GALL
et sur lequel on fondait de grandes espérances pour remplacer les quinquinas en train de disparaître des forêts du Nouveau 3Ionde, ce médicament fut presque oublié. On alla même jusqu'à défendre aux médecins de le prescriie. 11 n'y a pas lieu, je pense, de regretter beaucoup cet abandon. Sans doute l'écorce de Galipca, ou vraie Angusture, n'est pas dépourvue de propriétés médicales ; c'est un amer (principe amer) astringent et aromatique (huile essentielle), à ce compte capable de devenir stomachique, légèrement fébrifuge et astringent, mais nous ne manquons nullement de médicaments de cet ordre. Du reste, aujourd'hui, nous ne sommes plus menacés d'être privés de quinquinas, car, si les forêts d'Amérique ont été dépeuplées par une exploitation insensée, les plantations de cinchonas de l'Inde nous assurent des ressources qui deviendront inépuisables. Par conséquent, si ^l'on peut encore recourir à l'Angusture vraie dans certains cas de dyspepsie atonique, dans la diarrhée rebelle ou la dysenterie, il n'y a plus à songer à traiter une lièvre intermittente par ce fébrifuge incertain, et mieux vaut d'emblée prescrire la quinine. Je n'ai pas, d'ailleurs, à insister sur ces faits que tout le monde admet aujourd'hui.
Pas davantage je n'ai à décrire ici les caractères physiques, la composition chimique, les propriétés thérapeutiques et le mode d'emploi de l'écorce du Galipea cusparia, qu'on trouvera fort bien exposés à l'article Angusture vraie, savamment rédigé par Fonssagrives. Ernest Labbiïe.
GALilPOr ou BARRAS. Quand on a gemmé les pins, c'est-à-dire quand on les a incisés pour en t •^i-'"' la résine ou gemme, on recueille celle-ci dans des trous creusés à cette fin, ou dans des pots de terre. Les portions qui, lois de l'enlèvement du produit, se trouvent durcies par l'action de l'air et du soleil, constituent le galipot. D.
GALlU.u. Voy. Galiet.
GALL (Franz-Joseph). Philosophe, physiologiste et anatomiste allemand, qui a joui d'une célébrité universelle, naquit à Tiefenbrunn, près de Pforzhein (duché de Baden), le 9 mars 1758. 11 étudia la médecine à Strasbourg et à Vienne, et prit le degré de docteur dans cette dernière ville en 1785. C'est à Vienne qu'il se fixa pour exercer l'art de guérir. « Quoique livré à la pratique, dit Dezeimeris, c'est de la partie philosophique de la médecine qu'il s'occupa avec prédilection, et son premier ouvrage sur la nature et l'art en médecine annonça au monde un libre penseur de plus. Ses premières observations sur la physiologie intellectuelle et la cranioscopie remontent jusqu'à l'époque de ses premières études au collège, et depuis il n'avait cessé d'être dominé par les grandes idées que ces premiers faits avaient éveillées dans son esprit. Ce ne fut que dans les dernières années du dix-huitième siècle qu'il crut pouvoir faire connaître ses opinions, et en 1798 qu'il annonça, dans une lettre adressée au baron de Retzer, insérée daHs le Mercure deAVieland, la prochaine publication d'un ouvrage étendu sur sa doctrine, dont il donnait à l'avance une légère idée. L'impression que tirent sur les esprits les premières leçons de Gall alarma la cour de Vienne, et un édit impérial interdit au philosophe le droit d'éclairer les sujets de l'empereur. Cette doctrine de la tête, disait le facétieux monarque, n'était bonne qu'à tourner les têtes, et à introduire partout le matérialisme. Un voyage que Gall n'avait jamais entrepris que pour aller voir sa famille le con-
5i8 GALL.
