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POMMADE DE VEZIN

Fleurs de soufre |

Savon blanc ( âîi 180 grammes.

Axonge ;

l'oudre d'ellébore blanc 8

Nilrale de potasse 0«',50

La pommade d'Helmerich était composée comme il suit :

Soufre 2 parties.

Sous-carbonate de potasse 1

Axonge 8

Enfin, et j'en passe, il y a la pommade de Wilkinson, dont voici la formule modiflée par Hebra :

Fleurs de .-.oufre \ ^

Huile de hêtre ou huile de cade j aa 180 grammes.

Savon vert l

Axonge j >« 500 -

Craie 120

Telles sont les principales préparations qui ont été mises en œuvre pour combattre la gale. Toutes ou presque toutes étaient connues et journellement employées dans la première moitié de ce siècle, c'est-à-dire avant 1850; toutes possédaient, et quelques-unes à un très-haut degré, le pouvoir de tuer l'acarus cause des éruptions psoriques ; et pourtant, si la gale n'était plus la maladie tenace qu'elle était autrefois, alors que les théories humorales régnaient sans partage, c'était encore une assez grosse atfaire que d'en obtenir la guérison. En général, le traitement n'exigeait pas moins de quinze à vingt jours pendant lesquels le malade devait se soumetlre à des applications souvent très-irritantes et dont la répétition ne tardait pas à provoquer sur la peau des éruptions inflammatoires d'une intensité extrême. Quant aux résultats, ils laissaient au moins singulièrement à désirer dans un grand nombre de cas ; voici ce qu'écrivaient à cet égard, en 1842, les auteurs du Compendium de wîerfecme,t. V, p. 258: « Lorsque le traitement est trop court, la destruction des insectes n'est pas complète... C'est ainsi que s'explique une grande partie des nombreuses récidives que l'on observe chez les malades que l'on renvoie au bout de quelques jours de nos hôpitaux pour faire place aux galeux qui se pressent aux portes d'un service insuffisant. Les médecins peu experts dans les maladies de la peau, ceux qui se livrent à des essais thérapeutiques, qui cherchent surtout la brièveté du traitement et

4?6 GkhK.

iui sacrifient la sûreté, proclament trop souvent la guérison aussitôt que les vésicules que portait le malade sont flétries, et compromettent ainsi la santé de €elui-ci aussi bien que la science. »

C'est qu'en effet, si les remèdes ne manquaient pas, aucune règle fixe, aucune donnée positive ne présidait à leur emploi. On eut d'abord recours aux applications générales : ainsi faisaient Dupuylren à l'IIôtel-Dieu et Âliberl à l'hôpital Saint-Louis, Puis, on crut faire merveille en limitant l'action des topiques aux parties où se trouvent habituellement les acares, c'est-à-dire aux pieds et aux mains : « Ces frictions locales, dit Émery, suffisent pour faire disparaître, sans qu'elles se renouvellent, toutes les vésicules qui recouvrent les autres parties du corps. » La même erreur fut reproduite et préconisée, en 1844, par Hebra (de Vienne), et de nouveau accréditée en France par Cazenave, qui se trouvait alors chargé du service des galeux à l'hôpital Saint-Louis. Les divergences n'étaient pas moindres sur le mode d'emploi des agents, les uns conseillaient des frictions plus ou moins rudes, tandis que d'autres donnaient la préférence à de simples onctions : « Dans tous les cas, disent les auteurs du Compendium (1842), il faut recommander aux malades de ne point employer le médicament prescrit /»«?' frottement, cette dernière indication est trop souvent négligée, ainsi que le prouve le mot friction, qu'emploient tous les auteurs et que devrait remplacer celui d'onction, etc. » C'est qu'attachant au choix du médicament, à sa nature, à sa composition une importance beaucoup plus grande qu'à son mode d'application, on se préoccupait surtout des moyens d'atténuer, de limiter les effets irritants qu'il pouvait produire à la peau : de là les frictions restreintes, de là les onctions substituées aux frictions. On s'explique ainsi comment une même préparation, la pommade d'ilelmerich, par exemple, qui dans les mains de son inventeur guérissait la gale en deux jours, perdait entre celles de Mélier et de Biett une grande partie de ses vertus curatives et ne donnait plus pour durée de traitement qu'une moyenne de douze à quatorze jours.

Cependant, en 1847, après de nombreux essais, les médecins de l'hôpital Saint- Louis s'étaient définitivement arrêtés à une méthode curative qu'ils considéraient comme ayant sur les autres traitements une incontestable supéiiorilé. Cette méthode consistait :

\' Dans les frictions, répétées deux fois par jour, sur les mains et aux pieds avec la pommade sulfo-alcaline d'ilelmerich;

2" Dans les bains sulfureux ou fumigations de même nature, donnés aux malades tous les jours ou tous les deux jours.

La durée moyenne du traitement, par cette méthode, était de quatorze jours. Quelques modifications, il est vrai, lui furent ensuite successivement apportées : la connaissance plus approfondie des sillons donna l'idée d'employer des substances propres à déchirer l'épiderme et de frictionner rudement la peau des malades ; la découverte de ces mêmes cuniculi sur d'autres parties du corps fit comprendre hi nécessité d'étendre les frictions sur tous les points où la présence du sarcopte ne pouvait être mise en doute. Mais ces modifications ne furent, en définitive, suivies d'aucun résultat pratique. Parmi les malades traités, les uns guérissaient en trois jours, d'autres en huit, d'autres en quinze, et trop souvent aussi la guérison n'était qu'illusoire et temporaire. Evidemment, tout n'était pas dit sur la question.

C'est dans ces conditions qu'en 1850, succédant à Cazenave, nous prîmes la direction de l'hôpital Saint-Louis. Nous instituâmes aussitôt des expériences

nombreuses dans le but de simplifier et de perfectionner le traitement de la gale, ^t,dans le mois de juin de la même année, nous adressions au directeur général ■de l'Assistance publique un rapport dont les conclusions étaient :

1° Que le mode d'application des agents insecticides était la chose essentielle ■dans le traitement de la psore, et la nature de ces agents la chose secondaire ;

2" Que la friction rude était préférable à l'onction, à la lotion et au bain;

5" Que la friction devait être faite sur tout le corps, et non pas seulement sur les parties occupées par l'éruption;

4" Que la friction ne devait pas être répétée plus de six fois, quel que lut d'ailleurs l'agent insecticide;

5" Que le nombre des frictions nécessaires variait entre un et six, suivant la nature de l'agent insecticide, elc, etc.

Ces propositions constituaient par leur ensemble ce que nous avons appelé la formule générale du traitement de la gale, formule qui sans doute pourrait être ullérieuiement modifiée dans ses détails, mais non pas changée dans ses parties fondamentales, comme du reste l'avenir l'a suffisamment démontré.

L'importance de cette découverte, au moment où nous la fîmes connaître, ne pouvait échapper à personne ; mais, comme il arrive toujours en pareil cas, elle devint aussitôt l'objet d'envieuses réclamations. On nous objecta quo la friction généiale avait été préconisée longtemps avant nous, notamment par Hclmerich et par Burdin, son élève; la chose est incontestable. Mais quel était le but attribué à cette pratique? Était-ce pour remplir l'indication, que nous avons le premier formulée, de détruire partout le parasite? Nullement, car Burdin révoque en doute l'existence du sarcopte; il ajoute même que, son existence lui fût-elle démontrée, il n'hésiterait pas à le regarder comme effet et non comme cause ; il déclare enfin que k friction générale est préférable, parce qu'elle permet l'absorption plus rapide et plus complète des quatre onces de pommade qui sont nécessaires pour corriger les humeurs.

La vérité est que si la friction générale avait été conseillée et mise en pratique, nul n'en avait compris ni même soupçonné l'importance. Aussi personne ne fut étonné de voir Cazenave adopter la pratique d'Ilebra (de Vienne), et se borner à la friction partielle des mains et des pieds. D'autres, Royer par exemple, étendaient la friction à toutes les parties malades, et la chance d'une guérison plus complète était évidemment plus grande ; mais trop souvent quelques sarcoptes étaient respectés, et la maladie se reproduisait au bout de quelques jours, ou plutôt ne disparaissait jamais.

J'avais donc réduit de quatorze jours à deux ou trois jours la durée moyenne du séjour des galeux à l'hôpital Saint-Louis ; j'avais de plus rendu le traitement de la gale infaillible, d'incertain qu'il était autrefois.

M. Hardy, chargé en 1852 du traitement de la gale, réalisa un dernier et définitif progrès : aujourd'hui, les malades atteints de psore ne sont plus admis à l'hôpital, mais traités et guéris, séance tenante, de la manière que nous dirons ■plus loin, et le temps nécessaire à l'opération (c'est le mot qui convient) ne dépasse pas une heure et demie.

J'arrive à l'exposition du traitement de la gale tel qu'on l'applique de nos jours.

Trois indications s'imposent à notre attention :

1" Détruire les parasites qui produisent la maladie;

2® Combattre les éruptions symptoma tiques ;

30 Traiter les complications.

4» Détruire les parasites. C'est l'iadication fondamentale, celle qu'on doit, par conse'qucnt, faire passer avant toute autre. Il est rare qu'il y ait contre-indication à la friction immédiate ; cependant, lorsque la peau est très-enllammée, lorsqu'il existe de l'eclhyma, de l'eczéma, de l'impétigo sur de larges surfaces, on peut se trouver dans l'obligation de recourir d'abord à quelques soins préliminaires ; mais des bains, des cataplasmes et autres topiques émoUienis auront vite ramené le tégument à un état qui permette l'application des agents parasiticides.

Pour arriver au but qu'on se propose, deux conditions sont indispensables :

a. 11 faut frictionner toute la surface du corps, pour atteindre tous les parasites qui l'occupent; la tête seule est exceptée, parce que l'animalcule ne s'y montre presque jamais;

2" Il faut aussi que la friction soit assez rude pour rompre les sillons et mettre les sarcoptes en contact immédiat avec l'agent chargé de les détruire.

La préparation insecticide la plus usitée est connue sous le nom de pommade d'Ilelmerich, dont j'ai donné plus haut la formule.

Voici le traitement anlipsorique tel que je l'instituai en 1850 à l'hôpital Saint-Louis. Un cabinet, où les malades pouvaient se frictionner mutuellement de la tète aux pieds, avait été disposé à cet effet. Le galeux, le jour de sou entrée, prenait un bain simple, et était ensuite soumis, pendant vingt à vingtcinq minutes, à une friction rude sur toute la surface du corps, principalement sur les parties qui sont le siège de prédilection des acares, comme les mains, les pieds, les aisselles, etc. Le deuxième jour, deuxième friction. Le troisième jour, un bain simple, et, le quatrième jour, le malade sortait complètement guéri.

Ce traitement a été modifié par M. Hardy de la manière suivante : Le malade est d'abord soumis à une friction avec le savon noir, pour bien nettoyer la peau; puis il est placé dans un bain tiède où il reste une heure, bain qui a pour but de ramollir l'épiderme; en sortant du bain, il est frictionné de nouveau sur tout le corps pendant vingt minutes avec une pommade d'Helmerich rendue moins irritante par quelques changements apportés dans la proportion de ses éléments :

Aïonge 300 grammes.

Soufre 50 —

Sous carbonalc de polasse 25 —

Les malades doivent conserver la pommade sur le corps pendant quatre à cinq heures au moins, afm d'assurer la destruction des acares. Il faut aussi songer aux sarcoptes et aux œufs qui peuvent se trouver dans les vêtements, dans les draps surtout; tous les effets du galeux seront donc exposés à l'air, lavés avec soin, passés au soufie ou même encore soumis dans une étuve à une température de 80 degrés à laquelle les animalcules avec leurs œufs ne sauraient résister.

La pommade d'Ilelmerich peut être remplacée par d'autres préparations. En Belgique, on se sert avec le plus grand succès d'une solution de sulfure de calcium, dite de Yleminckx, qui ne diffère de la solution belge indiquée plus haut que par la proportion de ses parties composantes (fleur de soufre, 100; chaux vive, 200; eau, 1000). Faites bouillir; quand la combinaison est opérée,

laissez refroidir et décantez dans des bouteilles hermétiquement fermées). 100 grammes de ce liquide suffisent pour obtenir la guérison, le traitement est constitué comme il suit : 1" friction générale au savon noir sur tout le corps; 2» bain tiède simple d'une demi-heure; 3" friction générale avec la solution, que l'on laisse sécher sur la peau pendant un quart d'heure; 4" immersion et lavage de tout le corps dans l'eau du bain.

La pommade de Wilkinson, le glycérolé de Bourguignon, la solution d'iodure de soufre de Cazenave, la pommade de Vezin, donnent également d'excellents résultats lorsque l'on a soin de se conformer aux préceptes que j'ai le premier fait connaître.

M. Hardy, à qui surtout revient l'honneur de ce qu'on est convenu d'appeler la « cure rapide » de la gale, fait à cet égard une distinction entre les malades de l'hôpital et ceux de la clientèle particulière : quand il s'agit de ces derniers, il a pour habitude de prescrire deux frictions de pommade sulfuro-alcaline, chacune à vingt-quatre heures de distance, en les faisant précéder immédiatement d'un bain tiède ; il supprime même le plus souvent les frictions savonneuses. Or, cette seconde méthode, que notre éminent confrère conseille de préférence à ses malades de la ville comme plus facile à exécuter et par conséquent plus sûre, c'est précisément, et sans aucune différence, la méthode que j'instituai moimême en 1850 et dont toutes les autres ne sont que des modilications plus ou moins heureuses.

On comprend du reste que la méthode rapide ne soit pas toujours applicable dans toute sa rigueur : chez les enfants très-jeunes, chez les personnes dont la peau est naturellement impressionnable ou couverte d'éruptions croùteuses et d'excoriations, on se trouve parfois dans la nécessité d'adoucir les frictions, d'en abréger la durée, de diminuer dans les topiques la dose des substances irritantes ; mais il faut savoir que ces tempéraments apportés à la méthode lui enlèvent une grande partie de son efficacité.

2" Combattre les éruptions symptomatiques. Lorsque ces éruptions ont bien pour cause unique et première la présence du sarcopte, quelles que soient leurs formes et leur intensité, leur disparition suit de près l'emploi du traitement rationnel de la gale. Sublatâ causa, tollitur effectus. Telle est la règle. 3Iais on comprend que des altérations plus ou moins profondes du tissu cutané, que de véritables perles de substances, ne puissent s'effacer en peu d'instants ; quelquefois même il semble que la peau, depuis longtemps travaillée parle malscabieux, ait contracté une sorte d'habitude morbide, et l'on voit quelques poussées éruptives continuer à se produire en l'absence de la cause parasitaire ; mais ces poussées vont s'affaiblissant do plus en plus, et ne tardent pas à s'éteindre d'une manière définitive. Enfin, il n'est pas très-rare de constater une persistance insolite de la démangeaison après la disparition de tous les autres phénomènes ; cette démangeaison peut même être assez vive pour inquiéter les malades et leur faire concevoir des doutes, parfois partagés par le médecin, sur la réalité de leur guérison : il est donc bien nécessaire d'être prévenu de ce fait pour ne pas être tenté de recommencer un traitement qui ne servirait qu'à exaspérer le prurit.

Quelques bains simples ou additionnés d'amidon, quelques topiques émoUients, tels sont les moyens qui conviennent aux éruptions symptomatiques. Quant au prurit consécutif, on le combattra par des bains alcalins ou au sublimé, et au besoin par l'usage interne des préparations d'aconit et du bromure de potassium,

3° Combattre les complications. Les complications de la gale peuvent être

EICT. ENC. 4* s, VL 52

490 GALE (bibliographie).

divisées en deux catégories : les unes sont de cause externe et les autres sont de cause interne.

