‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.44Chapitre 12 sur 67 · IRRÉGULIER · texte numérisé non relu

IRRÉGULIER

A Vienne, . . .

En Algérie. . .

Aux Indes . . .

Ii95

2tô

Il ne peut échapper à personne que les chiffres de ce tableau sont extraordinaires pour l'hôpital de Vienne, qui sur une somme de plus de 3000 cas de fièvres palustres n'a pas enregistré un seul type rémittent. Cela semble impliquer une façon de voir systématique dans le mode d'envisager les types fébriles. Quant aux statistiques de l'Inde, les statistiques plus récentes de Morehead sont en contradiction avec celles de II. Martin, puisque sur les indigènes de Bombay un total de 4037 fièvres paludéennes de tout genre donnait 75 pour 100 de fièvres intermittentes et seulement 16 pour 100 de fièvres rémittentes. Les statistiques deBondin fournissent deux résultats pour les pays chauds : la grande fréquence du type rémittent, et la prédominance du type quotidien sur les tierces et quartes dans la fièvre intermittente. Cependant l'auteur admet que « la fièvre intermittente, la plus répandue et la plus fréquente, affecte de préférence le type quotidien » . Les Statistical Report on the Health of tlie Navy de la marine anglaise pour 1869 et 1870 donnent les résultats suivants concernant la force navale disséminée sur le globe, mais en majeure partie dans les pays interlropicaux :

ANNÉE 1869

Décès.

1° Fièvre simple continue 1590 4

2° Fièvre intermittente (ague) 421 »

3° Fièvre rémittente 466 5

ANNÉE 1870 * Décès.

1° Fièvre simple continue 2007 8

1° Fièvre intermittente 474 1

3° Fièvre rémittente 511 6

D'où l'on voit que le nombre des fièvres intermittentes et celui des rémittentes se rapprochent singulièrement : les fièvres continues, les plus nombreuses, ne sont pas rapportées par l'auteur de la statistique anglaise à une origine malarienne.

Ainsi il n'est pas facile de trancher cette question de forme et de fré'juence des types fébriles paludéens, même à l'aide de la statistique. Cette difficulté tient à plusieurs raisons, d'abord au degré d'exactitude avec laquelle sont enregistrés les éléments importants de la statistique, mais aussi à la manière, fort diverse suivant les pays, les époques, les écoles et même les mœurs mentales de chaque médecin, d'interpréter les types fébriles. Ne voyons-nous pas, en effet, que la même fièvre palustre est dite rémittente par un observateur parce qu'elle aura, par exemple, commencé par un ou deux jours de rémittence et fini par des accès intermittents légitimes, tandis qu'elle sera le modèle des fièvres

intermittentes pour tel autre observateur? Est-ce que beaucoup de médecins n'admettent pas que le type intermittent légitime est la règle absolue et que la rémittence on la subcontinuité ne sont dues qu'à des complications, à des épiphénomcnes gastro-intestinaux ou autres (Gendrin)? D'autres, au contraire, disent que « le type fondamental de la fièvre palustre n'est pas la périodicité » dans les pays chauds (L. Colin). Pour tout cela et pour bien d'autres motifs il n'est pas possible d'invoquer la statistique même actuelle pour décider la question que nous soulevons ici. On pourra peut-être le faire quand la majorité des observateurs seront d'accord sur la classification rationnelle des fièvres paludéennes. Encore faudra-t-il disposerpour cela, non de quelques milliers, mais de plusieurs millions de cas.

Ces réserves faites, on peut dire que, si la proposition qui proclame la rareté du type intermittent et la fréquence du type rémittent à mesure que l'on descend vers les régions de jl'équateur est acceptable en gros, elle souffre de nombreuses exceptions relatives aux localités.

2° La question des races et des nationalités vis-à-vis de la fièvre de malaria peut facilement se résoudre dans ce fait qu'aucune n'est exempte de ses atteintes. En Asie comme en Amérique, comme en Océanie même, la fièvre paludéenne sévit sur toutes les populations, quelle que soit leur origine. Cependant il y a de grands privilèges sous ce rapport, notamment pour la race nègre, par exemple, à la côte occidentale d'Afrique. Mais il reste à se demander si l'immunité relative dont elle jouit incontestablement n'est pas plutôt le fait de l'acclimatement que de la race: or cela ne paraît pas douteux. Même les créoles et les créolisés jouissent d'une semblable immunité dans plusieurs points des pays tropicaux. Cependant on a fait justement remarquer que la même race nègre jouit de privilèges analogues sur le sol des États-Unis d'Amérique et aussi, quoique en moindre proportion, aux Antilles et dans l'Amérique du Sud, alors qu'elle est transportée dans ces divers lieux. Il faut en conclure que le sang noir jouit d'une indemnité générale, seulement relative, mais considérable toutefois vis-à-vis de l'influence malarienne. Les autres races colorées paraissent également un peu moins atteintes que la blanche par la malaria.

