GEBER
Géber écrivit cependant quelques ouvrages de longue haleine. Le plus important de tous, où il a renfermé les principes de sa doctrine et qui le présente sous un jour avantageux, est la « Somme de perfection, Siimma perfeclionis magisterii. » La Somme, dit M. Chcvreul, que l'on a toujours considérée comme le meilleur ouvrage de Géber, est de tous, les écrits alchimiques le plus sobre d'idées vagues et le plus riciie de faits. » Et ailleurs : « Géber composa quatre ouvrages remarquables par le grand nombre de faits qu'ils contiennent; la manière dont il envisage la transmutation des métaux n'avait rien d'invraisemblable à une époque où la méthode expérimentale n'existait pas » (Journal des savants, septembre, 1849).
D'autre part, nous lisons dans M. Figuier : « Dès le huitième siècle, Gébor mettait en pratique les l'ègles de l'école expérimentale. Les ouvrages de Géber, la Somme de perfection, le Traité des fourneaux, renferment la description de procédés et d'opérations en tout conformes aux moyens dont nous faisons usage aujourd'hui pour les recherches chimiques » [U Alchimie et les alchimistes).
La vérité nous paraît exister entre ces deux extrêmes. Certainement Géber fut un observateur et un expérimentateur, mais les travaux auxquels il consacra toute son existence n'aboutirent pas à le faire rompre avec les théories de ses devanciers, déjà nettement formulées dans les écrits de son précurseur Khaled ben lézid, fait méconnu par M. Figuier. Comme ses devanciers, Géber rêva la découverte de la pierre philosophale, cet élixir, cette poudre de projection, ce ferment dont le mélange avec les métaux niférieurs devait les faire passer à un état supérieur, à l'état d'or^.
Après la Somme il faut citer encore la Recherche du Magistère, Liber investigationis Magisterii, et le Livre des fourneaux, Liber fornacum.
Les manuscrits arabes de Géber sont assez rares. Paris et Oxford en ont deux ou trois, Leyde en a quatre.
Les tradncliûus latines sont plus communes. Dans le fonds latin des manuscrits de Paris nous citerons les n«^ 6154, 6679, 7156, 7158, 7160, 7178, recueils qui renferment tous des écrits de Géber.
Géber fut imprimé de bonne heure. Brunet cite une édition de 1475. Nous citerons ensuite celles de Rome, vers 1515, de Strasbourg, 1529, de Nuremberg, 1541, Dantzig, 1682. Signalons la jolie édition publiée par G. Horu, à Leyde, petitin-12.
Géber figure de droit dans le Theatrumchemiciim de Zetzner, dans la Bibliotheca chemica de Manget, et dans la Bibliothèque des philosophes chimiques de Salmon. C'est dans ce dernier ouvrage que l'on peut le plus facilement étudier Géber, non-seulement parce qu'il est en français, mais parce que Salmon a eu la bonne idée de donner un résumé substantiel et méthodique de la Somme.
Nota. Presque tous les écrivains qui se sont occupés de Géber l'ont confondu avec un homonyme espagnol du douzième siècle, Djaber ben Allah, dont les ouvrages de mathématiques et d'astronomie ont été traduits en latin. On a
1 ÎSous croyons devoir relever ici un passage de la traduction des Prolégomènes d'Ebn Khaldoiin, Notices et extraits des manuscrits, tome XXI : « Cette science '^l'alcliimie) a pour objet la suljstance qui s'emploie dans un procédé artificiel pour amener à la perfection l'or et l'argent. » Il fallait traduire : « C'est une science qui a pour objet la substance au moyen de laquelle et par un procédé artificiel on fait arriver (un corps) à l'état d'or et d'argent. » Telle est à peu près la détinilion de M. Chevrenl. « La nature, dit Salmon, en produisant les métaux, n'a pas pour but de produire du plomb, du fer, etc., mais de fuire de l'or: elle veut toujours donner le dernier degré de perlection à ses ouvrages. »
GÉCARCIN. 197
imprimé celui-ci : Gebri filii Affla hispalensis de aslronomia librilX, in quitus Ptolemeum emendavit. Norimbergae, 1553. Delambre, thns. son Astronomie du moyen âge, en donne l'analyse détaillée. Ouvrages à consulter :
Le Fihrist, édité par Fluegel. — Uadji K/ialfa, texte et trnduction latine, par le même. — Ebn lihollican, texte et traduction anglaise, par M. De Slane. — Casiri, ou mieux' le Manuscril du Kitab elhokama. — Salmon, Bibliothèque des philosophes^ chimifjues. — î1a>xet, Blbliotheca chemica. — LANCLET-DurnESNor, Philosophie hermrti(iiie . — IIœfer, Histoire de la chimie. — CnEVnEtu,, Journal des savants, 1849, 1807 et 1808. — Figuier, l'Alchimie et les Alchimistes. — L. Leclerc, Histoire de la médecine arabe. L. L.
«EBIIARD (Les deux).
Gebhnrd (Jacob-Lupwig). Médecin allemand, né à Marienborn, dans la VeUéravie, le 22 août \ 752, étudia la chirurgie à llerrnhut, à Zurich et à Dresde, puis en 1779 prit la direction d'une olficine pharmaceutique ù Ebersdorf, dans le Yoigtland. Reçu docteur en médecine et en chirurgie à léna, en 1781, il revint à Ebersdorf et y pratiqua l'art de guérir jusqu'à sa mort arrivée le 17 décembre 1795. On a de lui:
I. Biss. inaug. sist. historiam osteosteatomatis maxillœ féliciter curatî. Jcnre, 1781, in-4°. — II. Allgemeine Gesundheitsregeln , eine Wochenschrifl aiif dar< Jnhr 1790. Lobensteinu. Leipzig, 1790, in-S» (sorte de journal d'hygiène populaire). CaHi?en, contrairement à Meusel, attribue ce journal à Gehhard (Johann-Christopli), reçu docteur à Marbourg en 1786 et exerçant son art à Lobenslein. — III. Von dem. Gebrauche der Spanischen Fliegen oder Blasenpflaster. Leipzig, 1793, in-8°. — IV. Quelques articles dans la feuille d'annonces de Lobenstein. L. Hn.
Gebharil or Gcbhart (Franz). D'abord médecin à Vienne, puis prolésseur d'anatomie et d'accouchements à Fribourg, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, passé sous silence, dit Dezeimeris, par tous les biographes, mérite cependant d'être mentionné comme l'auteur d'un opuscule intéressant sur les exostoses syphilitiques. Ni Girtanner, ni Lefébure de Saiiit-Ildefont, ne l'ont connu.
I. Adversaria medica. Cum tabula Ecnea. Basilese, 1777, in-8». (Outre le mémoire sur Vexostose syphilitique, ce recueil contient un cas de hernie formée par un appendice de l'intestin et un cas de rein unique observé sur une petite fille d'un an.) — Une traduction : VouLON.NE : Ueher die handelnde und die heobachtcnde Arznelwissensehaft. Aus dem I-'raaz. Wien, 1798, in-8°. L. Hn.
