‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.43Chapitre 35 sur 61 · OEiNCIVES (pathologik · texte numérisé non relu

OEiNCIVES (pathologik

plus loin que son traitement, sans préjudice des moyens applicables à l'e'tat gingival, repose encore essentiellement sur le procédé de thérapeutique que nous exposerons plus loin, et plus particulièrement sur les applications topiques d'acide chromique qui ont sur elle un effet très-rapide et très-remarquable.

G. Gingivite gangreneuse. Gette forme appartient encore à l'histoire d'une autre lésion décrite par les auteurs sous le nom de gangrène de la bouch' (Rillict et Oarlhez, Taupin, etc.). Elle est dès lors une complication bien plus qu'une maladie particulière et isolée; son âge d'élection est de trois à six ans. Plus fréquente chez les petites filles que chez les garçons, elle est presque inconnue dans la classe aisée et succède constamment aux fièvres graves, scarlatine, rougeole, survenant chez des sujets préalablement affaiblis et alhrepsiés.

Son début est déjà caractérisli((ue de l'état gangreneux : c'est une plilyctène qui apparaît d'ordinaire dans le fond du sillon vestibulaire et qui envahit rapidement le bord gingival. Au bout de quelques jours l'eschare se montre dans toute l'étendue du soulèvement épiihélial ; une ulcération se produit à la limite de la portion mortifiée et s'étend souvent alors de proche en proche, augmentant ainsi la surface de la portion mortifiée. Le sujet exhale l'odeur propre de la gangrène, ce qui ne laisse aucun doute sur la nature du mal. Enfin la chute de l'eschare met à nu une portion plus ou moins grande de maxillaire qui se nécrose aussitôt après. Dans un étit aussi grave, si la mort ne survient pas, ce qui est la terminaison la plus fréquente, c'est la chute de l'os qui en est la conséquence. Nous avons vu ainsi des séquestres enlevés chez des enfants et comprenant la totalité d'un maxillaii'e inférieur (Guéniot) ou l'un des maxillaires supérieurs. Ces séquestres entraînent inévitablement dans leur chute toutes les dents de première dentition et les follicules secondaires quicorrespondent à la partie mortifiée, et le sujet, lorsqu'il survit, est nécessairement privé à jamais de ses dents. C'est même dans ces cas seulement qu'on a pu constater l'absence complète des dents chez les jeunes sujets.

Quant au mécanisme de cette gangrène, nous pensons avec les auteurs modernes qu'il convient ici de l'attribuer à un arrêt de circulation par obstruction due à une thrombose ou une embolie, suivant l'opinion de Lancereaux, ou bien encore à uneartérile, ainsi que Hayem et Lereboullet l'ont reconnu dans le cours de certains états fébriles, dans la fièvre typhoïde par exemple.

D. GiNoiviTE DE LA GROSSESSE. C"est à MM. A et D. Pinard qu'est due la première mention de cette forme de gingivite. Elle serait d'après ces auteurs l'une des expressions morbides qui surviennent dans l'organisme malerntl par le fait même de la gestation. C'est à ce titre qu'elle mériterait d'être classée dans notre division des gingivites spécifiques. Disons de suite toutefois qu'elle n'offre aucun rapport avec d'autres affections de la bouche et en particulier avec la production de la cra'ie dont la présence, si fréquente dans le cours ou à la suite de la grossesse, obéit à des conditions tout autres {voy. Carie des dents, Dictionn. encydop., l" série, t. XII, p. 450). La gingivite apparaît donc sous cette influence tout à fait d'emblée, comme un signe de trouble circubitoire et à titre de congestion passive ou active. La forme de cette affection n'est cependant pas, dans ces circonstances, caractéristique. Il ne s'agit en effet le plus ordinairement que d'une gingivite simple, quelquefois accompagnée de la production plus ou moins abondante d'ulcérations superficielles ou aphthes, telle qu'elle a été décrite plus haut, rarement phlegmoneuse, plus rarement encore ulcéreuse. Elle apparaît en général au début même de la grossesse et l'accompagne pendant toute sa

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durée sans changer notablement d'intensité. Elle n'offre pas de lieu d'élection particulier. Le siège le plus couimun est toutefois la région antéro-infcrieure et i'antcro-supérieure des bords alvéolaires. Sans être constante, elle a été observée par MM. P/nard 45 fois sur un total de 75 femmes enceintes : sur 43 multipares elle s'est rencontrée 51 fois. Sur 32 primipares 14 avaient les gencives malades, et dans les services hospitaliers la maladie se produisait de préférence chez les femmes dont l'état général était plus ou moins affaibli par des maladies préalables.

En résumé, la gingivite des femmes enceintes est une forme simple, sans gravité, et qui cède d'ordinaire spontanément après la délivrance.

Au point de vue du traitement, M. Pinard conseille avec le chlorate de potasse les applications extérieures d'hydrate de chloral soit pur, soit mélangé à quelques teintures astringentes. Sans rejeter en aucune hç.on ces moyens très-souvent suffisants pour modifier l'état gingival, nous avons encore obtenu d'excellents effets des cautérisations superficielles d'acide chromique dont nous ne saurions trop recommander l'emploi aux médecins.

Marche et diagnostic de la gingivite en général. Après la description qui

précède des formes diverses de la gingivite, il ne nous restera que peu de chose à dire sur la marche de la maladie, car elle est presque toujours induencce par le caractère môme qu'elle revêt. Toutefois, si nous cherchons à envisager ce processus dans sa physionomie la plus générale, nous pouvons présenter les quelques remarques suivantes :

Sans revenir ici sur ce que nous avons déjà dit plus haut, il est de toute évidence que tout début de gingivite est simple. Les formes les mieux caractérisées, les spécifiques même, ont une origine commune. D'autre part le point initial est tantôt la partie antérieure du bord alvéolaire, tantôt l'une des extrémités de l'arcade; ce dernier processus est de règle lorsque la gingivite a succédé à un inflammation d'une région voisine, amygdales, cavité pharyngienne, etc., ainsi que divers auteurs l'ont reconnu. Un médecin militaire, M.Beltz, a même observé une forme ulcéreuse de gingivite ayant succédé à une angine.

Une fois le tissu gingival frappé d'inflammation, il est rare que la maladie s'étende à toute la muqueuse buccale et prenne ainsi la forme de la stomatite proprement dite; celte extension toutefois s'observe dans plusieurs formes, les gingivites aphtiieuse, ulcéreuse, diphthéritique ; mais dans ces circonstances l'affection locale est sous la dépendance d'un état général plus ou moins grave qui retentit le plus souvent non-seulement sur la muqueuse buccale, mais aussi sur d'autres points du tube digestif.

Mais, si le début d'une gingivite est invariable dans sa physionomie, celle-ci se modifie rapidement suivant la forme définitive qu'affectera la nudadie. Ici se placent l'intervention delà cause particulière, et en même temps l'état constitutionnel du sujet affecté. C'est ainsi que, toutes conditions étant égales d'ailleurs, une gingivite variera d'intensité suivant l'énergie de la cause productrice. Gela est particulièrement évident pour les gingivites toxiques, et d'autre part un sujet affaibli par des maladies antérieures ou par de mauvaises conditions hygiéniques présentera une forme plus grave et [dus rebelle qu'un individu bien portant. Ce rapport est surtout rannifeste dans la production de la gingivite ulcéreuse ou dsns la scorbutique. Ce sont encore ces conditions générales (|ui entraînent la durée extrême de certaines gingivites et leur passage à l'état chronique.

Quant au diagnostic delà gingivite, il est des plus simples, car il s'établit par

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les seuls signes objectifs, auxquels s'ajoute un ensemble de symptômes d'importance variable suivant l'intensité même du degré' inflammatoire. Il n'existe d'ailleurs qu'une seule affection du bord alvéolaire qui puisse prêter à une erreur diagnostique. C'est ïosléo-pérlostite alvéolaire [vuy. ce mot). Ici la déterminalion diiférentielle nous paraît être d'une certaine importance, car quelques auteurs ont fait cette confusion en décrivant cette dernière maladie sous le nom de gingivite expulsive (Marchai de Calvi, Després). Nous nous sommes à plusieurs reprises élevé contre cette assimilation qui ne peut se soutenir en présence d'une élude parallèle des phénomènes. Ainsi, tandis que dans la gingivite il y a extension de la maladie soit à une région, soit à la totalité des deux arcades, l'ostéo-périostite est toujours isolée au début. En outre rinflanimation gingivale qui est essentielle et primitive dans la première est au contraire secondaire et tardive dans la seconde. L'ostéo-périostite se caractérise par une déviation initiale d'une ou de plusieurs dents et par leur ébranlement, tandis que ces phénomènes appartiennent à la fin d'une gingivite. La suppuration alvéolaire est dans le même cas. Enfin ce n'est que dans les cas graves et exceptionnels que la gingivite entraîne la chute des dents, qui est la règle dans l'ostéo-périostite. Cette expulsion des dents n'est même à projjrement parler jamais le fait d'une gingivite, laquelle est incapable à elle seule de la produite; il faut pour amener un semblable résultat l'intervention, à titre de complication toujours lointaine, d'une résorption des parois alvéolaires et d'une périostite alvéolaire par propagation. Les deux processus comparés entre eux ont donc une direction inverse, et c'est pour avoir méconnu celte particularité que plusieurs auteurs ont assimilé à une gingivite l'ostéo-périostite alvéolaire, qui n'est d'ailleurs jamais essentielle, mais toujours symptomatique d'un état général variable, diabète, albuminurie, arlhritisme, dont elle devient une simple manifestation.

Traitement de la gingivite. Le traitement de la gingivite est nécessairement <iouble. Aussitôt que le diagnostic de la forme est posé d'une façon précise et que la cause particulière a été déterminée, il faut s'adresser à cette dernière et en éloigner ou en neutraliser l'influence.

Ces indications seront particulièrement impérieuses dans les gingivites de cause générale comme les formes toxiques dont il faudra éloigner l'agent spécial ou celles qui se rattachent à des diathèses comme le scorbut, l'anémie, ou les conditions qui amènent la gingivite ulcéro-membraneuse. Nous n'avons point à développer ici les questions de thérapeutique générale ou d'hygiène ; elles sont indiquées longuement dans les traités spéciaux.

Mais en dehors de ces influences il y a des conditions locales ou dts états mieux définis qui nécessitent au point de vue du traitement une intervention directe : tels sont les corps étrangers qui produisent et entretiennent une gingivite dite traumatique, dépôts détartre et de particules charbonneuses, taches diverses dont Tablalionest de toute nécessité; tels sont encore les troubles de la dentition qui aniènent si souvent la gingivite simple ou phlegraoneuse. Parmi ces derniers se placent en première ligne les anomalies de l'éruption de la dent de sagesse, cause pour ainsi dire constante de gingivite ordinairement localisée au point correspondant, mais pouvant aussi s'étendre à tout un bord alvéolaire et même aux deux. Ici l'indication thérapeutique est urgente : il faut recourir aux moyens chirurgicaux qui consisteront soit à favoriser par des débridements ou des excisions de muqueuse la sortie régulière de cette dent, soit, dans les cas

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plus graves avec imminence d'abcès ou la production d'ulcérations, de rétractions musculaires etc., à pratiquer l'avulsion même de la dent de sagesse.

Les autres troubles de l'évolution dentaire qui amènent la gingivite sont les accidents qui accompagnent la sortie ou la chute des dents. La première dentition accusée de tant d'accidents divers amène assez rarement la gingivite, mais lorsqu'elle se produit elle est duc à la distension de la muqueuse et nécessitera un débridement immédiat. La période d'éruption des dents permanentes et la chute concomilante des temporaires sont des conditions de production de gingivite plus communes que les précédentes ; tantôt encore ce sont les dents temporaires qui étant profondément altérées par diverses maladies provoqueiit sur la région gingivale environnante des phlegraasies, des abcès, des ulcérations, c'est-à-dire des gingivites locales de formes diverses. Nous. avons dit déjà que le plus souvent la forme dite ulcéro-membraneuse des enfants était due suivant nous à de troubles de ce genre survenant à la période infantile qui s'étend de la quatrième ou cinquième année jusqu'à la douzième.

Ne pouvant, au point de vue thérapeutique de la gingivite, reproduire ici les règles qui nécessitent l'intervention chirurgicale dans les dernières circonstances que nous venons de rappeler, nous dirons seulement qu'il est en général facile d'éloigner les causes particulières, toutes ces déviations dans l'éruption ou dans la chute des dents ayant leur traitement approprié.

Une fois que le médecin aura réussi à éloigner la condition étiologique initiale d'une gingivite, il lui restera à entreprendre le traitement local de la maladie : c'est de lui que nous devons particulièrement nous occuper ici.

Or d'une manière générale le traitement d'une gingivite repose sur deux ordres de moyens : l'un en quelque sorte classique est l'emploi méthodique du chlorate de potasse; l'autre réside dans certaines applications topiques plus ou moins énergiques dans leur action.

Le mode d'emploi du chlorate de potasse comprend trois procédés qui sont :

1° L'administration à l'intérieur en potion, au moment du repas, et à la dose quotidienne de 2 à 8 grammes. Les effets thérapeutiques de ce médicament ont été suffisamment établis par les au leurs, et en particulier par Isambert, pour qu'il nous paraisse inutile d'y insister. Nous pensons seulement qu'il convient aux cas aigus dans lesquels les applications topiques même les plus modérées seraient intolérables au début. Ces derniers cas sont même souvent de nature à justifier au préalable l'emploi des émollients et des opiacés qu'on administre à Tintérieur ou à l'extérieur pendant les premiers jours. Toutefois nous devons dire que fort souvent dans nos observations personnelles l'emploi à l'intérieur du chlorate de potasse a été insuffisant ou nul dans ses effets. On peut en voir un exemple frappant dans une observation déjà citée de gingivite toxique due à l'administralion interne du phosphore et qui malgré les doses élevées de chlorate n'a pas même été améliorée, tandis que certaines applications topiques l'ont rapidement modifiée {Gazette des hôpitaux, 1878, p. 814).

