‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.44Chapitre 28 sur 67 · GERBOISES · texte numérisé non relu

GERBOISES

jour et paraissent moins redouter que d'autres quadrupèdes les rayons brûlants du soleil d'Afrique; en revanche, elles craignent beaucoup le froid et l'humidité et tombent dans un véritable sommeil léthargique aussitôt ({ue la température s'abaisse sensiblement.

Dans le nord de l'Afrique les Arabes font la chasse aux Gerboises, dont ils aiment beaucoup la chair et dont ils emploient la peau pour doubler leurs vêtements ou orner leurs selles. Ils tendent un filet à l'une des entrées du terrier habité par le Rongeur et, fouillant dans les corridors à l'aide d'un long bâton, forcent l'animal affolé à se jeter dans le piège.

Les Gerboises, dont le nom est tiré évidemment du mot arabe Garbuka ou Gerhuka, transformé en Gerboa par le naturaliste Olivier, constituent maintenant, non plus seulement un genre (Di pus) comme dn temps de Gmelin, mais une petite famille, appelée Dlpodidés. Cette famille se place dans l'ordre des Rongeurs, à la suite des Rats ordinaires , des Lemmings, des Rats aveugles et des Rats à poche {voy. les mots Rat et Rongeurs), et se subdivise, suivant MM. Alston et Trouessart, en trois groupes secondaires: Zapodinés, Dipodinés etPédétinés. Le premier groupe ue renferme qu'un seul genre et une seule espèce, le Zapus hudsonius (Zimm.), qui se trouve dans l'Amérique du Nord, depuis le 62^ degré de latitude nord jusqu'au Nouveau-Mexique et à la Virginie; le second embrasse le genre Gerboise proprement dit {Dlpus Gm.), le genre Alactaga {Alactaga F. Cuv.), le genre Platycercomys (Brandt) et leurs subdivisions {Dipus, Haltomys, Scirtopoda, Scirtomys^ Alactaga, Haïtiens) ; enfin, la troisième se compose du seul genre Pedetes (lllig.) ayant pour unique représentant le Pédète cafre {Pedetes caffer Pall.). Le Zapus hudsonius, que l'on désigne vulgairement sous le nom de Souria sauteuse du Canada, n'est pas plus gros qu'un Mulot, et a le dos brun rouge, les flancs un peu mouchetés de noir et le ventre blanc ; il habite les prairies couvertes de buissons et la lisière des forêts et passe l'hiver engourdi dans son terrier.

La Gerboise d'Egypte [Dipus ou Haltomys œgyptius Hasselq.) est l'espèce la plus anciennement connue du groupe des Dipodinés, dans lequel se rangent aussi le Dipus sagitta Pall. des steppes de la Sibérie et de la Mongolie, le Dipus ou Haltomys mauritaniens Duv. du Sahara algérien, \e Dipus on Haltomys hirtipes d'Egypte, de Nubie et d'Arabie; le Dipus ou Scirtopoda telum des bords de la Caspienne, etc.

L'Alactaga flèche {Alactaga jaculus Pall.), (jui vit dans le Sud de la Russie, en Sibérie ou en Tartarie, a les mêmes mœurs que les Gerboises, et est l'objet d'une chasse très-active de la part des habitants des steppes. Les nomades cherchent tous ù le détruire, les uns parce qu'ils attrapent ce petit animal à téter pendant la nuit les chèvres et les brebis ; les autres parce qu'ils estiment beaucoup sa chair; d'autres enfin parce qu'ils emploient son cadavre, séché et réduit en poudre, dans la préparation de remèdes merveilleux. Cette espèce, ou une forme assez voisine, paraît avoir habité notre sol au milieu de la période tertiaire, si l'on en juge par les restes fossiles découverts dans le midi de la France. A côté d'elle et dans le même genre, ou dans les sous-genres Scirtomys et Haïtiens, se placent huit ou neuf espèces qui habitent la Tartarie, la Sibérie, la Mongolie, le nord de la Chine, l'Egypte, etc.

Enfin, le Pédète cafre ou Helamys, que les colons hollandais nomment Lièvre sauteur ou Herdjmannetje {Bonhomme de terre'!), diffère des Gerboises proprement dites par sa taille notablement plus forte, sa queue plus grosse, son pelage

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plus long et plus épais, ses pattes plus robustes, aussi bien que par certaines pièces de sa charpente osseuse.

Chez les Pédètes, en effet, les membres postérieurs se terminent par 4 doigts seulement, tandis que les membres antérieurs possèdent 5 doigts, les métatarsiens ne sont pas soudés les uns aux autres comme cela a lieu dans la grande majorité des Gerboises. E. Oustalet.

