‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.43Chapitre 57 sur 61 · iEiNTlArsE (emploi médical · texte numérisé non relu

iEiNTlArsE (emploi médical

t aria in Hermanni Boerliaave Aphorismos de cognoscendisetcnrandismorbis. Parisiis, MDCC, LXXIII, tomus quinlus, p. 820). Il est remarquable que la gentiane se rappro£lie encore, à ce point de vue, des applications du quinquina qui, sous le nom de remède de Ileld a joui en Angleterre d'une très grande réputation comme anliarthrilique et s'est présenté chez nous, au même titre, sous le patronage d'Alphonse Leroy. Au reste, la parenté nosologique de la goutte et du rhumatisme contre lequel la quinine a une incontestable efficacité est une présomption directe, on laveur du quinquina, et indirecte en faveur de la gentiane. L'emploi de ce dernier médicament à titre de vermifuge, très-répandu jadis, a disparu devant les moyens plus siirsdont nous disposons aujourd'hui; mais il ne répugne en rien, de penser que cette propriété, attachée assez généralement aux amers, appartient réellement à la gentiane, mais surtout à la gentiane fraîche qui, par l'adjonction d'un principe aromatique avec un principe amer, offre une réelle analogie avec l'absinthe. Quant aux propriétés antiscrofuleuses de la gentiane, qui étaient jadis très-convenablement reconnues, elles n'étaient sans doute qu'indirectes et dérivaient de son action Ionique qui intervient certainement d'une manière utile dans la scrol'ule où le système tout entier présente tous les signes d'une atonie profonde; mais de là à croire qu'il y ait dans la gentiane vertu de médicament de la scrofule, de médicament antidiathésique, au même titre que l'iode, l'or, le baryum, le noyer, etc., il y a une dislance que les faits observés ne permettent pas de franchir.

Rappelons enfin que la racine de gentiane a la propriété comme substance hygrométrique, de se gonfler au contact de l'humidité, et qu'elle a été employe'e au même titre que le sont aujourd'hui l'éponge préparée et la laminaire, pour dilater des canaux rétrécis ou des trajets fistuleux. On s'en est servi quelquefois comme pois à cautères, mais les pois d'iris remplissent mieux le but.

Ce qui reste en somme de ce médicament déchu, c'est une valeur très-réelle à titre d'hyperorexique ou de stimulant de l'appétit, de stomachique ou de stimulant des aptitudes digestives, et de fébrifuge. Il tenait le premier rang avec le quinquina; il mérite aujourd'hui le second, et son peu de cherté le recommande singulièrement à la médecine des pauvres.

La gentiane s'emploie en poudre aux doses de 1 à 4 grammes à l'intérieur. On pourrait aussi s'en servir sous cette forme, associée au camphre ou au charbon, ou à l'une et l'autre de ces deux substances comme traitement local des ulcères de mauvaise nature, blafards, avec œdème périphérique, tendant au sphacèle, à la pourriture d'hôpital ou à la dégénérescence diphthérique. Cette application de la gentiane à laquelle Desbois (de Rochelort) donne les plus grands éloges {Éléments de matière médicale, édit. Lullier-Winslow. Paris, 1817, t. II, p. 209) mériterait sans doute d'être retirée de l'oubli et constituerait un moyen antiseptique utile.

La tisane de gentiane se prépare par macération ou infusion aux doses de 5 grammes par 1000 grammes d'eau que l'on édulcore avec 50 grammes de sirop d'écorces d'oranges amères.

La bière de gentiane usitée en Angleterre, se prépare par macération avec 1 5 grammes de gentiane concassée, 1 0 grammes de zest frais de citron et 1 gramme de cannelle par 1000 grammes de bière.

La teinture alcoolique de gentiane du Codex est au 5^. Elle se prépare par une macération de dix jours de 100 grammes de racine de gentiane dans 500 grammes d'alcool a 60 degrés. Dose de i à 10 grammes.