3" L'influence de la climatologie ou mieux de la météorologie sur la production des fièvres de malaria ne pourrait être traitée ici avec détails sans empiéter sur la partie étiologique de l'article consacré aux fièvres intermittentes {voy. Intermittentes [fièvres]. Qu'on nous permette cependant, dans un chapitre consacré à la malaria en général, de présenter quelques remarques ayant le même caractère de généralité.

Deux tableaux dressés par Hirsch tendent à faire ressortir l'influence de la chaleur estivale sur la fièvre de malaria. Il admet l'isothère de -h 15° à 4-16'^ comme limite de cette maladie vers le nord (forts Brandy, Mackinak, Kent, Islande, îles Féroë).

Aujourd'hui ces tableaux ne sont plus exacts, puisque nous avons vu la fièvre de malaria régner dans le golfe de Bothnie et au delà par une latitude de 66 degrés nord, et remonter en Sibérie beaucoup plus haut que ne le croyait Hirsch.

Ainsi le soleil, dans ses courses si régulièrement périodiques, est en quelque sorte le régulateur de la malaria. 11 semble agir sur les causes de celte vaste endémie à la façon dont il exerce sa puissance fécondante sur les germes des végétaux et même de la plupart des animaux; de sorte qu'il sert à rendre plus

évidente l'analogie vivement soupçonnée entre la nature de celle-là et de ceux-ci.

4° Les conditions de structure géologique, d'altitude, de constitution physique et de configuration du sol, entrent en ligne de compte pour la production de la malaria. On a remarqué que l'intensité et l'extensivité du paludisme étaient très-grandes sur certains lieux élevés, comme au Texas, au Mexique, au Pérou et dans les Sierras des Andes américaines, dans l'Inde [Uillfever), en Espagne, etc. Cependant cette prédominance de la malaria sur les régions très-élevécs est une exception, bien que l'altitude seule ne suffise pas pour conférer l'immunité des fièvres périodiques. D'une maaière générale l'altitude joue le même rôle à peu près que la latitude en égard à la malaria : celle-ci se raréfie en proportion derélé\ation aîtitudinale et latitudinale. La constitution géologique ou chimique du sol n'a pas par elle-même une action directe sur la genèse de la malaria, mais elle exerce une influence indirecte par la structure physique, par le mode des stratifications, par les qualités variées du sol, par son hygroscopicité, sa porosité, sa richesse en détritus organiques, etc.

Les inondations, les défrichements, les bouleversements de terrains, la mise à l'air et l'exposition aux agents de l'atmosphère, des entrailles d'une terre demeurée longtemps vierge du contact des éléments météorologiques, sont aussi des conditions dont l'énergie ne le cède guère à celle des premièies. Il semble que du sein de ces terres longtemps immobilisées et soustraites à la vie atmosphérique s'exhalent des effluves (Lancisi) longtemps accumulés ou comprimés, pour employer une image en rapport avec la théorie des miasmes. En quoi consiste cette émanation que l'on appelle aujourd'hui encore lellm'iqtie? Nul ne le sait. Mais l'on constate qu'elle est enfantée aussi bien par les monts de granit où vient dormira ciel ouvert l'eau des pluies, comme en Espagne à l'occasion du creusement des chemins de fer de la Sierra de Guadarrama, que par les flaques d'eau saumàtre, ou par les marais classique ; qu'elle surgit au bord des océans aux rivages cou\'erts de l'opulente végétation des tropiques comme sur les steppes désolées par l'aridité, dans l'oasis du Sahara comme dans les plaines fécondes de l'Egypte et de la Mésopotanie, de l'Inde, etc. ; sur les hautes plaines de l'Araxe arménien, vastes solitudes jadis incendiées par les volcans, comme sur les plateaux cristallins du Dekkan, sur les hautes terrasses de l'Iran, sur les roches abruptes de Hong-Kong (Chine) comme sur les maremmes de Toscane, dans les Calabres, dans la Sicile.

5" L'influence des tremblements de terre a été comparée à celle des inondations, quant à ses effets sur la production des irruptions de malaria : telle est l'opinion de Tschudi, pour le Pérou.

6° « Il est bien établi dans ma conviction que ces causes (ci-dessus énoncées) par elle-mêmes ne représentent pas la malaria, qu'elles paraissent toutefois plus )u moins importantes et essentielles à la production de celle-ci, que la malaria peut survenir aussi indépendamment d'elles, et que, comme nous l'avons démontré, cette maladie est apparue à plusieurs reprises dans des proportions énormes, sans que nous puissions soupçonner, même approximativement, la cause de ces apparitions w (A. Hirsch, Malaria- fieber , Band 1).

