‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 91 sur 126 · G AN G A · texte numérisé non relu

G AN G A

professeur Huxley {voy. le mot Oiseaux) se place entre les Gallinacés vrais [Alectoromorphœ) et les Pigeons [Peristeromorphœ). Les Gangas, en effet, ressemblent d'une part aux Gallinacés par la forme de leur crâne, de leur bec et de leurs os palatins, de l'autre aux Pigeons par la structure et la disposition de leurs os ptérygoïdiens, de leurs coracoïdicns, de leur fourchette, de leur sternum et des différents os du membre antérieur. Au contraire, les os du membre postérieur des Gangas, et en particulier l'os canon ou tarso-métatarsien, ne saurait être confondu avec l'os correspondant d'un Pigeon, et ne porte en arrière qu'un pouce rudimentaire ; parfois même ce quatrième doigt est entièrement atrophié. M. Parker a reconnu également que le laiynx des Gangas est conformé comme celui des Gallinacés ; il en est de même des diverses parties dn tube digestif et de ses annexes, toutefois les glandes du ventricule succenturié rappellent par leur disposition ce qu'on observe chez les Pigeons. Comme chez ces derniers, la glande à huile est complètement à découvert chez les Gangas, tandis que chez les Gallinacés elle est presque toujours abritée sous les pinmes.

M. D. G. Elliot, qui a publié récemment une Monographie complète des Ptéroclidés, a constaté que dans leur physionomie et dans leurs habitudes les oiseaux de cette famille semblent aussi avoir emprunté des traits, non-seulement aux Gallinacés et aux Pigeons, mais encore aux Échassiers de rivage. Ainsi les Gangas qui ont la poitrine large, les ailes longues et pointues et le corps fortement atténué en arrière de nos Pigeons domestiques, ont les pattes proportionnellement plus courtes et garnies de plumes sur le devant des tarses, ou même sur les doigts, à la manière des Perdrix de neige ou Lagopèdes. Sur le sol, ils marchent avec une certaine gaucherie, mais ils volent avec beaucoup d'aisance, comme les Pluviers. Enlin ils boivent ù la façon des Pigeons, en enfonçant le bec dans l'eau jusqu'aux narines.

La famille des Ptéroclidés se divise facilement en deux genres, le genre Pterocles (Tem.) et le genre Syrrhaptes (lllig.),qui diffèrent l'un de l'autre par l'aspect extérieur aussi bien que par la structure intime. Dans le genre Pterocles, c'est-à-dire chez les Gangas proprement dits, le bec est assez court, fortement courbé en dessus, les narines sont basilaires, de forme oblongue, fermées en partie par une membrane et situées presque entièrement à déeouvert, les plumes frontales ne s'avancent que fort peu au-dessus de ces ouvertures ; les tarses sont revêtus, sur leur face antérieure, déplumes duveteuses, mais les doigts sont nus, et le pouce, extrêmement réduit, n'arrive jamais à toucher le sol. Ciiez les Syrrhaptes le bec est beaucoup plus faible, plus pointu, moins recourbé en dessus, les narines sont cachées sous les plumes, les tarses et les doigts sont emplumés, et le pouce fait entièrem.ent défaut. Enfin la charpente osseuse des Gangas proprement dits est toujours plus robuste que celle des Syrrhaptes, et leur crâne, leur sternum et leur ceinture scapulaire offrent à un plus haut degré les caractères propres au groupe des Gallinacés.

Les Ptéroclidés ne se trouvent que dans l'Ancien Monde et sont particulièrement nombreux dans les contrées chaudes de l'Afrique ; si l'on en croit M. Elliot, c'est même dans ce dernier pays qu'ils ont pris naissance, et c'est de là qu'ils se sont répandus sur la plus grande partie de l'Europe et de l'Asie.

Le genre Pterocles comprend à l'heure actuelle quatorze espèces, dont deux, le Ganga des sables [Plerocles arenarius Pall.) et le Ganga cata {Pterocles alchatus L.), appartiennent à la iaune européenne. Le Ganga des sables ou Ganga unibandc, qu'on a parfois désigné sous le nom vulgaire de Perdrix

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