Les complications de cause externe résultent surtout, soit d'applications irritantes intempestives, soit même de l'emploi méthodique des frictions insecticides ; le grattage porté au delà d'une certaine limite peut également donner lieu à de véritables complications. Leur traitement se confond avec celui des^ éruptions symptomatiques.

Les complications de cause interne peuvent affecter des formes diverses; j'ai dit plus haut à quels caractères on pouvait reconnaître qu'une affection cutanée, eczéma, impétigo ou lichen, survenue pendant le cours de la gale ou même à son déclin, devait être considérée comme indépendante de cette maladie parasitaire;; or, la solution de cette première question en soulève immédiatement une autre r h. détermination comme espèce de cette affection intercurrente. Ces deux points éclaircis, on se trouve en présence d'une maladie qui réclame à son tour l'emploi de moyens thérapeutiques en rapport avec sa nature. Bazin.

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GALEATI. 491

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CiALÉ ODORANT OU PIME]\'T ROYAL. Nom vulgaire du Myrica gale [voij. Myiuca). D.

GALEAAO (Giuseppe). Né en 1605 à Palerme, était, paraît-il, docteur en théologie, en philosophie et en médecine, poëte à ses heures, et fut de son vivant un médecin de grande réputation, dont les conseils étaient réclamés de toute l'Italie. Il enseigna la médecine à Palerme, pendant près de cinquante ans, et était en correspondance avec les savants les plus connus de l'Europe. Il fut deux fois recteur de l'Académie au collège des médecins de Palerme, et conseiller de l'intendance sanitaire. Il est mort le 28 juin 1675. On cite de lui :

I. Politica medica pro leprosis, Apoloyetica epistola, in qua summalim quœcumque adversus sententiam ilalice 'prius prolalam de explorandis leprosis latine fuerunt inipugnala expurgantur. Païenne, 1657, in-4°. — II. Epistola medica, in qua de epidemica febre tlieorice et practice agitatur, ium controversée otnnes de diœta pharmacia in malignis febribus enotantur. Palerme, 1648, in-4°. — III. Oratio de medicinœ prœstantia. Palerme, 1640, in-4°. — IV. Del conservar la sanità libri sci de Galeno. Palerme, 1650, in-8°. — V. Hippocrates redivivus paraphrasibus illustralus, septem aphorismorum Hippocratis sectiones Paraphrases Claudii Galeni. Palerme, 1650, in-12. Aulres éditions, 1665, 1701, in-12. — VI. La lepra imita col mal francese, o altro contagioso maie; in quale degli spedali debba curarsi ; distinlion e decisioni mcdicinali. Palerme, 1656, in-8°. — VII. Idea del cavar sangue. Palerme, 1659, in-12. — VIII. Del vero metodo di conservar la sanità, e di curare ogni niorbo col solo uso delV arqua vitre, discorso di Bruno Cibaldi [Galeano) romane. Palerme, 1062, in-12. — IX. Discorso inlorno uW uso delV acqua vilic, nel quali sono le condizioni délia perfelta acqua vilœ, accioe se ne possono sei-vire i corpiper conservamento délia salute. Palerme, 1667, in-12. — X. Lettera del dottor Pelagio Sugapene [Galeano) a Bruno Cebaldi in approvazione del suo discorso inlorno alV use dell' acqua vitœ. Palerme, 1667, in-12. — XI. Il caffe con piu diligenza esarninalo in ordine al conservamento délia salute dei corpi umani. Palerme, 1674, in-4''. — XII. De vigiliarum 7ncdicinalium lucubrationes, cuni Hippocrate redivivo, etc. Palerme, in-12. Premier volume seul paru de la collection complète des œuvres de Galeano, qui devait être publiée par sa famille. A. D.

GALÉAKTUROPSE (de "/aX-ij, chat, et âvQpunoç, homme). Monomaiiie observée surtout chez le sexe féminin et dans laquelle la malade se croit métamorphosée en chatte. Cette monomanie appartient en grande partie ià l'histoire des folies épidémiques et rentre dans la lycanthropie {voy. Lïcanthropie). D.

CiALEATi ou GALEAZZi (Domenico-Maria-Gusmano). Célèbre anatomiste italien, né à Bologne le 4 août 1686, mort dans cette ville le 50 juillet 1775. Il reçut sa premièz'e instruction dans le collège des jésuites, puis étudia la philosophie sous Lelio Trionfelti et la médecine sous Malteo Bazzani, et fut reçu docteur en l'une et l'autre en 1709. On a prétendu que Galeazzi fut élève de Malpighi; mais ce dernici' quitta Bologne dès 1091 et mourut en 169i, alors que Galeazzi avait à peine huit ans. Galeazzi obtint la suppléance de la chaire de physique expérimentale à l'Institut des sciences de Bologne à l'âge de vingtcinq ans.

492 GALENZOWSKI.

Dans un voyage qu'il fit à Paris en 1714, Galeazzi sut gagner l'amitié de savants tels que Malebranche, Uéaumur, Fontenelle, de Jussieu, Varignon, Lémery, etc.

A son retour, en 1716, il obtint la chaire de philosophie à l'Institut, et en 1734 celle de physique expérimentale. Il s'occupa avec un égal succès d'ana tomic, de médecine et de physique. Galvani, à qui il accorda sa fille en mariage, fut l'un de ses élèves.

Outre divers mémoires sur la structure de la muqueuse des voies digestives, sur les vaisseaux lymphatiques, le quinquina, la dégénérescence kystique des reins, la sueur noire, etc., publiés pour la plupart dans les Actes de V Institut de Bologne, Galeazzi a laissé :

I. De calorc et frigorc in vacuo. In Comment. Bonon., t. II, pt. I, 17i5. — II. De fcrreis particulis quœ in corporibus repcriunlur. Ibid., id. — III. De thermomelris Amonlonianis conficiendis. Ibid., pt. I, 1745, et pt. If, 1746. — IV. De lapide Bononiensi. Ibid., t. VI, 1783, etc. L. Hn.

G.tl.EGA. Tournefort. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Légumineuses, à la tribu des Papilionacées. Les plantes qui entrent dans ce groupe naturel sont originaires de l'Europe méridionale et moyenne et de l'Orient. Ce sont des herbes vivaces, à feuilles imparipennces, à nombreuses folioles. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires ; elles ont un calice campanule, à 5 dents subulées; une corolle papilionacée, à étendard ovaleoblong, à carène obtuse ; dix étamines monadelphes, dont une se détache des neuf autres à moitié longueur du faisceau. Le fruit est arrondi, toruleux, obliquement strié, polysperme. La seule espèce européenne intéressante pour la médecine est le Galega officinal Lavanèse ou Galega Rue de chèvres [Galega officinalis L.). C'eut une plante glabre, à folioles longues, aristées, à stipules sagiltées ; les fleurs sont grandes, pendantes, de couleur bleu pourpré, souvent blanches. On la trouve le long des ruisseaux ou dans les endroits frais.

La plante donne un bon fourrage, ce qui la fait cultiver dans certaines localités. Elle a eu jadis une grande réputation. « Elle est, dit Lémery, sudorifique; elle résiste au venin ; on s'en sert pour la peste, pour l'épilepsie, pour la morsure des serpents, pour les vers. » De nos jours, elle est, non sans raison, inusitée comme médicament.

Quelques autres espèces, en dehors de la région européenne, ont été employées à divers usages. Ainsi, dans les Indes, on a préconisé comme médicaments : les Galega purpurea L., G. spinosa L., G. virginiana L. , G. sericea Thunb., G. toxicaria L., et comme plante tinctoriale : le Galega tinctoria. Toutes ces espèces font maintenant partie du genre Tephrosia {voy. ce mot). Pl.

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GALÈNE. Sulfure de plomb natif contenant fréquemment de l'arsenic et de l'antimoine. D.

GALÉ:\iSitiE. Yoy. Galien et Médecl\e {Eist. de la).

GALEXZOU'SHI. Chirurgien polonais distingué, exerçait l'art de guérir et enseignait la chirurgie à l'Institut clinique chirurgical de Yilna, dans la première moitié du siècle actuel. 11 est connu par :

GALÉODES. 495

I. Relation ûbcr tnerktviirdigc Opérât ionen ivelche hn chirurgisch-clinischen Inshlut zu Wilnn ausgefûhrt wurden. Nacli dem Latein. Manuscripte bearbeitet von Max Troschel. In Gracfe's u. Walther's Journal dcr Cliir., Dd. XII, p. 599, 1829 (comprend : 1° Fungiis hœmalodes der Zunge durck Ligatiir geheilt. Extr. in Journ. des progr. des se. méd , 2* série, t. I, p. 256, 1830; 2° Exslirpatio mammœ. Extr. Ibid., p. 236; 3° Exoslosis in der Nase... Extr. Ibid., 2" série, t. II, p. 226, 1830; 4° Opération der Hasenscharte...; 5° Osteostealom am Vorderarme...). — II. Hcilung ciner Sackwassersuchl des Eierstocks durch die Opération. Nach dem Lai. Man. Ibid., p. 624. Exlr. in Journ. des progr. des se. méd.. t. XVIIl, p. 222, 1829. — III. Hcilung einer Amaurosis compléta durch Enlfernung eines krankhaflen Zahnes; nach dem handschriftlich mitgetheillen Polnischen Oriainale bearb. von Andrejewskij. Iliid., Bd. XIII, H. 1, p. 117, 1829. — IV. Ueber eine Modification des Dupuytrenschen Mutterspiegels. Nach d. Poln. Orig. bearb. von Andrejewskij . Ibid. , p. 124. — V. Zwei seltenere Faite, in denen schirrhôse Drûsenverhârtungen durch Anwendung der lodine geheilt wurden. Ibid., 11. 5, p. 490. L. Un.

GALEOBDOLOiv Hudson. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Labiées. Ce groupe est très-voisin des Lamiiim. {voy. Lamier), dont il ne se distingue que par ses anthères glaJjres et par la lèvre inférieure de la corolle à 5 lobes ovales-lancéolés; dans quelques auteurs on le trouve même confondu avec les Lamiers.

La plante intéressante du groupe est le Galeobdolon hitenm Huds. {Lamium galeobdolon Crantz. — Galeopsis galeobdolon L.). C'est une espèce à souche traçante émettant des tiges fertiles simples, dressées, et des tiges stériles tombantes et radicantes. Les feuilles sont pétiolées, grossièrement dentées, pubescentes, ovales-cordiformes à la partie inférieure, ovales-lancéolées acuminées à la partie supérieure. Les fleurs sessiles, en glomérules de cimes axillaires, ont une corolle jaune, assez grande, à tube courbé, pourvu d'un anneau de poils à l'intérieur.

Elle croît le long des haies et sur la lisière des forêts. On lui a attribué des propriétés astringentes, diurétiques et fondantes. Pl.

BiBLiOGitAPHiE. — LoBEL. Advcrsuria, 223. — Hcdson. Flora anglica, 285. — De Candolle. Flore française, 2581. — Grenier et Godron'. Flore de France, II. Pl.

GjtLÉODES (de galea, casque, à cause de la ressemblance de la tête du Galéode avec un casque ou un bouclier). On connaît sous ce nom, depuis Olivier, des Arachnides de la plus forte taille, propres aux parties chaudes du globe, remarquables par leur organisation et dont les morsures sont à redouter. Ces animaux, compris d'abord en un seul genre, peuvent former aujourd'hui la famille des Galéodides parallèle à celle des Scorpionides [voy. Scorpions).

8 I. Caractères anatomiques. Les Galéodes ont tous un corps ovalaire, allongé velu et parsemé de longs poils, divisé en trois parties distinctes : tète, thorax et abdomen. Deux yeux au bord antérieur de la tête. Rostre buccal composé de chélicères à doigt fixe supérieur denté, pourvu de cirrhe [çf) ; à doigt mobile inférieur. Le thorax est formé en dessus de trois segments; l'abdomen de dix articles, non terminé en queue ; l'anus est terminal. Tarses de la première paire de pattes dépourvus de griffes et ceux des six pattes postérieures pourvus au contraire de deux griffes ; les hanches des dernières pattes sont lamellifères, c'est-à-dire avec des raquettes trochantéro-coxales.

Les organes internes des Galéodes comprennent, à partir du rostre buccal, les organes digestifs suivants : des glandes salivaires,un œsophage court, un estomac foi-mant jabot, un intestin grêle et un cœcum terminé par un gros intestin,

494 GALÉODKS.

avec l'anus ventral. Le foie est gros, oblong, allongé ou ovalaire, avec plusieurs conduits cholédoques en nombre encore indéterminé.

Le système respiratoire comprend une seule paire de stigmates tlioraciqueset deux paires de stigmates abdominaux. Les trachées sont toutes tubuleuses, élastiques. Le cœur est formé par un vaisseau dorsal.

Le cerveau offre deux masses cérébroïdes ganglionnaires, à la partie postérieui'e est le collier œsophagien. Un gros ganglion thoracique, ovalaire, donne naissance aux nerfs des pattes et postérieurement à trois neri's abdominaux : un médian gros et avec ganglion postérieur; deux latéraux, un de chaque côté. Le nerf racliidien impair, analogue au stomato-gastrique de Brandt, a été constaté.

Les organes génitaux internes mâles sont lormés de deux testicules avec leurs conduits déférents, de vésicules séminales, de conduits éjaculateurs. Les femelles ont un ovaire à loges ovigères placé de chaque côté du corps, ces ovaires se réunissent près de l'orifice vulvaire et offrent une poche copulatrice ou receptaculum seminis, ainsi qu'un sac ovarique où arrivent les œufs éclos, les Galéodes étant ovovivipares.

g II. Physiologie. Morsures. Les observations font encore défaut, ou sont contradictoires, sur les habitudes et le danger possible de la morsure des Galéodes. Pans tous les pays oij se trouvent ces animaux, on les regarde communément comme venimeux ; leur corps hérissé de longs poils, leurs pattes allongées, les tenailles robustes de leur appareil buccal, leur agilité, leur audace pour se défendre, plaident en faveur de cette réputation. Pallas, Olivier, Thomas Hutton, etc., ont mentionné ce que leur ont raconté de vrai, de faux, et surtout d'exagéré, les indigènes qui redoutent ces Arachnides. Antonio Dours et Dastugue ont fourni à Léon Dufour des renseignements ex visu sur les espèces du Sahara algérien.

Olivier, qui a voyagé dans les déserts de l'Arabie et de la Mésopotamie, y a rencontré beaucoup de Galéodes {G. arangoitZes Pallas). Il dit que tous les soirs, dans sa tente et dans celles de la caravane, ces Arachnides s'introduisaient sous les toiles et couraient sur les tables et sur les lits, sans que personne eiit été mordu.

Thomas Ilutton a étudié la grande espèce du Bengale qu'il a appelée Galéodes vorax. Ces animaux sont irascibles, dit-il, mais épargnent toujours leurs petits, même quand on les leur jette à dessein. Ce Galéode très-vorace attaque pendant la nuit les insectes, les lézards mêmes, et se gorge au point de ne pouvoir plus marcher (?). Un lézard de trois pouces, la queue exceptée, livré à un de ces Arachnides, fut entièrement dévoré. Le Galéode, s'élançant sur lui, le saisit derrière les épaules, et ne quitta sa proie qu'après l'avoir tuée ; le lézard se débattait avec violence, se roulant en tous sens, mais l'Arachnide tenait ferme, peu à peu avec ses deux mâchoires elle pénétra jusqu'aux entrailles de sa victime, ne laissant que les os et la peau. Un jeune moineau placé sous une cloche de verre avec un Galéode fut également tué, mais l'Arachnide ne le mangea pas [Observations on the Habits of the Large Species of Galéodes, in Journal of the Asiatic Society of Bengal, et Annals and Magazine of Natural Historî/, vol. XII, p. 81, 1845).

