GANOÏDES. TOI
groupe qui nous occupe. Ce naturaliste a d'abord fait observer que la présence d'écaillés ayant l'éclat de l'émail ne constitue pas un caractère commun à tous les Ganoïdes : les Lépidoslées et les Polyptcres présentent, il est vrai, au plus haut degré, cette particularité; mais les Polyodontesn'oll'rent rien de semblable et sont complètement nus. Il faut donc, comme l'a fait Mûller, invoquer d'autres traits d'organisation pour caractériser l'ensemble des Ganoïdes, et recourir à l'étude anatomique du cœur, des organes de respiration, de la vessie natatoire, du tube digestif, des organes de génération, de l'encéphale et des nerfs qui en sont issus.
Le cœur des Ganoïdes est surmonté d'un bulbe musculaire construit sur le même plan que celui des PLigiostomes [voij. ce mot) et portant à sa face interne plusieurs rangées de valvules. Sur la face interne de l'opercule, il y a presque toujours une branchie accessoire bien distincte où vient s'hématoscr le sang noir apporté par une des divisions de l'artère branchiale. La vessie natatoire qui existe toujours, mais qui offre une structure plus ou moins compliquée, est constamment munie d'un canal aérophore. L'intestin est généralement pourvu d'une valvule spirale, comme chez les Tlagiostomes. Chez tous les Ganoïdes les organes génitaux mtàles et femelles présentent une disposition toute particulière et sont en communication avec les uretères. L'oviducte, en effet, de même que le canal déférent, se termine supérieurement par une sorle d'entonnoir, formé aux dépens du péritoine et s'ouviant librement vers le niili u de la cavité abdominale. D'autre part ces conduits débouchent dans l'uretère, mais de ce côté leur orifice est garni d'une valvule disposée de telle façon que les œufs, par exemple, tombés de l'ovaire, pénètrent sans difficulté dans l'uretère, taudis que les substances renfermées daus ce dernier canal ne peuvent, eu suivant une marche inverse, remonter dans la caviié abdominale. iMM. J. Miiller et Leydig avaient même cru pouvoir affirmer que chez tous les Ganoïdes les entonnoirs qui servent de vestibule aux canaux déférents et à l'oviducte restent complètement fermés lors du temps de la reproduction; mais M. Hyrll a constaté qu'il n'en est pas toujours ainsi, et que dans certaines espèces l'ouvertuie de l'oviducte reste constamment béante. L'orifice externe du système uro-génital est toujours distinct et situé en arrière de l'orifice anal, de chaque côté duquel s'ouvre un pore abdominal extrêmement petit, qui, d'après M. A. Duméril, rappelle jusqu'à un certain point ces pores anaux au moyen desquels, chez les Plagiostomes, la cavité abdominale communique avec l'extérieur.
L'encéphale ne présente pas une structure uniforme chez tous les Ganoïdes, mais chez tous ces poissons les nerfs optiques constituent un chiasma par l'échange partiel de leurs fibres.
Enfin le squelette est tantôt cartilagineux, tantôt de consistance osseuse, ce qui permet de subdiviser le grand groupe des Ganoïdes en deux catégories (|uc M. A. Du uéril appelle des ordres, les Chondrostés ou Chondrichtes, et les Uolostés.
Tels ïoul les principaux caractères que fournit l'anatomie des Ganoïdes; d'autres peuvent être tirés de l'aspect extérieur de ces poissons. On peut ajouter^ par exemple, que leurs téguments sont ou bien recouverts de squymes osseuses, brillanlct comme de l'émail, ou bien protégés par des écailles ordinaires, ou bien en>.oie complètement dénudés; que leur queue est généralement hétérocerque, c'est-à-dire composée de deux lobes dissymétriques, et contient parfois dans son lobe supérieur la terminaison de la colonne vertébrale [voy. le njol