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GELINOTTE

prend seulement le B. cupido ou Gelinotte des prairies, taudis que le second, Tetrastes, renferme les autres Gelinottes européennes ou américaines.

La Gelinotte des bois (B. sijlvestris Brehm, Tetrao bonasiah.), qu'on désigne aussi vulgairement sous les noms de Galinette et do Poule des coudriers, est à peu près de la taille d'une Poule. Le mâle, lorsqu'il est revêtu de son plumage de noces, a les parties supérieures du corps fortement teintées de roux et recoupées par des bandes transversales noires, le sommet de la tête d'un brun jaunâtre, tacheté de gris, la gorge noire, les côtés du cou ornés de sortes de moustaches blanches, qui partent de la mandibule supérieure, la poitrine et le ventre d'un roux mélangé de brun et de blanc, les grandes pennes alaiies d'un gris brunâtre ou roussâtre avec des taches brunes au bord des barbes externes, la queue grise avec des raies en zigzag, de couleur rousse, sur les pennes médianes, et une bande subterminale noire sur les pennes latérales, l'œil brun, le bec noir, la portion dénudée du tarse d'un brun de corne. La femelle, adulte, toujours un peu plus petite que le mâle, porte à peu près la même livrée, mais n'a point de noir sur la gorge; les jeunes, avant la première mue, offrent des teintes plus ternes et moins pures ; enfin les poussins, sortant de l'œuf, sont couverts d'un duvet jaunâtre, i'ortemeut nuancé de brun sur les parties inférieures du corps.

Cette espèce se trouve dans toute l'Europe soplentrionale et centrale, depuis le cercle polaire jusqu'aux Alpes et aux Pyrénées, et depuis la Sibérie jusqu'en Scandinavie. Elle n'est pas très rare dans les Basses-Alpes, le Dauphiné, la Savoie, les Vosges, et se rencontre un peu plus communément encore dans certains cantons de la Suisse, en Autriche, en Bohème, en Bavière, en Silésie et en Suède. Elle recherche les grandes forêts de chênes, de bouleaux , de pins, de sipins, les tailhs d'aunes et de coudriers alternant avec des clairières où croissent de? arbustes qui, à l'automne, se chargent de baies succulentes. Ces baies eu effet, et particulièrement les framboises sauvages, les mûres, les myrtilles, les fruits de sorbier, constituent avec des graines de différentes espèces et des bourgeons de conifères la nourriture de la Gelinotte, et communiquent à sa chair un goijt exquis.

D'humeur farouche, les Poules des coudriers se tiennent d'ordinaire sous le couvert des bois; c'est là qu'elles font leur nid sous un buisson, au milieu des fougères ou dans une touffe de bruyère. Ce nid, grossièrement construit, est garni intérieurement de brins d'herbe et de feuilles et renferme une douzaine d'œiifs d'un ton jaunâtre avec des taches brunes ou roussâtres. La femelle les couve avec ardeur pendant près de trois semaines, tandis que le mâle fait le guet aux alentours; et quand les petits sont éclos, les deux époux s'occupent de concert de leur éducation, les conduisent dans les endroits exposés au soleil et leur apprennent à découvrir les insectes qui forment d'abord le fond de leur nourriture. Toute cette famille reste unie jusqu'à l'automne, et chaque mâle demeure pendant une grande partie de l'année fidèle à la compagne qui l'a choisi. Pour obtenir ses faveurs il fait valoir les teintes de son plumage en relevant les plumes de sa tète et de sa gorge, et lance dans les airs ses trilles les plus retentissants ; mais d'ordinaire il ne cherche pas à montrer son courage en provoquant ses rivaux en combat singulier, à la manière de la Gelinotte des prairies.

Par suite des progrès du déboisement et de la chasse active qui leur est faiie depuis des siècles, les Gelinottes sont devenues extrêmement rares dans certaines contrées de l'Europe oiî elles étaient jadis fort abondantes, et, si l'on n'y prend garde, ou sera bientôt réduit dans notre pays à déplorer la destruction totale

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de ce gibier que les connaisseurs placent au-dessus de la caille et du faisan.

