GALLIUM
la partie insoluble, avec du sous-sulfate de zinc. Ce résidu est ensuite dissous dans l'acide sulfurique en excès et la solution est soumise à des précipitations fractionnées par le carbonate de sodium, en observant les fractionnements au spectroscope. Les précipités gallifères sont redissous dans l'acide sulfurique et la solution est traitée par du zinc métallique; celui-ci détermine la production de sous-sulfate de zinc, qui se dépose en entraînant le gallium. On répète sur ces dépôts plusieurs fois le même traitement et on les enrichit ainsi successivement en gallium. La solution sulfurique des dépôts ainsi enrichis est ensuite évaporée à sec, l'excès d'acide est chassé et le résidu est soumis à l'ébullition avec de l'eau. La liqueur acide filtrée est traitée directement par l'hydrogène sulfuré, puis, après séparation des sulfures insolubles, par l'hydrogène sulfuré après addition d'acétate d'ammonium. On précipite ainsi le sulfure de zinc, qui entraîne le gallium. Le précipité est dissous dans l'acide sulfurique et la solution est précipitée, par fraction, par le carbonate de sodium.
Après avoir repris les dépôts par une quantité strictement nécessaire d'acide sulfurique, on fait bouillir la solution avec beaucoup d'eau. Il se sépare un volumineux précipité de sels basiques qu'on décompose par la potasse. Celle-ci dissout l'oxyde de gallium et laisse insoluble l'oxyde de fer et uns partie de l'oxyde d'indium ; une partie de ce dernier se dissout et peut être précipitée à l'état de sulfure dans la solution neutralisée par l'acide sulfurique. Une nouvelle ébullition du sulfate neutre avec l'eau précipite le sous-sulfate de gallium à peu près pur.
Pour isoler le gallium métallique, on soumet à l'électrolyse la solution alcaline du sous-sulfate. Le métal se dépose à froid en longues files de petits cristaux, normales à l'électrode positive. A la température de 30 degrés, le métal se dépose en gouttelettes qui coulent le long de l'électrode. On purifie le gallium par cristallisation.
Propriétés. Le gallium est un métal gris blanc, doué d'un bel éclat, mais se ternissant légèrement à l'air humide. A l'état liquide, il est d'un blanc d'argent, mais quand il cristallise il perd son éclat et prend une teinte bleuâtre.
Le gallium fond à la chaleur de la main, soit exactement à 30°, 15. Il reste très-facilement en surfusion, même à des températures voisines de zéro. Cette surfusion cesse au contact d'une parcelle du métal solide et le gallium cristallise alors. Fondu, le gallium adhère au verre en formant un miroir métallique trèsbrillant. Solide, il est flexible et malléable et se laisse couper facilement.
Chauffé au rouge vif au contact de l'air, ou même de l'oxygène, le gallium ne se volatilise pas et ne s'oxyde que superficiellement. Si on le chauffe au rouge sur du platine, il s'y allie en partie. Le spectre du gallium, qui ne s'observe bien qu'avec l'étincelle d'induction, présente deux raies violettes qui ont pour longueur d'onde 417,0 et 403,1.
La densité du gallium solide, à 24°, 5, est égale à 5,956 ; celle du gallium en surfusion, à la même température, est plus forte, soit 6,069. La chaleur spécifique du gallium est égale à 0,0802 ; cette chaleur spécifique, multipliée par le poids atomique 69,865, donne pour la chaleur atomique 5,59 (Berthelot).
Le gallium se combine énergiquement au chlore en donnant un chlorure cristallin, fusible à 70 — 76 degrés, et volatil. Il se combine moins énergiquement au brome, pour former un bromure moins fusible et moins volatil que le cnlorure. Pour produire l'iodure, il faut chauffer un peu. Le gallium se dissout dans l'acide chlorhydrique avec dégagement d'hydrogène. L'acide azotique ne le dissout qu'à chaud. Il se dissout dans la potasse en dégageant de l'hydrogène.