Ce fait n'est pas isolé et nous en avons recueilli un certain nombre qui nous portent à penser que cet agent est dans bien des cas très-réellement infidèle, malgré les précautions prises pour en assurer l'absorption par l'emploi préalable de purgatifs salins fort utiles d'ailleurs dans certaines formes de gingivite accompagnée de phénomènes généraux. C'est ainsi que dans notre pratique courante, tout en prescrivant suivant la tradition ce médicament aux doses ordinaires, nous lui accordons un rang secondaire dans les agents thérapeutiques pour

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lui préférer les topiques externes dont l'emploi exclusif dans certaines formes graves a donné d'ailleurs des résultats complets.

2" Le second mode d'emploi du chlorate de potasse est l'usage externe. II est parliculièrement indiqué lorsque, ce qui est fréquent, on rencontre chez les malades une intolérance de l'eslomac. On l'applique alors sous forme de gargarismes prolongés, sortes de hains composés d'une solution saturée à chaud de chlorate : le médicament agit par son effet astringent. D'autres fois on forme avec une bande d'ouate ou de charpie une espèce de compresse imbibée dans la même solution saturée et qu'on applique, en les renouvelant toutes les deux ou trois heures, d'ane façon permanente sur la région malade. Ces petites compresses placées dans le vestibule de la bouche s'y maintiennent aisément et produisent un effet bien plus marqué que les gargarismcs. Dans tous les cas, le procédé de de la compresse convient manifestement aux gingivites localisées, à celle de la dent de sagesse, aux gingivites traumatiques, à celle qui est due aux dépôts de tartre en particulier et dans laquelle le chlorate agit à la fois comme dissolvant de ces dépôts et comme moditicateiir de la muqueuse.

o" Le troisième mode d'emploi du chlorate de potasse est la forme de pastilles. C'est celui auquel nous donnons constamment la préférence, par la raison qu'il résume les deux modes précédents, l'action topique par le séjour de la pastille au contact des parties malades, et l'effet par l'absorption et l'élimination salivaire. En formulant ces pastilles de manière à leur faire contenir 20 à 25 centigrammes de sel on peut avec 5 à 8 pastilles par jour administrer une dose moyenne de 1 à 1p%50 du médicament, dose qui est en général facilement supportée, même des estomacs les plus impressionnables. Nous estimons du reste que cette dose devient suffisante, à la condition d'en prolonger l'emploi pendant un certain temps. Nous l'avons administrée ainsi sans accident aucun pendant plusieurs mois dans quelques formes de gingivites chroniques. Ajoutons que nous avons depuis longtemps repoussé de la composition de ces pastilles la présence du sucre, qui en augmente beaucoup le volume et qui peut être fort désagréable ou même nuisible chez certains malades, les diabétiques, par exemple. D'autres excipients comme la poudre de réglisse ou la gomme ont en outre l'avantage de donner a la pastille une plus grande résistance à l'action dissolvante de la salive et à en prolonger ainsi singulièrement les effets locaux sur la muqueuse.

Le deuxième ordre d'agents thérapeutiques de la gingivite comprend les astringents et les caustiques. Ces substances ont été indiquées d'ailleurs par tous les auteurs et souvent déjà préférées à l'emploi des moyens internes. Tels sont, par exemple, les applications d'alun si souvent conseillées en particulier par Velpeau, puis le nitrate d'argent. De ces deux moyens le premier doit être absolument rejeté en raison de son effet nuisible sur les dents, même à l'état calciné, qui est le moins soluble {voy. pour les effets dangereux de l'alun l'article Carie des DENTS de ce Dictionnaire, !■'« série, t. XII, p. 546). Le second, tout au plus utile dans quelques formes simples comme l'aphthe, a cet inconvénient bien connu de produire des taches noires qui sont souvent fort difficiles à faire disparaître de la surface des dents. La teinture d'iode conseillée par Delestre et Marchai (de Calvi) peut-être un agent préférable et en tout cas suffisant dans les formes simples. Il agit d'ailleurs à la manière des teintures astringentes et avec une intensité un peu supérieure à celle des teintures ordinaires de cochléaria, de cresson et autres. L'hydrate de chloral employé par Pinard, le borax conseillé

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par Gubler, soit ea poudre fuie, soit allié à la glycérine, ont les mêmes effets que le glycérolé de chlorate dépotasse conseillé par J. Simon dans les stomatites ulcéreuses chez les enfants. Parlerons-nous enfin dans cette énumération des collutoires saturnins conseillés dans les stomatites par Ricord, ou des attouchements de sulfate de cuivre ou de zuic? Ces deux derniers peuvent être assurément utiles dans certains cas, mais à défaut d'autres moyens.

Enfin nous arrivons à l'acide chlorhydrique ou à ses analogues qui ont été si souvent préconisés, et contre l'emploi desquels nous ne saurions trop énergiquement protester comme agents néfastes sur les tissus dont se composent les dents.

Mais dans cette discussion de moyens employés par la plupart des auteurs, si nous rejetons successivement chacun d'eux, avons-nous à proposer à leur place une substance d'une efficacité comparable ou supérieure, jointe à une innocuité complète? Assurément oui, et cet agent dont il nous reste à parler est le modificateur le plus puissant qui puisse s'appliquer sur une muqueuse : nous avons nommé ïacide chromique.

Les considérations que nous pourrions présenter ici à l'égard de l'application particulière de l'acide chromique à la thérapeutique de la gingivite seront singulièrement simplifiées par un article de ce dictionnaire (ro»/. Chromique [acù/e], 1'^ série, t. XVll, p. 167), et dans lequel la plupart des idées que nous avons exposées antérieurement ont été fort bien résumées. Nous ne nous arrêterons qu'à la mention de quelques particularités d'application qui ont été introduites depuis plusieurs années dans notre pratique.

C'est ainsi qu'après avoir employé dans nos premières expériences l'acide chromique sous la forme rouge et cristalline du commerce, nous avons dû nous apercevou' bientôt que ce produit était notablement impur et qu'il contenait entre autres éléments une proportion souvent très forte d'acide sulfurique qui persistait après les manœuvres de sa préparation. Cette proportion vaiiable suivant les échantillons atteint parfois 10, 20 et même 50 pour cent. Ce sont même les échantillons les mieux cristallisés qui en contiennent le plus. Or, il est inutile d'insister sur les inconvénients graves de la présence de cet acide appliqué avec bords alvéolaires, car si nous avons reconnu que l'acide chromique ne possède aucune action manifeste sur les tissus de la dent elle-même, il n'eu est pas de même de l'acide sulfurique qui est éminemment dangereux.

La présence de l'acide sulfurique n'est pas la seule impureté que contient l'acide chromique du commerce, et M. H. Rousseau [De V acide chromique, thèse de Paris, 1878) y a rencontré une proportion d'arsenic assez notable pour que cet auteur ait pu admettre la possibilité d'un effet toxique résultant d'applications prolongées dans la bouche.

D'autres produits sans importance ont été rencontrés encore dans ces analyses : ce sont des sels de baryte et de potasse.

Ces diverses impuretés dont nous soupçonnons depuis longtemps l'existence dans l'acide chromique ordinaire et que 51. Rousseau a exactement dosées, nous avaient depuis longtemps déterminé à ne plus employer dans notre pratique que l'acide chromique chimiquement pur. Ce dernier, qui est d'une préparation plus laborieuse, cristallise dilficilement; aussi l'appliquons-nous à l'état amorphe, sous forme de grains d'un rouge sombre et d'une déliquescence notablement moindre en raison de l'absence d'acide sulfurique. Il est très friable, susceptible de se pulvériser aisément, ce qui a son importance, car on verra que nous l'ap- DicT. E^c. 4' s. Vil. ly

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pliquons à l'état solide et non à l'état de dissolution quelconque. Voici le manuel opératoire :

Une petite baguette de bois étant entourée à son extrémité aplatie ou effilée, suivant le cas, d'une légère couche d'ouate, est chargée d'une parcelle de l'acide écrasée sur une plaque de verre ou sur les parois du flacon qui le contient. La petite couche pulvérulente se trouve ainsi fixée à la surface du coton. Chargée de la sorte, la baguette de bois, est portée sur les surfaces à cautériser, et tout aussitôt l'acide qui rencontre une légère humidité, entre en dissolution et forme une bandelette rougeàtre dont on constate immédiatement l'action. On recouvre alors de suite la partie de gencive touchée d'une bande d'ouate destinée à isoler le caustique des régions voisines et à éviter les fusées du côté du vestibule, précaution surtout très utile à la mâchoire inférieure où dans certaines applications un peu trop énergiques nous avons remarqué souvent des traînées caustiques atteignant le fond du sillon gingivo-labial et la mu(jueuse même de la lèvre. On recommande ensuite au malade d'éviter d'avaler la salive tant que celle-ci reste colorée en brun ou en rouge et généralement au bout de quelques minutes l'effet est complet et l'on peut retirer la bande protectrice d'ouate. Ces précautions ont un autre but : celui d'éviter l'ingestion dans l'estomac d'une partie de l'acide dont l'effet serait de nature à provoquer quelques vomissements. Cet inconvénient est le seul d'ailleurs que nous ayons eu à constater dans une pratique aciive qui date déplus de douze années. Jamais nous n'avons observé aucun symptôme grave, bien que dans un grand nombre de cas nous ayons appliqué la substance sur des surfaces très-étendues et à doses parfois considérables.

Préoccupé d'ailleurs des objections possibles dans cet ordre d'accidents, nous avons, il y a quelques années, entrepris une série de recherches dans le but de fixer la dose toxique de l'acide chromique. Des expériences répétées chez le chien : ingestion dans les veines de solutions diverses, application de quantités très-fortes sous la peau, etc., n'ont abouti qu'à des lésions locales et sans amener la mort. Les injections veineuses nous ont même montré dans l'acide chromique une action coagulante si rapide et si nette qu'on devrait considérer suivant nous cet agent comme l'un des meilleurs, sinon le meilleur hémostatique applicable aux surfaces saignantes, aux tumeurs érectiles et même probablement à la cure de certains anévrysmes.

Quant à l'action même de l'acide chromique sur une muqueuse comme la gencive, elle résulte, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, de l'effet hygrométrique et de? combinaisons avec les sels alcalins qu'il transforme en chromâtes. Cette action est identique à celle qui s'observe dans l'emploi de l'acide chromique sur les tissus cadavériques ; il les durcit en les désorganisant. C'est un mode particulier d'eschare.

Cette escliare présente un autre caractère très-important à considérer ici : c'est qu'elle ne dépasse jamais en dimension la surface touchée et qu'en même temps souéjiaisseur est rigoureusement proportionnelle à la quantité d'acide appliquée. En d'autres termes, elle ne présente aucune tendance à l'extension spontanée, mécanisme que possèdent, comme on sait, un grand nombre de caustique*. La cautérisiilion en outre n'est nullement douloureuse, au moins immédiatement. La premièie impression est celle d'une légère chaleur avec la sensation d'une surface inerte, la couche épithéliale étant immédiatement frappée de mortification. Fendant les jours qui suivent, la cuisson s'accuse davantage, mais sans prendre

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la physionomie d'une véritable douleur. A côté de ce premier résultat se place, un signe qui consiste dans la suppression immédiate de la suppuration: toute sécrétion est donc immédiatement suspendue sur la surface touchée. C'est là un phénomène qui, outre son inqjortance au point de vue de la suite du traitement, donne tout d'abord confiance aux malades et encourage en même temps le médecin.

L'élimination de l'escharese produit après un temps variable suivant son étendue, sa surface et son épaisseur, mais sans dépasser trois ou quatre jours. A partir de ce moment, la réparation commence: le derme, lorsqu'il a été atteint assez profondément par la perte de substance, se cicatrise, l'épithélium se reforme et au bout d'un temps variable de quatre à huit jours il ne se retrouve aucune trace de l'action caustique.

Telle est, si l'on veut, l'action physiologique de l'acide chromique sur la muqueuse gingivale ; mais sur une surface atfcclée d'inflammation l'action modificatrice est souvent immédiate. Dans les formes simples, une application peut suffire, et dans les formes graves la première cautérisation est ordinairement suivie d'une amélioration considérable. Nous avons fait maintes fois celte expérience , dans une gingivite siégeant aux deux mâchoires , d'appliquer l'acide chromique à l'un seulement des bords alvéolaires et, dès le lendemain, celui qui avait été cautérisé était profondément modifié, tandis que l'autre était ■dans le même état. Les gingivites fongueuse, hypertrophique; la gingivite du scorbut, les formes toxiques éprou\cnt constamment les mêmes effets, variables seulement suivant l'anciennelé ou l'intensité de l'état inllammatoire. Les formes aiguë, phlegmoneuse, ne constituent nullement une contre-indication à l'action caustique et nous avons l'habitude de les traiter ainsi dès le début. Mais le triomphe particulier de l'acide chromique réside plus manifestement dans l'état ulcéreux qu'une première application modifie sensiblement et que trois ou quati'e cautérisations subséquentes arrivent ordinairement à guérir.

En résumé, l'acide chromique est, suivant nous, l'agent par excellence sur lequel repose le traitement externe de la gingivite dans ses différentes formes et toutes les fois qu'en présence d'une telle affection, l'intervention de la cause efficiente générale aura été éloignée ou neutralisée dans la mesure du possible, la manifestation gingivale pourra être rapidement et complètement guérie par cet agent. Il est toutefois quelques formes plus spécialement rebelles; telles sont certaines gingivites liées à l'anémie, la chlorose, la variété hypertrophique : dans •celles-ci les applications chromiques devront être nombreuses et plus fréquemment répétées, de manière à réaliser non plus l'action modificatrice superficielle qui suffit d'ordinaire aux formes moyennes, mais l'effet destructeur proprement dit, parfaitement réalisable d'ailleurs comme on sait, par ce caustique.

Ce dernier aspect de l'acide chromique comme agent destructeur profond s'adressaut à des masses plus ou moins épaisses de tissus, nécessite parfois pour se produire un temps fort long et il est des circonstances dans lesquelles il y a intérêt, en vue de la rapidité du résultat, à s'adresser à un autre moyen, le seul d'ailleurs qui puisse entrer en parallèle avec lui : c'est le cautère actuel.

A ce titre, la cautérisation par le feu figure comme dernier terme de la série des agents thérapeutiques locaux dans la gingivite. Nous y avons très fréquemment recours dans les formes que nous avons indiquées plus haut et soit alternativement avec l'acide chromique, soit employé seul. Les cautérisations alternées, feu et acide, sont souvent d'un précieux effet dans les formes anciennes.