Léon Dufour a fait connaître dans les Annales des sciences physiques de Bruxelles, en 1820, t. IV, p. 570, pl.LXIX,fig. 7, les habitudes de son Galéodes intrepidus. Cette espèce qu'il avait découverte près de Madrid, en 1808, fut

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communiquée à Latreille, qui la décrivit sous le nom de Galeodes dorsalis, dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, t. Xll, p. 373, 1817 ; elle estbravo et fait face à l'agresseur. Le danger de sa morsure n'a pas été signalé.

Les habitudes nocturnes ou crépusculaires des Galeodes du Levant observées par Olivier ne sont pas applicables aux grandes espèces de l'Algérie. Les Arabes d'Alger et d'Oran appellent les Galeodes akreb-errih, ce qui signifie : Scorpion du vent. Le Galeodes barbants Lucas, observé par A. Dours et Dastugue, court et s'agite sous les rayons du soleil ; les ardentes bouffées du vent du désert le rendent encore plus vif et plus alerte; ses pattes antérieures, à la manière de palpes pédiformes, s'agitent et interrogent l'espace, il cherche impatiemment sa proie ; sa vélocité à la course est surprenante; quand on le poursuit ou l'inquiète, il se retourne, fait face à l'ennemi, et hardiment se prépare à l'attaque. Ce trait du Galeodes barbarus\m est commun avec le G. intrepidus de Léon Dufour : je l'ai déjà signalé.

Le Galeodes barbarus, à défaut d'un abri naturel où il puisse se réfugier, trace dans le sable avec ses griffes et ses tenailles une large dépression circulaire à bords un peu relevés. Placé au centre, dans le point déprimé, le chasseur s'élance sur la proie qui vient passer à sa portée; mais, suivant l'expression de Léon Dufour, ce n'est pas un terrier comme celui de beaucoup d'Araignées, la Tarentule, par exemple, c'est le camp volant du nomade. Non-seulement le Galeodes barbarus chasse en rase campagne, mais de plus il grimpe sur les hauts Chardons, sur les grandes Ombellifères, les Atriplex ; il paraît friand des Acrydium {voy. Criquets), des Coléoptères du genre Mylabris, etc. 11 descend avec la proie dans ses mandibules et il la transporte au loin pour la dévorer. Dans ses courses vagabondes, le Galeodes barbants est respecté par les redoutables Hyménoptères du genre Sphex {S. afrael S. maxillosa) qui se précipitent sur les plus grosses Araignées, qu'ils charrient dans leurs terriers pour nourrir leurs larves. Dastugue s'est assuré que malgré sa sauvagerie le même GaKode femelle sait rallier et dresser à la chasse ses petits, à la manière de certains Scorpions et des Araignées du genre Lycose {voy. Lycose). La famille composée dû six, sept, et jusqu'à douze ou quinze petits, suit la mère en ne la perdant pas de vue. Le gibier de choix, Acrydium non adulte. Lépidoptère à gros abdomen, €st sucé à l'envi par les jeunes Galeodes groupés autour de la mère chargée du butin. Il est prouvé que les Galeodes ne sont point sociables à l'état adulte. L'accouplement terminé, la femelle fait une guerre acharnée au mâle et le met à mort sans pitié.

Huit Galeodes barbarus ayant été placés par Dastugue dans une caisse au lond de laquelle étaient quelques mottes de terre, ces Galeodes coururent aussitôt dans diverses directions, soit pour reconnaître le terrain, soit pour chercher à s'évader. Trois minutes ne s'étaient pas écoulées que des rencontres hostiles eurent lieu et que bientôt une mêlée, une bataille générale, s'engagea. Un seul des combattants survécut aux autres et le premier résultat de sa victoire fut de se jeter sur les morts pour les dévorer. Le lendemain, Dastugue, qui tenait ■en réserve un Galéode de la même espèce, fort et vigoureux, le lâcha dans l'arène du Galéode vainqueur. Celui-ci, refait de ses combats par un repas copieux et aguerri par le triomphe d'une grande lutte, se précipita sur le nouvel athlète. Les étreintes des pattes enlacées témoignaient de la rage frénétique des deux combattants. Enfin, après quelques secondes, la victoire demeura du côté du triomphateur de la veille. Après avoir terrassé son antagoniste, il se cramponna

496 GALÉODES.

avec ses deux tenailles sur le derrière de la tête de la victime à l'endroit correspondant au cerveau ; il déchirait et suçait le thorax ainsi qu'une partie de l'ahdomen. On s'assui'ait aloi s que le mors supérieur de la mandihule servait de pivot, de point d'appui, tandis que le mors inférieur, hien plus mohile, ne cessait pas de broyer le tégument en faisant entendre de légers craquements.

Les Galéodes peuvent, comme beaucoup d'autres Arachnides, supporter une abstinence prolongée. Dastugue en a conservé isolément dans des boîtes pendant un mois sans la moindre nourriture, et non-seulement ils se sont maintenus vivants, mais ils n'ont donné aucun signe de faiblesse.

Palks a cité des faits constatés par lui tendant à prouver que son araneoides {Phaîangiian araneoides Pallas) aurait un venin mortel, si on n'y apporte point remède. Olivier, quoique regardant comme inoffensifs les Galéodes du Levant, dit que les Arabes parlaient du gonflement considérable de la partie mordue, de la gangrène et de la mort (A. -G. Olivier, Voyage dans VEmpire ottoman, l'Egypte etla Perse, t. 111, p. 441, 1807).

A. Dours a transmis à Léon Dufour un cas de blessure venimeuse par le Galéodes harbarus, blessure qu'il a soignée et dont voici l'observation textuelle : « Bricet, colon à Pontéba, fut mordu le 6 août au tiers supérieur et interne de la jambe par un \i;^oureux G. barbarus. Il s'empressa d'écraser l'animal, pour ainsi dire sur la plaie, et se borna à enduire celle-ci d'un peu de salive. Une heure après, le docteur Dours fut appelé en toute hâte. Bricet était pâle et vomissait des flots de bile. 11 accusait une douleur très-vive à la partie interne de la jambe mordue et de la cuisse du même côté. Tout le membre était atïecté de soubresauts et commençait à s'enfler, surtout au-dessus du "enou. Dours administra de suite UR verre d'eau avec douze gouttes d'ammoniaque. La piqûre fut agrandie et reçut quelques gouttes d'alcali. La potion fut continuée par cuillerées à bouche d'heure en heure. Le soir, les accidents généraux avaient cessé, mais le membre blessé était devenu énorme et dur. On sentait à la partie interne un cordon de lymphatiques, et Bricet ne recouvra l'usage de sa jambe que dix-sept jours après l'accident. Des frictions mercurielles à haute dose avaient été pratiquées pendant tout ce temps. Dours a pensé que cette intoxication avait produit une phlébite (Léox DuFoiR, Anatomie, -physiologie et histoire naturelle des Galéodes. In Uémoires présentés par divers savants à l'Académie des sciences, t. XYII, tirage à part, p. 35 et 36, 186J).

g III. Historique. Nomenclature. Antoine-Guillaume Olivier fonda le premier, en 1791, le genre Galéodes sur le Phalangium araneoides de Pallas, tandis que Fabricius avait inséré dans le genre Phalangium cette belle et singulière Arachnide, llerbst, ignorant la publication d'Olivier, créa, en 1797, le genre Solpuga renfermant six espèces de Galéodes exotiques.

Sans égard pour le précepte de la priorité scientifique, et quoiqu'il connût très-bien la publication d'Olivier, Fabricius adopta, en 1798, le genre Solpuga de Herbst dans le supplément de son Entomologia systematica.

Les divers auteurs qui suivirent, Latreille, Duméril, etc., tantôt adoptèrent le genre Galéode, tantôt le genre Solpuge. Paul Gervais dit que le nom de Galéode devra être rendu aux Solpugides, qu'il décrit dans le tome 111 des Aptères de Walckenaer, en 1844. Léon Dufour, dans un beau mémoire sur les Arachnides, réclame en leur faveur le nom donné primitivement par Olivier.

GALÉOPITIIÈQUE. 497

G. Koch avait proposé dans les Archives de Wiegmann, en 1842, une division des Arachnides qui nous occupent en cinq genres: Galeodes, Solpuga, Gluvia, Rliax et JEllopus, en s'appuyant sur le nombre des articles des tarses. Cette division, trop artificielle et peu méthodique, n'avait été adoptée ni par Paul Gervais, ni par Léon Diifour.

Eugène Simon, qui a étudié avec tant de soin les Arachnides et qui a consacré divers travaux aux Galeodes, les a répartis récemment dans plusieurs genres en prenant pour caractères : les chélicères, la vesliture des pattes et des ongles, le système appendiculaire, les orifices respiratoires, etc. Il établit les Galeodes Olivier; CœreUia E. ^\mon = G œtuUa ; Zeria E. Simon; Wmx G. Kock ; Gylippiis E. Simon; Dinorhax E. Simon; Gluvia G. Koch; Datâmes E. Simon; Cleohis E. Simon; Mummucia E. Simon [voy. Eugène Simon, Essais d'une classification des Galeodes; Remarques synonymiqnes et descriptions d'espèces nouvelles on mal connues. In Annales de la Société entomologique de France, 5^ série, t. IX, p. 93-154, et planche 3, 1879).

Je termine cet article par l'indication des espèces de Galeodes les plus intéressantes à connaître.

Le Galeodes araneoides Pallas. et probablement d'Olivier, est le Solpuga arachnodes de Lichtenstein et Herbst, le Galeodes intrepidas de Kittary, le Galeodes Lucasi de Léon Dufour. C'est une espèce très-répandue, s'étendant de la région du Volga et de la mer Caspienne dans le Caucase, en Perse, jusqu'en Egypte et en Nubie où elle est rare. Sa couleur est d'un gris verdàtre plus foncée sur la tète, les pattes blanchâtres à la base et aux extrémités ; l'abdomen offre une bande dorsale noirâtre formée d'une série de lunules.

Le Galeodes grœcus G. Koc\\=^ Solpuga araneoides Savigny. Il est très commun en Egypte, surtout autour des Pyramides. On le trouve en Morée, en Turquie, en Algérie, jusque dans le Soudan. C'est la plus grande espèce connue, les pattes sont concolores, l'abdomen a une bande longitudinale foncée. Le Galeodes Olivieri E. Simon constitue une espèce se rapportant au G. araneoides de Milne Edwards et Blanchard.

Le Galeodes barbarus Lucas, dont j'ai longuement exposé les mœurs, est commun dans toute l'Algérie et le Maroc.

Les CœreUia, plus petits que les Galeodes, ont encore une forte taille. Leur aire géographique est très-étendue; ils ne se trouvent ni en Russie, ni en Perse, ni en Grèce, mais dans toute l'Afrique, surtout au sud où les Galeodes manquent. Les Rhax sont de la Barbarie, de l'Arabie et de l'Egypte.

Le Gluvia dorsalis Lalreille, qui est le Galeodes intrepidus de Léon Dufour (non de Kittary), habite l'Espagne. E. Simon l'a trouvé à Badajoz et à TEscurial.

Les Datâmes sont exclusivement américains; les Cleobis et les Mummucia se rencontrent dans le même continent, surtout dans l'Amérique du Sud et les Antilles {voy. Arachnides et Scorpions). A. Laboclbène.

CiALÉOPirnÈQUE. Les Galéopithèques sont des mammifères fort singuliers qui grimpent aux arbres avec facilité et qui jouissent en même temps de la faculté de pouvoir s'élancer à de grandes distances et de se maintenir en l'air pendant quelque temps, à la manière des Pétauristes, des Écureuils volants et des Anomalures {voy. les mots Sciuridés et Rongeurs). Ils sont en effet munis de membranes aliformes qui s'étendent sur les côtés du corps, depuis le cou

498 GALÉOPITHEQUE.

jusqu'à l'extrémité de la queue, et qui jouent le rôle de parachutes lorsque les membres sont étendus. Frappe de celle disposition qui rappelle un peu ce que l'on observe chez les Ghauves-Souvis, Bontius, naturaliste hollandais du dix-septième siècle, auquel on doit les premiers renseignements sur ces animaux, considéra les Galéopithèques comme appartenant à une espèce de Chiroptèi'es, le Vespertilio admirabilis. Plus tard Linné les rapporta aux Lémuriens, et les appela j¥a/cis volants {Lemur volans) ; enfin Pallas, tout en partageant les idées de Linné relativement aux affinités des Galéopithèques, les rangea dans un genre particulier [Galeopilhecus] et, à partir de ce moment, tous les naturalistes semblèrent d'accord sur la place qu'il convenait d'assigner à ces mammifères. Il est juste de dire cependant que Cuvier était revenu à l'opinion de Bontius et avait replacé les Galéopithèques parmi les Chiroptères.

Toutefois, les recherches entreprises dans ces dernières années tendent à prouver que les Galéopithèques ne sont ni des Lémuriens ni des Chauves-Souris, et qu'ils doivent constituer, sous le nom de Dermoptères, un ordre distinct entre les Chiroptères et les Insectivores. Chez les Galéopitlièques, en effet, les membres antérieurs conservent leur structure normale et les doigts ne s'allongent pas démesurément, comme chez les Chauves-Souris, pour soutenir les membranes aliformes, qui sont velues sur toute leur étendue et qui ressemblent davantage aux expansions cutanées des Écureuils volants. En revanche, les pieds de derrière sont conformés à peu près comme ceux des Chauves-Souris, tous les doigts sont réunis par une sorte de palmure et terminés par des gvilfes, et le pouce n'est jamais opiposable comme chez les Lémuriens. La tète est large et un peu aplatie, et les yeux sont moins gros et dirigés plus latéralement que chez les Lémuriens nocturnes {voij. Galago etSiKGES-FAUx). Le crâne se distingue par l'état incomplet du cercle orbitaire, et le système dentaire est très-remarquable, toutes les dents antérieures étant comprimées et plus ou moins pectinées. Cette forme est particulièrement accusée dans les incisives inférieures, qui sont au nombre de six et suivies de chaque côté d'une dent caniniforme, à laquelle succèdent cinq dents molaires. A la mâchoire supérieure il y a deux paires d'incisives, dont les médianes sont très-écartées et dont les latérales ont deux racines, une paire de canines à deux racines et cinq paires de molaires, hérissées pour la plupart de tubercules pointus. Le cunal intestinal est pourvu d'un vaste ceecum, et les mamelles, au nombre de deux, sont situées sur la poitrine.

Les Galéopithèques ne se rencontrent que dans les îles de la région indo-malaise ; ils se tiennent dans les grandes forêts, courent sur le sol avec agilité et grimpent aux arbres comme les chats. Pour passer d'un arbre à l'autre ils s'élancent en étendant leurs parachutes et franchissent ainsi une distance de 60 à 100 mètres. Au repos ils se tiennent accrochés à une branche par l'extrémité des quatre membres, le dos tourne vers le sol. A la nuit tombée, ils se mettent en mouvement et font la chasse aux insectes et aux petits oiseaux ; au besoin ils dévorent aussi, dit-on, des fruits et même des feuilles.

Le Galéopithèque volant {Galeopilhecus volans L.), ou Galéopithèque varié, ou Galéopithèque de Temminck, habite les iles de Java, de Sumatra et de Bornéo. C'est un animal de 50 centimètres de long, au pelage soyeux, d'un gris foncé, jaspé de blanc en dessus et d'un gris fauve en dessous. M. Schlegel pense qu'il faut rapporter à la même espèce le Galéopithèque des îles Philippines, que M. Waterhouse avait désigné sous le nom de Gcâeopithecus philippensis.