GEM'IL (Les deux). T1;>

La teinture de gentiane composée ou élixir amer de Peyrilhe se prépare avecracine de gentiane 100 grammes; carbonate de soude ôO grammes; alcool à ^0 degrés 3000 grammes. On fait macérer pendant dix jours; on passe avec expression, on filtre.

Le viîi de gentiane du Codex se prépare en faisant macérer pendant vingtquatre heures 50 grammes de racine de gentiane incisée dans 00 grammes d'alcool à 60 degrés, ajoutant 1000 grammes de vin rouge, laissant macérer pendant dix jours et filtrant.

J'emploie habituellement un vin de gentiane com;jo.se' contenant pour 1000 gr. de vin rouge, 15 grammes de poudre de quinquina rouge concassé, 10 grammes de racine de gentiane incisée et 5 grammes d'écorces d'oranges amères. Il se prépare comme le vin du Codex.

L'extrait aqueux de gentiane du Codex se donne aux doses de 1 à 2 grammes.

La gentiane entre dans une foule de médicaments complexes. La i)lus célèbre de ces compositions est la poudre antiarthritique du duc de Portland. formée de parties égales de gentiane, d'aristoloche, de chamœdryset de petite centaurée.

FoNSSACmVES.

GEXTIAXÉES. Famille de plantes dicotylédones appartenant au groupe des Monopétales à ovaire libre, aux Corolliflores de De Candolle.

Ce sont des plantes herbacées, quelquefois ligneuses, ordinairement glabres, dont les feuilles sont le plus souvent opposées et entières ; rarement elles sont alternes ou verticillées. Les fleurs sont hermaphrodites, régulières. Elles ont un calice persistant à 4, 5, 6 ou 8 lobes, plus ou moins cohérents; une corolle gamopétale, infundibuliforme, hypocratériforme ou presque rotacée, nue à la gorge ou garnie d'un aimeau frangé, à 4, 5, 6 ou 8 lobes, à prcfloraison tordue ou valvaire induplicative. Les étamines sont en même nombre que les divisions de la corolle. L'ovaire estuniloculaire, ou biloculaire, portant des ovules nombreux, anatropes, horizontaux. Le fruit est une capsule qui s'ouvre en deux valves, portant d'ordinaire les placentas sur les bords. Les graines sont menues, albuminées, contenant un très petit embryon droit, à radicule rapprochée du hile.

Les Gentianées se divisent très naturellement en deux sous-familles :

1° \j^% Gentianées vraies, caractérisées parleurs feuilles opposées, leur corolle à préfloraison tordue. Ce sont des plantes terrestres, toutes amères et dont les usages en médecine dérivent de cette amertume. Elles sont en effet employées comme toniques et fébrifuges. Les genres principaux sont: Gentiane, Erythrée ou Petite Centaurée, Chi renée et Chlore;

2° Les Ményanthées, plantes aquatiques, à feuilles alternes; la corolle est à préfioraison induplicative. Les genres principaux sont les Me7iyanthes el\es Villarsia. Ces plantes, qui sont également amères, ont des propriétés toniques et antiscorbutiques. Pl-

Bibliographie. — Jussieu. Gênera. — De Candolle. Prodromus. — Lesiaout et Decaisne. Traité général de botanique, 180. — Guibourt. Drogues simples, 7" édit., II, 550.

GE]%TI.4IVELLE. Nom officinal de la gentiane d'Allemagne ou Gentiana germanica Wild. {voy. Gentiane). Le même nom a encore été donné à d'autres espèces de gentianes et à des espèces du genre Cicendia Adans. {Exaciim DC).

ge\'TIa:viqle (Acide). Voy. Gentisin.

cyBlVTlL (Les de0x).