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Nous n'avons point à décrire ici les procédés et nous nous bornerons à dire que nos préférences s'adressent au galvano-cautère bien plus qu'au thermocautère, à cause du grand rayonnement calorique de ce dernier. La cautérisation par la pile s'effectue dans ces circonstances au moyen de petits cautères de iils de platine enroulés en spirale à 2 ou 5 tours au plus, de manière à pouvoir agir non-seulement sur les surfaces, mais encore pénétrer dans les interstices dentaires et y détruire ces languettes fongueuses parfois si tenaces et les végétations variqueuses qui accompagnent certaines formes.

Ainsi donc, pour nous résumer eu quelques mots, le traitement de la gingivite consistera dans l'emploi simultané du chlorate de potasse et des cautérisations à l'acide cliromique pour les cas ordinaires ; pour les formes anciennes, chroni(iues, fongueuse ou hyperlrophique, on pourra recourir à l'emploi du galvanocautère seul, soit en ces applications alternées avec l'acide chromique.

m. Lésions organiques. L'étenduc Considérable donnée déjà à la descriplion de certaines affections organiques du bord alvéolaire dans ce Dictionnaire {voy. Maxillaires [Maladies des os], 2^ série, t. V, p. 443 et suiv.) nous dispense nécessairement d'insister longuement sur certaines questions de cet ordre. Toutefois, quelques-unes de ces lésions n'ayant point été envisagées au point de vue particulier de leurs rapports anatomiques avec la gencive, nous demanderons la permission d'y revenir, d'ailleurs brièvement.

Les affections organiques du tissu gingival se manileslent sous la forme de tumeurs, lesquelles peuvent se diviser suivant leur composition anatomique en :

a. Tumeurs hypertrophiques ou hypertrophie simple, ce sont les fibromes des auteurs ;

b. Sarcomes de constitution histologique diverse :

A. TuMEUBs HYPERTROPHIQUES OU FIBROMES. Cette Variété de tumeurs est caractérisée par une production dure tantôt isolée et limitée en une seule niasse parfois pédiculée (polypes de la gencive), tantôt au contraire étendue dans une assez grande surface du bord alvéolaire, soit qu'elle conserve l'aspect de tumeurs multiples, soit qu'elle forme une tumeur unique, volumineuse et mamelonnée. Dans tous les cas la tumeur est dure, rénitente, d'une teinte qui ne diffère en rien de celle du tissu gingival normal, et recouverte de sa couche épithéliale ordinaire. La surface est par conséquent lisse et luisante, sans trace de ramollissement ni d'ulcérations. Lorsqu'elle apparaît chez un sujet porteur de toutes ses dents, elle se développe autour de celles-ci qu'elle entoure et qu'elle surmonte souvent au point que celles-ci disparaissent enfouies dans son intérieur. Dans d'autres cas, les dents subissent des déviations plus ou moins marquées et peuvent même être renversées et chassées de leurs alvéoles. Ces organes cependant n'éprouvent d'ordinaire aucune altération de leur substance propre et n'ont dans le développement de la tumeur qu'un rôle passif. Si la production pathologique débute dans un interstice dentaire, elle y produit ordinairement la déviation des dents contiguës, elle se loge entre elles et peut, en se développant., amener leur chute.

Au point de vue histologique, l'examen dune de ces masses fait à un grossissement suffisant montre qu'il s'agit d'une simple hypergenèse des éléments normaux de la gencive, c'est-à-dire une masse composée essentiellement de tissu coiijouclif à ses diverses périodes d'évolution.

Sous le rapport étiologique, l'hypertrophie gingivale peut être congénitale. Le

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cas est: très-rare et l'on n'en connaît guère que quatre exemples dus à Salter, Gross, Heatli et Watermann. Cette singulière alïeclion progresse assez rapidement, et la tuméfaction occupe tantôt également, tantôt inégalement les deux mâchoires, pouvant acquérir un volume tel qu'il s'oppose à l'occlusion des mâchoires; elles ont ainsi l'aspect d'excroissances multiples envahissant toute la bouche [voy. fig. 1).

Les causes de cette maladie sont inconnues. Le malade de Salher était épileptique ; celui de Mac Gillivray, mentionné par Ilcath, était scrofuleux. Le même auteur signale la coïncidence de celte hypertrophie congénitale des gencives avec un développement exagéré des poils ou hypertrichosc. C'est là une relation singulière et que nous avons nous-mème rencontrée dans le cas resté célèbre d'une certaine danseuse espagnole citée par Darwin, Julia Pastrana, qui avait le corps couvert de poils et les deux mâchoires

envahies de masses hypertrophiques {voy. Le.t hommes velus, Gazette médicale de Paris, 1873, 15 novembre).

Fig. 1. — Fibromes multiples conscnilaux (d'après lleatli et Duplay).

Fig, 2. — a Fibrome généralisé du bord alvéolaire inférieur (cas de Julia Paslrana) 6, Fibrome d'une moitié de l'arcade supérieure.

Les tumeurs hypertrophiques acquises n'ont pas toujours ce caractère généralisé des précédentes, et le plus ordinairement elles sont isolées, parfois pédiculées dans un interstice dent;iire comme un véritable polype, et tantôt saillantes en avant, tantôt se développant dans l'intervalle de deux dents qu'elles éloignent l'une de l'autre pour se créer une place. Ces tumeurs localisées se développent fréquemment à la suite de la gingivite soit d'une forme simple et à titre de comphcation, soit de la forme hypertrophique qui y prédispose tout spécialement. Quelquefois enfin elles se produisent spontanément et sur des gencives antérieurement saines. De telles tumeurs sont d'ailleurs essentiellement bénignes et leur ablation, suivie de la cautérisation du point d'implantation, suffit dans tous les cas à les guérir. Dans l'hypertz-ophie générale des gencives, toute Ja surface d'un bord alvéolaire, et souvent des deux à la fois, est couverte de pro-

294 GENCIVES (pathologie).

ductions mamelonnées, en tout semblables à celles qui ont été signalées plus^ liaut dans l'bypertrophie congénitale {voy. fig. i).

Dans tous les cas, la constitution de ces tumeurs est identique; c'est la proliféralion simple des éléments anatomiques de la gencive normale; fibres de tissu conjonctif avec matière amorphe plus ou moins abondante suivant la densité et la résistance de la masse morbide ; état vasculaire faible en général et d'autres fois présentant des dilatations variqueuses qui expliquent les hémorrhagies qui suivent la section avec l'instrument tranchant. La surface des mamelons qui est lisse et polie est recouverte d'une couche épilhéliale laquelle a subi aussi la prolifération qui a envahi les éléments profonds. Les symptômes sont en général nuls, car en dehors de la gêne qu'apporte un tel état aux fonctions de la bouche, il ne se produit aucune douleur, 11 n'y a non plus aucune tendance habituelle aux hémorrhagies spontanées.

La marche de l'hypertropliie est généralement très-lente, parfois mêaie tout à fait stationnaire à un certain degré de développement, de sorte que les malades gardent pendant de nombreuses années ou même pendant toute leur vie une masse indolente parfois très-considérable. Il faut ajouter toutefois qu'elle ne rétrograde jamais et n'arrive pas, comme cela a lieu pour certaines tumeurs, à se moitilier et à se détacher.

B. Sarcomes DE la gencive. Nous rangerons sous ce terme deux variétés de néoplasme du bord alvéolaire qui ont pour origine le tissu gingival : les productions fibro-plastiques ou viyxomes et les tumeurs à myéloplaxes auxquelles semble se rapporter la vieille désignation d'épulis. Ces deux variétés de productions ne sont assurément pas les seules qui apparaissent sur les mâchoires, mais nous n'avons point à décrire ici les tumeurs si diverses q\ii prennent naissance dans le tissu osseux lui-même. Leur histoire a été tracée ailleurs {voy. art. JIaxili,AiRE [pathologie], 2" série, t. V, p. 435).

Le myxome de la gencive est représenté par une production qui présente dans ce cas à la fois les caractères cliniques et la composition histologique des myxomes en général : tissu mou, vasculaire, sans ulcération ni retentissement ganglionnaire. Elles sont composées d'éléments embryonnaires, noyaux fibroplastiques inclus dans une masse de matière amorphe transparente, hyaline et comme muqueuse. La plupart des auteurs refusent aux tumeurs de cette composition une origine superficielle et les font dériver d'un point osseux profond. Si nous leur accordons pour point de début la gencive elle-même, c'est que nous en avons observé personnellement divers exemples qui ne dépassaient pas dans leur point d'implantation la couche profonde de la gencive, c'est-à-dire le périoste. Elles sont d'ailleurs sans gravité, tout à fait bénignes et ne récidivent jamais dès lors qu'elles ont été enlevées en totalité et que leur pédicule a été détruit.

Les myxomes n'ont pas tous d'ailleurs une constitution aussi caractérisée et parfois ou trouve dans la masse, à côté des éléments prédominants du tissu conjonctif embryonnaire, des éléments fibreux, des fibres élastiques, des cellules adipeuses et parfois quelques éléments accessoires, des méduUocelles par exemple, lesquelles dénotent en particulier l'origine périostiquc. Ces variétés ont donné lieu à d'autres désignations plus complexes de la part de quelques auteurs. Aussi dans une leçon clinique M. Trélat a-t-il décrit une de ces tumeurs sous le nom d'épulis myxosarcomateuse d'origine périoslogène.

Les tumeurs à myéloplaxes rentrent également, suivant les classifications modernes des tumeurs, dans la classe des sarcomes, ce sont les épulis sarco-

GENCIVES (pathologie). 295

matenses. Leur description a déjà été tracée ici {voij. art. Maxillaire, loc. cit., p. 477), et il est vrai de dire que si cette variété de productions appartient souvent à la gencive, elle peut aussi débuter dans un point plus prol'ond et devient alors un sai corne central. On peut encore ajouter que tantôt l'origine gingival entraîne l'envahissement de la mâchoire, tantôt c'est le sarcome central qui aboutit à la suifacc. Le début seul de la maladie indique leur point d'origine et il n'est pas douteux que ce point soit souvent le tissu gingival et encore dans ce cas sa fai.e profonde ou périostique. 11 est encore d'autres cas dans lesquels les tumeurs de cette constitution siègent réellement dans !e tissu même du périoste intra-alvéolaire. Mais ce sont là des tumeurs du périoste dentaire que nous étudierons plus loin et dont la description appartient à l'histoire des maladies des dents (ro//. Dent).

Quoi qu'il en soit, les tumeurs à myéloplaxes de la gencive présentent tous les caractères cliniques de ces productions en général. Masses molles, mamelonnées, vasculaires, de couleur rouge ou brune. A la coupe on reconnaît cet aspect spécial du tissu composé de myéloplaxes, parcouru par des vaisseaux en nombre variable et quelquefois traversé par des aiguilles osseuses, lesquelles semblent alors indiquer une origine plus particulièrement profonde. Cette dernière variété est toutefois assez exceptionnelle et nous ne l'avons que très-rarement rencontrée dans un grand nombre de tumeurs à myéloplaxes de la gencive que nous avons pu observer dans notre pratique.

Au point de vue histologique, les productions sont composées par les éléments que nous n'avons pas à décrire ici, c'est-à-dire les plaques à noyaux multiples bien connus des cliniciens et des anatomisles.

L'étiologie des tumeurs gingivales, aussi bien que celle des productions bénignes du bord gingival en général, est fort obscure. Nous avons vu que souvent une tumeur hypertrophique simple pouvait compliquer une gingivite, soit de la variété hypertrophique, soit de toute autre, la forme fongueuse, par exemple. D'autres fois, on a signalé des traumatismes, des altérations dentaires, et spécialement la périostite. Des anomalies de siège ou de direction de certaines dents ont été aussi invoquées. Dans tous les cas, l'affection est toujours locale, sans retentissement dans l'économie, sans tuméfaction ganglionnaire. Leur volume, extrêmement variable, reste en général restreint et cependant nous avons observé certaines tumeurs à myéloplaxes ayant acquis le volume d'une mandarine ou celui d'une orange. L'une de nos observations a été publiée dans un travail récent (voy. Gœury, Des néoplasmes du bord alvéolaire. Thèse de Paris, 1880, p. 44).

Cette tumeur, incomplètement enlevée uue première fois, s'était reproduite et avait envahi toute la partie antérieure du maxillaire inférieur entre les deux canines Un autre, dont la relation n'a pas encore été publiée, occupant toute l'étendue de la masse droite du maxillaire supérieur, avait occasionné la chute de toutes les dents correspondantes et s'étendait jusqu'au plancher du sinus qu'elle n'avait pas toutefois pénétré.

Le diagnostic de ces tumeurs est toujours facile à établir par l'examen même des éléments dont elles se composent. On détache simplement avec des ciseaux un petit fragment de la masse et on reconnaît sous le microscope sa composition anatomique. Nous avons toujours procédé de la sorte et avec un résultat complet. Cet examen n'est pas le seul élément de démonstration, quoiqu'il soit toujours aisé de le pratiquer. Les signes cliniques ont également leur importance.

296 GENCIVES (pathologie).

La consistance de ces tumeurs, bien que variable suivant qu'il s'agit d'un fibrome ou d'un myxome, suffit déjà à les distinguer des enchondromes, des ostéomes ou des kystes. Elle permettra aussi de les différencier des productions de mauvaise nature, comme l'épithélioma superficiel qui a toujours une surface végétante, ulcérée, saignante. Si quelque doute pouvait subsister d'ailleurs, on aurait aussitôt recours encore à l'examen histologique, lequel devrait être employé en particulier lorsqu'il s'agirait de distinguer certaines tumeurs à myéloplaxes qui peuvent parfois s'ulcérer à la surface et prendre la physionomie végétante et hémorrhagique. Quant au carcinome central des mâchoires, il n'apparaît que trop tardivement à la surface de la gencive pour permettre une confusion.