GÉCARCiiK {Gecarcinus Leach). Genre de Crustacés Décapodes, du groupe des Brachyures, qui faisaient autrefois partie du grand genre Cancer de Linné.
Les Gécarcins sont remarquables par leur carapace ovalaire, arrondie sur les bords et fortement bombée de chaque côté en avant par suite du grand développement que présentent les cavités branchiales. Les antennes externes, très-rudimentaires, sont entièrement recouvertes par le front ; les pattes-màchoires externes, très-larges et très-écartées l'une de l'autre à la base, ont letu's deuxième et troisième articles subégaux, comprimés et comme foliacés. Enfin, les pattes ambulatoires, très-robustes, sont terminées par des tarses bien développés, et pourvues de crêtes fortement dentelées.
Ces Crustacés, que l'on désigne plus spécialement sous le nom de Crabes terrestres, habitent les régions tropicales de l'Amérique; ils sont nocturnes et se rencontrent surtout dans les terrains bas et marécageux qui avoisincnt la mer. Vers le mois de mai, au moment de la saison des pluies, ils se rendent en troupes nombreuses vers la mer pour y déposer leurs œufs. Malgré la capacité
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de leurs cavités respiratoires, les branchies n'occupent qu'une place très-restreinte ; toute la portion supérieure de ces cavités reste vide et il existe à leur partie inférieure un sillon large et profond, sorte d'auge, qui longe la basedes pyramides branchiales. L'existence de cette espèce d'auge a fait croire pendant longtemps que les Gécarcins y conservaient l'eau nécessaire pour maintenir les branchies dans un état d'iiumidité constante. Mais il résulte d'observations récentes faites par M. Jobert que les cavités branchiales sont toujours^ dépourvues d'eau et que l'air qui y est renfermé est continuellement et régulièrement renouvelé par de véritables mouvements d'inspiration et d'expiration. L'appareil branchial joue ainsi le rôle d'un véritable poumon et le liquide sanguin retourne au cœur sans passer par les branchies par suite de l'existence^ dans les parois des chambres respiratoires, d'un double système de vaisseaux communiquant entre eux par l'intermédiaire d'un réseau très-riche de vaisseaux capillaires.
L'esjièce principale, G. ruricola Latr., qui se rencontre surtout aux Antilles où on l'appelle vulgairement Toiirloiirou, Crabe violet, Crabe peint, est figurée dans le Règne animal de Cuvier (Allas, pi. 21) et dans les Annales des sciences naturelles, 5* série, t. XX (1855), pi. 8, fig. 1. C'est le Black or mountain Crab de Brown [Hist. ofjama'ica) et le Cancer ruricola de Linné [Sijst. nat^, éd. XII [1767], t. I, p. 2040). Sa carapace d'un rouge de sang plus ou moins vif, parfois tachetée de jaune, présente sur le dos une impression en forme de H très-marquée.
La chair des Gécarfcins est très-estimée et constitue, à certaines époques de l'année, une grande partie de la nourriture des indigènes ; cependant plusieurs voyageurs assurent qu'elle a occasionné parfois des accidents graves.
Ed. Lefèvre.
G£CHO. Parmi les Sauriens {voy. ce mot), il en est qui s'ébattent en pleine lumière et se chauffent voluptueusement aux rayons du soleil ; il en est d'autres, au contraire, qui attendent le soir pour sortir de leurs retraites et qui poursuivent leur proie dans les ténèbres. Dans la premièz'e catégorie se rangent les Lézards, les Scinques et les Iguanes {voy. ces mots), dans la seconde, les Geckos ou Tarentes, dont nous allons dire quelques mots.
Les anciens ne connaissaient sans doute que les Geckos qui vivent dans les contrées baignées par la Méditerranée; mais depuis le moyen âge, grâce aux explorations entreprises dans les pays lointains, beaucoup de formes nouvelles ont été découvertes, et l'on voit aujourd'hui que les Geckos sont répandus sui* une grande partie de la surface du globe, et qu'ils constituent dans l'ordre des Sauriens une famille bien distincte à laquelle MM. Duméril et Bibron ont proposé d'appliquer le nom de Geckotiens, ou celui d'Ascalabotes. Le même groupe avait été précédemment appelé Gekkones parGmelin, Stelliones par Schneider, Geckoïdes par Oppel, Ascalabotes par Menem, Ascalabotoïdes par Fitzinger, Geckotides par Gray, Geckotiens par Cuvier, Ascalabotées par Schreiber. Il est assez difficile de faire un choix entre ces différentes appellations : toutefois, celle de Geckotiens nous semble devoir être définitivement rejetée, car elle ne possède pas la désinence généralement employée en zoologie pour les noms de famille, et celle de Stellioniens [Stelliones] offre l'inconvénient grave de prêter à la confusion, car Daudin a malheureusement transporté à une espèce d'Iguane le nom de Stellio qui, dans les écrits de Pline, désigne probablement le Gecko vulgaire
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(voy. le mot Stellion). Reste donc soit le nom de Geckotidés anquel on reprochera peut-être de n'être dérivé ni du latin ni du grec, mais simplement du mot Gecko, moderne onomatopée, soit le nom d'Ascalabolidés, ayant pour étymologie Ascalaboles (ào-/.â).aSciî, ào-za>«6wr/3;), qui Se trouve dans l'Histoire des aniinaux d'Arislotc, et qui s'applique certainement au Gecko des murailles.
Les Geckotidés ou Ascalabotidés sont tous de petite taille; ils ont la tête plate et aplatie comme celle d'un Triton ou d'une Salamandre, le corps déprimé et élargi dans sa portion médiane, le dos dépourvu de crête, la queue conique ou aplatie, presque aussi longue que le reste du corps, les pattes courtes, robustes et terminées par des doigts qui sont tous à peu près de même longueur et qui ne se trouvent jamais répartis en deux faisceaux. Ces doigts ne servent que peu ou point au toucher, mais sont admirablement conformés pour la progression le long d'une surface lisse; leur extrémité, en effet, qui ne porte ordinairement qu'un ongle rudimentaire à peine visible, s'élargit et s'aplatit en un disque analogue à celui qui existe au bout du doigt de la Rainette. En outre, la portion dilatée de leur face inférieure est garnie de lamelles en nombre variable qui se recouvrent comme les tuiles d'un toit et qui permettent à l'animal d'adhérer fortement aux branches, aux rochers, aux murailles, ou même au plafond d'un appartement. Quelquefois aussi les doigis sont rattachés les uns aux autres, dans le "voisinage de leur origine, par de petites membranes palmaires. Les narines ne s'ouvrent pas, comme chez les Crocodiliens, sur le dessus, mais un peu sur les côtés du museau, et les oreilles apparaissent sous forme de fentes ou de boutonnières. Les yeux sont énormes et semblent d'autant plus saillants que les paupières sont rudimentaires ; cependant il y aurait, suivant Duméril et Bibron, quelques vestiges d'une membrane nyclitante. La pupille est étroite et verticale, comme celle des Cliats et des Oiseaux de nuit. La bouche, largement fendue, peut rester longtemps entr'ouverte; elle est armée de dents nombreuses, mais toutes semblables entre elles sous le rapport de la forme et des dimensions et rangées sur une seule ligne. Ces dents sont tellement serrées qu'elles se distinguent à peine les unes des autres et semblent constituer une lame dentelée continue ; quoique tranchantes, elles ne peuvent entamer que des substances peu résistantes et ne sauraient produire de dangereuses morsures. La langue n'est pas, comme celle des Crocodiliens, fixée au plancher de la bouche; elle ne se divise pas à l'extrémité comme celle des Varans et ne s'allonge pas en un filament vermiforme terminé par un renflement comme celle des Caméléons ; elle est libre dans sa portion terminale qui est arrondie ou très-faiblement, et peut s'appliquer sur sa portion basilaire contre la concavité postérieure du palais, de manière à clore complètement l'entrée de l'œsophage.
