L. Hn
GALLES. § l. Matière médicale. On désigne sous ce nom des productions anormales produites sur les végétaux par la piqûre de divers insectes, qui vont déposer leurs œufs dans les organes des plantes [voy. Cynips). Sous cette influence, on voit d'ordinaire les sucs de la plante affluer dans la partie piquée, et les tissus prendre un développement exagéré, qui leur donne, en même temps ({ue des formes extérieures particulières, une abondance considérable de certains principes actifs et particulièrement du tannin.
Diverses circonstances peuvent faire varier ces productions. En premier lieu, c'est l'espèce de l'insecte qui produit la galle, et l'espèce du végétal sur lequel elle se développe. C'est ensuite la nature de l'organe affecté d'hypertrophie : tantôt un bourgeon, tantôt une feuille, d'autres fois une inflorescence ou un fruit. Il eu résulte une variété considérable de Galles que nous ne pouvons indi- (juer ici. Ainsi, dans le Rosier, le Cynips rosœ L. produit les Bédéguar s, grosses excroissances irrégulièrement arrondies ou ovoïdes, couvertes de filaments chevelus, verts ou rougeàtres. Dans les chênes de nos bois, des espèces du même groupe, des Cyiiips produisent des Galles variées suivant qu'elles affectent les -feuilles, les bourgeons, les chatons mâles ou les fleurs femelles ; enfin chez les Quercus infectai ia Oliv., de l'Asie Mineure, elles donnent les Noix de Galles, dont nous nous occuperons ici spécialement.
Dans un autre groupe d'insectes, chez les Hémiptères, nous trouvons les Aphis, produisant des Galles spéciales dont les types dans nos régions euro-
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péennes sont les cloques si fréquentes et si connues sur l'orme champêtre, et les longues et grosses galles rougeàtres et corniculées du Térébinthe {Pistacia Terehinthus L.), qui vient si abondamment dans toute la région méditerranéenne. C'est à ce groupe que se rapportent les Galles de Chine, qui méritent une attention spéciale.
Les Galles de chêne ou f^oix de Galles sont des excroissances qui se forment sous rinfluence] d'un Hyménoptère, le Cynips {Diplolepis) . Galice tinctoriœ Oliv., sur les bourgeons du Quercus infectoria Oliv., qui croît dans l'Asie Mineure.
Elles se présentent sous forme de corps globuleux ou piriformes, hérissés de nombreuses tubérosités. Leur couleur est d'un vert noirâtre ou d'un vert jaunâtre à la surface. Parfois elles portent un trou arrondi, correspondant à un canal intérieur, et alors elles ont une teinte pâle et presque blanchâtre. Dans ce cas, elles sont légères, et l'on ne trouve point au milieu de la galle de trace de l'insecte qui s'y est développé et s'est échappé, en se faisant un chemin à travers les parois. Cesv^Galles portent le nom de Galles blanches.
Les Galles beaucoup plus lourdes et plus foncées, qu'on nomme vertes ou noires, contiennent encore à l'état d'oeuf l'insecte qui y a été déposé ; il n'y a pas de trace du canal que nous avons observe dans les Galles blanches.
Si on fait une coupe de la galle passant par le milieu, on y voit nettement marquée dans le centre une sorte de logette arrondie, dans laquelle l'insecte se trouve placé au milieu d'un parenchyme assez large, gorgé de matière féculente. Quand l'insecte s'est échappé, la fécule a été absorbée par lui, et il ne reste plus dans la logette qu'une toute petite quantité de poudre brunâtre.
Les parois de la cavité sont formées d'une membrane assez dure, dont les éléments constitutifs sont des cellules à parois épaissies et endurcies, appelées cellules pierreuses. Tout autour s'étend le tissu dominant de la galle, formée par un parenchyme de cellules étendues dans le sens du rayon, à parois peu épaisses, dans lesquelles on trouve au microscope de la matière colorante et des lamelles vitreuses 'de tannin. Au milieu de ce parenchyme se remarquent des faisceaux fibro-vasculaires, nombreux snrtout dans la périphérie. Vers l'extérieur les cellules du parenchyme s'arrondissent et montrent dans leur intérieur des grains de chlorophylle d'un vert noirâtre ; enfin les couches extérieures sont formées de cellules petites, à parois épaisses, serrées les unes contre les autres, qui constituent à la Noix de Galle une sorte d'écorce.
On distingue d'ordinaire dans le commerce deux sortes de Noix de Galle;
Les Galles d'Alep, les plus estimées : elles sont à peu près de la grosseur d'une noisette, lourdes, foncées, et ne contiennent que très-peu de Galles blanches et percées.
Les Galles de Smyrne ; elles sont un peu plus grosses, moins lourdes, moins foncées et mêlées de beaucoup de Galles blanches : aussi sont-elles moins estimées.
Ces noix de Galle ont une saveur très-astringente et un peu amère. Elles contiennent beaucoup d'acide tannique, de 60 à 90 pour 100, de l'acide gallique, 2 pour 100 environ; en outre de petites quantités de sucre, de résine, d'huile essentielle, de gomme et de substances protéiques.