Le pronostic des tumeurs gingivales que nous venons de décrire est ordinairement bénin, car il suffit d'enlever bien complètement toute la masse pour être assuré d'une guérison complète. Leur récidive n'est due qu'à leur destruction incomplète. Ce n'est donc pas à proprement parler une récidive, mais une continuation ou une reprise de leur développement. Toutefois, il est bon de noter que la guérison sera plus certaine s'il s'agit d'une tumeur hypertrophique que si l'on a affaire à un sarcome de l'une des deux variétés. Ces dernières demanderont, dans l'emploi des moyens chirurgicaux quelques précautions particulières; la pénétration de la masse morbide vers le tissu osseux et avec présence de quelques productions de celte nature ajouterait une certaine gravité relative au pronostic. On a cité aussi quelques faits de productions simultanées d'une tumeur à myéloplaxes de la mâchoire et d'une autre de même nature, sur un point éloigné du corps (A. Guérin et Terrillon). Il semble qu'il s'était montré dans ce cas une sorte de diathèseou de généralisation de la production myéloplaxe, mais ces faits sont rares. Il en est d'autres dans lesquels une tumeur à myéoplaxe a pu rétrograder. Lawrence en a rapporté un exemple.

Le traitement des tumeurs bénignes des gencives est celui de toutes les tumeurs en général, c'est-à-dire l'ablation. Cette méthode suffit parfiiitement pour les tumeurs nettement limitées avec pédicule plus ou moins étendu, en ajoutant la précaution de cautériser fortement le point d'implantation. Mais il est des circonstances où la tumeur offre des prolongements dans différents sens qui rendent l'accès par le bistouri assez incertain. Il faut alors adopter un procédé mixte qui consiste d'abord dans l'extirpation au moyen de l'instrument tranchant et la poursuite des ramifications avec les caustiques. Ici nous avons encore à préconiser l'acide chromique : c'est en particulier dans le traitement du sarcome que cet agent sera le plus précieux. Dans plusieurs cas de tumeurs à tissu conjonclif embryonnaire, lesquelles avaient reparu après la simple ablation, l'emploi de l'acide chromique a permis une destruction définitive. Il en a été de même pour les tumeurs myéloplaxes et en particulier dans cette observation déjà mentionnée et qui avait également récidivé (voy. Gœury, lac. cit., p. 4-4).

Le manuel opératoire que nous avons à peu près invariablement adopté dans le traitement des néoplasmes de la gencive comprendra donc deux parties : d'abord on devra procéder à l'ablation aussi large et aussi étendue que possible de la masse morbide au moyen du bistouri, des curettes ou des gouges, afin de pénétrer jusqu'au point d'implantation qui est souvent périostique, ain-i qu'on l'a vu. Si la tumeur est d'un petit volume, son pédicule pourra être suffisamment atteint par une application de galvanocautère. Mais nous avons rencontré certaines tumeurs, surtout celles à myéloplaxes, qui s'étendaient plus ou moins profondément et dans des directions multiples : c'est alors que nous avons avons

GENCIVES (iubi.k.cr.u'hie). ■ 207

eu à recourir avec uu plein succès aux applications répétées d'acide chromi(jue toujours employé à l'état solide et chimiquement pur. Nous avons fait connaître dans une publication antérieure {Bull, de Ihérap., 1869) une première série de résultats dans lesquels des fibromes simples ou multiples de la gencive ont été détruits par les seules cautérisations cbromiques. Depuis lors, bien que nous n'ayons rien perdu de notre confiance dans l'action destructive suffisante de cet agent, nous avons, dans le but d'atteindre plus rapidement la guérison, adopté la procédé mixte de l'ablation et de la cautérisation. Il nous a donné les plus complets résultats dans de vastes tumeurs à myéloplaxes , dont plusieurs avaient antérieurement récidivé après la simple ablation, incomplète d'ailleurs, avec l'instrument tranchant. Les applications d'acide chromique, tout à fait inoffensives, presque indolores et qui peuvent être fréquemment répétées sans aucun inconvénient, permettent de poursuivre le mal dans ses prolongements et d'en opérer la complète destruction. Ce n'est pas le lieu ici de parler de son emploi dans d'autres affections organiques du bord alvéolaire ou de la bouche, mais qu'on nous permette de dire que cet agent est encore un très-précieux modificateur dans la période de début de l'épilhélioma des mâchoires et de la langue, dans le psoriasis et en général dans toutes les productions susceptibles d'être influencées par un caustique énergique. Aussi n'iiésitons-nous pas à le déclarer infiniment préférable à tous les caustiques connus jusqu'à ce jour dans les circonstances diverses que nous nous bornons à rappeler.

E. Magitot.

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Sur les lésioxs organiques des gencives : Outre les traités de pathologie externe et les dicMonnaircs aux articles Maladies des gexcives, on pourra consulter : Eugèxe Nélatox. Sur u>ie nouvelle espèce de tumeurs bénignes ou tumeurs à myéloplaxes. Tiièse de Paris, 1860. — Salter. Diseuses of the Jaws.ln Holme's System ofSurgery,t. IV. — I1i:ath. Injuries and Diseases of theJaws. London, 1865. — Gross, System of Surgery, 2" édit., t. II, p. 535. — AVatebmann. Boston Med. and Surg. Journal, avril 1869. — Gceurï. Tumeurs solides du bord alvéolaire. Thèse de Paris, 18!'0.

Voir aussi sur l'emploi de l'acide chromique dans les affections gingivales : Magitot. De l'acide chromique et de son action thérapeutique dans quelques affections chirurgicales de la bouche. In Bulletin de thérapeutique, 1869, p. 204. — 11. Bousseau. Dé l'acide chromique. Thèse de Paris, 1879. E- M.

CiE\DARIISiSA {Genâarusm Rumph). Genre de plantes dicotylédones de la famille des Acanlhacées, dont Nées d'Esenbeck a lait le type d'une série ou tribu des Gendarussées, mais que Bentbam et Hooker rattachent maintenant, à titre de simple section, au genre Jiisticia L.

Les Gendarussa sont des arbustes ou des sous-arbrisseaux à feuilles simples, opposées. Leurs fleurs, brièvement pédicellées, axillaires, sont fasciculées ou disposées eu épis interrompus; elles sont accompagnées chacune d'une bractée et de deux petites bractéoles foliacées. Le calice est à cinq divisions presque égales. -La corolle bilabiée, avec la lèvre supérieure concave et la lèvre inférieure trilobée, présente un tube court, vers le milieu duquel sont insérées deux étamines; celles-ci ont les deux loges des anthères insérées obliquement sur le connectif, l'inférieure se prolongeant en éperon. L'ovaire, biloculaire, est surmonté d'un style simpj^ que termine un stigmate subulé. Le fruit est une petite capsule

CfEKDRON (Les). 299

comprimée à sa base et renfermant quatre graines lenticulaires à rétinacle crochu.

Ce genre con^pte environ vingt-cinq espèces qui habitent les contrées chaudes de l'Asie, le cap de Bonne-Espérance et les régions tropicales de l'Amérique australe. Le G. vulçjaris Necs {Jnsticia Gemlariissa L.) qui en est le type, est un arbuste des Indes orientales dont la tige articulée porte des feuilles glabres, étroites et lancéolées; ses fleurs purpurines et jaunâtres sont disposées en épis terminaux. Cette espèce est le Gendanissa rosea de Pamiphius et le Vada Kodi de Rheede. Ses feuilles, douées de propriétés émétiques, sont préconisées dans l'Inde contre les rluunalisnies chroniques et ses racines, astringentes, contre la diarrhée et l'atonie du tube digestif.

Une autre espèce, le G. sericea Kost, est fréquemment employée au Pérou, dans le traitement des affections inflammatoires des poumons.

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GEXDATS (Matsou-Woka). Naturaliste japonais, professeur d'histoire naturelle à Myako, au commencement du dix-huilième siècle. U a publié plusieurs ouvrages sur la botanique ; nous trouvons cités dans la biogra[ihie publiée par Didot :

l. Bai-bin (espèces, du genre Prunus). Myako, 1700, 2 vol. in-12. — II. / kan saï o-bin (monographie des variétés de Cerasus à petites fleurs). Myako, 1758, in-12. — III. / kan saï ran-bin (monographie des Orchidées et des Iridées). Myako, 1772, 2 vol. gr. in-S". L. Un.

GElVORO\ (La famille), a ne considérer que l'honorabilité absolue de la profession, cette famille n'a guère compté que des pseudo-médecins, des charlatans, à commencer par :

Gendron (l'abbé François). Fils d'Éloi Gendron et de Gillette Doussineau, ce personnage, né à Voves (Loir-et-Cher) le 18 avril 1618, fut vicaire dans cette paroisse à partir de l'année 1659, puis curé en 16 iO. Il paraît que, engagé dans des missions lointaines, il alla au Mexique, aux Indes, aux îles Malouines, et y étudia les propriétés des simples qui y croissent naturellement. Aussi, dès son retour en France, dans sa petite ville de Voves, s'empressa-t-il de faire partout proclamer qu'il possédait un secret pour la guérison du 'cancer; ce qui n'empêcha pas plusieurs malheureux accourus à Voves pour s'y faire soigner, de passer de vie à trépas dans la maison même de l'abbé ; ce qui, par contre, conduisit Anne d'Autriche, atteinte d'un cancer au sein gauche, à faire venir notre Gendron à la cour, lequel promit à la royale malade « d'endurcir sou sein à ce point de le rendre dur comme une pierre ». Anne d'Autriche fut emportée par son mal en 1666, en dépit de Gendron, en dépit d'Alliot, son successeur. En récompense des soins qu'il avait donnés, le curé de Voves fut bel et bien investi par le roi de la riche abbaye de Maizières en Bourgogne, dont il garda les bénéfices jusqu'à sa mort arrivée à Orléans, le 2 avril 1688. 11 fut enterré dans le grand cimetière, aujourd'hui halle aux blés de la ville. Requiescat in pace. Sa pierre tombale est devenue un dessus de secrétaire. M. Bureau, hodie

500 GÉ1VÉRÂ.T10>! (anatomie et physioi.o(.ie comparées).

bibliothécaire adjoint de l'Académie de médecine, l'a découverte à Orléans. Veut-on connaître maintenant la panacée du vicaire de Voves : c'était tout simplement de la belladone et une calcination de pierres crises « qui se trouvent en Beauce ». Mais, l'abbé François Gendron laissa un petit-neveu que nous présentons, qui se nommait Dcahais et qui eut l'adresse d'accoler à sa personnalité le nom du médecin transitoire d'Anne d'Autriche, d'où :

Deshais-Gentlron (Claude). Celui-là, fils di Louis Deshais, marchand à Voves, et d'Iisilier Mulot, se lit oculiste. 11 dit bien qu'il fut docteur de la faculté de Montpellier; mais nous n'avons pu vérifier le fait. Il naquit vers l'année 1663 ; son premier champ d'opérations fut la ville d'Orléans; puis Paris lui-même sonna les trompettes de ses exploits. Eu 1700, Claude Deshais- Gendron, qui ne dédaignait pas de cumuler les fonctions de médecin-oculiste et celles de médecin des cancers, publia un livre qui lit grand bruit : Recherches sur le cancer; le traitement qui y était recommandé, consistait dans l'emploi de l'or di.'iphorétique de Poterius, des remèdes de Mars des préparations de cloportes et de vers de terre, de la teinture d'antimoine de Valentin ». Ce qui donne quelque relief à cet affreux bouquin, c'est que son auteur y a relaté la maladie d'Anne d'Autriche (p. 124 et suiv.). Mais il paraît que la clientèle cancéreuse ne satisfit pas le petit-neveu du curé de Voves, car il abandonna complètement celte spécialité, pour se livrer à l'ophthalmologie. 11 y fit fortune. Aimable, bien fiiit de sa personne, orné d'un certain dtgré de littérature, il sut s'attirer les regards de tons. 11 connut Boileau dont il devint l'ami. A la mort du poète il acheta sa maison d'Auteuil, laquelle finit par devenir le lieu de pèlerinage des Montesquieu, des Voltaire, et le fils du petit marchand de Voves devint une célébrité, et eut les bonnes grâces du duc d'Orléans régent. Il mourut à Auteuil le 3 septembi'e 1750, ne laissant que deux ouvrages :

I. Recherclies sur la nature et la çjuérison des cancers. Paris, 1700, in-8°. — I[. Lettre à M'" sur un nouveau bandage élastique, pour guérir V hydropisie du sac lacrgmal.'i'd-^'' (i.A.).

Df.sliai.s-Gendron (Lodis-Florentiiv). Neveu du précédent. Celui-là a racheté la réputation surfaite des deux précédents. H a été un oculiste vraiment distingué, chirurgien de l'IIôtel-Dicu de Paris, maître en chirurgie, professeur et démonstrateur royal pour les maladies des yeux aux écoles de chirurgie. Il a laissé un ouvrage que l'on consulte encore aujourd'hui :

Traité des maladies des yeux. Paris, 1770, 2 vol. in-12. A. C.

CiEXEPi. Yoy. Genipi.

GÉXÉRATIOX. § I. Anatoniîe e* ph^siolog;ie comparées. Al'PAREIL

DE LA GÉisÉRATioN DA>s LA SÉRIE ANIMALE. Ou peut distinguer, cliez les animaux, quatre modes de reproduction: l" la scissiparité, ou reproduction par fractionnement ; S'' la genimiparité, ou reproduction par bourgeonnement ; o° la fjermiparité, ou reproduction par germes ; 4" Voviparité, ou reproduction par œufs. Dans les trois premiers cas, la leproduction est dite agame ou asexuelle ; elle est au contraire sexuelle dans le quatrième.

Scissiparité. La reproduction pai scissiparité ne s'observe que chez les animaux inférieurs. Elle est précédée d'un agrandissement général et régulier du

fis

1. — Scissiparité Irnusversale cliez un liilusoiie {Chilodun).

GENERATION (^kato-uie et i'jivsjologie compauées). 501

corps. Celui-ci s'étrangle vers le milieu et donne nais<ance à deux fragments qui se développent, l'un et l'autre, pour constituer uu an) nul complet. La scissioarité est généralement transversale, mais elle peut être longitudinale ou encore diagonale.

La scissiparité est la réalisation naturelle de phénomènes qui se produisent accidentellement ou qu'on produit à volonté chez beaucoup d'animaux. Ainsi, un Ver de terre peut être . divisé en deux parties et chacune d'elles reproduit ce qui lui manque pour reconstituer l'organisme complet. Chacun de ces nouveaux individus peut être divisé à son tour et se comporte de même que les deux segments. Il n'est pas rare de rencontrer, sur les bords de la mer, des Astéries dont plusieurs rayons détruits accidentellement sont en train de se leconstiluer.