La coloration des téguments est assez variable, et toujours plus vive après le changement d'épiderme : mais d'ordinaire le gris, le rougeâtre et le jaune sont les teintes dominantes. Sur la face supérieure comme sur la face inférieure du corps on dislingue un grand nombre de très-petites écailles généralement aplaties, entre lesquelles se dessinent des rangées de corpuscules ou d'écaillés épineuses, et sur la tête on observe des plaques polygonales irrégulières, parfois aussi le dessous de la queue présente une série de larges plaques. Souvent il existe sur les cuisses, au moins chez les mâles, des pores d'où découle une humeur visqueuse.
Dans la charpente osseuse il y aurait également diverses particularités à signaler, par exemple, la forme biconcave du corps des vertébrés, l'aplatisse-
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ment des coracoïdiens, Télat incomplet du cadre orbitaire, l'absence du plancher de l'orbite, la position très-reculée de l'articulation de la mâchoire inférieure, etc.
Pendant la journée les Geckos se tiennent tapis dans des trous d'arbres, dans des crevasses de rochers, ou même dans les recoins les plus obscurs des habitations, mais le soir venu ils se mettent en campagne et poursuivent les petits coléoptères, les mouches, les chenilles et les araignées. Grâce à la flexibilité de leur corps ils peuvent s'insinuer dans les fissures les plus étroites pour y découvrir leur proie, qu'ils avalent d'ordinaire sans la mâcher. Essaye-t-on de les saisir, ils échappent à la main avec une prestesse incroyable et fdent comme l'éclair le long d'une paroi verticale. Cette agilité surprenante accroît encore l'impression désagréable que produirait déjà par son seul aspect cet animal à la tôle écrasée, au corps déprimé, à la peau ilasque et verruqucuse. Aussi ne fuut-il pa> s'étonner, si dans tous les temps et dans tous les pays les Geckos ont été pour le vulgaire des objeis d'aversion. Les Hébreux qui désignaient ces animaux sous le nom d'Araka les considéraient comme impurs, et d'autres peuples leur altribualent des propriétés mali'uisantes, par exemple, celle de donner la lèpre par leur seul contact.
Quelques voyageurs anciens se sont faits, sous ce rapport, l'écho des superstitions populaires. Ainsi, Bontius rapporte que la morsure des Geckos est toujours mortelle, Hasselquist raconte qu'il a vu au Caire trois femmes en grave danger de mort pour avoir mangé d'un fromage sur lequel un Gecko avait marché, et d'autres ne craignent pas d'affirmer que les Javanais se servent de la salive de ces reptiles pour empoisonner leurs flèches.
Cuvier, après avoir établi pour les Geckos une famille particulière, celle des Geckotiens, avait reparti ces Sauriens en huit groupes qu'il avait appelés. Platydactyles, Hémidactijies, Thécadactyles, Ftyotlactyles, Sphœriodactyles, Sténodactyles, Gymnodactyl es elPhyllures; ces iWisïon?,, dont les noms étaient destinésà rappeler soit la conformation des doigts, soit la structure de la queue, furent adoptées primitivement par M. Duméril ; mais plus tard, dans le grand ouvrage qu'il publia en collaboration avec M. Bibron, le savant professeur du Muséum modifia quelque peu la distribution intérieure de la famille des Geckotiens ou Ascalabotes, et ne reconnut plus que sept genres, savoir: 1. Platydactylns, 2. Hemidactylus, 3. Ptyodaclylus, A. Phyllodactylus, 5. Sphœriodactylus, 6. Gymnodactyliis, 7. Stenodactylus. Parmi ces genres, qui sont admis par la plupart des naturalistes modernes, il y en a trois, Ptyodactyhis, Sphœriodactylus et Stenodactylus, qui sont complètement étrangers à la faune européenne. Nos contrées sont du reste beaucoup plus pauvres en Geckos que le sud de l'Asie, l'Afrique ou l'Amérique tropicale, et en France on n'a signalé jusqu'à présent que trois espèces appartenant aux trois genres Platydactyle, Hémydactyle et Phyllodactyle. Le Platydactyle vulgaire {Platydactylus muralis Dum. etBibr. , Lacerta mauritanica L.), qui habite le pourtour du bassin méditerranéen, est probablement le Stellio des auteurs anciens, et certainement le Lacertus facetanus d'Ahlrovande, le Lacerta tarentida de Jonston, le Gecko muricatus de Laurenti et le Gecko des murailles de G. Cuvier et de Bory de Saint-Vincent. Dans cette espèce qui mesure de 12 à 16 centimètres de long, la tète déprimée, mais encore afssez épaisse en arrière et séparée du tronc par un rétrécissement bien distinct, présente sur le vertex de petites plaques convexes disposées en pavés ; le corps est protégé en dessus par des tubercules ovales fortement carénés et entoui^és de
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tubercules plus petits et de fines écailles granuleuses ; la queue est garnie, sur la face supérieure, d'épines cpii forment des demi-anneaux, les pattes sont terminées par des doigts aplatis fortement à l'extrémité, les deux médians étant seuls pourvus d'un ongle, et les tégumenls offrent des teintes grises, brunâtres ou verdàtres, passant au blanchâtre sur les parties inférieures du corps et recoupées par des bandes grisâtres plus ou moins distinctes sur la région dorsale et sur la queue. Les anciens considéraient cet animal inoffensif comme un reptile venimeux, mais supposaient que sa morsure était plus ou moins dangereuse suivant les localités ; mortelle en Grèce, elle était, disait-on, presque inoffensive en Sicile. Le venin du Gecko était employé comme antidote du venin du Scorpion, et sa peau incinérée ou macérée dans du vinaigz'c constituait , suivant Pline, un remède souverain contre le lumbago.
