiscente par deux fentes longitudinales, souvent stérile ou disparaissant même dans les fleurs femelles. Avec ces cinq faisceaux staminaux alternent un même nombre de glandes hypogynes ou de lobes d'un disque plus ou moins rugueux ou plissé, que surmonte un gynécée, imparfait ou nul dans les fleurs mâles. Dans celles qui sont femelles ou hermaphrodites, il se compose d'un ovaire libre, à cinq loges alternipétales, surmonté d'un style à extrémité stigmatifère dilatée, discoïde, à cinq lobes obtus ou très-prononcés et rayonnants. Les deux loges latérales de l'ovaire et les branches stylaires correspondantes peuvent manquer. Dans l'angle interne de chaque loge se voit un placenta axile qui supporte un seul ovule, ascendant, incomplètement anatrope, avec le micropyle inférieur et extérieur. Le fruit est une baie. Les graines, entourées d'une pulpe charnue, renferment sous leurs téguments un gros embryon charnu et indivis.

Dans les véritables Garcinia, les fleurs sont généralement tétramères. Leurs sépales sont imbriqués-décussés et les deux extérieurs sont assez souvent beaucoup plus petits que les autres. Les étamines sont généralement disposées comme celle des Xanthochymus, ou libres, ou réunies en cinq faisceaux, ou quelquefois davantage, à anthères fertiles seulement dans les fleurs mâles ou hermaphrodites. L'organisation et le mode de déhiscence de ces anthères sont très-variables. Dans le C. Mangostana et les espèces analogues, elles sont biloculaires. Dans les espèces de la section Camhogia, elles ont deux loges ou quatre logettes, également déhiscentes par des fentes. Dans le G. Morella, elles sont peltées et s'ouvrent par une sorte de petit couvercle, à la façon d'une pyxide. Le gynécée est formé d'un nombre de carpelles très-variable (de deux à une douzaine). L'ovaire renferme, dans l'angle interne de chaque loge, un ovule de Xanthochymus, et il est surmonté d'un style, lui-même dilaté en une tête de forme très-variable, avec des lobes plus ou moins saillants et distincts. Souvent le style tout entier subsiste au centre des fleurs mâles et dépourvues d'ovaire; ailleurs le gynécée disparaît tout entier. Le fruit est analogue à celui des Xanthochymus : c'est une baie, souvent cortiquée, garnie à sa base du calice et à son sommet du style persistant. Les giainss, à tégument pulpeux, renferment un embryon indivis ou à radicule macropode, surmontée de deux très-petits cotylédons.

Sous le nom de Discostigma, on a distingué génériquement des Garcinia qui ont les fleurs petites, disposées en fausses ombelles dans l'aisselle des feuilles, et dont les anthères s'ouvrent par des fentes courtes, simulant des pores; et sous le nom de Terpnophyllum, des Discostigma de Ceylan, dont les étamines sont légèrement adhérentes avec la base des sépales.

Ainsi compris, le genre Garcinia est formé d'une quarantaine d'espèces qui appartiennent à toutes les régions tropicales de l'ancien monde. Ce sont des arbres ou des arbustes, à suc propre coloré, à feuilles opposées, épaisses,

722 GARCINIA (botanique).

coriaces, peniiinerves, presque toujours entières, sans stipules. Leurs fleurs sont terminales ou axillaires, solitaires, ou disposées en cymes triflores ou plus ou moins ramifiées et simulant des grappes composées ou des ombelles.

Les Garcinia sont remarquables par la présence dans la plupart de leurs organes d'un suc propre laiteux ou latex gommo-résineux, qui est d'une couleur jaune plus ou moins foncée et dont le siège et les réservoirs ont été étudiés par M. Trécul [Des vaisseaux propres dans les Ciiisiacées, in Compt. rend. Ac. se, LXIII, 557, 613; in Adansonia,y]\, 18!2, 19-4. — Lacunes à gomme dans les Quiine'es, in Compt. rend. Ac. se, LXIII, 717; in Adansonia^ VIII, 91) et plus tard par M. de Lanessan, dans sa thèse de doctorat en médecine [Du genre Garcinia et de V origine delà Gomme-gutte ; in Adansonia,^, 283, t. 31). Ces réservoirs sont généralement des canaux sécréteurs, c'est-à-dire des cavités interposées aux phytocystes primitifs de la plante. C'est par incision des tiges qu'on obtient d'ordinaire ce latex dans les Garcinia, et ce sont les portions parenchymateuses de leur écorce qui le contiennent principalement. Le suc est fabriqué par une assise, ordinairement unique, de phytocystes sécréteurs qui tapissent la surface intérieure des réservoirs.