A l'appui de cette déclaration, que cependant il ne faudrait pas généraliser, nous pouvons citer ce qui se passe en Océanie. Beaucoup d'îles de ce cjnlinent fractionné et comme émietté sur la surface du Grand Océan sont composées de cônes volcaniques entourés à leur base de dépots et de détritus madréporiques, soit de formations entièrement madréporiques même. Les lisières basses que

baignent les eaux salées de la mer et les vallées qui descendent des montagnes ou des éminences de ces îles sont, de l'avis de tous ceux qui les ont visitées, de parfaits marais d'eau stagnante, quoique indemnes de malaria sous un ciel cependant tropical et une haute température. Vouloir pallier notre ignorance en alléguant que les terrains madréporiques constituent des filtres minéraux qui servent à drainer les terres, ou toute autre explication de cette nature, c'est vouloir s'enfoncer volontiers dans une erreur plus complète. Il faut ici savoir confesser hautement cette ignorance et ne pas reculer devant le quid ignotum d'Hippocrate.

7" On a remarqué que certaines localités engendrent plus que d'autres ce que l'on pourrait appeler les accidents chroniques de la malaria, la cachexie, les engorgements du foie et de la rate, la mélanose paludique et ces nombreux reliquats qui minent la santé des malades longtemps après la cessation des phénomènes aigus. On ne connaît pas suffisamment les conditions de cette sorte d'intoxication chronique qui parfois d'ailleurs ouvre la scène morbide et apparaît avant aucune manifestation aiguë, comme les splénopathies et l'hypertrophie de la rate, par exemple.

En terminant ici la revue géographique des fièvres, nous allons résumer brièvement ce que l'on connaît actuellement sur un certain nombre de procès fébriles encore indéterminés et formant un groupe que l'on range, jusqu'à nouvel ordre, dans la catégorie des fièvres incerlœ sedis.

Sans doute, à la rigueur, on pourrait nous reprocher, comme un horsd'œuvre, d'entrer dans quelques détails de pathologie sur ces fièvres dont la description ne regarde pas la géogra[)hie nosologique. Nous invoquerons immédiatement pour excuses : 1° l'intérêt même que la géographie médicale aurait à bien connaître et à classer ces fièvres ; 2° la nécessité de compléter, au point de vue qui nous occupe, ce qui a été dit dans le Dictionnaire encyclopédique aux articles Bilieux et Fièvres. On va le voir, il s'agit ici surtout des fièvres bilieuses ou qualifiées de semblables dénominations, et qui, dans ces dernières années, semblent avoir acquis une importance prépondérante dans certaines contrées exotiques,

B. Fièvres incert^ sedis. Les fièvres incertce sedis comprennent : la fièvre éphémère, febricula ephemera, febris rheumatica, les fièvres climatiques ou climatologiques, les fièvres catarrhales, la synoque, la fièvre muqueuse, la fièvre ardente continue des pays chauds, les fièvres à dénominations diverses de ces pays, les fièvres décrites sous les noms de fièvres bilieuses, simples ou rémittentes, bilieuses inflammatoires aux Antilles, etc.

Sous le nom de fièvre éphémère, on a décrit une fièvre qui se montre sous tous les climats et qui est caractérisée par une élévation rapide de la température et des autres symptômes constitutifs de la fièvre et par une chute analogue au bout de vingt-quatre, trente-six à quarante-huit heures. Suivant Guéguen qui l'a étudiée à la Guadeloupe (Antilles) à l'aide du thermomètre, ce serait une intermittente quotidienne excessivement bénigne et fugace, dans laquelle les oscillalions journalières sont de peu d'étendue, chaque matin offrant une légère rémission et chaque soir une exacerbalion correspondante; mais elle diffère des fièvres intermittentes en ce que le quinquina ne semble pas avoir d'influence sur elle. Il y aurait donc inconvénient à échanger son nom contre celui de fièvre intermittente.

La fièvre catarrhale ou muqueuse ne peut guère être maintenue comme espèce nosologique. On a souvent désigné sous ce nom ou bien des accidents fébriles liés à un embarras gastro-intestinal (gastrite épithéliale légère des muqueuses gastro-intestinales), ou bien des fièvres typhoïdes légères et abortives. Bref, la fièvre catarrhale ou muqueuse paraît se résoudre facilement en d'autres processus morbides mieux caractérisés. Il en est de même de la fièvre rheumatique {febris rheumatica) , vieux terme emprunté principnlement à la pyrétologie italienne des derniers siècles.

La fièvre inflammatoire ou synoque des pays tempérés, sïjnochiis imputris, fièvre ardente (Quarin), continue, inflammatoire, sanguine (Sennert), septane (Plater), angioténique (Pinel),angiocardite (Bouillaud), inflammatoire (J.Frank, Chomel, etc.), est décrite comme un procès fébrile d'une durée de deux à sept ou huit jours, à peu près continu (o-uvoxà), caractérisé par l'élévation brusque de la température et la pleine manifestation du cortège des phénomènes fébriles, se terminant vers le cinquième ou le septième ou le huitième jour par une amélioration sensible précédée ou accompagnée ordinairement d'épistaxis légère, de quelque autre hémorrhagie ou de quelque flux critique, et suivie d'une prompte convalescence. Elle ne s'accompagne pas d'éruption rosée, mais parfois de taches bleuâtres dépourvues de signification séméiologique.