L'Hémidactyle verruqueux {Hemidactijlus verruculatus Cvi\., Lacerta tnrcica L.) habite à peu près les mêmes régions que l'espèce précédente. 11 a la tète courte, le museau obtus, le dessus de la tète légèrement convexe, le corps revêtu sur la face supérieure de tubercules comprimés, très-rapprochés les uns des autres, la queue garnie d'une rangée d'écaillés, les doigts tous onguiculés et munis en dessous d'une double série de disques lentiformes. La coloration générale de l'Hémidactyle varie du roussâtre maculé de brun au brun foncé presque uniforme ; toutefois les parties inférieures du corps sont constamment un peu plus claires que les parties supérieures et la tête est marquée de chaque côté, en avant de l'œil, d'une bande noire.
Une troisième espèce de Gecko, le Phyllodactyle européen [Phijllodactylus europœiis), signalée d'abord en Sardaigne par Gêné, a été retrouvée récemment par M. Lataste dans l'île des Pendus, près de Marseille.
K. OUSTALET.
Bibliographie. — U. Ali)rova\-de. Quadrup. digil. ovip., 1630-1663, t. I, p. 654. — Jonston. Hist. nat. Quadrup., 1657, t. I, p. 1657. — Linné. Syst. nat.. 1766, t. I, p. 7)61. — Laurenti. Synops. Rept., 1768, p. 44 ef 58. — J. HEnJUNX. Tabula; aff. animal. Strasbourg, 1783. — Lacépède. Hist. nat. des Quadrup. ovipares, 1788, t. I, pi. 29 et 30. — J. G. Schneider. Amphibiorum pliysiol. spccim., 1797, t. I et II. — Isid. Geoffroy SAiNT-IIiLAinE. Descript. des reptiles figures dans te grand ouvrage sur l'Egypte, 1828. — G. Cuvier. Le règne animal, 1"" édit., 1817, et 2» édit., 18'29, 1. 1. — Cii. L. Bonaparte, honogrnfin délia Fauna italica. Rome, 1852-41. — Duméril etBiBitoN. Erpét. gêner., 1837, t. fll, p. 257 e( suiv. — Fitzinger. Syst. Rept., 1843, t. I, p. 95 et suiv. — Egid Schrejber. Herpetologia europœa, 1875, p. 477 et suiv. E. 0.
CiEDDi]\G§ (Ely-S.). Médecin américain de mérite, d'abord chargé du cours d'anatomie et de chirurgie à Charleston, puis professeur d'anatomie et de physiologie à l'Université de Maryland, à Baltimore, fonda en octobre 1855 le Baltimore Médical and Surgical Journal, recueil qui ne vécut que peu de mois, malgré le concours de savants médecins tels que T. R. Beek, N. Potter, N. R. Smith, etc., puis à partir du mois d'octobre 1854 rédigea le JSorth American Archives of Medicine and Stirgery. Il publia un grand nombre d'articles estimés dans ces journaux et dans Chapmans Philad. Journal of Med. a. Phys. Sciences, Am,erican Cyclopœdia of Pract. Med. a. Surgery, Americ. Journ. ofMed. Science, etc. L. Hn.
GEDDI]\«!!> (Gargarisme de). Préparé avec iO grammes d'essence de térébenthine et 250 grammes de mucilage de gomme adragante. A été employé principalement contre lu salivation mercurielle. D-
202 GEHEMA.
GEER (Charles de). Célèbre naturaliste sue'dois, né à Finspang en 1720, mort à Stockholm le 8 mars 1778. Il passa une partie de sa jeunesse en Hollande, d'où sa famille était originaire. On raconte que, dès son enfance, il prit goiàt à l'entomologie en observant le travail de quelques vers à soie que ses parents lui avaient donnés pour l'amuser. Ces dispositions furent encore fortifiées par ses entretiens avec le savant Muscbenbroek. De Geer commença ses études universitaires à Utreclit, puis, arrivé à Tàge de dis-huit ans, revint à Upsal, université que Celsius et Linné rendaient alors l'une des plus célèbres de l'Europe. « Possesseur d'une très grande fortune, il en fit le plus noble usage, en la consacrant en partie, dans un but d'intérêt public, à la réparation des mines de Danmora, qui avaient été inondées et laissaient sans travail un nombre considérable d'ouvriers ». Membre de l'Académie des sciences de Stockholm, il fournit à cette savante compagnie plusieurs mémoires intéressants sur divers points plus ou moins obscurs d'histoire naturelle, qui établirent sa réputation. Le roi de Suède, en récompense de ses services, l'éleva à la dignité de maréchal de la cour et le nomma commandeur de l'ordre de Wasa.
De Geer avait formé un beau cabinet d'histoire naturelle qu'il légua en mourant à l'Académie des sciences de Stockholm. Notre savant naturaliste s'était occupé principalement d'entomologie ; ses travaux sur cette science lui ont valu le nom de Réaumur suédois; il a publié des détails extrêmement curieux sur les fourmis, sur diverses chenilles, sur un grand nombre de coléoptères que Réaumur avait presque entièrement négligés, sur les insectes qui déterminent la iormation des galles, sur les icbneumons, etc. ; mentionnons pai ticulièrement ses idées sur les phénomènes relatifs à la génération des pucerons découverts avant lui par Bonnet et connus aujourd'hui sous \e nom de parthénogenèse et d'hypermétamorpJwse. Son principal ouvrage a pour titre: Mémoires pour servir it l'histoire des Insectes (Stockholm, 1752-1778, 7 parties en 8 voL in-4. Trad. allem. par J.-A.-E. Gœtze. Leipzig, 1776-1782, in4). « Ces mémoires renferment, dit son biographe, la description de plus de 1500 espèces, et sont accompagnés d'excellentes figui-es. Le dernier volume n'a paru qu'après la mort de l'auteur; il renferme la méthode de classification adoptée par de Geer, fondée sur la nature des ailes pour les insectes ailés, et pour les aptères sur la nature des métamorphoses. L'ouvrage de A.-J. Retzius {Gênera et species insectormn. Lipsiae, 1785) peut être regardé comme un supplément à celui de de Geer n (Biogr. Didot).De Geer a en outre publié un éloge de Bergraann en suédois (Stockholm, 1779, in-4). L. Hx.
GEHEMA 00 GEH^IA (Johanx-Abraham vox). Médecin polonais, fils de Jacob von Gehema, chambellan du roi de Pologne, naquit en 16-45. 11 embrassa tout d'abord la carrière militaii'e et servit avec son régiment en Hollande. Pendant son séjour à Utrecht et à Leyde, il prit du goût pour les études scientifiques. 11 se démit de ses fonctions de capitaine et se livra à la philosophie sous Henry Duroy, ta la médecine sous Cornélius Bontekoe. Reçu docteur en médecine à Leyde en 1677, il prit du service dans l'armée danoise et résida durant plusieurs années dans le Holstein. En 1685, il se fixa à Hambourg et y pratiqua l'art de guérir jusqu'en 1688, où le duc Gustave-Adolphe de Mecklembourg l'appela à sa cour. En 1695, à la mort de ce prince, Gehema continua à résider à Gustrow. En 1712, il fut appelé à Neubrandenburg par la noblesse du district. Dans l'intervalle il avait rempli des fonctions officielles à plusieurs
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cours. D'une lettre de lui datée du 4 juin 1701 il ressort qu'il fut médecin de cinq cours princières, entre autres de celles de l'électeur de Brandebourg et du roi de Pologne. On ne connaît pas l'année de sa mort.
