‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 31 sur 126 · ET FERTE · texte numérisé non relu

ET FERTE

Fromage à la pie. .

Neufchâtel fi'ais . .

— fait. . .

Double crème (de

M. Fi'omape).. . .

Fromage de Brie. .

Camembert ....

Roquefort

Hollande

Chester

Parmesan. . . . .

L'inspection de ce tableau montre que le fromage le plus azoté est le Parmesan, qui contient près de moitié de son poids de substance caséeuse. Viennent ensuite les fromages de Gruyère, Hollande, Roquefort, Chester ; le dernier est le Neufchâtel frais.

Pour les substances grasses, le plus riche de beaucoup est le double crème de M. Fromage. Il en contient près des 6 dixièmes de son poids. Puis viennent les fromages de Neufchâtel, Roquefort, Hollande, Chester, etc. ; le Parmesan et le fromage à la pie terminent la liste.

On a prétendu que, pendant la fermentation du fromage de Roquefort, la matière azotée se transformait en matière grasse (voy. Annales de Physique, t. I, 4"'* série) ; mais le fait ne s'est pas confirmé. On remarquera, en outre, que seul le Hollande ne contient pas de substances non azotées (Lactose, acide lactique) ; ce qui provient des lavages énergiques auxquels il est soumis pendant sa préparation. C'est probablement, en partie, à cette circonstance, qu'il doit la précieuse propriété de se conserver plus longtemps que tous les autres.

Fromage de Neufchâtel. Il se prépare dans le département de la Seine-Inférieure, à l'aide de procédés qui ont été indiqués à propos du fromage à la pie. On peut le consommera l'état frais, dès qu'il estégoutté. Les fromages /aifo, ou bon dons, sont salés à l'intérieur, et conservés pendant un mois à la cave où ils se couvrent de moisissures. Le Neutchâtel frais est acide ; il devient alcalin pendant la fermentation.

Fromage double crème. Ce fromage se prépare avec de la crème au lieu de lait. Il est abandonné à une fermentation lente qui développe une saveur accentuée. Il est très-estimé, et son prix est élevé.

Fromage de Bi-ie. Salé, à pâte molle, à croûte épaisse et jaunâtre, recouverte de moisissures; se prépare dans le département de la Marne, et à Montlhéry (Seine-et-Oise). Il n'est malheureusement pas de garde, et doit être consommé à point, sous peine de perdre ses hautes qualités. — Le caillé est bien pressé pour lui faire abandonner son eau ; on le moule dans des cercles en bois, et on le sale sur les deux faces en le retournant souvent. On le place ensuite dans des tonneaux entre des lits de paille; c'est là qu'il se couvre de moisissures et fermente.

Camembert. Ce fromage si estimé des gourmets a été préparé pour la premièi'e fois par une fermière de la commune de Camembert (Oi'ne) née en 1 761 , et dont le nom était Marie Fontaine, femme IlareP. C'est à Argentan qu'elle vendait d'abord ce produit les jours de marché. En 1798, elle établit un débit permanent dans la même ville.

La préparation est longue et exige beaucoup de soins. Le lait est mis en présure à la température de la traite. Une cuillerée à bouche de présure suffit pour 20 litres de lait qui sont coagulés en '5 à 6 heures suivant la saison. Le caillé est déposé dans des moules où il s'égoutte : le petit-lait est donné aux porcs. Il faut environ deux litres de lait pour faire un fromage. Après deux jours, on retourne les fromages et on saupoudre l'une des faces de sel. On les retire des moules, on achève la salaison; puis on les porte au haloir ou séchoir, oîx ils sont déposés sur des râteliers recouverts de paille. La ventilation du haloir est ménagée avec soin et surveillée. Les deux faces du fromage doivent recevoir le contact de l'air. Des fenêtres garnies de toiles métalliques sont placées à différentes hauteurs ; le soleil ne doit jamais pénétrer. La durée du séjour au haloir est de vingt à vingt-cinq jours. Dès le troisième jour, des champignons commencent à germer à leur surface, et, sous l'influence d'une sortede fermentation, les fromages cessent d'adhérer aux doigts. On les porte alors dans la cave de perfection. Celle-ci doit être obscure et sans courants d'air, sa température est de dix degrés, l'air doit être un peu humide. Les fromages sont déposés sur des tablettes pleines, par rang d'ancienneté, et retournés tous les jours ou tous les deux jours. Ce nouveau stage dure de vingt à trente jours ; il est décisif : aussi la surveillance la plus active est-elle nécessaire, surtout pour éviter qu'ils s'échauffent et coulent. Dès que la [matuiité est atteinte, ils sont emballés avec les soins dus à un produit d'aussi haute valeur, et expédiés au prix de 5 à 9 francs la douzaine. Une vache dont on emploie ainsi le lait rapporte environ 500 francs par an, et le département du Calvados en fabrique annuellement, à lui seul, pour deux millions de francs.