La Gelinotte des prairies {Bonasia cupido ou Cupidonia cupido) tend aussi à disparaître des contrées où elle était naguère très répandue et ne se rencontre plus, à l'heure actuelle, que dans l'ouesl de l'Amérique du Nord, dans le voisinage des Montagnes Rocheuses. On peut même dire qu'elle serait maintenant complètement anéantie, si depuis quelques années des lois spéciales n'avaient été édictées en sa faveur par le gouvernement des Etats-Unis. Ces lois étaient d'autant plus nécessaires que la Gelinotte des prairies a déjà, sans compter l'hoainie, une toule d'ennemis naturels, tels que les Loups, les Renards, les Putois, les Martes les Faucons, les Hiboux, et que, plus que l'espèce européenne, elle se trouve exposée, par son genre de vie, à une foule de dangers. Contrairement à la Gelinotte de notre pays, la Gelinotte des prairies recherche, en effet, comme son nom même l'indique, les plaines déboisées, couvertes d'herbes et parsemées de rares buissons, et, dans le but de trouver de nouveaux pâturages, elle exécute, au moins dans certaines contrées, des migrations assez régulières à l'approche de la mauvaise saison. Autrefois elle était pourchassée sans pitié par les colons du Kentucky à cause des dégâts qu'elle causait dans les jardins et les vergers en hiver et dans les champs pendant l'été.

Plus lourde dans ses mouvements que la Gelinotte des bois, la Gelinotte des prairies rappelle un peu dans ses allures notre Poule domestique, mais court avec plus de rapidité et vole, dit-on, assez bien pour franchir d'un seul trait des distances de plusieurs kilomètres. Au printemps, vers le mois de mai, les mâles se livrent en l'honneur des femelles de terribles combats, mais, aussitôt que la période d'incubation est terminée, ils abandonnent plus ou moins leurs corapaonons et ne prennent aucune part à l'éducation des petits. Ceux-ci s'en vont aux champs sous la conduite de la mère qui veille sur eux avec une grande sollicitude. Au mois d'août ils peuvent voleter et vers le milieu d'octobre ils sont adultes. Revêtus de leur livrée délinitive, les Gelinottes des prairies ont les parties supérieures du corps vai'iées de noir, de rouge pâle et de blanc, les plumes de la fraise brunes et rousses, le ventre rayé de blanc et de brun clair, les crrandes pennes des ailes brunes, tachetées derougeâtre sur les barbes externes, les rectrices brunes, lisérées de blanc jaunâtre à l'extrémité, l'œil brun, surmonté d'une bande écarlale, le bec couleur de corne, les pattes et les plaques dénudées sur les côtés du cou d'un jaune orangé vif.

Dans les Étals de l'Ouest on chasse les Gelinottes des prairies au fusil, ou on les prend vivantes dans des filets. En captivité ces oiseaux s'apprivoisent rapidement, mais jusqu'à présent ils n'ont pu être acclimatés en Europe. Leur chair a les mêmes qualités qut; celle de nos Gelinottes des bois. E. Oustalet.

Bibliographie. — Brisson. Omithologia, 1763, I, p. 191. — Bcffon. Planches enluminées d'oiseaux, 1770-86, pi. 475. — Linné. Systema naturœ, 1766, t. I, p. 275, et éd. Gmelin-, 1788, t. I P- 75^ 6' suiv. — Shaw. Gêner. Zool., 1819. — Ch. L. Bonaparte. B. Eur., 1858. — Ke^serling et Blasius. Wirbelthiere Europa's, 1840. — Wilson. American Ornithologij , 1840, pis. 27, 49, etc. — âudbbon. Omilh. Biogr.,\%o\-ô^, q\. Americ. Ornith. — Govlî,. B. Europ., pi. 251. — G. R- Grat. Gênera of Birds, 184i-49, pi. 153. — D. G. Elliot. Monograpk of Ihe Te^raoJiute. New-York, 1865. — Deglaxd et Gerbe. Ornithologie européenne, 2= édit., 186?, t. II, p. 51 et suiv. E. 0.