Gehema a publié un grand nombre d'ouvrages, où il se montre souvent le défenseur ardent des doctrines de Descartes et deBontekoe. Nous citerons parmi les plus intéressants :
I. Obs/rvationum chirurgicarumdecas 1 et II. Ilambiirgi, 1682, in-12. Ibid., 1686, in-12. Trad. ail. Frankt'., 1698, in-1"i. — I[. Diatribe de febribus, in qiia compJurcs auclor reccntiorum detigit errores. Hogœ, 1683, in-S». — lll. De morbo vulgo dicto plica polonica litlerulœ. llamburgi, 1683, in-12. llagte, 1683, in-8°. Trad. holt., Dordreclit, 1685, in-8°. — IS. Eroberte Gicht diirch die Chinesischen Waffeii der Moxa. Hamburg, 1682, in-12; ibid., 1683, in-12. — V. Wettstreit des chinesischen Thees mit dem ivarmen Wasser. Berlin, 1686, in-8°. — \'I. Wohlversehener Feldmediciis begreifend die Missbràuche, etc. Hamburg, 1684, in-12; Basel, 1691, in-12. — YII. Decas observalionum medicarum. Bremre, 1686, in-12; Cassel, 1688, in-12. — VIII. De arcanis antipodagricis oder Geheimn. luider das Podagra. Bremen, 1686, 111-4°. — IX. Edler Theetrank oder Iliilfsînitlel zum gcsunden und langen Leben. Bremen, 1686, in-8°. — X. Wohl eingerichtete Feldapotheke. Bremen, 16S8, in-12. —
XI. Diœtetica rationalis auf festen Principiis wohtgegrilndefe Lebensordnung. Bremen,
1688, in-12; Leipzig, 1690, in-12; ibid., 169G, in-S»; Irad. holland. La Haye. 1690, in-8°. —
XII. Graiisame medicin. Mordmittel : Aderlassen, Purgircn, Schrepfen... Bremen, 1688, in-S"; 1689, in-8»; Leipzig, 1704, in-12; trad. holland. La Haye. 1691, in-8°. — XIII. Schreiben an II. von Dankelmann, dass das Thcegetrânke die Wassersucht nichl verursache, sondern vertreibe. Berlin, 1688, in-8'. — XIV. Gcfâhrliche und gcslrafle Obslliisl. Stettin,
1689, in-12. — XV. Sorgfàltige und gewissenhafle Sdugamme. Bremen, 1689, in-8°. — XVI. Diœtetica nova ad sanitatem et vitam. Stettin, 1690, in-12. — XVIl. QualificirierLeibmedicus. Stettin, 1090, in-12. — XVIII. Der kranke Soldat... Stettin, 1699, in-S». — XIX. Dreyssig Âphorismi oder Gesundheitsregeln... Frankfurt, 1696, in-8''. — XX. Zwey und zwanzigjâhrige Fiebercur... Berlin, 1712, in-4°. L. Ils.
GEnLE\ (Adolph-Ferdinand). Célèbre chimiste allemand, naquit le 5 septembre 1775 dans la petite ville de Bûtow, en Poméranie, où son père était pharmacien. Après avoir terminé ses humanités dans sa ville natale, il se rendit à rUniversilé de Kônigsberg, où il suivit avec zèle les cours académiques et s'appliqua à la pratique de la pharmacie sous la direction de l'apothicaire K. G. Hagen. Il étudia en même temps la linguistique, l'histoire naturelle et la médecine, et se fit recevoir docteur en cette dernière vers 1800. Gehlen passa ensuite à Berlin et étudia la chimie sous Klaproth et Yal Rose ; plus tard il professa lui-même cette science à l'Institut Reil de Halle (1806) et en 1807 fut appelé à Munich en qualité de professeur et nommé membre de l'Académie des sciences de cette ville. Il devint également membre de la Société d'économie rurale bavaroise à laquelle ses connaissances scientifiques furent de la plus haute utilité.
Gehlen mourut à Munich, le 15 juillet 1815, victime de ses expériences sur le gaz hydrogène arsénié, qu'il préparait en faisant chauffer de l'arsenic dans une lessive alcaline.
Gehlen fit paraître de concert avec Hermbstâdt, Klaproth, J. B. Bichter, A. N. Scherer et Trommsdorf, le lieues allgemeines Journal der Chemie (Berlin, 1805-1806, 5 vol. in-8), qu'il publia de 1806 à 1810 sous le titre de Journal fur Chemie, Physik und Minéralogie, avec la collaboration de G. F. Bucholz, Crell, Hermbstâdt, Klaproth, J. B. Bichter et Trommsdorf. De 1805 à 1808, il publia avec Val. Rose le Neues Berliner Jahrbuch der Pharmacie (Berlin), puis fonda en 1815, l'année même de sa mort, le Repertorium der Pharmacie (Nuremberg), qui fut continué par Buchner. Nous mentionnerons encore de lui :
204 GEilLER (Les deux).
I. Anfangsgrimde der Fàrhekunst, trad. du fiançais de BerthoUet... Berlin, 1806, 2 vol. in-S". — IL Fassliche Anweisiing zur Eneugung und Gewiiinunç des Salpeters. Nûrnberg, ■1812. — II[. Ueber die Aclherarten... In lieues allg. Journal d. Chcm., M. II, 1S04. ~ IV. Ueber die Farbenverànder. der in Aether geiôsten sahsauren Metallsahe ini Sonnenlicht. Ibid,, Bd. IK, 180't. — V. Pneumat. Apparat zur Verhûtung der Absorption. Ibid., Bd. V, 1805. — YI. Ueber den sogenannien Kampher aus Terpentinôl. Ibid., Bd. YI, 1S06. — YII. Ueber angeblichen Sciure felstickgns im Aachner Mineralwasser. In Schweigger's Journ., Bd. I, 1811. — YllI. Verfaliren zur Bestimmung des spec. Gewichts. Ibid., Bit. III, 1811. — IX. Ueber die Eigcnthiimlic/ikeit der Ameisensdure. Ibid , Bd. IV, 181'2. — X. Ueber Stâvkezucker. Ibid., Bd. V, ISl'J. — XL Ueber die Veràiiderung des Milchzuckers durch Schwefelsàure. Ibid.. Bd. YI, 1812. — XII. Ueber die Vcrfahr. bci Pflanzenanalysen. Ibid., Bd. YII, 1815. — XllI. Ueber das elektro-chem. System. Ibid., Bd. XIII, 1814. — XIY. Neue Bercilungsart des Arsemvasserstoff'gases. Ibid., Bd. XY, 1815. — XV. Ueber die Réduction der Metafle durch einandcr... Ibid., Bd. XX, 1817. — XVI. Autres articles dans ces journaux et dans divers autres recueils. L. H.v.