Roquefort. Fabriqué surtout dans le département de l'Aveyron, avec du lait de chèvres et surtout de brebis. Les fromages sont préparés dans les campagnes, et achetés par les propriétaires des caves. Celles-ci sont ventilées par des courants d'air froid qui sortent des fissures du rocher. La durée du séjour est deux mois ; le fromage peut se conserver un an. Au delà de ce terme, la fermentation prend une mauvaise tournure, et la saveur devient désagréable.

On fabrique aujourd'hui du Roquefort de bonne qualité aux environs de Paris- Nous avons parlé, plus haut, du rôle que jouent les champignons microscopiques dans la fermentation de ce produit, dont le seul défaut est de ne pas être préparé avec la propreté dont les fromagers normands font, pour ainsi dire, un point

* Morière, loc. cit.

DICT. ENC. 4' S. VI 15

d'honneur. Le prix de vente dans le pays est de 225 à 255 francs les 100 kilo-

grammes

Gruyère. Petite ville du canton de Fribourg en Suisse. Le fromage qui porte son nom se fabrique en commun dans des fromageries qui appartiennent à tous les petits propriétaires environnants. Chacun apporte son lait, et reçoit sa quotepart du fromage obtenu.

Les fromages de Gruyère sont gras, demi-gras ou maigres, suivant que le lait a été plus ou moins écrémé. Le caillé est chauffé à 70 degrés environ pendant 15 à 20 minutes. On égoutte et on presse. Dès que la consistance est convenable, le fi'omage est descendu à la cave où il est essuyé chaque jour et saupoudré de sel. En huit jouï"s, l'opération est terminée. Ce fromage ne présente pas de moisissures. La pâte est trop ferme pour que des insectes puissent s'y développer. La fermentation dégage des gaz qui produisent les yeux du fromage. Le prix dans le pays est de 100 à 125^^ les 100 kilos.

Hollande. C'est de tous les fromages celui qui se conserve le mieux. La surface, grâce à sa forme sphérique, est aussi petite que possible. Il est très-compacte, peu perméable, plus salé que le gruyère. Enfin, on le recouvre souvent d'une feuille d'étain. Le caille est divisé en grumeaux à l'aide d'une spatule. Ceux-ci se soudent sous l'influence de l'eau bouillante qu'on ajoute, et qui enlève toutes les matières solubles. Après une mise en presse graduée, la consistance requise est obtenue, et on immerge les fromages dans un bain d'eau salée pendant vingt heures, puis on les essuie tous les jours. Après un mois et demi, ils sont bons à être livrés au commerce.

Le fromage est peu falsifié, par la raison que sa forme s'oppose à ce que le petit débitant, qui est le falsificateur par excellence, puisse l'adultérer sans qu'aussitôt la fraude apparaisse. On a signalé plusieurs fois l'addition d'arsenic pour tuer les vers qui s'y développent. Du reste, les auteurs de cette pratique en étaient les premières victimes. Une pareille sottise échappe à toute appréciation.

Une altération heureusement rare a été signalée en Amérique. Dans les États occidentaux des États-Unis (tels que Indiana, l'IUinois), le bétail est sujet à une maladie contagieuse, transmissible à l'homme, et appelée Milk Sickness {maladie du lait). Cette maladie paraît être une sorte de typhus obscur. L'haleine devient fétide, les yeux s'injectent, la démarche est chancelante, égarée ; la mort survient souvent dans des convulsions. Le lait, le beurre, le fromage et la viande des animaux atteints, deviennent vénéneux. Les fromages et le beurre des districts infectés sont exportésà Saint-Louis, Louisville, etc. En 1840, un empoisonnement étendu se produisit à New- York, et avait cette origine. Cette maladie paraît heureusement ne pas s'étendre au delà des lieux actuellement infectés, où elle •est connue depuis un siècle. Il est surprenant qu'une affection aussi grave n'arrête pas la lactation. Ce serait le cas, si la police ne peut parvenir à empêcher la circulation de ces aliments dangereux, d'encourager la fabrication des fromages cuits, dont l'usage serait probablement moins à redouter, l'élévation de température ne pouvant que dénaturer les matières virulentes ou ferments.