Des phénomènes analogues se passent à l'état normal. Certaines Hydres s'étranglent vers le milieu et donnent naissance à deux fragments se développant l'un et l'autre pour constituer un animal complet. La scissiparité longitudinale a été observée chez les Vorticelles et quelques Zoanthaires.

GEJfMiF'ARiTf;. Elle diffère de la scissiparité en ce ((ue l'augmentation du corps n'est pas générale; c'est seulement une partie '^^mfW-'^'"' circonscrite qui s'accroît, avantque la division ait lieu.

Les Hydres et les Vorticelles, qui viennent de nous offrir des exemples de scissiparité, peuvent aussi se reproduire par gemmiparilé.

Chez l'Hydre d'eau douce, le bourgeon consiste d'abord dans un léger renflement qui se forme sur la paroi et se creuse bientôt d'un canal qui communique avec lu cavité gastrique. Des tentacules ne tardent pas à naître autour de l'extrémité libre, en même temps que la base d'implantation de la nouvelle Hydre se transforme en un cylindre plein et que le mamelon tentaculifère se perfore. Alors la base du nouvel être s'étrangle et celui-ci se détache de la souche pour vivre d'une vie indépendante.

Au lieu de se faire par des bouigeons caducs comme chez l'Hydre, la'gemmi-

Fig. 2. — Sdssiparilé longitudinale chez un Infusoire (Vo7-ticclla).

502 GÉ.NÉRATION (anatomie et I'Hvsioi.ogik comparées).

parité peut se produire par des bourgeons persistants comme chez le Corail. 11 se forme alors ce qu'on appelle une colonie ou un corme.

Le bourgeonnement, au lieu d'être latéral (Corail), peut être axial (Nais, Syllis, Myrianide).

Germiparité. La reproduction par germes est caractérisée par la production dans rintériear du corps de cellules germinatives ou spores, qui se transforment en autant d'individus nouveaux. Chez quelques Prolozoaires, un individu tout entier se divise en cellules germinatives; mais, le plus souvent, ce n'est qu'une partie déterminée du corps qui est germipare (Trématodes).

La genuiparilé est \\w moele de reproduction intermédiaire entre la gemmiparité et la reproduction sexuelle.

Reproduction sexuelle. La reproduction sexuelle ou oviparité est le seul mode de leproduction des animaux supérieui's ; mais elle s'observe aussi chez tous les animaux inférieurs à l'exception toutefois des Protozaires, chez lesquels la sexualité est loin d'être démontrée.

Elle consiste dans la production de cellules désignées sous le nom d'ovules. On appelle plus spécialement œuf un corps qui renferme, sous une enveloppe commune, un ovule et des parties accessoires destinées à l'évolution d'un être futur. Cependant on prend souvent ces expressions comme synonymes.

Chez quelques animaux inférieurs, les ovules peuvent se former dans presque toutes les parties du corps ; mais en général c'est un organe particulier, l'ovaire, qui est chargé de les élaborer.

Dans des cas exceptionnels, ainsi que nous le verrons dans un instant, Fig. 3. - Courgeonnemeut lato.ai sur une l'ovule Contient tous les matériaux

Vorticelie. nécessaires à la formation d'un nou-

vel être; mais, dans l'immense majorité des cas, il faut qu'il soit fécondé, c'est-à-dire qu'jl subisse l'influence d'uue cellule particulière, le spermatozoïde, qui est produit par un organe spécial, le testicule. L'ovaire et le testicule constituent les organes sexuels ou génitaux.

Animaux monoiques. Animaux dioïques. Les animaux chez lesquels l'ovaire et le testicule sont réunis sur un seul et même individu sont, dits monoïques. On appelle au contraire dioiques ceux chez lesquels ces organes sont répartis entre deux individus, division d'où résulte la distinction des seres. De ces deux individus dilféreuts, celui qui est destiné à produire des œufs a reçu le nom de femelle; l'autre, chargé d'élaborer des spermatozoïdes, est appelé mâle.

Chez les animaux monoïques, deux cas se présentent : ou l'animal peut, à lui

seul, donner naissance cà un nouvel être et on dit qu'il est hermaphrodite (Huître);

ou bien, ne se suffisant pas à lui-même, il a besoin du concours d'un de ses

semblables pour se reproduire, et on dit qu'il est androgyne (Colimaçon).

Organes sexuels. A l'état le plus simple, les produits sexuels tombent dans

ce

GPvNERATION (anatomie kt physiologie comparées). 305

la cavité générale ou débouchent directement au dehors, après s'être détacliés des organes génitaux. Mais, en général, des appendices accessoires et des voies d'issue plus ou moins compliquées protègent les produits de la génération et assurent leur rencontre.

a. Organes mâles. Sur les conduits vecteurs du sperme {canaux déférents), il se forme souvent un réservoir {vésicule séminale) destiné à recueillir fluide. Des glandes particulières {prostate, etc.) sécrètent un liquide qui se mêle au sperme ou sert à l'entourer d'enveloppes protectrices {spermatophores ) . Les canaux déférents aboutissent à un conduit niusculomembraneux {canal éjaculateur) ; enfui des organes spéciaux {organes copulateurs) sont destinés à lacililcr l'introduction du sperme dans l'appareil femelle.

b. Organes femelles. Les complications de l'appareil femelle ne sont pas moins diverses que celles du mâle. Les conduits vecteurs des ovules {oviductes) s'élargissent souvent sur un point de leur parcours, de manière à former une chambre incubatrice {utérus ou matrice) pour le développement de l'œuf.

Des glandes annexes fournissent tantôt une

Fis- 4.

Bourgeonnement latéral sur rUydre d'eau douce.

b,b", bourgeons à divers degrés de développement. — S', Ijouigcoii complètement séparé de la mère et pouvant vivre indépendant. — S, point qui correspond au détatliemcut de ce honrffeon.

des substances de l'œuf, tantôt son enveloppe. Des organes accessoires situés à la partie terminale des canaux vecteurs {réceptacle séminal, vagin, poche copulalrice, elc.) reçoivent la semence et assurent le succès de l'accouplement.

C'est de l'hermaphrodisme que se déduit la séparation des sexes, par atrophie de l'un des appareils sexuels. Même chez les Mammifères, l'individu présente, à un certain moment de son évolution, une conformation hermaphrodite. La séparation sexuelle une fois accomplie, il se produit un dimorphisme de plus en plus mari|ué chez les individus mâle et femelle.

Parthénogeînèse. Ainsi que nous l'avons signalé plus haut à titre d'exception, l'œuf n'a pas toujours besoin de subir l'influence des spermatozoïdes pour donner naissance à un être. Cette anomalie a été désignée par Owen sous le nom de parthénogenèse (reproduction virginale) .

Chez l'Abeille commune, les œufs de la reine donnent naissance à des mâles, s'ils n'ont pas été fécondés, à des femelles, s'ils l'ont été.

Chez les Pucerons, tous les individus sont aptères et femelles pendant le printemps et l'été. Dans cette période de temps, ils engendrent des petits vivants qui deviennent à leur tour des femelles fécondes sans l'approche du mâle. Ces femelles vivipares sont pourvues d'organes génitaux {pseudovaires) construits sur le type des ovaires ; mais elles manquent d'organes li'accouplement : on peut les considérer comme se reproduisant soit par germiparité, soit par oviparité parthénogenésique. C'est seulement à l'arrière-saison qu'on voit naître des mâles et des femelles à quatre ailes, munis d'organes d'accouplement et de fécondation. L'accouplement a lieu aussitôt : les femelles ailées donnent ensuite des œufs

504 GÉNÉRATION (anatomie i.t phvsiologie comparées).

qui hivernent et d'où sortent, au printemps, des femelles aptères et vivipares. Chez le Phylloxéra, on ne trouve, au printemps, que des femelles aptères, vivant sur les racines et pondant des œufs sans le secours des mâles. Au bout dune huitaine de jours, on voit sortir de l'œuf une larve qui ressemble à la mère, devient adulte au bout d'une vingtaine de jours, après avoir subi trois mues, et pond une trentaine d'œufs. Les choses continuent ainsi, mais avec un nombre d'œufs décroissant, pendant sept ou huit générations.

Certaines femelles aptères, celles qui trouvent une nourriture plus substantielle sur les radicelles, subissent deux mues de plus et, après avoir passé par l'état de nymphes, prennent quatre ailes. Ces femelles ailées, en août et en septembre, pondent dans le duvet des feuilles de deux à six œufs d'où sortent des

Insectes sexués, les uns mâles, les autres femelles, tous dépourvus d'ailes et de tube djgestif. Ces sujets, incapables de se nourrir, s'accouplent, puis la femelle pond un seul œuf {œi(f d'hiver) qui passe l'hiver au-dessus du sol et donne, au printemps, une femelle aptère analogue à celle des racines et se reproduisant sans mâle.

Si le fait de la parthénogenèse est aujourd'hui bien démontré, il faut cependant remarquer que les êtres qui en proviennent sont de plus en plus dégradés et qu'au bout d'un certain nombre de générations la puissance reproductive, après avoir considérablement dmiinué, finit par s'éteindre. Pour que l'espèce ne disparaisse pas, il est nécessaire que, par le concours des deux sexes, une nouvelle

Fig. 5. — Bourgeonnemeut axial d'une Myrianide.

a, l'individu souche. — b, c, d, e, f, g, les petits développés pai- bourgeonnemeut. — g, le petit le plus âge.

génération sexuelle redevienne la souche d'un nouveau cycle.

I. Vertébrés. La reproduction est toujours sexuelle el les sexes sont séparés, à l'exception de quelques Poissons (Serrans) qui sont monoïques. Les ovaires et les testicules forment des glandes habituellement paires logées dans la cavité viscérale ou ses dépendances. Ces organes sont généralement pourvus de canaux excréteurs [oviducte, canal déférent) qui, chez quelques Vertébrés inférieurs, s'ouvrent dans le rectum avec les uretères pour constituer un cloaque. Le plus souvent, ces canaux excréteurs se réunissent en un conduit commun qui débouche au dehors dans le voisinage de l'anus et du méat urinaire. Chez la plupart des Poissons et des Batraciens, il n'y a pas d'accouplement.

Les Mammifères seuls sont franchement vivipares, c'est-à-dire que l'œuf

GÉNÉRATION (anatomie et physiologie compa.rées). 505

fécondé est reçu dans un réservoir {matrice ou utérus) à la paroi duquel il s'attache et d'où le jeune être, après avoir trouvé les matériaux nécessaires à son développement, est expulsé sous sa fornie propre, mais dans un tel état de faiblesse qu'il a besoin d'être nourri avec un fluide {lait) sécrété par des organes spéciaux {mamelles) de la mère. Les autres Vertébrés sont ovipares ou ovovivipares. Dans le premier cas, l'œuf n'éclôt qu'après la ponte; dans le second, l'éclosiou se fait dans les organes excréteurs de l'œuf, et le nouvel individu naît tout formé.

A. Mammifères, a. APPAREIL MALE. II Comprend le testicule, Vépididyme, le canal déférent, la vésicule séminale, le conduit éjaculateur, le pénis avec le canal de l'urèthre, enfin des glandes accessoires.

Le testicule est la glande qui produit le sperme. Il est toujours double et se développe dans le voisinage des reins ; mais il ne reste à cette place que chez les Cétacés et les Monotrèmes. Il subit, au moment de la naissance, un déplacement et descend, en poussant devant lui le péritoine, dans un canal membraneux

Fiç. 6. — Appareil génital mâle de l'Ornithoiyaque.

a, entrée du rectum fendu. — b, ouverture du fourreau péuien f, — d, cloaque. — e, orifice du canal de l'urèthre dans le rectum. — • g, canal de l'urèthre. — h, vessie urinaire incisée pour montrer les papilles urinaires v. — i, gros intestin. — jj', testicules. — X, A', conduits déférents. — pp', uretères. — qq', reins. — rr', capsules surrénales. — s^s', ligaments vasculaires de la vessie (Martin Saml-Ange).

Fig. 7. — Appareil génital femelle de rOrnilhoryuque.

a, sphincter du rectum ouvert. — b, orifice du fourreau clitoridien Couvert pour laisser voir le clitoris c. — g, m, caual génito-urinaire s'ouvrant dans le cloaque d. — i, intestin. — k,k' , oviductes. — p,p', uretères. — q.q', reins. — ?',r', 'capsules surrénales. - s,s', ligaments de la vessie (Martin Saint-Ange).

situé au pli de l'aine {canal inguinal) on il reste quelquefois (Rongeurs, Chameau, Loutre). Le plus souvent, le testicule traverse le canal inguinal et vient se loger à l'extérieur, dans un repli musculo-cutané {scrotum). Quelquefois, après l'époque du rut, il rentre dans la cavité abdominale.

Le testicule se compose d'un grand nombre de tubes flexueux {canalicules DICT. ENC. 4' s. VII. 20

306 GÉNÉRATION (anatomie kt physiologie comparées).

séminifères), dont l'une des extiéniités est terminée en cul-de-sac, tandis que l'autre aboutit à un système de canaux excréteurs dont la réunion donne naissance à un long conduit [épididijme) replié sur lui-même un très-grand nombre de fois et se terminant parle conduit excréteur du testicule {canal déférent).

Les deux canaux déférents, après avoir formé chacun un renQement vésiculaire {vésicule séminale) qui n'existe pas toujours (Carnivores, Cétacés, Monotrèmes), prennent le nom de conduits éjacidateurs, et ceux-ci débouchent l'un à côté de l'autre dans l'nrèthre. Le canal de l'urèthre conduit, à travers le pénis, l'urine et la liqueur spermatique.

Le pénis ou verge est lorgane de la copulation. Il est toujours externe, excepté chez les Monotrèmes, où il est enfermé dans le cloaque. Il est composé d'une partie érectile {corps caverneux, corps spongieux de Vurèthre) et de deux enveloppes, dont l'une fibreuse et l'autre cutanée {fourreau de la vergé). Il renferme quelquefois un axe cartilagineux ou osseux {os pénial, Chien). Le corps spongieux de l'urèthre présente, à la partie antérieure, un renflement {gland) entouré d'un repli cutané {prépuce) formé par le fourreau. Chez quelques Mammifères (Primates, Chéiroptères), la verge est pendante; chez les autres, elle est portée dans une gaine le long de l'abdomen. Le gland est exceptionnellement bifide cliez les Marsupiaux et les Monotrèmes. Les glandes qui s'ouvrent à l'intérieur de l'urèthre sont : la prostate, les glandes de Cowper et celles de Littre. On trouve aussi quelquefois des glandes spéciales annexées au pénis {glandes du castor éum, poche du musc).

b. Appareil femelle. 11 comprend \ ovaire, Voviducte, Y utérus ou matrice, le vagin., la vulve.