En présence de pareils symptômes il est encore difficile de ne pas penser à ces cas de fièvre typhoïde très-bénigne qui ne touchent que légèrement l'organisme et ne produisent que des lésions élémentaires des plaques de Peyer, qui conséqueniment se jugent promptement dans l'espace d'un septénaire ou même moins. En somme, il est peut-être bon de conserver le nom de fièvre synoque simple ou inflammatoire simple à cette forme fébrile et de lui garder aussi une place restreinte dans le cadre nosologique, bien qu'elle ait disparu actuellement de la liste des fièvres dans les livres classiques.

Les pathologistes anglais, notamment ceux de l'Inde, ont décrit d'abord une fébricule qui n'est autre que l'éphémère, mais aussi une fièvre spéciale appelée ardent continued fever. Suivant Morehead, celte fièvre débute d'ordinaire subitement, elle comporte les symptômes fébriles habituels fortement prononcés ; il y a de l'oppression épigastrique, des nausées, fréquemment des vomissements bilieux, constipation ou diarrhée bilieuse, langue blanchâtre et rouge sur les bords, avec de la céphalalgie intense et du délire quand la gravité de la fièvre augmente. Ces symptômes durent quarante-huit à soixante heures, et quand la chaleur tombe il peut advenir un refroidissement qui fait périr le malade dans le collapsus subit. Le médecin de Bombay attribue la cause de cette fièvre aux excès de boissons, à la température élevée et sèche, à l'exposition au soleil chez les nouveau venus. Il convient d'ailleurs de la difficulté très-grande de distinguer la fièvre ardente continue de la rémittente paludéenne. Mais aujourd'hui beaucoup de médecins anglais des pays tropicaux décrivent sous le nom de fièvre ardente continue et particulièrement dans l'Inde, la même fièvre qu'ils avouent n'être autre chose que la fièvre typhoïde caractérisée, à l'autopsie, par les lésioi s pécifiques desl'intestin grêle et des ganglions méscntériques (Horton). Il faut donc tenir compte de celte dernière opinion, qui a en sa faveur bien des probabilités.

Guéguen a décrit comme suit la fièvre inflammatoire ou angioténique qu'il a observée à la Guadeloupe {Arch. de méd, nav., 1878). II s'est attaché à la différencier surtout des autres fièvres des Antilles par son tracé Ihermométrique. C'est le cortège des symptômes de la fièvre franche débutant généralement par

un frisson violent. Du quatrième au sixième jour, six fois sur dix au cinquième jour, il se fait une rémission profonde, apyrétique, qui est suivie d'une rechute semblable à la première période, mais considérablement amoindrie. Ainsi deux cycles fébriles coupe's par une apyrexie complète, courte, et succédant à une rapide défervescence, tel serait le signe pathognomonique de cette fièvre.

D'après Rufz de Lavison on distingue à Saint-Pierre-Martinique des fièvres éphémères simples, synoques, qui ne durent que vingt-quatre à trente-six heures ; elles sont fréquentes dans cette ville. Quand il s'y joint des symptômes saburraux, on les appelle saburrales, bilieuses.

Avant d'en finir avec les fièvres des pays chauds, il est opportun que nous disions quelques mots des fièvres bilieuses qui ont été l'objet de récentes descriptions de la part d'observateurs consciencieux.

Nous emprunterons les éléments de cette courte exposition aux écrits des médecins de la marine française qui ont le plus attiré l'attention sur la fièvre bilieuse.

D'abord la synonymie en est nombreuse et expressive : fièvre bilieuse grave, fièvre bilieuse hématurique, fièvre ictéro-hémorrhagique, fièvre pernicieuse ictérique; accès jaune, fièvre rémittente bilieuse, fièvre jaune des créoles et des acclimatés, fièvre bilieuse néphrorrhagique, fièvre bilieuse urohématique, fièvre bilieuse mélanurique, etc.

« On doit entendre par fièvre bilieuse, dit Dutroulau, une pyrexie qui, sans considération du type et pouvant les revêtir tous, présente pour caractère essentiel et souvent unique les symptômes prononcés et persistants de l'état bilieux : ictère, vomissements, selles, urines caractéristiques de cet état, et poui' caractères graves les phénomènes cérébraux, hémorrhagiques et autres, pouvimt être attribués à une altération du sang par la bile. » Le même auteur distingue deux formes principales de cette fièvre : 1° l'une est la fièvre intermittente ou rémittente, l'accès jaune sans complication grave, presque uniquement constituée par les symptômes de l'état bilieux fébrile; 2° l'autre est la fièvre bilieuse continue ou pseudo-continue, lu bilieuse bémorrhagique ou hématurique, dont les symptômes bilieux se compliquent de phénomènes ataxo-adynamiques et hémorrhagiques, et qui s'observe surtout aux Antilles, à la Guadeloupe plus qu'à la Martinique.