P. CODLIER.

FR09IAGE DE FELGRÈS (Charles-Michel-François). Savant vétérinaire français, né à Yiette, près de Lisieux, le 31 décembre 1770, mort pendant l'affreuse retraite de Moscou, en 18J2. « Les études excellentes qu'il avait

faites dans le collège de sa ville natale le mirent en état d'y professer la philosophie, qu'il enseigna depuis 1791 jusqu'en 1793, et d'entrer ensuite à l'École normale, où il fut reçu élève en 1794. Ayant suivi ensuite avec assiduité les cours de l'école d'Alfort, il y obtint, en 1801, une chaire qu'il occupa pendant quatre ans, et qu'il quitta pour remplir la place de vétérinaire en chef dans la gendarmerie d'élite de la garde impériale. Depuis cette époque jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant quatre ans, il ne quitta pas la carrière militaire, et il profita des excursions que la guerre fit faire à nos troupes en Allemagne pour prendre le titre de docteur en médecine à Leipzig. Ecrivain laborieux, il a fourni des articles à plusieurs recueils périodiques, et en a inséré d'excellents dans la continuation du cours complet d'agriculture de l'abbé Rozier (Paris, 1809, 7 vol. in-S"), ainsi que dans la nouvelle édition de cet ouvrage » {Biogr. Panck.). Nous connaissons de lui :

I. Tableau synoptique et physiologique de la vie considérée dans /'homme et dans les animaux domestiques. Paris, 1801, in-S". — II. AvccPh. Cliabert : Des lois sur la yarantic des animaux. Paris, 1804, in-8°. — III. Avec Ph. Chabert : Des moyens de rendre l'art vétérinaire plus utile, en améliorant le sort de ceux qui l'exercent. Paris, 1804, in-8°. — IV. Avec P. Chabert : D'une altération du lait de vache désignée sous le nom de lait bleu. Paris, 180o,in-8°. — V. De la garantie dans le commerce des animaux. Paris, 1805, ia-8^ — ' VI. Importance de V améliorât . et de la multiplie, des chevaux en France. Paris, 1805, in-8°. — VII. Traite élémentaire et pratique sicr l'engraissement des animaux domestiques. Paris, 1805, in-8°. — VIII. Correspondance sur la conservation et l'amélioration des animaux domestiques, etc., Paris, 1810-1811, 4 vol. in-12. — IX. Mémoire sur l'avantage et les moyens de disposer d'une manière salubre les bâtiments, les fumiers, les égouls et l'abreuvoir d'une ferme. Paris, 181 1, in-8°. L. Hn.

FROMAGE OU FROmAGEO;^. Nom donné à la Mauve, à cause de la forme particulière de ses fruits. Pl.

FRO:»lAGER. Nom vulgaire des Bombax (L., Ge7i., n. 855). Genre de plantes qui a donné son nom aux Bombacées, série de la famille des Malvacées, ou famille distincte, suivant les auteurs. Les fleurs des Fromagers sont hermaphrodites et régulières, et le sommet de leur réceptacle est légèrement concave, de sorte que l'insertion de leur périanthe est souvent quelque peu périgyne. Le calice est gamosépale, à bords coupés droit, ou plus souvent partagés en lobes obtus, inégaux, au nombre de trois à cinq. La corolle est malvacée, à cinq divisions très-profondes, tordues dans la préfloraison ; intérieurement, elle est d'une seule pièce et se trouve unie à ce niveau avec la base de l'androcée. Celuici est formé d'un nombre indéfini d'étamines, dont les filets sont libres dans la plus grande portion de leur étendue, mais plus ou moins nettement unis vers la base en cinq faisceaux. Les anthères sont uniloculaires, plus ou moins arquées, à déhiscence latérale. Le gynécée est formé d'un ovaire dont la base est légèrement infère, et qui est surmonté d'un style à sommet stigmatifère partagé en cinq lobes ou branches très-courtes. Elles répondent aux loges ovariennes qui sont superposées aux pétales et qui contiennent, dans leur an^le interne, un placenta chargé d'ovules anatropes, disposés sur plusieurs séries. Le fruit est une capsule, ordinairement ligneuse, loculicide, et qui se partao-e en cinq valves pour laisser échapper de nombreuses graines plongées dans une laine épaisse, et renfermant sous leurs téguments un embrvon, épais, charnu, àpeuprès complètement dépourvu d'albumen, et dont les cotylédons sont repliés et enroulés un grand nombre de fois autour de la radicule courte et droite. Les

228 FROMANN.

Fromagers sont de beaux arbres des régions tropicales. Des dix espèces connues, huit sont américaines ; les deux autres appartiennent, l'une à l'Asie, et l'autre à l'Afrique. Leurs feuilles sont alternes, composées-digite'es, avec un nombre de folioles qui varie de trois à neuf ; leurs fleurs sont solitaires ou réunies en cymes pauciflores, axillaires ou subterminales.