E. OUSTALET.

GALES. 'iO'J

DiBi.iOGRAPHiE. — BoNTius. Histoire naturelle el médicale de l'Inde, 1658. — Linné. Sysfriiia naturœ, éd. XU, t. I. — G. Cuvier. Règne animal, t. I. — De Bl.mxville. Ostéographie : Le'muricns. — Gervais. Histoire naturelle des Mammifères, 1854, t. I. — Sculegel. Musée des Pays-Bas : Sitniœ, 1876. E. 0.

G.\LEOP!s>i§î. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Labiées. Ce genre, établi par Linné, a été subdivisé par les botanistes modernes. Dans les limites actuelles, il contient des herbes annuelles, habitant l'Europe et l'Asie moyenne. Les ileurs, disposées en glomérules axillaires, ont un calice tubuleux, à 5 dents spinescentes ; une corolle à lèvre supérieure voûtée, à lèvre inférieure trilobée ; 4 étamines didynames parallèles sous la lèvre supérieure de la corolle, ayant des anthères à loges divergentes, s'ouvrant chacune par une valve transversale.

On en connaît un certain nombre d'espèces, dans nos pays :

LeGaleopsis ladanvmh., à tige pubescenle, à feuilles linéaires lancéolées, à calice et à bractées aristées, à fleurs d'un beau pourpre marqué de fauve et de blanc ;

Le Galeopsis tetrahit, à tige hispide, à feuilles ovales lancéolées, oblongucs, à •entre-nœuds dilatés à leur partie supérieure, à fleurs purpurines, roses ou blanches ;

Le Galeopsis pubescens, espèce très-voisine de la précédente, à corolle j)lus longue et plus grande;

Le Galeopsis ochroleuca, à tige également pubescente, à feuilles pétiolées oblongues, dentées, à corolle allongée, grande, d'un jaune ocreux, parfois panaché de pourpre.

On a attribué à ces plantes, et particulièrement au Galeopsis ochroleuca, de l'efficacité contre la plithisie et quelques affections de poitrine moins graves ; mais elle n'agit probablement que comme une Labiée ordinaire, peu odorante, et légèrement nauséeuse à la mastication. « Elle est, dit Lemery, propre pour arrêter les cours de ventre, les fleurs blanches, pour exciter l'urine, pour les maladies de la rate, prise en décoction et appliquée. »

On emploie les fleurs et les sommets en infusion (20 à 50 gr, pour 1000 d'eau). Pl.

Bibliographie. — Lin'sé. Gênera, 717. Species, 812. — De Casdolle. Flore française, 2557. — Lamarck. Encyclopédie. Dictionnaire, II, p. 600. — Enolicher. Gênera, n" 3648. — Ben- THAsi. Prodrojuus de Candolle. — Grenier et Godron. Flore de France, II. Pl.

G AI.EOTTI (Pio Urbaxo) . Médecin accoucheur à Naples à la fin du dix-huitième siècle. On ne le connaît que par Osiander, l'auteur de l'Histoire de l'art des accouchements, qui cite de lui :

L'ostetricia pratica diPio Urbano Galeotti. Naples, 1787, in-S». A. D.

«AI.ERITA. Nom donné par quelques auteurs au Tussilage petasites.

Pl.

GALES (J. C). Né à Betbèze (Haute-Garonne), le 17 avril 1783. D'abord pharmacien à l'hôpital Saint-Louis, il se fit recevoir docteur en médecine le 21 août 1812 et mourut en 1854. On connaît de lui :

I. Essai sur le diagnostic de la gale, sur ses causes, etc. Paris, 1812, in-4°. — II. Mémoires et rapports sur l'efficacité de la futnigation sulfureuse dans le traitement des maladies de la peau, des articulations et du système glandulaire , du rhumatisme chronique, de la goulte, des affections parahjtiques. Paris, 1816 in-8». Traduction anglaise. Londres, 1817, in-8°. A. D.

GALETTE (Jean-François). Né à Metz le 9 mai 1774, fit ses humanités au collège des Bénédictins, étudia la chirurgie à l'hôpital militaire d'instruction à partir de 1789, puis devint en 1791 aide-chirurgien surnuméraire, en 1792, titulaire à l'armée de la Moselle et, en 1795, servit comme chirurgien au 4^ bataillon de la garde nationale à Paris. En 179G, il devint premier chirurgien au 102*= régiment de ligne, se trouvant en garnison à Strasbourg, étudia en même temps la médecine en 1797 et 1798, puis continua ses études à Paris en 1799. En 1800, il fut nommé chirurgien d'une division de l'armée du Rhin, sous Moreau, et, le 16 novembre de la même année, prit ses degrés en chiriirgie et en art dentaire à Mayènce, et peu après passa à l'armée d'Augereau. En avril 1801, Galette devint chirurgien en chef de l'hôpital militaire de Mayence, et, après une interruption dans son service, remplit de nouveau ces fonctions de 1805 à 1809; il s'en démit alors, se fixa à Mayence, accepta en 1812 la charge de dentiste du lycée impérial, et en 1815 fonctionna comme secrétaire de la Commission des épidémies ; ce fut le dernier emploi qu'il remplit sous la domination française. Il était devenu successivement dentiste du prince de Nassau, du prince d'Orange, de la grande-duchesse de Bade, du grand-duc de liesse, etc., et en 1816 fut nommé membre de la Société d'histoire naturelle de Moscou. Depuis 1813, il remplissait les fonctions de dentiste de la ville de Mayence, et depuis 1818 celles de chirurgien en chef des escadrons de la garde d'honneur giand-ducale; il fut agréé en 1825 docteur en chirurgie de l'Université de Giessen honoris causa, en 1827 conseiller aulique. Nous citerons de lui :

I. Blicke in das Gebiet der Zahnarzneikunde. Mainz, 1810, in-8°. — II. Analom., phijsiol. und chirurg. Betraclitungcn ûber die Zâhne. Wainz, 1815, in-8°. — III. Der Zahnarzl fur das schône Geschlecid. .Mainz, 1816, in-12, pi.; 2 verb. Avifl. Quedlinburg, 1834, iu-12 ; 2te Ausg. Ibid., 1837, in-12. — IV. Zahnspiegel besonders fur das weibliche GeschlecJtt. Mainz, 1«23, in-12 ; 2. Aufl. Ibid., 1826, in-12. — V. Einige betrachlungen ûber den Schmelz der Zâhne und ilber den Gcbrauch der Feile. Mainz, 1824, in-8°. — Yl. Animadversiones quœdam de secunda denlitioue seu de denlibui permanentibiis. Mogunti?e, 1827, in-8°. — VII. Abgeforderter Beweis, dass H. Prof. Dr. Pàngelmann zu Wïirzburg ein Plagiarius seg. Mainz, 1828, in-4°. — VUI. Ringelmann der Plagiarius. Mainz, 1829, gr. in-8°. — IX. Kurzgefasste Delehrungen iiber das erste und zweiie Zahnen. Mainz, 1830, in-12. — X. Ueber Mcnschenpocken, Inoculation und Vaccination. Mainz, 1847, in-4°. — XI. Notice sur une nouvelle manière de placer les dents artificielles. ]n Sédillot, Rec. périod. de la Soc. de méd, de Paris, t. XLVII, p. 224. L. Hn.

GALIEIV (Claude). Ce célèbre médecin naquit à Pergame, en Mysie (Asie Mineure), en l'an 151 de l'ère chrétienne, sous le règne de l'empereur Adrien XIV ou XV. 11 nous apprend lui-même qu'il était fils de Nicon, sénateur de Pergame, architecte, mathématicien, philosophe, en même temps que très-lettré et trèsversé dans la connaissance des divers dialectes de la langue grecque. Galien parle avec la plus grande vénération de son père dont il vante les vertus et la science, mais il est loin d'être aussi respectueux pour sa mère, dont il ne peut dissimuler le peu d'ordre et le caractère acariâtre, la comparant à Xanthippe, la femme de Socrate : « s/wv p.-/jTépa ôf)7i>,coTOrflv, wç ^â/vsiv fisv évtoTc xàç Bapa.Tta.aixc, àîi Sh zïzpa^évai zz /.xi ^'i.yjnBai tw Trarpi fxà^).ov, rj Savôt'rrTrfl 2wxpâ-ît [De dignosc. animi morbis, capite viii, t. VI, édit. Chart., p. 531).

C'est de son père que Galien reçut sa première éducation ; Nicon fit surtout naître en lui un goût remarquable pour la philosophie, particulièrement pour la dialectique, dont il commença l'étude à l'âge de quinze ans avec le philosophe platonicien Caïus et oij il se montra plus tard supérieur à tous les mâ.lecins de

son temps ; il suivit ensuite les leçons d'autres maîtres qu'il ne nomme pas, mais dont l'un professait les doctrines péripatéticiennes, tandis que l'autre était un épicurien. Après avoir ainsi étudié à fond et même commenté les œuvres d'Aristote et de Théophraste, Galien, obéissant à un songe de son père, se voua à la médecine. 11 eut pour premier maiire dans cette science un disciple d'Athénée, chef de la secte pneumatique, homme sans talents et sans jugement, qu'il ne tarda pas à quitter d'ailleurs pour suivre également, dans sa ville natale, les leçons de l'analomiste Satyrus, disciple de Quintus, de la secte dogmatique, et celles de Stratonicus, partisan des doctrines hippocraliques, d'Ennius Meccius et de l'empirique Aeschrion. Quatre ans plus tard, après la mort de son père, Galien se rendit à Smyrne pour suivre l'enseignement de l'anatomiste Pelops, autre disciple de Quintus, et celui du philosophe platonicien Albinus; après quoi il passa à Corinthe, où il étudia sous Numesianus, qui appartenait comme Pelops à la secte dogmatique ; enfin il alla terminer ses études médicales à Alexandrie, alors le centre scientifique le [dus florissant; là il entendit des médecins de toutes les sectes et fut à même de choisir dans les doctrines qui y étaient enseignées ce qu'il jugeait y avoir de meilleur; il parle surtout avec éloges d'un certain Uéraclien, dont l'histoire de la médecine ne fait du reste aucune autre mention.

Dans l'intervalle, Galien avait entrepris plusieurs voyages dans diverses parties de l'Asie Mineure et en Palestine, principalement dans le but d'accroître ses connaissances en histoire naturelle et en matière médicale ; pour trouver le jayrt, il côtoya, au péril de sa vie, dans un petit bâtiment, tout le littoral de la Lycie; il se rendit à Lemnos pour y voir préparer la terre siyillée, et il put ainsi se convaincre qu'on n'y mêlait pas de sang, comms c'était l'opijiion vulgaire ; deux fois il alla en Palestine pour observer l'arbrisseau qui fournit le baume et l'asphalte de la mer Morte; il parcourut l'île de Chypre, la Crète, etc.

Revenu à Pergame à l'âge de vingt-huit ans, il fut chargé par les prêtres d'Es- •culape du traitement des gladiateurs, qui s'exerçaient dans le gymnase dépendant du temple ; il eut ainsi l'occasion de se perfectionner dans la chirurgie et réussit dans la plupart des cas à rendre la santé aux blessés que le traitement des autres médecins avait jetés dans un état presque désespéré; il expérimenta, entre autres, -dit-il, un traitement nouveau des blessures des nerfs, qui eut un plein succès.

Six ans après, en l'an 164, les troubles politiques qui éclatèrent dans sa patrie le déterminèrent à quitter Pergame et il se rendit à Rome, où ses connaissances en anatomie et en médecine ne tardèrent pas à lui valoir une juste renommée. Il eut pour amis, dans cette capitale, Endemus, célèbre philosophe péi ipatéticien, qu'il guérit d'une fièvre triple quarte, occasionnée par l'abus de la théiiaque, par l'emploi du remède même qui avait causé le mal ; Sergius Paulus, préteur; Barbarus, oncle de l'empereur Lucius Verus ; Septime Sévère, alors consul et plus tard empereur; enfin Boethus , dont il guérit la femme de flueurs blanches opiniâtres dans un espace de temps très-court, ce qui lui valut un présent de quatre cents pièces d'or. On raconte encore de lui, qu'appelé auprès d'une dame, suppiiséc en danger de mort, il reconnut que sa maladie n'était autre chose qu'une belle passion pour un baladin. Galien fut recherché dès lors par les persoimages les plus en renom, qui assistèrent même avec l'élite de la société romaine à des leçons d'anatomic et de physiologie qu'il avait instituées <et qui ne contribuèrent pas peu à fonder sa réputation.

Cependant les médecins grecs, qui exerçaient à Rome, jaloux de la renommée

croissante de Galien, ne lui ménagèrent ni les sobriquets ni les épigrammes ; ils l'appelaient entre autres Tza.pa.dolrj\ô''/oç, diseur de paradoxes; 7ra^aiîo?o7roiôî, faiseur de miracles; ioyiarpoç, médecin phraseur ; de son côté Galien les accusa d'avoir empoisonné un de leurs confrères et ses deux aides. En l'an \%S, il quitta Rome pour se dérober à l'envie des médecins de cette capitale, et probablement aussi pour fuir la peste qui régnait à ce moment ; puis, après avoir visité une partie de l'Italie, Chypre et ses mines de cuivre, la Palestine^ etc., il revint à Pergame. Mais il ne fit qu'un court séjour dans sa ville natale et, après avoir visité à Smyrnc son maître Pelops, il se rendit à pied, par la Thrace et la Macédoine, à Aquilée, où l'appelaient les empereurs Lucius Verus et Marc-Aurèle, occupés aux préparatifs de la guerre contre les Germains ; Marc-Aurèle en particulier tenait à ne prendre que des mains de Galien la thériaque, dont il faisait un fréquent usage. La pesle ayant écljté à Aquilée, Galien reprit le chemin de Piome avec Marc-Aurèle et Lucius Verus, qui mourut en route. L'empereur voulut l'emmener dans son expédition contre les Marcomans, mais l'illustre médecin de Pergame refusa, sous prétexte qu'Esculape, qui venait de le guérir d'un abcès, l'avait dissuadé en songe de faire ce voyage; c'est l'archiatre Demetrius qui obtint ce poste, et Galien resta à Rome pour veiller particulièrement sur la santé du jeune Commode, alors âgé de neuf ans; ce futur tyran, atteint d'une maladie grave, fut guéri par lui pour le malheur de l'humanité, et l'on raconte qu'il rendit un service analogue à Sextus, autre fils de Marc-Aurèle, ce qui le mit en grande faveur auprès de leur mère Faustine.

C'est à cette époque, c'est-à-dire de l'an 170 à l'an 174, que Galien composa S3S œuvres capitales, ses livres sur ['anatomie et sur Vusage des parties. Il guérit Marc-Aurèle, revenu de la guerre avec des troubles gastriques occasionnés par l'usage d'aliments crus et froids, en lui faisant boire du vin additionné de poivre et en lui appliquant sur l'estomac de l'huile de nard. Galien continua à vivre à Rome sous les successeurs de Marc-Aurèle, Commode, Pertinax et Septime Sévère, pour lequel il prépara également de la thériaque. C'est sous le règne de ce prince que Galien mourut, à Rome ou à Pergame, ou même en Sicile d'après Abu-l-Faraj, entre 201 et 210, à l'âge de soixante-dix à quatre-vingts ans. Après sa mort on frappa des médailles en son honneur à Pergame.