Le Garcinia Morella Desrouss. (in Lamk, Dict. encycl., III, 201) est l'espèce qui produit la meilleure, la véritable Gomme-gutte. Celle-ci est fournie par ses diverses variétés, soit à Ceylan, où c'est la variété sessilis, soit à Siam ou à Singapour, où c'est la variété pedicellata. C'est un bel arbre à feuilles opposées, coriaces et glabres, dont les caractères floraux, notamment l'organisation de l'androcée, sont, comme nous l'avons dit plus haut, quelque peu exceptionnels pour le genre Garcinia. Cette espèce est figurée d'après nature dans le mémoire spécial de D, Hanbury (in Trans. Linn. Soc, XXIV, 489, t. 50) et dans le vol. 6 de V Histoire des plantes (p. 392, fig. 354). Ses fruits sont petits, et c'est ce qui lui a valu, de la part de Linschott [It., trad. de Bry, 100), le nom de Carcapidi... magnitudine Cerasi. C'est VArbor indica gummi guttam fundens de Hermann [Mus. Zeylan., 26) et le Stalagmitis cambogioides Morr. (in Comm. Goetting., IX, 73), du moins en ce qui concerne les fruits. Les autres synonymes sont: Guttifera vera Kœn. — Hehradendron cambogioides Grah., in Hook. Comp. to Bot. Mag., H, 199, t. 27. — E.pictorium Grah., loc. cit. — Cambogia Gutta (part.) Lindl., Yeg. Kingd., 400. A la même espèce et comme simples synonymes se rapportent probablement le Garcinia Gutta Wight, ///., 125, t. 44; le G. cambogioides Roïle, Mat. med., éd. 3, 339; le G. lobulosa Wai-l., Cat. ind. or., n. 4868; le G. elliptica Wall., Cat., n. 4869; le G. lateriflora Bl., Bijdr.,'2H ; le G. pictoria Roxb., FI. ind.. Il, 627. — Wight., Icon., I, t. 102. — Chois., Guttif. Ind., 57; le G. acuminata Pl. et Tri., in Ann. se. nat., sér. 4, XIV, 355 et le G. Gaudichaudii Pl. et Tri., loc. cit. Les noms indigènes de l'arbre sont Kana Goraka et Gokatu. T. Anderson a décrit la plante pour le Flora ofBritish India, en 1875, et Va. vue récoltée dans le Bengale oriental, les monts Khasia, l'ouest de la péninsule indienne, le Malabar, Canara, Ceylan, Malacca et Singapour. Hanbury a fait venir à ses frais des échantillons de la variété pedicellata et les a distribués à toutes les collections de l'Europe, notamment à l'herbier du Muséum de Paris. Il nous a rapporté qu'au commencement de la saison pluvieuse les collecteurs de gommegutte pratiquent une incision spirale dans l'écorce, « autour de la moitié de la circonférence du tronc », et y fixent un moi'ceau de bambou pour recevoir le suc qui s'écoule lentement pendant plusieurs mois et qui devient graduelle-

GARCINIA (botanique). 725

ment visqueux, puis solide, au conlact de l'air. En une seule saison, un pied peut fournir assez de suc pour l'emplir « trois tronçons de bambou longs de 20 pouces et d'un diamètre d'un pouce et demi », et M. Spenser Saint-John {Life in for. Far East [1862], II, 272) dit que la plante n'en soulTrc pas si l'on ne reproduit l'ope'ration que d'une année à l'autre.