Le plus connu des Fromagers est le Bombax Ceiba L. [Spec, 959). C'est un bel arbre de l'Amérique tropicale, dont la tige est hérissée d'aiguillons et dont les feuilles ont cinq folioles. Son gros fruit est turbiné, déprimé au sommet. C'est le B. quinatum Jacq. {Amer., 192, t. 176, fig- 1). Ses racines fournissent un suc qu'aux Antilles on vante comme apéritif et aussi contre l'ascite. Réduites en poudre, elles passent pour modifier favorablement l'état des tétaniques. L'écorce est un médicament évacuant ; on la prescrit comme vomitif, et on la mélange au citron pour former une pâte qui s'applique sur le bas-ventre dans les cas d'inflammation. Les fleurs et les jeunes fruits servent, d'après Descourtils [FI. méd. Ant., IV, 64), à faire des décoctions qu'on emploie contre les maux de tète en lotions et fomentations. Cet arbre atteint, dit-on, jusqu'à 120 pieds de hauteur, et son épaisseur, jusqu'à 14 à 15 pieds. Ses bourgeons, ses jeunes pousses et ses graines, sont alimentaires pour les nègres ; on fait des coussins avec le duvet qui entoure ses graines ; on dit même qu'on en a fabriqué des chapeaux légers et que, grâce à une fourmi qui divise et taille la bourre de ses fruits, on en obtient une sorte de charpie qui sert au pansement des plaies. On assure aussi qu'un seul tronc de cet arbre sert à faire une pirogue qui peut contenir cent cinquante personnes.

Les Bombax villosum Mat. et globosum A(jbl., de la Guyane, ont des propriétés analogues et donnent aussi un duvet qui sert à garnir des coussins, des matelas et des oreillers. Ce duvet devient jaune ou rougeâtre. On dit qu'on peut employer de même celui des B. cumanensé E. B., discoJorE. B., ellipticum H. B., de Colombie, Munguba Mart., retusum Wall., du Brésil; heptaphyllum L. [septenatum, Jacq.), de l'Amérique centrale.

Le B. pubescens Mart. est un Eriotheca; le B. pentandnim L., un Eriodendron; ils fournissent aussi une sorte de duvet végétal.

Le Bom.bax malabaricum DC. {Prodr., I, 479) est bien une espèce indigène de l'Asie. Elle a été figurée par Rheede {Hort. malab., 111, 52). C'est le B. leptaphylhim Cav. {Diss., V., 295), d'après de Candolle, et Roxburgh le représente dans son ouvrage sur les Plantes de Coromandel (III, 247). C'est un bel arbre, à tige chargée d'aiguillons, à feuilles digitées, foliolées, avec les folioles très-entières, acuminées, et un fruit oblong et obtus. On en a fait un genre Salmalia (S. malabaria Schott et Endl.), et son nom vulgaire dans l'Inde est Penja, Penjala. La racine, au dire de Blume, est employée comme évacuante ; on prescrit surtout son écorce comme vomitive. H. Bn.

Bibliographie. — Jnss., Gen. plant., 275. — Lamk, Dict. encycl., il, 550 ; SuppL, II, 675.

— DC. Prodr., 1, 478. — Endl., Gen., n. 5300. — Besth. et IIook. F., Gen., I, 210, n. 42.

— Mer. et Del., Dict. mat. méd., I, 637. — Rosenth., Synops. pi. diaphor., 718. — H. Bx, in Paijer Leç. fam. nat., 286; Hist. des plant., IV, 96, 116, 152, Gg. 167. H. Bit.

