‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 5 sur 126 · L. Un · texte numérisé non relu

L. Un

FRAXZEXSBAD (Eaux MINÉRALES ET BouEs de), (tthenncdes, sulfatées sodiques mouennea, bicarbonatées etcrénalées ferrugineuses faibles, carboniques fortes. C'est à Franzensbad, en Bohême, et non à Eger ou Egra, comme le croient beaucoup de personnes et même de médecins, qu'est l'établissement minéral. Eger, station du chemin de fer d'Heidelberg, ^yurzbu^g, Bamberg, est située à 4 kilomètres des sources de Franzensbad, exploitées encore par la municipalité de ceUo -ville, ce qui a été primitivement la cause de l'erreur que nous venons de signaler. Franzensbad, à 613 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur un ruisseau, appelé la Scblada, qui se jette dans l'Eger, est un charmant village, habité l'hiver par 500 habitants seulement, dont les rues sont laiges, aérées, pavées à leur milieu, garnies de belles allées sablées et plantées d'arbres. Toutes les maisons ont une élévation et une architecture cà peu près pareilles : elles sont presque toutes blanchies à la chaux, ce qui rend très-gai l'aspect extérieur de cette station minérale. La plaine des environs de Franzensbad est entourée de montagnes, dont les unes la séparent : au sud et à l'ouest, <ie la Bavière, au nord de la Saxe, et à l'est, du cercle d'Elbogener, qui appartient à la Bohême ; la plus grande élévation du pays est à Ârinaberg. Le climat de Franzensbad est très-doux et son air très-pur. Un grand et très-beau parc sert de promenade aux buveurs, lorsque le temps le permet; des galeries élégantes et spacieuses leur servent d'abri, quand il pleut. Il est rare, d'ailleurs, de trouver un séjour où tout soit aussi bien approprié au bien-être des malades. La saison commence le 15 ou le 20 du mois de mai, pour se terminer le 15 octobre.

Les sources de Franzensbad ne sont pas toutes dans l'intérieur de cette station, plusieurs sont disséminées dans le parc à une distance assez éloignée. \jQi sources principales sont au nombre de six, et voici les noms qu'on leur a donnés : Die Franzensquelle [\?i source de François), die Luisenquelle (la source de Louise), der Kalte Sprudel (le bouillonnement froid), die Salzquelle (la source Salée), die Wiesenquelle (la source de la Prairie), die Neuquelle (la source Nouvelle).

1" Franzensquelle. Son griffon émerge à l'extrémité et au milieu de la rue principale de Franzensbad. C'est la plus fréquentée, et c'est autour de son pavillon qu'on a dessiné un jardin anglais très-bien entretenu, dans lequel a été 'élevée une Trinkhalle avec les magasins qui la bordent. Le dôme de son pavillon est soutenu par douze colonnes cannelées, et au milieu, de l'aire dallée on granit de la fontaine est sa margelle aussi en granit. Cette source est entourée par une grille de fer, qui n'est ouverte qu'aux heures de la buvette, en dehors desquelles une herse aussi de fer couvre l'orifice de toutes les sources de Fi'anzensbad. La surface de l'eau est à 1 mètre 66 centimètres plus bas que son orifice, et trois jeunes filles y plongent la hampe garnie des verres destinés aux buveurs. En dehors du pavillon, et du côté de la Wiesenquelle, on a scellé deux tubes, qui versent sans cesse l'eau de la buvette des pauvres. Cet eau est limpide, inodore, d'une saveur à la fois ferrugineuse et amère. Des bulles gazeuses viennent s'épanouir à sa surface. Elle rougit instantanément les préparations de tournesol, et, la température extérieure étant à 1 7" centigrade, elle fait descendre le thermomètre à S^jS centigrade. Son poids spécifique est

FRANZENSBAD (Eaux minérales de). 25

de 1,00589. Nous en donnons l'analyse chimique à la suite de la description de la source de Kaltersprudel.