GEiiLEa (Les deux).
ftclilcr (Johan.vKarl). Accoucheur allemand distingue', né à Gôrlitz, le 17 mai 1752, mort à Leipzig le 6 mai 1796. « Dès sa plus tendre jeunesse, il montra beaucoup de goût pour l'histoire naturelle et la mécanique, ce qui décida dans la suite sa vocation pour la médecine et pour celle des branches de l'art de guérir à laquelle il se consacra d'une manière spéciale. A peine sorti du gymnase de sa ville natale, il alla, en 1751, à Leipzig, où les recouimnndations de son père le fuenl accueillir amicalement par C. G. Ludwig, doyen de la Faculté de médecine, que de rares talents et de brillantes qualités personnelles rendaient digne de l'estime générale dont il jouissait, et qui le surveilla dans ses études avec une tendresse vraiment paternelle. Geliler suivit avec assiduité les leçons de Platz, Bose, Bochmer, Ilebenstreit, Rudiger, Janke, Kaestner et Winkler, prit le titre de maître es arts en 1756 et obtint deux ans plus tard celui de docteur en médecine. Peu de temps après il fit un voyage minéralogique à Freybeig, parcourut la Suisse ainsi qu'une i)artie de l'Allemagne et suivit un cours d'accouchements à Strasbourg. A son retour à Leipzig, il ouvrit un cours particulier de minéralogie, le premier qu'on eût encore fait dans cette université. Ce cours ne tarda pas à le faire connaître avantageusement, de sorte qu'il fut nommé, en 1759, accoucheur de la ville; en 1762, professeur extraordinaire de botanique ; en 1 775, professeur ordinaire de physiologie ; en 1780, professeur d'anatomie et de chirurgie; enfin, en 1789, professeur de thérapeutique, doyen perpétuel de la Faculté et médecin pensionné de la ville » (Biogr. Panckouck).
Gehler a laissé un assez grand nombre d'opuscules, parmi lesquels nous signalerons surtout ceux qui ont rapport aux accouchements :
I. Diss. de cliaracteribus fossilium externis. Lipsiffi, 1757, in-4''. — II. Diss. de horrore ut signa. Lipsiœ, 1758, in-4°. — III. Diss. de sanguine in partu profluente. Lipsise, 1700, in-4'. — IV. Diss. de partu difficili ex hydrope fœtus. Lipsiœ, 1762, in-4°. — Y. Programma de iisu macerationis seminum in plantarum vegetatione. Lipsise, 1763, in-4°. — YI. Diss. duœ de utero secundinas expellente. Lipsiœ, 17(35-1767, in-4°. — VIL Diss. duce de partus naturalis adminicuUs. Lipsiœ, 1772, in-4°. — VIII. Progr. de prima fœtus respiratione. Lipsiœ, 1775, in-4°. — IX. Diss. de plumbo, ejusque in corpus humanum vi medicamentosa. Lipsiœ, 1776, in-4°. — X. Diss. duœ de eclampsîa parturientium, morbo gravi guident, neque adeo funeste. Lipsiœ, 1776-1777, in-4''. — XI. Progr. de insigni magnesiœ officinalis dijferentia. Lipsiœ, 1779, in-4''. — XII. Progr. de magnesiœ genuinœ usu medico. Lipsiœ, 1780, in-4°. — XIII. Progr. de ruptura perinœi in partu cavenda. Lipsiœ, 1781, in-4''. — XIV. Progr. qualenus aër in pulmonis hauslus vitam alat. Lipsiœ, 1781, in-4°. — XV. Progr. de variis aérem corruptum emendandi mediis. Lipsiœ, 1781, in-4"'. — XYI. Progr. de dubia vini adultérait per liquorem probatorium docimasiâ. Lipsiœ, 1782, in-4''. — XVII,
GEIER (Les deux). 205
Progr. de vini ferro adulteraii docimasia. Lipsifc, 1785, m-i". — XVIII. Progr. de utero inparluruplo.Upskii, 1783, in-4°. —XIX. Progr. de uleri in partu rupturam minilaïUis therapia. Lipskc, n»3, in-4''. — XX. Progr. de deligatione funiculi umbiUcalis. Lipsia-, 1784, )n-4°. — XXI. Progr. de modo funicuhim umbUicalem deligandi. Lipsia\ \ 784, in-4°. — XX1[. Progr. de jusio deligandi funicidum umbiliccdem lempore. Lipsiaî, 1784, 'in-4°. — XXIII. Progr. de puerperis caiite fasciis involvendis. Lipsiro, 1784, hi-i". — XXIV. Progr. de fasciarum in puerperio noxa. Lipsiœ, 1785, in-4°. — XXV. Progr. de fossilium plnjsio- ^»on!«s. Lipsiw, 1786, in-4». — XXVI. Observationes de dentitioneterlia. Lipsi.-e, 1786, iii-4°.
XXVII. Progr. de caussis suffocationis fœtus in partu artificiali. Lip&ife, 1787, in-4». —
XXVIII. Progr. de lincturœ cinnamomi ad compescendas utcri hœmorrhagias virlute dubia et smjiecta. Lipsiic, 1787, in-l°. — XXIX. Progr. de usu cinnamomi in partu valde dubio. Lipsiœ, 1787,in-4°. — XXX. Progr. de vitœ fœtus in partu artificiali pcriclitantis prœsidiis. Lipsiœ, 1788, in-4». — XXXI. Progr. de parturientis situ ad partum apto. Lipsiaî. 1789, in-4». — XXXII. Progr. vitam Ern. Bosii continens. Lipsi:c, 1789, in-4». — XXXIII. Progr. de veclis obstetricalis usu dubio. Lipsiœ, 1789, in-4°. — XXXIV. Progr. de meconii in partu effluxu indubio fœtus mortui signo. Lipsiœ, 1790, in-4». — XXXV. Progr. de forcipis Johnsonianœ prœ Levretiana et SmelUana prœstantia. Lipsiœ, 1790, in-4°. — XXXVI. Progr. de nimio sanitatis studio sœpe vel optimam sanilatem frangenle, P. i-iv. Lipsiœ, 179U-I701, in-4». — XXXVII. Progr. de effluenle meconio neogeniti vitam non probante. Lipsiœ, 1790, in-4°. — XXXVIII. Progr. de connubio lactis cuni acido-dulcibm samtati neutiquain infenso. Lipsiœ, 1790, in-4». — XXXIX. Progr. de situ fœtus in utero. Lipsiœ, 1791, in-4°. — XL. Progr. de capilis fœtus in partu oblique siti apta solutione. P. i, u, m, IV. Lipsiœ, 1792-1795, in-4». — XLI. Progr. de noxa k nimis prœcipitato niedicinœ studio oviundo. Lipsiœ, 1793, in-4°. — XLII. Progr. de quibusdam rarioribus agri Lipsiensis petrificalis. Lipsiœ, 1793, in-4». — XLIII. Momenla quœdam quw ad vitam hominuni subinersorum reslitucndam mullum facere videnlur. Lipsi;i", 1793, in-i». — XLIV. Progr. de recta polus in sanis hominibus adminisiratione. Lipsiœ, 1793, in-4». — XLV. Progr. de
salubrilate habitantium è placitis recentiorum pliysicorum dijudicata . Lipsiœ, 1794, in-4°.