Les lésions anatomiques de cette fièvres sont : l'augmentation de volume, parfois considérable, et le ramollissement de la rate, la congestion sanguine du foie, l'état épaissi et l'aspect goudronneux de la bile de la vésicule du fiel ; l'état plus ou moins congestionné des reins, les apoplexies, les ulcérations, les kystes et même les abcès de ces organes, d'après A. Pellarin, enfin la sulïusion ictérique ordinairement fort prononcée de tous les tissus.

L'analyse des urines, qui sont ou noires ou couleur du vin de Madère, de Porto, toujours bilieuses, y a décelé tantôt de l'albumine, tantôt du sang suivant les uns rarement ou jamais suivant les autres, toujours des pigments biliaires, \ irfois peut-être des traces des acides de la bile. Elle laisse beaucoup à désirer et demande de nouvelles recherches vraiment scientifiques, lien est de même de l'histologie pathologique des reins, du foie et de la rate, du sang lui-même.

L'éliologiede cette maladie est généralement regardée comme essentiellement paludéenne et accessoirement due aux influences climatologiques. Elle sévit de préférence sur les Européens déjà depuis longtemps dans les pays chauds, plus ou moins impaludés, sur les colons et les créoles eux-mêmes (fièvre jaune des

créoles). Elle règne dans la plupart des colonies françaises des tropiques, mais surtout aux Antilles, au Sénégal et sur le parcours de la côte occidentale d'Afrique, à la Réunion, principalement à Mayotte et à Madagascar, parfois en Cochinchine. Elle sévit isolément, mais le plus souvent frappe de petits groupes d'individus et ne paraît pas transmissible : il est probable qu'elle atteint des groupes de personnes, parce que celles-ci subissent une môme influence.

Tel est le tableau résumé de la fièvre bilieuse des pays chauds dont la gravité est considérable, qui est souvent mortelle, mais peu ou pas contagieuse, et se montre par bouffées, mais non par épidémies, vers la fin de la saison pluvieuse dans les régions tropicales. Le principal traitement consiste dans l'administration des purgatifs, du calomel notamment, et avant tout dans le sulfate de quinine délivré à haute dose. Mais il ne semble pas que le traitement ait ime grande influence sur l'issue de la fièvre bilieuse. L'étude précise de cette fièvre remonte à une vingtaine d'années. Voici le résumé succinct de travaux plus récents, datant des cin(| dernières années et concernant aussi la catégorie des fièvres bilieuses exotiques.

Les lièvres bilieuses de la Guadeloupe ont été récemment l'objet d'une étude spéciale par Guéguen, qui s'est appliqué à en faire ressortir surtout l'évolution thermique. Il en distingue deux formes ou mieux deux degrés : 1° la lièvre bilieuse légère; 2'' la fièvre rémittente bilieuse.

1° Dans la première, la température s'élève brusquement et atteint son faUigium de 40 degrés en douze ou vingt-quatre heures ; vers 40 degrés il y a apparition d'un ictère léger, visible surtout aux conjonctives et aux ailes du nez, teinte subictérique, qui est rarement perceptible sur le reste du corps. Dans la soirée du troisième ou du quatrième jour a lieu une légère rémission qui ramène graduellement la température au chiffre normal par une série d'étapes comprenant chacune 1°,5, de sorte que deux ou trois jours après la première rémission le niveau normal est atteint.

2° La fièvre rémittente bilieuse est beaucoup plus intense. Comme la précédente, elle débute par une vive ascension qui porte la température, en trois jours, à un point situé entre 40 et 41 degrés, mais plus voisin de 41 que de 40 degrés, parfois même au delà de 41 degrés. C'est à ce moment qu'apparaissent habituellement l'oppression épigastrique intolérable et les vomissements bilieux trèsintenses. Ordinairement, vers le cinquième ou le sixième jour, se produit une défervescence rapide et très-grande, de telle façon que la température tombe de 4 degrés en vingt-quatre, parfois en douze heures. C'est une défervescence J9af/i0ynomonique de la fièvre rémittente bilieuse ; elle ramène toujours la température à 57°, 2 et 56», 8, jamais au-dessous de 56 degrés. L'apyrexie dure généralement de six à huit heures, puis la température remonte aussi rapidement qu'au début ; mais le second fastigium n'est pas si élevé que le premier et il ne dure que douze à dix-huit heures, après quoi la rémission lente ramène par une série de défervescences peu marquées au chiffre normal. Parfois elle devient rémittente. La caractéristique est donc une défervescence rapide et complète de quelques heures intercalée entre les deux périodes fébriles principales. Contrairement à la forme légère, la forme dite rémittente attaque les indigènes, surtout dans l'hivernage ; elle ébranle la constitution, produit l'anémie. Pour Guéguen c'est bien la fièvre grave dite ictéro-hémorrhagique des pays chauds.

