‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 92 sur 126 · GANGÂ · texte numérisé non relu

GANGÂ

(V Aragon, estcommun dans les stejipes du Tuikeslan aussi bicn'quc dans les déserts de la Perse, de l'Asie Mineure et la Palestine et dans le Sahara algérien. De là il s'avance jnsriu'cn Espagne et en Porliignl. oîi il est connu sous les noms de Cortezn, d^Orlsgn china et de Barru/a iiegra. Son plumage, comme celui de la plupart des Gangas, offre des teintes générales assez claires, grises, fauves ou orangées, relevées sur la gorge, sur les côtés du cou, sur la poitrine et sur l'abdomen, par des taches d'un brun marron, des bandes et de larges plaques d'un noir de jais. Son bec est bleuâtre et ses pattes brunâtres sont couvertes de plumes d'un jaune pâle sur le devant des tarses. La taille de cet oiseau est à peu près celle d'un Pigeon. Le Ganga cata ou KJiata des Arabes est un peu plus petit et olfre des couleurs plus vives. Le dessus et les côtés de sa tète sont roux avec un trait noir passant de chaque côté à travers l'œil; une tache noire couvre le devant de son cou ; sa nuque et son dos sont d'un vert brunâtre, maculé de jaune, ses aihs variées de gris cendre, de jaune, de brun marron et de noir; une écharpe d'un roux cannelle frangée de noir orne sa poitrine; son ventre est d'un blanc pur et sa queue présente de nombreuses layures blanches, grises et jaunâtres. Dans d'autres espèces, telles que le Ganga brûlé, Plerocles exuslus Tem., la teinte jaune du fond du plumage, teinte que l'on observe du reste chez une foule d'oiseaux qui vivent dans les déserts, est encore plus accusée que dans les deux Gangas que nous venons de citer.

Les Gangas vivent dans les plaines sablonneuses, où croissent l'Alfa et d'autres graminées, ainsi que dans les champs en jachères, et grâce aux teintes fauves ou roiigeàtres de leur plumage se distinguent à peine du sol environnant; d'ordinaire ils marchent à la façon des Pigeons, en relevant lentement les pattes, mais, lorsqu'un danger les menace, ils s'élèvent brusquement, montent à une assez grande hauteur et filent en rangs serrés, et en poussant sans relâche un cri aigu dont le nom arabe de Khata ou Khadda est l'onomatopée. Sur le sol ils font entendre un cri plus doux, une sorte de gloussement. La vue des Gangas est excellente, et, quand ils ont été inquiétés, ils deviennent fort méfiants et s'enlèvent aussitôt qu'ils aperçoivent le chasseur. L'homme n'est du i^este pas le seul ennemi de ces oiseaux inoifensifs, et dans les vastes plaines de l'Afrique et de l'Asie centrale, le faucon, le chacal et le renard en font une énorme destruction. Dans certaines contrées on les prend au 'noyen de gluaux ou de lacets disposés le long d'un sentier qui conduit à un cours d'eau et qui est délimité et rétréci artificiellement avec des pierres dressées à côté les unes des autres. Les Gangas s'apprivoisent facilement, et dans un endroit sec peuvent être gardés pendant plusieurs années en captivité. En Espagne, leur chair est, dit-on, fort estimée.

Les Syrrhaptes ont à peu près le même système de coloration que les Gangas, mais ils ont des habitudes beaucoup moins sédentaires. Parfois ils exécutent des migrations lointaines, et en 1865 une bande très-nombreuse de ces oiseaux a fait une apparition en Europe et a parcouru l'Allemagno, la Hollande, la France et l'Angleterre. Leur séjour ordinaire est dans les steppes des Kirghises, en Mongolie, dans le Turkestan et dans les steppes du Kokonoor. Deux espèces seulement peuvent être distinguées dans ce genre Syrrhaptes : l'une est le Syrrhapte paradoxal {Sijrrhaptes paradoxus) signalé dès 1775 par le naturaliste Pallas, l'autre le Syrrhapte tibétain {S. tibetanus) décrit par M. Gould en 1850. Le Syrrhapte paradoxal, le plus connu des deux, celui qu'on a vu à diverses reprises en Europe, est un oiseau un peu plus gros qu'une Caille et de forme