A côté des Galles précédentes, qui sont officinales, on doit en indiquer un certain nombre, dont quelques-unes se trouvent dans le commerce, et qui sont également produites sur diverses espèces de chênes. Enumérons-les rapidement , d'après l'ouvrage de Guibourt sur les drogues simples :
o'2ij GALLES (matièhe médicale).
a. La petite Galle couronnée d'Alep, qui se trouve mèle'e à la Galle d'AIep ordinaire, et qui provient aussi de la piqûre du Quercus infectoria L., mais des bourgeons terminaux à peine développes. Elle est grosse comme un pois, couronnée par un cercle de tubercules. Elle est souvent percée d'un trou trèslarge.
b. La Galle marmorine du Levant, sphérique, atténuée en pointe vers le pédoncule, ayant de 10 à 15 millimètres de diamètre, d'un gris peu foncé, jaunâtre ou rougeâire. Elle vient du Levant.
c. La Galle (Vlstrie, petite (9-12 millimètres de diamètre), globuleuse, atténuée vers le bas, sans tubérosités, profoiidémeut ridée ; elle est peu estimée.
d. La Galle de Hongrie ou du Piémont. E.xcroissance extrêmement irrégulière, qui est produite par la piqûre d'un Cyiiips sur la cupule du gland. Elle contient une cavité unique au milieu d'une enveloppe ligneuse.
e. La Galle corniculée; c'est une curieuse excroissance formée d'un axe ligneux, d'où partent un certain nombre de cornes recourbées à l'extrémité ; el!e est jaunâtre, légère, creusée de nombreuses cellules ayant servi de demeure au Cynips.
f. La Galle en artichaut, figurée par Réaumur. Elle est commune sur nos chênes et provient du développement anormal de l'involucre de la fleur femelle avant la fécondation. Les bractées se sont développées considérablement et forment comme les feuilles de l'artichaut autour d'un réceptacle qui en représente le fond.
g. Galle ronde de V Yeuse, Galle de France. C'est une Galle qu'on trouve parfois dans le commerce; elle est parfaitement sphérique, et a un diamètre de 19 à 22 millimètres. Elle est légère, d'un gris verdâtre ou un peu rougeàtre; la cassure en est rayonnée. Elle vient sur le Quercus llex L. dans la région méditerranéenne.
h. Galle ronde du Rouvre, Galle du pétiole de chêne. Elle ressemble beaucoup à la précédente ; elle a de 15 à 20 millimètres de diamètre ; elle est unie, d'une couleur rougeàtre. Elle provient du Quercus rohur L. dans toute l'Europe moyenne.
j. Galle ronde des feuilles de chêne. Ce sont des Galles rouges et succulentes à l'état frais, qu'on a décrites à cause de leur appai'ence sous les noms de Galle en cerise et de Galle en grain de groseille. Elles proviennent de la piqûre des feuilles de chêne. Sèches, elles se rident considérablement, sont légères, très-spongieuses et très-peu estimées.
k. Enfin on rencontre quelquefois dans le commerce la Pomme de chêne de Réaumur. On la trouve du côté de Bordeaux, dans les Landes, les Pyrénées, sur le Chêne Tauzin {Quercus tozza Bosc). Les Anglais la récoltent aussi sous le nom de Oakapple sur le Quercus pedunculata. C'est une grosse Galle en général ovoïde (de 35 à 50 millimètres de longueur sur 55 à 40 de large). Sa surface est unie, brune; elle porte vers la partie supérieure une couronne de 5 à 6 pointes. La structure intérieure est spongieuse, et la matière qui la forme devient très-légère par la dessiccation. Au centre se trouve une loge sphéroïde.
Olivier, dans son Voyage en Orient, figure une pomme semblable sur le Quercus infectoria 01. d'Asie Mineure. Seulement la pomme est sphérique et porte les tubercules sur le milieu de la hauteur.
H. Toutes les Galles précédentes sont produites par des Cynips [voy. ce mot) sur (ies espèces de chêne. Il nous reste à dire quelques mots des Galles qui proviennent
GALLES (matière médicale). 527
■de la piqûre des Aphis sur certaines espèces de la famille des Térébiutliacéos :
1° Les Galles de Térébinthe ou Caroub de Judée, longues, aplaties, plus ou moins en forme de corne, à parois coriaces peu épaisses, rougeâtres, limitant une grande cavité, qui contient de nombreuses dépouilles de pucerons.
Cette Galle, qui a été observée de bonne heure dans la région méditerranéenne, oîi croît en abondance le Térébentlie, contient du tannin et un suc résineux qui exsude par places et qui remplit des lacunes spéciales dans l'épaisseur des parois.
On la nomme quelquefois Pomme ou Galles de Sodome.
2° Les Galles de pistachier, Galles de Boukhara. Elles viennent de Boukliaia, -avec les pistaches, sous le nom de Gool-i-pista ou Gule-pistali {fleur de pi'^tachier). Elles ont le volume d'une cerise, rougeâtres, vides à l'intérieur, quelquefois lobées ou didymes ; elles ont le goût de la Térébenthine de Chic.
0° Enfin les Galles de Chine, qui, depuis une vingtaine d'auuées, ont été introduites en Europe par le commerce anglais. Elles sont produites par la piqûre de Y Aphis Chinensis Doutleday sur le Rhus semi-alata Murray et aussi sur le Rhus Jnponica Siebold. Leur forme est très-irrégulière et assez variable, de même que leurs dimensions. Elles sont souvent oblongues, obovoïdes, rélrécies à la base, longues de 3 à 7 centimètres sur 2 à 4 centimètres de large. Parfois elles portent des protubérances, elles sont même divisées en plusieurs parties qui divergent en éventail. Leurs parois sont peu épaisses (1 à 2 millimètres), blanchâtres, cornées et translucides. La surface est recouverte d'un duvet grisâtre court et épais, qui s'enlève facilement par le frottement; leur ■cassure est cornée, brillante. Dans l'intérieur est une grande cavité contenant ■des débris de pucerons.
