GATTINARA
le nom de Ayvôç, qui signifie chaste, et on y a ajouté plutôt le nom latin Castus, pour faire le mot composé Agniis Castus. La plante passait en effet pour calmer les désirs, et on rapporte que, aux fêtes de Gérés, les femmes grecques couchaient sur des sacs remplis de feuilles d'Agnos pour chasser les idées impures. Plus tard, on a cultivé la plante dans les monastères, comme un antiaphrodisiaque ; on la trouve en effet sous le nom de Vitex dans la Phijsim de Ilildegarde, abbesse de Bingen, morte en 1180. Cependant la saveur chaude et piquante des fruits du Vitex doivent le faire considérer bien plutôt comme une plante stimulante que comme un réfrigérant. La plante est de nos jours tombée en désuétude.
Quelques espèces des Indes orientales ou de l'extrême Orient méritent aussi d'être signalées. Telles sont :
2" Le Vitex trifolia L., qui vient aux Indes, à Sumatra, aux Philippines, où il porte le nom de Lagondi. On l'appelle aussi Cara-nosi sur les côtes du Malabar; Fleming l'appelle iVismrfa /a^onf/«/?n. C'est une espèce dont les feuilles sont à 5 folioles, d'une odeur forte et aromatique, et dont les fruits rappellent ceux du poivre. On l'emploie dans les Indes à de nombreux usages : comme fébrifuge, dans les fièvres rémittentes ; comme emménagogue et stimulante dans les maladies de la [leau. On applique les pousses fraîches comme résolutives sur les foulures, les contusions et enfin dans les cas de douleurs rhumatismales. Rlieede rapporte que la décoction de la plante est enqiloyée contre la goutte ;
5" Le Vitex Negimdo L. croît également dans l'Inde ; c'est le vrai lagondium des Malais. Son fruit, noir, d'une saveur piquante, d'une amertume agréable, sert à assaisonner les viandes ; on le prescrit dans les fièvres intermittentes ; les feuilles sont vulnéraires et les racines vermifuges et fondantes. Pl.
BiBi.ioGBAPHiE. — HiPPOCR\TE. Passitii. — DiosconinE. Mal. inedica, I, 15.'). — Sprengel. Jlisloria Bel herbariœ, I, tJ26. — liiNNÉ. Gênera, 790. — Rumphius. Herbarium amboinense, IV, C. 22. — RuEEDE. Hortus malabaricus, II, t. XI. — Fleming. Catalogue des plantes médicinales de l'Inde. — AixsLiE. Maleria indica, II, 238 et 257. — Endlichek. Gênera, ii" 5700. — De Candolle. Flore française, III, 502. Pl.
GATTIXARA OU GATTIXARIA (Marco). Médecin italien de Vercelli, florissail dans la seconde moitié du quinzième siècle. 11 professait la médecine à l'Université de Pavie, où il mourut non en 1506, comme l'écrit Malacarne, mais bien le 14 février 1496, selon l'histoi'ien Ranza et Bonino. Ce dernier reproche vivement à Eloy et aux auteurs de la Biographie médicale, qui trop souvent ont copié Eloy sans le rectifier, d'avoir présenté Gattinara comme un partisan aveugle de la médecine arabe et comme un grossier empirique. Ou serait fort en peine, disait Dezeimeris, de trouver au quinzième siècle un médecin qui n'eût point mérité plus ou moins un semblable reproche. Mais voici quelques fragments de Gattinara qui prouvent qu'il ne fut pas plus empirique qu'un autre, qu'il raisonnait après avoir observé, et même qu'il raisonnait assez bien. Dans le traitement de l'épilepsie, il veut qu'on tâche de remonter à la connaissance de la cause du mal, et de s'assurer si son action ne serait point encore persistante. Qu'on voie, dit-il, si la maladie ne dépendrait point « ah aliqua materia retenta in aliquo membro saniosa, et virulenta, puta in vtembris exterioribus, ut coxis, brachio, pede vel digito; cas dans lequel, ajoutait-il, débet fieri talis excoriatio, etapertio, ut materia exeat, ut mihi contigit de quodam cuisœpe adventabat paroxismum epiteptiœ, quem interrogavi an aliqiiod sibi accidisset,
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ut piita casus, vel percussio. Qui respondii quod non. Feci eiim exuere, et invent coxam unamtumidam, sednullumperceperatdolorem. Interrogavi quod iUorum prhis evenit an tumor, an epilepsia. Ille nescivit respondere. Vnde, videns nullum reglmen praecessisse in sex rébus non naturallbus quod esset melancoliae generativum, arhitratus sum et merito causant epileptiae esse tumorem illum : feci aperire locum cum cauterio, et inventa est in loco humiditas multa putrefacte in tanium quod usque ad os erat putrefactum : et ita dinmso loco aperto processi exsiccando humiditatem illam malam, et continuo paroxismi tardaverunt et in tantum processi donec extractum est de osse putre facto, et ex certo non rediit paroxismus epilepsia e », fol. 20, 21.
Ailleurs, Gattinara, en parlant des opérations employées dans le traitement des varices, rapporte l'histoire d'un jeune Allemand très-robuste, qui succomba à la suite d'une opération de ce genre, pratiquée par un empirique, qui, dit-il : « extraxit sanguinem et clausit venas, et quia corpus non erat mundificatum, passus est illinc ad paucos dies fehrem quartanam pestilentialem et mortmis est. Et hoc fuit quod natura erat consueta per illos locos transmittere super fluitates, quibus retentis et putrefactis sequutus est effectue supradictus », fol. 1()2.
Sylvius et lleurnius disent beaucoup de bien du Traité de médecine pratique de Gattinara ; Cornarius en fait l'éloge dans l'épître dédicatoire de sa traduction latine de Paul d'Égine. Cet ouvrage a pour titre : De curis aegritudinum particidariiim, sive expositio in nonum Almansoris. Lugduni, 1504, 1506, in-4''v Papiae, 1509; Bononiae, 1517, in-8'; Venetiis, 1521, in-12; Lugduni, 1525, in-8»; Bononiae, 1527, in-8» ; Venetiis, 1532, in-S" ; Lugduni, 1532, in-12; Basileae, 1537, in-8°; Lugduni, 1558, in-8»; Parisiis, 1540, in-8»; Tridini, 1542, in-8»; Parisiis, 1549, in-8"; Venetiis, 1556, in-8«; 1559, in-12; Francof., 1575, in-12; 1604, in-8°; Lugduni, 1639, in-8'', etc.
On cite encore de Gattinara : Annotatio una et altéra de taraxaco, cichoreo, jua, esula et soldanella. In t. Il de VHerbarium Ottonis Brunsfelsii, in-fol. De Gregori a retrouvé ce mémoire à la bibliothèque du Collège Romain, imprimé avec un autre ouvrage intitulé De vera lierbarum cognitione.
Enlin, Sylvius a rais le principal ouvrage de Gattinara à contribution pour la rédaction de son Ratio medendi morbis internis prope omnibus, médicinal candidatis non exiguae commoditati futura, e Galeni scriptis et Marci Gatti- "RkRixE pratica, per Joli. Sylvium accurate selecta, etc. Genovae, 1620, in-16.