‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 7 sur 126 · L. IIahx · texte numérisé non relu

L. IIahx

FRAxm'ELLE [Fraxlnella Dlctamnus ou Dictamnus Fraxinella I'ers.) Plante herbacée, vivace, qui croît en Europe et dans PAsie tempérée, et qui appartient à la famille des Rutacées, série des Rutées, dont elle représente lu forme irrégulière. Les fleurs sont hermaphrodites, pentamères, et leur réceptacle convexe porte un calice de cinq sépales presque égaux, disposés dans le bouton en préfloraison légèrement imbriquée, et une corolle de cinq pétales alternes, libres, pourvus d'un onglet étroit. Ils sont d'un rose un peu terne dans la plante sauvage, et l'on en cultive dans les jardins une forme à fleurs blanches, que l'on a considérée aussi comme une espèce nouvelle sous le nom de Dictamnus albus. Les pétales sont un peu inégaux, différents un peu les uns des autres par leur teinte dans le type à fleurs roses. Ils sont imbriqués de telle façon que l'antérieur recouvre dans le bouton les deux latéraux, et que ceux-ci recouvrent eux-mêmes les deux postérieurs. Lors de l'anthèse, les quatre postérieurs se déjettent du côté de l'axe, tandis que le cinquième, étalé en avant forme à lui seul une sorte de lèvre antérieure. Les étamines sont hvpoovnes' au nombre de dix, et superposées, cinq aux sépales, et cinq, un peu plus courtes, aux pétales. Toutes sont formées d'un filet libre, chai'ffé de "landes saillantes, et d'une anthère biloculaire, introrse, déhiscente par deux fentes lono-iludiiiales, presque latérales. Toutes se déjettent aussi, lors de l'épanouissement du côté antérieur de la fleur. Le gynécée est supporté par un pied cvlindro-conique dont la base est entourée d'un disque glanduleux, peu épais, sur les bords duquel s'insèrent et s'articulent les bases des dix étamines. Vers son sommet s'insèrent cinq carpelles oppositipétales, dont les ovaires sont indépendants

r,6 FRAXINELLE.

les uns des autres et sont supérieurement atténués en styles qui s'unissent entre eux pour former une colonne unique à sommet stigmatifère atténué. Dans l'angle interne de chaque loge ovarienne se ti'ouve un placenta pariétal qui supporte deux, ou plus ordinairement trois ovules anatropes. Deux d'entre eux sont supérieurs, à peu près collatéraux, ordinairement obliquement ascendants. Leur micropyle est alors dirigé en bas et en dedans, et leur raphé est dorsal. Le troisième ovule, quand il existe, est descendant, avec le raphé ventral et le micropyle tourné en dehors et en haut. Le fruit stipité est formé de cinq coques rostrées, di- ou trispermes. Elles s'ouvrent élastiquement en deux valves dont l'endocarpe abandonne les couches plus superficielles, et leurs graines à peu près globuleuses renferment sous des téguments noirs et lisses en dehors, un albumen charnu qui enveloppe un embryon à cotylédons épais et à courte radicule. La Fraxinelle est vivace ou suffrutescente à la base, avec des feuilles alternes, imparipinnées, sans stipules, à folioles serrulées et ponctuées, comme la plupart des organes de la plante, de petits réservoirs d'huile essentielle qui donne à cette espèce une odeur très-prononcée. Ses Heurs sont disposées en grappes terminales de cymes unipares pauciflores.