716 GENTIL (paul).

tientii (AiNDRÉ-AiNTOiNE-PiEKnE). Chimiste et agronome franç.iis, conmi par des travaux remarquables sur la fermentation et que pour celte raison nous croyons devoir nommer ici, naquit à Pesmes, en Franche-Comté, en 172à, selon les uns, en 1731, selon les autres. Dès l'âge de div-huit ans il entra dans l'ordre de Saint-Bernard et fit profession à Clairvaux. Plus tard il lut nommé prieur de Fontenai dans l'Âuxerrois. Lorsqu'éclata la Révolution, il se retira à Paris où il mourut pauvre et ignoré en 1800.

Les travaux de Gentil ont été couronnés par plusieurs académies ; P>ulïiin parle de ce savant avec la plus sincère admiration. « Ce respectable religieux, dit-il, ensevelit dans l'ombre du cloître des talents dignes du plus grand jour. Souvent créateur, toujours heureux dans ses opérations chimir{ues, parce qu'il est infatigable dans ses recherches, il ne voit rien dans la nature qui ne puisse tourner par ses soins au profit de l'espèce humaine : il ferait sortir le chypre et le raaiaga d'une tonne remplie de vin corrompu. Lisez son ouvrage sur la fermentation et ses dissertations sur divers objets d'utilité première. Mais je dois respecter le voile modeste dont il veut couvrir sa vie, son nom et ses œuvres... Passionné pour les sciences, il n'en cultive pas avec moins de grâce et de goût la littérature qui les embellit. Sa conversation est ingénieuse et piquante, sou idiome est pittoresque et n'appartient qu'à lui seul. Organisation vive, santé frcle, âme ardente, voilà le portrait du prieur. Une lame de celte trempe use violemment son fourreau ».

Citons de ce chimiste distingué :

I. Premier essai d'agronomie, ou diététique f/éiiérale des végétaux et application de la chimie à l'agriculture. Dijon, 1777, in-8». — II. Dissert, sur le café et sur les moyens propres à jjrévenir les effets qui résultent de sa préparation communément vicieuse, et en rendre la boisson plus agréable et plus salutaire. Paris, 1787, in-S". — III. Manière de faire de très-bon vinaigre avec du petil-lnit. Dijon, 1787, in-S". — IV. Mém. sur la. question proposée en 1779 par la Société des sciences de Montpellier : « Déterminer par un moyen fixe, simple et à la portée de tout cultivateur, le moment auquel le vin, en fermentation dans la cuve, aura acquis toute la force et toute la qualité dont il est susceptible. » Paris, 1802, in-8°.

Gentil (Paul). Médecin Irançais de mérite, né à Versailles vers 1785, commença ses études dans sa ville natale sous la direction de Voisin, chirurgien en chef de l'hospice civil et militaire, puis les acheva à Paris, où il se fit recevoir docteur le 1 7 août 1815. 11 soutint à cette occa;aon une thèse, qui fut remarquée, sur la chaleur animale; Deyeux en publia un extrait dans les Annales de chimie (t. XGVI, p. 43,1815), extrait qui fut reproduit ensuite dans MeckeVs Deutsches Archiv fiir Physiologie {^anàlU, Ilefl 5, p. 458, 1817). Cette dissertation a été en outre analysée dans le Journal de médecine de Leroux (t. XXXIV, n«4, p. 455, 1815).

Une fois admis au grade de docteur, Gentil alla se fixer à Dreux, où il exerça la médecine avec réputation; il se montra aussi bon praticien que bon observateur; nous en citerons comme preuve l'opuscule intitulé: Notice sur la coqueluche qui s'est montrée d'une manière épidémique à Dreux et dans ses environs pendant le mois de juin, juillet et août 1817 (Dreux, 1817, in-8°). Gentil cultiva en outre la littérature et la poésie, témoin l'Ode à Messieurs Pariset, Bally, François, iMazet, dédiée à Mme Pariset (Paris, 1822, in 8°). « Poème touchant, dit l'auteur du Parnasse médical français, en l'honneur de ces illustres médecins qui étaient alors à Barcelone, prodiguant aux malheureux atteints de la fièvre jaune les trésors de leur savoir et de leur dévouement ! Un

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