Galien fut sans contredit l'un des hommes les plus instruits et probablement l'un des moins modestes de son temps. Convaincu de sa valeur, il parle de lui-même en termes élogieux à l'excès et prodigue à ses adversaires les épithètes les plus malsonnantes, appelant les méthodistes, par exemple, les ânes de Thessaliis. Malgré son prétendu respect pour Hippocrate, qu'il qualifie : 'iTTTtox/jocTflç TrâvTwv àyoLÔôiv i{)piThi; {h\ Hippocr. de hiimoribus, éd. Kùhn, t. XVI, p. 273), 'îmzo-A.prlTï]; TravTwv «pv twv y.oclùi) ijyeptwv [De prœnotione, éd. Kùhn, t. XIV, p. 102), il déclare néanmoins que cet illustre médecin n'a fait que montrer le chemin, tandis que lui, Galien, en a seul aplani les difficultés, comme Trajan avait rendu praticables les routes de l'empire romain. Ailleurs cependant il défend à ses élèves de lui donner des éloges outrés en public et leur assure qu'il n'a jamais eu d'autre ambition que de contribuer dans la mesure de ses forces aux progrès de la science et à la recherche de la vérité ; il ajoute même que pour lui gloire, honneur, richesses, ne sont rien à côté d'une conscience tranquille et d'une bonne santé du corps. Ces sortes de contradictions se rencontrent maintes fois chez les personnes douées d'un amour-propre excessif, mais dont on n'a pas lieu de suspecter la bonne foi. H est avéré cependant que

Galien ne recherchait pas la richesse ; il soignait, dit-on, avec le même dévouement le riche et le pauvre, le prince et l'homme du peuple. Mais on lui reproche d'avoir parfois poussé plus loin qu'il ne convient à uu médecin le soin de sa propre conservation, contrairement à ce que lit llippocrate dans des circonstances analogues.

Dans les détails biographiques qui précèdent, on a vu déjà quel rôle les songes ont joué dans la vie de Galien et on a lieu de s'étonner qu'un homme doué de facultés si élevées fût crédule à ce point. Mais était-il réellement bien sincère quand il s'appuyait sur un songe pour refuser à Marc-Aurèle de l'accompagner dans son expédition contre les Germains? N'était-ce pas plutôt la crainte d'affronter les périls de la guerre? C'est aussi à un songe qu'il dut, s'il faut l'en croire, la guérison d'une douleur localisée dans la région hépatique. Esculape lui serait apparu et lui aurait conseillé de se faire ouvrir l'artère qui est entre le pouce et le second doigt de la main droite, opération qui lui aurait réussi. A diverses reprises, il parle dans ses ouvrages de l'influence heureuse des songes et, quoiqu'il ait tourné en ridicule les remèdes magiques de Pamphile et de Xénocrate, il finit cependant, s'il faut en croire Alexandre de Tralles, par être convaincu lui-même du pouvoir des charmes contre les maladies.

Galien était un écrivain d'une fécondité extrême ; dès son enfance, il commentait les auteurs et mettait par écrit les idées que leur lecture faisait naître dans son esprit, et tout ce que lui suggéraient ses recherches et ses réflexions ; plus tard, il rédigeait lui-même ses leçons, les confiait à ses audileurs et était amené souvent à les accompagner de commentaires et d'explicationsécrites qui ont été publiées contre sa volonté. Généralement le style de Galien est élégant , mais trop souvent diffus et incohérent. D'après l'énumération qu'il en donne dans son livre, tts^I twv tiîtwv pièliwv ypxfo, Galien a écrit 125 ouvrages non médicaux, dont il5 sur la philosophie, les autres sur les mathématiques, la grammaire et les lois; des ouvrages philosophiques trois seulement sont venus jusifu'à nous ; quant aux ouvrages de médecine, 48 ont été perdus ; nous en possédons encore 83 bien authentiques, 19 douteux, 45 apocryphes, plus 19 fragments et 15 commentaires sur Hippocrate. Il existe enfin de lui 80 ouvrages manuscrits disséminés dans diverses bibliothèques. La plupart de ceux qui ne sont pas venus jusqu'à nous ont péri dans un incendie, qui consuma le Temple de la Paix, la bibliothèque palatine et diverses maisons de la Via sacra, entre autres une (Z7roS/;zv3,où étaient déposés, pour servir aux médecins qui venaient y conférer, les livres de Galien et ceux de plusieurs autres.

Pour bien se rendre compte de la portée de la révolution scientifique dont Galien fut l'initiateur, il est indispensable de connaître l'état de la médecine à son époque. Depuis Hippocrate, plusieurs sectes s'étaient succédé, se ratbchant toutes plus ou moins au dogmatisme, à la docti'ine d'Hippocrate altérée par ses successeurs, faussée pas l'invasion des idées philosophiques, et suivant une évolution parallèle à celle des écoles philosophiques de la même période. Les écoles dogmatiques, quelles qu'elles fassent, prétendaient donner la raison de tout, voulaient tout expliquer par la doctrine des quatre éléments, qu'on rencontre à la vérité dans les écrits hippocratiques, mais au sujet de laquelle Hippocrate fut loin d'être aussi affirmatif que ceux qui parlaient en son nom.

Hérophile et Érasistrate, les fondateurs de l'École d'Alexandrie, se rattachaient également au dogmatisme. Anatomistes très-distingués, les premiers qui dans

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l'antiquité aient disséqué des cadavres humains, ils ont fait des découvertes mémoraliles et peut-être auraient-ils créé l'anatomie humaine, si l'invasion des Barbares et l'intervention de l'Église n'en eussent arrêté l'essor pendant plusieurs siècles ; mais dans le domaine de la pathologie et de la physiologie ils ne surent pas se préserver des explications hypothétiques et se laissèrent entraîner à de nouvelles erreurs.

Érasislrate fut l'auteur d'un solidisme absolu qui vécut jusqu'à Galien en lutte avec l'humorisme. La sccle pneumatique se rattache plus ou moins à la doctrine d'Érasistrate et a surtout subi l'influence de la philosophie ; en introduisant dans le corps de l'homme un esprit, un piieuma, dont les altérations constituent la maladie, les pneumatistes avaient transformé la médecine en une métaphysique obscure et sans issue.

A Rome, Thémison de Laodicée fonda la fameuse secte méthodique, dont les repiésentants, après avoir rejeté tout dogme sur l'essence des corps, proscrivent toute recherche des causes premières, des causes cachées des phénomènes organiques, et prétendent expliquer ces derniers exclusivement par des conditions matérielles dûment observées, conditions purement hypothétiques, comme on va le voir.

Admettant en effet dans les tissus l'existence de pores invisibles à l'œil nu, ils expliquent les maladies par le resserrement [strictum, tôvo;, a-A-hpuai;) ou le relâchement {laxiim, àTovîa) de ces pores au delà de l'état naturel (eùtovia). D'où deux groupes distincts de maladies, fondés sur les analogies et les similitudes qu'ils présentent au point de vue du resserrement ou du relâchement des solides, et par suite deux espèces de médications opposées, sauf dans les cas qui participent à la fois des genres strictum et laxum et qui rentrent dans le genre mixtum, exigeant une médication combinée. La médecine n'était qu'une méthode pour trouver les similitudes des maladies, l'observation des règles curatives fondées sur elles. Thessalus et Soranus avaient encore perfectionné ce système et modifié le traitement selon le siège et la période. Il en était résulté une thérapeutique simple, établie sur des indications plausibles, bien différente de la médication grossière et irrationnelle des empiriques. En somme, le méthodisme était encore le dogmatisme, simplifié, il est vrai, mais s'appuyant, comme tous les systèmes pathogéniques, sur la connaissance hypothétique d'une cause première des maladies.

En face des sectes dogmatiques et de celles qui s'en rapprochaient sciemment ou non surgit Vempirisme, doctrine fondée par Philinus de Gos et par Sérapion, dans le but de réagir contre les spéculations hypothétiques. En effet, les empiriques, voulant baser l'art médical exclusivement sur l'expérience, rejetaient tout ce que cette dernière n'avait pas consacré, et par une singulière contradiction excluaient le raisonnement et la x'echerche des causes des maladies et proscrivaient même l'étude de l'anatomie, pour n'admettre que les données fournies par y observation, Vhistoire et Yanalogisme, ce que Glaucias, un des leurs, appelait « le trépied de la médecine » . Mais en ne s'occupant que des propriétés des médicaments, sans s'inquiéter des phénomènes morbides contre lesquels ils étaient dirigés, ils finirent par devenir de simples médicastres, des apothicaires préhistoriques.

Toutes ces sectes s'entre-déchiraient ; chacune était arrivée à la découverte de quelque vérité ou de quelque lambeau de vérité importante, mais aucune ne pouvait présenter une doctrine complète, et toute entente, toute fusion entre elles paraissait impossible ; l'empirisme le plus dégénéré tendait à dominer la scène.

Cependant le pneumatique Agathinus, de Sparte, avait fait déjà une tentative plus ou moins heureuse et fondé, sous l'influence de récleclisme philosophique de l'époque, une sorte d'éclectisme médical qui ne porta guère de fruits et contribua plutôt à augmenter le désarroi.

Galien voulut arracher la médecine à cet état anarchique, la réglementer, la systématiser et former avec les débris des doctrines antérieures un ensemble harmonieux et complet. Versé dans la connaissance de tous les systèmes philosophiques et médicaux, doué d'une vaste conception, en même temps que d'une imagination ardente, il réunit toutes les notions accumulées de|niis Hippocrate, mit à profit toutes les découvertes faites avant lui et édifia un système admirablement coordonné, dans lequel s'encadraient tous les faits connus et où pouvaient rentrer, à des places en quelque sorte réservées à l'avance, les faits nouveaux qui surgiraient. Rien n'écliappe à ses explications et à ses distinctions subtiles ; toute question a sa réponse assurée, tout problème sa solution.

Les ouvrages de Galien, dit Bordeu, « sont si chargés de choses importantes, qu'ils doivent être regardés comme un corps de médecine complet et comme une encyclopédie plus fournie que celle d'Hippocrate. Galien a presque tout dit, presque tout vu, presque tout appris par sa pratique et par ses observations, de même que par l'étude des opinions de ses prédécesseurs qu'il recueillit avec soin. »

En somme, le médecin de Pergame a surtout fait œuvre d'encyclopédiste et de critique; sa pathologie, exposée sous une forme didactique qui devait on imposer à ses successeurs, renferme une quantité inouïe de faits, généralement bien choisis et présentés avec goût, ce qui ne l'a pas empêché de tomber dans des divagations et des spéculations rappelant le dogmatisme et le méthodisme qu'il attaquait cependant avec tant de violence, souvent même avec une partialité et une mauvaise foi insignes. D'autre part, en théiapeutique, il avait une prédilection toute particulière pour les médicaments composés, la thériaque et tant d'autres, et tombait ainsi à son tour dans l'empirisme et dans la polypharmacie. Le galénisme des siècles qui suivirent exagéra ces tendances d'une manière fâcheuse.

Malgré son immense savoir, étonnant pour un seul lioinme, malgré l'excellent esprit de critique dont il était doué et les aptitudes d'observateur fin et judicieux dont il fit preuve en analomie et surtout eu physiologie, Galien n'a laissé qu'un système artificiel, sous la figure d'un organisme naturel. Ce système, séduisant dans son ensemble et ollVanl une apparence d'infaillibilité, a eu pour principal mérite d'être le premier système théorique de médecine qui ait vu le jour; c'est ce qui explique l'influence tyrannique qu'il exerça sur l'art de guérir pendant près de quinze cents ans.

Comme cela arrive généralement, Galien fut imité dans ses défauts bien plus que dans ses qualités. Ce qui contribua puissamment, du reste, à établir l'autorité du médecin de Pergame, indépendamment de ses mérites, ce furent les circonstances politiques qui surgirent ensuite et qui entraînèrent la décadence rapide et générale des sciences et des lettres.

Il ne faudrait pas croire cependant que Galien jouît déjà, de son vivant, d'un crédit si extraordinaire ; les empiriques et les méthodistes, malgré ses attaques souvent passionnées, étaient encore tout-puissants, et des contemporains du médecin de Pergame publiaient des ouvrages peut-être plus originaux que les siens. Ce n'est qu'une trentaine d'années après sa mort que commença cette

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réputation qui devait dès lors n'aller qu'en grandissant ; Athenaeus, le deipnosophiste, le place déjà au-dessus de tous les médecins qui l'ont précédé : Talrivôç Ts ô Ilsisyafiiïjvô?, ôç toit«Ot èx5l5wice txM'^ypâ.uu.a.TOi. fi\o<7opà. te y.oà Ixzpivii, w; 7râvT«ç vmp'ocù.zîv Toûç Tzpb ofùroû, xat zarà t/jv epy.r;Vîîav où^îvô; wv T'iv , àp^aîtuv

à(î'JvaTOJT£,oo; {Deipnosopli., 1, 2). Alexandre d'Aphrodisie, contemporain d"Athenœus, le met sur le même rang que Platon et Aristote {Topicor., VIII, 2. de Responsione). Eusèbe, évêque de Césarée (513 ans après,!. -G.), se plaint qu'on rendà GaJien les mêmes honneurs qu'à la divinité : Toànvbç yàp ïo-coç vnb twwv xaî 7rpo(T-/.uveïTat {Hist. eccles., V, 28). Oribase et Aetius le copient presque; en Orient, il est traduit en latin et commenté, particulièrement par les Nestoriens de la Syrie et de la Perse ; c'est surtout par leur intermédiaire que ses œuvres ont été transmises aux Arabes, et ce sont ces derniers qui ont le plus contribué à établir son autocratie, ainsi que celle d'Aristote, en Occident. En efl'et, à partir de ce moment, le galénisme domina la science de plus en plus; Galien régna sans conteste en médecine comme Aristote eu philosophie et dans les sciences natu relies. Ses préceptes devinrent des articles de foi, surtout au moyen âge, qui, incapable d'engendrer une idée nouvelle sur la vie et d'arriver à une conception originale des phénomènes organiques, aima mieux s'en tenir à la médecine galénique, qu'il commenta, tourna et retourna en tous sens, et qu'il finit par transformer en un tissu de finesses, d'arguties, de discussions subtiles, de sorte qu'Hoffmann a pu en dire avec juste raison qu'elle était purement nominalis, mère scholastica et filia phantasiœ. Tel fut l'état de la médecine jusqu'aux temps modernes, jusqu'à l'époque de Paracclse.

Mais, si funeste qu'ait été, à un certain point de vue, l'influence de Galien sur la marche et les progrès de la médecine, il faut cependant reconnaître au médecin de Pergame le mérite d'avoir fait pénétrer partout, d'avoir conservé, en quelque sorte sauvé du naufrage, les notions positives acquises jusqu'alors en médecine, et d'avoir, par ses écrits, établi entre les anciens et les modernes la filiation des connaissances médicales. Ajoutons encore, et ce n'est pas son moindre mérite, que Galien, en réhabilitant la médeciue,[réhabilita en même temps la profession médicale qui était tombée alors dans le plus grand discrédit.

Quant au système de médecine de Galien, il se trouve exposé en détail dans l'excellent article que M. Boyer a consacié à l'histoire de la médecine dans ce Dictionnaire (2" sér., t. YI, p. 69) ; nous ne reprendrons pas son examen ici, nous nous, bornerons à dire avec Raige-Delorme : « C'est dans Galien qu'ont été puisées les idées qui ont régné si longtemps et dont quelques-unes subsistent encore, sur la constitution élémentaire du corps humain, sur ses parties similaires et ses parties instrumentales, ou ses tissus généraux et ses organes; sur les tempéraments, résultats des degrés différents et de la diverse combinaison des quatre éléments ou de leurs qualités ; sur les quatre humeurs douées des qualités premières combinées deux à deux ; sur les esprits naturels, vitaux et animaux, principes moteurs de toutes les actions organiques, se formant successivement dans le foie, le cœur et le cerveau, correspondant aux facultés et actions de même nom : les premiers à la faculté naturelle qui préside aux fonctions nutritives et formatrices, les seconds à la faculté vitale qui, par le moyen des artères, répand partout la chaleur et le principe des mouvements involontaires et des passions ; les derniers à la faculté animale qui a pour siège le système nerveux et préside aux mouvements volontaires, aux sensations, à, l'intelligence; les idées sur les

facultés secondaires propres à chaque organe et rendant raison des phénomènes qui s'y passent, sur les facultés attractive, rétentrice, altérante, expulsive, des organes sécréteurs, sur la faculté concoctrice de l'estomac, etc.; les idées sur la prédominance ou la disproportion de telles qualités élémentaires des parties solides ou les intempéries qui, avec les vices des humeurs par excès, par défaut et dans leur composition, ou les divers genres de pléthore et de cacocliymie, constituaient aux yeux de Galien les causes prochaines des maladies ; enfin les idées sur les qualités que, aussi bien que les parties organiques, possèdent à des degrés différents et dans des combinaisons variées les aliments et les substances médicamenteuses, qualités qui, par le principe des contraires, les rendent aptes à corriger ou combattre les diverses intempéries et cacochymies du corps. » La guérison, le retour à la santé, repose dès lors sur la restitution de la qualité manquante ou sur la privation d'une qualité dominante.