Uovaire est la glande qui produit l'ovule. Il est toujours double et intérieur.

Voviducte ou trompe utérine est un petit canal flexueux. Il présente à son extrémité libre, près de l'ovaire, une partie évasée {pavillon de la trompe) qui reçoit l'ovule à sa sortie.

\Juterus est un réservoir , le plus souvent impair, où séjourne l'œuf jusqu'à son entier développement. 11 présente un corps et un col qui fait plus ou moins saillie dans le vagin {museau de tanche). L'utérus est double et présente deux museaux de tanche chez les Implacentaires et quelques Rongeurs (Lapin); il est bifide, à museau de tanche simple, chez la plupart des Rongeurs; il est bicorne ou divisé seulement à sa partie supérieure, chez les Insectivores, les Carnivores, les Ongulés et les Cétacés ; enfin, il est simple chez les Primates.

Le vagin est un canal membraneux faisant suite à l'utérus. C'est lui qui reçoit le pénis pendant l'accouplement et livre passage au nouvel être. Chez les Monotrèmes, le vagin est remplacé par le cloaque.

La vulve est l'orifice du vagin. l"^lle présente deux replis cutanés {grandes lèvres) et, le plus souvent, deux petites lèvres ou mjmphes, situées en dedans des grandes lèvres. Chez les femelles vierges, il existe souvent, à l'entrée du vagin ou dans son intérieur, un repli de la muqueuse formant une valvule [hymen).

La vulve présente encore un organe érectile {clitoris) qui est l'homologue du pénis du mâle. Le clitoris est quelquefois traversé par l'urèthre (Lémuriens, Taupe, Rongeurs). Il existe un os clitoridien chez la Loutre.

Les glandes annexées à l'appareil génital femelle sont les glandes vulvo-vaginales, correspondant aux glandes de Cowper du mâle.

Mamelles. Elles constituent l'apanage exclusif de la classe des Mammifères et sont toujours munies d'un mamelon, excepté chez les Monotrèmes. Elles sont

GÉNÉRATION (anatomie et physiologie comparses). 507

ordinairement plus ou moins gondées de graisse chez la Femme; mais, le plus souvent, chez les animaux, elles ne deviennent apparentes qu'à l'époque de l'allaitement.

La situation des mamelles est variable ; elles peuvent être : pectorales (Primates, Proboscidiens), abdominales (Carnivores, Rongeurs) ou inguinales (Ruminants, Jumentés). Quelques Mammifères portent à la fois ces trois sortes de mamelles.

Le nombre des te'tines est ordinairement en rapport avec celui des petits de chaque portée.

Les mamelles sont toujours extérieures, excepté chez les Marsupiaux où elles sont situées au fond d'une poche profonde {poche marsupiale) placée sous le ventre. Chez ces derniers animaux, les petits, nés à l'état embryonnaiie, séjournent dans la bourse, entés sur les tétines de la mère jusqu'à leur complet développement.

Reproductioa. Les animaux parvenus à l'âge du développement normal des organes sexuels [puherlc) ont des époques [rut) où le mâle et la femelle s'unissent {accouplement ou copulation ou cdit^ pour accomplir la reproduction.

L'accouplement se fait grâce à un état de turgescence du pénis [érection) amené par l'accumulation du sang dans son tissu érectile. La verge s'introduit à l'étal d'érection dans le vagin ; les sensations voluptueuses qui accompagnent l'acte du coït amènent plus ou moins rapidement l'émission du sperme {e'jaculation).

La copulation ne féconde qu'une seule portée et cesse, en général, aussitôt après l'éjaculatiou. Chez les animaux sauvages, elle n'a lieu ordinairement qu'une fois par an, le plus souvent au printemps, quelquefois à la fin de l'été (Ruminants), ou même en hiver (Carnivores, Sanglier). Les animaux domestiques acquièrent la faculté de s'accoupler en toute saison. Quelques Mammifères, surtout les Carnivores, s'unissent par couple pour tout le temps que dure l'éducation des petits. Il en est même (Chevreuil) qui ne se quittent point pendant toute la vie. Une seule femelle suffit en général à un mâle.

Le moment du rut, pour les femelles, coïncide avec celui de la maturité d'un ou de plusieurs ovules dans l'ovaire, et, pour les mâles, avec la présence des spermatozoïdes dans le fluide séminal. A ce moment, les parties extérieures des organes sexuels présentent des phénomènes de congestion. Les muqueuses de l'appareil femelle sécrètent des mucosités sanguinolentes ; ce suintement est l'analogue de la menstruation, c'est-à-dire de l'hémorrhagie mensuelle qui, chez la Femme, coïncide avec la chute de l'ovule dans le pavillon de la trompe utérine.

La fécondation résulte, on le sait, de la rencontre de l'ovule avec les spermatozoïdes. Cette rencontre a lieu, soit sur l'ovaire, soit au niveau du pavillon de la trompe.

Développement. Chez les Oiseaux et les Reptiles, les vaisseaux de l'allantoïde forment un réseau capillaire dont les ramuscules restent étalés dans l'épaisseur de cette membiane. 11 en est de même chez les Marsupiaux et les Monotrèmes {Mammifères implacentaires), où il n'y a aucune union entre la mère el le produit. Chez tous les autres Mammifères {Mammifères placentaires) , le chorion se garnit de villosités {chorion villeux), et quand l'allantoïde développée arrive en contact avec le chorion, des houppes sanguines de celle-ci s'introduisent dans les villosités. Ces dernières grandissent et s'introduisent dans la muqueuse

utérine, où elles constituent un organe d'union (placenta) entre la mère et l'erabryon. L'amnios entoure d'une gaîne les vaisseaux de l'ullantoïde, et ainsi se constitue un cordon {cordon ombilical), qui sert d'intermédiaire entre le fœtus et le placenta.

Chez certains Mammifères [Décidués), le produit est uni très-intimement à la mère, et, à la naissance, une partie [caduque) de la muqueuse utérine se détache. Chez les autres Mammifères [Adécidués), rien de cela n'a lieu.

a Mammifères adécidués. Chez ces animaux, les villosités du chorion pénètrent dans des fossettes de la muqueuse utérine, qui se développent au moment de la gestation, et dont elles se détachent entièrement à l'époque de la parturition, sans qu'il y ait élimination d'aucune partie de la muqueuse.

Ce groupe comprend deux divisions :

1" Placenta diffus. Les villosités du chorion occupent toute la surface de l'œuf; elles sont simples et s'enfoncent dans des fossettes également simples de la muqueuse utérine (Lémuriens, Porcins, Junientés, Camélidés, Tragulidés, Cétacés) .

2" Placenta cotylédonaire. Les villosités du chorion sont ramifiées et pénètrent profondément dans des dépressions de la muqueuse utérine, de façon à constituer un grand nombre de petits placentas [cotylédons) (Ruminants).

b Majuiifères décidués. Chez ces animaux les parties fœtales et maternelles sont unies si intimement en un placenta unique que, dans la parturition, la muqueuse utérine est éliminée avec le produit, soit en partie, soit en tolalité (Primates supérieurs).

Ce groupe comprend également deux divisions :

1° Placenta zonaire. Les villosités du chorion, au lieu d'être disséminées sur toute la surface, sont limitées à une large ceinture qui entoure la région équatoriale de l'œuf, les pôles restant lisses (Carnivores, Proboscidiens, Uyraciens),

2° Placenta discoïde. Les villosités du chorion n'occupent aussi qu'une partie de l'œuf, mais constituent un disque unique ou deux lobes discoïdes (Primates, Chéiroptères, Insectivores, Rongeurs, certains Édentés).

Gestation. C'est la période qui s'étend depuis la fécondation de l'œuf jusqu'à son expulsion. Sa durée est généralement en rapport avec la taille de l'animal : elle est de deux ans pour l'Éléphant; de onze mois pour le Cheval ; de neuf mois pour la Femme et la Vache ; de neuf semaines pour le Chien ; de quatre semaines pour le Lièvre, etc.

Chez les Marsupiaux, les petits sont mis au monde prématurément, dans un lel état d'imperfection qu'ils périraient, s'ils n'étaient pas recueillis dans la poche marsupiale où la gestation continue jusqu'à ce qu'ils aient acquis une taille suffisante.

Parturition. C'est l'acte par lequel le fœtus, parvenu au terme de son accroissement, est expulsé de la matrice. Cette expulsion s'effectue à l'aide des contractions des fibres musculaires de l'utérus et de celles des muscles abdominaux. Généralement, c'est la tête du fœtus qui sort la première. Après l'expulsion du fuetus, celle du placenta se produ.it [délivrance). La femelle dévore cet organe aussitôt qu'il est sorti, débarrassant ainsi le fœtus d'un appendice devenu incommode et inutile. C'est par une aberration de cet instinct que certaines femelles, surtout chez les animaux domestiques, ne s'arrêtent pas au placenta et mangent encore le jeune. En général, les Herbivores naissent assez forts et les Carnivores faibles, quelquefois même aveugles. Tous ont besoin d'être allaités. Le lait est un

GÉNÉRATION (anatomie et physiologie comparées;. 309

aliment qui renferme tous les principes nécessaires à l'accroissement du corps pendjint la première période de la vie.

B. Oiseaux, a. Appareil mâle. L'appareil génital mâle se compose de deux testicules situés en avant des reins et de taille inégale, celui de gauche étant toujours un peu plus volumineux. Les conduits spermatiques forment, sur le côté interne du testicule, un épididyme se continuant avec un canal déférent qui longe l'uretère en dehors. Ces deux canaux débouchent, chacun isolément, sur lu paroi postérieure du cloaque. Le canal déférent s'ouvre au sommet d'une papille conique, située un peu au dehors et en h^s de l'orifice de l'uretère; il présente souvent à sa partie inférieure un renflement ampulliforme [vésicule séminale). Le cloaque est séparé du rectum par un sphincter puissant qui empêche les fèces de s'accumuler dans le vestibule génito-urinaire, de telle sorte que celles-ci ne traversent le cloaque qu'au moment de la défécation. Un cui-de-sac glandulaire [bourse (le Fabricius), dont l'homologie et les vsages ne sont pas encore bien déterminés, s'ouvre à la partie inféro-postérieure du cloaque. Enfin, le plus souvent, il n'existe pas d'organe copulateur; quelques Oiseaux seulement ont, à la partie antérieure et médiane du cloaqne, un petit mamelon pénien (Autruche, Cigogne, Canard, etc.). Les femelles de ces animaux présentent un clitoris correspondant.

b. Appareil femelle. 11 se distingue de celui des autres Vertébrés parce qu'en général, il ne se compose que d'un ovaire et d'un oviducte situés du

coté gauclie. p.^ 3 appareil génital du Coq.

a,a, testicules. — h,b, épididyraes. — c^c, canaux déférents se terminant chacun dans le cloaque d par un petit tubercule c'. — (V, bourse de Fabricius. — e, uretère gauche. — e' , ouverture des uretères dans le cloaque. — f, marge de l'anus

Dans les premiers temps de la vie embryonnaire, ces deux organes existent de chaque côté, mais l'ovaire et l'oviducte droits disparaissent de bonne heure ou plus rarement restent rudimentaiies, ainsi que cela s'observe chez quelques Rapaces.

L'ovaire gauche, que nous appellerons simplement Vovaire, est situé à la face antérieure du rein correspondant. Il se compose du stroma et d'un double feuillet membraneux. Les œufs s'y trouvent développés d'une manière très-inégale; les uns sont très-petits; d'autres, plus volumineux, font saillie à la surface de l'ovaire et le tissu ovarien ne tarde pas à les envelopper

310 GÉNÉRATION (anatomie et physiologie comparées).

d'une espèce de coque ou capsule. Ces capsules soulèvent la tunique membraneuse de l'ovaire qui prend alors la forme d'une grappe à laquelle chaque œuf se rattache par un pédoncule membraneux. Ces bourses ovigères pédonculées portent le nom de calices.

L'oviducte gauche, que nous nommerons simplement Voviducte, est plus ou moins flexueux et s'étend depuis la face inférieure du poumon jusqu au cloaque.

Il est revêtu, à l'intérieur, d'un épilhcHum ciliaire, et se compose de quatre parties qui sont :

4» le pavillon; 2° la trompe; 3° le conduit albuminipare ; 4*' Vuténis. Chez quelques Oiseaux, le Pigeon par exemple, l'oviducle reste uniformément cylindrique et les quatre portions que nous venons de signaler ne sont pas distinctes; mais, en général, les choses ne se passent pas ainsi. Nous prendrons comme type de description l'oviducte de la Poule.

Le pavillon est un large entonnoir à parois minces, suspendu par une bride périlonéale contenant des fibres élastiques.

Les bords de l'entonnoir sont d'ordinaire rapprochés, mais ils peuvent s'écarter par le moyen de fibres musculaires et cet organe s'applique sur l'ovaire, de manière à recueillir l'œuf qui va s'en échapper. Celui-ci est, on le sait, renfermé dans un calice membraneux; mais, a\i moment de la maturité, les vaisseaux s'atrophient sur l'équateur du calice et il en résulte une bande blanchâtre [sligma).

Le sac se déchire le long de cette ligne et l'œuf tombe dans la trompe. Ce dernier se compose alors du disque germinatif et du jaune contenus dans une membrane très-mince. Les éléments du disque germinatif correspondent à l'ovule des Mammifères; ils comprennent: 1» un i;ite//î« contenant des granulations opaques suspendues dans un liquide visqueux; 2° un corps sphérique fortement réfringent {vésicule germinative) ; 3° dans la cavité de celle-ci, un corpuscule {tache germinative). La trompe n'exerce qu'une action mécanique sur l'ovule et le transmet à la portion suivante ou conduit albuminipare.