duisit dans des pays qui n'étaient pas comme l'Autriche le séjour de l'obscurantisme, et oîi les grands et les souverains eux-mêmes furent jaloux de l'entendre. Il commença à Berlin un cours de phrénologie, le 5 avril 1805, et cinq cents auditeurs se pressèrent à ses leçons. Deux médailles frappées en son honneur conservent le souvenir de l'admiration qu'il excita. La même année, il fut à Dresde, où il lui fut défendu de recevoir des femmes dans son auditoire; de Dresde à Torgan, et de Torgau, par Woorlitz, à Halle, où il gagna pour partisans à sa doctrine anatomique et physiologique les célèbres anatomistes et physiologistes Reil et Loder. De Halle, il se rendit à léna, où il eut pour auditeur la duchesse Anne-Amélie de Saxe-Weimar, accompagné du célèbre Wieland. 11 avait le projet de visiter toutes les principales villes de l'Europe. Au commencement de 1806, il était à Copenhague ; de Copenhague il vint à Hambourg, de Hambourg à Amsterdam et à Leyde. Il était à Francfort à la fm de l'année 1806, à Carlsruhe au commencement de la suivante; un peu plus tard à Heidelberg, où il eut à soutenir une dispute scientifique avec le professeur Ackermann. Au mois d'avril, il était à Munich, à Zurich le 16 juillet ; il arriva à Paris, au mois d'octobre 1807. H avait annoncé depuis longtemps le projet de venir dans la capitale de France, qu'il regardait comme le centre du monde savant, et où il comptait trouver les plus grands anatomistes de l'époque. Ces voyages donnèrent à Gall la facilité d'étudier l'organisation d'un grand nombre d'hommes éminents et d'hommes extrêmement bornés, pour mieux saisir, par ce rapprochement, la différence de l'un à l'autre. 11 recueillit des faits innombrables dans les écoles et les grands établissements d'éducation, dans les maisons d'orphelins et d'enfants trouvés, dans les hospices de fous, dans les maisons de correction et dans les prisons, dans les interrogatoires judiciaires, et même sur les places d'exécution ; des recherches multipliées sur les suicides, sur les imbéciles et sur les aliénés, contribuèrent puissamment à rectifier et à tixer ses opinions ; il mit à contribution beaucoup de cabinets anatomiques et physiologiques, et les musées renfermant des statues ou des bustes antiques des hommes les plus remarquables que l'histoire nous a fait connaître. »
Pour l'exposé complet du système de Gall, nous renvoyons à l'article Phrénologie de ce Dictionnaire et à l'article qui est consacré au savant allemand dans le Dictionn. des se. philos, de Franck. Nous nous contenterons de donner ici les propositions fondamentales de sa doctrine, telles qu'il les exprime dans son ouvrage Sur les fonctions du cerveau :
i( 1" Les qualités morales et les facultés intellectuelles sont innées;
« 2" L'exercice ou la manifestation des facultés ou qualités morales dépend de l'organisation;
« 5" Le cerveau est l'organe de tous les penchants, de tous. les sentiments et de toutes les facultés;
« 4" Le cerveau est composé d'autant d'organes particuliers qu'il y a de penchants, de sentiments, de facultés qui diffèrent essentiellement entre eux.
« 5" La forme de la tête et du crâne, qui répètent dans la plupart des cas la forme du cerveau, suggère des moyens pour découvrir les qualités et les facultés fondamentales. »
Il faut l'econnaitre que le système que Gall venait enseigner en France avait tout ce qu'il fallait pour séduire les imaginations ardentes et les esprits peu sévères ; mais il ne rencontra qu'un accueil assez réservé dans le monde médical français. . Dàs ^806, Double en fit une critique sévère dans le Journal de.
GALL^ TINCTORIyE. 51!»
Sédillot, et Laennec publia sur le même sujet, dans le Journal de Boyer, un mémoire important, où il établit que les découvertes de Gall, au point de vue de l'organisation du cerveau, se bornent à quelques détails d'analomie fixe, sans utilité pratique, et que l'art de la crânomancie est dépourvu de toute base scientifique sérieuse.
Telles étaient les dispositions des médecins de Paris, quand Gall y vint en 1807 avec son élève Spurzheim. 