XLVI. Progr. de medicamentorum composiforum scrutinio chemico dubio persœpe an fallaci. V. I, n. Lipsiœ, 1794-1796, in-4°. — XLYII. Progr. de criteriis vitre et nwrtis phiisicomedicis. Lipsiœ, 1798, 2 voL in-8». — XLVIII. Kleine Schriflen die Entbindungskumt betreffend. Leipzig-, 1798, 2 vol. in-8». (C'est la collection de ses dissertations sur les accouchements.) — XLIX. Geliler a en outre rédigé le Leipziger gelehrle Zeitung de 1782 à 1784 et traduit en allemand le Traité de pliysique expérimentale de Baume. (Leipzig-, 1775-1776, 3 vol. in-8».) L. II.n.
Oehier (Johan^-Samuel-Traugott). Frère da précédent, né à Gôrlitz le 1" novembre 1751, mort à Leipzig le 16 octobre 1795, docteur en droit, privat-docent de mathématiques depuis 1776 à l'Université de Leipzig, puis conseiller (1783) et assesseur de la haute cour de justice de Leipzig (1786), mérite d'être mentionné pour le zèle avec lequel il cultiva l'histoire naturelle, la physique et la chimie. Outre la traduction i.'e.s diveis ouvrages français de ûeluc, de Faujas de Saint-Fond, de Grégory, d'Adam, de Fourcroy, etc., Gehler a publié :
I. Pltysikalisches Wôrterbuch, etc. Leipzig", 1787-1795, 4 vol. in-8°, et 1 vol. suppl. Tab'e, 1801. Nouv. édit. par Brandes, Gmelin, Litlrow, etc. Ibid., 1825-1845, 11 vol. in-S". — II. Samnduiig zur Phijsik und Naturgcscliichte. Leipzig, 1778-1792, 4 vol. in-8°. L. \\y.
GEOtlF OU GEULPM. Tlievet indique sous ce nom un arbre ds Sumatra, dont le fruit contient une noix amère, oléagineuse ; l'huile qu'on en relire est employée dans les maladies du foie et de la rate. On emploie aussi le suc huileux qui découle de ce végétal. Pt.
Bjijliogeapuie. — TiiEVET. La Cosmographie universelle f. 419, b. — Mérat et de Le.vs. Dictionnaire de matière médicale, III, 342. Pi..
GEIER (Les deux).
Geier OU Geyer (Johann-Danel) . Médecin allemand, né à Ratisbonne le
206 GEIGER (Les deux).
10 novembre 1660, mort en 1735. Il fut médecin pensionné successivement à Alzey et à Mannheim, puis médecin de l'armée et enfin médecin de la cour de Saxe-Électorale. Geier était membre de l'Académie des Curieux de la nature. 11 a laissé :
I. De montibus conchiferis et glossopteris Aheijensibus . Francof., 1678. — II. Deaqua j-)etrificanle in tractu Eppehheimeiisi jyrope Ahei et musco i^elrefacto. In Miscell. Acad. Nat. Cur., 1686. — III. De vaiiis ossibus lapidefadis aniinantium ac gigantum. ILid., 1687.
Geier (Georg-Franz). Né à Friesenliausen, en Franconic, le 9 février 1775, reçu docteur à l'Université de Wurtzbourg en 1798, servit d'abord dans l'armée en qualité de médecin-major, puis se fixa à Win-tzbourg, où il fut nommé conseiller du gouvernement et professeur de technologie et d'économie politique.
11 était en outre possesseur d'une pharmacie à Wurlzbourg, L'époque de sa mort nous est inconnue. Ses seules publications se rapportant à la médecine sont ;
I. Diss. inaug. philos.-med. de natura medicatrice philosophiœ et p/iysices generalis legibus œsHmanda. Wirceburgi, 1798, in-4''. — II. Analytik des Begriffs der Ueilkunde. In Rôschlaub's Magaz. der Heilk. M. I, St. 2, p. 257, \WJ. L. Ils.
GEIGER (Les detix).
Geiger (Malachie). Médcciu allemand, vivait dans la seconde moitié du dixseptième siècle. Nous connaissons de lui :
I. Kelegraphia seu descriptio herniarum. Monach-, 1651, iii-S". En allem. Stuttgart, 1661, in-12. — II. Margarllologia, sive dissertalilo de mai'yaritis. Monach., 1657, in-8'. — III. Microcosmus hypochondriaciis. Monach., 1051, in-4°. L. Un.
Geiger (Philipp-Lorenz). Né à Freinsheim, près de Frankenlhal, dans la Bavière Rhénane, le 50 août 1785, mort à Heidelberg le 19 janvier 1856. Il étudia la pharmacie successivement à Adelsheim, près d'Armbrecht, et à Heidelberg (1800), puis quatre ans après alla faire un court séjour à Rastadl et à Lindau, sur le lac de Constance. En 1808, il se fixa à Carlsruhe, puis en 1814 passa à Heidelberg et devint en 1815 phai^macien de l'Université, en 1816 "privat-docent, en 1824 professeur extraordinaire de pharmacie.
Geiger fut reçu docteur en philosophie à Heidelberg en 1818 et docteur en médecine honoris causa par la Faculté de Marbourg vers la même époque. Il est l'auteur d'une foule de mémoires sur la pharmacie et la chimie publiés dans divers recueils, tels que Buchholz's Taschenbuch fur Scheidekunstler, Trommsdorff's Taschenbuch, Buchners Repertorium f. Pharmacie, Liebigs Annalen, Schweiggers Journal, etc. A la mort de Ilânle, il fut le rédacteur en chef du Magazin der Pharmacie (Heidelberg, Bd. Vll-XXXYI, 1825-1851), puis passa à la rédaction du Liebigs Annalen der Pharmacie, dont il fit partie jusqu'à sa mort. Nous nous bornerons à citer de lui :
I. Beschreibung der Realschen Auflôsuiigspresse... Heidelberg, 1817, in-4°, 1 pi. — II. Diss. pharm.-chem. de calendula officinali L. Heidelbergce, 1818, gi\ in-8°. — III. Ideen liber eine Apotheker-Taxe. Heidelberg, 1819, in-8°. — IV. Uandbuch der Pharmacie. Heidelberg, 1824 (1825)-18Ô0, gr. in-8». 4ie.\uaage, ibid., 1853; SieAufl. po&lh. von Liebig; ibid., 18 i5, gr. in-8°. — V. Das Schwefelbad zu Langenbmcken. Carlsruhe, 1827, gr. in-S". — VI. Die Stahlquellen zu Weinheim. Carlsruhe, 1827,in-8°. — VII. Pharmacopœaunivsrsalis. Heidelbergae, 1835, gr. in-8°. — VIII. Ueber einige neue giflige Alkaloide. In Liebig's Ati' naleii, Bd. VII, 1854. — IX. Ueber lUiabarberin. Ibid., Bd. IX, 1834. — X. Avec liesse : Ueber Atropin. Ibid., Bd. V. u. VI, 1853. L. 1I.\.