Le Garcinia Xanthochymus (Hook. f., F/, hrit. Ind., I, 269, n. 28) est une belle espèce de l'Inde, cultivée assez souvent dans nos serres où il fleurit et fructitie bien. Nous avons figuré ses fleurs et Iruiis, d'après nature, dans V Histoire des plantes (VI, 402, fig, 372-375), et nous avons rappelé plus haut en quoi il diflere des Garcinia proprement dits, où il forme la section Xanthochymus. C'était, en effet, le type d'un genre particulier pour Roxburgh qui l'appelait .Ya?^f/^oc/i^/mw5 pictorius {PL coromand., II, 51, t. 196; FI. ind.. Il, 653). Il a été figuré aussi dans le Flora sylvalica de Beddome (t. 88), et c'est le X. tinctorius DC, Prodr., 1,562. — Chois., Guttif. ind.,Z2. Ses divers noms spécifiques indiquent qu'il a été souvent considéré comme source d'une matière colorante, utile à l'industrie ou à l'économie domestique ; il ne produit cependant qu'une résine en larmes d'un vert jaunâtre ou grisâtre, de qualité fort inférieure; ce n'est point là, en somme, une Gomme-gulte médicinale.

Le Garcinia Cambogia Desrouss. {in Lamk Dict. encycl., 111, 701. — Roxb. PL coromand., III, t. 298; FI. ind., 11,621. — T. Anders., in Hook. Fl.briL Ind., I, 261, n. 6. — G. elliptlca "Wall. — G. Ze^/rtwicrt Roxb.) a longtemps passé pour être la véritable source de la bonne Gomme-gutte. Mais son suc, qui renferme une huile volatile, et dont la résine est peu active comme purgatif, est d'une couleur jaune pâle et ne paraît plus aujourd'hui avoir le moindre intérêt au point de vue médical. C'est un petit arbre, à fleurs mâles ordinairement 12-20-andres, et à fruit de la grosseur d'une petite pomme, bien plus volumineux, par conséquent, que celui du G. Moi^ella. Sa surface est jaune ou rouge. Le suc acidulé de ce fruit est employé comme condiment, et Anderson pense que c'est à cette espèce plutôt qu'à d'autres qu'il faut rapporter le G. indica Chois. {Brindonia iiidica Ciiois.), 11 y en a deux variétés dans l'Inde : papilla (Wight) eiconicarpa (^N'ight).

Le Garcinia travancorica Bedd. [Fl.sylv.,i. 175. — A]nders.,F/. brit. Ind., I, 268) passe pour donner uu suc gommo-résineux d'une belle couleur jaune, et on l'a attribué aux G. Kydia Roxb., lanceolata Roxb. tt ovaUfolia (Stalagmites ovalifolius G. Don. — Xanthochymus ovalifoliiis Roxb) ; au G. celehica Desrouss. (in Lamk Dict. enc, III, 700), qui a été aussi considéré comme synonyme de G. Indica Chois. Le G. Celebica produit surtout une sorte de beurre ou huile concrète, le Kokum Butter des Anglais, qui s'extrait des graines par l'ébullition dans l'eau et qui s'emploie aux usages pharmaceutiques, à la fabrication des bougies, etc.

Le G. co//ina YiEiLL. (Panch. et Seb., Bois Nouv.-Caléd., 225) peut donner une sorte de Gomme-gutte, dit-on.

Quelques Garcinia sont recherchés pour leurs fruits ou leurs semences, et plusieurs espèces indiennes ou cochinchinoises sont ainsi, dit-on, mangées par l'homme ou les animaux. Mais aucune espèce ne jouit, à cet égard, d'une aussi grande réputation que le Mangostan ou Mangoustan {Garcinia Mangostana L., Spec, 635. — Roxb., FL ind.. Il, 618. — Choisv, Gutt. ind., 33. — DC, Prodr., I, 560. — Hook., in Bot. Mag., t. 4847. — Laness., in Bull. Soc. Linn. Par., 62. — AxDERS., FL brit. Ind., I, 260, n. 1. — Mangostana Rumph., Herb.