Les parois contiennent dans de grosses lacunes des larmes de matière résineuse. Elles renferment aussi une quantité considérable de tannin, 65 ù 95 pour 100. C'est ce qui les fait employer en Europe.
III. On rencontre aussi les Galles de Tamarix, nommées encore Galles rouges, qui proviennent des ludes orientales, où elles sont produites par le Tamarix orientalis L. Ce sont fies excroissances noueuses, arrondies, d'un magnifique rouge, ayant depuis le volume d'un pois jusqu'à 1 centimètre et demi de diamètre. Les Turcs les nomment Bazgemlge et les Égyptiens Chersamef. Belon, qui en parle dans ses Singularités, dit qu'elles avaient de grands usages en médecine. Elles sont mentionnées comme non officinales dans la Pharmacopœia ■of India de 1867.
IV. Nous devons enfin signaler comme pi'oduction curieuse et usitée dans certaines parties de l'Orient les excroissances succulentes qui se produisent par la piqûre d'un insecte sur diverses espèces de Sauges (Sa/i^m), et particulièrement sur le Salvia pomifera L. On les nomma Pommes de Sauge ou Baisonges ■ou encore Galles de Sauge. « Sur le mont Ida de Crète, dit Beiou, il croit des sauges qui portent des pommes bonnes à manger, desquelles les paysans remplissent leurs sacs, qu'ils chargent à leur col pour les porter vendre aux villes prochaines. Ils les trouvent attachées aux feuilles au commencement du mois de mai ; elles sont grosses comme une galle, couvertes de poils par-dessus, et sont douces et plaisantes à manger. » Olivier assure qu'on en fait, avec du sucre ou du miel, de bonnes confitures. Pl.
Bibliographie. — Olivier. Voyage, I, 295 et pi. 15. — Réadhhr. Mémoires IMémoire XII,
528 GALLIGO.
pi. 41-43). — Belon. Singularités, 39, 145, 218, 457. — GneocRT. Histoire des drogues, 7= éd., I, 289. — Fluckiger et Hanbdry. Pharmacographia, 536. — Lacaze-Ddthiers. Recherches ■pour servir à l'histoire des galles. In Ann. sciences natur. botanique, 1858, XIX, 273-554. — Mébat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, V, 552; VI, 637. — G. Planchon. Détermination des drogues simples, II, 94. Pl.
g II. Chimie. La composition chimique des Galles a été indiquée dans la partie pharmacologique de l'article Chêne. Des articles spéciaux étant consacrés aux acides eJlacjiqiie, galUfjue et tanniqiie, nous dirons seulement ici un mot d'un quatrième acide indiqué dans la noix de galle par Guibourt. C'est l'acide lutéogallique ; poudre jaime, amorphe, insoluble dans l'eau et dans l'éther. On l'obtient en épuisant par l'alcool le résidu des noix de Galle et ajoutant de l'éther à la solution. Le précipité qui se forme et qui contient de l'acide ellagique et de l'acide lutéogallique est redissous dans la potasse. On sépare ces deux els de leur solution alcaline : le premier, au moyen d'un courant d'acide carbonique ; le second, au moyen de l'acide chlorhydrique. I>.
g 111. Emploi médieal. L'emploi pharmacologique et thérapeutique des galles du chêne a dû être traité en môme temps que celui de l'écorce {voy. Chêse).
GilLLES (Pays de). Géographie médicale. Voy. BRETAGNE {Grande-).
€iAi,LESKT (Johann-Gottfried). Médecin allemand, mort le 12 juin 1776 à Tilsitt, dans la Prusse orientale, dont il était médecin pensionné. On connaît de lui :
I. Abhandlung vom Miserere oder von der Darmgicht, nebst einigen Bemerkungen von den heilsamen Kiâften des Leinôhls in dieser Krankheil. Mittau et Rii^a, 1767, in-S». — II. Bemerkungen und Versuche iiber einige Ursachen des tinter dem Hornvieh vorkommenden Vieksterbens. Kœnigsberg, 1772, in-8». A. D.
CiALLi (Leonardo). Médecin espagnol, né à Tarragone en 1751, mort en 1850. Il fut docteur en médecine et en chirurgie, chirurgien de la chambre du roi, membre de la société royale Vascongada, de l'Académie des sciences naturelles et arts de Barcelone et de l'Académie de médecine de Madrid.
On a de lui :
I. Observ. de una nina que naciô viva sin cerebro, cerebelo y médula oblongada. llustrada con una memoria sobre los principios de la animalidad, en la cual se dan varias razones de la posibilidad de este y otros fenômenos de la mdquina animal. Barcelona. 1786, in-4\ — II. Nuevas indagaciones sobre las fracturas de la rôtula y de las enfermedades que con ella tienen relacion, especialmente la transversal. Madrid, 1795, in-4''. — III. Contestacion al informe inserto en los numéros 3 y 4... de las Décadas médico-quirûrgicas y farmacéuticas, o sea justa vindicacion de los autores del reglamento del esiudio reunido de medicina y cirujia. Madrid, 1822, jn-4"', L- H».