Depuis longtemps les médecins de la Martinique ont observé qu'il existe dans cette île une fièvre nommée « bilieuse inflammatoire », qui d'ordinaire n'est pas

grave, qui apparaît à certaines époques chez les Européens acclimatés, chez les créoles et surtout chez leurs enfants. Elle se montre presque toujours aux époques où sévit la fièvre jaune et, comme l'ombre suit le corps, elle accompagne celle-ci de ses manifestations toujours suspectes. Aussi l'a-t-on regardée à la Martinique comme une sorte de fièvre jaune, comme une ébauche, une forme atténuée de la grande fièvre épidéniique (Rufz de Lavizon, Lota). C'est elle, ajouterons-nous, que Dulroulau a décrite sous le nom de fièvre ictéro-hémorrhagique ou rémittente bilieuse : c'est la rémittente bilieuse de Guéguen.

Plus récemment on a fait une longue description de cette fièvre, toujours sous le même vocable de « fièvre bilieuse inflammatoire ». Bérenger-Féraud a prétendu assigner à cette fièvre rois formes ou degrés : " un premier degré en forme franche ; 2" une forme insidieuse; 3° une troisième forme en degré intense. D'autre partie même observateur, en décrivant à part la fièvre jaune de la Martinique, s'est vu contraint d'avouer qu'entre ce troisième degré de la fièvre jaune il n'était pas possible de saisir de différences.

Tout dernièrement Burot (1880) a minutieusement et prolixement décrit la (( fièvre bilieuse inflammatoire » qui a régné à la Guyane française, en lui appliquant des caractères identiques à ceux qui ont servi à tracer le portrait de son aînée de la Martinique.

Quant à nous, nous ne voyons pour le moment aucune raison de décrire à part ces degrés d'une même maladie qui, au fond, paraît être la fièvre jaune plus ou moins bénigne. Nous dirons même, à notre grand regret, que ces travaux qui sont considérables n'ont rien ajouté au perfectionnement de nos connaissances sur la fièvre jaune et sur les fièvres bilieuses des pays où elle règne, mais que malheureusement il en résulte une plus grande confusion sur ce grave sujet.

Une fièvre qui semble fort analogue a été l'objet d'une mention spéciale due à Faget, de la Nouvelle-Orléans, sous le nom de « forme catarrhale de la fièvre paludéenne » qui a régné en 1858 à la Nouvelle-Orléans, particulièrement sur les enfants, pendant l'épidémie de fièvre jaune de cette époque. Elle s'accompagnait de vomissements noirs, et souvent même d'hémorrhagie. L'auteur la rapporte au groupe des fièvres paludéennes, mais il ne paraît guère douteux qu'elle n'était autre chose qu'une forme atténuée de la grande épidémie régnante.

Qu'à cette revue encore incomplète des fièvres incertœ sedis des pays chauds le lecteur veuille bien joindre, par la pensée et le souvenir, les procès fébriles que nous avons mentionnés en diverses parties de la terre, et décrits comme des fièvres locales sous. les noms de : fièvres de la Méditerranée, de Chine, de fions- Kong, de Shanghaï, de Maurice, de Bombay, de Rio-de-Janeiro, etc., il pourra se faire une idée de la contusion regrettable, mais réelle, inextricable, quirè<Tne dans ce domaine de la pyrétologie et aussi de la géographie pathologique.

Ce n'est ni le moment ni le lieu de discuter cette question qui va grossissant chaque jour. Cependant, s'il nous était permis de résumer sommairement ce que nous ont appris là-dessus et notre observation personnelle et l'appréciation des principales données du problème, nous ferions remarquer :

i"Que les fièvres bilieuses en général des pays chauds et des climats tropicaux ne peuvent pas être absolument rapportées à une origine malarienne : elles sen éloignent sensiblement par les causes, le mode d'apparition, la symptomatoloo-ie et la thérapeutique. Sous ce chef nous comprenons l'ensemble ou le groupe des fièvres qui ont été décrites depuis vingt ou trente ans sous le nom de fièvres

mélanuriques, ictéro-hémorrhagiques, etc. Les fièvres bilieuses si mal nommées inflammatoires de nos Antilles et de notre Guyane, depuis longtemps connues et décrites, ne sont sans doute que des degrés atténués ou des formes anormales de la fièvre jaune ;

2° La « typhoïde bilieuse » de Griesinger n'est autre chose en Egypte que la fièvre bilieuse, ictéro-hémorrhagique du Sénégal et de la côte occidentale ou orientale d'Afrique, et de tous les pays chauds. Elle règne d'ailleurs sur la plupart des contrées limitrophes ou voisines de la Méditerranée, dont elle a souvent porté le nom ;

5" Ces fièvres bilieuses ne sont donc point des analogues de notre fièvre typhoïde ni des maladies de malaria : elles sont des maladies surtout climatiques, habituelles, mais non exclusives aux contrées chaudes et torrides du globe, car on peut légitimement en rapprocher les épidémies isolées de fièvres bilieuses qui se constatent dans nos pays tempérés {voy. Bilieux). Sans nul doute, il est commode en nosologie et en thérapeutique d'étendre la cause de l'impaludisme à tous les procès fébriles encore mal déterminés, mais force est de convenir que là n'est point la vérité. En vain aujourd'hui, comme il y a cinquante ans, les partisans du miasme palustre essayeraient-ils de faire dériver même la fièvre typhoïde vulgaire de la cause malarienne, c'est une illusion séduisante pour quelques-uns peut-être, mais elle est en désaccord si formel avec les faits qu'il n'est pas besoin d'insister sur l'inanité d'une pareille doctrine ;