Fig. 9. — Appareil génilal de la Poule.

o, ovaire. — b, trompe. — c, conduit albuminipare. — c', utérus. — d, intestin. — d', cloaque dans lequel s'ouvrent en c" l'oviducte et en e' les deux uretères. — e, uretère droit. — f,f, /", rein divisé en trois lobes. — g, bourse de Fabricius. — e'" enfoncement qui occupe la place de l'orilice de l'oviducte atrophié.

GÉNÉRATION (anatomie i;t physiologie comparées). 5H

Celui-ci a des parois épaisses, offre des circonvolulions nombreuses et présente dans sa tunique muqueuse une grande quantité de glandes vésiculaires. Là l'ovule se recouvre d'une épaisse couche d'albumine, au milieu de laquelle on voit deux cordons de la même substance contournés en hélice [chalazes] qui paraissent ne servir qu'à maintenir le jaune dans une position déterminée par rapport au grand axe de l'œuf.

Dans le passage étroit qui fait communiquer le conduit alhuminipare avec l'utérus, l'albumine se recouvre d'une membrane très-mince [membrane coquillière). Cette dernière est composée de deux feuillets qui s'écartent au niveau de la grosse extrémité, une fois que l'œuf est pondu, et limitent ainsi un espace {chambre à ah') dans lequel l'air pénètre.

L'utérus est un réceptacle villeux occupant la partie inférieure de l'oviducte; c'est là que se sécrète un liquide blanchâtre destiné à fournir les matériaux de la coquille. Celle-ci est formée par une substance organique dans laquelle se déposent des sels calcaires; elle présente des porosités qui permettront l'échange des gaz entre l'air intérieur et l'air extérieur.

Au moment où. l'œuf passe de l'ovaire dans l'oviducte, la vésicule et la tache germinative disparaissent. C'est seulement dans l'utérus que commence le phénomène de la segmentation qui est déjà terminé lorsque l'œuf est pondu. Cette segmentation est partielle, mais le développement exige une température plus élevée, au moins égale à celle du sang, qui est fournie principalement par la chaleur du corps de la mère pendant l'incuJjation.

Fécondation. Elle est toujours intérieure et se fait par application des anus l'un contre l'autre. Le mâle monte sur le dos de la femelle et la maintient par le cou. Celle-ci s'accroupit (Poule), ou reste debout (Moineau) ; mais la durée de l'accouplement est toujours très-courte.

En général, la ponte n'a lieu qu'une fois par an, excepté chez les espèces domestiques. Le nombre d'œufs est habituellement plus considérable chez les Oiseaux de petite taille que chez les grands. Dès que la femelle commence à couver, elle cesse de pondre. Quelquefois le mâle se joint à la femelle pour assurer l'incubation (Pigeon, Cigogne). La chaleur ainsi déterminée est d'environ 40 degrés; mais on peut amener le développement de l'embryon par l'incubation artificielle, en maintenant l'œuf à une température constante de 40 degrés, sans empêcher l'accès de l'air. La durée de l'incubation est variable; elle est de trois semaines chez la Poule, de six chez le Cygne, de deux semaines tout au plus <ihez beaucoup de Passereaux.

Tous les Oiseaux, excepté les Gallinacés, sont monogames; presque tons construisent, avec beaucoup d'art, des nids dont la forme est des plus variables. Ordinairement, la femelle seule travaille au nid, et le mâle lui apporte les matériaux nécessaires à sa confection. Cependant, chez les Hirondelles, le mâle parti- <;ipe à la construction même de l'édifice; d'autres fois il n'y prend aucune part (Gallinacés). Nous ne pouvons ici entrer dans aucun détail sur la forme, la coloration et le volume des œufs; ce sont là des éléments qui varient beaucoup, mais si l'œuf a, comme celui de la Poule, un gros bout et un petit bout, celui-ci est, dans l'oviducte, toujours dirigé du côté du cloaque.

A l'époque de la reproduction, qui est généralement le printemps dans les pays tempérés, l'Oiseau, le mâle surtout, prend ce qu'on appelle une parure de noce. C'est plutôt par un changemint du coloris que par un renouvellement partiel des plumes que s'opère l'embellissement du plumage d'hiver. Ce travail

512 GÉ.NÉRATION (anatomie et physiologie comparées).

pigmentaire est accompagné d'un changement dans la voix, qui devient plus pure et plus douce. La véritable mue ou le changement de plumes [mue (Vcmlomne) n'a lieu qu'à la fin de l'été. Enfin le plumage est ordinairement fort dilïérent chez les mâles et les femelles, celles-ci se rapprochant davantage des jeunes sous ce rapport (Paon, Faisan, etc.).

C. Reptiles- Au point de vue de l'appareil reproducteur, on peut diviser la classe des Reptiles en deux sous-classes distinctes : 1" celle des Saur ophidiens, embrassant les ordres des Sauriens et des Ophidiens; 2" celle des Chélonochampsiens, comprenant les ordres des Chéloniens et des Crocodiliens.

Ces deux sous-classes ont des caractères communs et des caractères distinctifs.

Les caractères communs consistent, chez les femelles, dans la présence de deux ovaires et de deux oviducles à pavillon plus ou moins développé. Ces oviductes se rapprochent, à leur partie terminale, pour déboucher dans le cloaque.

Chez les mâles, on trouve deux testicules munis chacun d'un épididyme et d'un canal déférent. Celui-ci se réunit le plus souvent à l'uretère, près de sa terminaison, et il y a, de chaque côté, un canal génito-urinairc qui s'ouvre, dans le cloaque, au sommet d'une petite papille.

Chez tous les Reptiles, la fécondation des œufs se fait avant [la ponte ; il existe à ce sujet un appareil copulateur.

C'est par la considération de cet appareil copulateur, que nous commencerons l'examen des caractères distinctifs entre les Saurophidiens et les Chélonochampsiens. 11 consiste, chez les Saurophidiens mâles, en deux organes creux et situés symétriquement de chaque côté de la fente cloacale qui est toujours transversale. A l'état de repos, ces organes sont repliés à l'intérieur du corps et affectent la forme de deux tubes terminés en cul-de-sac à leur extrémité libre qui est conique ou bifurquée. Ils s'ouvrent au dehors par deux orifices situés aux commissures de la fente anale et sont maintenus par deux muscles rétracteurs. Pendant l'érection, la contraction des muscles de l'anus détermine la sortie de ces culs-de-sac copulateurs qui font alors saillie au dehors après s'être déroulés par invagination, de façon à amener à l'extérieur leur cavité intérieure et réciproquement. Un sillon occupe la face antérieure de ce tube copulaleuc et est destiné à diriger la liqueur séminale dans les organes de la femelle.

Chez les Chclonochampsiens, l'organe copulateur est impair, médian et plein. 11 est linguiforme et attaché à la paroi antérieure du cloaque, dont la fente est toujours longitudinale. Une gouttière directrice du sperme occupe sa face dorsale et, à l'état de repos, il est maintenu dans le cloaque par une paire de muscles rétracteurs.

On trouve, chez les femelles, des organes de copulation construits sur le même type que ceux des mâles : un clitoris simple chez les Chélonochampsiens, un clitoris double chez les Ophidosauiiens. 'Enfin il faut noter que, chez ces derniers, les ovaires sont constitués de telle sorte que les œufs mûrs tombent à leur intérieur et en sortent par rupture delà paroi, tandis que, chez les Chélonochampsiens, les œufs font, au contraire, saillie à la surface de l'ovaire qui prend alors plus ou moins la forme d'une grappe laissant échapper au dehors les œufs qui la composent.

Les œufs des Reptiles sont toujours pourvus d'une coque de consistance variable et souvent calcaire; ils ne subissent pas la segmentation totale. L'embryon

GENERATION (anatojiie kt physiologie comparées). 312

possède un amnios et une vésicule allantoïde. Les œufs éclosent quelquefois dans la partie terminale de l'oviducte qui devient alors un véritable utérus. C'est ainsi que les choses se passent chez quelques Lézards, l'Orvet et la Vipère qui doit même son nom à cette particularité.

D. Batraciens. Les ovaires sont pairs et constituent deux glandes creuses à l'intérieur desquelles les œufs tombent, comme chez les Saurophidiens, puis passent par déhiscence dans les oviducles. Ceux-ci sont des tubes longs, repliés sur eux-mêmes et forment des circonvolutions intestinales plus ou moins nombreuses. Les oviductes se dilatent souvent (Grenouilles), de façon à constituer un réservoir désigné sous le nom d'utérus, où les œufs séjournent pendant un temps plus ou moins long. Quoi qu'il en soit, ils débouchent toujours à la paroi dorsale du cloaque par deux orifices percés chacun au sommet d'une paire de papilles.

L'appareil du mâle se compose de deux testicules simples ou lobés, et les canaux efférents vont tantôt déboucher dans l'uretère après avoir traversé le rein, comme chez les Grenouilles, ou bien le canal déférent se rend directement au cloaque, comme chez le Crapaud accoucheur. Une disposition intermédiaire paraît exister chez les Tritons ; mais l'analomie de ces animaux demande encore à ce point de vue de nouvelles recherches.

Chez quelques Batraciens, en particulier chez la Grenouille, ou observe une paire de poches accessoires situées à la partie postérieure de l'uretère; elles sont connues sous le nom de vésicules séminales. Enfin des glandes accessoires s'observent chez quelques Batraciens urodèles.

Lî fécondation des Batraciens se fait généralement après la ]ionte ou au moment même de la ponte, sans qu'il y ait copulation. Cependant, chez la Salamandre terrestre, la fécondation est intérieure et, chez les Cécilieus, on trouve des organes copulateurs analogues à ceux des Sauriens.

Ordinairement les Batraciens abandonnent leurs œufs; mais certains d'entre eux s'en occupent d'une manière toute spéciale. Ainsi, le Pipa, après que la femelle a accouché, place les o^.ufs pondus sur le dos de celle-ci. Une irritation de la peau ne tarde pas à les entourer, comme le font les bourgeons charnus autour d'un pois à cautère. Le têtard se développe à l'intérieur de cette matrice adventice, et c'est à l'état anoure que les petits sortent de l'œuf.

Le Crapaud accoucheur opère différemment. C'est le mâle qui se charge des œufs après que la femelle les a pondus. Il les enroule autour de ses cuisses et les transporte jusqu'au moment de l'éclosion. A ce moment, il se plonge dans l'eau et les têtards sortent bientôt de l'œuf pour vivre de leur vie propre.

Les œufs des Batraciens sont relativement petits et subissent, après la fécondation, une segmentation totale. Il n'y a ni amnios ni allantoïde.

E. Poissons. Chez ces animaux, la séparation des sexes est la règle générale. Cependant, chez les Serrans, on peut observer à la fois, sur le même sujet, des spermatozoïdes et des ovules, particularité qui se rencontre quelquefois accidentellement chez d'autres Poissons, tels que les Merlans, les Carpes, etc.

Chez l'Ampliioxus, qui est le représentant le plus dégradé de l'embranchement des Vertébrés, on observe, de chaque côté de l'intestin, une vingtaine de petites ampoules contenant des ovules chez les femelles et des spermatozoïdes chez les mâles. Ces petites poches n'ont pas de canal excréteur ; les produits sexuels s'échappent soit par la bouche, soit par le pore abdominal.

Chez les Cyclostomes, les testicules et les ovaires forment un sac impair. La

314 GÉNÉRATION (anatomie et physiologie comparkes).

cavité pcritonéale sert de canal déférent et d'oviducte ; les produits sexuels sont évacués par un pore génital situé derrière l'anus.

Chez la plupart des Poissons osseux, les glandes sexuelles se continuent avec un court canal vecteur qui va s'ouvrir en arrière de l'anus et en avant du canal de l'urèthre. Mais il arrive quelquefois que les oviductes débouchent dans les voies urinaires, ainsi que cela s'observe chez le Brochet : on trouve alors derrière l'anus un seul orifice ou pore génito-urinaire.

Chez les Anguilles et les Salmones femelles, les canaux vecteurs des produits génitaux manquent et ceux-ci, après être tombés dans la cavité abdominale, sortent par un pore génital situé derrière l'anus, comme chez les Cyclostomes. Les Salmones mâles ont des canaux déférents formant un conduit éjaculatoire qui s'ouvre entre l'anus et le méat urinaire.

Chez les Ganoïdes, l'oviducte et le canal déférent vont se terminer dans les canaux urinaires.

Les Plagioslomes sont les Poissons où l'appareil génital atteint sa plus gi'ande complexité. Les oviductes sont très-développcs et se réunissent en avant des ovaires pour former une embouchure [pavillon) maintenue béante par des ligaments périlonéaux. A la partie postérieure, les oviductes se dilatent souvent pour constituer une cavité [vlérus] destinéeà fournir auxœufs des enveloppes accessoires formées par la sécrétion de glandes contenues dans ses parois. Chez les mâles, le canal déférent offre des circonvolutions à sa partie antérieui'e [épididyme) ; à sa partie postérieure, il présente souvent un réservoir connu sous le nom de véhicule séminale. Les oviductes et les canaux 'déférents s'ouvrent dans le tube digestif et il se forme un cloaque. 11 en est de même chez les Dipnoiens.

Les Plagiostoraes mâles sont munis d'organes d'accouplement extérieurs en forme de tenailles, dont les usages sont encore mal connus ; ils sont traversés par une gouttière et dépendent des nageoires ventrales.

Dans l'immense majorité des cas, les Poissons sont ovipares, mais il y en a quelques-uns qui sont ovovivipares, le développement de l'embryon ayant lieu dans l'intérieur des organes de reproduction, comme chez le Blennius viviparus, les Cyprinodontes, ainsi que la plupart des Squales ^ D'habitude, il ne s'établit aucune connexion entre l'embryon et la chambre incul)atrice ; cependant, chez les Mustèles et quelques autres Squales, des appendices vasculaires de la vésicide vitelline vont se fixer sur la muqueuse de l'utérus, de manière à y constituer une sorte de placenta. Il n'y a chez les Poissons ni amnios, ni allantoïde. Les œufs des Poissons sont enveloppés d'une coque offrant le plus souvent un aspect ponctué du à la présence d'un grand nombre de canalicules très-fins. Chez les Plagioslomes, cette coque se forme dans la partie glanduleuse de l'oviducte : elle est cornée et revêt souvent une forme bizarre. La segmentation de l'œuf des Poissons est partielle, excepté chez l'Amphioxus et les Cycloslomes, où il subit un fractionnement total. L'Amphioxus et les Lamproies sont les seuls Poissons qui subissent une soi'te de métamorphose.