GALLiciE. Voy. Pologne.
GALEIET. Voy. Galiet.
G.ILLIGO (IsACCo). Médecin italien, d'origine israélite, naquit à Pise en
1822, se fit recevoir docteur dans sa ville natale, puis se fixa à Florence où il devint vice-président du comité de médecine, et fonda en 1861 VImparziale di Firenze, qu'il rédigea jusqu'à sa mort. C'est lui aussi qui fut le promoteur de l'Association médicale italienne. Il mourut prématurément, d'une afiection chronique des poumons, dans la villa de Loretino, près de Florence, en 1869, laissant par testament des legs nombreux à diverses sociétés médicales et à plusieurs hospices.
Galligo a publié entre autres, d'après Gaffe, à qui nous empruntons ces détails :
I. Tiailé théorique et pratique des maladies syphilitiques (en italien). Florence, 4847. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions. — II. Traité élémentaire sur l'hygiène et les maladies des enfants (id.). — III. Guide des mères au lit de leurs enfants (id.). — lY. Une traduction de V Iconographie des maladies syphilitiques de Ricord. L. Hs.
G.ILLIIVA (Francesco). Médecin italien de Carmagnola, florissait à la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième. Outre un ouvrage resté manuscrit. De curatiojie morhorum particularium, cet auteur a publié un traité assez estimé sur les bains deVinadio et de Valdieri :
I. De balneis Vinadii et Valderii. Taurini, 1575, in-i". — II. Trattato dei cibi e del bere, di Bald. Pisanelli, accresciuto di note ed aggiunte da Fr. Gallina. Torino, 1612. L. llx.
GAixiîVACÉS. A l'article Oiseaox (voy. ce mot), nous avons déjà eu l'occasion d'indiquer que les changements introduits successivement dans la classification ornithologique de G. Guvier n'avaient pas respecté l'ordre des Gallinacés. L'une des modifications les plus importantes que l'on ait faites dans ce groupe, c'est assurément la séparation nette des Pigeons {voy. ce mot), qui, après avoir constitué d'abord un simple genre linnéen, puis une famille, ont été élevés au rang d'ordre distinct par le prince Ch. Bonaparte. Cette séparation une fois opérée, l'ordre des Gallinacés ne comprenait plus que des prœcoces, c'est-à-dire des oiseaux dont les petits sont capables de chercher eux-mêmes leur nourriture presque immédiatement après leur naissance : il paraissait donc avoir toutes les qualités d'une subdivision naturelle. Cependant, en y regardant de plus près, en étudiant comparativement le squelette de divers représentants de l'ordre des Gallinacés ainsi délimités, MM. Parker et Huxley ont reconnu : 1° que les Tinamidés ou Tinamous {voy. ce mot et Oiseaux), tout en ressemblant aux Gallinacés typiques par leurs formes extérieures, s'en distinguent essentiellement par leur structure intime ; 2° que les Ptéroclidés ou Gangas {voy. ce mot) et les Turnicidés {voy. ce mot) constituent deux familles qui s'écartent à plusieurs égards des Gallinacés pour se rapprocher, la première, des Pigeons, la seconde, des petits Échassiers de rivage.
L'ordre des Gallinacés, débarrassé de toutes ces formes étrangères ou aberrantes, peut désormais être considéré comme un groupe homogène. Tous ses représentants sont des oiseaux terrestres, volant avec une certaine difficulté, mais courant avec rapidité sur le sol, se nourrissant principalement de graines, de bourgeons et de fruits, mais dévorant aussi des insectes et des vermisseaux. Ils ont la tête relativement petite, souvent dénudée en partie et ornée, au moins chez les mâles, de pendeloques, de crêtes et de caroncules, le bec fort, convexe et plus ou moins recourbé vers la pointe, le corps trapu, renflé et revêtu d'un plumage abondant, mais peu flexible, les ailes courtes et arrondies, la queue
S50 GALLINACES.
tantôt coui'te, tantôt allongée, mais généralement formée d'un assez grand nombre de pennes ; les pattes plus ou moins emplumées, les plumes ne couvrant ordinairement que la jambe, mais s'étendant parfois jusque sur le pied ; les tai'ses ei les doigts robustes, le pouce presque toujours inséré notablement au-dessus du niveau des autres doigts, et quelquefois presque entièrement atrophié ; les trois doigts antérieurs, ou tout au moins deux de ces doigts, réunis à la base par de petites membranes.
En général, chez les Gallinacés, les deux sexes diffèrent beaucoup sous le rapport du plumage, les mâles offrant sur la tête et sur le cou des appendices cutanés érectilcs, ayant les tarses armés d'ergots, et portant des fraises, des manteaux, des plastrons irisés ou métalliques dont les femelles sont privées ou qu'elles possèdent seulement, et tout à fait par exception, dans un âge avancé, quand elles ont cessé de pondre. On peut ajouter que les Gallinacés sont polygames, que le coq vit d'ordinaire en société de plusieurs poules, et qu'il ne s'occupe ni de l'incubation, ni même de la construction du nid. Ces soins sont dévolus à la mère qui, lorsque les petits sont éclos, s'occupe de leur éducation avec beaucoup de sollicitude. Les petits sont du reste assez forts, dès leur sortie, pour prendre eux-mêmes leur nourriture. Cette précocité est particulièrement remarquable chez les jeunes de certains Gallinacés de la région indo-australienne qu'on appelle des Talégalles, des Maléos, des Leipoas et des Mégapodes, et qui, du reste, ne se développent pas dans les mêmes conditions que les jeunes de nos Gallinacés européens.