4° Pour éclairer le problème si obscur de la nosologie des fièvres des pays chauds, l'œuvre de Louis est à recommencer en maints endroits. Mais on sait qu'aujourd'hui au scalpel il est indispensable de joindre le microscope et le thermomètre pour obtenir les éléments de la solution cherchée;

5° Ainsi, et ce sera notre conclusion, nous sommes encore loin de l'époque où l'histoire et la géographie de la malaria pourront permettre de tracer d'une main sûre les limites dans le temps et dans l'espace du domaine des manifestations et principalement des fièvres qui lui appartiennent dûment et exclusivement. En conséquence, les données précédentes ne doivent être considérées que comme la plupart du temps approximatives, souvent douteuses, toujours provisoires (voy. Programme pour Tétude des maladies exotiques, etc. J. Mahé. Paris, 1880).

On voit, ce nous semble, qu'il n'était pas inutile de revenir sur un ordre de maladies au sujet desquelles d'importants problèmes de nosologie se lient à la diversité des conditions géographiques.

m. MALADIES PRODUITES DIRECTEMENT PAR LES ÉCARTS DE LA TEM- PÉRATURE NATURELLE DE L'ATMOSPHÈRE, par le froid et le chaud extrè.

MES, l'AR LES VARIATIONS DE PRESSION ATMOSPHÉRIQUE.

A. Maladies produites par le froid et les climats froids ou les refroidissements EXAGÉRÉS. Les accidents et la mort par le froid {voy. les articles Congélation, Froid, etc.) sont des phénomènes propres aux pays froids ou glacials, mais qui cependant ne sont pas rares dans les régions à température extrême comme certaines parties de l'Asie antérieure, centrale et orientale. On sait que les congélations ne sont pas rares dans le nord de la Chine, par des latitudes de 40 à 50 degrés ; les horribles déserts du Gobi, la Sibérie du sud, la Turcomanie ou Turkestan, les monts du nord de la Perse, les Alpes d'Arménie, le Caucase et les rivages de la mer Noire, la presqu'île des Balkans et les plaines "^lacées pendant l'hiver des rives danubiennes, constituent une large bande qui est

désolée par les brûlantes chaleurs estivales ainsi que par les froids mortels des hivers rigoureux. On constate souvent oO à 40 degrés de froid en hiver et 40 à 50 degrés de chaleur en été dans les mêmes déserts presque inhabitables de l'Asie centrale.

Les grandes expéditions militaires ont fourni de nombreux exemples de destruction et d'amoindrissement des armées par cette cause inévitable, depuis Tanabase des Dix-Mille, racontée et dirigée par Xénoplion à travers les monts de l'Arménie, jusqu'à la catastrophe subie par l'armée de Charles XII pendant les terribles froids de 1709. Citons encore, comme exemples de sévices du froid, le désastre de la grande Armée, les accidents par le froid en Algérie (1836), ceux de Crimée, etc. [voij. Froid).

C'est principalement au milieu des glaces éternelles des mers polaires que l'on a bien souvent vérifié le fait suivant, à savoir que l'agitation de l'air est un facteur très-important dans l'action nocive du froid. En effet, Fischer, chirurgien en second de l'expédition du capitaine Parry, rapporte que la température étant de — 40", H centigrades, par un temps calme, il n'était pas plus incommodé par le froid que lorsque le thermomètre marquait — 17°, 77 par une forte brise.

Le No)d-Amérique est une région non moins redoutable que le nord de l'Europe par ses froids excessifs et les accidents qui en résultent. Le Canada et les contrées septentrionales des Etats-Unis sont riches en accidents de cette nature survenus soit parmi les troupes cantonne'es dans ces solitudes de glace et de neige pendant l'hiver, soit parmi les armées en marche, ou même sur des expéditions d'émigrés surpris par le froid dans leurs voyages au travers des plateaux désolés et des défilés glaciaux des montagnes Rocheuses.

L'hémisphère sud a été relativement phis épargné, la température extrême étant beaucoup plus rare dans ces îles ou ces pointes continentales tempérées par l'atmosphère plus égale des mers antarctiques. Cependant, la navigation du cap llorn a été et est encore l'occasion fréquente de congélations et d'accidents graves par le froid. C'est sur les rives de la Terre-de-Feu que Solander, le médecin du grand capitaine Cook, disait à ses compagnons de voyage : « Quiconque s'assied s'endort, et quiconque s'endort ne se réveille plus. » Plus tard, les équipages de la Zélée et de Y Astrolabe, affrontant les glaces du pôle sud, sous la conduite du trop énergique Dumont-d'Urville, eurent à souffrir terriblement des sévices du froid. D'ailleurs les terres antarctiques ont été beaucoup moins explorées et moins visitées que celles du septentrion.