724 GARCIMA (emploi).

amboin., I, t. 43. — GARCiiV., Ad. angl., 431, t. 1. — Mangostana Garcmia GiERTN., Fruct., H, l. 105). C'est un petit arbre conique, à feuilles coriaces, à fleurs qui, lorsqu'elles sont hermaphrodites ou femelles, atteignent jusqu'à deux pouces de diamètre, et dont le fruit, globuleux, de la grosseur d'une orange, lisse, d'un pourpre foncé à la surface, renferme plusieurs larges graines en forme de quartier d'orange. Ce n'est pas le fruit lui-même, coriime le dit encore M. Decaisne, qu'on peut rechercher comme aliment ; il est coriace et dépourvu de suc. Mais ce qu'on mange, c'est le tégument superficiel des graines, blanc, sucré, aromatique et d'une saveur, dit-on, véritablement exquise. On donne également comme comestibles, mais bien inférieurs à celui-ci, les Gcornea L., Celebica L., Cambogia Desrouss., Zeylanica Roxb., piirpurea lioxB., Cochinchinensis Chois, et Cowa Roxb. [FI. ind., Il, 622). Ce dernier serait, dit-on, le G. Kydia Roxb., le G. Roxburghii Wight, le G. Wallichii Chois., le G. lobulosa Wall, et le G. umbellifera Roxb. Son fruit a quelquefois mûri dans les serres en Europe; il est gros comme une petite orange, d'une couleur jaune foncé, et il renferme de 4 à 8 compartiments. H. Bjv.

Bibliographie. — L., Gen., n. 594. — Desrousseaux, in Lamk, Dict. encycL, III, 699; Suppl., III, 584; ;//., t. 405. — DU., Prodr., I, 500. — Camuess., in Mém. Mus., XVI, 425. — Endl., GeiK, n. 5443. — Pl. et Teu., in Aiin. se. nat., scr. 4, XIV, 324. — Laxess., in Adansonia, X, 285, t. M ; Man., Il, 816. — Giib., Drog. simpL, éd. 7, III, 009. — Flucr. et IIanb., Pharmacogr., 77. — Beug et Schm., Darsl. off. Gew., t. 53 d. — RosexTii., Syn. pi. diaphor., 74-i, 1150. — II. Bn, in Payer Fam. nat., 271 ; Hisi. des pi., YI, 392, 402, 414, 422, fig. 554, 572-378. H. Bx.

§ II. Emploi. Deux espèces du genre Garcinia peuvent être utilisées en médecine, le G. More/Za Desr., qui fournit la Gomme-gutte {voy. ce mot), et le G. indica Choisy, qui donne le beurre de Kokum.

Le G. indica est originaire du Coucan, sur le littoral occidental de l'Inde, entre Daman et Goa. D4s 1563, Garcia d'Orta mentionne le fruit de cet arbre sous le nom de Brindones; l'huile grasse que renferme ce fruit était employée dans les environs de Goa pour falsitier le beurre liquide. En 1852, Pereira consacra un court article au beurre de Kokum dans le Pharm. Journ. (t. XI, p. 65), et en 1868 ce produit a été introduit dans la Pharmacopée de l'Inde, comme pouvant être utilisé dans les préparations pharmaceutiques.

Les graines du G. indica, réniformes, comprimées latéralement, ridées, longues de 1 à 2 centimètres, présentent des cotylédons épais, inséparables, doués d'un goût doux et huileux; à l'examen microscopique, on les trouve formées de grandes cellules réticulées, contenant une grande quantité d'une graisse cristalline, soluble dans la benzine, et des granules de matière albumineuse qui se colorent en jaune brunâtre sous l'influence de l'iode. Pour préparer l'huile de Kokum, on fait sécher les graines au soleil, on les écrase et on les fait bouillir dans l'eau; l'huile surnage et se concrète; pour la purifier, on la fait fondre et on la filtre.

Le beurre de Kokum se trouve dans le commerce sous forme de masses ovoïdes de 10 centimètres de long et de 5 centimètres de large, pesant environ 125 grammes; c'est une substance blanchâtre, sèche, friable, grasse au toucher, à saveur huileuse et douce; elle rougit le tournesol humecté avec de l'alcool. En le faisant filtrer dans un bain de vapeur, on obtient le beurre de Kokum, transparent, de couleur paille, se concrétant à 2 7", 5 en une masse blanche cristalline.