GALLO (Les). 541
11 s'allie facilement par fusion à l'aluminium. L'alliage est inaltérable à l'air, mais il décompose l'eau fivec dégagement d'hydrogène, en produisant de l'hydrate d'alumine, tandis que le gallium reste à l'état métallique.
Composés du gallium. Oxyde, Ga''0^ Il est précipité des sels de gallium par l'addition d'ammoniaque et se dissout notablement dans un excès de réactif; il est extrêmement soluble dans un excès dépotasse. La solution potassique abandonne tout l'oxyde de gallium lorsqu'on y h\\. passer un courant d'acide carbonique.
L'oxyde de gallium, obtenu en décomposant l'azotute par la chaleur, l'orme une masse frittée blanche. Chauffé au rouge dans un courant d'hydrogène, il est en partie sublimé, en partie réduit. Au rouge cerise, il se transforme en une masse frittée bleuâtre, qui paraît être un protoxyde, car sa solution sulfurique ne forme pas d'alun et réduit le permanganate de potassium, ce que ne fait pas le sulfate de sesquioxyde. Au rouge vif, l'oxyde est réduit à l'état métallique par l'hydrogène (Dupré).
Chlorure, Ga-CP. 11 reste par l'évaporation sous la forme d'une masse déliquescente, qui donne un abondant précipité blanc A'oxychlorure lorsqu'on la reprend par beaucoup d'eau ; ce précipité ne se redissout que lentement dans l'acide chlorhydrique étendu et froid.
Azotate. Sa solution, abandonnée à consistance sirupeuse, se prend par le refroidissement en une masse blanche très-déliquescente (Dupré).
Sulfate. Ce sel est très-soluble, mais non déhquescent. Sa solution neutre est précipitée par l'ébuUition ; le précipité, qui est un sulfate basique, se redissout par le refroidissement. Le sulfate neutre cristallise par l'évaporation lente de sa solution en lamelles nacrées, douces au toucher. Il est soluble dans l'alcool faible.
Alun. Le sulfate de gallium forme avec le sulfate d'ammonium un sel double présentant les caractères cristallographiques de l'alun ordinaire. L'existence de ce sel met hors de doute l'analogie du gallium avec l'aluminium et établit nettement que son oxyde est bien un sesquioxyde.
Caractères des sels de gallium. Les alcalis caustiques produisent dans les solutions des sels de gallium un précipité d'oxyde, soluble dans un excès d'alcali. Il en est de même de l'ammoniaque. Les carbonates alcalins précipitent de l'oxyde de gallium, insoluble dans un excès de réactif. L'hydrogène sulfuré ne précipite pas les solutions de gallium, même en présence d'acétate d'ammonium. Mais, s'il y a du zinc en présence, le gallium est entraîné dans sa précipitation. La même observation s'applique à l'action du sulfhydrate d'ammoniaque, qui ne précipite le gallium que s'il est accompagné de zinc. Eo. Willm.
Bibliographie. — Lecoq de Boisbaddran. Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXXXF, p. 493-1100-1104 ; t. LXXXII, p. 1036 et 1098 ; t. LXXXIII, p. 611, 636, 665, 824, 1044; t. LXXXVI, p. 941, 1260; Ann. Chim. et Phtjs. (5), t. X, p. 100.— Lecoq de Boishau- DRAX et Jungfleisch. Comptes rendus, t. liXXXVl, p. 475 et 577. — Bertuelot. But. Soc. chim., t. XXXI, p. 229. — Dupré. Comptes rendus,t. LXXXVI, p. 720. Ed. W.
«ALLO (Les).