GAMiLlO.NS MORVEUX. <i-2'J

plus allongée, iiortant une livrée d'un jaune argileux mélangé de gris cendré et de brun, et largement taché de brun noirâtre sur l'abdomen. En outre, chez le mâle, une bande irrégulière formée de raies étroites, blanches et noires, traverse la poitrine. Les Russes donnent à cette espèce le nom de Sadscha, les Kirghiscs, celui de Tutdnick.

Dans les t( rrains teiiiaires du département de l'Allier, on a découvert les restes d'une espèce éteinte du genre Pterocles que M. A. Jlilne-Edwauls a décrite et figurée sous le nom de Pterocles sepultus et qui est intermédiaire entre le Pterocles alchatiis et le Pterocles gulturalis Smith, de l'Afrique australe.

E. OuSTALET.

riiBLiocnAPiiiE. — P.M.LAS. Reiscn durcit verschiedene Pioviinen dea russisriien Hciclix, IT/Ô, t. II, App , p. 712, et Zoograpliia Uosso-Asiat., 1831, t. II, p. 74. — Temminck. Histoire nalurcUe gcnérale des Pigeons et des Gallinacés, I8I5. — Hu même. Planches culoriées, 18'25 et 1825. — Cli. tloNAPAnTE. Tableau des Gallinaccs. In Cumplcs rendus de l' Académie des sciences, 1856, t. XLII. — BiiEiir.x. lïe des animaux, Oiseaux, t. II. — Iiresseb. Birds of Europa, 1877, part. LUI. — Pn,iEVAL>KY. In Pwwley's Ornithological Miscellanies. 1877, part. IX. — D. G. Elliot. On ihe PterocUdm. In Pmceedings of l/ic Zoological Societi/ of London. — A. MiLNE-EDWAnns. Recherches sur les Oiseaux fossiles des terrains tertiaires de la France, 1809, t. II, p. 295, pi. 141. E. 0.

U.'lXGLll'4»K.tlE (Plexus). Voy. Pi\EUMOG.\STniQUE (neuf).

G4:%(iiLl0.u<&. Tumeur des ganglions lymphatiques. Le nom de Ganglioma a été ai)jdiqiic surtout à la tumeur épithéliale, soit primitive, (;'est-à-dire ayant sou point de départ dans le ganglion même, soit secondaire, c'est-à-dire consécutive à un épitliélioma de quelque organe voisin ayant avec le ganglion des communications lymphatiques. [Voy. Lv.mpiiatique (Système), p. -470 et suiv.]

GAXCiiLlOXiii tv.WPH.lTl^jL'ES. Les ganglions lymphatiques, qui sont à la fois le point d'immergence et le point d'émergence des vaisseaux blancs, ont été étudiés à l'arlicle Lymphatique (Système). Piappelons seulement qu'ils sont extrêmement nombreux, qu'ils varient beaucoup de grosseur et même de forme, qu'ils sont ordinairement disposés par groupes (glandes conglobées, congloméi'ées) ; qu'ils occupent de préférence les parties riches en tissu cellulaire, qu'il y en a de sous-cutanés et de sous-aponévroliques, et que ceux des membres sont pour la plupart situés du cùlé où s'opère la llexion [voy. Lymphatiques). D.

GAiX'GLiOXS AERVEtX. Définltîon. Les renflements plus ou moins volumineux, contenant des cellules nerveuses, qui sont placés sur le trajet des nerfs, sont désignés sous le nom de ganglions.