GARDANE (Les deux). 7-25

Bouilli avec de la soude, le beurre de Kokum donne un beau savon dur; en décomposant ce dernier par l'acide sulfurique, on obtient une masse cristalline composée en majeure partie d'acide stéarique et d'une petite quantité d'acide myristique et d'acide oléique.

La graisse des graines, extraite directement par l'éther et analysée, se montre composée pour la plus grande partie de trisléarine.

D'après les résultats obtenus, on voit que le beurre de Kokum pourrait être utilisé dans diverses préparations pharmaceutiques. S'il était possible de se le procurer en quantité suffisante, il pourrait être employé aTantageusement dans la fabrication des bougies, vu la grande quantité d'acide stéarique qu'il fournit à un état de pureté remarquable. L. lix.

G.%RDAi«E (Les deux).

Gardane (Joseph-Jacques de). Médecin français, né à La Ciotat, en Provence, fut reçu docteur en médecine, à l'Université de Montpellier, vers l'année 1760, puis vint s'établir à Paris, oii il fut reçu docteur-régent de la Faculté de médecine et plus tard, grâce à la protection de quelques grands personnages, nommé c-enseur royal.

Gardane s'occupa beaucoup de l'hygiène publique et du bien-être des classes pauvres, et s'appliqua surtout à rechercher les moyens d'éteindre ou de diminuer la propagation des maladies vénériennes; l'un des moyens proposés par lui et mis en pratique depuis fut de soumettre les filles publiques à des visites périodiques et régulières. Comme membre du bureau des nourrices de Paris, il s'efforça également d'introduire dans cet établissement des règlemeents sages et salutaires. Gardane était en outre médecin de deux maisons de santé et membre des Académies de Monlpellier, de Nancy, de Marseille et de Dijon. Il rédigea pendant quelque temps la Gazette de santé (de 1775 à 1776).

En médecine, il s'est beaucoup occupé de la colique de plomb et a préconisé l'emploi de l'électricité dans la paralysie saturnine. 11 combattait vivement le traitement antiphlogistique proposé par de Haen contre la cotique de plomb et recommandait l'emploi exclusif du traitement de la Charité. Contre la syphilis, il préconisait l'usage du mercure précipité d'une solution de sublimé par l'eau de chaux.

La plupart des biographes ont parlé de Gardane avec éloges. Cependant, Goulin a porté contre lui des accusations assez graves, qui feraient douter de son désintéressement et de la noblesse de son caractère. « Plusieurs de ses ouvrages, dit Dezeinicris, ont une teinte de charlatanisme, et il n'est pas sûr que pour la composition des plus importants Gardane n'ait pas emprunté le secours des manuscrits qu'il était chargé d'examiner en sa qualité de censeur ». Quoi qu'il en soit, voici le titre des ouvrages publiés par Gardane :

I. Observations sur la meilleure manière d'inoculer la petite vérole. Paris, 1767, in-12.

II. Mémoire dans lequel on prouve l'impossibilité d'anéantir la petite vérole. Paris, 1768,

jii-12. III. Conjectures sur l'électricité médicinale, avec des recherches sur la colique

métallique. Paris, 17C8, iii-12. — IV. Essais sur la putre'faction des humeurs animales, sur la suppuration et sur la crovLte inflammatoire, traduits du latin de diftérents auteurs. Paris, 1769, in-1-. — V. Reclierchcs pratiques sur les différentes manières de traiter les maladies vénériennes. Paris, 1770, in-8°. — VI. Mémoire sur l'insuffisance et le danger des lavements antivénériens, pour servir de suite aux Recherches pratiques, etc. Paris, 1770, in-8°.

VII. Manière de détruire le mal vénérien. Paris, 1772, in-8°. — VIII. Manière sûre et

facile de traiter les maladies vénériennes, approuvée p ir la Faculté de médecine de Paris, et publiée par ordre du gouvernement. Paris, 1773, in-12. — IX. Avis au peuple sur les

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