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GEAI

Par une singularité assez difficile à justifier, les naturalistes modernes ont transporté le nom de Graciilus par lequel les anciens désignaient le Geai vulgaire à un tout autre oiseau, au Cormoran, et ils ont donné au Geai d'Europe et aux espèces voisines le nom générique de Garrulus, qui fait allusion aux habitudes bruyantes de ces volatiles. Le genre Gairulus, qui a pour type le Garrulus gtandarius de Vieillot ou Corvus glandarius de Linné, est encore représenté dans l'Europe méridionale et orientale par une autre espèce, le Geai de Krynick [Garrulus Krynicki Kaln.). Ce dernier se trouve dans le Caucase et en Grimée : il diffère principalement de notre Geai par sa tête fortement nuancée de noir et par les deux grandes moustaches noires qui ornent les côtés de sa gorge. D'autres espèces, au nombre de 10 ou 12, qui habitent le sud de l'Asie, l'île de Formose, la Chine et le Japon, se distinguent les unes des autres par la coloration de leurs ailes et de leurs plumes frontales et par les proportions des diverses parties de leur corps. Tous ces Geais offrent cependant une certaine somme de caractères communs : leur bec est toujours assez épais, courbé brusquement et légèrement denté à la pointe et tranchant sur les bords; leurs narines sont ovales, abritées sous des plumes effilées, sétiformes ; leurs ailes sont de longueur médiocre et de forme arrondie ; leur queue est coupée presque carrément à l'extrémité, leurs tarses sont robustes, à peu près égaux en longueur au doigt médian, leurs ongles faiblement recourbés, et les plumes de leur front et de leur vertex s'allongent en une sorte de huppe qui peut se redresser sous l'empire de la passion. Cette disposition particulière des plumes frontales, jointe à la forme du bec et à la coloration du plumage, permet de différencier le genre Geai ou Garrw/î/sdu genre Corbeau [Corvus).

Pour MM. Degland et Gerfe les Geais constituent avec les Mésangeais [Peri- •«orews Bp.) et les Pies (Pico Briss.) la sous-famille des GflrrM/i'e/zs (Garnj/àite) dans la famille des Corvidés [Corvidce], qui appartient elle-même au groupe des Passereaux déodactyles cullrirostres (voy. les mots Oiseaux et PASSEnEAUx). Les Mésangeais, qui sont représentés en Europe par une espèce [Perisoreiis infaustus L.), et les Pies, qui ont pour type la Pie vulgaire [Pica caudataL.), ont en effet le plumage moins uniforme, moins sombre que les Corbeaux, et se rapprochent un peu des Geais par leur bec plus court que la tète et leur régime presque exclusivement granivore et frugivore. Celte sous-famille ou tribu des Garriiliens correspond à <inc parlie de la sous-famille des Corvinœ de M. R. B. Sliarpe, groupe qui dépend de la famille des Corvidce, de la section des Coliomorphœ et de l'ordre des Passeriformes [voy. le mot Oiseaux) et qui ne comprend pas moins de 59 genres. Parmi ceux-ci figure le genre Cyanogarndus (Bp.) ou Cyanocitla (Slrickl.), établi en faveur de certains Geais de l'Amérique du Nord qui ont à peu près les mêmes mœurs que les nôtres, mais qui portent une livrée toute différente. Le bleu est en effet la couleur dominante de leur plumage : airssi désigne-ton ordinairement sous le nom de Geai bleu l'espèce [Corvus cristatus L., Cyanocitta ou Cyanogarrulus cristatus Bp.) qui est répandue sur une grande parlie du Canada et des États-Unis et qui se trouve figurée dans les ouvrages de Buffon, de Levaillant, de Wilson et d'Audubon. E. Oustalet.