FROiHAiKX (Conrad). Médecin allemand de mérite, vit le jour à Nordhausen en 1616. « Il fit ses humanités tant dans cette ville qu'à Brunswick et Ilfeld, cultiva ensuite la philosophie, et s'adonna enfin à la médecine, qu'il étudia successivement dans les Universités d'Iéua, d'Helmstadt et de Strasbourg. En

FROMMANN. 229

1651, Frédéric, margrave de Bade, lui conféra la place de médecin des cantons d'Hochberg, Sausenberg, Rœteln et Badenweiler. L'année suivante, il alla prendre le doctorat à Bàle, et fut agrégé à la Faculté de médecine de cette ville. En 1655, il obtint la place de médecin pensionné à Nordhausen, où il fut quelque temps après élu bourgmestre et chargé de la direction de l'hôpital. 11 mourut en 1706, dans un âge très-avancé » [Biocjr. méd.). On ne connaît de lui que :

I. Traclalus medico-chirurgicus de gancjrœna cl sphacclo. Argentorati, 1654, in-4''. — IL Medicinalisches Bedencken von der Pest. Nordhausen, 1681, in-4°. L. Hn.

FROnEi\T (du mot latin Frumentum). Ce mot sert à désigner les nombreuses variétés de blé qui, depuis un temps immémorial, sont la base de la nourriture des peuples civilisés. Il est synonyme du mot blé auquel nous renvoyons le lecteur. P. Coulier.

FRonEi\[T ou Triticum vulgare L. Nom donné au Blé {voy. Blé). On a aussi appliqué cette dénomination à des plantes qui n'appartiennent pas au genre Triticum. Tel est le Froment barbu, qui est VHordeum Zeocriton L.; le Froment des Indes, qui n'est pas autre chose que le maïs (Zea mais L.) ; enfin, le Froment des Vaches, qui n'appartient pas même à la famille des Graminées. C'est le Metampyrum arvense L. des Scrophularinées. Le nom de Froment rouge est quelquefois donné à VEpeautre [Triticum Spelta L.). Pl.

FROMEXTAL. Nom donné quelquefois à Ylvraie vivace {Lolium perenne L. VoTji Ivraie). C'est aussi le nom vutgaii'e de V Arrhenaterum elatius ou Avena elatiorh. {voy. Avoine). Pl.

FROIMHERX (Carl). Célèbre chimiste allemand, reçu docteur en médecine à Fribourg en Brisgau, en 1851, vit le jour à Constance, le 10 décembre 1797. Dès 1823, il fut nommé professeur extraordinaire de chimie à l'Université de Fribourg, professeur ordinaire en 1828; en 1856 il joignit à sa chaire celle de minéralogie. Il remplit avec succès ces fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 27 juin 1854. Fromherz s'est surtout occupé de chimie, tant au point de vue médical qu'au point de vue purement scientifique. Nous citerons de lui :

I. Ueber die ctektro-chemische Théorie der Verwandscitafc. Freibui'g, 1822, in-S", — ll.Aiileitung zur chemischen Analyse der Arzneimiltel des Pflanzenreichs. Freiburg, 1830. — III. Lehrbuck der medicinisclien Chemie. Freiburg, 1832-36, 2 vol. gr. in-S». — IV. Geognostische Besckreibung des Scliônbergs bei Freiburg. Freiburg, 1837. — V. Die Jura formation des Breisgaus. Carlsruhe, 1858. — VI. Cheniische Vntersuchung des Rainfarrns {Tanacetum vulgare). In Geiger's Magazin fiïr Pharmacie, Bd. VIII, H. 1, p. 35, 1824. — VII. Bildung von Talgsâure bei der Destination des Wachses. Ibid., Bd. XV, H. 1, p. 61, i826. — VIII. Stârkmehl-Gehalt des Traganthgurtimis . Ibid., H. 2, p. 169. —IX. Veber die Mangansàure. In Schweigger's Journal f. Chemie und Physik, Bd. XLI, 1824. — X. Ueber die gefârbte Mangansalze. Ibid., Bd. XLIV, 1825. — XI. Ueber zwei Harnsteine aus kohlensaurem Kalk. Ibid., Bd. XLVI, 1826. — XII. Anahjse der Aepfelsdure. Ibid., Bd. XLVII, 1826. —XIII. Auffindung des Broms in mehreren Salzsoolen. Ibid., Bd. XLVIII, 1826. — XIV. Avec A. Gugert : Chemische Untersuchung verschiedener Theile des menschlichen Kôrpers und einiger pathologischen Producte. Ibid., Bd. L, 1827. — XV. Ueber Manganmure und ûbermangansâure. In Poggendorff's Annalen, Bd. XXXI, 1854. L. Hn.

vnonmAW (Johann-Christuin). Médecin allemand, naquit à Cobourg, vers 1640. Il était fils d'un professeur du gymnase de cette ville, et il fit ses études à Cobourg, à Konigsberg, à Tubingue et à Leipzig. Il obtint son grade de