Gomme on le voit, dans ce système tout logique, les maladies et les vertus des médicaments sont ramenées à un très-petit nombre de causes ; les maladies se rangent dans un certain nombre de cases ou de rayons, les médicaments de même, et, la place de la maladie une fois déterminée, le médecin n'a qu'à ouvrir la case opposée pour y trouver les moyens propres à amener la guérison. Plus de méthode expérimentale, comme à l'époque d'IIippocrate; tout se réduit à une théorie reliant tous les faits, les expliquant tous.

Nous n'avons pas à insister ici sur les travaux et les découvertes de Galien en anatomie, ce sujet ayant été traité à l'article Anatomie {histoire) par M. Chéreau (1" sér., t. IV, p. 209). Nous nous bornerons à faire observer qu'il ne disséquait pas de cadavres humains, mais simplement des singes, des porcs, des chien», même des oiseaux, des poissons et des reptiles, et appliquait à la structure du corps de l'homme ce qu'il avait appris en disséquant les animaux.

Quant à la physiologie, pour l'exposé complet du système de Galien, nous renvoyons à l'article de M. Boyer, déjà cité, en répétant une fois de plus ici que Galien doit être considéré comme le vrai fondateur de la physiologie, surtout de la physiologie expérimentale. En effet, d'après lui, tous les organes ont une fonction, un rôle, ou, si l'on préfère, une utilité, qui peut être connue soit par la disposition des parties, soit par l'expérimentation. Partant de ce principe, il a fait un grand nombre d'expériences sur la moelle, sur les nerfs laryngés, sur les artères, etc., employant des procédés presque modernes, tels que l'arrachement des nerfs à leur origine, leur ligature momentanée, la section de la moelle à diverses hauteurs, la ligature des uretères, etc., etc.

Il nous reste à dire quelques mots des travaux de Galien sur la chirurgie ; cet art n'occupe dans les œuvres du savant médecin de Pergame qu'une place restreinte; cependant dès sa jeunesse il s'y livrait avec ardeur à Pergame, et à son retour d'Alexandrie il soigna, comme nous l'avons dit, les gladiateurs du temple d'Esculape. A Rome, il ne s'en occupa que peu de temps, mais il paraît cependant avoir fait quelques leçons sur la chirurgie, au début de son séjour dans la capitale de l'empire romain ; il en abandonna alors presque entièrement l'exercice aux spécialistes, selon la coutume de l'époque.

Dans plusieurs cas difficiles, Gaiien fit preuve d'une grande hardiesse. Ainsi, un serviteur de Marcellus, le mimographe, ayant reçu à la lutte un violent coup sur le sternum et une carie profonde de cet os s'en étant suivie, Gaiien, sans craindre de blesser le cœur, qu'on sentait battre immédiatement audessous, fit la résection de l'os et trouva cet organe à nu, grâce à la des-

truction putride du péricarde ; il en profita même pour faire des observations physiologiques sur le coeur. Le malade guérit en peu de temps {De adm. anat.. Vil, 12, 13 ; édit. Kûlin, II, 631, 652). Une autre fois Galien pratiqua l'incision d'un pariétal fracassé {Meth. med., VI, 6; édit. Kùlm , X, 455). Il fait encore mention dans ses ouvrages de la trépanation, du traitement des plaies, des affections osseuses et des opérations (ju"elles nécessitent, mais surtout de la saio'née, dont il était grand partisan, et dont il n'abandonna jamais la pratique à un confrère dans les cas où il la trouvait indiquée.

Galien prêta une attention toute particulière aux bandages et aux appareils et indiqua plusieurs procédés nouveaux ; il en a traité avec détails dans ses commentaires sur les œuvres chirurgicales d'IIippocrate, et c'est dans ces mêmes commentaires (ju'il a parlé de son habileté à réduire les luxations du bras ; il ne s'en présentait pas un cas difficile à Rome où il ne fût consulté ou appelé à intervenir.

Mais, quoiqu'il eût promis d'écrire un traité sur la chirurgie, cet ouvrage n'a jamais été publié, ou, s'il l'a été, il n'est pas venu jusqu'à nous. On peut cependant se faire une idée des connaissances de Galien dans cette bianche de l'art de <^uérir par ce qu'il dit des affections chirurgicales et de leur traitement dans' les ouvrages que nous venons de mentionner ci-dessus et dans ceux qui sont intitulés ; De twnoribus, de medicamentorum compositlone secundum tocos, et dans divers autres, tous fragments qui ont été réunis par Peyrilhe. On n'y l'emarque pas grand'chose de nouveau ; tout ou presque tout est puisé dans Archi"ènes, Soranus, dans les Alexandrins, Héron, Gorgias, Ammonicus, Sostratus, ]\ymphodore, etc.

Galien paraît en outre s'être occupé d'ophthalmologie et aurait même composé sur ce sujet un livre qui a été perdu; son opinion sur la nature de la cataracte mérite d'être mentionnée; selon lui cette alïeclion porte à la fois sur le cristallin et sur l'humeur aqueuse.

En obstétrique, Galien n'a presque rien laissé; on lui attribue cependant un ouvrage destiné aux sages-femmes, ouvrage qui n'est pas venu jusqu'à nous. Il avait une connaissance assez exacte de la position du fœtus, mais affirmait trop lé"èrement que sur 1000 cas on rencontrait à peine une anomalie sous ce rapport. Du reste, n'exerçant pas les accouchements, il ne pouvait avoir des idées bien nettes sur la matière, et était obligé de s'en rapporter aux informations que lui fournissaient les sages-femmes. Au point ^de vue du mécanisme de l'accouchement, il professait que l'enfant ne présente point de mouvements actifs, mais est expulsé sous l'influence des contractions des fibres musculaires de l'utérus combinée à la dilatation active du col et à \a.lcontraction du plan musculaire adbominal, idée qui constituait un grand progrès sur les vues de ses prédécesseurs. Malheureusement ces vues si justes passèrent presque inaperçues et les idées hippocraliques sur le mécanisme des accouchements dominèrent encore pendant des siècles dans la science. Pour plus de détails sur ce point important, voyez G. Stammi.er. Gescinchte der Fovschungen ûber den Geburtsmechanismus, etc. Giessen, 1854, p. 57 et suiv.

Il nous reste maintenant à envisager Galien comme philosophe ; sa première vocation avait été pour cette science qu'il étudia sous son père Nicon, sous Caïus le platonicien, sous Philopator le stoïcien, Aspasien l'épicurien, Albinus le platonicien, etc. ; et, comme nous l'avons dit en commençant, ce n'est que grâce à une circonstance fortuite, un songe de son père, qu'il se décida pour la médecine.

Sa connaissance approfondie de la philosophie d'Aristote lui fut d'une utilité incontestable dans sa tentative gigantesque d'établir un système médical complet, comprenant toutes les parties de cette science, constituant en quelque sorte la médecine pour la première fois à l'état de science ; c'est à sa connaissance de la dialectique qu'est due la disposition méthodique de ses ouvrages el l'ordre trop souvent artificiel qui y règne. Éclectique en médecine, quand il s'est agi de concilier les uns avec les autres les systèmes les plus opposés, les faits positifs avec les théories vraies ou fausses, il l'a été bien plus encore en philosophie, imitant en ceci Cicéron et Philon le juif; aussi a-t-il été plutôt un crilicfue et un historien qu'un philosophe dogmatique. Cependant, son influence sur l'évolution de la philosophie ne doit pas être méconnue. Malheureusement la plupart de ses ouvrages philosophiques ont péri de son vivant dans l'incendie du Temple de la Paix. Ceux qui restent ont trait principalement à la logique et à la dialectique, quelques-uns à la morale, d'autres, tels que les fragments Sur le Timée de Platon, sont purement historiques et renferment l'exposition critique des quatre principaux systèmes suivis à l'époque de Galien ; plusieurs sont destinés aux étudiants en médecine ; il en est enfin qui traitent des mathématiques appliquées à la philosophie ; mentionnons entre autres celui qui est intitulé : Que la découverte fjéométrique est préférable à celle des stoïciens. Mais, partant d'idées choisies dans les systèmes les plus disparates et n'offrant qu'un degré de probabilité très-douteux, il se laisse entraîner à des déductions absolument fausses, malgré ses raisonnements en apparence d'une exactitude mathématique.

Nous n'examinerons pas en détail le système philosophique de Galien, d'autant plus que les contradictions nombreuses, les définitions souvent opposées contre lesquelles on se heurte dans cette étude, exigeraient des développements qui nous feraient sortir du cadre de ce Dictionnaire ; nous renverrons pour plus de détails sur ce sujet à l'étude de Daremberg sur Galien considéré comme philosophe {Frag. du comment, de Galien sur le Timée de Platon, Paris, 1848, in-8), et à son article Galien dans le Dict. philosoph. de Franck. Nous empruntons à ce travail les indications sommaires qui suivent :

1° Opinion de Galien sur la nature. 11 en fait tantôt une force, tantôt un être, la définit souvent, avec Ilippocrale, la substance universelle formée par le tempérament des quatre éléments, des quatre humeurs, etc., ou encore la substance première qui forme la base de tous les corps nés et périssables. Téléologisteavec Platon et Aristote, il applique le principe des causes finales à tous les détails de l'organisation et de la vie, s'en sert pour prouver l'existence d'un créateur tout-puissant, tout en subordonnant ailleurs la toute-puissance de Dieu à certaines conditions essentielles, inhérentes à la matière éternelle.

2" Opinion de Galien sur l'âme humaine. Même indécision, avec un penchant au matérialisme, quand il définit l'âme : Yentéléchie d'un corps naturel qui a la vie en puissance, et surtout quand il commente cette définition aristotélicienne, en disant que les facultés de l'âme suivent le tempérament du corps et que l'àme elle-même est formée par le mélange des quatre qualités primitives du corps : le chaud, le froid, le sec et l'humide. Imbu de ces idées, il ne peut comprendre celles de Platon sur le même sujet, et cependant il emprunte à ce dernier sa doctrine des trois âmes qu'il défend à outrance contre Aristote et les stoïciens.

3° Morale de Galien. Il admet les quatre vertus cardinales de Platon, une pour chaque âme et une quatrième résultant de la relation des trois autres entre

510 GâLIEN.

elles ; mais il s'écarte de Platon quand il dit que les mouvements de l'âme suivent en général ceux du corps ; puis il tombe dans une série de contradictions, sur lesquelles nous n'insisterons pas.

Ajoutons qu'on lui attribue la découverte de la quatrième figure du syllogisme.

Par le peu que nous avons dit des doctrines philosophiques de Galien, on voit qu'il n'avait pas de conviction bien arrêtée, que la fermeté lui faisait défaut dans ses jugements et ses appréciations. De plus, en présence de sa croyance aux songes, aux prodiges, à l'influence de la lune, etc., on se demande s'il n'a pas un peu versé dans ce mysticisme oriental qui à son époque tendait à envahir la philosophie.

Nous n'énumérerons ici que les ouvrages de Galien relatifs à la médecine et, à l'exemple d'Ackermaun, de Choulant, etc., nous suivrons autant que possible l'ordre chronologique, tel que l'a indiqué Galien lui-même :

I. Uspl cùpiaseav roii sl^aya/iivati. Desectis ad eos qui introducuntur [\'pQ\ogie des dogmatiques contre les empiriques et les méthodistes). — II. UpbiQpxuxjêovlov Ttipl âpi<7T-ni alpéusui^ De optima secta ad Tlirasybulum. — III. Uspi àLpiur/ii oi5affxa/ta,-. De optbna doctrina liber. — IV. Ilïpt tùv Trapà t/jv ),s|tv aoyjj/ji»Twv. De caplionibus pênes dictionem. — V. 'On âpiavoi iuTp'oi xai fi).67ofoç. Quod optimus medicus sit quoqite philosophu.i. — VL UpoxpiTzriKôi Àoyoi "i xà; rix^^i- Suasoria ad artes oratio (él-oge de la médecine). — VII. Uipl aujrârîus ixTpixôi. De consliluiiuiie ar/is medicœ. — VIII. Uspi TiJv xad' 'iTz-noxpâryiv aToixsiuj j3tê/ta 5'. De elemcntis secundum Hippocratem libri II. — IX. U-pi zpâuswv j3i6>icx y'. De temperamentis libri lll. — X. \ïîp\ inlulv/ii x"^'^?- ^^ ^t''^ ^''^- — ^^' ^^P' «"^Z**" lo\) St'jxpoi.aîai. De incequali temperie. — XII. Uîpl àpt'svjTî xaTo:7y.s\jfji tcû so'>fi«zoi ■hfuâ''- Deoptima corporis nostri constilulione. — XIII. U^pl sys^ta;. De bono liabitu. — XIV. IIcpc Suvd/j.îoi-j yj7i/.ù-j ^têXix ■/. De facullatibus naturalibus libri lll (défense des qualités élémentaires contre Erasistrate et .«Vsclépiade). — XV. Hspï oIxsîolc, twv çui-i/wv Sm-jx/mu-j. De subslantia naturalium facuUatum (Iragment). — XVI. Uzpï kva.roiJ.iy.ù^) iyxupn'js.uv ^lëlia i. De aiiatoinicis administialionibus libri IX (comprenant la volumes ; nous ne possédons plus que les 8 premiers et le commencement du neuvième ; les livres perdus existent dans une édition arabe de la bibliothèque de Bodley à Oxford). — XVII. U^pï oursuv toî; ttcrayoaévoi;. De ûssibus ad tirones. — XVIII. Uspl -AtèCi-j xai kpr-npiù-j mxTOfiiji. De venarum arieriarumque dissectione liber. — XI.\. Ilipl vîùpoiv aixrosmi. De nervoruin dissectione . — XX> Uspï iJ.Mi>-j à-jxTOfiiji. De mu&culorum dissectione. En grec pour la première fois dans l'édition de Kuhn (XVIII, 6), puis dans Dietz. Lipsite, 1832, in-8°. — XXI. Ilspi ^nrpxi àvaro^-;;;. De uteri dissectione. — XXII. Et /arà -jù^iv èv àp-r/iptai; c/Ijuia -ip:ix^ra.i.. An in artenis natura sanguis contineatur. — XXIII. TLipu /Auôiv xii^-îjiw; jîtâ/ta ji . De moiu mvsculorum libri IL — XXIV. Vocaliun insirumenlorum dissectio. N'existe qu'en latin. Ed. Chartier, IV, 219. — XXV. Uipi 7-Jj-j TÔi àvaTTvo-À; atTtiiy. De causls respirationis. — XXYI. Ils/st tw> 'iTTTtozpàTou; xai II/.àTwvo; SoyaÛTOi-j ,3(êita t. De Hippocratis et Platouis decretis libri IX~ Ouvrage dialectique dirigé contre Chrysippe, Aristote et Erasistrate. Voy. Chauvet : Méin. sur le traite' de Galien intitulé : Des dogmes d'Hippoa-ate et de Platon. Paris, 1857, in-8°.