BiELioGBAPUiE. — Linné. Sijslema na(ur(e,\Tùî^et\lGQ, t. I, p. 156. — ^iMisoy. Ornilhologie, 17()0, t. Il, p. 4C. — Blffox. pi. Enl., 4'21 el 529. — Levaillant. Oiseaux de Paradis, n''41. — Vieillot. JVoMt'. dict. dldst. nul., 1817, t. XII, p. 471. — AuouBo.if. Ornilk. biogr., t. II, p. 11, et. B. Amer., pi. GM.— Gould. B. Eicr., pi. 214. — Degland et GEi-.tE. Ornilh. europ., 18G7, 2»éclit., t. I, p. 214. — Dresser. B. Eur., part. XVI. — Suarpe. Cal. B. Bril, Mus., 1877, t. III, p. G et suiv. E. 0-

GEBAUER (Les deux). 193

GÉA'KT. GÉAXTISME. Un géant (en grec, Fr/a;; en latin, Gigas; en italien et en espagnol, Gigante; en anglais, Giant; en allemand, liiese; en langue néerlandaise, Reus) est un être qui, exempt d'ailleurs de toute défectuosité dans les caractères essentiels de l'organisation, dépasse notablement par la taille les autres êtres delà même espèce, parvenus à l'âge adulte. Le géant, ainsi défini, et dont on peut dire qu'il est peut-être un peu imaginaire, doit se montrer tel que l'iiarnioiiie déstructure de ses divers organes soit manifestement normale malgré le développement excessif de la taille. La vigueur physique et la résistiince aux causes de destruction doivent aussi être propoitionnées à ce développement inusité, la puissance génératrice étant, du reste, au moins égale à celle des adultes de la même espèce.

Les êtres auxquels un développement précoce a donné, dès le jeune âge, des proportions d'adulte, mais qui, d'ailleurs, ne les ont jamais dépassées, constituent seulement des exemples de géantisme^ passager.

Quant à ceux, comme certains végétaux qui, servis par des circonstances exceptionnellement favorables, ont survécu un grand nombre d'années à leurs contemporains et ont eu ainsi le temps d'acquérir des proportions supérieures à celles de l'âge réputé adulte, ce ne sont pas, à vrai dire, des géants, mais seulement des êties très-vieux ou des pseudo- géants par excès d'âge. 0. L.

Bibliographie. — Geoffroy Saint-IIilaire (Is.). Traite de tératologie, t. I, p. 16G ; Paris, 1852. — A. Moquin-Tasdon. Éléments de tératologie végétale, p. 87 et suiv.; Paris, 1841.

GÉASTRE. Établi par Micheli sous le nom de Geaster et appelé ensuite Geastriim par Persoon, ce genre de Champignons-Gastéromycètes appartient à la famille des Lycoperdacées et à la tribu des Géastrées. Le principal caractère des espèces qui le composent réside dans le péridium, qui est formé de deux enveloppes concentriques, l'une extérieure, épaisse et coriace, se divisant du sommet à la base en plusieurs lanières rayonnantes et étalées, l'autre intérieure, entourant la masse sporifère [gleba) et s'ouvrant à la maturité par une fente irrégulière.

Le G. hygrometricus Pers., qui en constitue le type, est d'abord assez profondément enfoncé en terre, mais les six ou huit lanières de son péridium externe, en s'enroulant sur elles-mêmes de dedans en dehors pendant les temps secs, le soulèvent peu à peu jusqu'à ce qu'il soit arrivé au niveau du sol ; c'est alors que le péridium interne se déchire irrégulièrement à son sommet j)our laisser échapper les spores sous forme d'une poussière brune très-inilammable. Cette espèce se rencontre en automne, sur la teri'e, dans les bois sablonneux; c'est le Lycoperdon stellatiim de Bulliard [Champ., tab. 258, fig. A-D ) et la Vesse de loup étoilée ou Étoile de terre de Paulet [Champ., II, p. 447, pi. 202, fig. 1). Ed. Lefèvre.

GEBAtJER (Les deux).

Gebauep (Christian-Samuel). Médecin allemand, né à Goldberg, en Silésie, le 1« novembre 1716, était fils d'un médecin. Il étudia l'art de guérir à Halle, sous Sclmlz, Ilofmann et Juncker, et obtint le grade de docteur en 1759, sous la présidence de Michel Alberti. De retour dans sa patrie, il fut nommé médecin

» Macrosomie (Malacarne) ; Marrosomatie (Breschel) ; Gigantisme, de quelques auteurs.

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