Toutes les propriétés de la Fraxinelle tiennent à ces réservoirs punctiformes d'ossence volatile dont elle est comme criblée. Pendant les chaudes nuits du mois de juin, alors que le contenu de ces réservoirs s'échappe et s'élève dans l'atmosphère sous forme d'une colonne odorante, on peut enflammer cette traînée de vapeur et produire une sorte d'incendie dont Biot a étudié les principales conditions [Nouv. Ann. du Mus., I, 273) et qu'on dit avoir été observé pour la première fois par la fille de Linné. 11 y sans doute confusion avec le phénomène observé par cette jeune fille sur la Capucine; il est probable que i'infiammation des vapeurs de la Fraxinelle était connue beaucoup plus anciennement. Ce qui doit être révoqué en doute, c'est la combustion spontanée des vapeurs de cette plante. En Sibérie, on emploie en guise de thé une infusion des feuilles, qui est, au dire de Gmelin, digestive et stimulante. Dans le midi de l'Europe, on recherchait comme cosmétique l'eau distillée des fleurs. Mais la partie de la plante la plus usitée de nos jours, est l'écorce de la racine. Elle nous vient du Midi et de l'Est, sous forme de moi'ceaux roulés, épais, blanchâtres, d'une odeur aromatique et d'une saveur résineuse amère. Elle a été préconisée contre les fièvres d'accès, la morsure des animaux venimeux^, l'hystérie, l'épilepsie, toutes les névroses en général, les affections scorbutiques, scrofuleuses, la peste même, et surtout comme emménagogue, vermicide et sudorifique, cordiale et stomachique. C'est Storck qui a le plus vanté ce médicament; il employait surtout une teinture alcoolique. On donne aussi la racine en poudre et en infusions. Quoique la Fraxinelle ne soit guère usitée aujourd'hui en France, et qu'à part le Baume de Fioraventi, on emploie peu les médicaments composés dont elle fait partie, comme l'Orviétan, la Poudre de Guttète, TEau générale, la Confection d'Hyacinthe, l'Opiat de Salomon, Ach. Richard dit que la plante ne mérite pas l'oubli dans lequel elle est tombée {Dict. de médecine, éd. 2, Xlll, 5H), et Cazin fait remarquer [PI. méd. indig., éd. 3, 446) qu'elle peut encore être un précieux stimulaat dif fusible, convenable dans les affections ataxiques en général, et en particulier dans le scorbut, les scrofules la chlorose, l'hystérie anémique, l'aménorrhée avec inertie utérine, la leucorrhée de même nature, les fièvres intermittentes et les cachexies qui suivent ou accompagnent l'injection paludéenne, ceitaiiies névroses, etc. 11 donne les indi-

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cations posologiques suivantes : à l'intérieur, infusion de 15 à 30 grammes par kilogramme d'eau, de bière ou de vin. Poudre, de 4 à 10 grammes, en bols, pilules ou dans du vin. Teinture (1 de racine fraîclie sur 8 d'alcool), de 1 à 2 grammes en potion. C'est ÏHerba Fraxinellœ piimilœ des pliarmacopées anciennes et le Dictamne blanc ou pourpré. Il ne faut pas le confondre avec le D. de Crète qui est une plante de la famille des Labiées. H. Bn.

Bibliographie. — Gren. et Godr., FI. de France, I, 329. — Giiib., Drog. sîmpl., éd. 6, III, 555, fig. 727. — RosENTii., Synops. jtl. diaphor., 882. — H. Bn., llist. des plant., IV, 576, 437, 452. H. Bn.

FRAXIXITS. Voy. Frê.ne.

FRÉBitULT (J.-F.). Dans la préface de son excellente dissertation inaugurale, soutenue le 18 août 1806, ce chirurgien distingué s'exprimait de la sorte : « Livré depuis longtemps à l'exercice de la chirurgie, placé à la tète d'un hôpital, qui ne laisse pas d'être considérable, et chargé successivement, depuis plus de douze années, de visiter les réquisitionnaires, les conscrits, appelés par le gouvernement au service des armes, ou destinés à devenir marins, j'ai été à portée de remarquer souvent ce genre de maladie (les hernies abdominales), et de faire, à ce sujet, quelques observations dont je vais exposer le précis ». Frébault exerçait, en effet, la chirurgie à Nevers, depuis plus de vingt ans, et remplissait en outre les fonctions de chirurgien en chef de l'hospice de cette ville. II était en outre professeur particulier d'anatomie et membre associé de la société de médecine de Paris, à laquelle il a communiqué plusieurs observations intéressantes.

On peut citer de Frébault :

I. Observations sur les hernies abdominales. Paris, ISOG, in-4°. — II. Observation sur un cristallin gui a passé par la pupille dans la chambre antérieure de l'œil droit, à la suite de céphalalgies violentes et chronigues, et rapport par Demours sur l'observation précédente. In Journal général de médecine, t. LIX, p. 72, 1817. — III. Observation sw un coup de feu extrême^n. grave à la rég. iliaque droite. Ibid., t. LX, p. 187,1817. — IV. Observation d'un squirrhe volumineux de l'estomac que l'on avait jugé être un squirrhe du lobe moyen du foie. Ibid., t. LXVII, p. 145, 1819. — V. Extrait d'une observation sur la sortie spontanée d'un calcul urinaire, chez un enfant, par la plaie faite au périnée trois mois auparavant. Ibid., t. LXVIII, p. 172, 1819. L. Un.