250 FRONTAL (Muscle).

docteur clans cette dernière Université en 1668, et l'année suivante iut nommé médecin pensionné de sa ville natale, en même temps qu'il accepta la charge de professeur au gymnase. 11 est l'auteur d'ouvrages médiocres, et Morhof qualifie son Traité de la fascination de la manière suivante : « Omnium superstitionnni anilium pandectae » . Voici le titre de ses ouvrages :

I. Discursus medicus de venœ sectione in morbiUorum decl'matione, aborta pleuritide, adminisiranda. Lipsiœ, 1G68, in-8°. — II. Tractatus de fascinalione. Norimbergi, 1675, xn-k". — III. Tractatus de hœmorrhoïdibus. iNorimbergi, 1677, in-12. L. Hn.

FBOmoi^'D (Giovanisi-Claudio), dont les vrais prénoms sont, paraît-il, Giulio-Cesare. Savant italien, né à Crémone, le 4 février 1703, mort à Pise, le 29 avril 1765, s'est principalement occupé de physique et de physiologie, mais de cette dernière science surtout en philosophe. 11 substitua provisoirement dans sa chaire, à Faenza, son maître Guido Grandi, visiteur général de l'ordre des Camaldules, puis fut nommé quelques années plus tard professeur de logique (1758), et ensuite de physique (1745). « Pendant vingt ans il occupa ces deux chaires avec éclat. De hons ouvrages de lui, sur des points importants de physique et de physiologie, lui firent une grande réputation, et l'Académie des sciences de Paris le nomma son associé en 1758 » [Biogr. Didot).

I. Leitera al sig. Orazio S-.., in oui si esamina il taglio délia macchia di Viareggio. Pisa, 1739, in-8°. — II. Due lettere sopra l'ottica del P. Castel. In Novelle litterarie di Firenze, Mil. — III. Hisposta apologedca ad una letlera filosofica sopra il commercio degli olii navigati procedenli da luoghi appestati. Lucca, 1745, in-8°. — IV. Nova et generalis iiilrodnctio ad philosopliiam. Venetiis, 1748, in-S". — V. Délia fluidità de' corjn., LiToi"nQ, 1754, in-4''. — VI. Examen in prcccipua meclianicœ principia. Pisis, 1758. — VTI. De ra~ tione p>hilosophica qua instrumenta mechanica generatim conferunt potentiarum actionibus corroborandis vel enervandis. Pisis, 1759. L. Hn.

On a quelquefois confondu cet auteur avec : Francesco Fromond, chanoine, professeur d'optique et conservateur du cabinet de physique de Brera à Milan, membre de la Société d'histoire naturelle de Berlin, mort en 1786, et dont nous ne connaissons pas les ouvrages. L. H>'.

FROIVDE. Yoy. Ba-ndage.

FROIVTAL (Mnscle). Quelques anatomistes réunissent le muscle frontal et le muscle occipital sous le nom commun de muscle occipito-frojn'tal ; mais, comme il y a entre les deux nappes musculaires, à leur jonction sur l'aponévrose épicrânienne, une véritable solution de continuité, nous les décrirons séparément.

Le muscle frontal peut être considéré comme impair, bien qu'une séparation entre les moitiés gauche et droite soit indiquée à sa partie supérieure par un léger prolongement de l'aponévrose. C'est sur le bord antérieur de cette aponé^ vrose épicrânienne que s'insèrent en haut les fibres du frontal, suivant une ligne courbe à convexité supérieure. De là elles descendent verticalement pour aller s'insérer : 1" à la peau de la région sourcilière, où elles fournissent les faisceaux spéciaux des muscles sourciliers, et se confondent avec les faisceaux externes des muscles orbiculaires ; 2° sur la partie supérieure des os nasaux et des apophyses montantes] des maxillaires supérieurs. Les fibres les plus superficielles se continuent av^^c celles du muscle pyramidal.

FRORIEP (Les deux). '251

Quand le muscle occipital a tendu l'aponévrose épicrànienne, le frontal, muni d'un point d'appui, produit par sa contraction le plissement de la peau du front, ainsi que l'élévation des sourcils et des paupières supérieures. Depuis les expériences électro-physiologiques de Duchenne (de Boulogne), on regarde le fi'ontal comme le muscle de Vattention, tandis que la réflexion s'exprime par la contraction de l'orbiculaire supérieur. Cette opinion ne saurait être admise sans réserve. Si l'attention et la réflexion sont deux modes distincts d'action psychique, elles ne sont guère séparables dans la pratique, et un homme qui réfléchit est nécessairement un homme attentif. Or, il est à remarquer que l'orbiculaire supérieur produit l'abaissement du sourcil et dès lors est un antagoniste du frontal. Il est d'ailleurs certain que certaines personnes ont la même expression faciale dans l'attention simple que dans la réflexion.