2" Luisenquelle. In bassin ovale de 8 mètres de longueur et de 6 de largeur contient l'eau de la source de Louise, entourée d'une grille de fer et surmontée d'un pavillon dont l'aire est sablée ; il est supporté par des colonnes de bois peint; huit fenêtres rondes et vitrées l'éclairent par sa partie supérieure. Cette eau n'a pas une complète limpidité, sa surface est recouverte d'une pellicule irisée et brunâtre. Des bulles de gaz assez grosses et ;issez nombreuses viennent s'épanouir sans effervescence et sans bruit au milieu du réservoir. Cette source est employée à l'extérieur seulement, et une pompe aspirante et foulante, dont le piston est mis en activité par un bras de levier, fait monter et conduit l'eau à l'établissement des bains Loimann. Elle rougit très-vite les préparations de tournesol; la température extérieure étant de 17" 5 centigrade, elle marque 10" centigrade. Sa densité est de 1,00005. On en trouvera l'analyse chimique à la suite de la description de la source suivante.

5" Kaltersprudel. Une pierre de granit, percée d'une ouverture d'un mètre de diamètre et supportant une grille de fer, entoure cette source, qui est à o mètres de distance de la source précédente et sous le même pavillon. Elle est tellement gazeuse, qu'à plus de 50 mètres de distance on en entend les bouillonnements, qui sont intermittents par l'intensité et l'éclat de leur bruit. L'eau du Kaltersprudel est très-claire, très-limpide, et son odeur piquante révèle la proportion assez grande de gaz acide carbonique qu'elle renferme. Elle a une saveur amère et salée ; elle rougit instantanément les préparations de tournesol. L'air extérieur étant à 17", 5 centigrade, elle abaisse la colonne thermométrique à 9° centigrade. Sa densité est de 1,00596. L'analyse de l'eau de la Franzensquelle a été faite en 1822 par Berzelius, celle des deux sources de Louise et de Kaltersprudel a été faite en 1819 et en 1828 par Trommsdorf. Ces savants chimistes ont trouvé que 1000 grammes contiennent les principes suivants :

FRANZENSODELLE.

LUISENQUELLE.

KALTERSPRUDEL

Sulfate de

soude

Chlorure d

le sodium . . . . •

Carbonate de soude ....

chauï . , . .

magnésie. . .

lithine ....

strontiane . .

oxyde de fer .

mangauèse. .

alumine • . .

Phosphate

de chaux ....

magnésie. . .

Silice. . .

Total des matières fixes. 5,020 Gaz acide carbonique libre , 1102", 62

4» Salzquelle. Pour se rendre du pavillon de la Luisenquelle et du Kaltor sprudel à la Salzquelle, il faut traverser le jardin anglais de la Franzensquelle, passer près du pavillon de cette source et suivre l'allée du parc de Franzensbad. Au bout d'une longue avenue sablée dont les bords sont garnis d'urbres et de massifs de fleurs se trouve un bâtiment servant à la fois de chapelle protestante à son milieu, de Trinkhalle à droite, et à ses deux extrémités de pavillons pour les deux sources de la Salzquelle et de la Wiesenquelle. Le pa-

26 FRANZENSBAD (Eaux minérales de).

villdh de gauche est celui de la Salzquelle dont l'eau est, comme celle de la Franzensquelle, exclusivement employée en boisson. Son aménagement et son captage ont une grande ressemblance avec ceux de cette dernière source. L'eau de la Salzquelle a une grande limpidité, des bulles de gaz montent sans cesse à son milieu surtout, et viennent s'épanouir à sa surface grosses et nombreuses : aussi, elle perle immédiatement les parois des verres dans lesquels on la puise. Elle pique fortement le nez lorsqu'on la boit, mais elle n'a aucune odeur sulfureuse. Le goût en est agréable, quoique un peu salé. Elle fait rougir plus prompfement encore que les autres sources la teinture de toui-nesol , et cependant elle contient, en réalité, moins d'acide carbonique que plusieurs d'entre elles. L'air du pavillon de la Salzquelle marquant 18° centigrade, l'eau est à 11" centigrade. Sa densité est de 1,00797, son analyse chimique est indiquée à la suite de la Neuquelle.

5° Wiesenquelle. Son pavillon est symétrique à celui de la Salzquelle, et leurs deux aménagements sont les mêmes. Ce qui frappe, en entrant dans le pavillon de la Wiesenquelle, c'est une odeur manifestement sulfureuse. L'eau de cette source est très-limpide ; des bulles gazeuses viennent s'épanouir en grand nombre à sa surface, mais en moins grande quantité toutefois que dans la Salzquelle. Sa saveur est à la fois salée et ferrugineuse, tout en étant sulfureuse. La Wiesenquelle contient à l'analyse une proportion plus considérable de gaz acide carbonique que la Salzquelle, et cependant elle rougit moins promptement les préparations de tournesol. La température de l'air extérieur étant de 21" centigrade, celle de l'eau est de 11° centigrade. Sa densité est de 1,00605. Son analyse chimique est au tableau de source la suivante.