Ciallo (Andréa). Savant physicien et météorologiste italien, bien connu par ses travaux sur les phases de la lune et sur les éclipses, naquit à Messine, en 1752, et mourut dans cette ville en mai 1814. 11 construisit lui-même un télescope de neuf pieds de long; comme membre de l'Académie formée par l'archevêque de Messine, il s'occuj)a beaucoup d'histoire naturelle et d'antiquités. Gallo a en outre laissé une relation détaillée du terrible tremblement de terre
542 GALLllLMIQUE.
de Messine en 4785 et un journal météorologique remarquable dressé par lui à cette occasion. Nous nous bornerons à citer de lui :
I. Letfere sul icrremoto del 1783 con un giornale meleorologico. Messina, 1785, in-4''. — IL Lunaris Eclipsis XV kal. junii 1766, et divers autres mémoires ou dissertations parus dans la colleclion palermitaine des auteurs siciliens. L. Hn.
Gaiio (PiETRO-ÂNSELMo). Médecin italien démérite, né à Casanova, près de Vercelli, en 1743, reçu docteur à Turin en 1771, mort à Turin en 1815. Il était membre de l'Institut de Padoue et présida le Collège de médecine de cette ville de 1790 à 1792 ainsi qu'en 1815. On a de lui : '
I. De slagnanlium aquarmn indole. De musculis ahdominis. Musculorum abdominis functio. Etc. Taurini, 1771, in-S". — II. Introduzione alla medicina pratica. Vercelli, 1779, in-S". — lil. Riflessioni teovico-praliche sopra le malattie veiieree, 1784, in-S". — IV. Osservazioni sopra gli errori pratici délia medicina. Torino, 1800, in-8°. — V. Osserv. sopra gli errori iJrat. nella cura délie fehbri. Torino, 1802, in-S". L. Hn.
Gallo (André). Voy. Gallds.
G4rxoi\. Nom sous lequel on exporte du Levant les cupules des glands du chêne vclani [Quercus œgilops L.), qu'on appelle également Avellanèdes, Avélanides ou simplement Vélanides, et qui sont employées pour le tannage des cuirs et pour la teititure en noir.
La Galle de Hongrie ou du Piémont {voy. Galles) est aussi quelquefois désignée sous le nom de Gallon. Ed. L.
(jiALLOT (Jean-Gabriel). Docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, médecin à Saint-Maurice-le-Girard, près la Chàtaigneraye (Bas-Poitou), membre correspondant de la Société royale de médecine, député du département de la Vendée à l'Assemblée nationale, secrétaire du comité de salubrité formé dans le sein de celte assemblée (Dezeimeris). On connaît de lui :
I. Analyse des eaux minérales de Fontenelles, de la Brossardières, de Réaumur, de Boisse et de la Eame'e, en Bas-Poitou. In i\lém. de la Soc. roy. de méd., t. I, p. 405. — 11. Mém. historique sur la fièvre catarrhale bilieuse... gui a régné épidémiquement à la Forét-sur-Saivre, 1784, in-S". — III. Lettre à M. Bougourd sur une opération césarienne. In Journ. de méd., t. XXXIV, p. 177. — IV. Lettre à M. Pietsch... sur un accouchement laborieux et sur une opér. césar. In Supjû. au Journ. à Vannée 1770. Journ. de méd., t. XXXIV, p. 375. — V. Obs. d'une plaie à la tête. Ibid., t. XLIV, p. 156. — VI. Obs. d'une maladie vaporeuse causée par la colère. Ibid., t. XLIV, p. 530. — VII. Mém. sur deux sytnpt. singuliers. Ibid., t. XLIV, p. 524. — VIII. Bec. d'obs. ou Mém. sur l'épid. gui a régné en 1784 et 1785 dans la subdiv. de la Chàtaigneraye, etc. Poitiers, 1787, 'm-i:°. Supplém..., Ibid., 1787, in-4° (ouvrage couronné par la Soc. roy. de méd. de Paris). — IX. Vues générales sur la restauration de l'art de guérir, lues à la séance publique de la Soc. de méd. de Paris, le 31 août 1790, et présentées au Comité de salubrité de l'Assemblée nationale le,9oct., suivies ■d'un Plan d'hospices ruraux, 1790, in-8°, — X. Obs. sur le projet d'instruct. publiq., lu par M. Tolleyrand-Périgord..., et sur le projet de décret sur l'enseignement et l'exercice de la médecine prés, par le Comité de salubrité, 1791, in-S". L. Ey.