Les expériences de Duchenne tendent à démontrer plus siirement que les pyramidaux sont antagonistes du frontal ; ils abaissent l'espace intersourcilier. Cet antagonisme peut s'expliquer par les insertions cutanées des pyramidaux [voy. Occivnxh (Muscle)]. Dechambre.

FROi^îTAL (Nerf). Voij. Ophthalmique (Nerf).

FROIKTAL (Os). Voy. Crâne.

FROl\TAL (Pharmacie). On a donné le nom de frontaux à des médicaments destinés à être appliqués sur le front dans les cas de céphalalgie. C'était des mélanges de substances sédatives, dont on faisait généralement, par l'addition de blanc d'œuf ou de quelque liquide, une pâte qu'on étendait entre deux linges. Par exemple, le frontal contre la migraine était préparé avec 15 parties de vinaigre rosat, 60 d'eau de roses, 60 d'eau de sureau, 4 de camphre dissous dans l'éther, et blanc d'œuf, Q. S. {Voy. Cucuphe). D.

FROIVTALE (Artère et Yeine). Yoy. Ophthalmique (Nerf).

FROIVTALE (Yeine). Voy. Maxillaire (Yeine).

FRORIEP (Les deux).

Froriep (Ludwig-Friedrich von) . Né à Erfurt le 15 janvier 1779, fds d'un docteur et professeur en théologie, alla étudier la médecine à léna oîi il passa son examende doctorat en 1799. Il séjourna ensuite pendant dix mois à Yienne, oit il sut profiter des leçons fort suivies alors de Boer sur les accouchements, et fut ensuite nommé à léna privat-docent à l'Université et sous-directeur de la maternité, puis en 1801 professeur extraordinaire. Il voyagea ensuite en France, en Belgique et en Hollande, pendant les années 1802 et 1803, se lia avec les savants les plus distingués de ces deux pays et fut appelé en 1804, à Halle, comme professeur extraordinaire d'accouchements, et en la même qualité à Berlin en 1807. De 1808 à 1814, la Faculté de Tubingue se l'attacha comme professeur ordinaire d'anatomieet de chirurgie jusqu'au moment où il fut appelé à Stuttgard comme médecin principal du roi Frédérick-Charles, Il conserva ces fonctions jusqu'en 1816 et les quitta pour aller se fixer à Weimar et prendre la direction d'un comptoir d'industrie appartenant à son beau-père, ce qui ne

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l'empêcha pas de publier de nombreux mémoires d'obstétrique et de chirurgie. Plusieurs d'entre eux sur le bassin, l'anatomie des muscles, les complications de la grossesse, et surtout son manuel théorique et pratique d'accouchements, qui eut un grand nombre d'éditions, lui acquirent une grande réputation tant dans son pays qu'à l'étranger. D'un esprit scientifique très-libéral, écrivain laborieux et fécond, il se plaisait, dans les divers périodiques, dont il fut le principal rédacteur, à faire connaître les travaux des autres, et il a donné et dirigé des traductions de nombreux ouvrages sur l'anatomie comparée, la chirurgie, l'obstétrique, la gynécologie, etc. 11 entretenait ainsi avec les savants auteurs de ces ouvrages des relations amicales dont il aimait à parler. Il est mort à Weimar le 28 juillet 1847. Voici ses principaux travaux :