6" JSeuquelle. Son pavillon est au milieu du parc, entre la Franzensquelle, la Salzquelle et la Wiesenquelle. Un kiosque rustique, dont le dôme est supporté par des colonnes formées par trois troncs de sapin juxtaposés, abrite cette source, entourée d'une grille de fer scellée dans une margelle de granit. La surface de l'eau est en contre-bas de 1 mètre 55 centimètres du niveau du parquet du pavillon, et deux tuyaux de bois viennent aboutir aux planches du captage intérieur qui, par des ouvertures correspondantes, emportent l'eau à l'établissement des bains de la Franzensquelle , car la Neuquelle est employée à l'extérieur plus qu'en boisson. On est surtout frappé, en entrant dans le chalet de la Neuquelle, de l'odeur sulfureuse de la source, plus marquée encore qu'au pavillon de la source précédente.' L'eau très-limpide de la Neuquelle a une saveur amère, ferrugineuse et hépatique. Le dégagement gazeux y est à peine sensible : aussi ne fait-elle que virer au rouge la teinture de tournesol. Sa température est de 12° centigrade, l'air extérieur étant à 1 9° centigrade. Berzelius a fait en 1822 l'analyse de la Salzquelle, Zembach a fait en 1838 celle de la Wiesenquelle, et M. le docteur Cartellieri, en 1852, celle de la Neuquelle. Ces chimistes ont trouvé, dans 1000 grammes de l'eau de chacune de ces sources, les principes suivants :

SAXZQnELLE.

Sulfate de soude 2,430

— potasse »

Chlorure de sodium 0,925

Carbonate de soude .... 0,370

A reporter.. . . 3,945 4,615 4,9159

WIESENQUELLE.

NECQDELLE.

FRANZENSBÂD (Eaux minérales de).

Beport 5,945 4,615

— chaux 0,160 0,150

— magnésie.. . . » »

— oxyde de fer . 0,008 0,015

— alumine. . . . 0,090 0,070

— lithine 0,003 0,005

— manganèse . . 0,001 0,00-1 Phosphate de chaux .... 0,003 0,005

— basique d'alumine. » »

Silice 0,055 0,052

Crénate de fer » 0,005

Fluor, lithium, strontiane,

manganèse, arsenic, acides

ciénique et apocrénique. . » »

Total des matières fixes . . 4,265 4,917

Gaz acide carbonique libre. . 725",6 820" ,2

— hydrogène sulfuré. ... » traces.

Total des gaz 72b",6 820",2

traces.

15%7441 traces.

le',7441

Il existe à Franzensbad deux établissements de bains : celui qui est près de la Franzensquelle et l'établissement dit du docteur Loimann. Ces deux maisons contiennent ensemble soixante-quinze baignoires dans soixante cabinets. Les salles de bains sont très-vastes, très-élevées, très-bien ventilées et très-propres. Les baigneurs y trouvent des douches de toute forme et de tout calibre. Ils y peuvent prendre aussi des bains avec la boue la plus estimée de toute la Bohême, et sur la composition de laquelle nous allons bientôt insister. L'installation et l'organisation des bains de gaz acide carbonique sont remarquables à Franzensbad. Les malades, s'ils le désirent, se mettent dans des baignoires recouvertes; mais on donne habituellement ces bains dans une salle où plusieurs personnes peuvent être réunies, s'asseoir tout habillées sur des sofas, avoir tout le corps, moins la tète, plongé dans le gaz pur apporté par des tuyaux d'un des points du voisinage du Gasbad, où l'acide carbonique se dégage du sol même et est reçu sous une cloche de cuivre. Les malades ont à leur disposition, à côté des bains gazeux, un appartement où l'on a établi tous les appareils nécessaires pour l'emploi de l'acide carbonique, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.

