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FUMARIQUE (Acide). C*H*0* = Cjl j CO.OH ç^^ ^^.^^^ ^^^^^ ^,^^^^^^^ ^^^^
le règne végétal, a été découvert par Pfaff dans le lichen d'Islande [Cetraria islandica) et nommé par lui acide Hellénique [Journ. f. Chem, u. Pharm.y Bd. XLVII, p. 426), par Peschier et Winckler dans la fumeterre [Fumaria officinalis) (Winckler. Repertor. der Pharm.,M. XXXI, p. 48 et 568, etBd. XLVIH, p. 39 et 565), par Probst dans le Glaiicium luteum [Ann. der Chem. u. Phar., Bd. XXXI, p. 248). Il se trouve encore dans le Corydalis bulbosa et dans différents cbampignons, tels que truffes, morilles, Boletus ignarius, B. jiiglandis, B. laricis, etc., ce qui lui avait fait donner par Braconnot le nom à' acide bolétique. Cet acide se forme en outre par déshydratation de l'acide nialique (Las-
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saigne), par l'action de la chaleur sur ce même acide et sur l'acide maléique (Pelouze), d'où le nom d'acide paramaléique que lui a donné Pelouze à cause de son isomcrie avec l'acide maléique. Demarçay a démontré en 1854 {Ann. de chim. et de phys., t. LVl, p. 429) l'identité de l'acide de la fumeterre et de celui obtenu par Lassaigne et Pelouze; Scliœdler [Ann. der Chem. u. Pharm., Bd. XYII, p. 148) a de même mis en lumière l'identité de l'acide fumarique et de l'acide Hellénique, et enfin BoUey [Ann. der Chem. u. Phar., Bd. LXXXVl, p. 44) a montré celle de ce même acide et de l'acide bolétique de Braconnot.
Préparation. On peut obtenir l'acide fumarique en chauffant l'acide succinique brome ou en le soumettant à une ébuUilion prolongée avec de l'eau ; en chauffant avec de l'iodure de potassium ou avec du cuivre finement divisé de l'acide succinique dibromé ou de l'acide isosuccinique dibromé ; en. chauffant avec de la potasse de l'acide sulfosuccinique ou de l'acide sulfomaléique; en évaporant une solution d'acide pyromucique additionnée de brome; en chauffant l'acide malique un peu au-dessus de 150 degrés.
Ce dernier procédé est le plus simple, car vers 150 degrés l'acide malique se décompose presque complètement en acide fumarique et en eau; le plus souvent le précipité cristallin renferme à la fois de l'acide fumarique et son isomère l'acide maléique, mais ce dernier se décompose à son tour en acide fumarique par une ébuUition prolongée avec l'eau :
Acide Acide
malique. fumarique.
Dans la pratique, on chauffe ordinairement l'acide malique au bain d'huile jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs; puis on purifie l'acide fumarique par cristallisation. Il faut avoir soin de ne pas dépasser 150 degrés, car au delà de cette température l'acide fumarique se transforme en acide maléique anhydre qui distille.
On peut encore retirer l'acide fumarique directement des plantes qui le renferment ; nous ne donnerons avec quelques détails, d'après Gerhardt, que le procédé de Delffs [Poggendorffs Ann., Bd. LXXX, p. 455).
On précipite le suc de la fumeterre par l'acétate de plomb, on laisse sécher le précipité à l'air, après l'avoir lavé, et on en fait une bouillie avec de l'acide nitrique. Cette bouillie ayant été abandonnée pendant vingt-quatre heures, on la délaye dans un peu d'eau, on la jette sur un filtre, on lave le résidu avec un peu d'eau, et on l'épuisé avec de l'alcool ordinaire bouillant. On évapore ensuite la solution alcoolique, on dissout le résidu dans l'ammoniaque, on chasse par la chaleur l'excès d'ammoniaque, on enlève, s'il y a lieu, le plomb contenu dans la liqueur, et l'on évapore à cristallisation le fumarate acide d'ammoniaque. On purifie les cristaux par la presse et par de nouvelles cristallisations et l'on en précipite l'acide fumarique par un léger excès d'acide nitrique. Dix kilogrammes de fumeterre ont donné à Delffs, par ce procédé, un peu plus de 20 grammes d'acide fumarique pur.
Pour l'extraire du lichen d'Islande, on fait macérer celui-ci dans un lait de chaux pendant cinq à six jours ; on exprime la masse, on filtre, on évapore à demi-volume et on ajoute de l'acide acétique ; on fait bouillir et on verse goutte à goutte de l'acétate de plomb jusqu'à ce que le précipité qui se forme cesse d'être coloré. Le fumarate de plomb reste dissout ; on filtre la liqueur bouillante ; par
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le refroidissement il se dépose des aiguilles de fumarate de plomb qu'on décompose par l'acide sulfurique ou par l'hydrogène sulfuré. L"acide fumarique mis en liberté est décoloré par l'acide nitrique.
Propriétés. L'acide fumarique préparé au moyen de l'acide malique cristallise dans l'eau en larges prismes incolores et inodores, soit rhomboédriques, soit hexagonaux. Extrait de la fuvietcrre, il se présente sous forme d'aiguilles étoilées. Il est soluble dans 200 à 300 parties d'eau froide, plus soluble dans l'eau chaude ; une ébuUition prolongée n'altère pas celte solution. Il se dissout trèsfacilement dans l'alcool et l'éther. Toutes ces solutions ont une réaction acide très-franche et ne dévient pas le plan de polarisation.
L'acide fumarique fond diflicilement et se volatilise au-dessus de 200 degrés en se décomposant en partie en acide maléique anhydre et en eau. Soumis à l'électrolyse, en solution alcaline, il se décompose en acétylène et en oxygène qui se dégagent au pôle positif, et en acide succinique et hydrogène qui se rendent pôle négatif (Kékulé. Bull, de la Soc. chim., 1804, p. 242) •