11 inaugura néanmoins à l'Athénée des cours publics qui obtinrent une grande vogue et, malgré les efforts d"liommes comme Laennec, la crânomancie devint à la mode à Paris. En 1808, Gall présenta à l'Institut national de France un mémoire sur l'anatomie du cerveau, rédigé en collaboration avec Spurzheim; ce savant corps nomma une commission composée de Cuvier, Pinel, Portai, Tenon et Sabatier, pour l'examiner et en rendre compte. Cuvier, chargé du rapport, réduisit à néant les propositions de Gall et de Spurzheim. « Ce rapport, dit Rochard, dans lequel Cuvier n'aborde même pas la doctrine physiologique des auteurs, est un modèle de clarté, de méthode et de savoir ; aussi Provençal, en en donnant l'analyse, orrive-t-il à cette conclusion, que le principal mérite de Gall et de Spurzheim consiste à avoir fourni à Cuvier l'occasion de faire connaître ses idées sur l'anatomie du cerveau. Il est incontestable que tout le bruit qui s'est fait autour de cette doctrine, à laquelle son auteur a consacré sa vie entière, a contribué à porter l'attenliou des savants sur cette étude si ardue et si dificile; elle nous a valu plus tard les beaux: travaux de Meckel, de Desmoulins, de Carus, de Treviranus, de Flourens, de Serres, etc.. C'est à Paris que Gall avait rencontré le milieu le plus favorable au développement de ses idées, c'est là qu'il les a le plus longtemps professées, qu'il a rencontré ses disciples les plus distingués et publié tous ses ouvrages- La vogue de son système n'a pourtant duré en France qu'une dizaine d'années. Lorsqu'il rouvrit en 1825 son cours annuel de crânioscopie dans l'amphithéâtre de la rue Saint-Victor, il n'y trouva plus l'afflueuce des anciens jours, ses séances annuelles se passèrent dans le vide, et lorsqu'il mourut, son rôle de systématique était fini depuis longtemps. Sou journal n'avait pas de lecteurs, la Société qu'il avait fondée n'existait plus que de nom, et le manifeste qu'elle publia en 1855 {Gaz. méd. de Paris) réussit à peine à rappeler au monde savant qu'elle vivait encore. »
On a de Gall :
I. Recherches sur le système nerveux en gênerai et sur celui du cerveau en particulier (avec Spurzheim). Paris, 1809, in-4°, 1 pi. En allem. sous ce titre : Untersuch. iib. die Anatomic des Nervensystems ûberhaupt und des Gehirns insbesondere . Paris u. Strassburg, 1809-1810, ia-S", 3 pi. — II. Introduction au cours de physiologie du cerveau. Paris, 1808, in-8'. — III. Anatomie et physiologie du système nerveux en ge'néral et du cerveau en particulier. Paris, 1810-1820, 4 vol. in-fol., iig., ou 4 vol. in-4° et atlas in-fol. (les deux premiers volumes publiés avec Spurzheim). — IV. Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties. Paris, 1822-25, 6 vol. in-8*. — V. Des dispositions innées de l'âme et de l'esprit. Paris, 1812, in-8°. L. Hs.
GALLA. Nom donné au Chêne par quelques auteurs. D'après Mérat et de Lens {Dict. mat. méd., Ill, 536), c'est de là que serait venu le mot français Galle. Ed. L.
gall.ï; tixctorlï: et GALL^ TURCiCiE. Dénominations sous lesquelles les noix de galles figurent dans les officines (vov. Galles).
Ed. L.
520 GALLATES.
tJALLAXDAT (Dwid-Henri). Né cu 1731 à Jeonand, dans le canton de Berne, fut envoyé par ses parents à Flessingne en 1744 pour y étudier la chirurgie. Ses études terminées, il partit pour l'île Saint-Eustaclie en 1 752 en qualité de chirurgien, visita la côte de Guinée, puis à son retour, en 1757, se rendit à Paris, où il séjourna trois ans pour y continuer ses études Nous le trouvons en 1760 professeur à Flessingue, puis en 1772 il est nommé litliotomiste de la province. Kn 1775 il prit le j^rade de docteur en médecine à Leyde et mourut en mai 1783. On connaît de lui :
I. Gvondheginzelen del wonkunde valgende bespiegeling en œffening des handendaagze wondkundigen. Middelbourg, 1704, in-8°; 1772, iii-8°. — 11. Plusieurs mémoires dans le Recueil de i Académie des sciences de Flessingue. A. D.
(liALLAiS. Nation qui occupe l'Abyssinie depuis le XYl^ siècle (vojj. Abyssikie), et dont les croisements ont modifié le caractère ethnologique. « Ce sont assurément, dit Topinard, des métis de nègres et de quelque race rouge ou d'Arabes. » D.
tiALLATES. L'acide gallique G'IPO^ ou G''H-(0H)5C00H, ne renfermant qu'un seul groupement GO'-ll, est un acide monobasique ; mais il est réellement létrabasique, ou plutôt tétratomique, à cause de ses trois groupes phénoliques OU. Les gallates connus répondent donc aux formules (M représentant un métal monoalomique) :
c^H^ Y/'f. cm^- (OH;^ c«H^ on et cni- ^!; ;"
i (011)^ ( Qjj ( ^Qyiy ( (OM)^
soit G^H'MO'' C^Il'M^O^ C'H^M^'O^ et C"H-'M*0^
Secs, les gallates se conservent sans altération ; en solution, ils sont stables en présence d'un excès d'acide, mais il s'altèrent promptement en présence d'un alcali, en absorbant l'oxygène et en se colorant en brun ou en noir.
Gallate d'ammonium. CH'^O^Azll^ + 11-0. Il se dépose lorsqu'on fait passer un courant de gaz ammoniac dans une solution alcoolique d'acide gallique. Le produit, lavé à l'alcool, se dissout dans l'eau chaude et cristallise par le refroidissement en tines aiguilles brunâtres, qui tantôt renferment une molécule d'eau, tantôt sont anhydres.
On ne connaît pas d'autre gallate d'ammonium.
Gaixate d'antimoine. C^lPO'^SbO) ('/). Précipité blanc peu cristallin, obtenu en ajoutant de l'acide gallique ou un gallate alcalin à une solution d'émétique.