GALMJCCIO (Carlo). Médecin sicilien, né à Messine, le 24 janvier 1655, d'ime famille napolitaine. Reçu docteur en 1656, il se fît ensuite agréger au Collège de médecine de sa ville natale et mourut au commencement du dixhuitième siècle, laissant :
Medicina compléta ad galenistarum mentem. Messinœ, 1705, in-4'>. L. Un.
£a.llijX»1IQC!K (Acide). Syn. : Acide métagalliqiie. Composé qui prend nais-
GALMIER (SAINT-) (Eaux minérales de). 545
«ance par l'action d'une température de 240 à 250 degrés sur l'acide gallique, l'acide pypogallique, ou le tannin. Il forme une masse noire, brillante, sans saveur, insoluble dans l'eau et soluble dans les alcalis. Il décompose les carbonates alcalins et forme avec les solutions métalliques des précipités noirs. Sa composition est exprimée par les rapports C^H'O^ (Pelouze, Ann. chim. phys. (2), t. LXIV, p. 561)„ Ed. W.
GALLIJS (André). Médecin de Trente, attaché à la personne de l'empereur Ferdinand I", vivait dans la première moitié du seizième siècle. Outre diverses observations publiées dans le recueil de Scholtz, on a de lui un traité sur la peste, où il établit assez bien la distinction entre cette maladie et la fièvre pétéchiale et les autres fièvres éruptives.
Fasces de peste et peripneumonia pestilentiali. Bresciœ, 1565, in-fol. (publié après la mort de l'auteur par les soins de son fils). L. Un.
Gaiins (Antoine). Voy. Lecoq.
€>alius (Pascal). Voy. Lecoq.
CAiiMlER (SAIMT-) [Eaux minérales de]. Athermales, bicarbonatées calciques moyennes, carboniques fortes. Dans le département de la Loire, dans l'arrondissement de Montbrison, et à 20 kilomèlres de cette ville, est un cheflieu de canton, peuplé de 3000 habitants, bâti en amphithéâtre sur le penchant d'une colline, au pied de laquelle coulent les eaux de la Coise, à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Saint-Galmier est une station du chemin de fer de Roanne à Saint-Étienne, qui a une très-belle église du seizième siècle. Le commerce des dentelles , les tanneries et les chamoiseries lui donnent une certaine importance. Son climat est assez doux, quoiqu'il se rapproche un peu de celui des montagnes, c'est-à-dire que les matinées et les soirées sont assez froides et assez humides, tandis que le milieu du jour est assez chaud à la fin du printemps, en été et au commencement de l'automne. Les eaux de Saint- Galmier étaient déjà connues lors de l'occupation gallo-romaine, ainsi que le prouvent les médailles et les monnaies que l'on y a trouvées. Les sources de Saint-Galmier sont au nombre de trois, que l'on désigne par les noms de Source Fonfort, de Source André et de Source Badoit.
i° Source Fonfort. La source Fonfort est la plus anciennement connue, c'est elle qui a créé pour ainsi dire la réputation de Saint-Galmier. Elle émerge d'une faille qui limite le granit du Beaujolais du côté du Forez. Elle est captée dans un puits; son débit est de 28 810 litres en vingt-quatre heures. Elle est la propriété de la ville. Son eau, comme celle de toutes les autres sources de Saint- 'Galmier, qui viennent assurément de la même nappe souterraine qu'elle, est •d'une limpidité parfaite, elle n'a pas d'autre odeur que celle du gaz acide carbonique qu'elle contient en excès et que ses bulles traversent sans cesse ; sa saveur est fraîche, piquante et très-agréable, elle n'altère aucunement la couleur des liquides avec lesquels on la mêle. Sa température est de 8" centio-rade; sa densité n'est pas sensiblement plus considérable que celle de l'eau ordinaire. Nous donnons son analyse chimique en même temps que celle de la source Badoit.