C'est dans la prairie, en face de la maison des bains du docteur Loimann, que l'on trouve la boue de Franzensbad. Elle est presque à fleur de terre et sa couche s'étend jusqu'à une profondeur de 4 ou 5 mètres. Des ouvriers l'extraient à la pelle, et, aussitôt qu'ils l'ont retirée, elle est remplacée par de l'eau dans laquelle l'analyse chimique constate la présence des principes contenus dans les sources, de sorte qu'elle a macéré dans de l'eau minérale. Les morceaux de cette boue restent exposés à l'air et au soleil pendant une année entière, elle n'est employée qu'après ce temps. Cette boue se trouve en si grande quantité dans tous les environs de Franzensbad qu'en se promenant dans les allées du parc on rencontre à chaque instant des points dans lesquels les pieds semblent appuyés sur un sol mouvant et élastique qui donne la sensation d'un tremplin et indique l'existence d'une tourbière. Nous allons donner l'analyse de l'eau qui remplace la boue après son extraction, et de la boue elle-même. Ces deux analyses ont été faites en 1856 par M. le docteur Cartellieri, qui a trouvé, dans 1000 grammes d'eau de macération et dans 1000 grammes de boue, les principes qui suivent:

28 FRANZENSBAD (Eaux minérales de).

Eau

de macération.

Sulfate de soude 11,4600

— potasse 0,1938

— magnésie 1,2411

— chaux 26,8934

— alumine 7,9358

— proloxjde de fer 97,7803

— — mani;auèse 0,5693

Bisulfaies 47,9390

Silice 0,5894

Acide ulmique 29,4407

Hydrate de chaux 0,1839

Eau 775,7475

Total général 1000,0000

L'analyse de la bouc a donne :

Phosphate de fer 1,8453

Bisulfures 28,4323

Sullures 5,3453

Soude 7,1348

Magnésie 1,5743

Alumine 2,S485

Chaux 1,2259

Stronliane 0,3955

Silice 2,5456

Acide ulmique 321,0572

Substances cireuses 18,4166

— résineuses 23,4999

— inappréciées 70,7532

Reste 155,1296

Total 1000,0000

L'analyse a démontré enfin à M. Cartellieri que 1000 grammes de tourbe, à l'instant de son extraction, fournissent :

Eau 824,2837

Parties solubles 44,5571

— insolubles 151,3372

Total 1000,0000

Mode d'administration et doses. La dose ordinaire des eaux de Franzensbad en boisson est de deux à six verres, tous les matins, à jeun, et de quart d'heure en quart d'heure ; les eaux se prennent habituellement pures, et avant le déjeuner; depuis quelques années seulement, on les boit aussi avant l'heure du souper. Bien que la cure interne soit le moyen de beaucoup le plus usité, les bains et les douches d'eau chauffée de la Franzensquelle, de la Luisenquelle et de la Neuquelle, les bains et les douches de gaz acide carbonique, les bains de boue, sont très-souvent employés comme adjuvants de la cure interne, lorsqu'ils ne constituent pas la médication principale.

La durée des bains d'eau est, en général, d'une heure, la durée des douches d'eau est de dix à quinze minutes. Les bains généraux de gaz sont le plus souvent de vingt minutes ; les bains locaux sont aflminietrés plus ou moins longtemps, et le jet d'acide carbonique est, en projection et en volume, en raison des effets que le médecin veut produire. Le temps que les malades doivent rester dans les bains de boue est de vingt minutes à une demi-heure.

FRANZENSBAD (Eaux minérales de). 29

Emploi thérapeutique. Les eaux de la Franzensquelle agissent surtout comme ferrugineuses ; celles de la Salzquelle et de la Wiesenquelle agissent principalement comme suUatées sodiqucs. Mais les différences que nous avons indiquées, eu rapportant leur analyse chimique, ne peuvent rendre un compte suflisant de l'effet des diverses sources tant sur l'homme sain que sur l'homme malade. Quoi qu'il en soit, toutes les sources de Franzensbad ont pour action d'être sinon purgatives, au moins laxatives en même temps que reconstituantes et légèrement excitantes. Leur composition élémentaire indique d'ailleurs ce triple effet. Leurs sulfates, et particulièrement le sulfate de soude, explitiuent leur vertu laxative; leur carbonate et leur crénate de fer leur action reconstituante, et enfin leur gaz acide carbonique leur propriété excitante. Elles sont sensiblement diurétiques. L'action physiologique des sources de Franzensbad, qu'elles soient conseillées en bains d'eau minérale, en bains gazeux ou en bains de boue, est de déterminer de l'excitation générale et de la rougeur de la peau.

En traitant de l'action thérapeutique de ces eaux à l'intérieur, nous allons avoir uTiiquement en vue les trois sources qui sont presque exclusivement employées en boisson, et nous allons voir que les indications de la Salz(juclle et de la Wiesenquelle, par exemple, ne sont pas les mêmes que celles de la Franzensquelle.