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GERÇURES. On appelle gerçures ou crevasses de petiles fissures creusées dans l'épiderme et une partie du derme, comme si la peau avait éclaté dans sa couche superficielle. La rectratilité du tissu cutané a pour efl'et de tenir écartés les lèvres de la fissure, de sorte que la surface de la petite plaie est exposée, plus ou moins largement, suivant la région, au contact de l'air; celte plaie est trèsdouloureuse, en raison de la grande sensibilité de la couche superficielle du derme. Les gerçures sont ordinairement d'un rouge vif, surtout au fond du sillon ; leurs bords sont quelquefois tuméfiés et renversés en dehors. Elles sécrètent une sérosité louche plutôt que du pus.

Leur cause occasionnelle est variable et liée aux influences pathologiques auxquelles la région est spécialement soumise. Aux doigts, l'action prolongée du froid, l'immersion dans des eaux irritantes, comme l'eau de vaisselle; au sein, la succion du mamelon dans des conditions particulières ; aux lèvres , surtout quand le tissu mucoso-cutané est naturellement découvert, la sécheresse produit par le passage de l'air ou par quelque affection interne la stase sanguine amenée par le froid; à l'anus, le passage de matières fécales dures; partout enfin, mais principalement sur les bords des ouvertures naturelles, les dermatoses inflammatoires, érythème, eczéma, prurigo, etc. ; telles sont les causes occasionnelles des gerçures ou crevasses, et il faut ajouter des rhagades qui sont de véritables gerçures.

Cette petite lésion étant étudiée aux noms des régions qu'elle peut occuper, tant sous le rapport des symptômes que sous celui du traitement, nous devons nous en tenir à ces indications générales. D.

GERDES (Johaan). Né à Stockholm en 1656, fit ses études à l'Université de Wittemberg, y fut reçu successivement maître en philosophie et docteur en médecine (1681), puis exerça pendant quelque temps l'art de guérir à Steltin Le 5 juin 1687, il fut appelé à l'Université de Rostock par le duc de Mecklemburg Cbristian-Ludwig et occupa la chaire de médecine en remplacement de J. Bacmeister. Enfin, en 1691, il devint professeur de médecine à Greifswald, oiî il mourut le 6 janvier 1700. Gerdes était médecin particulier du roi de Suède. Nous connaissons de lui :

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I. Diss. de peste, morborum jnincipe (praes. C.-V. SciiNEfDER). WiUenbergae,1680, 111-4°. — II. Diss. inaug. de morborum ab imaginalione ortorum, aliis idealium idea (praes. J.Lossius). Wittenb., 1681, in-4''. — III. Diss. de idea errante ac furibunda in hydrophobio conspicua. Rostochii, 1689, in-4°. — IV. Diss. de tnarasmodica corporis conditione sub phllwës denominatione. Rostochii, 1690, in-4°. — V. Progr. de machina corporis humani deque pulmonum offlcina, ejus œconomiam facile turbante. Rostochii, 1690, in-4''. — VI. Diss. de idea errante in ecstasi sire enthusiasmo. Gryphiswaldiae, 1692, 111-4°. — VII. Diss. de hydrophobia. Gryphisw., 1697, iii-4°. — VIII. Diss. de dysenteria. Gryphisw., 1698, in-4''. — IX. Diss. de convulsione. Gryphisw., 1698, 10-4°. — X. Diss. de angina. Gryphisw., 1700, in-4°; Francof. ad Viadr., 1706, in-4°. — XI. Progr. invitât, ad publicam anatomem. Gryphisw., 1691, in-4°. — XII. Progr. in quantum medicina sit stochastica, in quantum ofOa)./jio-favep(k. Gryphisw., 1692, in-4.°. — XIII. Progr. de crisi et diebvs crilicis invit. ad oralionem jubilaeam, in qua ro diïov exposuit Ilippocratis. Gryphisw., 1693, in-4°. — XIV. Progr. quo docet in medicina verum esse quod sua quemque trahat voluptas, omnia vero ad praxin esse dirigenda. Gryphisw., 1694, in-4°. — XV. Progr. de consensu partium oeconomiam animalis conslituentium. Gryphisw., 1697, in-4°. — XVI. Progr. de medico tyranno. Grypliisw., 1698, in-4°. — XVII. Progr. de medico theologo. Gryphisw., 1698, in-4°. — XVIII. Oratio in obitum Caroli XI habita. Gryphisw., 1697, in-4°. — XIX. Kentzacrene, das ist Beschreibuiig des Gcsundbrunnens zu Kenlz bey Barth. Stetlin, 1699, in-4°.

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