— XXVIl. Fragmentum in Timœum l'iatonis. Publié en grec pour la première lois par Daremberg : Frag. du comment, de Galien sur le Timée de Platon. Paris, 1848, in-8°. — XXVIII. VLipi ^Txip/jLotroi ;3ië/ia ^'. De semine libri II. — XXIX. IIspl x'^'^*' '^'^'■' '^'' àv<i/5'.Ô7:ou aû/j.xri p-oploi-j j.o/oi t^i. De usu partium corporis humant libri XVII. Ouvrage capital. — XXX. Uspl 07fpr,7iui ip-/i.vo'j. De odoratus instrumenta. — XXXI. ïLipl tù-j ranovbo-zoi-j -zi-noiv- ^i^j.ia ç'. De locis affeclis libri VI (ouvrage capital sur les afleclions locales et le diagnostic).

— XXXII. Uspl Stx^opxi tru/sîTw.» ^ië\ix f. De differentiis febrium libri II. — XXXIII. Rspi Tûjv Ij tqîç voTotç xatpiiv. De morborum temporibus. — XXXIV. Uspi xp'-'-xi avxitvoirji. De respirationis usu. — XXXV. Uspl xp-^'^i 7rX)y/j.'M.>. De usu pulsmim. ■ — XXXVI. U-pi tôjj oyùyucôv roïi sl'sa.yop.hot;. De pulsibus ad tirones. — XXXVIÏ. Hî/Jt ôtayopâ; c^uy/xâv j.oyoi S\ De pulsuum differentiis libri IV. — XXXVIII. "Uspl Stayvd>7su; irif)U7,awv léy oi 5'. De dignoscendis pulsibus libri IV. — XXXIX. Uspl rûv sv ruts ff^uy/^stî «irtûv liyoi o'. De catisis pulsuum libri IV. — XL. Uspl Trpoyvcirscj; a^y/M'^"-' ^07<" ^'- ^^ prœsaqitione ex pulsibus libri IV. — XLI. 2jvo|-t; Tzspl ayuy/xwv iSixi -puyp.xrzixi. Sijnopsis librorum suorum de pulsibus. Publié en grec pour la première fois par Iviihn (IX, 451). — XLII. U.ipï /.piiiauv iiy.spi,y ^lèM-y. y'. De diebus trilicis libri IH. — XLIII. Uipixpî7îuv ,3têAta y'. Decrisibus

libn UL — XLIV. Utpi àrj^nvoia; ^t^Uot. •/. De difficultate respiralionis libri lll. — XLV. De causis procatarcticis (Chartier, Vil, 347). N'existe que dans la traduction latine. — XLVI. Uzpl T/vj^ou;. De plenitudine. — XLVII. TI.-|OÎ twv Tra/jà pûjtv oyxwv. De tumoribus prœter naluram. — XLVill. Ilîpt t/so/jiou, xat -rraXjjioO, xat na^/j.oû, xa.1 piyovi. De tumore, palpitatione, convuhione et rigore. — XLIX. n^pl y.pi-isoi /.aï ^uvkuîwî t5>v 'aizlCiv ^up/xi/Mv i3!ê/[a ta'. De simplicium medicamenlorum tempérament is et facidtatibus libri XI. Ouvrage capital sur la pliarmocolog-je. — L. Téxr/i Ixzpixn- Ars medica [Ars parva des arabistes. Exposition sommaire de tout le système de Galien). — LI. Ilepl Siayopâj vor/j^.âTcov. De differottiis morborum. — LII. Utpl tôiv ix roî; vor-i/iaTi acrtcôv. De causis morborum. — LUI. Dcpî au/iTTTw/iâruv Sia'fopâ^ (3tê>^a ■/ . De symplomatum differentiis libri lll. — LIV. IIspl '7\jvdim(,>i ■-fV.pij.i/.wi Tûjy xarà rdirouj (îtê/.t'a ('. De composUione medicamentorum secundum locos libri X (ouvrage capital sur les médicaments composés). — LV. Ilspi tuvôéjôu,- '^a.pfjiixûjv Tûv xarà yéwj ^lêAt'a t'. De compositione medicamentorum secundum gênera libri VIL — LVI. 0£px7rîUTtxv5? iJ.cBoSo\j ^lê^ia t5'. Methodi medendi libri XIV (ouvraije capital sur la thérapeutique) . — LVII. Twv upo; rXaOxcova eîpOTsuTtxwu jîiêita ^'. ^d Glauconem de medendi methodo libri II. — LVIII. Ilspl flsèoroixica irpo; 'Epa^i(srpot.Tov. De venœ sectione adversus Erasistratum. — LIX. Uipi <jilsèoTO[Miot.i npbi 'EpaTto-TpaTEtou; toù; |v 'Pû/xç. De venœ sectione adversus Erasistrateos Romœ degenles. — LX. Mipl '^ït^oro ixioi.i espxnsuTUov ^lëlio; De ratione medendi per venœ sectionem. — LXl. U^pl ixxf(X7/j.oX). De marasme. — LXII. Toi i-Kilri-xTiKù TiKtSi ÛTToQvixyj. Consilimn pro puera epileptico. — LXIII. Xlpbi Qpaiiiëo-oXov ^iê>tov, TTOTîpov larptx-fji f, yu/jtvaîTt/-^? Itti rà ùysivàv. Ad Thrasybulum liber, utruni medicinœ an gymnnstice-^ sit hygieine. — LXIV. De atténuante victus ratione. Le manuscrit original grec, découvert par Mynas, n'a pas encore été publié.— LXV. 'lytàiviûv là'ioi ç'. De sanilate luciida libri VI. — LXVI. Uspl rpofùv ojvà^îM^ ^lêAi'a -/. De alimentorum facuHatibus libri III. — LXVn. Ilspl £Ù;(u^ia; xxl xa/.o;^u/ii'a5 rpo-fûv. De probis pravl<t<]ue alimentoriun succis. — LXVIII. "Oti rà t/jj ■^v^rii -/jdri rcâi roû aù/xuroi xpiys^i insTcti. Quod animi mores corporis temperamenta sequantur (un des meilleursouv.de Galien).— LXIX. 'E?/7//3tcî tôj« 'iTTTroxpiTouî yiwïTwv. Dictionum Hippocratis explicatio. — LXX. Uepl înTa/xnvuv ^ps^Hv. De seplimestri partu. — LXXI. Ilspi tïôv tJt'cou ^i^Xioi-/ yp-x-^n. Ue libris propriis liber. — LXXIL 11:^1 rfj^ râÇswî twv t'ît'ojv ^cëXioi-j. De ordine librorum suorum. — LXXIII. Us-pl 7tTtaàv/]5. De plisana. — LXXIV. Il;pi roû Sià /xupxi <7foùpai yu/^van'ou. De parvœ pilœ exerciiio. — LXXV. VL^pl jSâ'eAAîiy, àvrts'Tiâjsws, atxûa;, xai S7;^a/3â|c&);, xat zaraiTxa'^/J'-OÛ. De hirudinibus, revulsione, cucurbitula, incisione et scarificatione. — LXXVI. Dit; Sgï è^eXiy/jiv roj? npo^noioxi/j-évo^ii vot-Jl-j. Quomodo morbum simulantes sint deprehendendi. — LXXVll. Uîpi rfii 1% ÈvuTTvttuv Siayi'Ji<7iai. De dignotione exsomniis. — LXXVIIl. Uspl StayvojTfcu; xai dipcinstcci twv h tv) sxàaTou 'ii'JX'Ô ISioiJ nccdij-j. De proprioruni animi cujusque affectuuni diagnosi et curatione (important au point de vue de la biographie de Galien), — LXXrX. U.ipi Siccy-j-Jn-wç xxl ôîpaTtstas T&i/lv T»j IxâsTOu ifux»3 â./j.xpryiixiraiv. De propriorum animi cujusque vitiorum diagnosi et curatione {voy. Marquardt. Observaliones criticœ in Cl. Gâtent librum vEpl i|/u>;-^; -ccdùv xsà â/;.apTyj,uâTuv. Lipsife, 1870, in-8°). — LXXX. Ucpi roû Tzpo/ivrJiiMfi. De prœnotione. — LXXXI. Ilspt àvriêorùv ^tgXîa j3'. De andidotis libri II. — LXXXII. U.epl xuou/xévwv 5ta7t).â5£w;. De fœtuum formatione.

Qaant aux ouvrages incertains ou évidemment non authentiques attribués à Galien, leur nombre est encore plus considérable et nous renvoyons pour leur énumération à Ackermann, Kùhn, Clioulant, Dezeinaeris, etc.

On a en outre de Galien quinze commentaires importants sur treize ouvrages d'Hippocrate : J" De natiira hominis ; ''2'^ De victu salubri ; 5° De almietvlo ; i'' De victu in acutis; o" De humoribus ; 6' Prorrhetica; 1" Épidemia ; 8" Aphorismi (5 commentaires) ; 9° De articulis; 10° Prognosticon ; li" De fractiiris ; 12° De officina medicl ; 13° De aquis, aère et lacis.

L'énumération des éditions plus ou moins nombreuses qu'ont obtenues les ouvrages mentionnés ci-dessus nous eiit entraîné trop loin; nous nous contenterons d'indiquer ici les principales éditions des œuvres complètes :

I. Éditions grecques : i° Galeni librorum part. I, II, III, IV, V. Venetiis, apud Aldum, 1525, 5 vol. in-fol. Belle édition, rare et très-recherchée, malgré quelques incorrections ; due aux soins de J.-B. Opizo et d'Asulanns ; 2° Galeni Pergameni, summi semper viri, opéra omnm... Basileœ, apud A. Cratandrum, 1538, 5 vol. in-fol. Édition due aux soins de L. Fuchs, .T. Camerarius et J. Gemusœus, moins rare que la précédente, plus complète, mais renfermant encore des incorrections.

hii GALIEN.

II. Éditiovs grecques-latines. 1° Hippoc7-atis Coi et Claud. Galeni Pergameni archiatron opéra. Henat. Charterius... plurime interpretatus, imiversa emendavit, instauravit... et conjunctim grœce et latine primus edidit. Luletise Parisior., ap. Jac. Yillery, 1679 (16Ô9- 1679), 13 vol. in-fol. .\ssez médiocre, renferme à la fois les œuvres d'Hippocrate et de Galien. Chartier dépensa pour la publication de cette édition quarante années de sa vie et toute sa fortune ,50 000 livres) ; 2° Claudii Galeni opéra omnia Edilionem curavit D. Car. Gotll. Kiihn. Lipsiae. In olficina librarii C. Cnoblochii, 1821-1 8ô3, 'iO tom. en 22 vol , index in-8°. Cette célèbre édition n'a été en somme qu'une spéculation de librairie (Haeser). Le texte ne diffère pas sensiblement de celui de l'édition Chartier. Les premiers volumes ont été rédigés, avec assez de négligence du reste, par Dindorf et Schaefer ; Kùhn n'a pris qu'une faible part à la rédaction. Cette édition a néanmoins l'avantage d'être d'un maniement facile et elle renferme plusieurs ouvrages jusqu'alors inédits de Galien.

Il est fâcheux que la science ne possède pas d'édition plus récente des œuvres de Galien; le projet de Bussemaker et Daremberg d'en publier une édition gréco-latine a été réduit à néant par la mort prématurée de ce dernier.

m. Éditio.ns latines, a. Galeni Pergamensis, medicorum omnium principis, opéra édita studio Diomedis Bonardi, etc. Venetiis, per Phil. Piutium de Caneto impressa, liOO, 2 vol. in-tol. ; 2" édit. Ibid., impr. per B. Benalium, 1502, 2 vol. in-fol., golh. ; 3» édit. Ibid., 151 1. Quarto impres^iio ornatissima : continens omnes Galeni libros... Papise, per Jac. Paucidrapium de Burgofranclio, 1515-1510, 3 vol. in-fol. Édit. publiée par Rusticus Placentium d'après celle de Bonanlus. — Impressio quinta, cura Scipionis Ferrarii. Venetiis, exp. Luc8e.4.nt. de Gimita FloreiUini, 1522, 3 vol. in-fol. — Galeni operum impressio novissima... Cura Scip. Ferrarii. Venetiis, cap. Luc. Ant. de Giunta. 4 vol. in-fol. (cité par Dezeimeris). — B. Galeni operum editio prima. Venetiis, ap. Juntas, 1540, 4 vol. in-fol. Edition commencée par Luc. .\ul. Giunla, terminée par ses fils, avec la collaboration des plus savants médecins du temps. — Editio altéra. Cura A. Gadaldini... Venetiis, ap. Juntas, 1550, 5 vol. in-fol. — Editio tertia. Ibid. 1556, 5 vol. in-fol. — Editio quarta... Ibid. 1565, 5 vol. in-fol. — Editio quinta. Ibid. 1570, 5 vol. in-fol. Édition suspecte. — Galeni opéra sexta hac noslra editione non pnrum ornamenti adepla, etc., etc. Ibid. 1586, 5 vol. in-fol. Due aux soins de F. Costœiis ; avec un nouveau titre ; ibid. 1597. — Editio seplima. Ibid. 1600, 5 vol. in-fol. — Editio oclava. Ibid. 1009, 5 vol. in-fol. — Editio nona. Ibid. IG25, 5 vol. in-fol. Les deux dernières éditions sont celles que l'on préfère. — C Omnia Claud. Galeni Pergameni opéra... Basileœ, apud Frobenium, 1542, 8 tom. in-fol., plus les hagoici libri et Vlndex. — 2« édit. par Janus Cornarius. Ibid. 1549, in-fol. — 5= édit., CL Galeni omnia quœ exstant... his accedunt nunc primum Conr. Gesneri prœfatio et prolegomena... Basileïe ap. Frobenium, 1561-1562, 8 tom. in-fol., plus les Prolégomènes, les livres Isagogiques et deux Index. — D. Galeni omnia opéra. Curant. ]'ict. Trincavellio et .\ug. Riccio. Venetiis, ex ofilcina Farrea, 1541, 10 vol. in-8°. — E. Galeni opéra omnia latine. Lugduni, ap. J. Frellon, 1550, 4 vol. in-fol. C'est une simple reproduction delà 2« édition deFroben. Nouveau titre. Ibid. 1554. — F. Galeni omnia quœ exstant latine conversa, diligenlia et studio J.-B. Rasarii emendata... Venetiis, 1502, ap. Vinc. Valgrisium, 3 vol. in-fol.

Traul'ction française partielle. Œuvres anatomiques, physiologiques et médicales de Galien, précédées d'une introduction, ou élude biographique, littéraire et scientifique, sur Galien, par Ch. Dai'emberg. Paris, 1854-1857,2 vol. in-8°.

Signalons encore l'existence de divers manuscrits des ouvrages de Galien disséminés dans les bibliothèques de l'Europe, puis celle de tra'V.^iions de ses œuvres dans les langues orientales, notamment en arabe, qui sont restées généralement manuscrites, enfin l'existence d'un nombre considérable de commentaires qui ont vu le jour depuis le moyen âge jusqu'au seizième siècle; on trouvera imprimés ceux d'Apollonius de Kittium, de Jean d'Alexandrie, de Palladius, de Théophille et d'Etienne, in Dietz : SchoUa in Hippocratem et Galenum,e\.c. (Berolini, 1854, 2 vol. in-8°).

Enfin l'étendue considérable des œuvres de Galien et leur prolixité ont fait sentir le besoin de les résumer. Il en a paru plusieurs abrégés dont le plus remarquable et le plus estimé est celui de Lacuna. Ces abrégés ont pour titres :

I. Spéculum, sive epitome Galeni, seu Galenus abbreviatus, etc. Lugduni, 1516, 1517, in-8'. — II. Epitome commentariorum Galeni in libros Hippocratis Coi. Lugduni, 1516, in-8°. — III. Epitome Galeni Pergameni operum, in guatuor partes digesta..., per Andrœam Lacunam. Venetiis, 1549, 4 vol. in-16; Basileae, 1551, in-fol. : Lugduni, 15j3, 4 vol.