L'eau de cette dernière source est plutôt utilisée comme une ferrugineuse carbonique que comme une sulfatée moyenne, et elle trouve ses principales indications dans tous les états pathologiques où l'anémie est le symptôme prédominant.

Les chlorotiques des deux sexes, les anémiques de tous les âges et les convalescents detoutes les maladies longues, dont la période aiguë est terminée depuis un certain temps, se trouvent d'autant mieux d'une cure à la Franzensquelle, qu'en général toutes ces personnes sont consti})ées.

Les eaux légèrement sulfatées de cette fontaine opèrent, en effet, comme nous l'avons signalé en traitant de la Kreuzbrunnen de Marienbad {voy. ce mot), en tenant le ventre libre, en favorisant le retour des fonctions normales de l'intestin et en facilitant singulièrement le travail de la digestion, et, par conséquent, celui delà nutrition tout entière. Il est une application de la Franzensquelle que les médecins de cette station ont souvent l'occasion de faire : nous \oulons parler de l'emploi des eaux de celte fontaine dans certaines anémies consécutives à des pertes de sang considérables, provenant d'un flux cataménial trop abondant chez les femmes qui sont arrivées surtout à leur âge de retour, ou dans certaines faiblesses qui se sout montrées après des écoulements hémorrhoïdaires trop accentués. La Franzensquelle a la propriété de modérer et de régulariser ces pertes de sang habituelles, en redonnant du ton et en faisant reprendre aux malades leurs forces quelquefois perdues depuis longtemps déjà. Dans les aménorrhées, les dysménorrhées et les leucorrhées chez les femmes, dans les pertes séminales chez les hommes, lorsque ces pertes coïncident avec un grand état d'épuisement, les eaux de la Franzensquelle ont un elfet favorable à peu près constant. Dans quelques névralgies et dans quelques névroses liées à un état d'appauvrissement du sang, les eaux de cette source donnent des guérisons trèsremarquables. Les eaux de la Salzquelle et de la Wiesenquelle, tantôt pures, tantôt coupées de petit-lait, sont employées toutes les fois que le tube digestif a besoin d'être stimulé pour remplir convenablement ses fonctions ou qu'il faut augmenter la sécrétion folliculaire ou glandulaire.

30 FRANZENSBAD (Eaux minérales de).

Ainsi, c'est à l'une de ces deux sources, et quelquefois même à toutes les deux, que les malades doivent aller boire, quand il convient d'exciter l'activité du canal intestinal ou des organes qui en sont les annexes. Dans beaucoup d'affections de l'estomac, du foie, de la rate, du pancre'as, où il est utile de provoquer des évacuations sans trop affaiblir, en tonifiant même la plupart du temps, les sources de la Salzquelle et de la Wiesenquelle sont parfaitement indiquées. Il en est de même lorsqu'il s'agit de maladies bronchiques ou pulmonaires, dans lesquelles il est nécessaire de produire doucement un effet révulsif sur l'intestin et de déplacer des inflammations ou des catarrhes devenus chroniques. La sulfuration légère de la Wiesenquelle et de la Neuquelle doivent les faire préférer alors, ainsi que lorsqu'il y a sécrétion anormale de mucosités venant de la membrane qui tapisse l'intérieur de la vessie. Leur action diurétique, laxative, tonique et modificatrice, amène quelquefois des améliorations très-rapides et durables. Enfin l'usage interne de la Salzquelle, de la Wiesenquelle et de la Neuquelle, devra aussi être prescrit aux hémorrhoïdaires et aux femmes gênées par des pertes utérines excessives, lorsqu'il est moins utile d'employer les ferrugineux que les laxatifs et les sulfureux légers.

Nous n'avons rien à dire de particulier de l'action thérapeutique des bains et des douches d'eau chauffée ; nous n'avons rien à ajouter non plus à ce que nous avons dit des bains gazeux carboniques ; nous nous contentons d'indiquer ici les circonstances où les bains de boue sont particulièrement utiles. On les prescrit surtout dans les affections où l'on veut agir sur toute la périphérie du corps, en appelant à la peau une stimulation énergique, avec l'intention soit de déplacer une douleur profonde, comme dans les rhumatismes et quelques névralgies, soit de ramener des mouvements abolis, comme dans les paralysies qui ont apparu à la suite de ces dernières maladies, soit dans d'autres états pathologiques, comme plusieurs névroses dans lesquelles il convient de tonifier. Et alors il faut, suivant les cas, employer concurremment avec les bains généraux ou locaux de la boue de Franzensbad délayée dans l'eau minérale chauffée, les eaux en boisson de la Franzensquelle, de la Salzquelle, de la Wiesenquelle ou de la Neuquelle, afin d'agir dans le même sens, soit sur l'intestin, soit sur toute l'économie, en réparant les forces du malade.