2» Source André. La source André émerge dans un puits dont le forage remonte à l'année 1845 et situé à 10 mètres environ de la source Fonfort. Son débit en vingt-quatre heures est de 24 000 litres, son eau vient évidemment de
5U GALMIER (SAINT-) (Eaux minérales de).
la même mppe que celle des sources Fonfort et Badoit, mais l'analyse chimique que nous donnons en même temps que celle de la source suivante va montrer que les sources Badoit et André sont un peu plus minéralisées que la source Fonfort, ce qui lient à ce que cette dernière reçoit dans son trajet souterrain une certaine quantité d'eau douce ordinaire. Les caractères physiques et chimiques de l'eau de la source André sont d'ailleurs à peu près les mêmes que ceux des deux autres sources de Saint-Galmier.
3" Source Badoit. L'eau de la source Badoit émerge aussi dans un puits artésien creusé en 1845; son débit en vingt-quatre heures est de 25 000 litres. Ses caracières physiques et chimiques sont, à quelques nuances près, les mêmes que ceux des deux autres sources et surtout que ceux de la source André.
M. Henry (Ossian) a constaté, en 1846, que l'eau des sources de Saint-Galmier contient dans 1000 grammes les principes suivants :
SOURCE FONFORT.
Bicarbonate de cliauï. . . . i
— magnéMe. . ( ^'"^'
— soude. . . . 0,2ô8
— potasse ... «
— strontiane. . 0,107
^''■- • : • • io,oo9
■= manganèse. . | '
Sulfate de chaux 0,180 i
— soude 0,079 \
Azotate alcalin >
— de magnésie 0,060
Chlorure de sodium 0,216
— maîïnésium . . »
— calcium .... »
Silice et alumine 0,056
Phosphate soluhle traces.
Oxyde de ter » )
Matière organique 0,02i j
Total des watières fixes. . 1,886
P I air riche en oxygène.. »
I acide carbonique libre 1,20
source ANDRE.
soiRCE badoit
1,0200 0,4200 O.SBOO 0,2000
jnapp.
indiqué.
Jl
indices.
indices.
inapp.
1 vol. 1/2.
Emploi thérapeutique. L'eau des trois sources de Saint-Galmier est exclusivement employée en boisson et elle n'est consommée sur place que par un certain nombre de buveurs des environs, qui viennent lui demander de leur rendre la stimulation des organes digestifs, l'appétit et une digestion plus facile. Quelques médecins, et M. le docteur Ladevèze en particulier, accordent aux eaux de Saint-Galmier [un effet heureux dans quelques maladies cutanées, dans certaines manifestations rhumatismales, dans l'anémie et dans la chlorose parfaitement confirmées. Nous n'acceptons qu'avec réserve l'action curative des eaux de Saint-Galmier dans ces états pathologiques, nous n'ajoutons même qu'une croyance relative aux effets heureux de cette eau, qui n'est pas sensiblement plus diurétique que l'eau ordinaire dans les gravelles urique ou phosphati((ue qui, si elles sont modifiées utilement à Saint-Galmier, le sont plus peutêtre par la quantité que par la qualité de l'eau qui a été ingérée.
La durée de la cure peut être prolongée autant que les buveurs prennent avec plaisir l'eau très-carbonique de Saint-Galmier.