Gallate DE BARYDM. Le sel monobanjtique (G'H'0"')-Ba + oH-0 s'obtient ea neutralisant l'acide gallique, en solution concentrée et bouillante, par le carbonate de baryum. 11 se dépose en croules cristallines incolores peu solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool. On obtient le même sel par double décomposition entre le chlorure de baryum et le gallate d'ammonium.
Le sel neutre G'H-O^Ba^ a élé obtenu par Hlasiwetz en ajoutant de l'eau de barvte à la solution du sel précédent. Il faut opérer dans un courant d'hydrogène, car le précipité blanc produit s'altère rapidement à l'air en bleuissant. il renferme 5H^0 qu'il perd à 150 degrés. Ce sel avait déjà élé observé par Pelouze.
Gallate de calcidh (G^ll'O')'^Ga + 0H-O. Petites aiguilles peu solubles dans
GALLATES. 521
l'eau, à réaction acide, obtenues comme le sel de baryum. Il ne perd pas de poids à 100 degrés.
Gallate de cobalt CH'O^Co -\- 3H^0. C'est un sel bimétallique, car le cobalt y remplace deux atomes d'hydrogène. Poudre d'un rouge cramoisi qui se dépose lorsqu'on fait bouillir l'acétate de cobalt avec un excès d'acide gallique.
Il existe plusieurs sels plus basiques, notamment le sel décrit par Biichner SC^H^O^CO^ + 7H^0.
Gallate d'étain CH-'O^Sn^ Précipité cristallin blanc, produit par l'acide gallique dans une solution de chlorure stanneux neutralisée par l'ammoniaque.
Gallate de fer. Ces sels n'ont pas été analysés. L'acide gallique colore les sels ferriques en bleu foncé. Si l'on chauffe, il se dégage de l'acide carbonique et le sel ferrique est réduit.
Gallates de magnésium C'H*0''Mg + H-0. Poudre blanche légère, qu'on obtient en faisant bouillir l'acétate de magnésium avec un excès d'acide gallique, évaporant à sec et enlevant l'excès d'acide gallique par l'alcool.
On obtient des sels cristallins, de composition variable, lorsqu'on sature l'acide gallique par le carbonate de magnésium.
Gallate de manganèse C^H^O^Mn+SIPO. Poudre blanche, grenue etcristalline, obtenue en faisant bouillir l'acétate de manganèse avec l'acide gallique.
Gallate de nickel. Sel vert, basique, qu'on obtient en neutralisant l'acide gallique par l'hydrate ou le carbonate de nickel.
Gallate de potassium. On ne connaît que le gallate acide 2G"IP0"'K. CH^O^- + H^O. Pour l'obtenir, on verse goutte à goutte une solution alcoolique de potasse dans une solution alcoolique d'acide gallique. Il se forme ainsi un précipité blanc qui, au début, se dissout. Quand cette redissolution ne se produit plus, on recueille le précipité et on le lave à l'alcool. Ce sel se dissout dans une très-petile quantité d'eau; l'addition d'alcool à la solution aqueuse le sépare de nouveau en petites aiguilles coloi'ées en brun.
Gallate de plomb. On obtient le sel C^ll'*0"^Pb-}- 1/2 H-0 en ajoutant de l'acétate de plomb à une solution chaude d'acide gallique, maintenu en excès. C'est un précipité qui devient peu à peu cristallin. Il perd son eau à 150 degrés.
En opérant en sens inverse, et maintenant l'acétate de plomb en excis, produit le sel basique C^H-O'Pb^-hH'O qui, par l'ébullition, devient jaune et cristallin.
Gallate de sodium CH'O'Na -f- 611^0. On l'obtient comme le sel de potassium. Il cristallise en petites aiguilles renfermant 6H^0 qu'elles perdent à 100 degrés.
Gallate de strontium (C''H^O')^Sr -h 4H^0. S'obtient comme le sel de baryum et se présente en petites aiguilles.
Gallate de zinc CH-O'^Zn^-l-H-O. Précipité blanc qui se forme lorsqu'on fait bouillir l'acétate de zinc avec l'acide gallique.
Éthers galliques : Gallate mono-éthijlique C''H^(OII)^CO0G-H\ On l'obtient en faisant passer un courant de gaz chlorhydrique dans la solution alcoolique d'acide gallique. Après saturation, ou évapore au bain-marie, on reprend le résidu par l'eau bouillante et on sature l'excès d'acide gallique par la craie. Le gallate d'éthyle cristallise par le refroidissement en longues aiguilles colorées en brun, qu'on purifie par de nouvelles cristallisations.
Le gallate d'éthyle cristallise en prismes clinorhombiques jaunes, brillants et transparents quand ils sont humides; secs, ces cristaux sont opaques et jau-
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