La durée de la cure est d'un mois, en général.

On exporte surtout l'eau de la Franzensquelle et de la Wiesenquelle.

A. ROTCREAD.

Bibliographie. — Adler (Bernard). Dissertatio de acidulis Egranis. Yienne, 1782, in-8". -^ Redss (A.). Chemisch-medicinisclte Beschreibung des Kaiser Framensbades. Prag., 1794. Eger, 1816. — Gradmann (G.-J.-M.'). Kurze Darstelhing der Hcilquellen im K. Mineialwasser zu K. Franzensbad bel Eger. Prag-., 1817-1818. Wien, 1825.— Osann und Trommsdorf. Die Mineralquellen zu Kaiser Franzensbad. Berlin, 1822-1828. — Hecht (J. A.). Kurze Darstellung der Analysen, Wirkungenund Anwendung der Mineralquellen zu K. Franzensbad, elc. Eger, 1824, in-S». — Kretsig (F.-L.). Veber den Gebrauch, etc. Leipz., 1825. Trad.fr. sur la 2= éd. , s. ce titre : De l'usage des eaux miner, natur. et artific. de Carlsbad, Ems, Marienbad, Eger, PijrmoiH et Spa. Leipzig et Paris, 1829, in-12. — Kôstler. Medicin. Abhandlung iiber die Egerische Salzquelle. W'ien, 1827. — Yassimont (baron de). Traité des eaux miner, de Franzensbad, près d'Egra, en Bohême. Egra, 1850. — Goxrath. Ueber die neuen Bade-Anstalten zu K- Franzensbad und die hier erst erfundene verbesserte Méthode Kohlensâure Eisenwâsser auf Flaschen zu fiillen und zu verbessern. Prag., 1830, in-8°. — Cartellieri (Paul). Die Ileilkrâfte Kaiser Franzensbad' s hei Eger in Bôhmcn. Prag., 1846, iQ-8''. — Du même. Monographie der Mineralmoorbàder zu Franzensbad bei Eger in Bd/tmen. Prag., 1852, in-8°. ^ BoscHAN (Frédéric). Essai sur les bains de boue ferrugineuse et saline de Franzensbad, (près Egra, en Bohême), et sur leurs effets thérapeutiques. Leipzig, 1852, in-8°. — Loimahn

FRASER (Les). 31

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FRitRI (Angelo). Médecin italien, né vers J785, exerça l'art de guérir d'abord à Spalatro, en Dalmatie, puis à Venise, où il devint premier médecin, conseiller actuel du gouvernement, rapporteur sanitaire auprès du gouvernement (29 juillet 1825), président du Comité de santé maritime, etc. L'empereur d'Autriche lui décerna la médaille d'or du mérite civil pour services rendus pendant l'épidémie de peste qui désola la Dalmatie. Notre auteur étudia soigneusement cette terrible maladie et publia plusieurs ouvrages intéressants à son sujet.

Frari était membre de plusieurs académies et sociétés savantes italiennes et étrangères. Nous connaissons de lui :

I. Sulla peste e sui mezzi di preservarsene e di curarla ; opéra diretta pnrticolarmentc alV utile délia Dalmatia. Spalatro, 1817, 2 vol. in-8°. — II. Storia délia fcbbre epidemica che régna a Spalari e luoghi vicini nelV anno 1817. Padova, 1818. — H[. Délia conoscenza, preservuzione e cura délia peste e di quanta appartiene alla pubblica amministraiione sanitaria, con opposite figure incise inrame. Verona, 1822, in-8°. — IV. Délia peste e délia pubblica amministratione sanitaria. Venezia, 1840, in-8°. L. Hs.

FRJ&.SCATA (Gabriel). Médecin italien, naquit à Brescia, vers 1520. Il se fit recevoir docteur à Padoue, puis se fixa à Pavie, où il acquit, paraît-il, une réputation colossale ; tous les personnages plus ou moins haut placés venaient le consulter. Son traité sur les eaux de Retorbio, près de Pavie, 4édié au roi Philippe II d'Espagne, eut un succès tel, que le roi, satisfait des rapports avantageux qui lui furent faits sur son compte, voulut avoir son auteur pour médecin particulier. Frascata se disposait à partir pour Madrid, quand il tomba malade à Pavie; il mourut le 20 janvier 1581.