FRÉDÉR1CIM.E et non FRÉDÉRICELLE [F redericUlo) . Genre de Bryozoaires-Lophopodes, établi par P. Gervais en 1836 et caractérisé surtout par le mode de disposition des tentacules qui, au nombre de vingt, fornient une couronne presque complète. L'espèce type, Fr. sultana P. Gerv. (Naisa sidtana Lamour., Plumatella sultana Dumort., Plumatella gelatinosa Flem.), a été découverte par Blumenbach aux environs de Gottingue et décrite par lui sous le nom de Tuhularia sultana.

Les Frédéricilles vivent dans les eaux douces, principalement dans les étangs, où ils forment des colonies composées de tubes membraneux cylindriques, plus ou moins rameux, d'un fauve brunâtre, fixés par leur base sur les pierres ou sur les tiges des plantes submergées. On les rencontre assez communément en France, ainsi qu'en Angleterre, en Belgique, en Danemark, en Prusse, etc.

Éd. Lefèvre.

58 FRÉESE.

FREKMAX (Les).

Freeman (Nathaïniel). Né à Yarmoulh, dans les États-Unis d'Amérique, le 28 novembre 1741, d'une famille d'origine anglaise, étudia la médecine à Thompson, dans le Connecticut, sous la direction de Cobb. Il se fixa à Sandwich vers 1765, pour y exercer la médecine, mais les événements politiques qui ne tardèrent pas à survenir interrompirent plusieurs fois sa carrière de praticien. Dès 1773, il se montra ardent partisan de la révolution contre la métropole; en 1775, il siégea parmi les représentants de la nouvelle nation, puis fut réélu en 1778, en 1779 et en 1780. Il prit part à la guerre de la délivrance, fut en 1781 brigadier général de la milice, et même pendant quelque temps, remplit les fonctions de lieutenant gouverneur de Massachusetts; il arriva aux plus grands honneurs dans la magistrature, obtint en 1811 , l'emploi de Chief Justice et conserva jusqu'en 1822 les fonctions de Officer of Register of Probate, dont il avilit été investi en 1795.

Mais dès 1789, il avait repris la pratique médicale et il se montra médecin el chirurgien distingué, opérateur très-habile. De bonne heure il fit partie de la Société de médecine de Massachusetts, puis en 1792 devint membre de la Société historique de Massachusetts, en 1797 de la Humaii Society, etc., etc. Freeman rassembla une grande bibliothèque d'ouvrages de médecine et de jurisprudence ; ardent calviniste, il réunit en outre une belle collection d'ouvrages de théologie. De ses deux mariages, il eut vingt enfants, dont di.x-huit arrivèrent à l'âge adulte. Freeman mourut le 20 septembre 1827, âgé de quatre-vingt-six ans et six mois.

Freeman (S.). Cité par Dezeimeris, qui lui consacre cette courte notice : « Avant d'avoir le grade de docteur, il avait été vétérinaire, chimiste et frère de l'ordre des Rose-Croix. Il fut toujours fort illettré. Il a mis au jour néanmoins plusieurs ouvrages » .

I. An Essay on the Venereal Disease. London, 1776, in-8°. — II. Striclures on Adair's Balh Médical Cautions, 1787, in-S". — III. Lady's Friend and Family Physical lÂbrary. London, 1787, in-8°. — lY. A Letter ta Hypochondriac and Nervoiis Patients. London, 1789, in-8'=. L. Hx.

Freeniann (Stricklaxd). Résida à Londres. Il est différent du précédent d'après AYatt [Bibl. Britann., vol. 1, p. 587, 1824), et a publié un ouvrage fort estimé en son temps et assez important au point de vue de l'auatomie comparée :

Observations on the Mechanism ofthe Horse's Foot ; its Natural Spring explained, and a Mode of Shoeing recommended , by wliich the Foot is defended from Externat Injury, wiih the Least Impedivient to its Spring. London, 1796, in-4'', pi. Tiad. allemande : Abhandlung liber den Bau und Mechanismus des Pferde fusses... Leipzig, 1797, in-4°, fig.

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