Divisions. A. Ganylions des vertébrés. Indépendamment des amas de substance grise qui font partie du cerveau et qu'on a appelés ganglions cérébraux [voy. Optiqie {couche), Strié (Co/yw), Cerveau, Excéphale], les ganglions proprement dits forment trois groupes principaux : 1° les ganglions appartenant au système cérébro-spinal ; 2" les ganglions du système sympathique; 3" les ganglions qu'on peut appeler mixtes, parce qu'ils sont en rapport à la fois avec des nerfs cérébro-spinaux et des nerfs sympathiques.

!« Au premier groupe des ganglions cérébro-spinaux aonartiennent les ren-

Ilements qui existent sur le trajet des racines postérieures de la moelle, immétliatemenl avant la jonction de la racine postérieure et de la racine antérieure. Ce sont les ganglions rachidiens, ganglions des racines postérieures ou encore (/anglions intervertébraux, parce qu'ils sont le plus souvent situés au niveau du trou de conjugaison, entre deux vertèbres superposées. Ces ganglions caractérisent anatomiquement \ez racines postérieures, ou, au point de vue physiologique, les racines des nerfs sensibles rachidiens.

On doit assimiler à ces ganglions rachidiens ceux qu'on rencontre sur certains nerfs crâniens, à une distance plus ou moins grande de leur origine apparente : le ganglion de Casser sur le trajet du trijumeau, celui d'Andersch sur le glossopharyngien, le ganglion jugulaire appartenant au pneumogastrique, correspondent aux ganitlions des nerfs sensibles rachidiens.

11 est quelques renflements ganglionnaires appartenant aux nerfs crâniens qui se dérobent à cette assimilation : le ganglion géniculé du facial, le ganglion plexiforme du pneumogastrique, par exemple.

2" Les ganglions du second groupe appartiennent au système du grand sympathique : ce sont les ganglions de la chaîne cervico-thoraco-abdominale, qui forment deux séries parallèles sur les côtés de la colonne vertébrale, de la base du crâne au coccyx. Chacun de ces ganglions est mis en rapport avec les nerfs cérébro-spinaux par un ou plusieurs connectifs nerveux, les rameaux communicants qui constituent leurs racines. Dans ces rameaux communicants existent non-seulement des filets nerveux qui vont de l'axe encéphalo-médullaire aux ganglions, mais aussi des filets qui émanent des ganglions pour se rendre aux centres nerveux supérieurs : par conséquent le terme de racines des "•anglions qui leur est souvent appliqué est insuffisant.

Les ganglions de la double chaîne sympathique sont en outre reliés entre eux par des connectifs longitudinaux qui forment le cordon sympathique proprement dit. Enfin ils émettent des branches destinées aux viscères et aux vaisseaux qui constituent leur système efférent (pour les détails, voij. l'article Sympathique).

5° Sur le trajet de ces branches efférentes du grand sympathique sont échelonnés les ganglions du troisième groupe que nous avons désignés sous le nom de ganglions mixtes, parce qu'ils sont à la fois en rapport avec des fiilets des nerfs encéphalo-médullaires et des filets du sympathique. Dans cette catégorie se rangent tous les ganglions crâniens périphériques : le ganglion ophthalmiqus, le ganglion sphéno-palatin ou de Meckel, le ganglion otique ou d'Arnold, le ganglion sous-maxillaire, le ganglion sublingual, etc., sont des ganglions mixtes, recevant des filets des plexus sympathiques du voisinage ainsi que des nerfs sensitifs et moteurs crâniens auprès desquels ils sont situés.

