L. Hn
FRAtlivnOFER (Joseph von). Savant opticien et physicien allemand, né à Straubing, le 6 mars 1787, mort à Munich le 7 juin 1826, doit être cité dans ce dictionnaire pour ses travaux si remarquables sur les raies du spectre solaire et la diffraction de la lumière. Ses commencements furent pénibles; d'abord apprenti chez un tailleur de verre et fabricant de glaces de Munich il réussit en 1806 à se faire nommer opticien à l'Institut mathématique de Reichenbach, Utzscheider et Liebherr, puis sn 1809, devint l'un des directeurs de l'Institut optique fondé par les deux premiers, à Benedictbeuren, et en 1818,
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seul directeur de cet établissement. Plus tard, en 1823, lors de la translation de cet Institut à Munich, il fut nommé professeur, membre de l'Académie et conservateur du cabinet de physique. Parmi les instruments inventés et perfectionnés par Fraunhofer, nous citerons un héliomètre, un micromètre filaire répétiteur à lampe, un microscope achromatique et le grand télescope parallactiqiie de Dorpat. 11 a publié :
I Bestimmunq des Brerlmngs- und des Farbenzersireiings-Vermôgens verschiedener Glasarten, etc. InDenkschr. Miuich. Acad., M. V, 1814-1815. Exlr. in GilberVs Annal., Bd. LVI, 1817; en français in Schumacher s aslr. Ahhandl., H. 2, 1823.— II. Neue Modification des Lichts durch gegenseilige Einwirkung und Beiigung der Strahlen, etc. Ibid., Bd. VIII, 1821-182-2. Extr. in Gilb. Annal, Bd. LXXIV, 1823 ; en franc, in Schum. astr. Abh.,
Bd*. II 1823. III. Autres mémoires sur les instruments construits par lui dans Denkw.
Mûnch. Académie. ^- "'''•
FRAXII¥E OU PAViii^È. Glycoside découvert en 1853 par Mandet [Bull, thérap., t. XLIV, p. 471) et en 1856 par Salm-Horstmar [Pogg. Ann.,M. XCVII, p. 657 ; Bd. C, p. 607 ; Bd. CVII, p. 527) dans l'écorce de Fraxinus excelsior L. et de F. ornus L. Ce composé, comme l'ont fait voir Stockes et Rochleder, peut être retiré en outre de l'écorce à'Aesculus hippocastanum L., d'I. Pavia L., etc., et est identique à la paviine, découverte dans l'écorce du marronnier par Pavia. D'après Rochleder, la fraxine aurait pour formule C'^H^^O'" ; d'après les recherches de M. Wurtz, C^m-W' (Répert. de chim. pure, t. I, p. 473).
Préparation. Pour obtenir la fraxine par le procédé de Salm-Horstmar, on épuise par de l'eau bouillante l'écorce de frêne cueillie au moment de la floraison ; on filtre, on traite par l'acétate neutre de plomb et, après une nouvelle filtration, on ajoute du sous-acétate de plomb ; le précipité formé est lavé, mis en suspension dans l'eau et soumis à un courant d'hydrogène sulfuré ; on filtre, on fait évaporer à consistance sirupeuse, et on laisse séjourner vingt-quatre heures, on lave à l'eau froide et à l'alcool les cristaux obtenus et on les purifie par une nouvelle cristallisation dans l'alcool.
Le procédé de Rochleder est un peu différent ; l'écorce du marronnier est épuisée par de l'alcool fort, puis la liqueur traitée par une solution alcoolique d'acétate neutre de plomb ; on décompose ensuite le précipité obtenu par l'hydroo-ène sulfuré ; on filtre, on fait évaporer à. siccité dans le vide et on reprend le résidu par une petite quantité d'eau glacée, qui dissout le peu de tannin resté dans la liqueur et abandonne la fraxine peu soluble dans l'eau froide ; les cristaux obtenus sont purifiés par une nouvelle cristallisation dans l'alcool bouillant. Propriétés. La fraxine se présente sous forme d'aiguilles d'un blanc jaunâtre, d'une saveur amère et astringente, mais dépourvues d'odeur; elle est trèspeu soluble à froid dans l'eau et dans l'ulcool, mais elle se dissout facilement sous l'influence de la chaleur. Eiî solution concentrée, la fraxine est jaune et offre une réaction acide ; en solution alcoolique ou aqueuse étendue, elle présente le phénomène de la fluorescence bleue, principalement si on y ajoute une trace d'alcali ; les acides font disparaître la fluorescence. Du charbon animal, a"ité avec une solution alcoolique de fraxine, enlève celle-ci entièrement.
La fraxine fond à 520 degrés et forme un liquide rouge qui, par le refroidissement, se transforme en une masse amorphe; la fraxine desséchée à 117 degrés, c'est-à-dire non entièrement privée d'eau, fond déjà à 190 degrés (Rochleder). Quand on soumet la fraxine à une température supérieure à 320 degrés, elle est décomposée en une masse charbonneuse et en un composé cristallin sublimé
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et dont la solution dans l'eau présente le phénomène de la fluorescence bleue ; l'addition d'une faible fjuantité d'ammoniaque lui communique une teinte jaune.
Sous l'influence des alcalis, la fraxine prend une coloration jaune de soufre; la solution aqueuse de fraxine est colorée en vert par le sesquichlorure de fer et il se forme un précipité jaune-citron; traitée par l'acétate de plomb ammoniacal, elle laisse déposer un précipité jaunâtre.
Les acides faibles décomposent la fraxine en glycose et en fraxétine (Salm- Ilorstmar) :
Fraxine. Fraxciinc. Glycose.
D'après Rochleder, la réaction devrait se formuler de la manière suivante :
Fraxine. Fraxétine. Glycose.
La fraxétine est incolore, inodore, douée d'une saveur astringente et à ré.action acide ; elle est très-peu soluble dans l'eau, un peu plus dans l'acool et l'élher; sa dissolution alcoolique bouillante laisse déposer, par le refroidissement, des aiguilles microscopiques.
La fraxétine fond vers 228 degrés et cristallise par le refroidissement; elle se dissout dans l'acide sulfurique, en prenant une coloration jaune intense ; la fraxétine projetée dans l'acide nitrique, colore cet acide en violet, et, api'ès lui avoir fait prendre successivement plusieurs teintes, finit par le décolorer.
Pour Vemploi thérapeutique, voy. Frêne.