Frascata s'est occupé en outre de belles-lettres, de poésie et d'astrologie ; il a publié divers ouvrages sur ces matières, sous le pseudonyme de Rapito, dans le recueil de l'Académie des Affidati, dont il était membre. Nous citerons seulement de lui :

De aquis Returbii Ticinensibus commentarii, mineras, facultales et usum earum explicantes. Pavie, 1575, 111-4°; ibid., 1580, in-4°. L. Hn.

FRA.SER (Les). Nom porté par un grand nombre de médecins anglais, parmi lesquels :

Fraser (William-Mackines). Naquit dans Fîle d'Antigoa, étudia la médecine à F Université d'Edimbourg, et y prit le bonnet de docteur le 12 juin 1775, Il devint licencié du Collège des médecins de Londres, le 50 septembre 1785. En 1795, nous le trouvons exerçant la médecine successivement à Southampton et à Bath ; peu après il se fixa à Londres. Il mourut à Shornbrook, près de Bedford, le 22 septembre 1807; peu auparavant il avait obtenu la charge de médecin extraordinaire du prince de Galles. Voici le titre de sa dissertation inaugurale :

Diss. inaug. de sanguinis detractione. Edinburgi, 1775. L jji^

Fraser (HENRy). Médecin qui exerçait à Londres au commencement de ce siècle. On lui doit plusieurs ouvrages estimés :

5'2 FRASERA.

I. Observations on Vaccine Inoculation, tending la confule the Opinion ofDr. Rowley and others. London, 1805, in-8'. — II. Treatise on Epilepsij, and the Use of the Visciis Quercinus or Misle Toe of the Oak, in the Cure of that JH.sease. — Wl. An Essaij on the Shoulder- Joint Opération, principal lij deduced from Analomicnl Observations. London, 1813, in-8. (Se trouve au nom de cet auteur dans le catalogue de la bibliothèque de la Société médicochirurgicale de Londres; Calli>en l'attribue, probablement à tort, à VVilliam-NVemyfsFiaser.) — IV. The Historij of a Case of Diabètes mellitus successfuUy treated. In Edinb. Med. a. Surg. Journ., t. II, n" 5, p. IG, 1826. L. Un.

Fraser (WiLLiAM-WEMyss). Médecin de l'armée anglaise, fut vers 1825

inspecleur des hôpitaux et surintendant médical des quarantaines à Gilbrallar;

nous le retrouvons ensuite à Liverpool , investi des fonctions d'inspecteur

général des hôpitaux. C'est dans cette ville qu'il mourut, le 18 mai 183:2. On a

de lui :

1. A Letter addressed ta his Excellency the Right Honorable General Earl of Chalham, K. G. Governer of Gibraltar, etc., relative to the Fébrile Distempers of that Garrison. London, 182ti, in-8°. — II. Case of Death from Swallowing a Quantitij ofOxalic Acid, with Observationes. In Edinb. Med. a. Surg. Journ., t. XIV, p. 607, 1818. L. Hs.

Fraser (Alexander). Accoucheur de mérite, né en Ecosse, vers 1774, étudia la médecine à Edimbourg et fut reçu docteur à cette Université en 1799. Il résida d'abord à Wisbech, dans le Cambridgeshire, puis se fixa à Aberdeen, où il fut nommé professeur d'accouchements. L'époque de sa mort Jious est inconnue. Nous citerons de lui :

I. TAss. inaitg. de phthisi pulmonali. Edinburgi, l'i99, in-8°. — II. Some Observations on Ctjnanche laryngea, illustrated by Cases. In London Med. Repository , t. V, p. 453, 1816. L. Hiy.

Fraser (Patrick). Né vers le commencement de ce siècle, fut reçu licencié du Collège royal des chirurgiens d'Edimbourg, en 1828, docteur en médecine à l'Université d'Aberdeen en 1836, membre du Collège royal des médecins de Londres en 1839. 11 servit dans l'armée comme médecin d'élat-major, pendant la guerre de la Restauration au Portugal, et à cette occasion obtint le titre de médecin extraordinaire de la reine de Portugal. Il fit avec le même grade la campagne de Crimée, puis se retira à Londies, oij il remplit diverses charges qu'il serait trop long d'énumérer. On a de lui un traité : On Penetrating Wounds of the Chest, et divers articles dans Médical Gazette, Lancet et Unit. Serv. Journal.

