FULMICOTON
loration jaune-rouge qui passe bientôt au pourpre. Puis, il se dépose peu à peu de l'hydrate ferrique, il se dégage de l'ammoniaque et la liqueur devient jaune et alcaline; elle renferme alors du cyano-mercurate de potassium. M. Ed. W. Davy, qui a étudié cette réaction, attribue la coloration pourpre à la production du fulminate acide de fer (C'^Az*0-)FeH^composé très-instable dont on observe aussi la formation lorsqu'on agite le fulminate de mercure avec de la limaille de fer et de l'eau ; la solution jaunit de plus en plus et devient pourpre lorsqu'on l'acidulé, pour redevenir jaune par l'addition d'un alcali. La coloration jaune serait due tantôt au fulminate neutre de fer (?Fe"ki^O', tantôt à un fulminate double (C^Az-O-)FeK^. La formation de ce sel a lieu en vertu de l'équation
2C%Az20'- -h FeCy«K* = (C^Az^O^j^K^Fe -h 2HgCy^K
Fulminate Ferrocjanure Fulminate de fer Cyanomercurate
de mercure. de potassium. et de potassium. de potassium.
La solution rouge du fulminate acide de fer ne s'altère pas à froid par l'action de la lumière ; si on l'évaporé, on obtient un résidu brun renfermant du peroxyde de fer. L'ébullition le décompose en dégageant de l'ammoniaque et en précipitant de l'hydrate ferrique. Ce sel n'a pu être isolé à l'état cristallin ; il paraît être insoluble dans l'éther, le sulfure de carbone, la benzine.
Fulminates de «ine. Pour préparer le sel neutre, on agite le fulminate de mercure avec de l'eau et de la limaille de zinc en excès, jusqu'à ce que tout le mercure soit précipité, puis l'on abandonne la solution à l'évaporation spontanée. On obtient ainsi des tables rhombes limpides, détonant violemment à 192 degrés ou par le choc.
Si l'on évapore à une douce chaleur, on obtient un sel cristallisé en aiguilles, moins explosible que le sel précédent. Ces aiguilles sont insolubles dans l'eau froide et dans l'alcool, peu solubles dans l'eau bouillante, très-solubles dans l'ammoniaque.
On obtient le sel acide lorsqu'on précipite la solution du sel neutre par la baryte, précipitant l'excès de cette dernière par l'acide carbonique, filtrant, et séparant exactement la baryte dissoute par l'acide sulfurique étendu. La solution aqueuse filtrée possède l'odeur de l'acide cyanhydrique, une saveur piquante, douce et métallique. Saturée par certains oxydes, elle donne des fulminates doubles, qui sont presque tous solubles dans l'eau et cristallisables. Ils font tous explosion à une température variant de 175 à 230 degrés. On a décrit un grand nombre de ces sels doubles. Les fulminates de zinc ont été étudiés par E. Davy, en 1829. Ed. W.
Bibliographie. — Howard. Philos. Transact., 1800. — Liebig. Annal, chlm.phys., t. XXIV, p. 298, et t. XXXII, p. 316. — Gaï-Lussac et Liebig. Ibid., t. XXV, 285. — Pagentescher. Archiv. de Brandes, t. VII, p. 293. — Ed. Davy. Transact. of Dublin Soc. 1829. — Desco- TiLS. An.chim. phys., LXII, p. 198. — Fehling. Ann. der Chem. u. Pharm. XXXVII, p. 130. — Gi.ADSTOXE. Ibid., LXVI, p. 1. — Adbert, Pélissier et Gay-Lussac. Rapport sur les poudres fulminantes. Annal, chim. phys., t. XLII, p. 7. — Cuichkoff. /!;(««/. der Chem. u. Pharm., t. XCVII, p. 53. — Liebig. Ibid., f . XCV, p. 282. — Steiner. D. Chem. Gesell., t. VU, p. 1244 ; VIII, 518, et IX, 779. — Ed. W. Davy. Chem. News, t. XXXII, p. 47.
FULMINATES. Voy. ExPLOSIBLES.
FLXMICOTOIV. Voy. CoLLODiON.
FUMADES. 325
f|jX^ii]\IQUE (Acide) G^IPAz^O'. Ce composé est inconnu à l'état de liberté. En effet, lorsqu'on cherche à l'isoler de ses sels par les procédés habituels qui servent à mettre les acides en liberté, on décompose profondément sa molécule. On a, pendant longtemps envisagé l'acide fulminique comme un polymère de l'acide cyanique CAzlIO, intermédiaire entre celui-ci et l'acide cyanurique ou tricyanique G^PAz^O^. Mais cette opinion, émise par Liebig et par Gay-Lussac, était en désaccord aussi bien avec le mode de formation des fulminates qu'avec leurs propriétés fondamentales. Les fulminates sont des corps éminemment explosifs, et ce caractère n'est partagé ni par les cyanates ni par les cyanurates. Laurent et Gerhardt ont, les premiers, émis l'idée que les fulminates constituent des composés nitrés. Gette opinion a été appuyée par les recherches de M. Chichkoff et parcelles de M. Kékulé. Ce dernier envisage, avec la plupart des chimistes de nos jours, l'acide fulminique comme dérivant du gaz des marais Gll* dans lequel 1 atome d'hydrogène est remplacé par le cyanogène et un autre par le groupe AzO-, de telle sorte qu'il représente le nitrocyanure de métliyle GH2(GAz)(AzO^). Ed. W.