I. Dissertatio inauguratio de recto emeticorum usu. lena, 1799, 111-4°. — II. Dissertalio de methodo neonatis aspliycticis succun-endi . lena, 1800, in-8°; trad. en allemand. In Martcnss krit. Jahrb. der Geburish., t. I, 1802, p. 268 à 286. —III. Darstellung der neuenauf Vntersuchungen der Verrichtungen des Gehirns gegrûndeten Théorie der Phtjsiognomik des Dr Gall. Weimar, 1800, in-8''; 2= édit., 1801, in-8»; 3' édit., 1802, in-S"; supplém. Vienne, 1802, in-S". — IV. Einige worte ùber populaire Medicin und Pleine zu Vorlestingen iiber dieselbe. Weimar, 1801, gr. in-8°. — V. Theoterisch-praktisdies Handbuch der Geburtshûlfe. Weimar, 1802 ; 2« édit., 1804; 3» édit., 1806 ; 4» édit., 1810 ; 5= édit., 1814 : 6» édit., considérablement augmentée, 1818; 7" édit., 1822 ; 8» édit., augmentée, 1827. — VI. //î/steroplasmata, od. Nachbilde der Vaginalportion des Utérus und des Muttermundes in den verschied. Perioden der Scliwangerschaft u. Geburt. mit dcm Touchirapparate . Weimar, 1802, in-8°. — VII. Veber die Nachbilduiig der Vaginalportion des Vlerusund des Muttermundes, in den verschiedenen Perioden der Schwangerschaft und Geburt [hystcroplnsmata], aucliûber das Pelviarium von Papier-mac lié. In Loder's Journ. fiir Chir., t. IV, 1802, p. 182 à 190. — VIII. Bibliothek fur die Erklârung Osiander^s Hysteroplasmaien und Pelviarien belreffend. In Siebold's Lucina, t. I, 1804, p. 120 et 127. — IX. Ueber das Pelviarium von Papier-maché mit durckmesser. Weimar, 1803, in-8'>. — X. Vergleichende Anatomie. Weimar, 1802, in-8''. — XI. Veber einen an meiner Geburtszange angehrachten Mechanismus nebst der Abbildung. Ibid., t. II, 1804, t. 1 à 7. — XII.. Das Thierreich, oder charakteriûrende Beschreibung aller zur Zeit bekannten Thiere, als Comnientar zu den Bertuchischen Tafeln der allgemeinen Naturgeschichte, Weimar, 1807, in-8''. — XIII. Ueber die anatomischen Anstalten zu Tûbingen vor Errichtung der Universifât bis auf gegemvârtige Zeit. "Weimar, 1812, in-4''. — XIV. Einige Worte iiber den Yortrag der Anatomie aiif Universitàten, ncbst einer neuen Darstellung des Gekrôses und der Netze als Fortsâtze des Bauchf'ells. Weimar, 1813, in-4°. — XV. Ueber Anatomie in Beziehung auf Chirurgie, nebst einer Darstellung der relativen Dicke und Lage der Muskeln am Ober- und Unterschenkel. Weimar, 1814, in-4". — XVI. Ueber die Lage der Eingeweide im Beckcn, nebst einer neuen Darstellung derselben. Weimar, 1815, iri-l°. — XVII. Einige worte iiber fehlerhafte liindeslagen, gesprochen in Dresden in der Versanimlung der Deutschen Nalurforscher und Aerzte. In Deutsche Zeitschrifl fiir Geburtskunde, t. Il, 1827,' p. 277 à 285. — XVIII. Amtliclie Aeusser. iiber die im Grosherz. Sachsen-Weimar-Eisenaek gegen die Choiera gerichtetcn Medicinal-Polizei liche Maass-regeln. Weimar, 1852, in-4''. — XIX. Ueber das Eigenthûmliche der deutschen Universitâten. In Der K. Press. Acad. getneinnûtz. JV. TF. zu Erfurt du 10 sept. 1832. Erfurt, 1835, in-4''. — XX. Veraltete Luxationen vom Standpuncleder Chirurg. und Medicinal-Polizei betrachlet. Erfurt, 1834, in-4°. — XXI. Ueber Lebensversicherungsanstalten. Bemerkungenvommedicinisclien Slandpuncte. InNotiz.der JSatur und Heilkunde. Erfort, 1857, in-4°. Froriep a donné en allemand de nombreuses traductions d'ouvrages français et anglais. Nous citerons parmi les plus importantes celles de; T. IImie. Traite des ulcères aux jambes. Leipzig, 1799, in-8°. Ddjiéril. Zoologie analytique. Weimar, 1806, in-S". Ccvier. Leçons d' anatomie comparée. Leipzig, 1808, 4 vol. in-8°. P.-J. Rodx. Parallèle de la chirurgie anglaise et française. Weimar, 1820, in-8'>. S. Cooper. Manuel de chirurgie. W'eimar, 1819-22, 4 vol. in-8°. — XXII. 11 a enfin collaboré d'une manière active à V Allgemeine Encyclopàdie der Wissenschaften und Kiinste, à la Zntschrift fiir Geburtskunde, à la Lucina de Siebold, et aux recueils des sociél;és savantes dont il faisait partie. A. D.

Froriep (Robert). Fils du précédent, né à Weimar, le 21 février 1804, mort d'apoplexie dans la même ville, le 15 juin 1861. Promu au grade de docteur à Bonn, en 1828, il passa l'hiver de 1828 à 1829 à Paris, prit, d'après

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