Les Talégalles et les autres oiseaux de la même famille ne déposent pas leurs œufs dans des nids grossièrement construits et placés soit sur le sol même, soit sur des arbustes peu élevés, ils les enfouissent dans d'énormes tas de terre et de substances végétales qu'ils ont accumulées à grand'peine. Cela fait, ils ne s'occupent plus de ces œufs, et les abandonnent à l'action de la chaleur que la fermentation développe au sein des tumuli. En d'autres termes, les œufs des oiseaux qui nous occupent sont soumis à une incubation artificielle, les petits viennent au monde sans le secours de leurs parents, sortant seuls de leur prison, et sont immédiatement aptes à pourvoir à leurs besoins. Par leur plumage d'ailleurs ces jeunes Talégalles et ces jeunes Mégapodes ressemblent singulièrement à des oiseaux adultes. Ces particularités de développement rappellent ce qui se passe dans la classe des Reptiles, oii les œufs sont aussi généralement abandonnés par les parents, et éclosent sous l'influence des rayons solaires, et peut-être faut-il voir là un nouvel indice de la parenté qui existe entre les Oiseaux et les Reptiles [voy. ces mots) en même temps qu'une preuve de l'infériorité relative et de l'ancienneté géologique des Gallinacés.
Ce n'est pas sans raison que M. Clans a comparé les Gallinacés aux Mammifères ongulés : il y a en effet entre ces deux ordres une similitude de mœurs et d'allures, et, comme les Ongulés, ces Gallinacés, étant des animaux éminemment sociables, ont pu être réduits en domesticité et ont produit dans ces conditions ■de nombreuses variétés. Pour les détails relatifs à ces Gallinacés domestiques, nous renverrons aux articles spéciaux [voxj. Di.ndon, Faisax, Pocile et Pimade) et nous passerons immédiatement à la subdivision de l'ordre en groupes secondaires.
En traitant de la classification des oiseaux en général {voij. le mot Oiseaux) nous avons déjà rappelé que M. Huxley avait démembré complètement l'ancien ordre des Gallinacés de G. Cuvier et avait constitué à ses dépens : 1° l'ordre des Dromœognathes (Tinamous) ; 2" et 5'' les groupes des Alectoromorphœ ou Gallinacés
vrais et des Peristeromorphœ ou Pigeons, qu'il avait placés tous deux dans l'ordre des Schizognathes, à la suite des Spheniscomorphœ (Pingouins). Mais, comme nous l'avons indiqué ci-dessus, M. Huxley ne s'en est pas tenu là. Bientôt il a rejeté les Turnicidés et les Pteroclidés du groupe des Alectoromorphœ, et il a partagé ce dernier, ainsi restreint, en deux groupes tertiaires : les Péristéropodes, comprenant les Cracidés et les Mégapodildés, et les Alectoropodes, embrassant les Numididés, les Méléagridés et les Phasianidés. En même temps M. Huxley s'est efforcé de démontrer que les Péristéropodes et les Alectoropodes ne diffèrent pas seulement les uns des autres par certaines particularités de la charpente osseuse, mais encore par les mœurs et la distribution géographique. Toutefois, il importe de remarquer que les IVumididés ou Pintades, qui se rattachent d'une part assez intimement aux Méléagridés ou Dindons, présentent d'autre part des affinités incontestables avec les Mégapodiidés ou Talégalles et Mégapodes, de sorte que la séparation entre les Péristéropodes et les Alectoropodes n'est pas aussi nette qu'on pourrait le croire au premier abord. Dans ces conditions il est sans doute préférable de diviser immédiatement les Gallinacés proprement dits en familles. D'un autre côté, il vaut aussi mieux, selon nous, au point de vue de la commodité de l'étude, ne pas confondre dans un seul groupe, sous le nom de Phasianidés, les Faisans, les Paons, les Tétras, etc., qui n'ont ni les mêmes mœurs, ni la même répartition à la surface du globe.
En résumé, on pourrait admettre, parmi les Gallinacés proprement dits ou AlectoromorpJtœ de M. Huxley, les sept familles suivantes : Cracidés, Mégapodiidés, JSinnididés, Méléagridés, Pavonidés, Tétraonidés, Phasianidés, que nous passerons rapidement en revue.
Les Cracidés sont les Gallinacés américains que l'on désigne vulgairement sous le nom de Hoccos et de Pénélopes. lis atteignent une taille assez forte et portent pour la plupart une livrée noire ou brune, variée de blanc ou de fauve. Leur tête, souvent dénudée en partie, est pourvue d'une huppe de plumes frisées, de lobes cutanés, ou d'une sorte de casque s'élevant au-dessus de la région frontale. Leur bec est robuste, voûté et recourbé vers la pointe, et leurs pattes, relativement longues et fortes, sont garnies de scutelles en avant et se terminent par quatre doigts insérés à peu près au même niveau. Leur queue est ample et arrondie. Grâce à la disposition de leurs pieds, les Cracidés peuvent se percher facilement sur les arbres, où ils établissent des nids grossiers. Ils sont monogames et vivent dans les grandes forêts de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud. Leur chair est bonne à manger. On les répartit en plusieurs genres : €rax L. (Hoccos proprement dits), Urax Cuv. (Hoccos à casques), Oreophasis Gr. (Hoccos de montagne) et Pénélope L.