Au froid se rapportent aussi l'ophthalmie dite snow-bllndness et peut-être les panaris épidémiques. Est-il vrai que l'Européen du Midi résiste inieux au froid extrême que celui du Nord?

Il est une catégorie de maladies que la médecine moderne a coutume de ranger dans une classe particulière dite maladies à frigore : rhumatisme articulaire aigu, rhumatisme musculaire et névralgies dites rhumatismales, néphrite albumineuse, bronchites et catarrhes des voies respiratoires, pneumonies et pleurésies, indispositions ou fièvres éphémères par coup de froid ou refroidissement {fehris herpetica, rheumatica, Erkàltimgs-krankheiten de Seitz, in Handbuch von Ziemssen, 1876). On y a même englobé les deux plus fréquentes formes de la dégénérescence humaine, la scrofulose et la tuberculose (Bouchardat), le scorbut, etc.

Les différentes formes de rhumatisme, surtout le rhumatisme polyai ticulaire

aigu, les bronchites, les coryzas, les pleurésies, les néphrites catarrhaies, sont, sans conteste, des processus bien fréquemment provoqués par le refroidissement, non pas le règne du froid égal et continu, mais par les brusques variations thermales de l'atmosphère des pays froids ou tempérés, et même des régions péritropicales de l'hémisphère nord. Mais il faut tenir grand compte des dispositions individuelles et de l'état de la santé générale.

B. Maladies produites par l'excès de chaleur (processus morbides a calore). a. En première ligne se présente le processus morbide connu sous le nom de coup de chaleur ou coup de soleil [sunstroke, sonne nsclilag, heatstroke, hitzschlay, insolatio, etc.). Nous réunissons ici sous le même chef tous les accidents produits par la chaleur atmosphérique et nous pensons qu'il n'y a pas lieu de faire deux maladies distinctes du coup de soleil et du coup de chaleur, les phénomènes fondamentaux étant les mêmes dans les deux cas. Nous compléterons ici ce qui a été dit déjà à l'article Coup de chaleur, sur la distribution géographique delà maladie; du reste, celle-ci a été étudiée depuis trop peu de temps pour que son histoire géographique soit suffisamment connue.

C'est dans la zone intertropicale que le coup de chaleur a trouvé son extension et sa fréquence prédominantes. Il est très-commun dans la péninsule Hindoustanique, depuis le nord-ouest, dans le Sindli, dans le Punjah, jusqu'à la vallée du Gange, depuis les contreforts de l'Himalaya jusques et y compris Ceylan. Les observateurs anglais de ces vastes régions ont signalé certaines locidités comme étant des foyers particuliers de coup de chaleur, qui serait moins commun dans la province de Bombay que dans celle de Madras. L'Indo-Chine est un lieu de prédilection du coup de soleil, ainsi que les îles de la Malaisie où cependant il serait assez rare d'après Heymann. En Chine ou a observé la maladie sui' les troupes européennes à Tien-sin, par exemple, dans la guerre de 1 860-1861 (Friedel).

Suivant Morache, le heat apoplexy (synonyme du heatstroke) n'est pas raie en Chine oii d'ailleurs la chaleur, comme dans les autres contrées de la terre, contribue singulièrement à aggraver les fièvres palustres qui lui empruntent trop facilement leur élément pernicieux.

La mer des Indes, le golfe Persique, m.iis principalement la mer Rouge, ont été fréquemment le théâtre du coup de chaleur, qui y frappe de mort surtout les chauffeurs des navires à vapeur, parfois les passagers. A Bassorah en juillet 1879, par 45« à 50'^ centigrades à l'ombre, des centaines de personnes en furent atteintes; plusieurs en moururent; en 1874 un navire anglais, le Liverpool, perdit en un jour dans le golfe Persique 5 ofticiers et 21 matelots.

En Syrie le coup de chaleur serait fréquent chez les voyageurs (Robertson), ainsi que dans l'Arménie et la Transcaucasie (Hirtzius), probablement même dans les vastes steppes de la tiussie et de la Sibérie méridionales. En Egypte on a signalé le coup de chaleur comme fiappant parfois les voyageurs et les caravanes des déserts : nous manquons de renseignements sur l'Abyssinie. Le Soudan serait un pays à coups de chaleur (Russeger). A Maurice, les statistiques anglaises accusent la fréquence de cette maladie. On dit qu'elle est assez rare au cap de Bonne-Espérance où cependant l'observa Barclay sur les bords de la rivière des poissons. Même rareté a été signalée pour la côte occidentale d'Afrique (Clarke), ainsi qu'au Sénégal (Thévenot et Dutroulau). Mais il n'est pas douteux, pour nous qui avons visité cette immense côte aussi torride qu'inliospitalière, que de nombreux cas de mort par le heat-fever, y ont été rangés parmi les accès dits de

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