FUL]fII\L'RIQUE (Acide) OU aeide iisocyanurique C^H^Az'O^ Cet isomère de l'acide cyanurique est le produit de la décomposition des fulminates alcalins par l'ébuUition, fulminates alcalins qu'on n'a obtenus qu'en solution, par double décomposition :
5 C^Na^Az^O^ 4- 4 H^O = 2 CMl^NaAz-^O^ + 4 NallO.
L'acide libre, obtenu en décomposant le sel de plomb par l'hydrogène sulfuré, est un corps assez stable, soluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, à réaction acide. Il est cristallisable et détone légèrement à 145 degrés. Cet acide et ses sels, dont la plupart cristallisent facilement, ont été principalement étudiés par M. Chichkoff {Ann. Chem. n. Pharm., t. XCV, p. 262). Er. W.
FUiiiVA BUTTER. Nom donné dans les Indes à une Imile extraite des semences du Bassia butyracea, et qui est employée en topique contre les rhumatismes. D.
FUMABRJLRO. On donne ce nom, chez les Brésiliens, à une plante de la famille des Composées et du genre Ageratum, dont la décoclion est recommandée contre le catharre inflammatoire et les affections de poitrine. D'après Martius, le suc frais serait lithontriptique. Pl.
Bibliographie. — Mérat et De Lens. Dictionn. de matière médicale, III, 310. Pl.
FUMADES (Les) (Eab minérale de). Athermale, sulfatée calcique moyenne, sulfureuse faible. Dans le département du Gard, dans l'arrondissement et à 10 kilomètres d'Alais, émerge une source dont la méthode analytique de M. Maxwell-Lyte, suivie par M. Béchamp, a démontré que l'eau est minéralisée par du gaz acide sulfhydrique et non par un sulfure alcalin ou terreux. Nous avons déjà parlé de cette source, qui fait partie du régime hydrologique de VAuzon, du Gard [voy. ce mot), nous ne voulons pas insister davantage.
Bibliographie. — Lefort (Jules^ In Annales de la Société dliydrol. méd. de Paris, t. XIII, p. 119-120, 1866-1867. A. R
526 FUMARIACEES.
FOIAGII^E. Enduit noir qui recouvre comme de suie les feuilles, les rameaux ou les fruits des plantes et qui est produit par la présence d'un Champignon appelé Fumago. Voy. ce mot. J. de S.
Fi]MACiO. Genre de Champignon qui se développe dans le mielhil excrété par des insectes [Aphis, Coccus, Chermès) sur les organes de diverses plantes soit à l'air libre, soit dans les serres. Ce Champignon thécasporé a été décrit par MM. Tulasne Sel. fung. Carpol., t. II, p. 279). 11 se présente sous trois états : le plus répandu est celui de Mycélium conidifère, dont on avait fait un genre sous le nom de Clados'pormm ; ce mycélium se segmente et produit un grand nombre de conidies brunes, qui s'agglutinent au miellat en formant l'enduit noir connu sous le nom de fumagine ; les filaments du mycélium ne s'insinuent pas dans les cellules de l'épiderme ou du parenchyme des feuilles ; aussi est-il difficile d'apprécier le degré de nocuité de ce Champignon qui n'est pas, à proprement parler, parasite. Le mycélium donne plus tard naissance à des pycnides ou conceptacles bruns allongés, d'où sortent des stylospores petites et hyalines, puis à des périthèces plus globuleux que les pycnides renfermant des thèques, dans lesquelles se développent les spores brunes allongées pluriseptées. Plusieurs plantes cultivées dans le midi de la France, les Oliviers, les Citronniers, les Orangers, sont sujettes à la fumagine, mais il est probable qu'elles souflient plus de l'action des Coccidés ou des Aphidés qui la précèdent et l'accompagnent que de la présence du fumago. Ce dernier pouvant se trouver sur des fruits ou des parties alimentaires des plantes, a-t-il une action sur l'homme ou sur les animaux? il n'existe pas, qneje sache, d'expérience ou d'observation probante qui puisse éclaircir ce point. J. de S.