GEI.L,ER (Carl-Gottfried). Né à Dantzig vers le commencement du dixhuitième siècle, était le fils de Johann-Nicolaus Geller, chirurgien de la ville et nispectcur des lazarets. 11 çtudia la médecine à Rostock, prit le bonnet de doc-

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leur en 1737, puis exerça l'art de guérir à Wittenberg jusqu'à sa mort, arrivée en janvier 1767. fl est connu par plusieurs opuscules assez estime's de leur temps :

I. Diss. inaug . de eo quod jmlum est cv-ca cnemala. Rostocliii, 17ô7. — II. Nachricht von der Pretzirschen Gesund-QueUe. In Mccklenb. Nachrichien, 1750, n°» 7>d et 40. — III. Pinœiiaiu mânes, sive dilucidationes ubcrioies circa signa cirginilatix algue perspicua hymenis illibali lestimonia. Rostochii, 1763. — IV. Scrutinium pin/sico-medicum de tussi epideniica infantum convidsiva anno 1757 in ducaiu Megapolitano furente, raris plane et singularibus observata symptomatibus. Rost., 1763. — Y. Geburtstagsgedicht auf Herzog Friedrich. Schwerin, 1762. L. Un.

GELLERT (Christlieb-Ehuegott). Célèbre chimiste allemand, frère de Gcllert le fabuliste, naquit à Haynichen, près de Freiberg, le 11 août 1713, et mourut à Freiberg, le 18 mai 1795. Il fut inspecteur des machines, des fontes et des minéraux de la Saxe, administrateur en chef des fonderies et forges de Freyberg, et lorsque l'Académie des raines fut établie dans cette ville en 1 765, il y fut chargé d'un cours de chimie métallurgique, qu'il continua jusqu'en

Gellert a été un grand chimiste, mais ses travaux ayant porté sur la métallurgie, la nature de ce Dictionnaire nous oblige à nous borner à ces quelques lignes. Il a publié :

I. Anfangsgriinde der melallurgischen Chymie, Leipzig, 1750, 1776, in-S". — II. Anfang^griinde dcr Probirkunst... Leipzig, 1755, 1772, in-S". (Ces deux ouvrages ont été traduits en fraiiçnis par Ilolbacli. Pr.ris, 1758, 2 vol. in-S".) — III. De tubis capillaiibus prismaticis. In Comment. Acad. Petrop., i. XII, 1750. — IV. De phœnomenis plumbi fusi in iubis capillaribus. Ibid., 1750. — Y. De densilate mixiorum ex metallis et seini-vietallis factorum. Ibid., t. XIII, 1751. — VI. Vont Abstrichbleitreiben. In Kôhlers Dergmâiin. Journal, 1789. — VII. Ueber ein kiinsil. rothes Kupferglas. Ibid., 1790. — VIII. Von Verferligung einer gulen dauerhaflen Farbe ans Galmey. Ibid., 1791. L. Hn.

GELLDAL'S (Ferdinand). Médecin allemand, né dans le canton de Schôttmar, dans la principauté de Lippe, vers 1792, fit ses études à Wurtzbourg, fut reçu docteur en 1817, puis en 1825 devint médecin de la Cour et du prince régnant de Lippe, à Detmold. Il fut en outre médecin des bains de Meinberg. Gellhaus mourut pendant un voyage en Italie, à Turin, en 1827. On a de lui :

I. Inauguralabhandlung ïiber den Nutzen der MHz. Wiirzburg, 1817, gr. in-8°. — II. Bemerkungen iiber die Mineralguellen zu Mainberg. Lemgo, 1820, in-8°. — III. Instruction des Gesundheilsconseil zu Paris iiber die Auferligung ôffenllicher Abtritte. Lemgo, 1826, in-4°. — IV. .\rticles dans Hufeland's Journal der Ueilkundc. L. H.n.

GÉLOSE. § I. Origine botaniqUe. Nom donné par Payeu au principe gélatineux des Algues, qui doit être signalé dans ce Dictionnaire, ne fût-ce que pour faire connaître un mode de falsification de certaines matières alimentaires. C'est le même principe qui a été nommé géliii, Agar-agar, colle ou ichthijocoUe du Japon, Japanese isinglass, et abréviativement singlass, et que M. Marchand propose avec raison d'appeler phycocolle. Au Japon, pays d'où ou l'a surtout retirée jusqu'à présent, cette gélatine végétale est nommée Tjintiow et Lo-thâ'ho. C'est du Japon que les correspondants de Turner l'ont fait connaître d'abord, bien que le produit soit en usage aussi sur toutes les côtes de la Chine. De temps immémorial les Chinois font en effet dessécher au soleil les algues de leurs côtes, et les conservent ainsi pendant quelques années, en les tenant bien comprimées. Quand ils ont besoin de se servir d'une partie de leur

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