GALiET. 515

in-lG ; Basilese, 1571, in-fol. ; Argentorali, 1004, in-fol. — IV. Andr. Lacunœ epitome omnium rentin et sententiarum quse annotatu dignœ in commcntariis Galeiii in Hippocralem exstant. Liig'duni, 1554. in-S". — Y. Thealrum Galeni, lioc est universœ medicinœ a Galcno diffuse sparsiinque traditœ promptuarium .. Aloys. Mundellœ Brixiensis studio. Basilese, 1568, in-fol. L. Hahn.

GALBET, GAILLET OU CAïELE-UlT. Gcilium L. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Rubiacées, et dans lequel Linné a fait enirer les Galhim, Aparine et Cruciala de Tournefort.

Ainsi limité, le groupe contient des herbes annuelles ou vivaces, à feuilles verticillées, à fleurs axillaires ou terminales, disposées en cymes qui par leur ensemble figurent en général une panicule.

Chacune de ces fleurs a un calice adhérent à l'ovaire, réduit à une portion tubuleuse, ovale-oblongue ou presque globuleuse ; une corolle rotacée à 4 divisions ; 4 étamines alternes avec les pièces de la corolle ; un ovaire infère, biloculaire, auquel succède un fruit globuleux, didyme, sec ou presque charnu, indéhiscent, contenant une seule graine albumineuse dans chacune de ses deux loges.

Les Galium sont extrêmement nombreux en espèces. Nous n'en citerons que quelques-uns, ayant un intérêt médical :

1° Le Galium aparine L. ou Gratteron, qui se trouve dans les haies, les moissons, les lieux cultivés. Sa tige faible et grêle s'attache aux plantes voisines; elle est quadrangulaire, très-rude, poilue aux articulations; les feuilles sont verticillées par G ou 8, les inférieures lancéolées-oblongues, les supérieures lancéolées-linéaires. Fleurs en panicule lâche, feuillée; corolle blanch.àtre, trèspetite, carpelles gros, hérissés de poils roides et crochus insérés sur des tubercules.

Le Galium aparine avait été remarqué par les anciens ; Théophraste et Dioscoride le nomment ar.afivci ; Pline lui donne le nom de Philanthropos, à cause de ses fruits qui restent accrochés aux vêtements. Dioscoride le dit bon contre les scrofules; il conseille de l'écraser avec de l'axoiige, et d'en l'aire une application locale. Lemery la dit détersive, résolutive, sudorifique, résistant au venin, et employée intérieurement pour la petite vérole, les fièvres malignes et l'épilepsie. On l'a vantée à la fin du siècle dernier comme antiscorbutique, contre le rachitisme, contre l'hydi'opisie, dans les engorgements de la rate, et enfin contre les ulcères de diverses natures, contre le cancer et aussi contre la rage. Mais, malgré toute cette réputation qu'il a pu avoir jadis, le Grateron reste une plante sans usages et probablement sans activité aucune.

2" Le Galium mollugo L., ou Caille-lait blanc, que certains auteurs modernes ont subdivisé en espèces sous les noms de Galium elatum Thuill., G. dumetorum Jord., Galium erectum, est une plante très-abondamment répandue partout dans les prés et dans les bois. Sa tige tétragone, renflée aux nœuds, porte des feuilles verticelles par 6 ou 8, obovales, ou oblongues lancéolées, uninerviées. Les fleurs forment une grande panicule ample, à rameaux étalés; elles sont plus ou moins blanches et plus ou moins grandes suivant les variétés; les fruits sont glabres, faiblement rugueux.

Le Mollugo a été préconisé par Jourdan, de Tani, contre l'épiiepsie. C'est le suc de la plante à la dose de 6 onces qu'on employait ; mais les observations modernes n'ont en rien confirmé ces propriétés.

0° Le Galium vennnh. {Galium luteum), Caille-lait ou Caille-lait jauiie, est une plante extrêmement commune dans les prairies sèches. Il est remarquable par ses belles panîcules oblongues, compactes ou allongées, composées de fleurs

petites, mais très-nombreuses, d'une belle couleur jaune vif et d'une odeur de miel très-prononcée. Les tiges sont cylindriques, canescentes, à 4 côtes; les feuilles verticellées par 6 ou 12 sont linéaires, étroites, retournées aux bords; les fruits sont lisses et glabres. C'est le ya).>,tov de Dioscoride. Les anciens le regardaient comme un astringent ; ils remployaient dans l'épistaxis, et s'en servaient aussi en fomentation dans les éruptions cutanées.

Au siècle dernier, le Galiwn verum a été préconisé comme antispasmodique; on l'a même recommandé contre l'épilepsie. L'infusion de fleur fraîche agit un peu comme l'infusion de tilleul; c'est un sédatif et un diaphorélique.

On a appelé la plante Caille-iait, à cause de la propriété qu'on lui a attribuée de cailler le lait; mais les expériences qui ont été faites par les médecins de notre époque^ n'ont guère confirmé cette donnée. Ce qu'on emploie dans la préparation de certains fromages, c'est la sulbstance colorante jaune, qui teint toute la pâle, dans les fromages de Chester, par exemple. Cette même matière tinctoriale peut être portée sur la laine : aussi peut-on l'utiliser dans la teinture.

Pl.

Bibliographie. — Linné. Gênera et Species. — Todrnefgbt. Inslilutiones Rei herbariœ, 39. — De Candûlle. Prodromus, IV, 595. — Endlicheb. Gênera plantarum , n° 3100. — De Can- DOLLE. Flore française. — Grenier et Godron. Flore de France, I. — Théophraste. Historia plantatmm, VIII, 8. — Dioscoride. Materia medica, III, lOi et iv-96. — Pline. Historia naturalisa XXIV, 17, — Leiiert. Dictionnaire des drogues simples, 53 et 582. Pl.

GALILÉE ou GALILEI (Galileo). Illustre physicien italien, que ses nombreuses découvertes dans le domaine des sciences physiques et astronomiques nous font un devoir de mentionner dans ce Dictionnaire. Né à Pise, le 18 février 156'4, il reçut sa première éducation à Florence, où habitait son père Vincenzio Galileo, connu par ses études théoriques sur la musique. Eu 1581, il étudia à Pise la médecine et la pliilosophie péripatéticienne et en 1589 fut nommé professeur de mathématiques à l'Université. C'est alors qu'à peine âgé de vingtcinq ans il soutint publiquement que tous les corps, quels que soient leur foniiie et leur volume, tombant de la même hauteur, arrivent au sol dans le même temps ; il se fondait sur des expériences qu'il avait faites en faisant tomber du sommet de la coupole de la cathédrale de Pise des corps inégalement pesants. Il s'attira ainsi l'inimitié de tous les savants de Pise et dut quitter cette ville. Appelé à une chaire de physique à Padoue, il s'y rendit en 1593, et confirma ses idées au moyen de nouvelles expériences, entre autres en faisant voir que deux pendules de même longueur oscillent également vite, quelle que soit la matière dont ils sont formés. A cette époque, les néo-péripatéticiens enseignaient dans les «eoles que la vitesse des corps qui tombent librement est proportionnelle à Vespace parcouru, loi dont Galilée reconnut vite la fausseté et à laquelle il substitua la suivante : la vitesse d'un corps tombant librement croît proportionnellement au temps ; pour démontrer cette loi, il imagina l'expérience du plan incliné, qui se fait encore actuellement dans tous les cours de physique. Rappelons encore que c'est à Galilée que l'on doit la loi connue sous le nom à'isochronisme des (petites) oscillations du pendule, loi qu'il découvrit à l'âge de dix-neuf ans, dans la cathédrale de Pise, en examinant les mouvements d'une lampe suspendue à la voûte ; en faisant ensuite des expériences sur des pendules de longueur différente, il trouva cette nouvelle loi, que la durée des oscillations est en raison dij^ecte de la racine carrée des longueurs. Avec une rare sagacité, Galilée

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fit concourir ses expériences à la démonstration de ses idées sur lacluile des corps.

En 1609, Galilée revint comme professeur de malhémaliques à Pise, puis en 1610 fut nommé premier mathématicien et philosophe du grand-duc Côme II de Toscane et conserva cette charge auprès de son successeur Ferdinand II. Nous n'insisterons pas ici sur ses démêlés avec la cour de Rome, au sujet des théories de Copernic sur le mouvement de la terre autour du soleil ; personne n'ignore les détails dé ce drame lamentahle. Après l'abjuration solennelle qui lui fut extorquée le 20 juin 1635, il habita siiccessivement, par ordre de l'Inquisition, la villa Medici, à Rome, puis le palais archiépiscopal de Sienne, enfin, à partir de décembre 1633, la villa Giojello, près d'Arcetri, oii il mourut le 8 janvier 1642. Il était aveugle de ses deux yeux depuis 1637.

Nous nous bornerons à citer de lui :

I. Discorsi e dimostrazioni matemaliclie inlorno a due nuove scienze attenenli alla meccanica e ai rnovimenli locali. Leida, 1638, in-4° (c'est l'ouvTage qui renferme, entre autres, les lois de la chute des corps). — 11. Dialogo... sopra i due massimi sislemi det mondo, Tolemaico e Copernicano, proponendo indelerminatamenle le ragioni filosofic/ie e nalurali lanto per l'una quanto per Faltra parte. Firenze, 1652, m-¥ (ouvrage qui a motivé sa condamnr.lion en 1655) . — III. Divers autres ouvrages sur sa découverte des satellites de Jupiter en 1610, des taches du soleil en 1611, etc., etc. L. Hs.

GALiivsoeA (Mariano-Mautikez de). Médecin espagnol, né à Lorca, d'une famille noble, en octobre 1766. Il étudia les sciences dans sa ville natale, au couvent de San Francisco, puis vint à l'hôpital général de Madrid, où il se livra avec succès à l'anatomie, à la botanique et à la chimie. En 1788, il fut reçu chirurgien, et en 1789 nommé chirurgien de la province de Valladolid ; il continua ses études médicales dans cette ville, puis se fit recevoir au prolomédicat et fut chargé des fonctions d'examinateur adjoint et de vice-président.

Galinsoga prit part en qualité de médecin à la campagne de Gibraltar, puis obtint le titre de médecin en chef des armées espagnoles. Il fut nommé membre de l'Académie de médecine de 5Iadrid, des sociétés de médecine de Barcelone, deSéville, de Saragosse, etc. ; enfin, il devint médecin de la chambre de la reine, chevalier de l'ordre de Charles III, directeur du jardin botanique et des laboratoii'es de chimie, membre du conseil particulier du roi, inspecteur des eaux minérales du royaume.

La science médicale lui est redevable, en Espagne, de la création de l'Ecole de médecine pratique de Madrid, qu'il dirigea pendant plusieurs années. Galinsoga mourut, jeune encore, à Tolède, le 24 novembre 1797.

Nous ne connaissons de lui que l'ouvrage suivant :

Demostracion mecànica de las enfermedades que produce et uso de las cotillas. Madrid, 1784, in-4''. L. Hn.

(<a:1.IOT£. Nom donné au Geum urbanum L. ou Benoîte. Pl.

CiALiPEA.. § I. Botanique. Genre de plantes, delà famille des Rutacées» dont une espèce, le G. febrifuga, donne ÏÉcorced'angusture vraie [voy. A>gustore). Le G. odorafissmia Li:sDi., de Rio-Janeiro, est signalé pour l'amertume extrême de son écorce. H. Bis.

g II. Emploi thérapeutique. Au point de vue spécial de la thérapeutique, nous sommes obligé d'entrer dans quelques détails sur les diverses espèces de galipea employées en médecine.

Le genre Galipea, de la famille des Rutacées, fondé par Aublet, comprendrait

51G GALIPEA (emploi thérapeutique).

suivant quelques auteurs deux espèces susceptibles d'applications médicales : le 6?. cusparia (l).C.) et le G. officinalis (Hancock).

La première, désignée encore sous les noms de Bonplandin trifoUata (Willdenow), de Cusparia febrifuga (Humboldt et Bonpland), de Galipea febrifuya (Bâillon), serait représentée par un bel arbre pouvant atteindre une hauteur de 60 ou 80 pieds et formant des forêts dans l'Amérique tropicale, principalement sur les bords de l'Orénoque.

La seconde, décrite uniquement par Hancock {Observations on the Oraynri or Angustura Bark Tree, in Transactions of Med. -Bot. Soc, 1827-20), végéterait dans les mêmes lieux et serait constituée par un petit arbre atteignant généralement 12 à 15 pieds de haut et ne dépassant jamais 20 pieds.

Eh bien, malgré ces apparences si diflérentes des deux arbres, la plupart des botanistes admettent aujourd'hui que le G. officinalis de Hancock ne diffère pas du Galipea cusparia de De Candolle.

Cette manière de voir, soutenue par Farre et Don, par Hanbury, est admise aujourd'hui par Bâillon, dont nul ne contestera la compétence en pareille matière.

D'ailleurs cette question est secondaire pour le médecin, vu que le Galipea n'a plus en Ihéiapeutique qu'une importance insignifiante.

C'est lui, en el'fet, qui nous fournit VAngustiire vraie, cette fameuse écorce vantée à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci comme un véritable succédané du quinquina, mais aujourd'hui presque oubliée.

Ou attribue à Mutis, eu 1759, l'importation en Europe de l'écorce de Galipea, qu'il aurait essayée à Madrid {Marti/iij, Encyklopàdie, 1845, I, p. 242). Mais ce sont deux médecins de la Trinité, Ewer et Williams, qui appelèrent surtout l'attention de leurs confrères européens sur les vertus de cette écorce {London Med. J., 1789, t. X, p. 154), Ils la recevaient d'Angostura (Guyane espagnole), sur les bords de l'Orénoque.

Elle fut alors expérimentée en Angleterre par Brande [Experiments and Observ. on the Angustura Bark, 1791 et 1795) et analysée grossièrement par Fleyer, Filter et Moench {voy. Filter, Dissert, de cortice Angusturœ ejusque usu medico ; léna, 1791).

En Allemagne elle fut également l'objet de quelques études lors de son apparition en Europe {voy. Meyer. De cortice Angusturœ. Goltingue, 1790. — Haupt. Dissert, de corticis Angusturœ cliaractere botanico. Francfort, 1791. — Meïer. Beitrâge zur Geschichte der Angusturarinde. Gottingue, 1793. — Blu- ME.NBERG. Dissert. de cortice Angusturœ. Upsal, 1795).

En France, ce n'est guère qu'en 1805 que commencèrent les premières études thérapeutiques entreprises pour rechercher les propi'iétés de l'écorce du G. cusparia contre les fièvres et les maladies de l'intestin. Reylellet, à Marseille, Lordat, à Montpellier, Cabuchet, à Bourg, Figurey, Delpon, Berdotte et Dorcay, à Lyon, la prescrivirent à quelques malades avec des succès divers.

De ces premiers essais il résulta que, si l'écorce de Galipea n'est pas précisément un succédané du quinquina, c'est tout au moins un amer tonique capable de rendre quelques services dans les dyspepsies atoniques, certaines fièvres intermittentes, certaines diarrhées et même dans la dysenterie.

Mais des cas d'empoisonnement grave, survenus peu de temps après ces premiers essais, parce qu'on avait confondu la fausse Angusture avec l'écorce de Galipea ou vraie Angusture, refroidirent singulièrement l'ardeur des expérimentateurs. De sorte que peu à peu le médicament si vanté à ses débuts en Europe,

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