FUMAMEliLl (AiNTomo). « Mis par Chiocco au nombre des médecins de Vérone, jouissait au seizième siècle d'une assez grande réputation en Italie et même dans les pays étrangers. On ne sait rien de son histoire, sinon qu'il s'éleva une violente dispute entre lui et son collègue Barthélemi Gajoni, touchant la manière d'agir du vin sur l'économie animale. Ses écrits sont encore consultés quelquefois aujourd'hui : on remarque qu'il ne s'y montre pas partout le sectateur aveugle de Galien, et qu'il conseille l'emploi d'un assez grand nombre de médicaments chimiques. » (Biogr. méd.)
I. Cnmmentarius de vino et facultatihus vini. Venetiis, 1536, in-4°. — II. Febrium digitoscendaruni et ciirandarum absoluta methodus. Accedit de balnei ferrari facultatibus, ferrique nalura, de balneis aquœ simplicis. Basilese, 154'2, in-i". — III. De compositione medicamentonim et pestis curatlone libri duo. Venetiis, 1548, in-S". — IV. Opéra multa et varia, cuin ad tucndam sanitatem, tum ad profligandos morbos plurimum conducentia. Tiguri, 1557, in-fol.; Parisiis, 1592, in-fol. (contient les ouvrages précédents et quelques autres encore de Fumanelli). L. Hn.
FUMARIA. Yoy. FUMETERRE.
FU.^IARIAC'ÉES. Famille de plantes dicotylédoues-polypétales à laquelle on a donné le nom delà Fumeterre (Fumaria), et qu'on s'accorde aujourd'hui à placer à titre de tribu ou de série distincte, sous le nom de Fumariées, dans la famille des Papavéracées. Elle s'y distingue par ses fleurs à verticilles dimères, les sépales étant d'ordin;iire petits et souvent squamiformes; par deux verticilles de pétales, dont un ou deux, appartenant au verticille extérieur, sont ordinaire-
FUMARIQUE (Acide). 527
ment dilatés, au-dessus de leiirinserLion, en un éperon ou casijuc plus ou moins saillant ; par des étamines en nombre défini (ordinairement 4) , libres ou diadelphes; par la nature de leur suc propre qui est, non pas laiteux, mais aqueux ou opalin. Ce sont des herbes, souvent annuelles, de petite taille, assez souvent grêles et grimpantes; fiéquemment, quand elles sont vivaces, pourvues d'une portion souterraine renflée et tubéreuse. Leur saveur est amère ; elles sont souvent indiquées comme apéritives, stimulantes, dépuratives, diaphorétiques. Les genres qui constituent ce petit groupe sont: Fumaria, Sarcocapnos, Adiumia, Corydalis, Dlcentra et Hypecoum [voy. ces mots). H. B.\.
BiBLioGUAPHiE. — Dc, Hyst . veg., II, 105; Prodr., I, 125. — Endl., Gen.;;/., 858. — Lindl., Veg. Kingd.iM, Ord. 158. — Rosexth., Syn. pi. diaplior., 627. — Benth. et Stook., Cien. pi., I, 54. —H. Bs., Hist. des pi., III, 121, 143
FUMARI\E. Alcaloïde à composition encore indéterminée, découvert dans la fumeterre officinale par Pescliier {Trommsdorffs Journal, Bd. XVll, p. 2, 80, et Bd. XX, p. 2, 16). On prépare ce corps par le procédé suivant, dû à Ilannon {Jahresber. der Chem., 1852, p. 550, et Journ. de Chim. méd., 3"'* sér., t. VIII, p. 705) ; les parties vertes de la fumeterre réduites en bouillie sont additionnées d'acide acétique et chauflées au bain-marie pendant plusieurs heures ; la liqueur filtrée, évaporée à consistance sirupeuse, est reprise par de l'alcool bouillant, qui dissout l'acétate de fumarine ; la solution alcoolique, soumise à l'évaporation, laisse déposer ce sel en aiguilles fines, qu'on traite par le noir animal pour les purifier.
Oa obtient encore la fumarine de la manière suivante : le suc de la plante, additionné d'eau, puis filtré, est précipité par l'acétate de plomb, puis traité par l'acide sulfurique qui s'unit à la fumarine pour former un sel soluble.
La fumarine, isolée en traitant ses sels par un alcali, se présente sous forme d'un précipité caillebotlé soluble dans l'alcool. La solution alcoolique, soumise à l'évaporation lente, laisse déposer cet alcaloïde sous forme de prismes rbomboïdaux à six pans, solubles dans le chloroforme, le sulfure de carbone et la benzine. Sa solubilité dans l'eau est très-faible, mais suffisante pour lui communiquer une réaction faiblement alcaline et une saveur amèie.
L'acide nitrique ne colore pas la fumarine à froid, mais si l'on concentre la liqueur par la chaleur, elle prend une couleur jaune brun. Broyée avec une goutte d'acide sulfurique, la fumarine se colore en violet foncé, qui passe au bi un par l'action d'un corps oxydant.
Les'sels de fumarine sont cristallisables et doués d'une saveur amère.