Nous avon? "léjà dit quelques mots des mœurs et du mode de reproduction des Mégapodildés, qui représentent dans la région indo-malaise, en Australie, à la Nouvelle-Guinée et dans certaines îles de l'Océanie, les Cracidés du Nouveau Monde. Cette famille des Mégapodildés renferme les genres Talegallus Less. (avec les sous-genres Catheturus Gr. et jEpypodiiis Oust.) ; Megapodius Q. et G. ; Megacephalon Tera., et Leipoa Gould.
Les Talégalles se trouvent en Australie, à la Nouvelle Guinée et dans quelques petits îles voisines. Ce sont des oiseaux d'assez grande taille, aux formes robustes, et rappelant un peu les Dindons par leurs allures et par leur cou en partie dénudé, avec des pendeloques et des caroncules de couleur vive. Ils ont le bec épais et voûté, les pattes fortes, la queue très-ample.
Les Mégapodes, qui n'atteignent jamais les mêmes dimensions que les Tale'galles et qui ont le bec plus grêle, la queue bien plus courte, la gorge dépourvue de caroncules, ressemblent beaucoup à des Râles par leur livrée brune ou noire, leurs pattes allongées et leurs doigts très-développés.
Le Megacephalon maleo Tem. est un bel oiseau de Célèbes, à la tête surmontée d'un casque, rappelant celui des Hoccos, au bec presque aussi fort que celui des Talégalles, au corps revêtu d'une livrée pie, d'un noir lustré et d'un blanc rosé.
Enfin le Leipoa ocellé {Leipoa ocellata Gould), qui se trouve à la Nouvelle- Hollande, a le plumage gris et blanc, varié de brun et de fauve, de certains Tétraogalles de l'Ancien Monde, le bec assez fiible, la tête légèrement huppée, les pattes plus courtes que celles des Talégalles et la queue largement développée.
Laissant de côté les trois familles des Numididés, des Méléagridés et des Pavonidés, dont les représentants sont l'objet d'articles spéciaux {voy. Pintade, Dindon et Paon), nous rappellerons que pour les ornithologistes modernes la famille des ïétraonidés comprend non-seulement les Tétras ou Coqs de bruyère (voy. ce mot), mais encore les Francolins, les Perdrix et les Cailles.
Les Francolins, qui habitent l'Afrique et le midi de l'Europe, ressemblent un peu à des Perdrix, mais ont les pattes et le bec plus longs et les teintes du plumage moins uniformes, relevées çà et là par des taches arrondies. Le genre FrancoUnus Sleph. a pour type le Francolin vulgaire [Fr. vitlgaris Steph.), qui se rencontre principalement en Asie Mineure, en Syrie et dans l'Inde, mais il renferme encore beaucoup d'autres espèces que l'on a parfois distribuées, pour la commodité de l'étude, en plusieurs sous-genres : Peliperdrix (Bp.), Ortygornis (Reich.), Rhizothera (Gr.), Plernistes (Wagl.), Chaetopus (Sw.), Margaroperdrix (Reich.). La plupart de ces oiseaux ont, comme les Coqs, les pattes armées d'éperons.
Les Perdrix (voy. ce mot) peuvent être réparties en deux groupes : les Perdrix de l'Ancien Monde {Perdicecé) et les Perdrix du Nouveau Monde {Odontophorece); enfin les Cailles, qui constituaient jadis un seul genre [Coturnix Br.), ont été partagées par le prince Gh. Bonaparte en Coturnix, Synoicus (Gould), Perdicula (Hodgs.), Excalfactoria (Bp.), et Pedionomus (Gould). La caille vulgaire [Coturnix communis Bonnat, ou C. dactylisonans Mey.) est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'en donner une description, ce qui d'ailleurs ne serait pas facile, le plumage de cet oiseau offrant un mélange confus de brun, de blanc, de fauve pâle, de gris et de noir. Elle habite ou visite dans ses migrations annuelles une grande partie de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Au laoment du passage, elle se montre en troupes nombreuses sur les côtes de la Méditerranée, où on lui fait une guerre acharnée à coups de fusil, à coups de bâton, à l'aide de pièges de toute espèce. Quand elle est bien grasse et qu'elle n'est pas encore épuisée par les fatigues d'un long voyage, la Caille constitue en effet un excellent gibier. Dans certaines îles de la Méditerranée toute la population se trouve occupée à la chasse et à la préparation des Cailles. Aussitôt tués, ces oiseaux sont plumés et vidés ; on leur coupe la tête et les pattes, on leur fend la poitrine et on les emballe comme des Harengs pour les expédier au loin.
La Caille naine de la Chine [Coturnix chinensis L.), dont on fait généralement le type du petit genre Excalfactoria, est une charmante espèce, beaucoup plus petite que la Caille commune, et revêtue d'une livrée fort élégante, rehaussée chez le mâle par un plastron noir qui s'étend sur la poitrine. Elle se trouve
GALLIQUE (Acide) (Chimie). 535
non-seulement dans la Chine méridionale, mais encore dans l'Inde, en Birmanie et en Malaisie.