L'eau des deux sources André et Badoit est surtout exportée, car, si l'eau minérale de Saint-Galmier est peu employée à son lieu de provenance, elle est consommée en quantité extrêmement considérable dans toutes les villes de
GALVANI. 54b
France, de l'étranger même, où l'on veut couper les boissons avec une eau naturelle très-gazeuse, d'un goût agréable et d'un prix peu élevé. Plus de 5 millions de bouteilles sont exportées chaque année. A. Rotureao.
Bibliographie. — Ladevèze. Essai sur les eaux minérales de Saint-Gahnier. Lyon, 1823, in-8°. — McNARET. Les trois sources de Saint-Galmier. Lyon, 1851. — Diday. Les eaux gazeuses de Saint-Galmier. Lyon, 1855, in-S". A. R.
GALVA^VI (Aloisio). Célèbre médecin et physicien italien, naquit à Bologne, le 9 septembre 1737, d'après Michèle Medici. il voulut tout d'abord entrer dans les ordres, mais ses parents réussirent à le détourner de ce projet, et il se livra à l'étude de la médecine sous la direction des docteurs Beccari, TacconietGalli, et surtout du professeur Galeazzi, qui lui accorda plus tard sa fille en mariage. En 1762, il soutint avec distinction, à l'Université de sa ville natale, une thèse savante sur la nature et la formation des os, et, la même année, fut nommé professeur extraordinaire de médecine. Élu membre de l'Institut des sciences de Bologne en 1765, il fut chargé l'année suivante d'y enseigner l'anatomie. Sa méthode d'enseignement claire et logique, son élocution facile, lui attirèrent une foule d'auditeurs. Animé d'une vraie passion pour les expériences, il ne cessait d'en faire, et les répétait jusque dans ses cours, disant toujours que le hasard avait enfanté les plus étonnantes découvertes.
A la mort du professeur Galeazzi, son beau-père, en 1775, il obtint la chaire d'anatomie pratique à l'Université de Bologne. Ayant refusé, en 1791, de prêter le serment civique exigé par les décrets de la République cisalpine, il fut dépouillé de toutes ses dignités et de toutes ses fonctions et presque réduit à l'indigence. Ce nouveau chagrin, ajouté à celui bien plus profond qu'il avait ressenti sept ans auparavant de la perte de sa femme, hâta sa lin. 11 se retira auprès de son frère Jacques Galvani et ne tarda pas à tomber dans un état de marasme et de langueur, dont les célèbres médecins Cingari et Uttini furent impuissants à arrêter les progrès. Touché de celte grande infortune, le gouvernement de la République cisalpine décréta sa rentrée en chaire et lui rendit les émoluments dont l'avait privé son refus de serment. Mais la mort ne tarda pas à enlèvera ses concitoyens notre savant physicien ; il termina sa carrière le 14 frimaire an Yll (4 décembre 1798).
Quoique très-occupé par la préparation de ses leçons, ses travaux pratiques d'anatomie et plus tard par ses expériences de physique, Galvani ne négligea pas la médecine; il paraît même qu'il réussit fort bien dans l'exercice de la chirurgie et des accouchements. L'étude de l'anatomie comparée avait de grands attraits pour lui; il disséqua un grand nombre d'oiseaux et fit une étude spéciale de leur appareil urinaire et plus tard de leur organe auditif, complétant les travaux de Scarpa sur le même sujet.
Mais il est une découverte surtout qui a immortalisé le nom de Galvani, c'est celle de l'électricité dynamique, du galvanisme. Le récit de cette découverte, due en grande partie au hasard, a été reproduit avec nombre de variantes ; pour faire connaître avec exactitude les circonstances ott elle a eu lieu, nous ne pouvons mieux faire que d'en emprunter le récit au mémoire latin original de Galvani : « La chose, dit le savant physicien, se passa pour la première fois comme je vais le raconter. Je disséquais une grenouille et je la préparais comme l'indique la figure 2 de ce mémoire. Ensuite, me proposant toute autre chose, je la plaçai sur une table sur laquelle se trouvait une machine électrique. La gre-