Au même groupe appartiennent les ganglions des cavités splanchniques, tels que ceux du plexus cardiaque, du plexus solaire, etc., auxquels aboutissent des branches du pneumogastrique et des branches du sympathique. C'est encore parmi les ganglions mixtes qu'il faut ranger les nodosités ganglionnaires des plexus œsophagiens, les petits amas ganglionnaires intra-cardiaques, ceux; des plexus de Meissner, d'Auerbach. Peut-être aussi les plexus nerveux vasculaires reçoivent-ils à la fois des filets nerveux des deux ordres, ceux qui viennent du sympathique constituant les vaso-moteurs constricteurs, ceux que fournit Taxe encéphalo-médullaire correspondant aux vaso-moteurs dilatateurs : mais sur ce point nous devons rester dans le doute, l'histologie n'ayant point définitivement établi dans les plexus vasculaires, comme dans les plexus œsophagiens, par

exemple, l'existence de fibres nerveuses des deux espèces. L'étude spéciale de ces appareils ganglionnaires des vaisseaux et des organes est faite aux articles Vaisseaux, Vaso-moteurs, Sympathique, et à propos de chaque organe en particulier.

Au point de vue de l'anatomie générale on peut diviser, comme l'a fait Renaut dans la partie anatomique de l'article Système ïserveux [voy. Nerveux {Sijslèine), p. 416 et suivantes] , les ganglions ou centres nerveux périphériques en deux séries : 1° les centrer ganglionnaires, régulièrement disposés sur le trajet des nerfs et dont les renflements axiaux des nerfs intercostaux des cyclostomes constituent un type parfait (Renaut) ; 2" les centres plexiformes, interposés commodes rideaux entre la terminaison des nerfs et l'origine myélencéphalique de ces derniers.

Celte division a pour base une donnée physiologique, celle du rôle d'organes centraux rempli par les ganglions, donnée qui ne peut servir de point de départ en anatomie descriptive. Aussi avons-nous insisté davantage sur le classement des appareils ganglionnaires d'après leurs rapports avec le système cérébrospinal et avec le système sympathique.

R. Ganglions des invertébrés. L'appareil nerveux central des Invertébrés, correspondant au système encéphalo-médullaire des vertébrés, est composé de ganglions reliés entre eux par des conncclifs et affectant des dispositions trèsvariées suivant les animaux considérés. L'étude détaillée en a été faite par Carlet dans la partie de l'article Systï^me nerveux consacrée à l'anatomie comparée [voy. Nerveux (Système), p. 495-508]. Nous n'avons donc pas à y revenir ici autrement que pour mémoire. Ce qu'il importe de rappeler surtout, c'est que, contrairement à l'opinion soutenue par quelques naturalistes, le système ganglionnaire des invertébiés constitue un véritable système axial, représentant le système cérébro-rachidien des vertébrés, et non pas leur système sympathique. Chez les invertébrés, en effet, il existe un système sympathique relié au système axial, mais complètement, différencié, par exemple, chez les articulés : les ganglions du sympathique sont tout aussi distincts du système central chez ces animaux qu'ils peuvent l'être de la moelle épinière chez les vertébrés. Enfin il existe aussi dans l'embranchement des animaux sans vertèbres un appareil nerveux ganglionnaire comparable à l'appareil nerveux pneumo-gastrique des vertébrés et qu'on désigne sous le nom de stomato-gastrique.

Limites et plan de cet article- Nous avons à uous occuper ici exclusivement des ganglions spinaux, l'étude des ganglions du sympathique et des plexus ganglionnaires viscéraux et vasculaires se rattachant à l'article Svmpathiqde • celle des ganglions placés sur le trajet des nerfs crâniens étant faite à propos de chacun des nerfs qu'ils accompagnent [voy. Trijumeau, Facial, Glosso-phary.s- GiEN, Pneumogastrique, etc.).

Dans l'étude des ganglions spinaux, nous ne rappellerons pas les détails d'anatomie descriptive relatifs à la situation, au nombre, à la forme, au volume, etc., tous points traités à l'article Raci.nes. L'examen des ganglions au point de vue de l'anatomie comparée a été fait dans l'article Nerveux [Système] [Anal, camp., par Carlet) .

Il sera seulement question, dans la partie anatomique de cet article, de la structure des ganglions intervertébraux, qui a été indiquée sommairement à l'article Racines rachii)ien>es; notre exposé sera purement descriptif et critique : l'étude comparative des éléments ganglionnaires a été trop complètement faite,

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