L'époque du frai est variable chez les Poissons, mais la reproduction n'a lieu qu'une fois par an, habituellement au printemps. A ce moment, on observe quelquefois des changements remarquables dans la configuration et la couleur du

* Une particularité digne de remarque est celle qu'on observe chez les Syngnathes et les Hippocampes. Les mâles présentent, en arrière de l'anus, une j^oche incubatrice dont on ne trouve aucune trace chez la femelle. Cette poche s'ouvre au dehors par une fente médiane et les œuis y écloseut, sans que Ton sache encore comment ils y sont introduits.

GÉNÉRATION (anatomie et physiologie comparées). 515

corps, ainsi que dans le genre de vie. Les individus des deux sexes se rassemblent et cherchent des fonds plats près du bord des fleuves ou de la mer. En général, il n'y a pas d'accouplement; la femelle dépose ses œufs au fond de l'eau elle mâle verse sur eux sa laitance. Pans quelques cas, celui-ci déploie un instinct merveilleux. Ainsi, le Chabot mâle, à l'époque du frai, va chercher une femelle qu'il amène pondre dans un trou qu'il a choisi d'avance • il veille ensuite avec soin sur les œufs et les défend avec courage, si quelque ennemi cherche à s'en approcher. L'Epinoche et l'Épinochette sont encore plus remarquables sous ce rapport, car les mâles de ces Poissons construisent de véritables nids d'herbes soit sur les fonds sablonneux (Épinoche), soit au milieu des plantes aquatiques (Epinochelte), puis ils vont chercher des femelles qui pondent à l'intérieur, leur abandonnant Je soin des œufs. Après l'éclosion, les mâles retiennent les jeunes au nid, jusqu'à ce qu'ils soient capables de pourvoir eux-mêmes à leur subsistance.

On observe, chez quelques Poissons, des individus stériles qui difl'èrent un peu des individus sexués (Cyprinoïdes, Salmonidés) ; enfin quelques espèces (Carpes et Carassins) produisent des hybrides.

II. SlollusqucN. La reproduction est toujours sexuelle. La segmentation de l'œuf est partielle chez les Céphalopodes, totale chez les autres Mollusques. Après l'éclosion, les Mollusques branchifères [)résentent un repli cutané antérieur {voile) bordé de longs cils vibratiles et servant à la natation.

A. Céphalopodes. Tous sont dioïques.

Chez les mâles, un des bras se modifie de manière à servir d'organe copuluteur [hectocotyle).

3. Appareil mâle. Il se compose d'un testicule impair renfermé dans un sac membraneux où se répandent les spermatozoïdes devenus libres par la rupture des caecums de la glande. Ces corpuscules passent de là dans un canal déférent où ils

sont agglutinés en étuis complexes (spermatophores). Ceux-ci arrivent ensuite dans un vaste sac {bourse de Needham) suivi d'un tube éjaculateur qui débouche dans la chambre branchiale, à la base de l'entonnoir.

b. Appareil femelle. L'ovaire est impair et renfermé dans un sac péritonéal où tombent les œufs qui s'échappent par rupture. Ce sac communique avec un oviducte simple ou double (Poulpe) qui va déboucher vers la base de l'enton-

V\g. 10. — Appareil mâle de la Seiche.

a, tosliculo. — b, sa tunique ouverte. — c,c, canal déférent. — d, vésicule séminale. — e, origine de la bourse de Needham. — g, bourse de Needham remplie de spermatophores.— h, tube éjaculateur.

— i, son orifice (Milne Edwards).

316 GÉNÉRATION (anatomie i:t physiologie comparées).

noir. A Toviducle est annexée une glande de Valhumine de forme globuleuse et souvent l'on observe en outre (Nautile, Seiche, etc.) deux grosses masses glandulaires [glandes nidamentaires) qui sécrètent une substance visqueuse destinée à réunir les œufs. Ceux-ci sont entourés de prolongements variés et fixés sur des corps étrangers ; les pêcheurs donnent à ces masses racémeuses le nom de raisins de mer.

Les Céphalopodes s'accouplent en se tenant par les bras. Chez quelques-uns

Fig. 11. — Appareil femelle delà Seiche.

a, ovaire couvert d'oeufs réunis en grappe. — b, sac ovarien. — c, œuf= dttaches de l'ovaire et tombé? dans le sac ovarien. — d, oviducte. — e, glande de l'albumine. — f, orilice extérieur de l'oviducle. — g, glandes nidamentaires. — h, glandes accessoires. — i,i, intestin. — fc, anus (Milne Edwards).

{Tremoctopus, Philonexis, Argonauta), l'hectocotyle se détache périodiquement et s'introduit par l'entonnoir dans la cavité palléale de la femelle. Ce bras continue à vivre pendant un certain temps après sa séparation; il repousse après sa chute. Chez les autres Céphalopodes l'hectocotyle ne se sépare jamais.

B. Gastéropodes. L'appareil génital est asymétrique, excepté chez les Oscabrions (Cyclobranches). Les Gastéropodes sont monoïques ou dioïiiues.

a. Gastéropodes didiqiies. Deux cas sont à considérer suivant que l'animal est muni d'un pénis ou au contraire dépourvu de cet organe.

1" Les Gastéropodes pourvus d'un pénis et copulateurs sont : les Pulmonés operculés, la plupart des Prosobranches et les Hétéropodes. Le testicule et l'ovaire sont ordinairement cachés dans la glande digestive ; les orifices sexuels sont situés latéralement dans le voisinage de l'anus. 11 existe aussi chez le mâle un canal déférent, une vésicule séminale, un conduit éjaculateur ; chez la femelle, un oviducte, une glande de l'albumine, un vagin, une poche copulatrice. La verge n'est pas toujours tubulaire ; souvent elle est creusée d'un simple sillon qui fait suite au canal déférent. Chez la Paludine vivipare et quelques espèces vivipares, une portion du canal génital de la femelle se dilate de façon à constituer un réservoir {utérus) à l'intérieur duquel les œufs subissent leur développement.

2° Chez les Gastéropodes dioïques sans pénis (Patelle, Haliotides, etc.) l'ovaire et le testicule occupent la même place que chez les précédents; les orifices génitaux se trouvent également situés dans le voisinage de l'anus. 11 ne semble pas qu'il y ait rapprochement sexuel chez ces animaux.

b. Gastéropodes monoïques. A ce groupe appartiennent les Opisthobranches et presque tous les Pulmonés. Ils sont caractérisés par l'union étroite {glande hermaphrodite) des deux glandes sexuelles et de leurs appareils vecteurs.

Fig. 12. — Appareil génital du Colimaçon.

a, glande de Talbumine. — c,c, canal déférent. — e, canal effarent. — f,f, flagellum. — g, gaîne du pénis. — h, glande hermaphrodite. — m, muscle rélracteur du pénis. — o, oviducte. — p, poche copulatrice. — t,t, goultière déférente. — v,v, vagin. — x, vésicules multifides. — tj, sac du dard

Nous n'examinerons ici que la disposition de l'appareil reproducteur du Colimaçon {Hélix pomatia) .

La glande hermaphrodite présente un canal efférent qui vient s'ouvrir dans Voviducte où il se continue avec une gouttière {gouttière déférente) transformée

318 GÉNÉRATlOiN (anatomie et physiologie comvarkes). ,

en canal incomplet par deux replis marginaux. CetLe gouttière conduit le sperme; elle se continue avec le canal déférent et celui-ci va déboucher au fond de la gaîne du pénis. Les ovules parcourent l'oviducte auquel fait suite un vagin et les deux appareils s'ouvrent à l'extérieur par un orifice génital commun.

Cet appareil a des annexes qui appartiennent soit à la partie mâle, soit à la partie femelle. Les premières sont : 1" un long prolongement de la gaîne du pénis {flagellum) dans lequel se forme un spermatophore désigné sous le nom de capreolus ; 2° des glandes accessoires {prostate) \ 3" un muscle rétracteur du pénis. Les secondes sont: 1° la glande de l'albumine; 2" la poche copiilalrice qui débouche dans le vagin; 3" une paire de glandes multiples (vésicules multifides) qui s'ouvrent dans le vagin ; ¥ le sac du dard qui débouche également dans le vagin et dont la cavité en cul-de-sac renferme un petit stylet calcaire [dard). Ce dernier est un organe excitateur qui n'existe guèi'e que chez les Colimaçons et quelques Doris.

Les deux appareils sexuels, au lieu d'avoir un orifice génital commun, comme diez le Colimaçon, s'ouvrent quelquefois isolément au dehors (Linné, Planorhes, etc.).

Les Gastéropodes monoïques s'accouplent et, le plus souvent, chacun des conjoints fonctionne à la fois comme mâle et comme femelle (Colimaçon). Cependant le coït peut être simple en ce sens que l'un des conjoints agit comme mâle

Fig. 15. — Organes génitaux du Pecten glaber.

a,a, couduils excréteurs du testicule et de l'ovaire. — b, orilice commun aux organes des deuxfexes. — c, orifice de l'organe de Bojanus. — d, petits îlots de glande femelle isolés au milieu de la glande mâle. — 0, ovaire. — t, testicule (Lacaze-Duthier;).

seulement et l'autre comme femelle (Ancyle). Un autre cas est celui où un seul et même individu est mâle pour un deuxième et femelle pour un troisième (Linné). Enfin, exceptionnellement, chaque animal peut se féconder lui-même et est alors hermaphrodite.

L'accouplement a été bien étudié chez les Colimaçons. Ceux-ci, après s'être excités réciproquement avec leur dard, déroulent leur pénis au dehors et le spermatophore est porté dans la poche copulatrice de la femelle.

GENERATION (anatomie et physiologie comparées). 319

C. Ptéropodes. Tous sont monoïques et pourvus d'une glande hermaphrodite. Ils présentent un pénis assez analogue à celui des Gastéropodes.

D. ScAPHOPODEs. Dioïques. Les produits sexuels sortent par une ouverture palléale située à l'extrémité pointue de la coquille.

E. Lamellibranches. Presque tous sont dioïques. Ceux qui sont monoïques ont les glandes sexuelles séparées ou au contraire réunies eu une seule glande hermaphrodite.

a. Lamellibranches dioïques. L'ovaire et le testicule sont des glandes en grappe situées sur les côtés du foie et pénétrant quelquefois dans le manteau (Moule). Les ouvertures génitales sont situées de chaque côté delà hase du pied; elles sont confondues avec les orifices de l'organe de Bojanus (Moule) ou s'ouvrent dans cet organe (Peigne), ou bien enfin sont situées à côté de ces orifices (Anodonte). Les œufs sont de couleur rougeâtre; le sperme est lactescent.

h. Lamellibranches monoïques. La situation de la glande hermaphrodite et la terminaison à l'extérieur sont les mêmes que chez les précédents.

Les uns ont les glandes sexuelles distinctes et un (Peigne) ou deux (Pandore) orifices sexuels de chaque côté. Les autres (Huître) ont mie glande hermaphrodite où l'on peut trouver dans le même cœcum à la fois des ovules et des spermatozoïdes.

F. Brachiopodes. Ils sont dioïques. Les organes génitaux sont situés de chaque côté de la ligne médiane, dans l'épaisseur des lobes du manteau. Comme chez les Lamellibranches, il n'y a jamais de rapprochement sexuel. Les spermatozoïdes sont transportés chez la femelle par le courant du liquide ambiant.

G. ToxiciERS. Ils sont hermaphrodites. Chez les Ascidiens, les testicules et les ovaires constituent une masse glandulaire située de chaque côté du corps. Dans chaque glande, l'ovaire est central et muni d'un oviducte, tandis que le testicule entoure l'ovaire et est pourvu de plusieurs canaux déférents. Tous ces conduits évacuateurs se rendent dans la cavité cloacale. La fécondation a lieu le plus souvent dans le cloaque ; les embryons sont expulsés par l'orifice du cloaque. Cliez les Ascidies sociales et les Ascidies composées, la reproduction s'effectue non-seulement par oviparité, mais encore par gemmiparité. Les individus nés ainsi par bourgeonnement forment des colonies qui restent étroitement unies pendant toute leur vie.

Chez quelques Ascidiens et chez les Salpicns on observe, outre l'oviparité, des phénomènes dits de génération alternante sur lesquels nous devons nous arrêter un instant.

GénératiolN alternante. On désigne sous ce nom ou sous ceux de métagenèse, généagenèse, un mode de développement caractérisé par l'alternance régulière, chez une espèce, d'une génération sexuelle avec une génération asexuelle. En d'autres termes, des animaux sexués engendrent des animaux asexués dont les descendants seuls reviendront au type primitif.

Le premier cas de génération alternante fut observé par Chamisso sur les Salpes ou Biphores. Ces animaux se présentent sous deux aspects fort différents : celui d'individus isolés d'une grande taille (Salpes libres) et celui de longues chaînes (Salpes agrégées) dont chaque chaînon est formé par un individu de petite taille.

3Iais ces deux sortes de Salpes ne diffèrent pas seulement par la taille. Les Salpes libres n'ont pas d'organes sexuels ; elles donnent à leur intérieur, par bourgeonnement, une chaîne d'individus qui naissent soudés entre eux et res-

520 GÉNÉRATION (anatomie et physiologie comparées).

tent toujours unis. Ces Salpes agrégées, filles des Salpes libres, sont hermaphrodites et non gemmipares; chacune d'elles produit des spermatozoïdes et un œuf unif|uc d'où sort une Salpe lihre, agame et gemmipare. Les deux formes alternent ainsi régulièrement, les filles ressemblant non à leur mère, mais bien à leur grand 'mère.

Chez des animaux voisins des Salpes et que leur forme en barrillet a fait

Fig. 14. — Anatomie de la Molgule (Ascidien).

1. — a, oxlrcmité anale île l'intestin se prolongeant jusqu'en A, orifice extérieur de la chambre cloacale. Celle-ci a été ouverte ; on voit, sur ses côtés rabattus, les ovaires o et les testicules t avec les orifices génitaux o'o". — B, orifice contracté de la branchie Br.

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