Les Cailles du sous-genre Synoiciis sont propres à la région australienne; il en est de même des ?éàionomes{Pedionomus); au contraire, les Perdiculcs (Perdicula) sont asiatiques. E. Oustalet.
Bibliographie. — Ch. Bonaparte. Tableaux paralléliques de l'ordre des Gallinacés. In Comptes rendus de l' Académie des sciences, 1856, t. XLII. — \V. K. Parker. On the Osteology of Gallinaceous Dirds and Tinamous. In Transactions of the Zoological Society of London, 1864, t. V, p. 148 et suiv. — D. G. Elliot. A Monograph of the Telraonidœ, 1865. — Hdx- LEï. On the Classification and Distribution of the Alectoromorphœ and Heteromorphœ. In Proceedings oflhe Zoological Society of London, 1868, p. 294 et suiv. — G. B. Graï. Handlist of Birds, 186C-i871, t. IL— D. G. Elliot. i4 Monograph of the Phasianidœ, 1872. — J. GouLD. Birds of Europa, Birds of Australia et Birds of Asia. — Brehji. Yie des animaux. Oiseaux. E. 0.
GALLii\i (Stefano). Savant médecin italien, né à Venise, le 22 mars 1766, fut successivement professeur d'anatomie et de physiologie, et professeur de médecine théorique à l'Université de Padoue; le 8 avril 1816, il avait été de plus chargé de la chaire d'anatomie philosophique et comparée. L'Académie des sciences de Padoue l'agréa à titre de membre pensionné, et en 1836 l'Académie de médecine de Paris le nomma membre correspondant. 11 mourut, d'après Callisen, à Padoue, le 26 mai 1836. Dans ses ouvrages sur l'organisation physique du corps lunaire, il développe une théorie sur la vie qui ne diffère que peu du système de Brown, alors encore inconnu en Italie, d'après Benzi.
On a de lui :
I. Saggio d'osservazioni concernenti i nuovi j^rogressi delta fisica del corpo umano. Padova, 1792, in-8°. Traduction allemande. Berlin, 1794, in-S". — II. Introduzione alla fisica del corpo umano. Padova, 1802. — III. Elemeiiti di fisiologia del corpo umano. Padova, 1817, in-8''. — IV. Nuovi elementi délia fisica del corpo umano dedotti dalle più recenti osservazioni suit' anatomia et sui fenomeni vital del uonio e degli animali. Padova, 1808, 3 vol. gr. in-8°; 2" édition, ibid., 1820, 2 vol. gv. in-8°; 3' édition, ibid., 1825, 2 vol. in-8°. — V. Nuovo saggio di osservazioni fisiologiche. Padova, 1807, in-8°. — VI. Summa observationum anatoinicarum ac physico-chimicarum quœ ab anno 1792 expositw prœcurrerunt nova elementa corporis humani.,T\cmi, 1824, gr. iu-S". — VII. Sopra la legge deW organisme animale. In Memor. délia Soc. ital., t. XVI, p. 2, 1813. — VIII. Se e quando il fluido eletlrico e galvanico influisca nella produzione dei fenomeni délia vita. Ibid., t. XVIII, 1820. L. H.\.
GALLI^'SECTES. On connaît sous cette dénomination, et en synonymie, la majeure partie des Cochenilles, insectes hémiptères-homoptères, très-remarquables {voy. Cochenille, t. XVIII, p. 180). Béaumur leur avait donné les noms de GalUnsectes et Progallinsectes (Ferchault de Béaumur, Mémoires pour servir à Vhistoire des insectes, t. IV, 1*"' et 2^ mémoires, p. 1 et 81, avec planches, io-i", Paris, 1738). La plupart des espèces sont non-seulement très-dignes d'intérêt par leur organisation et par leur manière de vivre, mais encore elles ont été employées dans l'industrie et en médecine (voy. Cochenille, t. XVIII, p. 189).
Il ne faut pas confondre les GalUnsectes réaurauriens avec les Cynipides, qui sont des insectes hyménoptères [voy. Cïnips). A. Laboulbèke.
CALLIQCJE (Acide). C^H^O*. § I. Chimie. Cet acide a été découvert par Scheele. Il existe tout formé dans certaines plantes, mais résulte surtout du dédoublement d'un composé plus complexe, le tannin de la noix de galle ou
534 G.\LLIQUE (Acide) (Chimie).
acide gallotannique. Il se rencontre à l'état de liberté, suivant Avequin, dans les graines de mango [Mangîfera indica L.), d'où on peut l'extraire par simple macération avec l'eau. Kawalier l'a trouvé dans les feuilles àc busserolle [ArclodapJiylos uva iirsi et M. Stealiouse dans les gousses de libidibi {Ciesalpinia coriaria) et surtout dans le sumac [Rhus coriaria). On l'a encore signalé dans diverses autres plantes.
Extraction. Pour le retirer des plantes qui renferment en même temps un tannin, on procède comme il suit, d'après les indications de M. Stenhouse : on traite l'infusion végétale par la gélatine pour précipiter le tannin, on évapore à sec la liqueur filtrée et on reprend le résidu par l'alcool bouillant ; après avoir distillé l'alcool, on reprend le nouveau résidu par l'éUier, qui dissout Tacide gallique et l'abandonne à l'état cristallisé par le refroidissement. On achève la purification de l'acide gallique par plusieurs cristallisations dans l'eau bouillante, après l'avoir décoloré par le charbon animal.