GEILiN'AU (E\u minérale de). 2Û7
GEILKAU (Eau minérale de), athermale, bicarbonatée sadique moyenne, ferrugineuse faible, carbonique forte. En Allemagne, dans le duché de Nassau, dans la valide de la Lahn, sur la rive droite de la rivière de ce nom, en face de Fachingen [voy. ce mot), dans la seigneurie de Schauenbiirg, à 10 kilomètres d'Enis, est un petit village peuplé de 120 habitants, à 98 mètres au-dessus du niveau de la mer et qui n'a qu'un hôtel, l'hôtel Anker, où les touristes peuvent se loger, car Geilnau n'est pas, à proprement parler, une station minérale, puisijue ses eaux ne se consomment guère sur place et qu'elles servent principalement à l'expoi talion. Les environs de Geilnau sont très-intéressants à visiter et un grand nombre de promenades et d'excursions peuvent y être entreprises. Une seule source y émerge, son débit n'est pas constant, puisque Fresenius a constaté qu'il était de 50 hectolitres en '24 heures au mois d'avril 1857, et de 66 hectolitres au mois de juin delà même année. La source de Geilnau sort, audessous du niveau de la Lahn, des schistes de transition qui alternent avec la grau- •wackc. Cette eau est limpide, lorsqu'elle n'a [as séjourné longtemps en contact avec l'air; dans ce cas elle se trouble, devient opaline, puis jaunâtre, et elle laisse déposer UQ enduit ocracé. Son goût est agréable, frais, très-piquant et sensiblement ferrut^ineux; elle n'a p;is d'odeur en général, mais plusieurs observateurs ont constaté qu'elle pouvait devenir hépatique pendant certains orages. Elle est traversée par des bulles gazeuses d'un assez gros volume, dont les unes viennent s'épanouir avec bruit, surtout au milieu de son bassiu. Sa température est de 10" centigrade, celle de l'air étant de 15° 5 centigrade; sa densité est de i 002 OU. Fresenius a fait son analyse en 1857 et a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :
Bicarbonate de souJe 1,C60190
— chaux 0,490452
— magnésie 0,363055
— baryte 0,000193
— oxyde de fer 0,058305
— — manganèse 0,0247il
Sulfate de potasse O.imeiS
— soude 0,C08532
Phosphate de soude 0,00u5'2
CliioLure de sodium 0,036131
Acide ïilicique 0,0'2474l
Total des matières fixes 2,064333
(, I Acide carbonique libre 2,786351
^^'- • • 1 Azote 0,015325
Total des gaz 2,802076
Aucun moyen balnéaire n'existe à Geilnau, dont on ne boit pas même les eaux sur place. Tous les auteurs allemands signalent les analogies de composition chimique et d'emploi thérapeutique de l'eau de Geilnau avec ceux des e;iux de Sellers, de Fachingen, sa voisine, de Gieshiibel en Bohème, de Saint-Galmier et de beaucoup d'autres eaux fi-ançaises emjdoyées comme eaux de table. 11 suffit cependant de jeter un coup d'œit sur les analyses de ces diverses sources pour constater combien les eaux bicarbonatées sodiques moyennes, ferrugineuses faibles, carboniques fortes, de Geilnau, ressemblent peu aux eaux chlorurées bicarbonatées de Selters, aux bicarbonatées sodiques presque fortes de Fachingen, qui icnlermont plus de 2 grammes de bicarbonate de soude par litre, aux eaux bicarbonatées calciqucs de Saint-Galmier, etc., etc.
Emi'loi XHLRAiEtTiQCE. Les eaux de la source de Geilnau transportées se boi-
208 GEISELER.
vent aux repas, le plus souvent coupées de vin. Elles stimulent l'appétit et elles favorisent les digestions; elles peuvent être regardées comme des eaux d'agrément par les gourmands qui ne leur demandent que de manger davantage et de digérer sans accidents ; mais elles sont médicinales pour les personnes qu'un embarras gastrique momentané ou une dyspepsie habituelle empêchent de prendre une nourriture sufOsamment réparatrice.
On exporte chaque année plus de 200 000 cruchons de l'eau de la source de GeiUiau. A. Rotcreau.
BiLLiocnAPiiiE. — Ajiborger. Versuch iind Beobachtungen mit dem Geilnauer Sauerbrunnen.
Offenbach, 1790-1809. ShnscnALr,. Vnlersiicliuncj und Beschreibung des Geilnauer Mineral-
wassers. Olfeiibach, l!Slo-lS 10-1820. — Lasgbeix. Lied von der Nijmpfie ;w Geilnau.— Graefe (G. F.). IleiUiunde m Geilnau. In Ilitfeland's Journal der praklisdi. Heilk., Bd. XXXII, St. 55, m, 1-0. — AVetzi-kr. Beschreibung von Wij'feld, Geilnau und Kissingen. — OsAN.x (E.). Physikalisch-medicinische Darslellung der bekannten Heilquellen der vorzûglischten Lânder Europa's. Berlin, 1832. — Liebig (J.). Mineralwasaer zu Geilnau. In Annalcn der Chcmie und iliarmacie, t. XLII. — Fresenius. Chemische Uniersuchvng der Mineralquelle iu Getlnau. In Balneologisclie Zeitung, VI, 1857. — Helft. Handbuch der Balneotlierapie. Berlin, 1857, p. 55. — Seegex (JoseC). Compcndium der aUgemeinen und speciellen Hedquellenlehre. Wien, 1857, p. 11. — Braun (Julius). Sijstematisches Lehrbuch der Balneolkerapie mit Bcriicksichtigung der cliinatisc/ien Thérapie der Lungenphthise. Berlin, 18(38, p. 352-404. — Joan.ne et Le Pileub (A.). Les bains d'Europe, Geilnau, p. 55 Paris, 1860-1880. A. R.
GÉIXE [de 7?;, terre). Nom sous lequel Berzelius désignait ïhumus ou mieux quelques-uns des produits extraits de l'humus [matières ulmiques) et résultant de la putréfaction des matières végétales dans les couches superficielles du sol au contact de l'air et de l'humidité. D'après Braconnot, la géine ou acide géique ne diffère guère de Yulinine [voy. ce mot).
Le nom de géine a été donné encore par Buchner à une substance amère, plus ou moins bien connue, extraite de la racine de benoîte [Geum urhanum L.).