L. Hk
FURFURIWE. C^^H'^Az'O^. Composé basique, isomère avec la furfuramide, découvert par Fownes en 1843. Elle se forme en soumettant à la chaleur la furfuramide ou en faisant bouillir cette dernière avec une dissolution étendue de potasse. La transformation s'opère dans l'espace de dix à quinze minutes. On laisse refroidir et la furfurine se dépose sous forme d'une huile jaunâtre qui ne tarde pas à se solidifier. Pour obtenir la furfurine pure, on traite le résidu cristallin ainsi obtenu par l'acide oxalique en solution étendue et bouillante ; le bioxalate formé est dissous dans de l'eau chaude et purifié au moyen du charbon animal ; on fait bouillir et on traite par l'ammoniaque ; par l'évaporation on obtient des cristaux de furfurine pure.
On obtient encore la furfurine en se mettant du furfurol chauffé à d 1 0 degrés à un courant de gaz ammoniac. La réaction est terminée en une heure (Bertagnini).
La furfurine cristallise en longues aiguilles blanches et soyeuses, insolubles dans l'eau froide, solubles dans 155 parties d'eau bouillante, très-sulubles dans l'alcool et l'éther, sans odeur ni saveur. Elle fond au-dessous de 100" (Fourier), à 116° (Schiff), en un liquide huileux, presque incolore. Le chlore et le brome la décomposent totalement ; l'iode la décompose partiellement avec formation d'iodhydrate de furfurine.
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La furfurine neutralise les acides^ les plus e'nergiques, en formant des sels cristallisables, offrant la plupart une saveur très-amère. L. Hn.
FURFUROL. C^n*0^ Le furfurol (de fiirfur, son, et oleum, huile), encore appelé huile de son ou fur fur aldéhyde, est une substance huileuse que l'on obtient en même temps que de l'acide formique, en soumettant à l'action de la chaleur un mélange de sucre, d'amidon ou de bois avec de l'acide sulfurique et du peroxyde de manganèse. Dœbereiner {Ann. der Chem. u. Pharm., Bd III, p. m, 1831) qui observa ce corps pour la première fois, lui donna le nom d'huile artificielle de fourmis. Il fut étudié ensuite spécialement par Stenhouse {Ann. der Chem. u. Pharm., Bd. XXXV, p. 301; Bd. LXXIV, p. 278), par Fownes {Ibid., Bd. LIV, p. 52), qui lui donna son nom de furfurol et en détermina la composition atomique C^H*0^ ; par Cahours {Ann. dechim. et dephys., 5""^ sér., t. XXIV, p. 277 et 281), etc. On peut exprimer par l'équation suivante la réaction qui donne lieu à la production de furfurol et qui semble consister simplement dans une oxydation des matières sucrées ou amylacées:
CmioQô ^ 0^ = CO^ 4- C^H'^O^ -+- 3Il-'0.
Cependant, d'après Gudkow {Zeitschr. Chem., p. 560, 1870), ni la farine d'amidon, ni la cellulose, ni les substances albuminoïdesdu son ne seraient susceptibles de donner du furfurol ; ce dernier se formerait aux dépens d'un principe spécial, contenu dans l'enveloppe des grains d'amidon ou de fécule et qui se trouverait dans les excréments en cas d'alimentation avec du son, etc., serait insoluble dans l'eau, mais soluble dans une solution étendue de potasse ou d'acide sulfurique; ce même principe soumis à l'ébullition avec de l'acide sulfurique trcs-étendu, se transformerait en une matière saccharine et donnerait du furfurol par la distillation avec l'acide sulfurique.
Préparation. Le procédé le plus usité consiste à distiller un mélange de 6 parties de son, 5 parties d'acide sulfurique et 12 parties d'eau. Aussitôt que, sous l'influence de la chaleur, le mélange s'est fluidifié, on lute l'alambic et on chauffe davantage ; il se produit en grande quantité de l'acide sulfureux qui se dégage en même temps que l'eau distillée ; on cohobe à plusieurs reprises, en prenant la précaution de neutraliser par de la chaux hydratée le dernier produit de la distillation. On continue la distillation et finalement il passe une eau trèschargée de furfurol ; on ajoute du chlorure de calcium à la liqueur pour faciliter la séparation de ce principe. On dessèche le furfurol obtenu et on rectifie une dernière fois. Le rendement par ce procédé est d'environ 2,75 pour 100.