Le procédé généralement suivi pour obtenir l'acide gallique repose sur le dédoublement du tannin de la noix de galle. Le tannin a été longtemps considéré comme un glucoside défini, se dédoublant sous l'influence d'agents chimiques aussi bien que sous celle d'un ferment gallique ; ce dernier provoque sou dédoublement lorsqu'on abandonne à elles-mêmes les noix de galle concassées et humectées d'eau. Strecker, qui a principalement étudié ce sujet, représente le dédoublement du tannin par l'équation :
C^H^^O^^ -4- 4H^0 = ÔCm-O^ + C«Hi20«
Taanin. Acide Glucose.
gallique.
Néanmoins, les quantités de glucose obtenues varient dans des limites très-étendues ; on a même observé la transformation du tannin en acide gallique sans production de glucose. Ainsi, Sacc {Compt. rendus, t. LXXll, p. 790) a obtenu avec 45 giammes de tannin pur 50 grammes d'acide gallique cristallisé. Ce fait correspond à la conclusion à laquelle a été conduit M. Scbiff par des expériences d'un autre ordre et qui ont eu pour résultat d'obtenir l'acide gallotannique en partant de l'acide gallique, par déshydratation. La conclusion qu'a tirée M. Schiff de ses expériences est que le tannin de la noix de galle est un acide digallique et que ce dernier se transforme en acide gallique par fixation d'eau :
Acide
Acide
digallique.
gallique
{Bull, de la Soc. cJiim., t. XVI, p. i98, et XVlIi, p. 24).
Comme la production de glucose dans la fermentation dite gallique de la noix de galle est incontestable, il faut admettre avec M. Schiff que ce produit végétal renferme un glucoside très-instable de l'acide gallique. Ce glucoside se dédoublerait plus ou moins complètement en glucose et acide digallique avant que ce dernier ne se transforme en acide gallique par fixation d'eau. En d'autres termes, le tannin brut doit être envisagé comme un mélange en proportions variables d'acide digallique et de son glucoside. On s'explique ainsi les divergences si considérables dans les quantités de glucose obtenues avec le tannin.
Quoi qu'il en soit, voici la marche suivie pour préparer l'acide gallique : on
GALLIQUE (Acide) (Chimie). 555-
abandonne à l'air, pendant un ou deux mois, à une température de 20 à 25 degrés, les noix de galle réduites en poudre et maintenues mouillées. La poudre se gonfle et se couvre de moisissures. L'eau qui la baigne, fortement colorée en brun, ayant été exprimée, on traite le résidu par l'eau bouillante qui dissout l'acide gallique et l'abandonne par le refroidissement. Pour le purifier, on le redissout dans 8 fois son poids d'eau bouillante, on le décolore par le noir animal et on abandonne la solution filtrée au refroidissement. Ce procédé, dû à Braconnot, fournit environ 20 parties d'acide gallique pour 100 de noix de galle.
D'après Robiquet, le ferment qui translorme le tannin existe dans la noix de galle et serait identique avec le ferment pectique ; la présence de l'air, en outre, ne serait pas indispensable à la fermentation gallique. Suivant Larocque, la levure de bière ainsi que d'autres ferments déterminent la fermentation gallique (voy. Journ. de Pharm., t. XXIII, p. 241, et t. XXYIl, p. 197).
Des recherclies plus récentes de M. Yan Tieghem établissent les points suivants {Comptes rendus, t. LXY, p. 1091) : Le tannin ne se transforme pas à l'abri de l'air, mais l'air, débarrassé des germes qu'il tient en suspension, ne suffit pas seul à effectuer cette transformation. Pour que celle-ci ait lieu, il suffit qu'un mycélium de mucédinéo se développe dans la solution de tannin, et c'est aux dépens du sucre du tannin que le mycélium se dévelop[ie. Si l'on introduit dans une solution de tannin le mycélium d'une l'ermentalion en activité, et si l'on soustrait le liquide au contact de l'air, le tannin reste inaltéré.
Le dédoublement du tannin est beaucoup plus rapide par l'action des acides ou des alcalis. Lorsqu'on fait bouillir pendant quelques minutes le tannin avec de l'acide sulfurique étendu, la liqueur dépose par le refroidissement de l'acide gallique en abondance (Liebig). JI. Stenhouse étend l'acide sulfurique de 7 à 8 fois son poids d'eau et maintient le mélange en digestion pendant un jour, puis il concentre à une douce chaleur. La liqueur dépose alors par le refroidissement des cristaux peu colorés dont le poids est presque égal à celui du tannin employé. Un acide plus concentré donne bien moins de produit. L'acide chlorhydrique agit comme l'acide sulfurique.
L'emploi de la potasse pour préparer l'acide gallique n'est pas à recommander, à cause de l'oxydation rapide de ce corps, au contact de l'air, sous l'influence des alcalis.
Synthèse de l'acide gallique. L'acide gallique représente un acide trioxybenzoïque, ou dioxysalicylique; c'est ce qui ressort de sa synthèse, réalisée par Lautemann, à l'aide de l'acide diiodosalicylique. Cet acide, traité par la potasse concentrée, fournit de l'acide gallique, accompagné d'un de ses produits de décomposition, l'acide pyrogallique :