Fraser (James). Naquit vers 1820, fut reçu licencié de la Faculté de médecine et de cliirurgie de Glasgow en 1844, fellow en 1851 ; en 1854 il prit siimmi in medicina honores à Kings' Collège, à Aberdeen. 11 remplit alors pendant plusieurs années avec distinction les fonctions de médecin et de professeur de clinique médicale à l'Infirmerie royale de Glasgow, d'inspecteur médical des ports de la Clyde, et de président de la Société de médecine de Glasgow. Il se fixa ensuite à Gatehouse-on-Fleet, dans le Kirkendbrightshire, où il mourut en 1870. Il a pid)iié The Emigrant's Médical Guide et un grand nombre d'articles dans les journaux de médecine d'Edimbourg et de Glasgow. L. Hn.

FRASERA. Walter. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la lamille des Gentianées. La seule espèce intéressante de ce genre est le Frasera Carolinensis Walt. {Frasera Walteri Mich.), grande plante herbacée, glabre, à feuilles oblongues lancéolées, les inférieures spatulées; les fleurs sont en pa-

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aïeules pyramidales. Elles ont un calice quadripartite, une corolle jaune verdâtre marquée de taches pourpres à quatre divisions oblongues, mi-croisées, portant en leur milieu sur la face interne une grosse glande arrondie. Les e'tamines, au nombre de 4, sont réunies à la base du fil. Le Iruit est une capsule ovale aplatie, s'ouvrant en deux valves et contenant des graines comprimées, élargies et marginées.

La Frasera Carolinensis Walt, vient aux États-Unis dans les terrains fertiles; on la trouve depuis l'État de New-York jusqu'au Kentucky. Elle porte le nom de Colombo américain. Sa racine amère a été en effet envoyée quelquefois en Europe sous le nom de Colombo. Mais il est facile de la distinguer du Colombo véritable [voy. Colombo).

Bibliographie. — De Canholle. Prodromus. — E>'dlicher. Gênera plantoruni. — Asagrav. Botamj of tlie Northern United States, 2° éd., p. 344. — Guidourt. Drogues simples, 7» édit., m, 757. Pi..

FRAUEXDURFFER (Philipp), Médecin allemand, né à Konigsmesen, dans la Haute-Autriche, vers 1650, mort en 1702, à Brunn, en Moravie, où il exerça longtemps l'art de guérir et fut médecin provincial. 11 était membre de l'Académie des curieux de la nature sous le nom à'Herodicus. Outre un grand nombre de mémoires insérés dans les éphémérides de cette savante compagnie. Frauendôrffer a publié :

I. Opuscuhun de morbis mulierum. Norimberg., 1690, in-12. — II. Spolia Hippocratica, seu textus et sententiœ ex libris Aphorismoriun, Prœnotionum, Pra'dictioniun, de Indicationibus Hippocratis, collecta'. Brunn, 1699. — III. Tabula smaragdina medico-pkarmnceutica in qua oclogentorum sélect issimorum medicamentorum , in nullo dispensalorio

obvioruni, accurata descriplio traditur. Norinib., 1669, in-12; ibid., 1715, in-12.

IV. Oniscographia curiosa, seu tractatus de asellis, viilgo niillepedibus. Brunn, 1700, m-12.

La biographie médicale mentionne encore un autre :

Frauendôrffer (Simon). Vivait au dix-septième siècle. Il a publié : Apotheke fur die bôsen Weiber. Frauenberg, 1690, in-12; ibid., 1713, in-12. L. 1I.\.

FRAUEXFELD (Georg von) . Célèbre naturaliste autrichien, mort à Vienne le 8 octobre 1875, à l'âge de soixante-sept ans. Il avait pris part à l'expédition de la frégate ISovara, et fut le premier conservateur du cabinet de zoolonie de la cour impériale d'Autriche. Frauenfeld a publié un assez grand nombre d'ouvrages sur la zoologie, qu'on trouvera énumérés dans la Bibliotlieca historico-naturalis de Garus et Engelmann, et divers mémoires publiés dans les Denkschriften et les Sitzungsberichte de l'Académie des sciences de Vienne, dont il était membre.

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