De Babo prépare le furfurol en soumettant à la distillation une pâte épaisse formée en mélangeant 15 parties de son avec 5 ou 6 parties de chlorure de zinc et une faible quantité d'eau. Il passe dans le récipient de l'alambic, de l'eau, de l'acide chlorhydrique, du furfurol et une substance grasse qui paraît être un mélange d'acide margarique avec une petite quantité d'un hydrocarbure. On continue Lopération jusqu'à ce que le contenu de l'appareil distillatoire commence à secharbonner. La liqueur distillée est filtrée sur un linge qui retient la matière grasse, puis neutralisée par la potasse ; on la sature ensuite avec du sel marin et on la soumet à une nouvelle rectification. Enfin, on ajoute du chlorure de calcium et on termine comme dans le procédé ci-dessus.
Le procédé de De Babo ne serait pas applicable à l'amidon et à la pectine.
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D'autre part, le son ne donnerait pas de furfurol si on substituait le chlorure de calcium au chlorure de zinc.
D'après Stenhouse, le furfurol s'obtiendrait en même temps que la garancine, en chauffant de la garance avec de l'acide sulfurique. D'après Williams il se formerait du furfurol en chauffant du bois avec de l'eau vers 200°, et d'après Vœlckel, par la carbonisation du bois à une température aussi basse que possible ; ces derniers faits sont en contradiction avec les idées de Gudkow indiquées plus haut . Enfin, le furfurol se rencontre dans les substances huileuses obtenues parla distillation sèche du sucre (Vœlckel).
Propriétés. Le furfurol pur est un liquide oléagineux, presque incolore, d'une odeur qui rappelle à la fois celle de l'essence d'amandes araères et celle de l'essence de cannelle, d'un goût particulier, comme épicé. Il est très-réfringent. Exposé au contact de l'air, il s'altère peu à peu et finit par noircir. Son poids spécifique à 15° est de 1,68; sa densité de vapeur de 5,34. 11 bout à 162«,5 (Cabours), à 166° (Stenhouse).
Le furfurol pur est assez solubJe dans l'eau, très-soluble dans l'alcool ; il se dissout à froid dans l'acide sulfurique ou l'acide chlorhydrique concentrés sans coloration ; s'il n'est pas suffisamment pur, il se développe une coloration rouge; à chaud, ces acides le charbonnent. Traité par l'acide chromique ou par l'acide sulfurique en présence du peroxyde de manganèse, le furfurol se décompose ; sous l'influence de l'acide azotique étendu et chaud, il se transforme en acide oxalique.
Les alcalis résinifient le furfurol; en le traitant avec précaution par une solution alcoolique de potasse, on obtient du pyromucate de potassium et de l'alcool du furfurol, C^ll^O^. Ce dernier composé se forme en outre, quand on traite le furfurol par l'amalgame de sodium.
Gerhardt avait pensé que le furfurol pourrait bien être l'aldéhyde correspondante à l'acide pyromucique ; cette opinion a été confirmée par Schultz, qui a obtenu du pyromucate d'argent en faisant bouillir de l'oxyde d'argent avec une solution aqueuse de furfurol. Du reste, ce corps est doué, comme les aldéhydes, de la propriété de se combiner avec les bisulfites alcalins.
Le gaz ammoniac ou l'ammoniaque liquide transforment le furfurol en furfuramide [voy. ce mot); le sulfure d'ammonium le transforme en furfurol sulfuré ou tkio furfurol (Cahours), G^H*SO, corps qui se forme en outre par l'action de l'hydrogène sulfuré sur une solution alcoolique de furfuramide.
Le thiofurfurol se présente ordinairement sous la forme d'une poudre blanche cristalline, qui fond sous l'influence de la chaleur, puis se sublime en petits cristaux; ce sublimé, repris par l'alcool, donne par évaporation des aiguilles jaunâtres de pyro furfurol, peu solubles dans l'eau chaude, trèssolubles dans l'alcool chaud et l'éther.